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 Confiance Aveugle [Iceberg]

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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Confiance Aveugle [Iceberg]   Jeu 7 Mar 2013 - 20:42

Erïka s’était levée tôt, ce matin, malgré le manque de sommeil qui l’habitait. Elle avait passé une partie de la nuit à l’extérieur, chassant dans le bois avec Chaton. Elle l’avait rencontré la veille alors qu’elle était dans les égouts, cherchant à remettre de matériel de soins aux Morlocks à la demande de son frère jumeau. Après qu’il l’eut guidé jusqu’à la sortie des égouts, elle avait enfourché la moto de son petit ami afin de rentrer à l’institut. Cependant, elle n’avait pas prévu qu’une légère pluie ait, entre-temps, recouvert la chaussée, rendant le tout légèrement glacé et, surtout, glissant. Roulant à basse vitesse, elle s’engagea dans le virage d’une petite rue tranquille et dérapa. Chaton évita une terrible chute à l’adolescente, la rattrapant juste à temps. Cependant, la moto n’avait pas eu cette chance et avait subi quelques égratignures.

C’est devant ce véhicule qu’elle se tenait présentement. Elle ne savait que faire pour réparer les dégâts causés par son accident. Elle craignait de parler à son petit ami et de lui annoncer la nouvelle. Il tenait tellement à sa moto, c’était un véritable petit trésor pour lui. Il lui avait fait confiance et accepté de lui prêter à maintes reprises afin de pouvoir se rendre en ville. Elle avait toujours fait attention dans ses déplacements, bien qu’elle ait tendance à avoir quelques petites engueulades sur la route avec les chauffeurs de taxi trop pressés.

Prenant son courage à deux mains, l’adolescente envoya un SMS à Bobby en espérant que ce dernier soit déjà réveillé. Elle lui demanda de la rejoindre dans le garage. Déposant son téléphone sur le banc du véhicule, elle s’accroupit afin d’observer de nouveau les égratignures ornant la carrosserie. Elle les effleura du bout des doigts, incertaine. Qu’allait-il lui dire ? Allait-il la laisser pour cela ? Non… Il l’aimait. S’il l’aimait vraiment il ne la laissera pas pour une petite broutille. Elle voulait réparer son erreur. Elle allait lui prouver qu’elle pouvait assumer les conséquences de cet accident et faire en sorte qu’il garde confiance en elle.

Légèrement nerveuse, elle faisait les cent pas dans le garage. Elle attendait impatiemment qu’il vienne la rejoindre. Était-il occupé ? Dormait-il ? Elle ne jeta aucun regard à son téléphone, trop préoccupée par ce qu’elle allait dire. La jeune fille n’arrivait pas à trouver les mots exacts et se demandait bien comment elle allait lui présenter les choses. Elle était de nature franche et directe, mais était-ce le meilleur moyen de lui annoncer ce qui s’était produit ? Elle n’en savait rien.

Lorsqu’elle entendit la porte menant au garage s’ouvrir, elle cessa immédiatement sa marche. Elle était soulagée que Bobby ait reçu son message et soit venu la rejoindre. Elle s’approcha lentement de lui vint le serrer dans ses bras avant de poser un doux baiser sur ses lèvres. Elle était heureuse de le voir. Elle était toujours heureuse d’être dans ses bras. Un petit frisson parcouru sa peau. Il faisait plutôt froid dans le garage et elle ne portait qu’un débardeur, ayant laissé sa veste dans sa chambre. L’arrivée de son petit ami ne faisait que rafraichir davantage la vaste pièce. Reculant d’un pas afin de le regarder, elle prit une grande inspiration avant de se lancer.


-« J’ai quelque chose à te dire… »

Avec ses simples mots, il pouvait s’attendre à n’importe quoi. Il n’avait pas à s’en faire, elle n’allait pas lui annoncer qu’elle l’avait trompé ou quelque chose du genre. Jamais l’idée de jouer dans son dos et le tromper avec un autre homme ne lui viendrait à l’esprit. Elle était amoureuse de lui et tenait à cette relation qu’ils entretenaient. C’était parce qu’elle y tenait vraiment qu’elle craignait de lui avouer la vérité. Comment réagira-t-il lorsqu’il lui annoncera qu’elle avait abîmé l’un de ses biens les plus précieux ?

-« Tu sais… hier je t’ai emprunté ta moto afin d’aller faire des courses pour mon frère…. Tout s’est bien passé, ne t’en fais pas, mais… entre-temps la chaussée est devenue glissante et lorsque j’ai voulu retourner à l’institut… je… j’ai eu un accident… Mais c’est rien de grave, ne t’en fais pas ! Je ne roulais pas très vite, j’étais dans une petite rue pas très fréquentée, mais j’ai dérapé… je… tout va bien, il y avait un autre mutant avec moi qui m’a rattrapé juste à temps, mais pour ta moto… »

Elle se mordit la lèvre inférieure, ne sachant quoi dire. Elle voulait lui expliquer que les dommages n’étaient pas importants, que tout allait bien, qu’il ne devait pas s’en faire. Elle sentait une certaine nervosité monter en elle et ne savait comment la gérer. Habituellement, elle resterait lucide face à ce genre de chose, ne paniquant pas pour si peu. Cependant, la situation était différente. Cela concernait une personne qu’elle aimait et elle ne voulait pas la blesser ni même perdre sa confiance. Elle reprit la parole, chacun de ses mots franchissant ses lèvres avec rapidité.

-« Je n’ai pas pu éviter l’accident, mais ne m’en veut surtout pas. Elle a quelques égratignures, mais je vais réparer tout ça, elle sera comme neuve, crois-moi. Ne sois pas fâché contre moi. Je sais à quel point tu y tiens et à quel point ça fait viril pour un homme de s’occuper de sa moto et je ne veux surtout pas heurter ta virilité parce que c’est quelque chose de très importants. Je vais tout réparer, je te le promets. S’il te plait, ne sois pas fâché contre moi. »

Elle cessa de parler, reprenant son souffle. Elle observait son petit ami avec crainte, ne sachant comment il allait réagir. Ce n’était pas le genre de personne qui s’emportait facilement et elle se doutait bien qu’il ne se mettra pas à l’engueuler soudainement. Malgré tout, il allait peut-être être blessé ou bien frustré. Et s’il ne voulait plus lui parler ? La peur et l’appréhension se lisait sur son visage alors qu’elle jetait un nouveau regard à la moto. Pour l’une des rares fois de sa vie, elle craignait le jugement d’une autre personne. Tout comme les conséquences.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Ven 8 Mar 2013 - 18:40

Bobby se réveilla en sursaut lorsqu'il entendit la sonnerie de son téléphone portable lui annonçant qu'il avait reçu un message. A présent réveillé, il referma cependant les yeux, espérant pouvoir se rendormir malgré le fait qu'il venait d'être tiré de ses songes. Son rêve précédent lui plaisait bien et il espérait vainement pouvoir le continuer malgré cette interruption. Mais non, c'était déjà trop tard et dans le fond, il le savait bien. Soupirant, il resta néanmoins allongé, ne comptant pas se lever pour autant. Il ouvrit un oeil et jeta un vague coup d'oeil à l'état de sa chambre. Des partitions de piano trainaient un peu partout dans la pièce. Un livre était également écrasé au sol, les pages à moitié pliées à cause de la chute qu'il avait du faire pendant le sommeil de Bobby. Il se souvenait être en train de le lire avant... de s'endormir sans doute. Il ne se souvenait pas avoir arrêté. Passer la soirée à pratiquer le piano et à lire l'avait plus fatigué qu'il ne l'aurait cru.

Même si la sonnerie s'était à présent tue, Bobby se demandait qui le contactait si tôt. Ce n'était pas comme si il avait l'habitude de recevoir beaucoup de Sms, vu le peu d'amis qu'il avait. Non pas qu'il était associable, il avait au final assez peu d'ennemis et s'entendait bien avec la majorité des gens qui croisaient sa route, mais il n'était proche que de très peu de personnes. Personnes qui étaient les seules à avoir son numéro. Une erreur peut-être ? Et si c'était important ? Dans le doute, il préféra vérifier. Tendant le bras, il attrapa son téléphone posé sur la table de nuit et le ramena jusqu'à lui pour lire le message.

La première chose qu'il nota était l'expéditeur. Erïka. Recevoir un message de sa part était toujours un plaisir et un sourire se dessina donc sur les lèvres de Bobby. Cependant, il était rare qu'elle le contacte si tôt. Se passait il quelque chose ? Ouvrant le message, il le consulta rapidement. Il était court et succinct. Elle lui demandait de venir la rejoindre dans le garage sans rien expliquer de plus. C'était une demande étrange car plutôt inhabituelle. Désirait elle faire un tour de moto ? Elle savait qu'il l'autorisait à emprunter sa moto, ce n'était pas une nouveauté. C'était donc sans doute pour autre chose. Peut-être voulait elle faire un tour avec lui, juste tous les deux, pour profiter de ce début de matinée ensoleillé ? En fait, peu importait la raison. Passer du temps avec sa petite amie, il ne demandait que ça et n'allait donc pas faire davantage d'hypothèses inutiles. Il verrait bien une fois sur place.

Reposant le téléphone sur la table de chevet, il sortit de sous sa couette et se leva. Il ne prit pas la peine de lui répondre puisqu'il allait la rejoindre sous peu. Ne désirant pas la faire patienter trop longtemps, il ouvrit son armoire pour prendre quelques vêtements et les enfiler. Le rangement du reste de la chambre attendrait pour plus tard. Ce n'était pas comme si il avait un colocataire qui risquerait de râler à ce propos. Vêtu d'un simple jean et d'un tee shirt, il s'empara de son téléphone puis sortit de sa chambre, prenant la direction du garage. Il passa par l'intérieur et ne tarda pas à rejoindre la pièce.

Une fois à l'intérieur, il repéra sans mal Erïka. Celle ci se tenait près de sa moto. A voir ses traits, elle avait l'air anxieuse mais elle s'avança vers lui pour le prendre dans ses bras. Il lui rendit son étreinte et son baiser, content de la voir même si il se demandait pourquoi elle l'avait fait venir ici précisément. Il l'aurait bien gardé dans ses bras plus longtemps mais la jeune femme s'en écarta, le regardant avant qu'elle ne lui annonce qu'elle avait quelque chose à lui dire. Vu son ton et sa façon de faire, c'est qu'il y avait quelque chose d'important, à défaut d'être grave. Bobby commençait vraiment à se poser certaines questions. Voulait elle rompre avec lui ? Elle ne l'aurait sans doute pas accueillit de cette façon si tel était le cas. Mais alors quoi ? Et pourquoi ici ?

- Je t'écoute.

Pour l'encourager à se confier, il lui sourit, espérant que cela pouvait apaiser ses craintes, quelles qu'elles soient. Elle commença alors à raconter, petit à petit, les évènements de la veille. Elle avait évoqué la moto, mais Bobby voyait bien qu'elle était toujours là, à sa place. Il ne l'avait pas vu de près et il ne pouvait donc pas voir les éraflures de là où il se trouvait. Il supposa donc qu'il n'était rien arrivé à son véhicule. Mais lorsque Erïka avoua avoir eu un accident, Bobby se figea. La première chose qui lui vint à l'esprit était un sentiment d'inquiétude. Une simple erreur de trajectoire, une petite pluie ou un verglas aurait pu avoir raison de ce à quoi il tenait le plus. Heureusement, ce n'était pas le cas, Erïka était sauve. Sur le coup, il en avait complètement oublié sa moto, reléguée au second plan. Bobby ouvrit donc la bouche pour la questionner, lui demander si ça allait même si visiblement elle avait l'air de bien se porter, mais elle lui répondit avant même qu'il ne demande quoique ce soit. Un mutant l'avait sauvée, lui évitant de se blesser dans sa chute. C'était le plus important.

Erïka ne parlait plus mais elle semblait ne pas avoir terminé pour autant. Bobby attendit donc qu'elle termine tout ce qu'elle avait à dire avant de faire des conclusions hâtives. Y avait il une suite à tout ça ? Le mutant l'avait il menacé ensuite ? Sans doute pas. La jeune femme expliqua alors que la moto était abimée, égratignée à certains endroits à cause de la chute. Vu la façon dont elle en parlait, on aurait pu croire qu'elle était plus inquiète pour la moto que pour le reste. Elle parlait de réparation, lui demandait de ne pas lui en vouloir. Pourquoi lui en voudrait il d'avoir eu un accident ? Elle ne l'avait pas fait exprès. Il réalisa alors qu'elle devait réagir de la sorte parce qu'elle avait abimé ce à quoi Bobby tenait le plus après elle : sa moto.

Le véhicule avait une certaine importance aux yeux du mutant de glace. C'était son bijou, son bien le plus précieux dont il prenait grand soin, faisant les réglages lui même et la customisant au fil du temps pour qu'elle réponde toujours à ses besoins. Jamais elle ne lui avait fait défaut et il adorait partir faire un tour juste elle et lui afin de se changer les idées. Si seulement elle avait pu parler, elle aurait été sans nulle doute sa meilleure amie. Et elle était là, abimée, éraflée, projetée sur l'asphalte comme une malheureuse à cause d'une fichue plaque de verglas. Mais pire encore, elle aurait pu blesser Erïka en l'emportant dans sa chute. Et ça, c'était impardonnable. Comme quoi, un véhicule ne pouvait jamais être complètement fiable.

Erïka expliquait qu'elle savait à quel point sa moto était importante pour lui et à quel point cela faisait viril pour un homme de s'occuper de sa moto. Bobby haussa les sourcils. D'où ça sortait ça ? Heurter sa virilité en abimant sa moto ? Quoi ? C'était tellement invraisemblable et sorti de nulle part que Bobby se mit à rire. Il se demandait bien d'où elle avait pu sortir ça tant c'était hors de propos. Il n'avait jamais acheté une moto parce qu'il pensait que c'était viril. Il aimait la conduite que cela procurait et il aimait simplement s'en occuper car c'était l'un de ses seuls loisirs. Il pouvait la façonner à sa façon, rendre les réglages plus performants... Mais jamais il ne s'était dit qu'il aurait l'air plus viril ainsi. Une fois son rire calmé, il prit Erïka dans ses bras et la serra contre lui avant de la regarder.

- Ecoute, tout ce qui m'importe, c'est que tu sois hors de danger et que tu n'aies rien. Tu es plus importante à mes yeux que ma moto, même si j'y tiens énormément. Et puis, ce ne sont que des éraflures, non ? Rien de grave. Je préfère que ce soit elle qui prenne les coups plutôt que toi. J'ignore qui est celui qui t'as sauvée mais tu peux le remercier de ma part, heureusement qu'il était là. Alors ne t'inquiète pas pour ça, d'accord ? Tu es ce que j'ai de plus précieux. Mais c'est quoi cette histoire de virilité au juste ? Tu crois vraiment que je fais ça pour paraitre plus viril ?

Il embrassa Erïka puis la lâcha avant de saisir sa main. L'entrainant avec lui, il se rapprocha de sa moto pour inspecter l'étendue des dégâts. Quelques rayures sur le côté mais rien d'irréparables. Un peu de polish, un coup de peinture, un petit coup de chiffon et on n'en parlait plus, elle serait comme neuve. Le choc l'avait peut-être fragilisé alors mieux valait s'assurer qu'il ne fallait pas changer la calandre. Il libéra la main de sa petite amie et procéda à quelques vérifications. Au final il n'y avait aucun réel dégât à déplorer. Il passa doucement ses doigts sur les rayures puis se redressa, se tournant vers Erïka.

- Il n'y a rien de grave, tu vois ? Je vais polir un peu la zone et la repeindre. Après ça, c'était comme s'il n'y avait rien eu. Par contre, je manque de peinture, je dois aller en acheter au magasin. Tu viens avec moi ? Comme ça on réparera ensemble et ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir. D'ailleurs, j'ai une surprise pour toi. Si j'avais su, je te l'aurais offert plus tôt. Je reviens, j'en ai pour une minute.

Bobby la libéra puis se tourna pour retourner à la porte et quitter le garage. Il se rendit à sa chambre et ouvrit sa penderie où se trouvait un emballage arrondi. A vrai dire, l'emballage ne ressemblait pas à grand chose mais avez vous déjà essayez d'emballer quelque chose de rond ou d'ovale ? Paquet dans les mains, il retourna prestement au garage et s'approcha d'Erïka pour lui tendre le cadeau. Il s'agissait d'un casque de moto à sa taille de couleur bleu et blanc assez stylé grâce aux graphismes qui le composaient. Il espérait qu'il allait lui plaire.

- Tiens, c'est pour toi.

Tandis qu'elle déballait, il se rendit au local un peu plus loin afin de ramener son propre casque, le conservant pour le moment sous le bras. Il se rapprocha de la moto puis retira la béquille et grimpa dessus avant de la faire démarrer. Pas même une fausse note, preuve qu'elle n'avait rien. Il tendit la main à Erïka en attendant qu'elle se joigne à lui pour se rendre au magasin maintenant qu'elle avait son propre casque. Il s'était assis en arrière, lui laissant donc la place du conducteur. Lorsque l'on tombait de selle, il fallait remonter aussitôt pour ne pas garder de mauvais souvenirs.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Sam 9 Mar 2013 - 6:19

Erïka n’était pas du genre à s’inquiéter pour des broutilles. Elle savait garder les deux pieds sur terre et relativiser les choses. Elle n’était pas très matérialiste, en général. Si un objet brisait, elle le réparait ou allait s’en acheter un autre un magasin si elle en avait réellement besoin. Il y avait certaines choses auxquelles elle tenait plus que d’autres, comme son Ipod, par exemple, mais n’en ferait pas une crise s’il venait à ne plus fonctionner, un jour. Bien qu’elle prenait soin de ce qui lui appartenait, sachant se contenter du peu qu’elle avait, elle ne serait pas triste de réaliser que son radio réveil n’était plus fonctionnel ou que son chandail préféré soit troué. Après tout, c’était des choses largement remplaçables. Par contre, s’il y avait bien une chose à laquelle elle faisait terriblement attention, c’était la moto de Bobby. Il y tenait, c’était comme son petit bébé. Elle faisait tout pour en prendre soin et lui prouver qu’elle savait s’en occuper. Lorsqu’elle sortait, elle prenait toujours soin de faire le plein et nettoyait le véhicule au besoin. Combien de fois avait-elle roulé dans l’eau et la boue, se retrouvant aussi sale que le véhicule ? Malgré tout, à chaque fois qu’elle rentrait à l’institut, la moto était toujours en bon état. Aucun bris, aucune égratignure.
Elle s’en voulait d’avoir eu cet accident, la veille, et ainsi abîmer son véhicule. Elle craignait qu’il ne la déteste pour cela. Elle avait peur qu’il ne veuille plus lui parler, qu’il soit déçu et perde la confiance qu’il avait pour elle. La jeune fille était anxieuse et le simple fait d’attendre son petit ami ne faisait que la stresser davantage.

Lorsqu’elle vit enfin Bobby entrer dans le garage, elle se jeta dans ses bras. Elle était heureuse de le voir. Elle adorait sa compagnie. Par contre, en ce moment, elle avait du mal à apprécier sa présence comme il se doit. Elle était nerveuse et craignait sa réaction. Elle savait à quel point il tenait à sa moto et il serait peut-être en colère qu’elle n’ait pas su en prendre soin. Afin de se donner du courage, elle l’embrassa. Puisqu’il lui rendait son baiser, elle en profitait pour prolonger ce doux moment dans ses bras, appréhendant la suite des choses. Finalement, lorsqu’elle se détacha de sn petit ami, elle recula d’un pas afin de le regarder dans les yeux. Elle voulait lui raconter ce qui s’était passé. C’était toujours mieux que faire comme si rien n’était et le laisser découvrir cela plus tard. Son sourire lui faisait chaud au cœur et l’encouragea davantage à prendre la parole.

Incertaine, elle commença à parler. Elle essayait de lui exprimer clairement la situation et lui faire comprendre qu’elle n’avait surtout pas fait exprès d’avoir cet accident, que la moto n’avait rien de grave et qu’elle allait bien. Lorsqu’elle se tut finalement, ce ne fut que pour remettre ses idées en place avant de reprendre la parole, lui expliquant à quel point elle savait que la moto lui tenait à cœur. Elle avait tout fait pour ne pas l’abîmer lorsqu’elle l’empruntait, elle n’avait pas voulu que cet accident se produise. Elle lui proposait de s’occuper des réparations, ne voulait pas laisser le véhicule endommager alors qu’il comptait tant pour son petit ami. Elle expliqua, par la suite, qu’elle comprenait que sa moto était comme un signe de virilité et qu’elle venait d’heurté ainsi sa masculinité en abîmant son bien le plus précieux. Elle n’avait pas réfléchit, s’exprimant d’une voix rapide. Elle avait seulement répété les paroles que Chaton lui avait dites la veille. Maintenant, elle attendait simplement le jugement de son petit ami, craignant sa réaction.

Elle s’attendait à tout sauf des rires. Pourquoi riait-il ? Ce n’était pas drôle ! Inquiète, elle ne savait pas si elle devait se vexer ou se réjouir d’une telle réaction. Elle se contentait de croiser les bras, incertaine. Elle ne savait plus quoi dire, ni quoi faire, attendant simplement que son petit ami cesse de rire. Lorsqu’il fut calmé, il la prit doucement dans ses bras. Cela signifiait-il qu’il n’était pas fâché ? Il n’était pas inquiet pour sa moto ? Il n’avait toujours pas vu les dégâts. Malgré tout, l’adolescente n’allait pas refuser une telle marque d’affection et passa ses bras autour de sa taille avant de poser sa tête contre son épaule.

Sur un ton de voix calme et posé, il rassura Erïka. Il lui expliqua qu’elle était bien plus importante à ses yeux que sa moto. L’important était qu’elle n’ait rien. C’était facile de camoufler quelques petites éraflures. Par contre, elle aurait pu être gravement blessée ou même tuée. Elle ne portait pas de casque, sa tête aurait pu heurter quelque chose et ainsi provoquer une fracture, une hémorragie cérébrale, n’importe quoi de grave. Elle avait eu de la chance que Chaton puisse la rattraper à temps. Ainsi, elle n’avait rien. Bobby lui confia qu’elle était ce qu’il avait de plus précieux. Levant les yeux vers lui, elle lui fit un petit sourire. Elle ne saurait décrire ce qui se passait en elle en ce moment même, mais elle présumait que c’était ses paroles qui lui faisaient un tel effet. Elle était touchée. Elle se sentait rassurée et, surtout, aimée. Comment avait-elle faire pour dénicher un petit ami si adorable ? Comment arrivait-il à la supporter, par moments ? Il y avait tant de mystères dans la vie. Il ne valait mieux pas y penser, pour l’instant. Elle se sentait bien mieux, elle était heureuse avec lui, c’était tout ce qui comptait, pour l’instant.

Même si la situation semblait réglée, Bobby avait quelques questions qui méritaient d’être éclaircir. Quelle était cette histoire de virilité ? Était-ce la cause de son hilarité ? Quoi qu’il en soit, elle devait y expliquer la raison d’un tel résonnement. Lorsque Chaton lui avait parlé de ses connaissances en moto, il avait avoué que le fait de s’en occuper lui donnait l’air d’un homme viril. Sur le coup, elle avait haussé les sourcils, n’ayant jamais entendu quelque chose d’aussi absurde. Pourtant, elle avait répété le tout à son petit ami. Visiblement, il trouvait cela aussi ridicule qu’elle. À bien y penser, elle se demandait pourquoi elle avait dit quelque chose d’aussi idiot. Bobby était un garçon passionné. Lorsqu’il s’occupait de sa moto, c’était parce qu’il aimait ça, parce que c’était quelque chose qui le rendait heureux, rien de plus. Il n’était pas le genre de personne qui cherchait à se faire passer pour ce qu’il n’était pas, tentant par tous les moyens d’être apprécier et admirer par les autres. Il savait rester lui-même et faire ce qu’il aimait sans se soucier de ce que les gens pouvaient penser de lui. Cela faisait partie des choses qu’elle aimait chez lui. Il restait naturel. Il n’avait pas besoin de se comporter différemment avec elle, ni même s’inquiété de sa température corporelle. Ayant toujours chaud, même en hiver, elle adorait se blottir dans les bras de son petit ami. C’était bien plus agréable que de se rouler dans la neige. Bien entendu, Erïka restait malgré tout humaine. Il y avait une limite à ce que son corps pouvait supporter. Habituellement, lorsqu’elle avait froid, surtout la nuit, elle se contentait de s’enrouler dans les couvertures à sa portée, comme une petite saucisse. Elle n’allait pas laisser un petit détail comme une mutation faire obstacle à sa relation amoureuse.


-« Non… en fait… C’est stupide, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. En fait, hier, j’ai demandé conseil à Minet… Enfin, Chaton, le mutant qui m’a sauvé. J’espérais pouvoir réparer les dégâts sur la moto. Il m’a dit qu’il s’y connaissait, qu’il avait sa propre moto auparavant. Il disait s’en occuper parce que ça faisait viril. Je sais que tu n’es pas comme ça. Je sais aussi que cette moto compte beaucoup à tes yeux et je tiens à en prendre soin autant que toi. Je ne sais pas vraiment comment m’y prendre pour lui rendre son état d’origine, mais je tiens à le faire. »

Elle ferma les yeux lorsque les lèvres de son petit ami vinrent effleurer les siennes. Maintenant qu’elle lui avait tout dit, elle se sentait un peu idiote. Elle avait paniqué pour rien. Il avait toujours été adorable avec elle. Elle avait encore du mal à croire, parfois, que tout cela pouvait être vrai. Elle avait l’habitude d’être ignorée, négligée, se débrouillant toujours seule peu importe les circonstances. Elle devait maintenant se faire à l’idée qu’il y avait des personnes qui ne désiraient que son bien. Il n’y avait que très peu de personnes en qui elle pouvait avoir confiance. Bobby était l’une d’entre elles.

Erïka regrettait que ce court baiser qu’ils échangeaient ne soit de courte durée alors que les lèvres de Bobby quittaient les siennes. Le jeune homme attrapa doucement sa main et l’entraina avec elle, désireux de constater par lui-même les dégâts qu’avait subi sa moto. Il lâcha sa main le temps de faire quelques vérifications. Pendant ce temps, l’adolescente attrapa son téléphone portable, qu’elle avait laissé sur le véhicule, et le rangea dans la poche de son jean. Elle restait silencieuse, attendant impatiemment le verdict de Bobby sur l’état du véhicule. Lorsqu’il se redressa, il lui annonça qu’il n’y avait que quelques petites égratignures sur la carrosserie, rien de bien grave. La jeune fille laissa échapper un soupir de soulagement. S’ils travaillaient sur le véhicule dans la journée, elle sera comme neuve dès ce soir. Elle voulait l’aider à réparer les dégâts et était prête à le suivre jusqu’au magasin afin d’acheter la peinture. Hors de question de le laisser payer. Elle voulait assumer les frais.


-« Bien sûr que je viens avec toi ! Tu peux passer prendre mon manteau et mon sac dans ma chambre, au passage ? J’ai hâte de voir ta surprise alors revient vite. »

Elle l’embrassa sur la joue avant de le laisser filer. Elle avait hâte de savoir ce qu’il comptait lui offrir. Pourquoi une telle attention ? Ce n’était pas son anniversaire et Noël était passé depuis un bon moment. Intriguée, la jeune fille tentait de déterminer ce que pouvait être le fameux cadeau. Maintenant qu’elle avait tout avoué à Bobby et qu’il ne lui en voulait pas pour cet accident, elle se sentait beaucoup mieux. Elle était bien plus joyeuse, attendant impatiemment son retour. Elle faisait les cents pas dans la pièce, laissant son esprit vagabonder, allant de suppositions à suppositions sur ce fameux cadeau. Que pouvait-il lui avoir acheté ?

Lorsque Bobby fut de retour, elle put finalement satisfaire sa curiosité. Il lui tendit un paquet rond. Intriguée, elle le prit et l’observa sous toutes ses coutures. Elle réalisa rapidement qu’il s’agissait d’un casque. Pour en être sûre, elle déballa le paquet, jetant l’emballage dans la poubelle à ses côtés, afin d’observer le présent. Elle avait bien deviné. Il s’agissait bel et bien d’un casque pour la moto. C’était une merveilleuse idée. La jeune fille avait tendance à conduire sans porter de casque, ce qui pouvait se révéler très dangereux. Maintenant, elle n’aura plus d’excuse pour sortir la tête nue. Heureuse, elle se jeta sur Bobby avant qu’il ne grimpe sur sa moto. Elle plaqua un baiser sur ses lèvres avant d’essayer le casque.


-« Il est magnifique ! Merci ! Je l’adore ! Mais pourquoi un tel cadeau ? C’est une occasion spéciale ? »

Elle le laissa monter sur sa moto le temps de mettre son manteau et se glisser son sac en bandoulière. Joyeuse, elle attrapa la main de son petit ami afin de monter devant lui. Il lui faisait assez confiance pour lui laisser reprendre le volant. Lorsque la large porte métallique du garage fut ouverte, la jeune fille démarra. Elle quitta l’institut avec prudence, ne voulant pas répéter la même erreur que la veille. Elle était prudente, surtout lorsqu’elle atteignait la ville. Elle n’avait pas envie de déraper ou d’entrer en collision avec un autre véhicule. Heureusement, il n’y eu aucun accident et la jeune fille put se garer près du magasin sans problème. Il était tôt, il n’y avait pratiquement personne. Coupant le moteur, l’adolescente descendit de la moto avant de tendre les clés à Bobby. Elle retira son casque et le glissa sous son bras, se dirigeant vers les portes principales de la boutique. Alors qu’elle marchait, elle attrapa sa main, le sourire aux lèvres. Cette journée se déroulait bien mieux que prévu.

-« Je suis contente que tu me laisses conduire, même après ce qui s'est passé. » Confia-t-elle au jeune homme.

Ne sachant où se diriger afin de trouver la peinture pour moto, l’adolescente se laissa guider à travers les rangées. Elle était persuadée que Bobby s’y connaissait bien mieux qu’elle dans ce genre de chose. Elle le laissa choisir la peinture puis l’accompagna jusqu’à la caisse afin de payer le tout. Refusant qu’il paie pour cela, la jeune fille avait déjà sorti son portefeuille et tendit un billet à la caissière dès qu’elle celle-ci lui donna le montant total de l’achat. La veille, elle avait profité de son petit tour en ville afin de passer à la banque. Elle n’aimait pas utiliser sa carte bancaire et préférait payer en agent comptant lorsqu’elle le pouvait. Depuis qu’elle avait découvert ses origines familiales, certaines choses avaient changé dans sa vie, dont sa situation financière. Elle qui avait toujours cru être une adolescente à problèmes comme une autre s’était retrouvée du jour au lendemain l’enfant illégitime d’un militaire multimilliardaire. Elle n’aurait jamais cru rencontrer son père, un jour. Pourtant, c’était arrivé. Anieta communiquait avec lui depuis quelques années avec lui, sans jamais ne lui en avoir parlé. Pendant tout ce temps, l’argent que sa grand-mère lui versait à tous les mois sur son compte bancaire afin de lui permettre de payer certaines de ses dépenses personnelles venait en fait de son géniteur. Il gardait un œil sur elle et son frère jumeau depuis tout ce temps. Maintenant qu’elle connaissait la vérité, elle accédait à une somme d’argent bien plus importante qu’il avait mis de côté pour elle. Elle n’en avait qu’une maigre partie, mais ce montant était assez élevé pour couvrir l’argent ses dépenses. Elle songeait à se payer un voyage afin de découvrir un peu le monde, peaufiner son apprentissage en langue. Elle pourrait même proposer à Bobby de l’accompagner. Ce serait un voyage tout simplement magique. Elle pourrait également s’acheter une moto. Ainsi, elle n’emprunterait plus constamment la sienne lorsqu’elle désirait s’éloigner de l’institut. Elle avait tout un tas de projets en tête, mais cela attendrait encore un peu.

Une fois l’achat payé, l’adolescente referma son portefeuille et le rangea dans son sac, tout comme le pot de peinture. Elle était prête à rentrer à l’institut. Attrapant le bras de son petit ami, marchant à ses côtés, elle sortit du magasin. Elle songeait à lui parler des récents changements dans sa vie. Elle n’avait jamais vraiment parlé de sa famille à son petit ami, pas plus qu’elle ne lui avait demandé de parler de la sienne. Elle avait toujours eu du mal à aborder le sujet, après ce qu’elle avait vécu par le passé. Bien sûr, Bobby connaissait Anieta, sa grand-mère. Par contre, il n’avait jamais rencontré Alexïs, son frère jumeau. Il était toujours occupé, surtout depuis qu’il avait entamé ses études en médecine. Elle ne pouvait lui en vouloir de ne pas avoir le temps de la voir entre son travail et l’école. Un jour, elle aura l’occasion de le présenter à son petit ami. Pour ce qui était du reste de sa famille, c’était une toute autre histoire. Bientôt, elle pourra lui confier la vérité. Elle lui faisait assez confiance pour cela. Il fallait seulement qu’elle trouve le courage de se confier.


-« Tu as d’autres courses à faire ? Puisqu’on est en ville, autant en profiter. Pour ma part, je n’ai besoin de rien. J’ai seulement envie de passer la journée avec toi. »
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Sam 9 Mar 2013 - 19:19

Bobby s'était attendu à tout, sauf à ça. Il s'était inquiété en voyant l'air anxieux de sa petite amie et avait soupçonné qu'elle avait une mauvaise nouvelle à lui annoncer. Sinon, pourquoi l'aurait elle fait venir ici, dans le garage, à une heure matinale ? Il avait pensé un instant que c'était en rapport avec sa moto mais du peu qu'il la voyait, elle avait encore l'air en un seul morceau. C'était pourtant bel et bien le véhicule qui était au centre des préoccupations de la jeune femme. Elle disait avoir abimé le véhicule lors d'une chute, le jour précédent. Mais ce que retenait surtout Bobby était le fait qu'elle aurait pu être blessée, grièvement même. Une moto, ça se réparait et au pire, cela se rachetait. Mais une vie, une fois qu'elle était perdue, c'était pour de bon. Quand bien même le mutant aimait sa moto comme si il s'agissait d'une personne, il savait tout de même faire la part des choses. Peut-être qu'un autre que lui ce serait énervé sur le coup avant de se calmer en relativisant mais pas lui. Il analysait toujours les choses avec calme et même ses proches ne l'avaient jamais vu en colère. Une fois encore, il ne fit pas exception, réagissant avec calme, ne s'emportant pas pour un simple bris matériel.

Il attendit cependant qu'Erïka ait terminé de parler avant de prendre la parole à son tour, ne désirant pas la couper dans son élan, même si c'était pour la rassurer. Il préférait qu'elle dise tout ce qu'elle avait à dire avant. Et il fut surpris d'entendre certaines paroles. Depuis quand le fait de s'occuper d'une moto était un symbole de virilité ? Bobby n'avait jamais pensé à ça de cette façon là, aimant la moto pour ce qu'elle était, ce qu'elle lui procurait et non pour feindre quoique ce soit devant d'autres personnes. L'envisager sous ce nouvel angle lui était presque impossible. A quoi bon perdre son temps à faire ce genre de chose si l'on aimait pas réellement cette activité ? Le mutant était un passionné, rien de plus. Et il ne pensait pas avoir besoin d'afficher une quelconque virilité pour satisfaire... qui d'ailleurs ? Un égo qui avait besoin d'être consolé ? Bobby n'était peut-être pas une armoire à glace ni même un homme que l'on pouvait qualifier d'extrêmement viril mais il s'en moquait. Il était un homme qui faisait simplement ce qu'il aimait, voilà tout.

Mais cette remarque sortie de nulle part amusa beaucoup Bobby qui se mit à rire, sans penser un seul instant qu'Erïka pourrait croire qu'il se moquait d'elle. Là n'était pas son intention, il trouvait juste cela amusant comme point de vue, surtout que cela ne lui avait jamais effleuré l'esprit. Il n'était pas en colère pour ce qui s'était produit alors pourquoi se priver de rire ? Il était curieux de savoir le fin mot de l'histoire mais ce n'était pas sa priorité. Erïka devait attendre qu'il lui dise ou non s'il était fâché. La seule chose qu'il ressentait était un soulagement de la savoir indemne. Et puis, si la moto était endommagée, cela lui permettrait de passer davantage de temps dessus, de chercher à la peaufiner et éventuellement de la modifier. Il était peut-être temps de faire un réglage...

Prenant sa petite amie dans ses bras pour lui démontrer physiquement que tout allait bien et qu'il était rassuré de la savoir sauve, il enchaina ensuite avec le fond de sa pensée. Au fur et à mesure qu'il parlait, il voyait les traits d'Erïka se modifier doucement. Elle semblait apaisée et soulagée. Il en profita donc pour demander ce qu'était cette histoire de virilité perdue ou endommagée par l'accident. C'était donc la faute à un certain Minet. Minet ? Ah non, il se prénommait Chaton. Bobby n'était pas certain que ce soit mieux. Quel drôle de nom... A tous les coups un pseudonyme mais il s'imaginait donc un mutant aussi doux qu'un petit chat et plutôt inoffensif. Rien à voir avec la réelle carrure qu'il pouvait réellement avoir donc. Mais lorsqu'Erïka mêla le mot «Viril» au reste de la description, Bobby fut à court d'imagination pour compléter le tableau. Un chaton viril. C'était cocasse. Une sorte de loup garou peut-être ? L'important était qu'il avait sauvé Erïka, peu importait s'il avait quelque chose à compenser.

- Peut-être qu'il a quelque chose à compenser, tout simplement. Ou qu'il est juste vieux jeu. Mais il peut bien penser à sa façon et être n'importe qui, je lui suis reconnaissant de t'avoir sauvé. Ma moto compte beaucoup mais pas autant que toi. Et puis, ce n'est pas grave si on ne peut lui rendre son état d'origine. C'est l'occasion pour la modifier un peu et lui donner une seconde jeunesse, tu ne crois pas ? Un peu de changement, ça ne fait pas de mal.

Pour lui confirmer qu'il n'était vraiment pas fâché, il l'embrassa. Elle s'était inquiétée pour rien et méritait bien un peu de tendresse pour compenser ce léger malaise. Bobby l'entraina ensuite avec lui près de la moto le temps qu'il vérifie que la mécanique n'avait rien d'endommagée. C'était le plus important pour un véhicule. Entre la mécanique et l'apparence, il y avait une sacrée différence et Bobby savait bien où se situaient les priorités. Par chance, seule la carrosserie était légèrement endommagée. Rien d'irréversible qui aurait pu mériter le courroux du mutant. Il ne restait donc plus qu'à racheter de la peinture pour camoufler le tout et refaire une petite beauté à la moto. Malgré le fait qu'il en avait l'opportunité, il ne désirait pas en changer la couleur, elle était très bien ainsi. Il proposa donc à la russe de l'accompagner dans son périple jusqu'en ville afin d'acheter ce qu'il lui manquait. Erïka accepta, lui demandant puisqu'il se rendait à sa chambre pour aller chercher une surprise à son attention, de récupérer ses affaires également.

- Bien sûr, je te ramène ça, j'en ai pour un instant.

Il fit demi tour et se rendit rapidement à la chambre d'Erïka en premier, la plus près sur son trajet. Repérant le manteau, il s'en empara ainsi que du sac, non loin. Saluant Istina à distance, il quitta la chambre pour se rendre ensuite à la sienne. Il récupéra le cadeau et prit son porte-feuille qu'il rangea dans l'une des poches arrières de son jean avant de retourner au garage. Là, il donna tout d'abord le cadeau à Erïka, patientant en tenant le reste pendant qu'elle le déballait. Bobby se mit à sourire en la voyant ravie de ce qu'elle découvrait. Il lui plaisait, c'était une bonne chose. Le mutant n'était pas certain que la couleur allait lui plaire mais fut soulagé que ce soit finalement le cas. Il lui rendit son étreinte et son baiser, content que le présent lui fasse plaisir. Erïka demanda cependant la raison d'un tel présent.

- Il faut une raison pour te faire plaisir ? Et puis il en va de ta sécurité. J'ai voulu te l'offrir avant, mais je manquais d'argent. A présent, tu as le tien, il t'ira mieux que le mien et sera plus efficace question sécurité. S'il te faut absolument une raison... considère que c'est pour fêter l'obtention de ton permis, en retard.

Un casque de moto de qualité coûtait en effet très cher mais Bobby se moquait de ce détail. Malheureusement, il ne roulait pas sur l'or et il avait dû faire pas mal d'économies pour amasser la somme nécessaire. Il lui restait encore un peu d'argent, heureusement. Les contacts de Scott lui faisaient souvent de bons prix grâce à sa fidélité.
Il ne leur restait plus qu'à se rendre en ville à présent. Bobby s'était déjà installé sur la moto et attendait qu'Erïka l'y rejoigne, lui laissant la place conducteur. Après cette petite mésaventure, il aurait pu diminuer sa confiance à son égard mais ce n'était pas le cas. Personne n'était à l'abri d'un accident et ce n'était donc pas une raison pour remettre ses compétences de pilote en doute. La jeune femme n'hésita pas, ce qui le conforta dans son choix. Vêtue de son casque, elle s'empara des commandes et dirigea le véhicule jusqu'en ville. Sa conduite était un peu plus raide que d'habitude, comme si elle hésitait, se méfiait davantage. Sans doute avait elle peur de faire une nouvelle chute, comme tous ceux qui avaient déjà fait ce genre d'erreur. Bobby la tenait doucement, l'étreignant pour la rassurer et lui affirmer sa confiance dès qu'ils étaient stoppés à un feu rouge. Peu après, ils étaient arrivés devant le magasin. Alors qu'ils allaient pénétrer à l'intérieur, Erïka avoua être contente qu'il l'ai laissée conduire.

- Ca n'a rien changé à tes compétences, c'était juste le hasard. Je ne vois pas pourquoi je te ferais moins confiance, au contraire. Tu en as toujours pris grand soin et tu as osé me le dire en face sans tenter de camoufler la vérité. Je sais que tu ne me décevras pas Erïka. Même le meilleur conducteur du monde ne peut rien face à une plaque de verglas.

Il lui offrit un sourire puis pénétra dans le magasin avec elle. Etant déjà venu à plusieurs reprises ici, le mutant savait où se rendre pour trouver ce dont il avait besoin. Le polish, il l'avait déjà, inutile donc de faire une dépense inutile. Il se dirigea donc directement vers le rayon peinture où il chercha la référence exacte du bleu qu'il cherchait. En quelques minutes, il s'était emparé d'un petit pot de peinture bleu ainsi que d'un blanc mais prenait son temps pour se rendre en caisse. Il hésitait à faire un autre achat. Si Erïka avait chuté, c'était peut-être à cause de la moto elle même. Il était possible que les pneus soient usés à force d'être utilisés, réduisant donc l'adhérence des pneumatiques sur la route. Les changer pourrait être une bonne chose et ne ferait que renforcer la sécurité.

- Je vais acheter des pneus aussi. Ce petit incident prouve qu'ils sont sans doute usés mais j'aurais préféré m'en rendre compte avant que tu ne chutes.

Il entraina donc Erïka dans le rayon adéquat et acheta une paire de pneus neufs qui sentaient bon le caoutchouc. Puisque c'était compliqué de les trimballer sur une moto, Bobby songeait à les faire installer directement ici, en magasin. Ils avaient un atelier prévu à cet effet, cela tombait bien. Bobby comptait cependant faire des réglages une fois de retour à l'Institut.
A la caisse, Erïka insista pour payer. Bobby ne s'y serait pas opposé si seulement il n'y avait pas eu les pneus en plus. Ces derniers coûtaient assez cher et il ne voulait pas qu'elle dépense autant. Si elle estimait tant que ce qui était arrivé était sa faute, elle pouvait payer la peinture mais pas les pneus. Le mutant lui proposa donc que chacun paye une partie. Elle la peinture et lui les pneus. Les achats payés, Bobby laissa son véhicule au magasin le temps qu'ils fassent le montage, ne conservant que la peinture. Sa petite amie demandait si il avait d'autre achat à faire. Ils avaient un peu de temps devant eux en attendant que la moto soit prête, ils pouvaient donc en profiter.

- Vu qu'on doit attendre un peu, pourquoi tu n'essaierais pas une tenue de moto ? Tu vas peut-être trouver ça encombrant au début mais tu t'y feras vite. En cas de chute, c'est plutôt utile pour ne pas se blesser. Et puis comme ça, on en aura tous les deux une. Une fois rentré, tu veux bien m'aider à retaper la moto ? Ne te sens pas obligée surtout, hein. Tu peux aussi simplement rester avec moi, ça me va très bien. Mais ce serait plus amusant qu'on fasse ça tous les deux. Qu'en dis tu ?
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Sam 9 Mar 2013 - 22:18

Erïka était le genre de fille qui, même si elle ne le démontrait pas, était très fragile. Elle avait parfois du mal à se faire confiance elle-même, alors compter sur une autre personne lui était encore difficile à faire par moments. Pourtant, elle savait qu’elle était entourée de gens formidables qui ne la laisseront jamais tomber. Il y avait son frère jumeau, sa grand-mère, et bien évidemment William qu’elle considérait également comme un frère. Cependant il y avait une autre personne à ajouter au tableau : Bobby. Elle n’avait jamais douté de lui. Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance et il le lui avait prouvé à maintes reprises. Il lui était fidèle et arrivait à supporter son sale caractère en tout temps, sans qu’elle comprenne bien comment il y arrivait. L’important était qu’elle ne doute jamais du fait qu’il l’aimait sincèrement. Ses sentiments étaient réciproques. Elle était attachée à lui et le perdre la dévasterait totalement.

Elle avait d’ailleurs douté de sa réaction en lui annonçant qu’elle avait abîmé sa moto. Elle savait qu’il y était attaché, qu’il s’agissait de son bien le plus précieux. Elle avait tout fait pour en prendre soin, mais elle n’avait pu éviter cet accident. Allait-il être en colère contre elle ? Elle crut que si. Cela aurait pu être parfaitement compréhensible. Pourtant, il ne la réprimanda pas. Il avait toujours été quelqu’un de calme et le voir s’énerver l’aurait probablement effrayée. Malgré tout, il aurait pu lui dire qu’elle l’avait déçu, qu’il ne voulait plus jamais lui prêter son véhicule. Pourtant, ce n’était pas le cas. Il la prit doucement dans ses bras et fit en sorte de la rassurer. Peu à peu, Erïka se détendait. Un énorme poids venait de quitter ses épaules. Tout allait bien. Il ne lui restait plus qu’à réparer les dégâts. Elle tenait à le faire.

Avant tout, elle devait quelques explications à son petit ami. Elle devait lui expliquer cette histoire de virilité. Maintenant qu’elle repensait à ce qu’elle avait dit à ce sujet, elle se trouvait un peu ridicule. Elle avait parlé trop vite, sans réfléchir. Au moins, elle avait le temps d’expliquer que c’était Chaton qui lui avait dit une telle chose. Bien évidemment, elle ne pensait pas que Bobby n’était pas le genre de personne qui cherchait à passer pour ce qu’il n’était pas. Au contraire, il restait authentique, il n’allait pas changer pour faire plaisir à d’autres.
Si Chaton avait besoin d’une moto pour se sentir viril, malgré qu’avec son apparence actuelle ce n’était plus vraiment nécessaire, cela le concernait. Bobby était bien différent de lui. Ce dernier lui proposait de s’occuper de la moto, de la remettre en état. Elle était toujours réparable. Même si l’accident aurait fait plus de dégâts, cela n’aurait été qu’une occasion de faire des modifications sur le véhicule et lui donner une seconde jeunesse.


-« Tu as raison. Un jour, j’aurais ma propre moto et on pourra la modifier ensemble. »

Elle avait hâte un jour où elle pourra conduire son propre véhicule. Pour l’instant, elle avait le permis, c’était le plus important. Elle avait encore le temps de faire des économies et de réfléchir à l’achat du véhicule. Elle n’avait aucun problème monétaire, mais ne voulait pas se lancer trop hâtivement sur l’achat d’une moto. Elle voulait choisir la bonne. Il fallait également qu’elle se procure certains accessoires importants, comme un casque. Bientôt, elle n’aura plus ce petit souci.

Bobby revient, quelques minutes plus tard, avec les affaires de l’adolescente, ainsi que le cadeau qu’il lui avait promis en quittant la pièce. Elle se demandait pourquoi une telle attention, n’étant pas tout à fait habituer à recevoir des présents sans raison particulière. Malgré tout, cela ne l’empêcha pas de le déballer et d’admirer le casque qu’elle avait maintenant entre les mains. Il était magnifique. Heureuse, elle sauta dans les bras de son petit ami et l’embrassa avant de finalement essayer son cadeau. Il lui allait à merveille. Nul doute qu’avec ça elle aura moins de risque d’être gravement blessée si elle chutait de nouveau. Elle était touchée de cette attention à son égard. Son magnifique sourire n’arrivait à quitter ses lèvres, exprimant ainsi la joie qui l’habitait.


-« Tu n’étais pas obligé de dépenser tout ton argent pour moi, tu sais ! Merci pour le cadeau, ça me fait vraiment plaisir. »

Toute heureuse, elle laissa son petit ami se préparer alors qu’elle enfilait son manteau et glissait son sac en bandoulière. Elle s’attendait à prendre place à l’arrière de la moto, mais Bobby l’invitait plutôt à prendre le volant. Il lui faisait toujours confiance ? Il n’avait pas peur d’un nouvel accident ? Tentant de rester confiante, la jeune fille pris place sur le véhicule et démarra, quitta l’institut. Elle roulait avec prudence, surtout en ville, craignant de renouveler son expérience de la veille. Heureusement, elle arriva à bon port sans accrochage. Elle gara la moto et coupa le moteur avant de rendre les clés à son petit ami. Elle profita du fait qu’ils marchaient vers le magasin pour lui dire qu’elle était heureuse qu’il la laisse conduire, malgré tout. Elle était ravie qu’il ait toujours confiance en elle, en ses compétences.

-« Difficile de mentir, quand on est la reine de la vérité. Je préfère être honnête, ça évite bien des problèmes. Je ne veux pas que tu perdes confiance en moi… et je veux encore moins te perdre.»

Une fois dans le magasin, elle se laissa guider jusqu’au rayon pour peinture automobile. Elle laissa Bobby faire son choix de couleur. Il savait probablement mieux qu’elle ce dont il avait besoin. Pensant que les achats étaient terminés, la jeune fille se dirigea vers la caisse. Cependant, Bobby voulait faire un autre achat. Il désirait se procurer de nouveaux pneus pour la moto. Il désirait éviter un autre accident, surtout si l’usure des pneus était la cause de celui qu’elle avait eu la veille. Elle le suivit sans rechigner.

-« C’est peut-être à cause de la glace, aussi. Enfin, tu t’y connais mieux que moi, alors c’est toi qui vois. »

Une fois dans le bon rayon, Bobby fit en sorte de pouvoir faire changer les pneus sur place. C’était bien moins compliqué que de les trainer avec eux jusqu’à l’institut. Elle le laissa faire son achat, mais tenait à payer la peinture. Une fois terminé, elle rangea les pots dans son sac. Ce sera bien plus simple de les transporter ainsi. Puisqu’ils devaient attendre un peu, à présent, autant faire quelque chose pour s’occuper. Son petit ami lui proposa d’aller voir les tenues pour moto. Ça ne coutait rien de jeter un coup d’œil. Elle n’était pas certaine que ce genre de vêtement lui plairait, même si cela pouvait être pratique en cas de chute.

-« On peut toujours aller voir de quoi elles ont l’air. Je préfère être en jeans, habituellement. C’est plus confortable. Et puis, si je chute, j’ai un casque maintenant, c’est le plus important. Je n’ai pas peur de me faire mal. La douleur, j’en connais un rayon. » Fit-elle en se dirigeant lentement vers la section du magasin qui exposait les diverses tenues vendues. « Je tiens à m’occuper de la moto avec toi. Tu n’auras qu’à me montrer comment faire et je ferais de mon mieux pour faire du bon travail. Et puis, comme ça, ça ira plus vite. On aura tout le reste de la journée pour faire ce qu’on veut, après. Pour une fois que mon frère n’est pas là pour nous chaperonner. » Ajouta-t-elle en riant.

Elle regardait les tenues pour la moto et se disait qu’elle ne serait pas très confortable dans ce genre d’habit. Elle préférait quelque chose de confortable, qui suivait ses mouvements sans l’encombrer, un peu comme la tenue que lui avait offert Emma Frost et qu’elle devait porter à chaque entrainement en sa compagnie. C’était peut-être un peu trop moulant, mais elle se sentait bien plus à l’aise dans chacun de ses mouvements.
Malgré tout, elle fit l’effort de retirer son manteau et d’essayer un blouson qui avait attiré son regard. Ce n’était pas le plus beau de tous, mais les couleurs collaient assez bien avec celles de son casque. Elle chercha un miroir, pendant un instant, afin d’observer son reflet. Finalement, ce n’était pas si mal, une fois sur quelqu’un. Elle s’observait sous toutes ses coutures. Les manches étaient un peu amples, ne lui collant pas à la peau, mais ce n’était pas désagréable pour autant. Elle jeta un coup d’œil sur l’étiquette du prix. Cela la fit de nouveau hésiter. Elle avait l’argent, mais voulait-elle le dépenser dans un blouson ? Il la gardait plus au chaud que son manteau, c’était déjà ça. Peut-être qu’elle sera plus à l’aise de conduire rapidement et aura moins froid. Ce genre de vêtement devait-être conçu en partie pour cela, non ? Elle se retourna vers Bobby.


-« Tu en penses quoi ? »

Elle avait besoin de l'avis de Bobby afin de mieux prendre sa décision. Elle aimait bien le manteau, au final, il n'était pas si mal. Par contre, elle craignait de ne pas le porter très souvent ou qu'il ne soit pas adapter à ses besoins. Ça méritait encore quelques instants de réflexions.
Tergiversant toujours, elle avait de plus en plus de mal à prendre une décision. Elle retira le blouson, puis remis son manteau. Elle décida de regarder les autres habits. Peut-être trouvera-t-elle autre chose ? Elle n’avait pas envie de s’acheter un pantalon. Elle était très bien en jeans et préférait rester ainsi. Regardant de nouveau le blouson entre ses mains, elle pris finalement sa décision.


-« Je vais l’acheter. Tu crois que ta moto sera prête bientôt ? »

À la caisse, elle déposa le blouson sur le comptoir et sortit son portefeuille afin de payer. Elle compta rapidement les billets qu’elle avait en sa possession pour constater qu’il lui manquait de l’argent. Poussant un petit soupire, la jeune fille extirpa sa carte bancaire afin de payer son achat. Elle n’aimait pas vraiment cela, mais n’avait pas le choix. Une fois la transaction complétée, elle s’empara de son achat, rangeant par la même occasion son portefeuille dans son sac. Le manteau ne pouvait y entrer. Elle demanda à avoir un sac en plastique assez grand pour l’y ranger. Si elle désirait le porter en quittant la boutique, elle n’aura qu’à l’enfiler. Pour l’instant, elle préférait ne pas être encombrée.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mer 13 Mar 2013 - 0:36

Bobby ne s'énervait jamais et ce n'était pas une rayure sur sa moto qui allait changer cela. Il tenait vraiment à son véhicule, en prenant le plus grand soin comme si il s'agissait d'un bijou précieux, mais il n'en était pas non plus au point où il ferait passer une machine avant la fille qu'il aimait. Car oui, il aimait sincèrement Erïka. Ce n'était pas la première fois qu'il était en couple mais c'était la première fois qu'il était réellement amoureux. Elle était bien la seule qui tolérait sa mutation dans son ensemble, l'enlaçant malgré la température qu'il dégageait. Avec elle, il n'avait pas besoin de faire semblant ou de se forcer, bien qu'il faisait tout de même l'effort d'éviter d'être trop froid. Alors pouvait il la pardonner d'avoir abimé sa moto ? Oui, plutôt deux fois qu'une. Il aurait pu simplement ne plus vouloir la lui prêter de peur qu'elle recommence mais ce n'était pas le cas. Un accident arrivait à tout le monde, surtout que la faute revenait plus à la météo qu'à elle. Elle avait été honnête avec lui, quitte à subir son courroux et il ne pouvait pas le lui reprocher.

Plus qu'un problème, il y voyait là une bonne excuse pour modifier légèrement sa moto et justifier l'achat de peinture. Les dégâts étaient moindres, ce qui facilitait les réparations. Bobby n'avait donc aucune raison d'en vouloir à Erïka. Il lui renouvela sa confiance, lui assura que tout allait bien et qu'il ne lui en voulait pas. Même si Erïka avait son caractère, elle n'en restait pas moins émotive parfois et il ne voulait pas qu'elle se sente mal davantage à cause de cette bête histoire de verglas. Elle était indemne et la moto le serait bientôt également. La russe évoquait d'ailleurs le jour où elle aurait sa propre moto. Une raison de plus pour laquelle Bobby aimait Erïka : ils avaient la même passion, bien que pour la jeune femme, il s'agissait plus d'un moyen de transport. Au moins, elle respectait ce qu'il appréciait.

- Je t'apprendrais à l'entretenir et comment booster ses performances. On pourra se faire des excursions ou de longues balades, ce sera super ! Même si je vais regretter de ne plus t'avoir collée à moi ou l'inverse.

Mais à défaut d'avoir une moto, Bobby comptait bien lui offrir ce qui allait avec. Cependant, il devait s'absenter pour se rendre à sa chambre afin de prendre de l'argent. Puisqu'il y était, il comptait bien rapporter le cadeau pour sa petite amie, après savoir fait un tour à sa propre chambre pour y prendre ses affaires. De retour au garage, il offrit le casque à Erïka qui s'en étonna d'abord, cherchant une raison à ce geste avant de finalement le remercier, visiblement heureuse du présent. Son seul sourire faisait également sourire le mutant, comme contaminé. Ce n'était clairement pas le présent le plus romantique qui soit mais au moins il était utile et de très bonne qualité. Puisqu'elle utilisait souvent la moto, Bobby préférait qu'elle ait une vraie protection.

- Je suis content qu'il te plaise. Peu importe l'argent, tant que ça te fait plaisir, c'est tout ce qui compte. Ton sourire vaut bien plus que quelques billets verts.

Puisque Bobby avait son argent et avait enfilé son casque, il s'installa sur la moto à la place passager. Il comptait bien laisser Erïka prendre les commandes, lui prouvant ainsi qu'il avait toute confiance en elle et qu'il ne fallait surtout pas qu'elle doute d'elle-même. Ce n'était pas un accident de rien du tout qui allait entacher cette confiance. Bobby s'accrocha à sa petite amie et tous deux se rendirent en ville, passant aisément entre les bouchons pour arriver jusqu'au magasin. Devant, Erïka confia qu'elle était contente qu'il l'ait laissée conduire et qu'elle se voulait d'être honnête avec lui, ne désirant pas le perdre. Cette simple phrase réchauffait le coeur de Bobby, assez peu habitué à tant d'affection de la part de quelqu'un. Il se sentait aimé et rien qu'à cause de ça, il aurait pu tout pardonner à Erïka. Ou presque.

- Il n'y a aucune raison que ma confiance en toi faiblisse et encore moins que tu me perdes. Je tiens à toi et ce n'est pas la moindre petite épreuve qui fragilisera cette volonté et ce désir que j'ai de t'avoir près de moi. Je ne t'aime pas juste comme ça, parce que ça fait bien. Je t'aime vraiment pour ce que tu es, avec tes qualités et tes défauts. Je n'ai aucune raison de te reprocher quoique ce soit.

Dans le magasin, Bobby les guida jusqu'au rayon peinture et comptait s'arrêter là mais il songea à également changer les pneus. Bien qu'il n'avait pas conduit sa moto depuis le jour de l'incident, il avait tout de même senti que l’adhérence était moindre. Il était donc possible que l'origine de la chute d'Erïka était due à l'état des pneus et non seulement au verglas. La jeune femme était dubitative à ce sujet mais Bobby préférait ne prendre aucun risque, ne désirant pas que cela se reproduise à nouveau.

- La glace ça me connait, crois moi. *souriant* Je préfère ne pas négliger les pneus, ils commençaient à être usés de toute façon.

Il acheta donc une paire de pneus, insistant pour les payer puisque Erïka voulait quant à elle payer la peinture. C'était sans doute sa façon à elle d'essayer de se faire pardonner et de participer à la réparation du véhicule. Qu'elle paye ou non, Bobby ne lui en voulait de toute façon pas. Mais il la laissa faire, estimant qu'il n'avait pas à lui interdire de faire ce qu'elle voulait. Une fois les achats payés, le mutant laissa sa moto aux bons soins du mécanicien du magasin le temps qu'il monte les pneus. Puisqu'ils avaient un peu de temps devant eux, il proposa à Erïka de s'acheter une tenue de moto. Elles n'étaient pas nécessaires mais elles étaient plutôt utiles pour ceux qui pratiquaient beaucoup la conduite de ce genre de véhicules. Bobby pouvait se protéger grâce à sa glace mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Il possédait malgré tout une veste de moto qu'il utilisait au final assez peu mais il ne pouvait la donner à sa petite amie, trop grande pour elle et donc sans doute inconfortable. Erïka n'avait pas l'air très emballée par l"idée mais elle proposait malgré tout d'aller voir de plus près ces tenues.

- Même si tu ne crains pas la douleur, ce n'est pas une raison pour subir si on peut l'éviter. Tu peux conserver tes jeans, le plus important, c'est surtout la veste à vrai dire. Elles sont bien faites, adaptées à la conduite en moto. C'est une question d'habitude mais elles protègent vraiment bien. Si c'est une question de prix, je peux te l'acheter tu sais.

Il se doutait bien que ce n'était pas la raison mais il préférait être sûr. Lui imposer n'était pas non plus la solution, c'était avant tout une solution mais il ne voulait pas qu'elle se prive pour une raison idiote comme l'argent. Puisqu'elle se dirigeait vers le rayon, Bobby la suivait, écoutant ce qu'elle avait à dire à propos de ce qu'il lui avait proposé peu avant. Les réparations seraient plus amusantes à deux mais encore une fois, il ne voulait rien lui imposer. Il ne doutait pas qu'elle ferait exactement ce qu'il lui indiquerait de faire. Ce n'était qu'un peu de peinture après tout. Mais la précision qu'elle apporta amusa le mutant.

- Tu verras, ça n'a rien de compliqué. Et comme tu dis, ça ira vite. Ca tombe plutôt bien car tu vas devoir me supporter toute la journée, je ne compte pas te lâcher. Ce n'est pas plus mal que Will ne soit pas là. Pas que je ne l'apprécie pas, au contraire, mais j'aime passer un peu de temps avec toi... seuls et sans le risque de voir ton frère débarquer à l'improviste.

Une fois dans le rayon, Bobby attrapa le manteau d'Erïka lorsqu'elle le retira, le temps d'essayer un blouson. Le mutant restait silencieux, la laissant faire selon ses choix et ses goûts. Il l'observa cependant l'essayer et jugea qu'il lui allait plutôt bien. Il n'était pas trop serré et lui permettait de faire des mouvements sans peine. Il lui donnait un petit côté rebelle pas désagréable loin de lui donner un physique imposant. Cela aurait été difficile de toute façon, vu sa carrure de base. Puis finalement, elle lui demanda son avis.

- Il te va bien. Il est pile à la bonne taille et il t'offrira une bonne protection et puis comme ça... je peux me coller davantage à toi.

Sur ces mots, il vint la prendre dans ses bras. Ainsi vêtue, elle ne risquait pas de ressentir le froid. Après quelques secondes, il se recula et lui sourit.

- Ne te sens pas obligée de l'acheter, fais de la façon dont tu seras la plus à l'aise.

Il lui rendit ensuite son manteau pour l'échanger avec le blouson. Après quelques minutes d'hésitation, elle décida finalement de le prendre. Bobby la suivit à la caisse et en profita pour demander où en étaient ses pneus pour savoir si ils pouvaient bientôt rentrer ou non. La vendeuse affirma que le véhicule était déjà prêt, leur permettant ainsi de quitter les lieux. Bobby se tourna vers Erïka, tendant la main pour la débarrasser de son sac.

- Elle est prête, on peut rentrer. Sauf si tu désires faire quelque chose encore en ville. Au pire, on pourra revenir après les réparations.

Le couple sortit du magasin pour retrouver le véhicule garé dehors. Bobby redonna les clés à Erïka, la laissant à nouveau conduire. Quant à lui, il tenait les sacs de vêtements et de peinture d'une main, tenant sa petite amie de l'autre tandis qu'ils se dirigeaient vers l'Institut. De retour au garage, Bobby descendit du véhicule et déposa les sacs sur la petite table près de l'établi. Il fouilla dans l'un des tiroirs et en extirpa des pochoirs de différentes formes. Il s'empara également d'un chiffon et d'un peu de polish. Revenant près d'Erïka, il lui tendit les pochoirs et déposa les deux boites de peinture. Il lui expliqua ce qu'il comptait faire, commençant à polir la carrosserie à l'endroit des rayures, de sorte à les amoindrir. Une fois fait, il se poussa et détailla à la jeune femme la façon de procéder pour repeindre le véhicule. Il suffisait de se servir des pochoirs afin d'éviter de repeindre la mécanique et le siège par la même occasion. Une fois la première couche de peinture passée, Bobby lui en fit passer une seconde, tenant les pochoirs tandis qu'elle oeuvrait. Il ne restait plus qu'à rajouter quelques effets à l'aide de la peinture blanche.

- Je te laisse le choix pour le rendu final. A toi de choisir la forme de pochoir qui te plait, c'est ce qui ressortira une fois que la peinture sera appliquée.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Jeu 14 Mar 2013 - 7:24

Erïka n’avait jamais eu beaucoup d’espoirs quant à sa vie future. Elle s’imaginait rester à l’institut le temps de finir ses études. Puis, lorsqu’elle en aurait eu assez, elle aurait probablement quitté le pays afin de couper tout lien avec son ancienne vie. Elle était brisée, intérieurement, elle ne pouvait plus faire confiance à qui que ce soit sans craindre d’être de nouveau trahie. Elle restait méfiante, agressive, repoussant tout ce qui osait l’approcher afin de la blesser davantage. Elle n’avait plus rien à perdre, elle vivait au jour le jour comme une carcasse vide dénuée d’âme. Enfin, tout cela c’était avant.

Avant qu’il y ait Emma Frost pour lui tendre la main, avant qu’il y ait Will pour lui redonner l’envie de vivre, avant qu’il y ait Bobby pour lui faire vivre l’une des plus merveilleuses histoires d’amour. À présent, elle pouvait espérer avoir une vie meilleure. Elle redécouvrait la vie d’une adolescente normale avec son lot d’aventures banales et quotidiennes. Elle avait maintenant des ambitions, des rêves. Il y avait tant de choses qu’elle désirait vivre, des objectifs qu’elle voulait réaliser. Elle voulait retourner en Russie, peut-être même voyager à travers le monde. Elle voulait devenir professeure à l’institut et aider les gens qui ont été tout aussi brisés qu’elle. Elle voulait devenir une X-Men afin de prendre soin des mutants tout aussi terrorisé par leur don que par le monde extérieur. Elle voulait une famille, une véritable famille comme celle qu’elle se construisait peu à peu avec le temps. Qui sait, peut-être voudra-t-elle des enfants, un jour ? Pour l’instant, ce qu’elle voulait, était une moto. Ainsi, elle pourra se déplacer plus facilement jusqu’à la ville sans avoir à emprunter celle de son petit ami. Et puis, ils pourront faire de longues balades ensemble, s’éloigner de l’institut et aller où ils désiraient sans se soucier de quoi que ce soit.


-« Je compte sur toi pour me donner des cours de mécanique. On ne partagera peut-être plus la même moto, mais on aura toujours d’autres moments où nous pourrons nous coller l’un contre l’autre. J’aime bien l’idée d’avoir un climatiseur dans mon lit, surtout l’été. » Fit-elle en souriant.

Elle aimait bien cette proximité entre eux. Sa mutation, ne la dérangeait pas du tout. Au contraire, elle était très utile l’été. Elle détestait les grandes chaleurs et avait toujours eu du mal à supporter les températures élevées. Lorsqu’elle était enfant, elle passait ses journées dans la piscine afin de se rafraichir. Si elle ne pouvait le faire, elle se terrait dans la maison, profitant de l’air climatisée. Par contre, l’hiver, elle passait ses journées à l’extérieur à construire des bonhommes de neige. C’était le bon vieux temps, avant que sa vie ne s’écroule. Maintenant qu’elle était à l’institut, qu’elle avait des amis auprès d’elle, pourquoi ne pas revivre cette époque où elle passait son temps à faire des batailles de boules de neige ? Et puis, elle avait un bon atout auprès d’elle : Bobby. Avec son pouvoir, nul doute qu’ils pourront se forger un véritable château et bombarder Will de neige. Le pauvre… Il subissait toujours les attaques du couple. Peut-être, un jour, trouveront-ils une autre cible ? Espérons pour lui que ce soit le cas.

Il faisait froid à l’extérieur et même si les basses températures ne la dérangeaient pas vraiment, elle avait tout de même ses limites. Pas question de faire une balade en moto couverte d’un simple débardeur. Elle demanda à son petit ami de lui ramener son manteau et son sac, puisqu’il se rendait à l’étage. Une fois de retour, il ne lui tandis pas ses affaires, mais plutôt un cadeau. Il lui avait acheté un casque de moto afin d’assurer un minimum sa protection sur la route. Ainsi, moins de risque d’être gravement blessée en cas d’accident. Heureuse, l’adolescente n’hésita pas à se jeter dans les bras du jeune homme afin de le remercier. Elle était touchée de cette attention à son égard. Il était si adorable.

Il était maintenant temps de se rendre au magasin afin de faire quelques achats. Au volant de la moto, Erïka roula prudemment jusqu’à destination. Elle était heureuse d’avoir pu conduire et ainsi se sentir un peu plus rassurée quant à ses capacités à conduire sur les routes. Bobby l’aidait à garder confiance en elle, affirmant qu’elle restait toujours une bonne conductrice. Un accident était si vite arrivé. Elle ne pouvait se blâmer pour l’état des routes. La météo avait fait son œuvre, elle ne pouvait aller contre cela. Il n’allait pas l’engueuler pour cet accident. Il ne voulait pas la perdre pour si peu. Il l’aimait sincèrement, malgré ses défauts. Touchée, l’adolescente sentit ses joues rosir alors que sa main étreignait avec force celle de son petit ami. Elle leva la tête vers lui, un radieux sourire illuminant son visage. Tout un tas d’émotions la traversait, actuellement. Elle n’avait pas l’habitude de telles paroles, de tels compliments. Elle posa un baiser sur la joue de son petit ami. Décidemment, elle était tombée sur un jeune homme formidable.


-« Si un jour on m’aurait dit que ma vie pourrait ressembler à ça… Si on m’avait dit que je tomberais éperdument amoureuse, je ne l’aurais jamais cru. Pourtant, c’est le cas. Je suis heureuse d’être avec toi. Je t’aime, Bobby. »

Toute gênée, elle entra dans le magasin et se laissa trainer jusqu’au rayon peinture. Il prit ce don il avait besoin puis se dirigea vers le rayon des pneus. Il croyait bon de les changer. Avec le temps ils devaient être usés et cela avait pu jouer un certain rôle dans la chute d’Erïka. Il s’y connaissait bien mieux moto qu’elle. Tout comme la glace. Il s’agissait de son domaine.

-« Je ne vais pas te contredire à ce sujet, mon petit glaçon. »

Puisqu’ils n’allaient pas trimballer une paire de pneus avec eux jusqu’à l’institut, Bobby décida de les faire installer sur place. Ils avaient donc un peu de temps libre à combler. Autant rester dans le magasin et faire le tour des étalages, ce serait toujours mieux que d’attendre et ne rien faire. Ils pouvaient également en profiter pour discuter un peu, passer du temps ensemble. Bobby proposait d’aller voir les tenues de moto. Peut-être que l’une d’entre elles pourrait plaire à la jeune fille ? Cette dernière n’était pas très chaude à l’idée, mais elle pouvait toujours jeter un coup d’œil. Elle imaginait un peu l’apparence des tenues, mais elle aurait probablement une meilleure idée si elle allait faire un tour dans la section qui leur était dédiée. Elle avait du temps à combler, de toute façon. Peut-être trouvera-t-elle son bonheur ?

Bobby lui proposait de lui acheter une veste si elle était réticente au fait de dépenser son argent. En fait, il était loin de savoir que son compte bancaire était bien rempli, à présent. Elle pourrait s’acheter une moto sur le champ si elle le désirait. Cependant, elle n’était pas de nature dépensière et préférait s’assurer que l’achat en valait la peine. Si elle trouvait une veste de son goût, bien plus confortable que son manteau d’hiver qui l’encombrait par moments lorsqu’elle conduisait, elle pourrait bien être tentée de dépenser. Son petit ami lui avait déjà offert un casque, elle ne voulait pas qu’il dépense davantage pour elle. Il avait également acheté des pneus pour la moto, ce qui n’était pas une petite dépense.


-« Ne t’en fais pas pour l’argent. Je suis loin d’avoir des problèmes financiers. Si tu savais… Je crois que j’ai beaucoup de choses à t’apprendre sur moi. Bien plus que tu ne peux le croire. Je te raconterais plus tard. Pour l’instant, on va voir les tenues ? Si j’en trouve une de mon goût qui est plus jolie et confortable que mon manteau, ça pourrait être envisageable. »

La jeune fille n’était pas chaude à l’idée de crier sur tous les toits qu’elle était l’héritière d’un riche homme d’affaire et militaire de Russie. Elle n’avait pas envie de dévoiler l’héritage qui l’attendait à la mort de son géniteur, ni même le joli montant qui ornait à présent son compte bancaire. Si elle commençait à expliquer sa situation familiale à son petit ami, elle savait qu’elle ne pourrait s’arrêter qu’à la partie concernant son père. Elle avait déjà songé à lui parler de ce qui la hantait encore, parfois, dans son sommeil, mais n’avait jamais été capable d’ouvrir la bouche. Pourtant, elle pouvait lui faire confiance. Peut-être arrivera-t-elle, un jour, à lui parler de ce qu’elle avait vécu, de sa famille déchirée et marquée par de tristes événements ? Le moment viendra lorsqu’elle se sentira prête. Elle pouvait lui faire confiance. Elle voulait lui faire confiance. Ainsi, il comprendra pourquoi elle se réveillait parfois en pleurs au milieu de la nuit, pourquoi elle était si craintive à l’idée d’affronter le monde extérieur, pourquoi elle était si méfiante envers les inconnus et n’arrivait à accorder sa confiance si facilement aux gens.

Quoi qu’il en soit, l’heure n’était pas aux confidences. Il était temps de penser à la journée qu’ils allaient passer ensemble ainsi qu’aux réparations de la moto. Erïka tenait absolument à l’aider, quitte à tout faire seule en suivant ses explications sur la marche à suivre. Elle avait abîmé la moto et elle allait la réparer. Personne n’allait pouvoir lui faire changer d’avis à ce sujet, pas même Bobby. Une fois que la peinture sera appliquée, ils pourront faire ce qu’ils désiraient. Will n’était pas là pour les chaperonner, ils devaient en profiter. Erïka adorait son frère. Elle adorait également passer du temps avec lui. Cependant, il était un peu trop protecteur par moment. La jeune fille l’embêtait parfois à ce sujet. Il se faisait du souci pour elle et ne souhaitait pas que Bobby lui fasse du mal, c’était bien normal. Par contre, elle devait également vivre ses propres expériences. Il ne pouvait pas la surveiller constamment comme si elle était une enfant.

Le pouvoir de Bobby était très utile pour prévenir les intrusions de son frère. Ils pouvaient toujours se dissimuler sous un grand dôme de glace ou bien geler les portes et fenêtres au besoin. Pauvre William… Elle espérait que cela n’allait pas trop le vexer si la situation venait à se produire. Ainsi, il comprendra peut-être le fait qu’elle voulait passer certains moments tranquilles, plus intimes avec son petit ami ? Elle ne se mêlait pas de sa vie de couple et souhaitait qu’il ne se mêle pas de la sienne.


-« Will est doué pour les visites surprises. On ne peut pas lui en vouloir de vouloir me protéger. Par contre, il va devoir réaliser qu’il ne pourra pas empêcher certaines choses de se produire un jour ou l’autre. On aura qu’à geler la serrure de ma chambre, comme ça il ne pourra pas entrer si jamais il décidait de passer nous voir à l’improviste. À moins que… »

Une idée germa dans l’esprit de l’adolescente. Et s’ils quittaient l’institut, ne serait-ce qu’une seule journée, afin de s’amuser un peu et passer du temps ensemble ? Il n’y aurait personne pour les déranger. Ils seraient libres de faire ce qu’ils voulaient, d’aller où ils le désiraient. Pas besoin de se soucier de l’argent, Erïka s’occupera de tout, au besoin. Il suffisait simplement d’une moto et le tour était joué.

-« Et si on partait ? Je veux dire, tous les deux, seuls, en moto. On pourrait partir le temps d’un week-end, ensemble, et se rendre n’importe où, conduire jusqu’à en avoir marre puis s’installer dans un hôtel confortable. Il n’y aurait personne pour nous déranger. On serait ensemble, toi et moi. »

L’adolescente retira son manteau et laissa son petit ami le prendre le temps qu’elle essaie une veste. Elle n’arrivait pas à se décider sur son achat. Allait-elle se le procurer ou non ? Il était joli, il allait à merveille avec son casque, ce qui l’avait attiré au premier regard. Elle avait l’habitude de porter des trucs plus serrés, qui lui collait à la peau. Par contre, là était l’inconvénient de son manteau d’hiver. Elle n’était pas toujours confortable lorsqu’elle parcourait de longues distances en moto. Indécise, elle demanda l’avis de son petit ami. Ce dernier lui affirma que le blouson lui allait bien. Elle n’avait pas l’air trop grosse et il la protégera nettement mieux que son manteau d’hiver. Et puis, il pourra lui servir l’été, également.

Bobby vint l’enlacer. La veste la protégeait du froid qu’il dégageait, raison de plus pour l’acheter. Si elle ne ressentait pas sa température corporelle, ce n’était certainement pas la brise hivernale qui allait l’embêter. Profitant de cette étreinte, elle ferma les yeux l’espace de quelques secondes. Elle ne les rouvrit qu’au moment où il la libéra de son étreinte. Elle ne se sentait pas obligée de faire quoi que ce soit, sans quoi elle ne le ferait tout simplement pas.


-« Ne t’en fais pas pour ça. J’hésite encore à le prendre, mais… j’avoue qu’il me plait bien. J’y réfléchis encore. Pendant ce temps, je peux en profiter pour rester dans tes bras. » Fit-elle avec le sourire en passant ses bras autour de son cou.

Lorsqu’elle retira le blouson, elle l’échangea contre son manteau. Elle tergiversa encore un peu avant de finalement décider de l’acheter. Pendant qu’elle payait son vêtement, Bobby s’informa sur le changement de pneus de la moto. Elle était déjà prête. Ils pouvaient maintenant quitter le magasin et rentrer à l’institut. Le jeune homme lui demanda si elle avait envie de faire un tour ailleurs. Ils pouvaient également rentrer au manoir et retourner en ville lorsqu’ils en auraient envie.


-« J’aimerais rentrer. J’ai hâte de voir la moto retrouver son état d’origine. Elle sera comme neuve lorsque nous auront terminé les réparations. »

La jeune fille laissa son petit ami s’occuper des sacs alors qu’elle enfilait son casque. Elle avait l’occasion de conduire afin de retourner à l’institut et n’allait certainement pas rater cette chance. Une fois que le couple fut bien installé sur le véhicule, elle démarra. Elle roulait toujours aussi prudemment, regagnant peu à peu son assurance. Elle arriva sans problème à l’institut et gara la moto dans le garage. Lorsqu’elle en descendit, elle s’assura de fermer la grande porte métallique, coupant ainsi la pièce du froid hivernal. Il faisait plutôt frais, elle préférait conserver son manteau, pour l’instant. Elle déposa son casque sur une table, à côté des achats, puis s’installa près de la moto. Bobby ne tarda pas à lui expliquer ce qu’il comptait faire. Au final, ce n’était pas si difficile que cela. Un jour, lorsqu’elle aura sa propre moto, Erïka pourra appliquer ses conseils à la lettre. Elle apprenait assez rapidement. Nul doute qu’elle arrivera à bien s’occuper de son véhicule. Et puis, si elle avait un problème, elle pourra toujours demander à son petit ami qu’il lui donne un petit coup de main. Lorsque vint le moment de repeindre le véhicule, Erïka fit en sorte de bien appliquer la peinture à l’endroit où se situaient les pochoirs. . Ce serait bête de mettre de la peinture un peu partout et ainsi tâcher le siège. Elle avait bien fait de retirer son manteau juste avant de s’atteler à la tâche. Son débardeur portait, à présent, quelques traces de peinture. Elle ne s’en souciait pas vraiment. Elle était bien trop préoccupée par le véhicule. Lorsque la seconde couche de peinture fut mise, la jeune fille se mit à réfléchir quant au pochoir à utiliser afin d’appliquer la peinture blanche. Il y en avait plusieurs qui n’étaient pas si mal et lui plaisaient bien, mais elle n’arrivait pas à se décider. Elle préféra choisir au hasard, prenant le premier qui lui tombait sous la main. Elle l’observa, l’espace de quelques secondes, puis détermina qu’elle ne l’aimait pas vraiment, au final. Elle en attrapa un autre, qui lui convenait bien mieux, puis le passa à Bobby afin qu’il le tienne le temps de mettre la couche de peinture blanche. Une fois le travail terminé, elle observa le résultat, visiblement satisfaite.

-« Tu en penses quoi ? C’est joli, non ? »

La jeune fille se redressa puis aida Bobby à ranger tout le matériel qu’ils avaient utilisé. Remarquant qu’elle avait tâché son débardeur, elle décida qu’il serait mieux d’aller se changer tout de suite. Elle attrapa son manteau, son casque, son sac, puis le sac contenant le blouson qu’elle avait acheté au magasin. Elle avait hâte de déposer le tout dans sa chambre.

-« Je vais me changer. J’ai peut-être repeint la moto à la perfection, mais ce n’était pas sans conséquences. Tu m’accompagnes ? » Fit-elle avant de quitter la pièce.

Le temps que la peinture sèche, elle pouvait en profiter pour se changer. Une fois dans sa chambre, elle déposa ses sacs au pied de son bureau de travail, son casque sur la commode et lança son manteau dans son placard. L’adolescente s’approcha de la cage de son cochon d’inde et lui caressa doucement la tête avant de lui donner un peu de nourriture. Ceci fait, elle retira son débardeur et se mit en quête d’un autre chandail, fouillant dans sa commode. Elle n’avait plus beaucoup de vêtements à disposition. Elle devrait peut-être songer à vider son panier à linge, débordant de morceaux de vêtements en tout genre. Son regard dériva du panier en question jusqu’à sa penderie, où reposait une simple chemise sur un cintre. Elle l’avait empruntée à son petit ami, il y a plus d’un mois, alors qu’elle avait froid. Elle avait toujours oublié de lui redonner, par la suite. Ce devait être l’un des seuls morceaux encore propre à sa disposition. Attrapant le vêtement, elle l’enfila comme si rien n’était. Elle reportera sa séance de lessive au lendemain… comme elle le faisait si bien depuis plus d’une semaine…
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Jeu 14 Mar 2013 - 23:53

Le problème, si tant est qu'il y en ait eu un, était réglé. Erïka n'était plus inquiète et Bobby n'était pas fâché. Il sentait néanmoins qu'elle s'en voulait tout de même d'avoir abimé la moto même si il estimait que ce n'était en rien sa faute. Sans doute finirait-elle par oublier cette histoire au fil du temps. Il voulait faire de son mieux pour lui prouver qu'elle n'avait plus à se blâmer pour ce qui était arrivé. C'était elle qui avait été le plus en danger après tout mais il appréciait qu'elle se préoccupe de sa moto tout autant que lui. Elle ne pouvait pas savoir qu'elle était bien plus importante à ses yeux qu'une machine de métal mais au moins, il le lui avait dit à présent. Ce n'était pas une raison pour ne plus prendre soin de la moto mais il savait qu'il n'avait pas besoin de le lui rappeler. Jusque là, elle l'avait toujours fait et il savait qu'elle continuerait. Il lui faisait confiance et elle ne l'avait pas déçu.

Maintenant, elle désirait acquérir sa propre moto. Puisqu'elle avait le permis et les compétences, elle pouvait bien s'offrir le véhicule mais cela restait relativement cher. Bobby avait mis un temps fou à obtenir suffisamment d'argent pour avoir la sienne et il savait que ce ne serait pas si simple. Ils n'étaient qu'étudiants après tout et ne roulaient pas sur l'or. Il songeait à l'aider financièrement pour réaliser ce projet futur, ne désirant pas qu'elle attende trop longtemps. Mais en attendant l'acquisition de cette moto, il pouvait toujours lui apprendre la mécanique ou tout du moins les bases pour qu'elle puisse se débrouiller seule pour les réglages au besoin. Mais avoir deux motos différentes leur éviterait de devoir partager la même, comme le fit remarquer le mutant, trouvant dommage qu'ils ne puissent plus profiter de cette proximité. Erïka rappela néanmoins que rien ne les empêchait de se coller l'un à l'autre quand ils le désiraient. Elle évoqua même son lit et sa fonction de climatiseur. Au moins, elle dormait avec elle contrairement à d'autres. Mais l'évocation du lit le fit penser à autre chose. Quelque chose de plus charnel qu'une simple nuit de sommeil à vrai dire.

Il ne l'avait jamais forcée à quoique ce soit, avait toujours prit son temps avec elle, sachant qu'elle n'était pas toujours fan de contacts physiques mais cela ne voulait pas dire qu'il ne pensait pas aller plus loin. Etant un garçon, il y pensait forcément lorsqu'elle était proche de lui mais ce n'était pas pour autant qu'il amorçait la chose. Après tout, l'avoir simplement contre lui et sentir sa chaleur lui suffisait pour l'instant. Mais il fallait reconnaitre qu'Erïka n'avait plus rien de la gamine qu'elle semblait être lorsqu'elle était arrivée à l'institut. Elle semblait un peu plus femme bien qu'elle restait encore une adolescente. Bobby le remarquait bien et ne manquait jamais de la complimenter, taisant cependant son désir pour elle.

- Ce sera quand tu voudras, dès que tu auras un moment de libre. Tous les modèles ne sont pas pareils bien sûr mais je t'apprendrais les bases sur la mienne déjà. Et tu as raison, on a pas besoin de moto pour ça. J'aime te sentir contre moi, quelque soit le temps. D'ailleurs, c'est dommage que les chambres mixtes soient interdites... Enfin j'imagine que ce n'est pas plus mal d'avoir chacun notre coin à nous.

Il savait qu'Erïka n'était jamais contre se coller à lui, même pour dormir. Mais il lui arrivait de s'enrouler dans une couverture afin de ne pas avoir trop froid. Bobby qui ne craignait pas le froid dormait quant à lui sans draps, se contentant de rester contre cette couverture qui servait de protection à la jeune femme lorsqu'ils partageaient le même lit. Difficile de lui en vouloir de se protéger ainsi du froid. Lorsque l'on dormait, le corps avait tendance à refroidir, tournant au ralenti. Alors inutile de rajouter davantage de froid. Quand il dormait, Bobby contrôlait moins sa température corporelle, rendant parfois l'atmosphère assez fraiche. Il ne pouvait donc faire aucun reproche à sa petite amie. A vrai dire, il était déjà bien content de pouvoir partager son lit alors couverture ou pas, il s'en fichait.

A défaut d'une moto, il lui offrit un casque, étant allé le chercher à sa chambre puisqu'il devait de toute façon s'y rendre pour y prendre de l'argent et passer à celle d'Erïka pour récupérer ses affaires. Le présent faisait plaisir à la russe et cette réaction faisait plaisir à Bobby. Il aurait pu lui offrir des fleurs mais ce n'était pas le but cette fois. Un casque au moins, elle le conserverait longtemps et il lui serait davantage utile, surtout après l'accident qu'elle venait d'avoir. Ce n'était pas pour autant que sa confiance en elle avait diminué et il le lui prouva en la laissant conduire à sa place pour se rendre au magasin d'accessoires de moto. L'attention la toucha, comme elle le lui révélait et il ne manqua pas de lui confirmer ce qu'il pensait. Il ne sortait pas avec elle juste histoire d'avoir une petite amie. Il était réellement amoureux d'elle et cela changeait beaucoup de choses. Mais la réponse qu'elle lui offrit fit rougir le mutant, touché par ses dires.

- Comme quoi des fois, on ne voit pas les choses venir... L'avenir nous réserve de bonnes surprises. C'est un bonheur partagé, je suis content de te connaitre et encore plus que tu partages ma vie.

C'est rougissant que le couple entra dans le magasin. A les regarder, on aurait pu croire qu'ils venaient de faire une bêtise ou quelque chose de vraiment gênant, pourtant, ils n'avaient fait que parler. Bobby s'empara de pots de peinture puis songea à acheter de nouveaux pneus, supposant que l'accident d'Erïka était sans doute dû à leur usure. Il en fit d'ailleurs part à sa petite amie qui n'était pas certaine de cette constatation, privilégiant le verglas. Mais Bobby affirma qu'il s'agissait sans doute plus des pneus que du verglas, le froid étant son domaine de prédilection. Erïka lui accorda par la même occasion un petit surnom qui n'avait rien d'original, même un peu insultant car c'était de cette façon que certains élèves le surnommaient mais de la part de la russe, il ne le prit pas mal, au contraire. Il répliqua par un sourire et acheta les pneus finalement tandis qu'elle payait la peinture.

Ayant un peu de temps devant eux puisqu'ils devaient attendre que les pneus soient montés, Bobby proposa à Erïka de s'acheter une tenue de moto ou tout du moins une veste. Elle n'avait pas l'air convaincue de l'utilité d'un tel achat et Bobby supposa que c'était surtout un problème d'argent. L'équipement d'une moto coûtait en effet relativement cher, il en savait quelque chose. Il se proposa donc de la lui acheter si il le fallait. Il n'avait plus beaucoup d'argent pour le moment mais ce n'était pas bien grave, sa sécurité était plus importante. Il ne s'attendait pas à une telle réponse de sa part. Elle disait n'avoir aucun problème financier et qu'il ignorait beaucoup de choses sur son compte. Qu'est ce que cela signifiait ? Qu'elle détenait beaucoup d'argent ? Ce fait l'étonnait quelque peu. Il savait qu'elle ne travaillait pas et même si Anieta, sa grand-mère, semblait avoir un peu d'argent, il doutait qu'elle la finance complètement. Quel était ce supposé secret qu'il ignorait ?

- Tu as braqué une banque, c'est ça ?


Ce n'était qu'une plaisanterie mais il ne voyait vraiment pas ce qu'elle pouvait ainsi lui cacher. D'après ce qu'elle disait, elle souhaitait lui révéler le fin mot de l'histoire mais pas maintenant. Un magasin n'était sans doute pas le lieu approprié pour des confidences après tout. Bobby ne s'en formalisa pas, ne comptant pas la forcer à lui révéler quoique ce soit, se contentant de la suivre sagement. Il lui avait demandé si elle comptait l'aider à réparer la moto et visiblement, elle n'avait jamais songé à passer à côté de cette «corvée». Les réparations ne prendraient donc que peu de temps et ils auraient ainsi la journée de libre pour faire ce qu'ils voulaient. Surtout que le tyran roux n'était pas dans le coin pour une fois. Mais même si il était là, Erïka avait quelques idées pour le tenir à l'écart. Il était vrai que le pouvoir de Bobby avait certains côtés pratiques pouvant tenir à distance n'importe qui. Alors que la russe citait quelques idées, elle s'interrompit, comme si elle réfléchissait à quelque chose d'autre. Bobby ne lui demanda pas quoi, attendant que la suite vienne d'elle même. Il était juste attentif, attendant qu'elle lui révèle ce à quoi elle pensait.

Erïka proposa en fait qu'ils partent en voyage quelques jours, juste le temps d'un weekend par exemple. L'idée plaisait bien à Bobby. Il aimait les longues balades à moto et n'était pas contre le fait de sortir un peu plus de l'institut et d'aller voir ailleurs, là où personne ne les trouverait. Ils ne seraient que tous les deux, libres d'aller où ils le désiraient, sans contraintes, sans attentes. Le mutant hocha la tête.

- C'est une bonne idée. Ca nous ferait voir un peu du pays, on peut s'organiser un petit parcours ou bien aller au gré de nos envies. On peut partir là, on a justement le temps. Ou bien ça peut attendre la semaine prochaine, peu importe. Mais l'idée me plait.

Se rendant dans le rayon adéquat, la jeune femme essaya un blouson, hésitant apparemment à l'acheter. Puisqu'elle lui demanda son avis, le mutant le lui donna, n'insistant pas spécialement, confirmant juste ce qu'il en pensait. Pour lui donner une preuve supplémentaire de l'utilité du blouson, il vint se coller à elle pour lui montrer qu'elle ne sentait pas le froid qu'il dégageait. Efficace donc. Une fois la preuve montrée, il la lâcha pour lui rendre sa liberté de mouvement. Erïka hésitait encore mais profita du vêtement pour revenir se coller contre lui. Il l'accueillit avec plaisir et en profita pour lui donner un baiser.

Finalement, elle se décida à l'acheter et ils purent quitter le magasin puisque la moto était fin prête. Le trajet de retour fut également conduit par Erïka qui les mena à bon port. Il ne leur restait plus qu'à se mettre à la tâche. Bobby lissa la carrosserie et laissa Erïka appliquer la peinture. Pour que sa participation soit plus notable, il lui demanda même de choisir les motifs à ajouter à cette moto qui recevait une seconde jeunesse. Une fois la peinture terminée, elle semblait comme neuve. L'accident n'était donc plus qu'un mauvais souvenir. Erïka lui demandait l'avis au mutant puisque c'était elle qui avait choisi la décoration.

- Elle a la classe. Ca l'a rajeunit même. Tu as fait du bon boulot, on forme une bonne équipe tous les deux.

Malheureusement, les réparations avaient laissé des tâches sur les vêtements d'Erïka. Il fallait dire que la peinture en spray était connue pour déborder quelque peu et faire des projections, d'où l'utilisation de pochoirs pour éviter de trop tâcher le véhicule. Les vêtements par contre, c'était une autre histoire... La jeune femme voulait aller se changer et invitait Bobby à l'accompagner. Il ne se fit pas prier, ne désirant pas spécialement rester là à l'attendre. De plus, ce n'était pas comme si il ne l'avait jamais vu faire. Juste avant qu'ils ne sortent ensemble, il l'avait surpris en train de se changer sans vraiment le vouloir. Et puis, cela faisait à présent un bon moment qu'ils formaient un couple. Ils n'avaient plus à rougir de ça.

Bobby suivit donc Erïka dans les couloirs jusqu'à sa chambre. Une fois entrée, il salua Istina à distance, ne désirant pas effrayer la pauvre bête puis s'assit sur le lit en attendant que sa petite amie fasse ce qu'elle avait à faire. Lorsqu'elle retira son haut, il ne la quitta plus du regard, ne bougeant cependant pas. Elle était en quête de vêtements mais ne trouvait rien qui lui convenait. Elle s'empara finalement d'une chemise que Bobby connaissait bien puisqu'il s'agissait d'une des siennes. Il se souvenait lui avoir prêtée lorsqu'elle avait eu froid, il y a quelques temps de cela. Malgré que ce soit un vêtement masculin, la chemise lui allait bien, surtout qu'elle ne l'avait pas encore boutonnée. Cela lui donnait un côté sexy non négligeable et Bobby se leva pour aller la prendre dans ses bras. Il glissa sa tête dans le creux de son épaule et l'embrassa dans le cou.

- Cette chemise me dit quelque chose... Je te la donne, elle te va mieux à toi qu'à moi finalement, même si sans, ce n'est pas mal non plus. Merci de m'avoir aidé pour les réparations.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Ven 15 Mar 2013 - 17:12

Erïka avait toujours rêvé de liberté. Elle ne voulait pas s’empêcher de vivre de nouvelles expériences, d’évoluer dans la vie à cause de quelque chose ou quelqu’un. Elle aimait l’institut parce que cet endroit lui permettait de faire ce qu’elle voulait sans la restreindre. Elle n’avait que quelques règles à suivre, mais rien qui ne pouvait l’étouffer. Elle était libre de ses mouvements, de ses déplacements. Personne ne surveillait à la trace ses allées et venues. Cependant, il était bien difficile de s’éloigner du manoir sans un moyen de transport. Si, au départ, l’adolescente avait songé à passer le permis afin de se procurer une voiture, elle avait maintenant changé d’avis. Bobby lui avait enseigné la conduite et, grâce à lui, elle maitrisait plutôt bien sa moto. Cela lui donnait envie de se procurer ce type de véhicule. Elle avait même passé le permis avec succès. Cependant, pour s’acheter un tel véhicule, il fallait de l’argent. Certes, la jeune fille n’en manquait pas, ces derniers temps. Elle préférait économiser pour l’instant. Ainsi, elle avait tout son temps pour prendre la bonne décision quant à l’achat d’un véhicule motorisé.

Si jamais elle décidait de se procurer une moto flambant neuve, elle voulait apprendre à s’en occuper. Elle connaissait quelques trucs, mais c’était bien peu en comparaison avec tout ce que son petit ami pouvait lui apprendre. Elle était ravie qu’il accepte. Ainsi, il pourra lui donner des leçons lorsqu’elle en avait envie et ils passeront du temps ensemble par la même occasion. La jeune fille avait pour habitude d’apprendre d’elle-même et elle apprenait rapidement. Ce ne devait pas être bien difficile d’apprendre la mécanique, non ?

Même s’ils ne pourront plus se coller l’un à l’autre lorsqu’ils feront de la moto, ils trouveront tout un tas d’autres moments où le faire. Erïka avait toujours pris son temps dans cette relation, de peur de se retrouver blessée. Cependant, plus le temps s’écoulait, plus elle gagnait en confiance et en assurance. Elle aimait Bobby et était certaine de ses sentiments pour lui. Elle pensait à certaines choses depuis un moment. Elle rêvassait à un moment bien plus intime entre eux deux. Un moment magique où Will ne viendra certainement pas faire un petit tour à l’improviste dans sa chambre. Elle n’en avait jamais parlé directement à Bobby, laissant les événements suivre leur cours, mais elle songeait de plus en plus à accélérer un peu les choses.
Les chambres mixtes étaient peut-être interdites, mais ils avaient chacun la chance de ne pas avoir de colocataire. Un jour, peut-être que cela finira par se produire. À ce moment-là, l’adolescente aimerait pouvoir avoir une grande chambre à partager avec son petit ami. L’idée de devoir cohabiter avec un inconnu ne lui avait jamais plu. Elle préférait être auprès d’une personne de confiance.


-« Dommage que les chambres ne soient pas mixtes. Quitte à devoir partager la mienne avec quelqu’un, autant que cette personne ce soit toi. Si jamais quelqu’un aménage dans ma chambre, j’essayerais de convaincre le professeur de me permettre de déménager mes affaires dans une grande pièce, comme la chambre d’Amy et Will. »

Bien entendu, si elle déménageait dans une grande chambre, destinée aux couples, elle ne pourrait y rester seule. Bobby pourrait toujours aménager avec elle. Ainsi, ils passeront davantage de temps ensemble. Elle aimait bien dormir contre lui, surtout l’été, alors que la température extérieure était assez élevée par moment. Elle n’avait pas trop de mal à supporter le froid qu’il dégageait, s’enroulant dans une couverture ou enfilant un gros pull au besoin. Malgré tout, elle se demandait s’il supporterait de cohabiter avec elle, ainsi. Il lui arrivait par moment de ne pas dormir de la nuit ou de faire d’horribles cauchemars qui la gardaient éveillée et effrayée le reste de la nuit. Ce n’était peut-être pas la meilleure des choses pour lui, finalement.

Malgré tout, il l’aimait. Qualités comme défauts, il l’aimait pour ce qu’elle était. Alors qu’ils marchaient en direction du magasin, après leur petit trajet en moto, le couple discutait. Erïka rougissait, ne pouvant s’empêcher de réagir aux paroles de son petit ami. Elle était amoureuse de lui, elle voulait voir leur relation s’épanouir pendant des années et des années. Bien qu’elle était plutôt le genre de personne à y aller au jour le jour, elle ne pouvait s’empêcher de rêver au fait qu’ils pourraient être encore ensemble d’ici quelques années. Elle ne voyait pas la fin de leur relation et refusait de l’imaginer. Ils étaient heureux ensemble, c’était le plus important pour le moment.

Une fois dans le magasin, ils ‘occupèrent des achats pour la moto, laissant cette dernière aux mains d’un employé qui comptait en changer les pneus. Comme ils avaient du temps de libre devant eux, Bobby proposa à la jeune fille d’aller jeter un coup d’œil aux tenues de moto. Pas très chaude à l’idée, elle accepta tout de même. Après tout, elle pouvait être surprise de ce qui se cachait dans les étalages. Elle n’avait pas de problème d’argent et ce n’était pas cela qui la rendait réticente à un achat. Elle rassura son petit ami sur sa situation financière. Par contre, cela le menait à se poser des questions. Il lui demanda s’il avait braqué une banque. Après tout, elle n’avait pas de travail, elle vivait à l’institut et le jeune homme ne connaissait pas le reste de sa famille, mis à part Anieta. Elle comptait bien lui expliquer la situation, mais pas tout de suite. Ce n’était ni le lieu, ni le moment.


-« Disons plutôt que la banque m’est tombée dessus. »

Puisqu’ils avaient la journée devant eux, Erïka pouvait prendre tout son temps et choisir le bon moment pour lui parler de son père. Ce dernier souhaitait s’investir davantage dans la vie de ses enfants, être présent pour eux et les soutenir. Il ne l’avait pas fait avec sa fille ainée. Maintenant, il avait l’occasion d’enfin prendre ses responsabilités et d’essayer de faire partie de la vie des jumeaux. Un jour ou un autre, l’adolescente lui présentera son petit ami. Pour l’instant, elle préférait prendre son temps et apprendre à connaitre l’homme qui avait participé à sa conception. C’était déjà un bon début, non ?

Désireuse de passer davantage de temps avec Bobby sans que personne ne vienne les déranger, l’adolescente lui proposa de partir, le temps de quelques jours, en voyage. Elle se fichait bien de la destination. Elle voulait simplement quitter l’institut et rouler au gré de leurs envies. Ils pouvaient aller n’importe où, cela ne tenait qu’à eux. Puisque Bobby était d’accord avec l’idée, Erïka était bien décidée à partir dès aujourd’hui. Elle n’avait pas envie d’attendre.


-« Alors, on quitte l’institut cet après-midi et on file sur les routes. Je suis prête à aller n’importe où si c’est avec toi. »

Avant de filer sur les routes, il fallait s’occuper de la moto. Après s’être procuré un nouveau blouson, l’adolescente regagna l’institut en compagnie de Bobby. Une fois installés dans le garage, ils entamèrent les réparations de la moto. Ce n’était pas bien difficile une fois que l’on savait comment faire. Erïka suivait les instructions de Bobby à la lettre, prenant garde à ne pas mettre de la peinture sur d’autres parties du véhicule autre que la carrosserie. À la place, ce fut son débardeur qui écopa. Ce n’était pas si grave, un peu d’eau et de savon et les tâches disparaitront.
Erïka observa le véhicule, visiblement satisfaite. Elle demanda l’avis de Bobby. Après tout, il s’agissait de sa moto, il avait bien droit à son opinion sur le sujet. Il semblait tout aussi content du résultat qu’elle. Il avait raison : ils formaient une bonne équipe tous les deux. Que ce soit pour embêter Will ou réparer une moto, ils faisaient du bon travail.


-« SI on a fait du si bon boulot, c’est parce que tu es un bon professeur. C’est toi qui m’as appris tout ce que je sais en la matière. »

Laissant la peinture sécher, le jeune couple monta à l’étage. Erïka avait besoin de se changer. Elle en profita également pour déposer ses affaires dans sa chambre. Portant un peu d’attention à son cochon d’inde, elle hésita à le prendre dans ses bras tant qu’elle avait toujours son débardeur tâché de peinture sur le dos. Elle ne voulait pas que la pauvre petite bête entre en contact avec ce produit. Après lui avoir donné un peu de nourriture, la jeune fille alla fouiller sa commode. Elle n’avait plus vraiment de vêtements à se mettre sur le dos. Pendant qu’elle cherchait, Bobby n’allait certainement pas se plaindre du fait qu’elle avait retiré son débardeur. Au final, l’adolescente attrapa une chemise dans sa garde-robe. Elle n’avait rien d’autre à mettre, pour l’instant.

Bobby vint la prendre dans ses bras. Visiblement, il aimait le look que lui donnait cette chemise déboutonnée. Il l’embrassa au creux du cou, ce qui la fit doucement frissonner. Elle ferma les yeux alors qu’elle l’enlaçait tendrement. Lentement, elle lui fit relever la tête en sa direction afin de kidnapper ses lèvres des siennes. Il l’aimait bien sans la chemise ? Elle pouvait toujours faire l’effort de la retirer, ce n’était pas comme si elle craignait le froid.


-« Ça peut toujours s’arranger, tu sais. » Fit-elle suivit d’un clin d’œil.

En moins de deux secondes, la chemise avait atterrie sur le sol. Erïka mena lentement son petit ami jusqu’à son lit et l’y fit basculer, le suivant dans sa chute. Elle n’allait pas lui cacher qu’elle avait envie de lui depuis un moment. L’embrassant tendrement, elle ne pensait plus à rien. Elle se laissait porter par ses envies, rien de plus. Elle espérait seulement que Bobby en ait autant envie qu’elle ? La repousserait-il ? Elle souhaitait que ce ne soit pas le cas alors que ses doigts s’étaient glissés sur son torse glacé, sous son t-shirt.

Ce moment était magique. Le jeune couple passait à une nouvelle étape de leur relation. Personne ne pouvait les déranger. Ils étaient seuls… enfin, presque. Si l’on oubliait la présence d’Istina, il y avait une autre personne qui signalait sa présence dans cette pièce, à présent. Lorsqu’elle entendit la sonnerie de son téléphone portable, Erïka soupira. Elle se leva dans le but de l’éteindre. Pourquoi devait-elle être dérangée alors qu'elle s'apprêtait à faire quelque chose d'important ? Fouillant dans son sac, elle attrapa le petit appareil et constata que la personne à l’autre bout de la ligne avait déjà raccroché. Pourtant, la tonalité n’avait pas duré bien longtemps. Si ça se trouve, c’était une erreur. À moins que ce ne soit qu’un piège, un plan machiavélique mis en place par personne d’autre qu’un contraceptif un peu trop efficace au goût de l’adolescente. William avait probablement accroché un bouton alors que son téléphone était dans ses poches, ce qui avait déclenché l’appel. Elle ne voyait pas d’autres options puisqu’il ne l’appelait jamais lorsqu’il était au travail. Il n’aura qu’à téléphoner plus tard s’il voulait réellement lui parler.


-« Je vais finir par me demander si Will n’a pas dissimulé une caméra dans ma chambre… » Dit-elle en poussant un soupire, n’arrivant pas à empêcher un petit sourire de s’emparer de ses lèvres. « Et si on préparait nos affaires ? On a un petit voyage à faire, non ? Autant quitter tôt pour faire le plus de route possible. Ne t’en fais pas pour les dépenses, je m’occupe de tout. »

Elle ramassa la chemise et attrapa un débardeur trop chic et décolleté qu’elle ne mettait pas pour ces raisons-là. Elle l’enfila suivit de la chemise. C’était mieux que rien. Ce petit appel manqué était peut-être un signe. Il était temps pour eux de quitter l’institut et de s’éloigner de la ville. La jeune fille attrapa son sac et le posa sur le lit. Elle s’assura que tout était à l’intérieur. Elle avait son portefeuille, son arme à feu, de l’aspirine, son téléphone, tout ce dont elle avait besoin pour survivre loin de l’institut. Elle s’étira et ouvrit le tiroir de sa table de chevet pour y attraper la boite de préservatif qu’elle avait acheté, il y a quelques temps de cela. Elle était responsable et pensait à tout, c’était une bonne chose, non ? Elle jeta la boite dans son sac puis referma le tiroir. S’il aurait fallu que son frère tombe là-dessus… Déjà qu’il lui avait fait une petite crise de frère poule lorsqu’il avait découvert ses pilules contraceptives… Il ne pouvait lui en vouloir de ne pas désirer tomber enceinte si quelque chose venait à se produire entre Bobby et elle.

Lorsqu’elle eut ramassé ses affaires et tout mis dans son sac, elle envoya un SMS à son frère, lui disant simplement de s’occuper d’Istina pendant son absence. Sur ce, elle était prête à partir. Elle enfila son nouveau blouson, attrapa son casque, puis se tourna vers Bobby. Elle repassa rapidement dans sa tête la liste de tout ce dont elle désirait amener avec elle. Elle n’avait rien oublié.

-« Tu as besoin de ramasser quelques affaires ? » Demanda-t-elle.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Sam 16 Mar 2013 - 13:18

Depuis que Pyro avait quitté l'institut, Bobby n'avait plus eu personne pour partager sa chambre. Sans doute parce que personne ne tenait à se retrouver un jour dans un igloo. John avait peut-être beaucoup de défauts mais il ne s'était jamais vraiment plein du froid que Bobby pouvait dégager. Ce n'était pas comme si ils partageaient le même lit de toute façon mais la simple ambiance fraiche de la chambre pouvait en décourager beaucoup. A présent, le mutant de glace était seul et cela lui convenait très bien. Il ne souhaitait pas renouveler l'expérience avec un nouveau colocataire. Il n'avait de toute façon personne dans ses quelques amis qui serait susceptible de lui tenir compagnie. Soit ils étaient déjà en binôme soit... c'était des filles. Et justement, il n'aurait pas été contre partager la même chambre qu'Erïka. Mais une vraie chambre, pas une des pièces du dortoir. Une chambre avec un seul lit, double, quelque chose d'un peu plus intime qu'une chambre de dortoir en somme. De toute façon, celles ci n'étaient pas mixtes et c'était bien dommage. Mais Erïka disait que, quitte à avoir quelqu'un qui partageait sa chambre, elle souhaitait que ce soit lui et juste lui. L'attention fit chaud au coeur de Bobby. Il pensait qu'elle préférerait sa liberté et ne pas avoir à l'endurer davantage mais il se trompait. L'idée de vivre un peu plus avec elle ne lui déplaisait pas non plus, loin de là.

- Tu crois que le professeur acceptera ? Nous ne sommes pas encore majeurs après tout. Quoiqu'il en soit, partager la même chambre que toi me plairait bien. Mais c'est déjà un peu le cas, non ? Au moins on peut dormir ensemble de temps en temps sans que personne ne nous dérange. J'aime bien dormir avec toi.

Et il disait vrai. Malgré le fait qu'Erïka faisait parfois des cauchemars qui la maintenaient éveillée toute la nuit, cela ne dérangeait pas Bobby de partager son lit, au contraire. Ainsi, il était présent pour pouvoir lui changer les idées, la rassurer, parler avec elle... Il préférait cent fois qu'elle le réveille à cause d'un cauchemar plutôt que d'être seule à l'affronter. Il ignorait quelle était la source de ces mauvais rêves mais il ne lui avait jamais demandé, estimant que si elle voulait en parler, elle le ferait d'elle même. Mais peut-être préférait elle compter sur William en ce qui concernait cela. Bobby savait que lorsqu'il n'était pas là, elle allait assez souvent voir le rouquin. Il ne voulait donc pas interférer si elle avait ses petites habitudes mais au moins, le mutant de glace était là pour elle au besoin.

Il ne comptait pas la laisser réparer sa moto toute seule et était content qu'elle ait décidé de l'accompagner au magasin. Les dépenses pour ce genre de chose étaient toujours très élevées mais cela ne semblait pas déranger Erïka. Bobby lui avait conseillé de s'acheter une tenue de moto même si il savait qu'elles étaient relativement chères. Le prix n'était pas un problème, il pouvait la lui payer si il le fallait, quitte à y mettre tout ce qui lui restait. Mais la jeune femme assura que ce qui la faisait hésiter n'avait rien à voir avec le prix. Elle révéla qu'elle n'avait pas vraiment de problème d'argent, pouvant tout à fait s'acheter ce qu'elle désirait et même plus encore. D'où venait cette soudaine fortune ? Bobby s'interrogeait sur la question, surpris d'une telle constatation mais ne posa pas de questions, se contentant de plaisanter sur le sujet. Si elle ne souhaitait rien dire, c'était son choix mais en l'occurrence, elle préférait en parler plus tard. Soit. La façon dont elle répliqua à sa plaisanterie fit supposer au mutant qu'elle avait peut-être hérité. Après tout, il ne connaissait pas sa famille, seulement Anieta.

- Ca n'a pas fait trop mal lors de l'atterrissage ? Du moment que tu n'as pas de problèmes d'argent, c'est tout ce qui compte. Ce sera plus simple pour toi pour l'avenir.

Tandis qu'Erïka essayait un blouson de moto, hésitante quant à l'achat, Bobby réfléchissait à sa proposition. L'idée de quitter l'institut le temps d'un weekend était plutôt une bonne idée. Ils sortaient rarement alors pourquoi ne pas en profiter lorsque les réparations seront terminées ? Passer du temps avec sa petite amie enchantait toujours Bobby et ce ne serait que davantage le cas si ils faisaient ce court voyage ensemble. Bobby pouvait bien partir à n'importe quel moment, il n'avait rien de prévu de tout le weekend. Ni du reste de la semaine d'ailleurs. Erïka souhaitait partir dès que les réparations seraient terminées, affirmant se moquer de la destination du moment qu'elle était avec lui. Le mutant lui fit un large sourire, déjà pressé de mettre les voiles.

- Alors on avisera en cours de route. On pilotera chacun notre tour et le conducteur décidera alors de la route, ça te va ? Ca ne me dérange pas si on a quelques jours de retard.

Décidée pour l'achat du blouson, Erïka paya l'article et ils firent le chemin du retour jusqu'à l'institut. Plus vite les réparations seraient faites, plus vite ils pourraient partir sur les routes. Mais ce n'était pas une raison pour bâcler le travail. Malgré tout, Bobby tenait vraiment beaucoup à sa moto et il ne voulait pas faire n'importe quoi dessus pour n'importe quel prétexte. Il s'attela donc à supprimer les rayures, lissant la surface pour qu'elle puisse accueillir la peinture sans qu'elle ne s'écaille au fil du temps. Il laissa Erïka se charger de la peinture, l'aidant en fixant les divers pochoirs requis. Une fois le résultat terminé, il admira le rendu, jugeant que sa moto était même plus belle qu'elle ne l'avait jamais été. Comme quoi l'accident avait eu du bon, si l'on oubliait le fait que la russe aurait pu se blesser. Bobby jugeait qu'ils formaient une bonne équipe car les réparations avaient été rapides et parfaites. Erïka souligna que c'était parce qu'il lui avait bien appris le métier. Mais elle aussi se trouvait être professeur et le mutant tint à le lui signaler en s'exprimant en français.

- Mais c'est parce que tu es une bonne élève et que l'entretien de cette moto ne t'indiffère pas. Dommage qu'il n'existe pas de cours de mécanique, j'aurais postulé pour l'emploi sinon.

Ce n'était qu'une plaisanterie mais il n'aurait pas été contre pour autant. Erïka et Bobby étaient deux professeurs bien différents. L'un plus strict et sévère et l'autre plus posé et patient. Mais malgré tout, ils savaient enseigner correctement leurs domaines de prédilection. Il suffisait de constater l'état de la moto et le parler de Bobby pour le confirmer. Maintenant que la machine était prête, la peinture séchant rapidement, il ne leur restait plus qu'à retourner à leurs chambres pour se préparer. Erïka s'était tâchée et elle invita Bobby à venir avec elle jusqu'à sa chambre. Là, ils pourront discuter des derniers détails du voyage avant de se lancer.

Dans la chambre, Erïka se changea sous le regard de Bobby, pas mécontent d'être spectateur. Néanmoins, lorsque la jeune femme se revêtit de sa chemise sans pour autant la fermer, le mutant ne se contenta plus de simplement regarder. Il vint la prendre dans ses bras, savourant la proximité et la chaleur de sa peau en partie nue. Tandis qu'il l'embrassait dans le cou, il en profita pour lui dire qu'elle pouvait conserver cette chemise si elle le désirait mais qu'en même temps, il aimait bien sans aussi. Il ne s'attendait pas à une telle réaction de sa part. D'abord elle le fit redresser la tête pour l'embrasser, baiser auquel il répondit bien volontiers. Puis elle affirma que cela pouvait s'arranger et laissa la chemise rejoindre le sol. Elle ne souhaitait plus s'habiller ? Finalement, elle le poussa doucement en arrière jusqu'à ce qu'il touche le lit et se retrouve allongé dessus, Erïka au dessus de lui. Lorsqu'elle l'embrassa une nouvelle fois, Bobby répondit à son baiser mais d'une façon plus fougueuse cette fois. Il avait envie d'elle et supposait qu'il en était de même pour elle vu la façon dont elle venait de se comporter. Ses mains glissées sous son haut, caressant son torse le lui confirmaient. Bobby ne réfléchissait plus à rien et se laissait porter par l'action, ses propres mains glissant le long des hanches de sa petite amie jusqu'à ses fesses. Pour une fois qu'ils étaient vraiment seuls, ils pouvaient en profiter.

Ou pas. Une sonnerie retentit, faisant un peu sortir Bobby de l'état dans lequel il était mais ne le faisant pas stopper pour autant. Au diable ceux qui souhaitaient les joindre, ils n'étaient là pour personne. Mais ce n'était pas de l'avis d'Erïka qui soupira et se dégagea du lit pour aller répondre. Bobby la laissa filer à contre coeur, maudissant la personne qui avait tenté de la joindre puisqu'elle n'était plus au bout du fil. Un peu blasé, le mutant qui s'était redressé se laissa retomber dos contre le matelas, laissant échapper un léger soupir. Ce n'était certes que partie remise mais le couper ainsi en plein élan lui laissait un goût d'inachevé. Le nom du coupable fut bientôt connu. William. Sérieusement ? Même lorsqu'il n'était pas là, il trouvait le moyen de les déranger. Mais ce n'était que le fruit du hasard, il fallait être lucide. Seulement à présent, leur petit moment était terminé puisque Erïka s'était mis en tête de se préparer pour faire la route.

- Il doit avoir une sorte de sixième sens de grand frère protecteur, je suppose. Mais c'est vrai, tu as raison, autant partir le plus tôt possible. Et ne crois pas que tu vas tout payer, je tiens à participer. Que tu aies de l'argent ou pas, je m'en moque, je ne te laisserais pas tout payer. On voyage ensemble, on fait tout ensemble, même ça, fortune ou non. Ce n'est pas ton argent qui m'intéresse tu sais, j'ignorais même que tu en avais.

Bobby resta affalé sur le lit en attendant qu'Erïka fasse son sac, rassemblant quelques affaires. Il ne regardait pas ce qu'elle faisait, pas vraiment du genre intrusif dans la vie des autres, même celle de ses proches, songeant à ce dont il avait besoin lui. Son porte-feuille et son téléphone suffiraient amplement mais il devait de toute façon passer à sa chambre pour se changer à son tour. Lorsque la russe lui demanda, il se redressa et se leva, se dirigeant vers la porte de la chambre.

- Pas grand chose, j'en ai pour deux minutes. On se retrouve au garage ?

Quittant la pièce, il rejoignit sa chambre, changea de tee shirt mais conserva son jean puis s'empara de son blouson de moto qu'il ne mettait que rarement. Il aurait pu s'en passer mais il fallait bien qu'il serve un peu. Et puis, il ne tenait pas à faire une bataille verbale inutile avec un policier si jamais ils se faisaient arrêter parce qu'ils manquaient de protections. Le port de ce blouson lui donnait un air un peu plus carré et costaud qu'il ne l'était vraiment. Ouvrant un tiroir de sa penderie, il en sortit deux petites oreillettes. Ils les avaient acheté quelques temps plus tôt mais n'en avait jamais eu l'utilité qu'avec Scott. Finalement, elles allaient être plus utiles que ce qu'il pensait. Téléphone dans la poche de sa veste, il sortit de sa chambre et retourna au garage où l'attendait Erïka qui s'était elle aussi vêtue de son blouson de moto. Il lui tendit alors l'une des oreillettes tandis qu'il mettait l'autre.

- Vu qu'on est pas télépathes, ça nous permettra de communiquer. Elles ont un micro, il te suffira de parler pour que je t'entende malgré nos casques. Ca rendra le voyage plus agréable. Je prends les commandes en premier vu que tu as déjà conduit, ça te permettra de te reposer, on échangera ensuite. Tu es prête ?

Bobby embrassa Erïka tant qu'il le pouvait encore puis enfila son casque avant de grimper sur le véhicule. Il attendit que la jeune femme prenne place et lui confirme qu'elle était prête pour démarrer et rejoindre la route. Ils étaient hors de l'institut et n'étaient attendus nulle part. Le mutant prit la première route qui s'offrait à lui, sortant de la banlieue de New York. Il était temps pour eux de voir un peu de pays et de ne plus se contenter de la grande agglomération qu'était la Grande Pomme. Si il conduisait prudemment sur les grands axes, Bobby se mit à aller bien plus vite lorsqu'ils atteignirent les routes plus dégagées, offrant de belles lignes droites. Il ralentissait cependant de temps à autre lorsque le paysage était digne d'intérêt, laissant le temps à Erïka d'en profiter un peu. Ils ne faisaient pas une course après tout. D'ici peu, il s'arrêterait pour lui laisser les commandes et peut-être en profiter pour manger un peu et faire une petite pause.
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Metier: Professeure / PDG des S.M.I.T.E Industries
Age : 21 ans
Nationalité : Russe / Américaine

MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Sam 16 Mar 2013 - 19:17

Erïka n’était pas toujours simple à comprendre. Autant, parfois, elle rejetait les contacts physique de quiconque osait s’approcher d’elle, autant elle avait la soudaine envie de se jeter dans les bras de quelqu’un et de ne plus le quitter. Il y a plusieurs raisons qui causaient ce désir de s’éloigner des autres et de ne pas entrer en contact avec eux. Elle préférait garder ses distances afin de dresser une muraille autour d’elle et des autres. Ainsi, cette simple barrière invisible empêchait toute forme de rapprochement. La jeune fille pouvait donc rester tranquille. Elle avait toujours eu peur d’être de nouveau blessée et trahie par ceux qui l’entourait. Pourtant, avec le temps, William l’avait aidé à faire confiance aux autres, commençant par, lui-même, démontrer qu’il était une personne sur qui elle pouvait compter et qui ne la trahira jamais. Au fil des mois, des années, Erïka avait appris à se rapprocher davantage de certaines personnes, comme Bobby, par exemple. Ils s’étaient connus il y a longtemps, alors que John vivait toujours à l’institut. La jeune fille ne parlait pas beaucoup, à l’époque, se contentant de fumer ses cigarettes en envoyant promener le mutant de flammes. Il aura fallu beaucoup de temps avant qu’elle profite réellement d’un moment en compagnie de Bobby et apprenne à le connaitre davantage. Au final, cette idée d’aller à sa rencontre alors qu’elle venait de l’apercevoir tout près du garage, faisant quelques réglages sur sa moto, était l’une des meilleures choses qu’elle n’ait jamais faites de sa vie.

À présent, Erïka ne fuyait pas le contact de ses proches. Elle aimait bien sauter dans les bras de Will afin de lui faire un câlin de temps à autre, mais ce n’était pas la même chose avec Bobby. Il y avait quelque chose de plus entre eux. Elle était amoureuse de lui. Elle avait envie de passer du temps dans ses bras, de l’embrasser, de simplement sentir son corps contre le sien. La température corporelle n’était qu’un petit détail. Si elle avait trop froid, elle se contentait de s’enrouler dans une couverture ou de le lui signaler. Ce n’était pas un détail de ce genre qui lui faisait passer l’envie de dormir avec lui. Quant à partager un dortoir avec un inconnu, la jeune fille préférait résider dans une véritable chambre avec son petit ami. Cependant, elle doutait que le professeur ne soit d’accord. Il n’était ensemble que depuis moins d’un an, sans parler de leur âge. Il faudra peut-être attendre à leur majorité pour cela. Être majeure en Russie, ça compte ?


-« On pourrait toujours lui demander… Comme on n’est pas majeurs, je ne crois pas qu’il acceptera si facilement. S’il fait aménager un autre étudiant dans mon dortoir, un jour, je viens m’incruster dans le tien, peu importe le règlement. Et puis, moi aussi j’aime bien dormir dans tes bras… tant que je puisse avoir ma grosse couverture ! »

Elle lui sourit. Ce n’était que pour le taquiner. Au cours de la nuit, il lui arrivait souvent d’avoir froid à cause de la température qu’il dégageait. Cependant, tant qu’elle avait une couverture dans laquelle s’emmitouflée, le problème était réglé. Il n’avait pas à s’en faire avec cela. S’il était trop froid, au point qu’elle devienne une petite saucisse dans un emballage glacé, elle pouvait toujours le réveiller… ou le jeter en bas du lit. La jeune fille ne manquait jamais de solution pour régler une situation embêtante.

Elle ne manquait pas non plus de solution pour réparer les égratignures qu’elle avait faites sur la moto de Bobby lors de son accident de la veille. Bien sûr, elle aurait pu éviter de lui en parler et tout réparer elle-même, mais ce n’était pas la meilleure chose à faire. Elle voulait que la confiance règne dans sa relation de couple et elle devait donc se montrer honnête. Justement, cette solution était préférable aux autres. Au final, Bobby ne lui en voulait pas et elle pouvait l’aider à réparer la moto avec lui. Ils avaient acheté tout ce qui était nécessaire afin de faire les dites réparations. Le jeune homme avait laissé sa moto aux bons soins d’un employé du magasin afin qu’il en change les pneus. Pendant ce temps, le couple décida d’aller voir les tenues de moto. Erïka n’était pas très chaude à l’idée, ne croyant pas arriver à trouver quelque chose qui lui conviendrait. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de jeter un coup d’œil. Qui sait, peut-être trouvera-t-elle quelque chose de son goût ? Elle avait de l’argent, autant en profiter. Elle promit à Bobby de lui expliquer, plus tard, quelques petits détails au sujet de sa situation financière. Elle savait qu’il ne l’aimait pas pour son argent puisqu’elle n’en avait pas lorsqu’ils se sont connus. Même s’il était au courant de sa fortune, cela ne changerait rien entre eux, elle en était persuadée.


-« Disons que ça surprend quand ça arrive. C’est sûr que je n’aurais aucun problème pour l’avenir, mais comme je ne compte pas quitter l’institut, je ne vois pas tellement la différence. Je pourrais toujours en profiter pour voyager. »

Parlant de voyager, pourquoi ne pas quitter l’institut pendant quelques jours afin de passer du temps avec son petit ami ? Ils avaient l’occasion de le faire et elle avait l’argent. Il n’y avait pas de problème, non ? Bobby semblait apprécier l’idée. Alors, c’était décidé ! Ils partaient dès aujourd’hui. Ils conduiront chacun leur tour au gré de leurs envies. Cela lui convenait.

-« Comme tu veux ! On roulera jusqu’à ce qu’on soit fatigués et on s’arrêtera dans un hôtel quelconque. On pourra même en profiter pour visiter la région. »

Une fois sortis du magasin, le couple retourna à l’institut afin d’effectuer les réparations sur la moto. Ils formaient une bonne équipe et se comprenaient parfaitement bien, peu importe la langue. Erïka avait la chance d’avoir un bon professeur pour lui enseigner la mécanique. En échange, elle avait aidé Bobby à apprendre et perfectionner son français. Il lui prouvait, en s’adressa à elle dans cette langue, que son enseignement avait porté ses fruits. Elle ne put s’empêcher de sourire en l’écoutant. Elle lui répondit également dans cette langue, certaine qu’il n’aurait aucun mal à la comprendre.

-« Il n’est jamais trop tard pour proposer un nouveau cours aux élèves. Je suis certaine que le professeur apprécierait l’idée. Tu ferais un excellent professeur. »

Puisque la peinture était en train de sécher, Erïka en profita pour monter à sa chambre afin de se changer. Elle proposa à Bobby de la suivre. Elle ne voyait pas en quoi cela allait le déranger si elle se changeait devant lui. Elle n’était plus gênée de ce genre de chose depuis un moment, surtout qu’ils sortaient ensemble, à présent. Retirant son débardeur, elle chercha un autre vêtement à se mettre, mais ne trouva rien de mieux qu’une chemise appartenant à son petit ami. Ce dernier vint presque aussitôt la rejoindre afin de la serrer dans ses bras et l’embrasser. Elle ne le repoussa pas, bien au contraire, lui rendant aussitôt son étreinte avant de le pousser sur le lit. Elle avait envie de lui, où était le mal ? Puisque William n’était pas là pour jouer les frères poules et débarquer à l’improviste, c’était le moment parfait. Elle répondait passionnément aux baisers de Bobby. Plus rien n’avait d’importance, à présent. Elle ne se souciait plus de la température qu’il dégageait. Elle oubliait tout ce qui l’entourait. Ses mains se glissèrent sous le t-shirt de son petit ami alors qu’elle sentait les siennes parcourir ses hanches. Ce moment aurait pu être parfait. Elle aurait voulu qu’il soit parfait. Cependant, c’est ce moment que choisis son téléphone pour sonner. Elle aurait pu l’ignorer et se dire que si c’était important la personne à l’autre bout de la ligne laisserait un message. Cependant, elle décida de se lever, s’éloignant ainsi de son petit ami qui n’avait visiblement pas envie de la laisser partir si rapidement. Malgré tout, elle alla chercher son téléphone pour constater qu’elle avait reçu un appel de son frère. Est-ce que Will avait caché une caméra dans sa chambre afin de l’espionner ? Bobby croyait plutôt au sixième sens.

Puisqu’ils avaient été interrompus, Erïka décida de préparer ses affaires pour le voyage. Ils auront l’occasion d’être plus intimes plus tard. Malgré tout, elle était déçue que ce moment ait été ainsi brisé par un appel sur son téléphone. Elle aurait dû l’éteindre… ou ne pas répondre, tout simplement. Quoi qu’il en soit, ce qui était fait était fait. Inutile de revenir là-dessus. Rangeant quelques affaires dans son sac, elle dit à Bobby de ne pas s’en faire pour les coûts de leur petite virée sur les routes. Elle s’occupait de tout. Cependant, ce dernier refusait de la laisser tout payer. S’ils voyageaient ensemble, ils payaient ensemble. Cela lui semblait très raisonnable. Elle n’allait pas débattre avec lui sur le sujet.

Laissant tomber son sac, elle prit le temps de se coucher auprès de Bobby, posant sa tête sur son épaule, afin de lui donner quelques explications sur la situation. Elle n’allait pas lui faire sa biographie, seulement lui dire quelques faits concernant sa situation financière. Si elle désirait payer, c’est parce qu’elle le voyait, pas parce qu’elle se sentait obligée ou quoi que ce soit. Elle avait la chance d’avoir une petite fortune sous la main, bien que l’héritage que son père comptait lui laisser serait bien plus grand.


-« J’ignorais que j’avais de l’argent jusqu’à tout récemment, en fait. J’ai appris certaines choses sur ma famille aussi. Pour faire une histoire courte, j’ai rencontré mon père, il y a quelques semaines. C’est là que j’ai appris que j’étais l’une des héritières d’une fortune s’élevant à plusieurs milliards de dollars. J’ai touché une toute petite part de cet argent, cadeau de mon père, qui me permet de me payer quelques dépenses. Enfin… ce n’est pas comme si ça changeait quelque chose. »

Elle l’embrassa sur la joue avant de se lever. La jeune fille prépara le reste de ses affaires, enfila son blouson puis attrapa son casque. Elle était prête à partir. Elle demanda à Bobby s’il avait besoin de prendre certaines choses dans sa chambre avant de partir. Effectivement, ce dernier avait besoin d’y passer. Il comptait la retrouver au garage dès qu’il serait prêt. Puisque la jeune fille était déjà prête, elle alla sagement l’attendre à l’étage. Elle en profita pour vérifier si la peinture qu’ils avaient appliquée sur la moto était bel et bien sèche. C’était le cas.

Lorsque Bobby vint la rejoindre, il lui tendit une espèce d’oreillette. La jeune fille l’observa, cherchant à comprendre son fonctionnement. Il ne tarda pas à lui expliquer que c’était pour faciliter la communication entre eux lorsqu’ils seront sur les routes. Insérant le petit appareil dans son oreille, elle souhaita qu’il soit fonctionnel. Bobby comptait prendre les commandes pour commencer. Ils échangeront leur place plus tard.


-« Ça me va. Je suis prête. On s’arrêtera manger quelque chose quand on aura faim et on échangera nos places à ce moment-là, d’accord ? »

Elle échangea un dernier baiser avec Bobby avant de mettre son casque et de monter sur le véhicule. Elle s’accrocha à lui. À causes de leurs vestes, elle ne sentait pratiquement plus le froid qu’il dégageait. En fait, le seul truc froid qu’elle ressentait était la température extérieure. Plus la moto accélérait, plus elle sentait le vent se heurter à elle. Elle resserrait son étreinte autour de son petit ami. Elle n’avait jamais osé rouler à une vitesse trop élevée, craignait toujours d’avoir un accident ou de carrément s’envoler. Elle regardait le paysage défiler devant ses yeux, profitant de la vue qui s’offrait à elle. Lorsque Bobby ralentissait, elle pouvait en profiter davantage. Elle se sentait simplement bien. Cependant, pour que le tout soit parfait, il faudrait que son estomac finisse par se taire.

-« Tu sais s’il y a un restaurant ou bien une ville à proximité ? Je commence à avoir faim. »

Elle le laissa décider de la destination. Lorsque la moto fut stoppée, elle n’hésita pas à poser les pieds sur la terre ferme afin de se dégourdir les jambes. C’était toujours agréable, ce genre de petites balades même si elle avait parfois des fourmis dans les jambes, à la fin. Elle retira son casque avant d’attraper la main de son petit ami et de l’entrainer dans un restaurant. Elle avait hâte de manger quelque chose, son petit-déjeuner remontant à plusieurs heures déjà. Lorsqu’elle fut bien installée, au fond de la salle, sur une banquette confortable, elle retira son blouson et le posa sur son casque, à ses côtés, tout comme son sac.

-« On est dans quelle ville, au fait ? » Demanda-t-elle au bout de quelques secondes. Elle n’avait jamais pris la peine de regarder les panneaux indiquant les différentes directions, autoroutes et villes présentes sur leur chemin.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Dim 17 Mar 2013 - 14:09

Plus il y réfléchissait et moins Bobby se disait que respecter le règlement du manoir était une bonne idée. Dans la logique, Erïka et lui ne pouvaient partager une même chambre, jugés trop jeunes pour ça, les chambres étant réservées aux adultes. Il comprenait l'idée qu'à un certain âge, les histoires de couple ne duraient jamais bien longtemps, Bobby en était la preuve vu les quelques petites amies qu'il avait eu par le passé. Mais sa relation avec la russe était bien différente et il n'avait aucune envie que cela se termine. Avec ses précédentes copines, Bobby n'avait jamais songé à vivre dans la même chambre mais à présent, il en avait envie. Il serait ainsi plus proche de celle qu'il aimait et cela faciliterait les moments de leurs retrouvailles. Et puis, cela pouvait éventuellement tenir un certain roux à distance. Mais ça, rien n'était moins sûr. Cela aurait peut-être l'effet inverse si il savait que sa soeur « habitait » avec son petit ami. N'était il pas digne de confiance ? Au moins, ce n'était pas Erïka qui était contre l'idée.

- On peut, oui, ça ne coûte rien mais je me doute déjà de la réponse. On a la chance de n'avoir personne pour partager nos dortoirs pour le moment alors autant qu'on en profite. Tu pourrais venir dans ma chambre plus souvent, au moins Will n'y débarque pas à l'improviste. Et tu auras toutes les couvertures du monde, c'est promis. Je me demande si un jour, j'arriverais à être... normal.

Le froid qu'il dégageait indisposait la plupart des gens qu'il touchait ou qu'il approchait trop longtemps. Il pouvait le diminuer grandement mais pas le faire disparaitre pour autant. Sa mutation avait plusieurs effets secondaires mais celui ci était assez pénible, ruinant ses tentatives de proximité avec les autres, personne n'aimant le froid. Personne sauf Erïka. Elle était peut-être faite pour lui au final. Il trouvait dommage de ne pas l'avoir réalisé plus tôt mais ce n'était pas que pour cette raison qu'il l'aimait. Elle lui prouvait un peu plus chaque jour, comme elle venait de le faire là en lui avouant avoir abimé sa moto. Il ne l'en aimait pas moins, au contraire, parce qu'elle était honnête avec lui et ne cherchait pas à lui mentir. Pas très étonnant pour la reine de la vérité mais il fallait tout de même souligner l'effort qu'elle faisait. Elle avait même proposé de payer toutes les réparations pour se faire pardonner même si elle n'avait pas besoin de ça. D'où tirait elle ces fonds sans fin ? Elle avoua ne pas avoir le moindre problème d'argent, ce qui intrigua Bobby. Il se demandait d'où sortait cet argent mais estimait que cela ne le regardait pas et se contentait de plaisanter sur le sujet. Au moins, comme elle le disait, elle était à l'abri du besoin.

- Il te servira sans doute plus tard. On a la chance de ne rien payer à l'institut mais au moins, tu as de quoi te payer ce que tu désires. Comme une moto par exemple. Quant à moi je vais économiser pour pouvoir partir en voyage avec toi. Si je regarde suffisamment longtemps le ciel, tu crois qu'une banque me tombera dessus également ?

Il disait ça pour plaisanter, souriant d'un air amusé alors qu'Erïka essayait sa tenue de moto. Puisqu'ils étaient là pour la moto à l'origine, elle revint dans la conversation, la jeune femme proposant de s'en servir pour qu'ils fassent un petit voyage de quelques jours. L'idée était tentante et leur donnerait l'occasion de passer véritablement un peu de temps tous les deux, loin de l'institut pour une fois. A force de vivre là bas, ils sortaient peu et un peu d'air ne leur ferait que du bien. Erïka n'avait pas d'objectifs particuliers et c'était mieux ainsi. Ils pouvaient donc rouler où ils le voulaient jusqu'à ce qu'ils en aient assez et décide de faire demi tour.

- On fera selon notre humeur ou nos envies dans ce cas, c'est parfait. J'ai hâte de partir.

De retour à l'institut, le couple répara la moto ensemble même si au final, c'est Erïka qui travailla plus que Bobby qui lui indiquait simplement ce qu'elle avait à faire avant de lui laisser les rennes. Il avait confiance en elle et en ses capacités et ne doutait donc pas de la qualité des réparations. Et vu le résultat, il avait bien fait. Elle lui attribuait le mérite puisque c'était lui qui lui avait enseigné ce qu'elle savait à propos de la moto mais il ne voyait pas les choses comme ça. Pour lui, c'était surtout parce qu'elle apprenait vite. Elle était elle même un bon professeur, lui enseignant le français bien mieux que n'importe qui d'autre. Bobby se demandait si il ferait cependant un bon professeur si il devait enseigner à davantage d'élèves. Et puis un cours de mécanique était une idée assez étrange. Mais pourquoi pas ?

- A vrai dire, je pensais enseigner plutôt une matière scientifique vu que je suis plutôt à l'aise dans le domaine mais pourquoi pas la mécanique ? Mais je doute que ça intéresse beaucoup de monde tu sais. Scott est bien plus qualifié que moi.

Puisque les réparations étaient terminées et qu'Erïka était tâchée, ils se rendirent à sa chambre où elle entreprit de se changer. Seulement, lorsqu'elle enfila une simple chemise sans prendre la peine de la boutonner, Bobby vint la rejoindre pour la prendre dans ses bras. A force de la regarder en partie dévêtue, il avait eu envie de davantage de proximité. Et il n'était visiblement pas le seul puisque la jeune femme laissa tomber le vêtement et le poussa sur le lit pour venir se mettre sur lui tandis qu'elle l'embrassait. C'était plus que ce à quoi Bobby s'attendait et il n'était certainement pas contre. Le mutant répondit à son baiser, l'intensifiant alors qu'il laisser ses mains parcourir le corps de sa petite amie. Ils étaient bien, ils étaient seuls, personne ne pouvait les déranger.

C'était en tout cas ce qu'il croyait mais le téléphone en décida autrement. Bobby laissa Erïka aller répondre à contre coeur, un peu déçu que ce moment soit si vite écourté, mais ne comptant pas la forcer à ignorer un appel si c'était important pour elle. Le pire c'est que cela ne l'était pas, visiblement une erreur d'appel bien que vu l'appelant, c'était peut-être intentionnel. Mais comment aurait il pu le savoir ? Bobby resta allongé sur le lit, les bras en croix, se demandant si ils pourraient avoir la paix un jour. Erïka en profita pour préparer ses affaires afin d'être prête pour le départ de leur voyage en moto. Lorsqu'elle eut terminé, elle vint rejoindre le mutant, s'allongeant contre lui. Il referma son bras autour d'elle, tandis qu'elle expliquait finalement d'où lui venait tout cet argent. Bobby fut surpris d'entendre ce qu'elle révélait. Ainsi donc elle ne connaissait pas ses parents ? Ou en tout cas son père puisqu'elle venait juste de le rencontrer. Le mutant réalisait qu'il ignorait beaucoup de choses à propos d'elle mais il ne pouvait lui en vouloir pour ça. Lui même ne parlait jamais de sa famille, sujet quelque peu tabou. Erïka était donc l'enfant d'un milliardaire. Voilà qui expliquait sa soudaine fortune.

- J'ai quelques questions qui me brûlent les lèvres mais... ça attendra. Tu as raison, ça ne change rien du tout, ce n'est que de l'argent après tout. Je vais récupérer ce dont j'ai besoin à ma chambre et nous pourrons partir tout de suite.

Il embrassa Erïka puis se leva et se rendit à sa chambre pour prendre ce qu'il lui manquait. Pas grand chose au final mais il ne voulait surtout pas oublier leur moyen de communication qui leur faciliterait bien la vie une fois à moto. Entre le vent et le port du casque, parler serait vite devenu problématique pour eux. Mais grâce aux oreillettes que possédait le mutant, le problème n'en était plus un. Ils s'étaient décidés pour la première partie de leur trajet et ce fut Bobby qui prit les commandes en premier. Il attendit que la jeune femme soit confortablement installée puis démarra et quitta l'institut. Ils ne le reverraient pas avant plusieurs jours, c'était la première fois qu'ils partaient si loin et si longtemps.

Bobby aimait la vitesse et il ne se gênait pas pour piquer de petites accélérations dès qu'il en avait l'opportunité. Mais conscient que cela pourrait déranger Erïka, il lui demanda son avis sur la question, régulant sa vitesse selon son bon vouloir. Il prenait toutefois le temps de ralentir lorsque le paysage en valait la peine. Ils ne faisaient pas une course après tout, il aurait été dommage de tout faire en accéléré. Erïka avait faim, il était temps de s'arrêter. Mais pour l'heure, ils étaient encore en pleine forêt.

- Il y a une petite ville à une dizaine de kilomètres d'après les panneaux qu'on a passés, on va s'arrêter là, il y aura sans doute un restaurant ou un pub quelconque.

Ils rejoignirent effectivement une zone un peu plus peuplée quelques minutes plus tard. Bobby ralentit grandement la vitesse et observa autour de lui si il voyait un endroit où ils pourraient manger. Lorsqu'il localisa un parking non loin du petit centre ville, il décida de s'y arrêter afin de ne pas tourner en rond pendant un moment. Quoique vu la taille de la ville, ils en auraient rapidement fait le tour. Bobby se gara et descendit de sa moto, ôtant casque et oreillette avant de saisir la main de sa petite amie. Il la laissa choisir le restaurant de son choix et ils s'y installèrent ensuite, l'un en face de l'autre. Bobby posa son casque à côté de lui et retira sa veste devenue inutile avant de s'emparer du menu. Il le déposa finalement bien vite lorsque Erïka lui demanda où ils se trouvaient. Fouillant dans sa veste, il en sortit un plan qu'il déplia sur la table, pointant du doigt où ils se trouvaient.

- Nous sommes à Pittsford, dans l'état du Vermont. Nous sommes partis de là, avons traversé l'état de New York puis sommes passés par Rutland. Là on remonte mais on peut bifurquer sur la route vers l'est, un peu plus loin une fois Burlington atteint. Ce sera à toi de voir si tu préfères aller au nord ou à l'est.
Spoiler:
 

Au fur et à mesure qu'il parlait, il traçait le trajet du bout du doigt. Pour une fois, ils n'étaient pas descendu vers le sud comme ils le faisaient à chaque fois qu'ils devaient se rendre à New York. Cela les changeait un peu non ? Une serveuse vint chercher leurs commandes et Bobby se replongea dans le menu, demandant le plat du jour pour ne pas se compliquer la vie. Lorsque Erïka commanda à son tour et que la serveuse fut partie, le mutant profita de l'absence de monde dans le restaurant pour lui poser quelques questions auxquelles il pensait depuis qu'ils avaient quittés l'institut.

- Tu ne connaissais pas ton père alors ? Il a débarqué, comme ça, soudainement ? C'est plutôt une bonne nouvelle. Il est comment ?
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Dim 17 Mar 2013 - 19:34

Erïka n’avait jamais partagé la même chambre qu’une autre personne, mis à part celle de son frère jumeau. Lorsqu’ils étaient ensemble, ils dormaient dans la même pièce, bien souvent dans le même lit. Ils étaient très proches l’un de l’autre et il en avait été ainsi pendant longtemps. Même après qu’ils eurent obtenus chacun leur chambre respective, ils continuaient de dormir ensemble. C’était une habitude dont ils n’avaient pu se débarrasser facilement. Puis, les années passèrent et ils faisaient chacun chambre à part. Ils ne vivaient plus ensemble, à présent. Parfois, la jeune fille regrettait de devoir dormir seule dans son lit. Elle ressentait parfois le besoin d’avoir une personne de confiance auprès d’elle afin de se sentir en sécurité. Elle se sentait toujours bien lorsqu’elle dormait dans les bras de Bobby. Le seul détail qui pouvait la gêner était la basse température que dégageait son corps. Encore là, ce n’était qu’un petit détail qui s’oubliait bien rapidement lorsqu’elle s’enroulait dans une couverture.
Cependant, bien qu’ils désiraient être ensemble et partager la même chambre, cette idée ne pouvait se réaliser avant leur majorité. Ils étaient encore jeunes, ils n’avaient pas le choix d’attendre d’être considérés comme des adultes. Pour l’instant, comme le disait Bobby, ils pouvaient toujours profiter du fait de ne pas avoir à partager leur dortoir avec qui que ce soit. Ainsi, elle pouvait passer davantage de temps dans sa chambre sans risquer que son frère ne débarque à l’improviste. Parfois, c’était bien utile. Et puis, la majorité du temps, c’était plutôt elle qui allait voir Will. Qu’elle soit dans une chambre ou une autre, ça ne changera pas grand-chose.


-« L’idée est alléchante. Il faudra que tu t’habitue à ma présence, dans ce cas. Si je passais autant de temps avec des gens, à l’extérieur, que seule dans ma chambre, je serais probablement la personne la plus sociable de l’univers. »

Erïka aimait bien rester cloîtrée dans son dortoir. C’était son lieu à elle. Il n’y avait personne d’autre pour partager cette pièce et c’était parfait ainsi. Elle ne dormait pas toujours, la nuit, elle se réveillait parfois en pleurs la nuit et elle n’avait pas envie de devoir se contenir sous prétexte qu’il y avait une autre personne. Ce qu’elle aimait de son dortoir était qu’elle n’avait pas à faire semblant. Elle était seule. Il n’y avait personne pour la voir s’effondrer, pleurer, paniquer alors qu’elle relâchait les émotions qu’elle dissimulait et accumulait durant des journées entières.

Avec Bobby, elle savait qu’elle pouvait se montrer telle qu’elle était vraiment. Elle se sentait tout simplement bien avec lui. Contrairement à lui, elle n’avait jamais été en couple auparavant. Cependant, une chose était certaine : elle ne souhaitait pas être en couple avec une autre personne que lui. Il était parfait, à ses yeux. Qualité comme défaut, elle aimait tout de lui. Elle ne voyait pas pourquoi il disait souhaiter être normal, un jour. Si on suivait la ligne des pensées des humains, une personne avec des pouvoirs ne serait jamais considérée comme normale. Aux yeux d’Erïka, les mutants étaient tout aussi normaux que n’importe qui. Ils étaient simplement différents et c’était cette différence qui les rendait uniques.


-« Normal ? Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Tu n’es pas normal. Tu es extraordinaire. Je ne vois pas pourquoi tu voudrais être normal. Je t’aime comme tu es. »

Parlait-il de son pouvoir ? Probablement. Certes, il n’avait pas que des avantages, mais la jeune fille ne voyait pas en quoi cela pourrait l’empêcher de l’aimer ou de vouloir se rapprocher de lui. Dans le pire des cas, que pourrait-il lui arriver ? Attraper une vilaine grippe ? Ce n’était pas très effrayant. Elle avait envie de passer du temps avec lui et n’allait pas s’en priver sous prétexte que son corps pourrait finir par tomber malade à force d’être collée à un véritable glaçon. Lorsqu’elle était en moto, elle ne se gênait pas pour l’enlacer et se coller contre lui. Lorsqu’elle marchait à ses côtés, dans la rue, dans les magasins, elle ne s’empêchait pas de serrer sa main dans la sienne. Elle était heureuse à ses côtés et elle tenait à lui. Si tel n’avait pas été le cas, elle ne se serait pas soucier de sa moto, qu’elle avait abîmée la veille. Elle ne serait pas venue au magasin avec lui afin de payer le matériel nécessaire à la réparation du véhicule. Elle avait beaucoup d’argent, autant qu’il serve à réparer ses fautes.

-« Si une banque tombe du ciel, évite de rester en-dessous. Je n’ai pas envie de te retrouver aussi plat qu’une crêpe. »

Elle avait envie de voyager avec Booby. Cependant, elle ne voulait pas attendre qu’il ait de l’argent. Elle voulait partir tout de suite. Elle était prête à tout payer s’il le fallait, mais elle voulait absolument quitter la ville pendant quelques jours. Elle voulait passer du temps seule avec lui. Ils n’avaient qu’à prendre la moto et rouler jusqu’à ce que la nuit tombe. Ensuite, ils ne leur resteraient plus qu’à trouver un hôtel, un motel, n’importe quel endroit pouvant les loger pour la nuit. Elle avait hâte de partir et ne pensait plus qu’à ça lorsqu’elle quitta le magasin.

Malgré tout, elle prit son mal en patience afin de bien réparer la moto. Elle faisait de son mieux afin de ne pas tâcher ou abîmer davantage le véhicule. Ses efforts portèrent leurs fruits. La moto était resplendissante. Personne ne pourrait croire qu’elle avait eu un accident il n’y a pas si longtemps. Ils avaient fait du bon boulot. Un jour, Bobby pourra en apprendre bien plus à la jeune fille afin qu’elle soit en mesure de réparer elle-même sa propre moto, lorsqu’elle en aura une. Il était très patient, bien plus qu’elle. Il avait tout un tas de qualités qui le désignaient comme un excellent professer. Puisqu’il s’y connaissait si bien en mécanique, pourquoi ne pourrait-il pas donner des cours aux élèves ? Il avait beau penser que Scott était bien plus qualifié que lui dans le domaine, elle n’était pas d’accord.


-« Scott ? C’est un douchebag qui ne sert à rien sauf donner des ordres. Sa tête ne me revient pas. Tu serais bien meilleur que lui, j’en suis sûre. Tu as ce qu’il faut pour être un excellent professeur. Peu importe le domaine. L’important est que tu fasses ce qui te plait. »

Erïka n’avait jamais vraiment aimé Scott. Ils n’étaient pas faits pour s’entendre, surtout avec le caractère explosif de l’adolescente. Elle évitait de s’approcher de lui et de lui adresser la parole, ça valait mieux ainsi. Elle savait que Bobby, contrairement à elle, s’entendait bien avec le X-Men. Elles les avaient déjà vu à quelques reprises ensemble, près du garage, probablement en train de discuter de mécanique. Peu importe ce que son petit ami pourrait lui dire, elle gardera toujours la même opinion de Scott, jusqu’à ce que ce dernier lui démontre qu’elle se trompait. Pour l’instant, elle préférait ne pas avoir à le côtoyer. Elle n’allait pas empêcher Bobby de le voir pour autant. Il pouvait bien avoir les amis qu’elle voulait et elle respectera toujours cela.

S’ils voulaient partir aujourd’hui, les adolescents devaient aller préparer ses affaires. La jeune fille monta à sa chambre afin de se changer. Elle retira son débardeur et enfila une chemise un peu grande pour elle, mais qu’elle trouvait confortable malgré tout. Cela sembla attirer Bobby qui vint presque aussitôt l’enlacer. Finalement, le voyage pouvait attendre un peu. Ils étaient seuls, rien que tous les deux, et il y avait un lit bien moelleux à proximité. La jeune fille désirait son petit ami depuis longtemps. Elle avait pris certaines précautions en vue de ce moment. Qui sait quand ils auraient eu envie de se sauter dessus ? Elle avait assez problèmes dans sa vie, elle n’avait pas envie de se retrouver enceinte en prime. Quoi qu’il en soit, Erïka profitait de ce moment d’intimité avec son petit ami, glissant ses mains sous son chandail, caressant doucement sa peau glacée. Elle le lui aurait bien retiré, mais la sonnerie de son téléphone l’interrompit.

Plutôt que d’ignorer le téléphone, la jeune fille quitta le lit et alla chercher son petit appareil. Elle découvrit qu’elle avait manqué un appel de son frère. Eh bien, puisqu’il les avait déranger, Erïka allait reprendre les préparatifs pour leur voyage. Elle ramassa quelques affaires et les jeta dans son sac avant de venir se coucher auprès de Bobby. Il n’avait pas bougé de sa place depuis qu’elle avait quitté le lit. À voir sa tête, il devait être tout aussi déçu qu’elle que ce moment ait été ainsi coupé.

L’adolescente lui avait promis de lui expliquer certaines choses. Puisqu’il semblait intrigué par ce qu’elle lui avait dit au sujet de sa situation financière, elle lui révéla certaines choses. Elle n’avait pas besoin de tout lui raconter en détail. L’important suffisait. Ainsi, il comprendra qu’elle n’avait aucun problème à dépenser un peu d’argent le temps d’un petit voyage. Son compte bancaire de ressentira rien. Sa relation avec Bobby ne changera pas, non plus. Elle avait de l’argent, puis après ? Il tenait tout de même à payer les dépenses du voyage avec elle. Par contre, il avait d’autres questions à lui poser au sujet de ce qu’elle venait de lui révéler, mais préférait s’abstenir pour le moment. Il devait passer prendre quelques affaires à sa chambre avant de la rejoindre au garage.

Une fois prêt, ils quittèrent l’institut. Erïka resta silencieuse, se contenta d’observer le paysage qui défilait devant ses yeux. De temps à autre, elle ouvrait la bouche pour dire quelque chose. Elle n’était pas tout à fait habituée à avoir un écouteur dans son casque. Il lui arrivait parfois de sursauter lorsqu’elle entendait la voix de Bobby. Ce dernier s’assurait toujours qu’elle allait bien, surtout lorsqu’il se mettait à accélérer sur les routes désertes. Elle lui expliqua qu’elle n’était pas encore très à l’aise avec vitesse, ayant toujours peur de déraper et se blesser. C’était sans parler des autres conducteurs qu’elle pouvait croiser sur la route et en qui elle n’avait pas confiance. Cependant, Bobby était plus expérimenté qu’elle. Il savait ce qu’il faisait.

La jeune fille commençait à avoir faim. Elle proposa à Bobby de s’arrêter dans la prochaine ville qu’ils croiseront afin de manger un morceau. Ils parcouraient actuellement une route traversant la forêt. Erïka avait toujours été à l’aise dans ce genre d’environnement. Elle savait comment survivre dans les bois. S’il devait lui arriver un accident en bordure d’une forêt, elle n’aurait aucun mal à s’y réfugier le temps de trouver de l’aide. Si elle était poursuivie, elle savait comment avoir l’avantage sur l’ennemi. Avec son ouïe, elle avait un atout de plus en poche.


-« Je te fais confiance. Dis-moi, tu es à l’aise en forêt ? Parfois je regarde tous ces arbres… autant ils peuvent te permettre de te cacher, de fuir, de t’aider à survivre. Autant ils ne font que cacher des choses horribles, comme si rien n’était. »

Elle continuait de fixer la forêt. La jeune fille se souvenait d’avoir été en voiture avec sa mère et son frère, une fois. C'était le nouveau copain de sa génitrice qui était au volant. Erïka ne lui avait jamais fait confiance. Ils avaient roulés longtemps en bordure d’une forêt. Puis, ils avaient emprunté un long chemin à travers celle-ci pour y découvrir le nouvel enfer qui les attendait. L’espace d’un instant, elle ferma les yeux et chercha à oublier cela. Ce n’était pas le moment de ressasser de mauvais souvenirs.
Une fois la moto garée dans une petite ville dont Erïka ne connaissait le nom, elle quitta le véhicule afin de se dégourdir les jambes. Elle trouva un petit restaurant qui lui avait l’air bien sympathique, tout près d’eux. Tenant la main de son petit ami dans la sienne, la jeune fille s’installa dans le fond de la salle. Il n’y avait que quelques clients ramassant leurs affaires avant de quitter l’endroit. Ils étaient maintenant seuls, l’ambiance était assez détendue. Retirant son blouson et le posant sur ses affaires, à côté d’elle, l’adolescente demanda à Bobby où ils étaient exactement. Afin de bien lui expliquer, il extirpa une carte de son blouson et la posa sur la table. Il lui expliqua clairement le chemin qu’ils avaient parcouru jusqu’à présent, puis la direction qu’ils allaient prendre par la suite. Lorsqu’elle sera au volant de la moto, elle pourra prendre la direction qu’elle souhaitait.


-« Tu crois que l’on pourrait atteindre Newport avant la tombée de la nuit ? On pourrait s’y arrêter et louer une chambre d’hôtel. Le lendemain, on pourrait sortir déjeuner et visiter un peu. Ensuite, on reprend la route. Qu’en penses-tu ? »

La jeune fille délaissa la carte afin de jeter un rapide coup d’œil au menu. Elle repéra assez rapidement le plat qu’elle voulait prendre. Elle n’avait pas envie de se casser la tête sur le choix de son repas. Lorsque la serveuse vint prendre leur commande, Erïka commanda une salade, tout ce qu’il y avait de plus simple. Cela lui suffirait pour l’instant. Puisqu’il n’y avait personne dans le restaurant, Bobby en profita pour questionner la jeune fille au sujet de son père. Il voulait en savoir plus, c’était normal. Il n’y avait rien de plus humain que la curiosité. Silencieuse, elle se remémorait la rencontre avec son père. Lorsqu’elle leva les yeux vers Bobby, quelques instants plus tard, elle était prête à répondre à ses questions.

-« Je n’ai jamais connu mon père… Je n’avais jamais vraiment cherché à le connaitre lorsque j’étais gamine. Mon grand-père s’occupait de moi comme si j’étais sa propre fille et cela me suffisait. Lorsqu’il est mort de maladie, un cancer je crois, ça a été très dur. Enfin… quelques années plus tard, mon frère et moi on a tenté de retrouver notre père. C’était pas si simple que ça, il n’habitait pas sur le même continent que nous. Ma grand-mère nous a aidés. Grâce à elle, on en a appris davantage sur lui. On avait qu’un nom, un métier, mais cela nous suffisait. Cependant, on a fini par cesser les recherches, on avait chacun notre vie. On était loin de se douter que notre père connaissait notre existence. Depuis des années, ma grand-mère était en contact avec lui. Elle voulait qu’il prenne ses responsabilités et tente de nous rencontrer. Apparemment que ce n’était pas si simple que ça… Il a une vie en Russie. Il est haut gradé dans l’armée, il est l’héritier d’une grande compagnie d’armement. Il a une femme, une fille… Mais finalement, il a décidé de nous rencontrer, de faire partie de nos vies. Il y a quelques semaines, je suis allée chez ma grand-mère. C’est là que je l’ai rencontré, sans même m’y attendre. Autant dire qu’il a un aussi fort caractère que moi. Ce n’était pas la joie. J’ai encore du mal à comprendre pourquoi il a été absent si longtemps. Il n’était pas au courant de notre existence, au début, mais après… il a attendu si longtemps avant de nous rencontrer. Je ne sais pas encore si je veux qu’il fasse partie de ma vie. J’avais fini par m’y faire. Maintenant, j’apprends que j’ai un père et une sœur. C’est encore difficile à réaliser. Il a débloqué un compte bancaire dans lequel il avait placé de l’argent pour mon frère et moi… mais ça ne changera rien à son absence. Alexïs peut maintenant lâcher son boulot et payer entièrement ses études en médecine, c’est déjà ça. Il voulait payer mes études, à moi aussi, mais ce n’est pas comme si ça coutait quelque chose d’étudier à l’institut. Je n’en ai rien à faire de son argent. »

Alors qu’elle parlait, elle avait pris les mains de Bobby dans les siennes. Elle était contente qu’il soit là, devant elle, à l’écouter sagement. Cependant, elle dû lâcher ses mains lorsque les repas furent servit. Aussitôt, elle commença à manger, devant soudainement muette. Il y avait tant de choses à dire encore. Par contre, il y a certains souvenirs qui étaient toujours aussi douloureux et le resteront à jamais. L’adolescente avait pratiquement terminé son plat alors qu’elle ne l’avait devant elle depuis quelques minutes seulement. Soit les plats de salades étaient vraiment petits, soit elle avait mangé à la vitesse de l’éclair. Elle leva les yeux vers Bobby et attrapa sa main, la serrant doucement dans la sienne. Elle le fixa pendant de longues secondes sans rien dire avant d’ouvrir la bouche.

-« Je t’ai dit, ce matin, que tu avais beaucoup de choses à apprendre sur moi. En voici une autre. Je m’appelle Kathleen. »

La seule personne qui l’appelait encore Kathleen, aujourd’hui, était le professeur Xavier. C’était sous ce nom qu’il l’avait connu et c’était ainsi qu’il l’appelait lorsqu’il n’était qu’avec elle. À chaque fois, cela faisait tout drôle à l’adolescente. Elle n’avait pas l’impression qu’il s’adressait à elle lorsqu’il la nommait ainsi. C’était comme s’il parlait d’une autre personne. Pourtant, c’était ainsi qu’elle se nommait réellement. Depuis qu’elle avait changé de nom, tout le monde l’appelait Erïka et cela lui convenait parfaitement bien. Très peu de gens connaissait sa réelle identité. Pourtant, cela ne changeait rien à ce qu’elle était, à présent. Peu importe qui elle avait été, comment elle avait pu se nommer, elle restait toujours Erïka Davidoff.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Jeu 21 Mar 2013 - 13:19

Bobby ne voyait pas en quoi la présence d'Erïka, aussi longue soit elle, le dérangerait si jamais ils venaient à emménager ensemble. Au début de leur relation, ils ne se voyaient que de temps à autre, chacun vaquant à ses occupations de son côté, ne partageant au final que quelques moments ensemble. Mais plus le temps passait et plus ils se fréquentaient. Bobby se réjouissait d'ailleurs à l'idée de cohabiter avec sa petite amie plutôt que de faire chambre à part. Pour une fois que quelqu'un ne fuyait pas sa présence et l'aimait réellement en retour, il ne voulait pas qu'un fossé se creuse entre eux. Dommage pour eux, les chambres mixtes étaient réservées aux adultes. Cependant, rien ne les empêchait d'occuper le dortoir de l'un ou de l'autre puisque aucun des deux n'avait de colocataire. Et puis il fallait voir le bon côté des choses, au moins la chambre était grande.

- Je ne veux pas t'imposer la mienne, si tu as envie d'être seule, tu peux bien l'être. Mais sache que ma porte t'es toujours ouverte, tu peux venir n'importe quand. Parfois je passe devant ta porte mais je n'ose pas m'arrêter parce que je ne veux pas te déranger. Je sais que tu aimes bien t'isoler parfois alors je ne voudrais pas briser ton cocon. Mais en ce qui me concerne, ta présence ne me dérange pas le moins du monde, bien au contraire.

Cependant, il ne pensait pas qu'elle supporterait sa température très longtemps. Cela faisait de longs mois qu'ils étaient ensemble et tout allait pour le mieux mais Bobby ne savait pas si les choses n'allaient pas évoluer. Il avait tendance à voir le plus négatif en premier, ce qui ne lui facilitait pas toujours les choses. Il se demandait si sa mutation n'allait pas empirer, le rendant plus froid au fil du temps. Pour le moment, il gérait plus ou moins le froid qu'il dégageait mais si jamais il en perdait le contrôle, plus personne ne l'approcherait, pas même Erïka. Il regrettait donc de ne pas être normal de ce point de vue là et ne pu s'empêcher de le dire à haute voix. Sa petite amie réagit presque au quart de tour, lui demandant d'où sortait cette connerie. Elle confirmait qu'il n'était pas normal et ça il le savait très bien, il était mutant après tout. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle dise qu'il était extraordinaire et qu'elle l'aimait comme il était. Bobby voulu répliquer qu'il était possible que les choses évoluent et qu'elle ne le voit plus de la sorte mais préféra se taire. Il avait la chance d'avoir la meilleure des petites amies, il aurait été idiot de tout gâcher, d'autant plus que son compliment le touchait vraiment.

- A croire que tu m'as déteins dessus. J'ai beaucoup de chance de t'avoir, Erïka. Merci d'être comme tu es.

Il lui sourit puis l'embrassa avant de poursuivre leurs achats dans le magasin spécialisé pour les motos. Bobby faisait attention au montant qu'il dépensait, n'ayant plus énormément d'argent sur son compte à cause de sa récente dépense. Il voulait malgré tout acheter des pneus, jugeant que c'était une nécessité, visant la sécurité de son bolide. Il n'aurait qu'à se trouver un petit boulot pour se refaire un peu d'argent et le tour serait joué. Erïka quant à elle, ne semblait pas avoir de problèmes financiers. D'après ce qu'elle disait, une grosse somme d'argent lui était tombée du ciel et facilitait donc son train de vie, bien que vivre à l'institut Xavier évitait de faire beaucoup de dépenses. Bobby plaisantait à ce sujet, se demandant d'où venait tout cet argent mais préférant ne pas lui demander. Elle lui souhaitait néanmoins qu'une véritable banque ne lui tombe pas dessus sous peine de finir comme une crêpe.

- Je finirais plutôt en glace pillée je crois. Mais tu as raison, c'est risqué. Prendre un petit boulot, c'est tout de même moins dangereux et il y a plus de chances que ça m'arrive.

Ils avaient parlé voyage et Bobby n'était pas contre cette idée. Partir quelques jours était une bonne chose et cela leur permettrait de tester la moto dès qu'elle serait réparée. Sans plus tarder et une fois leurs achats effectués, ils rentrèrent à l'institut et se mirent à faire les réparations. Le travail allait plutôt vite à deux et il était même mieux fait que si une seule personne s'y était attelée. Erïka fit remarquer que Bobby était un bon professeur mais le mutant lui retourna le compliment via une phrase en français. La jeune femme voulait devenir professeur et Bobby n'était pas contre l'idée non plus, même si il se voyait plutôt enseigner les sciences que la mécanique. Non pas que l'idée ne lui plaisait pas mais il estimait que Scott était bien plus qualifié que lui et que les cours de mécanique ne passionneraient pas forcément les foules. Mais cette constatation n'était pas du tout partagée par Erïka qui traita même Scott de douchebag. Bobby haussa les sourcils. Elle ne s'entendait pas avec lui ? C'était son droit après tout, on ne pouvait aimer tout le monde mais le mutant de glace ne su pas trop quoi répondre sur le coup, étant ami avec Scott. Il comprenait cependant que tout le monde ne l'apprécie pas car il était assez strict sur le règlement et n'était pas toujours des plus ouverts.

- Ce n'est pas toujours évident d'être leader. Je ne suis pas sûr d'être meilleur que lui si j'étais à sa place. Mais en ce qui concerne les cours, le meilleur moyen de le savoir c'est encore d'essayer. Merci pour ta confiance en tout cas, c'est toujours bon de savoir qu'une personne nous estime, surtout lorsqu'il s'agit de la personne qu'on aime. De toute façon, j'aime bien les sciences aussi. Et puis, du moment que mon futur travail me permet de rester à tes côtés, je ne suis pas bien exigeant.

Le haut d'Erïka étant tâché et puisque de toute façon ils devaient monter pour préparer leurs affaires pour le voyage, le couple rejoignit la chambre de la jeune femme. Mais tandis qu'elle se changeait, Bobby ne la quittait pas des yeux et plutôt que de rester simple spectateur, il vint la prendre dans ses bras. Il avait envie d'elle mais n'avait jamais agit dans ce sens, la laissant prendre le temps qu'elle désirait. Plutôt que de le repousser, elle en fit davantage, laissant tomber la chemise qu'elle venait d'enfiler avant de se laisser tomber sur son lit avec lui. Bobby n'avait pas besoin de plus, il se laissa aller à ses envies mais cet instant ne fut que de courte durée. Le téléphone vint les interrompre, brisant ce moment et laissant le mutant quelque peu déçu que les choses aient si vite cessées. Restant allongé sur le lit dans sa position initiale, il attendit qu'Erïka termine de préparer son sac. Bientôt, il devrait aller faire de même mais pour le moment il n'avait juste pas envie de bouger.

Peu après, Erïka vint s'allonger contre lui. Il la prit dans ses bras mais ne chercha pas à développer les choses, conscient que le bon moment était déjà de toute façon passé. Tant pis, cela attendrait une autre fois, ce n'était pas comme si ils avaient un ultimatum. La jeune femme profita de ce petit moment de détente pour révéler certaines choses à son sujet. Il était question de rencontre avec son père mais également de la richesse de celui ci. Etant l'une de ses héritières, elle avait donc reçu une belle somme d'argent. Ces révélations étonnèrent Bobby mais il ne posa aucune question. Ce n'était pas le moment et il aurait l'occasion de revenir dessus plus tard. Si ils voulaient partir, mieux valait qu'il le fasse rapidement afin d'en profiter le plus possible.

A son tour, il rejoignit sa chambre et prit simplement ce dont il avait besoin, c'est à dire pas grand chose. Objets en poche, il retourna au garage vêtu de son blouson de moto et une fois qu'Erïka fut prête, ils purent se mettre en route. C'était lui qui conduisait le premier puisque Erïka avait déjà fait l'aller retour jusqu'à New York. Un peu de repos ne lui ferait donc pas de mal. Bobby était à l'aise pour conduire sur de longues distances sans se fatiguer mais ce n'était pas forcément le cas de tout le monde, surtout que piloter avec deux personnes sur le véhicule se révélait plus pesant. Profitant du système d'oreillettes qui leur permettait de communiquer, il lui expliqua ce qu'il avait en tête pour la suite du programme. Il lui demandait également son avis en ce qui concernait sa conduite car tout le monde n'aimait pas la vitesse comme lui. Sentant sa petite amie un peu crispée, il prit une vitesse plus ordinaire et adapta sa conduite pour qu'elle se sente mieux. Erïka lui posa une question en rapport avec le décor qui les entourait. Mais ce qu'elle disait résonnait étrangement, comme si il y avait un sens caché à tout ça. Cela sentait étrangement le vécu mais Bobby ignorait à quoi elle faisait référence. A vrai dire, la jeune femme parlait assez peu d'elle et encore moins de son passé. Bobby était curieux mais il ne voulait pas non plus la forcer à devoir faire face à son passé en lui posant une question à ce sujet. Il se contenta donc de poser une question plus lambda.

- Je vais assez peu en forêt mais je n'ai pas d’appréhension particulière, j'aime bien, c'est plutôt calme, ça me détend. Tu vas souvent en forêt ?

La moto poursuivit son chemin et les amena à bon port peu après. Ils venaient de rejoindre la civilisation et plus particulièrement une ville où ils pourraient s'arrêter pour manger un peu et se dégourdir les jambes avant de reprendre la route. Rien ne pressait, ce n'était pas comme si ils étaient attendus quelque part. Bobby gara le véhicule et se rendit au restaurant qu'ils avaient repéré en compagnie d'Erïka, pas mécontent de pouvoir marcher un peu. Ils avaient déjà fait plusieurs heures de route et ils en avaient encore beaucoup selon l'endroit qu'ils souhaitaient atteindre. Puisque la russe demandait où ils se trouvaient, Bobby en profita pour sortir une carte et lui indiquer où ils étaient pour le moment, lui donnant les diverses routes qu'ils pourraient emprunter par la suite. Elle avait le choix, il lui laissait les rennes à son tour. Erïka proposa donc un certain trajet que Bobby analysa pour essayer d'estimer combien de temps il leur faudrait.

- Mmh... Oui, on peut atteindre Newport avant que la nuit ne tombe mais ça va dépendre de la circulation sur le grand axe. Par chance, on a une moto, ça facilite notre passage mais il est possible qu'on ait un peu de retard. Au pire, il y a des motels sur le bord de la route et on atteindra Newport demain pour pouvoir visiter. Mais si la route est dégagée, on y sera bien avant la tombée de la nuit.

Bobby rangea la carte une fois qu'ils furent décidés et s'empara du menu à nouveau pour voir ce qu'il allait manger. Une serveuse passa peu après et il lui demanda le plat du jour, ne voulant pas se casser la tête et n'étant pas difficile en ce qui concernait la nourriture. Lorsque la serveuse repartie, Bobby en profita pour poser une question à sa petite amie à propos de son fameux père. Il n'y avait pas grand monde dans le restaurant, leur permettant ainsi de parler en toute tranquillité. Mais ce n'était pas forcément le meilleur endroit pour parler de ça. Cependant, Bobby ignorait à quel point ce sujet était sensible. Il ne le comprit qu'une fois qu'Erïka prit la parole.

On pouvait dire une chose, l'histoire de famille de la jeune femme était tout sauf simple. Jusqu'à présent, elle n'avait pas connu son père bien qu'elle avait fait des recherches pour trouver de qui il s'agissait. La distance ne facilitait pas les choses et au final, la jeune femme et son frère jumeau avaient abandonné. Sans doute pensaient ils ne pas avoir besoin d'une personne qui n'avait jamais été présente. Malgré ça, les jumeaux n'avaient jamais été seuls, élevés par leurs grands parents, ce qui intrigua Bobby. La grand-mère, le grand-père, le père... Et la mère dans tout ça ? Pas une seule fois elle n'avait été évoquée dans l'explication d'Erïka. Peut-être était elle morte ou bien la jeune femme ne s'entendait pas bien avec. Ne sachant pas à quel point il était dans l'erreur, le mutant préféra demander, s'intéressant à la vie de celle qu'il aimait. Il voulait en savoir plus sur elle afin de mieux partager ses joies et ses peines. Le passé appartenait au passé mais il était ce qui formait les gens, les façonnant pour les faire devenir eux.

Jusqu'à présent, Bobby écoutait sagement Erïka, ne l'interrompant pas avec d'éventuelles questions, se contentant de serrer ses mains dans les siennes pour lui témoigner son soutien. Il avait de nombreuses questions mais ne pu les poser car la serveuse revint avec leurs commandes. Il ne désirait pas qu'une personne extérieure entende ce qu'ils se disaient, cette conversation étant trop personnelle. Puisque Erïka commença à manger, Bobby fit de même, préférant la laisser manger à son aise plutôt que de la harceler de questions existentielles. Bobby n'en était qu'à la moitié de son plat lorsqu'il sentit la main de sa petite amie sur la sienne. Aussitôt, il leva les yeux vers elle, une lueur d'interrogation dans le regard. Elle restait silencieuse mais finit par parler, révélant quelque chose de réellement inattendu. Elle disait s'appeler Kathleen. Ainsi donc, Erïka n'était pas son vrai prénom ? Mais pourquoi avoir changé ? Tout le monde l'appelait Erïka et Bobby ne voyait pas de rapport possible entre les deux prénoms. Elle avait effectivement beaucoup de choses à cacher apparemment. Le mutant était surpris mais pour lui, cela ne changeait rien.

- Que tu sois Erïka ou Kathleen, pour moi tu restes celle que j'aime, peu importe la façon dont on te nomme. Je suppose que tu as tes raisons pour avoir changé et je t'avoue que ça m'intrigue. Mais je sais aussi qu'on préfère parfois laisser le passé où il est alors... si tu ne veux pas aller plus loin, restons en là. Merci d'être sincère avec moi en tout cas, je suis content d'apprendre à mieux te connaitre petit à petit. Mais malgré ce que je découvre, rien ne change et rien ne changera. Je t'aime pour ce que tu es à présent et peu importe ce qui a pu se passer avant.

Il attira sa main vers lui et déposa un baiser dessus avant de lui sourire. Malgré son discours il avait tout de même des questions. Mais rien n'obligeait Erïka à y répondre, c'était à elle de juger ce qu'il avait besoin de savoir ou non.

- Je ne t'ai rien demandé jusqu'à présent parce que je ne voulais pas que tu te sentes forcée de le faire. Ca ne veut pas dire que ta vie ne m'intéresse pas, bien au contraire. Juste que je respecte le fait que tu puisses avec des petits secrets, je ne vais pas t'en vouloir pour ça, on a rien signé après tout. Ta vie m'a l'air d'avoir été bien compliquée et pas toujours très facile non plus. J'ai un peu de mal à comprendre pourquoi ton père a fait le mort pendant tout ce temps alors qu'il avait la possibilité de vous rencontrer toi et ton frère. C'est vrai que jusque là, vous vous en êtes très bien sorti sans lui alors on ne va pas dire qu'il est indispensable... Mais c'est une chance de pouvoir l'avoir malgré tout, tout le monde ne l'a pas. Après, il n'y a que toi pour savoir si oui ou non tu l'acceptes dans ta vie actuelle. Tu le sauras sans doute avec le temps, laisse lui une chance. Mais c'est vrai que l'argent ne remplacera en rien son absence. C'est bien que cette découverte ne te change pas. Tu as pu voir ta soeur alors ? Elle est comment ? Et... en ce qui concerne ta mère ? Tu n'en as pas parlé, tu ne la connais pas elle non plus ?
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Sam 23 Mar 2013 - 3:52

[H-RP: J'étais un peu... beaucoup... supermégagiga inspirée ^^'' J'ai pas vu les mots passer alors excuse moi à l'avance pour ce monstre de pavé. ]

"Our eyes close the candle burns away,
But I know the fire still remains
This love is all we need
We fit together perfectly,
I fall, you and I collide"


L’être humain est, en soi, une créature envahie de contradiction. Erïka n’échappait pas à la règle. Il était difficile de la cerner totalement. Tantôt elle était joyeuse et souriante, tantôt elle désirait frapper tout ce qui se mettait à travers son chemin. Il était impossible de ne pas commettre un seul faux pas avec elle. Il fallait s’y faire et savoir s’adapter à son caractère assez changeant. Bobby ne la voyait pas à tous les jours, mais savait apprécier sa présence lorsqu’il se trouvait avec elle. En sera-t-il de même s’il aménageait dans la même chambre ? La cohabitation sera peut-être simple au début, mais la jeune fille était si imprévisible… La supportera-t-il ? Pour se faire, il faudrait peut-être qu’elle l’aide à mieux la comprendre. Après tout, il y avait bien des choses qu’il ignorait à son sujet.
Par contre, il avait appris bien des choses sr elle, au cours des derniers mois. Il savait qu’elle était indépendante et ne voulait pas s’imposer auprès d’elle alors qu’elle désirait peut-être un peu de solitude. Il était si gentil et si accommodant avec elle. Il faisait tout pour ne pas l’embêter ou la déranger. Il ne voulait pas l’étouffer. En effet, elle avait parfois besoin de se retrouver seule. Autre que sa chambre, elle avait quelques lieux de prédilection où elle s’isolait. Si elle ne voulait pas parler à qui que ce soit, elle ne se gênait pas pour le faire savoir. Elle ne voulait pas que Bobby se prive de lui rendre une petite visite surprise à sa chambre en craignant de la déranger. Elle était toujours heureuse de le voir. S’il advenait qu’elle souhaitait être seule, elle le lui ferait savoir, tout simplement. Il pouvait compter sur elle pour être franche.


-« À ce que je sache, je ne me gêne pas pour me glisser dans ta chambre lorsque j’en ai envie, même si c’est au milieu de la nuit. N’ai pas peur de venir me voir quand tu en as envie, le jour comme la nuit. Je fais de l’insomnie alors ta présence est toujours la bienvenue. Si j’ai envie d’être seule, je te le dirais, tout simplement. »

Parfois, certaines choses méritaient d’être éclaircies afin que tout aille en s’améliorant. Impossible de prévoir l’attitude ou même l’état d’esprit d’Erïka avant de franchir la porte de sa chambre. Ce n’était qu’à cédant à ses envies de passer la voir qu’il pourra découvrir s’il avait bien fait ou non de le faire. Il n’y avait pas de raisons pour que la jeune fille le repousse ou l’envoie balader, il n’avait pas à s’en faire avec cela. Il était l’une des rares personnes dont elle recherchait la présence. L’une des seules qui arrivait à la rendre heureuse, à la réconforter, à faire en sorte qu’elle se sente tout simplement bien et en sécurité. Elle l’aimait comme il était et ne voulait pas que cela change. Il affirmait qu’il aimerait bien qu’il soit normal, mais l’adolescente ne voyait pas les choses de cet œil. Pourquoi vouloir être comme tout le monde alors qu’il était bien plus que cela ? Elle n’avait pas envie de le voir changer.

-« Ne dis plus jamais que tu veux être normal, en ma présence, d’accord ? Être normal ce serait être comme tout le monde… mais tu vaux bien plus que ça. Et puis c’est moi qui aie de la chance de t’avoir !

Elle avait énormément de chance d’avoir quelqu’un comme lui à ses côtés. Il était si patient, si compréhensif envers elle. Comment faisait-il pour la supporter ? Il devait avoir un don caché dont il ne lui avait toujours pas révélé l’existence. Parlant de don, il en avait également un pour enseigner. Erïka n’aurait jamais cru être en mesure de comprendre quoi que ce soit aux véhicules et à la mécanique. Pourtant, il lui avait appris à conduire sa moto, il lui avait enseigné quelques petits trucs pour s’en occuper, comment faire le plein d’essence, ce genre de chose. Elle était un bon professeur. En regardant cette magnifique moto qu’ils venaient de réparer, donnant ainsi l’impression qu’elle était pratiquement neuve, elle n’avait aucun doute sur le fait qu’il pourrait faire partager ses connaissances à d’autres étudiants. Encore fallait-il que l’idée soit intéressante pour ces derniers. Il avait encore le temps de réfléchir à tout cela. Peut-être enseignera-t-il les sciences, une autre matière dans laquelle il excellait. Il était tout le contraire d’elle au niveau académique. Il avait de la facilité avec ce qui était logique et concret comme les sciences, les mathématiques, alors qu’elle excellait dans l’apprentissage de nouvelles langues et n’avait aucun mal avec tout ce qui demandait un sens artistique et créatif.

Avant de penser à une carrière dans l’enseignement, elle devait tout d’abord songer à terminer ses études. Ensuite, elle aura peut-être la possibilité de donner des cours, ne serait-ce que pour aider les élèves en difficultés hors des heures de classe, lorsqu’elle aura atteint sa majorité. Elle en parlera au professeur Xavier, question de se renseigner un peu sur ce qu’elle pourrait faire à l’institut une fois sa scolarité terminée. Il y avait déjà bon nombre de professeurs, dont certains qu’elle n’aimait pas particulièrement. Scott Summers faisait partie de ces personnes. Elle n’avait jamais pu le supporter et elle était persuadée qu’il en était de même de son côté. Elle lui avait toujours tenu tête, elle n’aimait pas sa façon de diriger les gens. Cela n’avait jamais vraiment aidé à la bonne entente. Par contre, Bobby, lui, ne semblait pas le détester. Elle les avait déjà vus ensemble à quelques reprises, surtout près du garage à retaper leurs véhicules respectifs. Qui sait, peut-être devra-t-elle faire des efforts pour le supporter, à l’avenir, s’il advenait qu’elle se trouve dans la même pièce que lui et son petit ami. Elle pouvait également quitter la pièce en question, cela évitera bien des disputes. La jeune fille s’était peut-être adoucie avec le temps, mais cela ne changeait rien au fait qu’elle ne l’aimait pas.


-« Être leader c’est peut-être pas facile, mais ce n’est pas une raison pour être chiant avec tout le monde. Au moins, toi tu sembles bien t’entendre avec lui. En même temps, qui ne pourrait pas t’apprécier ? Tu es doux, calme, patient, ouvert… Tu as ce qu’il faut pour t’entendre avec tout le monde, contrairement à moi. De toute façon, ce n’est pas comme si je cherchais à être apprécier par les autres… Je veux seulement vivre ma vie et faire ce que j’aime sans que l’on me fasse chier. Même si ça ne parait pas vraiment, l’enseignement est quelque chose qui me plait. Je ne compte pas quitter l’institut, j’aimerais rester ici et aider les étudiants comme Emma Frost a su m’aider. Si tu restes ici, toi aussi, je serais la plus heureuse de toutes les femmes de ce monde. »

Bien qu’elle adorait l’institut, Erïka avait également soif de voyages et de découvertes. Elle avait envie de filer sur les routes et de se laisser porter par son instinct, suivant les chemins qui s’offrait à elle. Elle voulait découvrir ce pays dans lequel elle vivait depuis si longtemps. Elle voulait également parcourir le monde, mais cela n’était pas pour tout de suite. Pour l’instant, elle allait se contenter de ce voyage sur les routes de la région, en compagnie de Bobby. Elle était très emballée par l’idée et avait déjà hâte de quitter l’institut. Avant tout, elle devait passer à sa chambre afin de changer de débardeur. Il était couvert de peinture. Une fois dans la pièce, elle fouilla sa commode à la recherche de quelque chose à mettre. Elle opta finalement pour une chemise appartenant à son petit ami, mais ne la conserva pas longtemps sur elle. En fait, elle n’aurait probablement plus de vêtement à l’heure qu’il est si le couple n’avait pas été interrompu par le téléphone d’Erïka.

Ils auront d’autres occasions d’être un peu plus intimes. Pour l’instant, il était temps de partir, de profiter du beau temps qui rendait les routes bien plus praticables que la veille. L’adolescente s’installa derrière son petit ami et passa ses bras autour de sa taille. Elle se laissa transporter, observant le paysage déroulant devant ses yeux. Elle se laissait portée par ses pensées, ne réalisant pas avant un moment qu’elle avait la possibilité de parler à Bobby grâce au micro qu’il lui avait prêté. Lorsqu’elle entendit sa voix, elle sursauta légèrement. Elle avait toujours eu un peu peur de la vitesse, surtout à moto. Elle était heureuse que son petit ami prenne soin de réduire sa vitesse afin qu’elle se sente plus à l’aise.

Le véhicule longeait une forêt, ce qui rappelait à la fois de bons et de mauvais souvenirs à l’adolescente. Les bons souvenirs pouvaient se résumer à de petits moments en solitaire où elle marchait dans le boisé près de l’institut jusqu’à trouver un arbre dans lequel elle pouvait grimper et s’y installer. Il y avait également des événements inattendus, comme sa partie de chasse de la veille en compagnie de Chaton. Par contre, lorsqu’elle se retrouvait face à une forêt dense et inquiétante, elle ne pouvait s’empêcher de ressasser le passé.
Si Bobby appréciait également les balades en forêt, cela pourrait leur donner une occasion de passer du temps ensemble à simplement marcher et discuter. Ce n’était pas toujours facile d’avancer dans la neige, mais ce sera toujours mieux que de se sentir écrasée par la chaleur d’un soleil d’été.


-« Quand je veux être seule, je vais dans le boisé près de l’institut. Il n’y a personne, je m’y sens en sécurité.  Je peux rester des heures assise dans un arbre à simplement profiter du calme, de la nature…  Si tu veux, on pourrait aller faire une balade quand on en aura envie. »

Lorsqu’ils s’éloignèrent de la forêt afin d’entrer en ville, la jeune fille tenta de repérer un petit restaurant où ils pourraient s’installer et manger tranquillement. Une fois garés à proximité, le couple s’installa dans l’établissement. Il n’y avait pratiquement personne, ce qui convenait parfaitement à Erïka. Elle savait que son petit ami avait de nombreuses questions à lui poser. Elle était prête à y répondre. Elle souhaitait qu’il en sache davantage sur elle, sur sa vie, sur celle qu’elle avait été auparavant. C’était l’une des plus grandes preuves de sa confiance. La première fois qu’elle avait parlée d’elle, ce fut au professeur Xavier. Jamais elle ne s’était sentie aussi libérée, par la suite. Elle avait gardé tant de choses pour elle et ne demandait qu’à tout extériorisé de la bonne façon. Encore aujourd’hui, quand quelque chose n’allait pas, elle pouvait toujours demander conseil au professeur. Il avait été d’un grand soutient et l’avait aidé à contrôler son agressivité, son impulsivités et à mieux gérer ses dons. De temps à autre, lorsqu’elle le croisait dans le couloir de l’institut, elle allait à sa rencontre et prenait de ses nouvelles. Elle lui racontait également ce qui se passait dans sa vie, comme la récente rencontre avec son père. Le professeur Xavier était toujours prêt à l’écouter. Il lui avait offert une vie qu’elle n’aurait jamais espéré avoir et elle lui sera toujours reconnaissante pour tout ce qu’il avait fait pour elle.

En William, elle avait trouvé un véritable confident. Il était l’une des rares personnes à réellement la comprendre. Il savait ce qu’elle avait vécu de par ce qu’elle lui avait raconté. Il savait à quel point elle était fragile et manquait de confiance en elle-même si elle faisait tout pour ne pas montrer ses faiblesses.

Erïka était en couple avec Bobby depuis plusieurs mois. Elle était proche de lui, partageant une relation bien plus intime que celle de simples amis. Il lui avait démontré, à plusieurs reprises, qu’elle pouvait avoir confiance en lui. Il avait toujours fait en sorte de ne pas la contrarié, de se montrer patient et compréhensible envers elle. Pourtant, elle le savait bien, il devait se poser bien des questions à son sujet. Aujourd’hui, elle était prête à lever le voile sur certaines choses afin qu’il puisse mieux la comprendre. Elle voulait qu’il sache qui elle était réellement et qu’il ne s’arrête pas à ce qu’elle lui montrait. Il s’agissait de quelque chose d’important à ses yeux.

Pour l’instant, Bobby se contenta de sortir une carte routière qu’il déposa sur la table. Il lui expliqua le chemin parcouru jusqu’à présent et lui montra les diverses possibilités qui s’offraient à eux. L’adolescente était intéressée par l’idée d’atteindre Newport avant la tombée de la nuit. Ainsi, ils pourront visiter les environs dès le lendemain matin. L’adolescente reconnaissait quelques noms de ville sur le plan, mais sans plus. Elle n’avait jamais voyagé bien loin hors de New-York. Elle préférait se fier à son instinct et rouler à son rythme, selon ses envies. Avec une destination en vue, elle pourra faire en sorte de suivre les différents panneaux affichés sur la route. Il fallait seulement espérer qu’elle ne se perde pas.


-« Ça ne me dérange pas de conduire une fois la nuit tombée si on est à proximité de Newport. Sinon, je crois que tu as raison, on s’arrêtera dans un motel pour la nuit. Il faut seulement espérer qu’il n’y ait pas trop d’embouteillages sur le chemin. »

Après avoir jeté un bref coup d’œil au menu, Erïka décida quel repas elle allait prendre. Elle n’avait pas envie de prendre quelque chose de bien compliqué. Parlant de choses compliquées… Il était temps pour elle de répondre aux questions de Bobby. Elle lui raconta la partie la plus joyeuse de son histoire, la rencontre avec son père. Elle ne l’avait jamais connu alors qu’elle était enfant. À présent, elle avait l’occasion de tisser des liens avec lui, mais elle ne savait pas encore si c’était une bonne chose. Elle devait apprendre à le connaitre et passer du temps avec lui. Ce n’était pas son argent qui allait faire une différence dans sa vie. Elle désirait un père présent. Certes, la distance les séparait, mais puisqu’il semblait avoir beaucoup d’argent et de ressources, nul ne doute qu’il arrivera à voyager souvent aux États-Unis afin de passer un peu de temps avec elle. Il était militaire. Peut-être se découvriront-ils des intérêts communs ? Il pourrait lui apprendre quelques techniques de combat ou simplement lui montrer comment se servir d’une arme à feu. Elle savait déjà tirer, mais elle était loin d’être une professionnelle.

Lorsque la serveuse déposa un plat de salade devant Erïka, cette dernière laissa tomber la conversation et se mis à manger. Ainsi, elle pouvait également en profiter pour remettre ses idées en place. Il y avait tant de choses à dire sur son passé, sa situation familiale. Elle n’était pas obligée de tout lui raconter, loin de là. Elle allait se contenter des informations essentielles. Elle allait tenter de répondre à ses questionnements.

S’arrêtant de manger, la jeune fille posa sa main sur celle de son petit ami. Toute histoire devait débuter par le commencement. Dans ce cas-ci, il s’agissait de sa naissance, de ses origines. C’était de là que tout commençait. Elle n’avait jamais porté le prénom d’Erïka à la naissance. Même si c’était un petit détail tout à fait insignifiant, elle tenait à parler à Bobby. C’était plus important pour elle que ce que l’on pourrait croire. Il s’agissait de ce qu’elle avait été. C’était son passé. Elle ne devait pas l’oublier. En changeant de nom, elle acceptait de tourner la page sur ce passé et d’aller de l’avant. Elle se construisait une nouvelle vie. C’est pourquoi elle commença par lui avouer qu’elle s’appelait Kathleen. Lorsqu’elle prononça son prénom, elle eut l’impression de parler de quelqu’un d’autre. Ce n’était pas elle. Elle n’était plus liée à cette identité.

Bien évidemment les raisons qui avaient poussé Erïka à changer d’identité intriguaient Bobby. Elle ne pouvait lui en vouloir pour cela. Malgré tout, peu importe le prénom qu’elle portait, il l’aimait. Elle savait bien que cela ne changerait rien de ce qu’elle était, Will lui ayant dit quelque chose de semblable lorsqu’elle lui en avait parlé. Pourtant, cela lui faisait chaud au cœur. Elle avait besoin de savoir que son petit ami l’aimait. Elle adorait entendre ces mots franchir ses lèvres.


-« Il était préférable de commencer par le commencement. Tu ne t’ai jamais demandé pourquoi ma grand-mère m’appelait toujours Rosy ? C’est le diminutif de Rosalye, mon second prénom. Je ne sais pas pourquoi, ils sont tous fan des noms à rallonge dans ma famille. Enfin, toujours est-il que si j’ai changé d’identité, c’est… c’est pour ma propre sécurité. Et puis, cela m’a permis de tourner la page. Peu après j’entrais à l’institut, là où personne ne me connaissait. J’ai pu me fondre dans la masse et me faire un peu oublier de tous… Je sais que je ne suis pas obligée de t’en parler, mais je tiens à le faire. Pour la majorité des gens, le passé reste derrière eux, mais pas pour moi. Je sais que si je veux me débarrasser une bonne fois pour toute de ce qui me hante je vais devoir faire de nouveau face au passé. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Je vais avoir besoin des personnes en qui j’ai confiance. Tu es l’une de ces personnes. »

Elle était ravie d’avoir son petit ami à ses côtés. Elle savait qu’elle n’avait pas à craindre qu’il la laisse tomber pour un petit détail insignifiant de son passé. Que dirait-il s’il découvrait qu’elle avait du sang sur les mains ? Elle ne préférait pas y penser. Certaines choses devaient rester secrètes.

-« Si tu trouves que ma vie est compliquée… tu n’as pas entendu le plus horrible. Elle l’est bien plus que tu ne peux le croire, mais je vais t’épargner les détails. Ce n’est pas vraiment facile d’en parler. Pour ce qui est de mon père… Ce n’est qu’une autre personne comme une autre qui a débarqué dans ma vie. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il avait si peur de nous rencontrer jusqu’à présent, mais je vais peut-être tenter d’apprendre à le connaitre. S’il fait des efforts de son côté. Je n’ai pas besoin de lui pour vivre ma vie. Il est arrivé un peu tard s’il voulait vraiment s’occuper de nous et nous protéger… Ma sœur, elle, je ne sais pas trop quoi en penser. Elle connait Will et ils semblent bien s’entendre ensemble. Elle m’a l’air de ce genre de fille superficielle qui passe le plus clair de son temps à se maquiller qu’à faire quelque chose d’utile de sa vie. Elle a le mérite d’être franche et directe, au moins. »

Elle prit une grande inspiration. Si parler de son père n’était pas si difficile que ça, lorsqu’il était question de sa mère c’était une toute autre histoire. Erïka ne s’entendait pas bien avec elle. En fait, depuis longtemps elle songeait que la meilleure chose à faire serait de la faire arrêter, elle et toute sa secte de fou. Cependant, elle n’en avait pas le courage. Elle avait peur et savait parfaitement bien qu’elle allait en souffrir si elle décidait de replonger dans son passé. Pourtant, elle devait le faire un jour afin que tout cela cesse. Alexïs et elle avait longuement discuté sur le sujet et ils avaient prévu d’attendre que ce dernier terme sa session universitaire avant de se lancer dans de telles démarches. Ils ne savaient même pas comment s’y prendre. Devait-il aller voir la police ? Un avocat ? Qui pouvait réellement les aider ? Elle n’en savait rien. Un jour ou l’autre, elle devra pourtant trouver le courage de faire face une bonne fois pour toute à ceux qui l’avaient terrorisée pendant si longtemps. Elle devra faire face à sa propre mère et arriver à la faire interner dans un institut psychiatrique ou bien l’enfermer dans un centre de détention. L’important était s’assurer qu’elle ne pourra plus jamais lui faire de mal.

Erïka se leva et vint s’assoir aux côtés de son petit ami. Elle posa la tête contre son épaule, ayant besoin de cette proximité avec lui. Elle serra la main de Bobby dans la sienne afin de se donner le courage de prendre la parole. Cependant, lorsqu’elle prononça ses premiers mots, ce fut d’une voix légèrement hésitante, baissant le ton afin d’éviter aux oreilles indiscrètes de l’entendre.


-« Pour ce qui est de ma mère… J’aurais aimé ne jamais la connaitre. L’histoire est longue et pas très jolie… Autant résumer ça en quelques mots : c’est une sale garce égoïste et irresponsable qui ne pense pas une seule seconde aux conséquences de ses gestes et se laisse influencer par le premier venu. Elle a dû consommer tellement de trucs dans sa vie qu’elle doit avoir tué le peu de neurones qui lui restait. Elle est mentalement dérangée, c’est clair. Elle m’a totalement détruite. En rejoignant… » Elle ferma les yeux et pris une grande inspiration. «… en rejoignant une sorte de mouvement sectaire et en nous obligeant à la suivre, mon frère et moi elle nous a fait vivre un véritable enfer. » Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle fixa Bobby, tentant de soutenir son regard. « Elle est totalement endoctrinée. Mon frère et moi avons eu énormément de chance de fuir tout ça et de s’en sortir vivant. Mais personne ne peut quitter cet endroit. Elle ne nous laissera pas tranquille tant qu’on ne l’aura pas arrêter. On a beau avoir changé d’identité, changé de résidence, il n’est pas impossible que je la croise par hasard dans les rues de New-York. C’est ce qui me fait peur. Mon frère et moi on veut la faire enfermer, on veut l’arrêter, mais ce n’est pas si simple… J’ai enfin repris goût à la vie, à rapprendre à faire confiance aux autres. J’ai réussis à m’en sortir. Ça m’a pris tellement de temps à oublier tout ça et, pourtant, j’en fais encore des cauchemars la nuit. Je ne sais pas si je tiendrais le coup si je devais de nouveau affronter le passé. Ça m’a détruit une fois, je ne veux pas revivre ça. J’ai peur.  J’ai besoin de toi, Bobby. Je tiens à toi bien plus que tu ne peux le croire. J’ai beaucoup de chance de t’avoir dans ma vie et ma plus grande crainte est que tu finisses par m’abandonner un jour ou l’autre. »

Elle se blottit davantage contre lui. Elle ne pensait plus à son repas. Le simple fait de repenser à tout ce qui l’angoissait lui avait coupé l’appétit. Au moins, les choses étaient dites. Plus elle repensait à ses paroles, plus elle réalisait l’importance de mettre fin à son cauchemar. Un jour, tout cela devait cesser. Erïka leva la tête vers Bobby. Elle s’était déjà posé quelques questions quant à sa famille. Après tout, ils avaient quelques buts semblables comme celui de devenir X-Men. Il n’avait jamais parlé de sa famille ou des raisons qui l’avait poussé à entrer à l’institut. La jeune fille n’avait jamais voulu le questionner sur son passé. Elle savait, par expérience, qu’il pouvait parfois être très douloureux. Puisque l’heure semblait être aux confidences, peut-être osera-t-elle aborder le sujet ? Pour l’instant, elle préférait penser à autre chose en racontant une petite histoire datant de l’époque où elle n’était à l’institut Xavier que depuis quelques mois. Il n’y avait pas que du mal dans la vie. Elle avait peut-être perdu foi en la race humaine, mais elle avait retrouvé goût à la vie, même si cela avait été un long et difficile.

-« Tu te souviens de la manière dont je me comportais avec les gens, avant ? Je passais mon temps à me battre et à envoyer promener tout le monde… surtout John, en fait. Quel imbécile il était, parfois. Quoi qu’il en soit, tu étais l’un des seuls… peut-être même le seul, à l’époque, qui n’arrivait pas à m’énerver. J’étais souvent tentée de m’assoir à côté de toi pour pouvoir profiter du froid que tu dégageais, l’été, mais je ne pouvais pas me résoudre à me rapprocher de qui que ce soit. Les choses étaient mieux ainsi, selon moi. J’avais peur de faire confiance aux gens, de voir un lien se développer entre moi et d’autres personnes. Pourtant, aujourd’hui, je suis dans tes bras. Comme quoi la vie nous réserve de belles surprises, parfois. »[/i][/i]


Dernière édition par Erïka M. Davidoff le Dim 15 Sep 2013 - 18:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mar 26 Mar 2013 - 14:13

[Pas de problème, ça donne plein de contenu Wink Je n'ai rien ajouté de plus pour ne pas faire trop long cependant mais je peux rajouter si tu le souhaites !]



Au moins, Erïka avait le mérite d'être quelqu'un de très franc. Il était rare qu'elle cache ce qu'elle pensait ou s'empêche d'être elle même, préférant agir naturellement, quitte à se créer des problèmes. C'était un côté que Bobby appréciait chez elle. Bien qu'impulsive, elle ne faisait pas l'effort de rentrer dans le moule pour plaire aux autres. Il y avait trop de gens superficiels et « faux » dans la société actuelle, se sentant obligés d'agir d'une certaine façon pour être accepté. La russe, elle, s'en moquait et ne cherchait pas spécialement à se faire des amis. Pourtant elle en avait et Bobby l'aimait telle qu'elle était. Il appréciait qu'elle lui dise qu'il pouvait agir également comme il le souhaitait si il voulait venir la voir à sa chambre et qu'elle le lui dirait si jamais elle préférait s'isoler. Il ne lui imposait jamais rien, pas même sa présence, connaissant son caractère solitaire. Et puis, tout le monde avait besoin d'un petit moment à soi, être au calme, tranquille.

- Je n'hésiterais plus à venir te voir dans ce cas. Et même si c'est moi, ne te retiens pas de m'envoyer balader si tu n'as pas le coeur à supporter ma présence. Je sais que tu le feras, je te connais bien maintenant, mais je préfère qu'on sache à quoi s'en tenir. Ma porte te sera toujours ouverte en tout cas.

Bobby avait ce réflexe de ne jamais se coller aux autres. Depuis qu'il était avec Erïka, il se permettait un peu plus souvent de l'approcher et de la prendre dans ses bras, étant quelqu'un d'affectueux, mais il évitait de le faire trop longtemps. Il savait que la température de son corps n'était pas forcément agréable et ne souhaitait l'imposer à personne. Il se qualifia donc d'anormal. Qui d'autre dégageait un froid pareil ? Il souhaitait parfois pouvoir être comme tout le monde, ne pas avoir de contraintes et ne jamais se priver d'approcher ceux à qui il tenait. Mais il savait que c'était sans doute impossible, qu'il serait toujours comme ça, ne songeant pas que cela pourrait s'améliorer au fil du temps. Sa mutation était ainsi faite et il s'était fait une raison, un peu défaitiste certes mais une raison quand même. Il ne s'attendait pas à ce que sa petite amie lui fasse une telle réflexion. Généralement lorsqu'il faisait référence au froid de son corps, personne ne le contredisait, c'était la vérité après tout. Mais la russe ne voyait pas les choses comme ça. Elle le qualifia même d'extraordinaire, lui reprochant de désirer être comme tout le monde. C'était dans des moments comme celui ci où Bobby savait pourquoi il aimait tant cette fille.

- Promis, je ne le dirais plus. Tout ce qui compte pour moi, c'est que tu ne finisses pas par te lasser. On a qu'à dire... qu'on est fait l'un pour l'autre.

Un sourire sincère, un baiser volé et tout cela était déjà oublié, derrière eux. Ils pouvaient à présent s'adonner à la réparation de la moto ensemble. Si certains adeptes de la mécanique n'auraient jamais laissé personne d'autre qu'eux même toucher à leur précieux véhicule, ce n'était pas le cas de Bobby. Déjà il la lui prêtait lorsqu'elle le désirait et il estimait également qu'elle apprendrait bien plus facilement en testant elle même les diverses techniques d'entretien. N'était ce pas avec la pratique que l'on apprenait le plus rapidement ? Voir et comprendre était une chose mais la pratiquer en était une autre et Bobby préférait cent fois qu'elle agisse plutôt qu'elle se contente d'admirer sans rien faire. Et puis, il fallait dire qu'Erïka s'en sortait vraiment bien, ayant redonné une seconde vie à la moto. Bobby, son professeur en la matière, l'avait félicité mais elle lui avait retourné le compliment. Lui, un professeur de mécanique ? Et pourquoi pas ?

Mais Scott était le plus avisé en ce domaine. C'était en tout cas l'avis de Bobby mais pas celui de la jeune femme qui n'avait pas l'air de le porter dans son coeur. Le mutant de glace s'entendait bien avec Cyclope mais il comprenait que tout le monde ne l'apprécie pas. Il était parfois tellement... rigide dans sa manière de faire les choses que ça en devenait pénible. Mais cela n'empêchait pas Bobby d'être ami avec. En dehors du milieu professionnel, il était un type agréable. Comme le soulignait Erïka, Bobby était loin d'être quelqu'un de difficile. Après tout, il tolérait bien l'insupportable John. Mais ce n'était pas pour autant qu'il cherchait à se faire apprécier et bien voir par tout le monde, tout comme Erïka.

- C'est un des côtés que j'aime chez toi. Tu ne te forces pas, tu restes naturelle, ne cherchant pas à être aimée. De toute façon, on ne peut pas aimer tout le monde et ce n'est pas parce que tu n'aimes pas Scott que je te forcerais à le côtoyer. Ne te sens pas obligée de le supporter à cause de moi, ne change rien. C'est très noble que tu veuilles agir comme l'a fait Emma pour toi. Pour ma part, je ne vois pas mon avenir ailleurs qu'ici. C'est ma maison et je compte bien user de mes dons quel qu'ils soient pour aider les résidents. Et puis, te savoir ici ne me fait que davantage de raisons de ne jamais quitter le manoir. Ma vie, elle est ici, avec toi.

Pourtant, cela ne l'empêchait pas de vouloir partir ailleurs, du moment qu'il était en compagnie de celle qu'il aimait. Puisqu'elle avait proposé un voyage le temps d'un weekend, le mutant avait accepté, l'ayant accompagnée à sa chambre le temps qu'elle se change et se prépare. Cela aurait pu tourner tout à fait différemment si seulement le portable d'Erïka ne s'était pas mis à sonner. Finalement, il était peut-être temps de partir. Mais la jeune femme fit une révélation à Bobby à propos de sa soudaine fortune et de sa rencontre avec son père. Bien qu'il était étonné de l'apprendre, il ne demanda rien. S'ils commençaient à discuter ici, il sentait qu'ils ne partiraient jamais. Il ignorait beaucoup de choses sur sa petite amie et il était toujours curieux d'en savoir davantage pour apprendre à mieux la connaitre. Il ne doutait pas qu'il ne ferait que l'apprécier davantage mais il ne voulait pas non plus qu'elle s'y sente forcée. Quoiqu'il en soit, il ne demanda rien sur le coup, préférant attendre un moment où ils seraient ailleurs... là où la sonnerie du téléphone ne serait plus que secondaire.

Fins prêts tous les deux, ils se mirent en route, collés l'un contre l'autre sur la moto qui les emmenait dans le nord des Etats-unis. Bobby conduisait un peu au hasard, n'ayant pas d'objectif particulier ni de point précis à atteindre. Il roulait là où la route les emmenait, adaptant sa conduite aux désirs d'Erïka, apparemment pas très à l'aise avec la vitesse contrairement à lui. Cela ne le dérangeait pas de prendre son temps, n'étant pas pressé après tout. De plus, c'était plus simple pour communiquer même si ils avaient tous deux une oreillette pour faciliter leurs discussions. Alors qu'ils longeaient une forêt, la russe fit une réflexion à ce sujet, demandant par ailleurs à Bobby si il aimait les arbres. Du peu qu'elle en disait, elle appréciait sans doute les promenades en forêt mais la façon dont elle en parlait était étrange. Préférant ne pas trop y prêter attention et ne pas se faire déconcentrer, il répondit simplement ce qui lui passait par la tête.

- C'est vrai, le boisé n'est pas très fréquenté, c'est pourtant une zone agréable. A croire que les élèves ont peur de se perdre. Je dois avouer que je ne suis pas sûr de m'y retrouver si je m'y aventurais... Mais tu seras là pour me guider, non ?

C'était une façon comme une autre d'accepter la proposition de promenade dans les bois. Pour l'heure, leur vadrouille les mena à la ville de Pittsford où ils firent une halte le temps de manger un peu. Ils avaient déjà bien roulé et une petite pause ne pouvait pas leur faire de mal, leur permettant de se dégourdir un peu les jambes. Et puisque leur futur trajet était décidé et que le restaurant où ils étaient était peu fréquenté, Bobby en profita pour poser les questions qui lui brûlaient les lèvres depuis maintenant un petit moment. Il pouvait très bien vivre sans rien savoir du passé ou de la situation familiale d'Erïka mais il était curieux d'en apprendre plus sur les origines de sa petite amie. Ce qu'elle avait dit un peu plus tôt l'avait intrigué et il se demandait quels liens elle pouvait entretenir avec ses parents. Lui même n'était pas en bon terme avec les siens mais leur relation était toujours plus simple que celle que semblait avoir Erïka avec les siens. Bobby avait toujours connu ses parents et avait eu une vie plus que banale avant son arrivée à l'institut Xavier. Cela n'avait pas l'air d'être le cas pour la jeune femme qui avait passé bien plus de temps avec ses grands parents qu'avec ses géniteurs.

Elle révéla en effet diverses informations, toutes plus étonnantes les unes que les autres. Sa vie avant l'institut n'avait pas l'air d'avoir été de tout repos, comme il l'avait supposé. Quel effet cela pouvait faire d'avoir l'un de ses parents qui était au final un pur inconnu ? Il devait être difficile de le considérer comme l'un de ses parents puisqu'il n'avait jamais été là. Bobby comprenait bien Erïka sur ce point mais il se voyait difficilement à sa place. Par chance, elle se montrait bavarde et le mutant comprenait donc mieux ce qu'elle pouvait ressentir face à tout ça. Il n'avait donc pas besoin de la harceler de questions pour savoir à quoi s'en tenir même si il avait tout de même quelques petites choses à lui demander, voulant éclaircir certains points.

Il ne demanda cependant rien car la serveuse leur apporta leur repas. Tous deux mangèrent jusqu'à ce qu'Erïka stoppe pour dévoiler à Bobby son véritable prénom. Décidément, elle était pleine de secrets, bien plus qu'il ne l'aurait cru. Mais rien de ce qu'elle pouvait dire ne fit changer d'avis le garçon à son sujet. Il l'aimait, qu'est ce qui pourrait faire changer ça ? Une déception ? Peut être mais c'était fort peu probable. A moins qu'elle ne le trompe, il ne voyait pas de réelle raison qui pourrait le faire douter d'elle. Elle pouvait bien se nommer comme elle le voulait, cela lui importait peu. Sa personnalité, elle, était restée vraie, c'était le plus important pour lui. Mais il était heureux de connaitre tous ces détails. Ainsi, il avait l'impression de la connaitre depuis bien plus longtemps. Et il était heureux d'entendre qu'elle lui faisait confiance.

- Je comprend mieux d'où vient le Rosy. Je m'étais toujours posé la question à vrai dire. Mais ce n'est qu'un nom après tout, ça ne change pas qui tu es. Celle que j'aime, c'est celle que tu es, peu importe comment on te nomme au final. Le mieux, c'est que tu aies un prénom qui te plaise... et qui te permette de mettre ton passé derrière toi. Quoiqu'il en soit, je suis là pour toi. Ton passé était peut-être chaotique mais ton futur sera bien plus paisible. Ton présent l'est déjà non ? Quoiqu'il se soit passé, on est là pour toi à présent, tu n'es plus toute seule. Même si je crois que tu ne l'as jamais été au final. Dans ton malheur, tu as eu la chance d'avoir ton frère et tes grands parents.

Bobby avait posé quelques questions à propos des nouveaux membres de la famille d'Erïka. Elle n'avait pas l'air de très bien s'entendre avec son père et apparemment, elle ne connaissait pas sa soeur. Mais William si ? Se connaissaient ils d'avant sans savoir qui ils étaient ? D'après le portrait que dressait Erïka de sa soeur, elles avaient l'air relativement différentes. C'était justement curieux si William s'entendait si bien avec elle. Du peu que Bobby le connaissait, il n'avait pas l'air de se lier d'amitié avec des gens creux et superficiels.

- Ton père ne pourra pas rattraper le temps perdu, c'est certain. Mais c'est peut-être quelqu'un de bien qui ne sait juste pas comment agir. Au moins, il a envie d'être près de vous à présent, c'est déjà ça. Il ne nie pas votre existence en bloc. Ca m'étonne que Will connaisse ta soeur. Comment ça se fait ? Ils se connaissaient d'avant ? Tu la connais depuis longtemps toi ?

Et finalement, après toutes ces personnes citées, il en restait une qui restait dans le flou voire dans le néant. A aucun moment il n'avait été question de sa mère. Il devait y avoir une raison pour qu'elle passe ainsi à la trappe mais Bobby ne voyait pas vraiment quoi. Il posa donc la question sans se douter de ce qui allait suivre. Qui pouvait bien imaginer une telle histoire ? Quand il vit Erïka se lever pour s'asseoir à côté de lui, il sentit qu'il touchait un point sensible. Plus sensible que tout le reste. Il se poussa donc un peu pour lui faire davantage de place et qu'elle ne soit pas gênée par ses affaires. Il l'entoura de son bras libre lorsqu'elle posa sa tête contre son épaule et caressa le dos de sa main du pouce, comme pour l'apaiser alors qu'elle osait se confier.

Bobby écoutait sa petite amie, se demandant quel genre de mère son frère et elle avaient eu. Qui traite ainsi ses enfants ? Lorsqu'elle leva les yeux vers lui, il ne lui offrit pas de sourire. Il n'y avait vraiment pas de quoi sourire après tout. Mais il la regardait sans faillir, sans la juger, sans la plaindre. Elle avait vécu des choses horribles, oui, mais elle était forte et elle s'était relevée malgré tout. Bobby n'osait imaginer les horreurs auxquelles elle avait dû faire face et la terrible enfance qu'elle avait due avoir à cause des choix désastreux de sa mère. Comment pouvait on faire ça à son enfant ?
Par chance, les jumeaux avaient réussi à s'enfuir mais d'après ce qu'elle disait, la menace restait belle et bien présente. Voilà qui expliquait l'arrivée d'Erïka à l'institut et son changement de nom. Elle devait vivre cachée pour ne plus avoir à subir la menace de sa génitrice... Quel cauchemar cela devait être que de vivre dans l’incertitude et le doute. Voilà qui expliquait également les nombreux cauchemars qu'elle faisait parfois pendant la nuit. Au fur et à mesure du récit, Bobby resserrait son étreinte sur Erïka, comme si il vivait lui aussi ce qu'elle avait vécu juste en entendant ce qu'elle racontait.

- Je... ne pensais pas que tu avais pu vivre tout ça. Personne ne mérite ça, excuse moi mais ta mère est dangereuse et complètement folle. Je comprends mieux pourquoi tu n'y fais jamais référence, désolé que tu aies du revivre indirectement tout ça pour m'en parler... C'est une chance que vous vous en soyez sorti et elle ne gâchera pas ça. J'ignore si je peux faire quoique ce soit mais je ne la laisserais pas t'enlever à nous. Plus jamais tu n'auras à subir toutes ces choses, elle n'a plus aucune autorité sur toi et n'en aura plus jamais. C'est juste... une folle dangereuse, elle n'a aucune excuse. Merci d'avoir été honnête, tu aurais pu ne pas m'en parler et garder tout ça pour toi. Mais je te promet que ça n'arrivera plus, que je ne la laisserais pas refaire surface dans ta vie sans rien tenter. Tu as réussi à t'en sortir, c'est génial. Un jour, tu ne feras plus de cauchemars. *il fit une courte pause où il prit une inspiration* Je ne peux rien promettre sur l'avenir, j'ignore de quoi il sera fait, ça ne dépend pas que de moi. Mais en ce qui me concerne, je ne veux pas t'abandonner. Pourquoi laisserais je la fille que j'aime ? Tu vas me dire que j'ai déjà eu des petites amies avant, c'est vrai. Mais je n'en aimais aucune réellement. Toi je t'aime et si je dois me battre pour te garder, je le ferais.

Il l'embrassa sur le front, la serrant contre lui. Si Bobby était du genre gentil et compréhensif, là il ne voyait aucune excuse à cette femme tortionnaire. Même si il était en colère contre une femme qu'il ne connaissait même pas, il essayait de rester calme. Cependant, cela se sentait au ton de sa voix qu'il était sur les nerfs. Il écouta cependant Erïka attentivement et s'apaisa petit à petit lorsqu'il entendit ce qu'elle ajouta. Cette petite anecdote prouvait qu'Erïka ne voyait pas toutes les choses en noir et qu'au fil du temps, elle avait appris à s'ouvrir aux autres.

- C'est vrai ? Je n'aurais jamais cru... D'habitude, je fais plus fuir les gens que l'inverse. C'est... plaisant de voir qu'on ne fait pas fuir tout le monde. Tes petites prises de bec avec John me faisaient plutôt rire, je dois avouer et j'appréciais toujours de t'avoir avec nous. C'est bien que le temps ait fini par nous rapprocher, je ne sais pas si j'aurais osé t'approcher moi aussi... Je suis un peu comme toi, je reste à distance des autres. C'est une bonne chose que tu aies pris les choses en main, je ne regrette rien du tout. Je ne pensais pas trouver un jour quelqu'un comme toi. Comme quoi, on est jamais au bout de nos surprises, tu as raison. J'ai confiance en toi plus qu'en quiconque.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Jeu 28 Mar 2013 - 20:48

L’amour ne peut subsister sans cette petite touché de naïveté qui porte le couple à s’imaginer passer leur vie entière ensemble. Même une personne aussi réaliste et terre à terre qu’Erïka ne pouvait échapper à cela. Elle était amoureuse et ne pouvait s’imaginer la fin de sa relation avec Bobby. Elle était heureuse et elle voulait profiter de ce bonheur aussi longtemps qu’elle le pourrait. À l’institut, elle était entourée des personnes qu’elle aimait. Elle se voyait bien avoir un avenir dans ce grand manoir. Elle désirait devenir professeur et enseigner à des jeunes comme elle. Si Bobby restait à l’institut, auprès d’elle, elle ne pourrait être plus heureuse. Chaque jour elle pourrait le côtoyer tout comme Will ou Amy. Elle n’avait pas besoin de beaucoup pour être heureuse. Seulement des personnes à qui elle tenait énormément.

Lorsqu’elle repensait à tout ce que le professeur Xavier et Emma Frost avaient fait pour elle, cela ne lui donnait que davantage l’envie de rester à l’institut et de faire quelque chose, à son tour, pour aider les jeunes mutants. À quoi bon partir ? Il n’y avait rien pour elle à l’extérieur. L’institut était son foyer et il le restera. Qui sait, peut-être aura-t-elle une descendance un jour ? Elle était loin de se voir avec des enfants, pour le moment. Après tout, elle était jeune et elle avait plein de rêves, plein d’ambitions. Elle voulait prendre la vie au jour le jour sans trop se casser la tête. Elle espérait simplement que sa relation avec Bobby n’ait pas de fin. Elle sentait qu’elle avait trouvé la personne parfaite pour elle. C’était inexplicable. Elle le sentait, au fond d’elle, qu’elle ne pourrait jamais aimer un autre homme plus que lui. Elle se voyait vieillir à ses côtés, à l’institut. Même si elle savait parfaitement bien qu’elle ne pouvait voir de quoi le futur sera fait, elle désirait espérer et croire en ses espoirs.

C’est en se remémorant ses rêves et ses ambitions qu’elle pouvait maintenant passer à travers les dures épreuves se dressant sur son chemin. Lorsqu’elle était arrivée à l’institut, elle était brisée. Elle n’avait plus de rêves. Elle n’avait plus d’espoir. Elle vivait comme un robot, dénué d’âme et d’émotions. Elle se laissait peu à peu dépérir sans chercher à combattre pour vivre. Le professeur Xavier lui avait permis de se sentir en sécurité en l’accueillant à l’institut. Par contre, cela ne pouvait effacer ce qu’elle avait vécu par le passé. Ce n’est qu’après s’être confiée à lui que l’adolescente pu recevoir de l’aide. Elle refusait de s’adresser à un psychologue. La seule personne à qui elle s’ouvrait était le professeur. Il lui avait donné le plus d’aide possible. Grâce à lui elle avait peu à peu réussis à gérer son agressivité. Lorsqu’Emma Frost entra dans le tableau, elle fit une réelle différence dans la vie d’Erïka. L’adolescente restait craintive face au monde extérieur, mais en rencontrant Will et Amy elle eut la preuve parfaite qu’il n’y avait pas que des gens mauvais prêts à lui faire du mal au détour d’une petite rue au milieu de cette grande ville.

Peu à peu, elle reprenait goût à la vie. Elle se sentait bien mieux, elle profitait enfin de son adolescence et ne restait plus enfermée dans sa chambre à broyer du noir. Même si elle semblait aller parfaitement bien, qu’elle respirait le bonheur et la joie de vivre, elle était toujours marquée par certains événements de son passé. Alors qu’elle observait la forêt dense défiler devant ses yeux, elle se demandait si elle allait réussir à surmonter tout cela et tirer un trait définitif sur son passé.


-« Ça me fera plaisir de te guider. Si on se perd, on pourra toujours se construire un igloo pour la nuit et tuer des petits animaux pour se nourrir. Je te jure que ce n’est pas si mal une fois cuit, surtout la viande d’écureuil. »

Parlant de nourriture, il était temps de s’arrêter manger. En compagnie de Bobby, l’adolescente s’installa au fond d’un petit restaurant afin de pouvoir discuter tranquillement, loin des oreilles indiscrètes. Son petit ami avait tout un tas de questions à lui poser, notamment au sujet de son père. Elle lui expliqua la situation, racontant qu’elle ne l’avait jamais connu jusqu’à présent. Elle ne savait pas si sa rencontrer était une bonne chose. Elle n’avait pas besoin de lui et encore moins de son argent. Cependant, elle allait probablement lui laisser une chance de prouver qu’il voulait vraiment faire partie de sa vie. Contrairement à sa mère, son père avait l’occasion de lui prouver qu’il méritait de faire partie de sa vie. Elle espérait qu’il saisirait cette chance.

Erïka avait également eut l’occasion de rencontrer brièvement sa demi-sœur. Elle s’entendait bien avec Will. L’adolescente ne pouvait avouer qu’elle était légèrement jalouse du fait que son frère s’entendait super bien avec cette femme et qu’ils passaient du temps ensemble. Le peu qu’elle avait entrevu d’elle ne lui plaisait pas tellement. Elle devrait peut-être faire des efforts afin de savoir pourquoi Will s’entendait si bien avec elle. Y arrivera-t-elle ? Ce sera sûrement une question de temps.

Toutes ces récentes révélations sur ses origines l’avaient quelque peu secouée. Cependant, elle pouvait se compter chanceuse de voir de si belles choses se passer dans sa vie. Comme le disait Bobby, elle avait toujours un magnifique futur devant elle et son présent était bien plus paisible, non. Ce présent, elle le devait aux personnes qui l’entouraient. Tout particulièrement à Will. C’est grâce à lui qu’elle s’est peu à peu ouverte aux autres. C’est grâce à lui qu’elle a commencé à reprendre confiance en elle et en ceux qui l’entouraient. Sa vie était bien plus belle depuis qu’il y était entré. Elle était terriblement chanceuse de l’avoir à ses côtés, dans les bons comme dans les mauvais moments. Elle ne pourra jamais lui dire à quel point elle lui était reconnaissante d’être simplement lui, d’être celui qui l’a aidé à être celle qu’elle est aujourd’hui.

Peu importe son nom, elle restait toujours Erïka. En changeant de nom, elle changeait de vie. Elle avait coupé les ponts avec sa mère –ou du moins, elle avait fait de son mieux pour ne plus jamais avoir à faire à elle – mais y avait gagné un père. Bien qu’il soit arrivé tard dans sa vie, il était là. L’adolescente ne devait plus ressasser le passé et regarder devant elle. Lorsqu’elle levait les yeux, elle voyait Bobby. Elle était heureuse avec lui. Elle voulait rester à ses côtés. Jamais elle ne se serait imaginée devenir sa petite amie, lorsqu’elle l’avait rencontré pour la première fois. En fait, elle ne se serait jamais imaginée en couple. Pourtant, il y avait un homme assez fou pour l’aimer et la désirer dans sa vie. Peu importe qui elle était. Peu importe ce qu’elle avait vécu. Il l’aimait comme elle était, tout simplement.


-« Le présent n’est pas parfait, mais j’ai la chance d’avoir des personnes géniales à mes côtés. Je me suis longtemps sentie seule… même entourée. Ma famille était ce qui m’importait le plus. Je n’avais pas vraiment d’amis, je passais tout mon temps avec Alexïs. J’étais toujours là pour prendre soin de lui ou le protéger. Il est loin d’avoir mon caractère. Lorsqu’il a tenté de se suicider, j’ai cru que j’allais tout perdre. Je n’allais pas pouvoir m’en remettre. Heureusement, il a survécu. Quelques mois plus tard, il quittait la maison pour faire sa vie, suivre sa propre voie et passer à autre chose. Moi, je suis rentrée à l’institut. Jamais je n’aurais cru être en mesure de me mêler aux autres. Lorsque j’étais avec d’autres résidents, je n’étais jamais moi-même, j’avais peur de me rapprocher et de tisser des liens. C’est grâce à Will que j’ai appris à faire davantage confiance à ceux qui m’entoure et à ne plus craindre d’être blessée. Quand je regarde ceux qui m’entourent présentement, je réalise que j’ai la plus belle des familles. Je n’ai besoin de rien de plus. »

Elle tenait à prendre soin de ceux qui lui étaient chers. Elle n’avait pas besoin d’avoir des centaines d’amis. Le peu de personnes qui faisaient partie de son entourage lui suffisait. Elle aimait bien sa tranquillité sa solitude, autant que de passer du temps avec ceux qu’elle aimait. Pourquoi remplir son agenda de sorties en clubs, de diners au restaurant et de tas d’activités sociales de ce genre alors qu’elle avait déjà tout ce dont elle avait besoin ? Elle avait un petit ami adorable, attentionné, un grand frère protecteur sur qui elle pouvait toujours compter lorsqu’elle avait envie de rire, un frère jumeau timide mais si cultivé avec qui elle pouvait discuter de tout et de rien pendant des journées entière, une grand-mère adorable toujours prête à l’accueillir à bras ouverts, et un père… une sœur… qui ne faisaient pas vraiment partie de sa vie pour l’instant. Les acceptera-t-elle un jour ?

-« Il a évité pendant près de trois ans de nous faire part de son existence. Il n’était pas prêt à nous rencontrer. J’aurais aimé qu’il le fasse plus tôt. Enfin… Pour ce qui est de ma sœur, je ne sais pas trop. J’ai bien vu que Will et elle s’entendaient bien. J’ai cru comprendre qu’ils s’étaient rencontrés par hasard chez ma grand-mère, quelque chose du genre… Je ne la connais que depuis quelques semaines, rien de plus… Ma grand-mère aimerait nous inviter toutes les deux chez elle afin qu’on apprenne à mieux se connaitre. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. »

Elle avait le choix. Elle pouvait donner une chance à Eleonnora. Peut-être que derrière son maquillage se cachait une jeune femme… moins superficielle qu’elle semblait l’être. Quant à son père, peut-être arrivera-t-elle à découvrir quelque chose derrière ces airs sévères et autoritaires qu’il se donnait. La jeune fille avait un sale caractère, tout comme lui, et ne se laissait pas marcher sur les pieds. S’ils ne s’ouvraient pas, ce sera impossible de tisser des liens. Savait-il pourquoi elle était si refermée ? Avait-il été mis au courant de ce que son frère et elle avait vécu ? Elle n’en savait rien. Qu’il sache ou non, cela lui importait pour l’instant.

C’était au tour de Bobby d’avoir droit aux révélations. Ce n’était jamais simple pour elle de parler d’un sujet si sensible. Pourtant, elle y arrivait, tentant de ne pas entrer dans les détails. Elle frissonnait, mais ce n’était pas à cause du froid que dégageait son petit ami. Elle se remémorait certaines choses, certains moments qu’elle aurait bien voulu oublier. Alors qu’elle parlait, elle sentait son amoureux l’étreindre doucement. Elle le regardait, elle lisait les émotions sur son visage. Ce n’était jamais le genre de chose que l’on s’attendait à entendre de la part de quelqu’un, surtout de sa petite amie. Pourtant, c’était la réalité. Elle lui épargnait les détails, les choses les plus horribles. Elle ne voulait pas lui faire peur. Elle préférait garder cela pour elle.


-« C’est pas le plus horrible. Même si je suis partie de cet endroit… ça me poursuit dans mes rêves. C’est difficile d’oublier. Il faut que je tire complètement un trait là-dessus. C’est ma seule façon d’être en paix et de passer à autre chose. J’ai seulement besoin de savoir que je pourrais toujours compter sur ceux à qui je tiens. »

Erïka avait simplement besoin du soutien de ses proches dans les moments difficiles. Peu à peu, elle apprenait à demander de l’aide alors qu’elle se sentait au plus bas. Elle ne voulait pas toujours embêter Will avec ses problèmes, craignant de parfois de lui tomber sur les nerfs. Après tout, il avait un boulot, une vie. Elle ne pouvait pas toujours le réveiller au milieu de la nuit à cause de ses angoisses. Et puis, lorsque viendra le moment d’affronter de nouveau son passé, elle aura besoin de tous ceux à qui elle tient, de se sentir entourée afin de ne pas s’effondrer.

L’histoire d’Erïka n’avait rien de banale. C’était quelque chose d’assez révoltant. Elle le sentait bien, rien qu’au ton de la voix de son petit ami, qu’il ne prenait pas ses paroles à la légère. Il ne pouvait pas rester différent à une telle chose. L’adolescente leva doucement la main et vint caresser la joue de Bobby. Il était rare qu’elle le voie dans un état similaire. Il était plutôt calme et posé, en temps normal. Il s’énervait rarement. En fait, elle ne se souvenait pas l’avoir vu en colère, pas même un tout petit peu. Elle n’avait pas envie de le voir dans cet état. Il ne pouvait rien changer au passé. Pour le détendre, elle lui raconta une petite anecdote datant de l’époque où ils se côtoyaient en compagnie de John. C’était il y a si longtemps. Elle ne lui avait jamais avoué qu’au départ, la seule raison qui la poussait à s’approcher de lui était de profiter du froid qu’il dégageait. Maintenant, il savait. Il pouvait bien la trouver ridicule, elle-même se disant que c’était totalement stupide.


-« J’ai toujours été différente des autres. Lorsque j’étais gamine, mon frère et moi on passait nos journées d’hiver à construire un super château de neige. On aimait bien le froid. Tu n’imagines pas ma tête quand j’ai découvert qu’il existait un glaçon humain dans le même institut que moi. » Un petit sourire amusé étira brièvement ses lèvres. « John en revanche… je ne supportais pas la chaleur qu’il dégageait, mais il faisait un bon allumeur de clopes. Enfin… Je suis bien heureuse de t’avoir approché cet après-midi-là, l’été dernier. Je ne pensais pas que les choses iraient en ce sens. Je me sentais bien avec toi. Ça ne s’explique pas vraiment… mais je ne regrette pas ce qui s’est produit ce jour-là. Dommage qu’il nous ait fallu tout ce temps avant de se rapprocher. »

Entre-temps, Bobby avait eu de nombreuses petites amies. L’adolescente, elle, ne pensait pas du tout à avoir une relation amoureuse. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de se demander avec qui le mutant était sorti, auparavant. Elle avait bien entendu quelques trucs çà et là dans les couloirs, mais elle ne pouvait savoir si c’était vrai ou non. Autant demander au principal concerné.

-« Dis-moi… tu as déjà sorti avec des filles qui ne faisaient pas partie de l’institut ? Tes relations n’avaient jamais duré bien longtemps à ce que j’ai cru comprendre… pourquoi ? »

La serveuse revint à leur table afin de leur demander si tout était à leur goût. Erïka lui annonça qu’ils avaient terminés le plat, supposant que Bobby dirait le contraire si ce n’était pas son cas. Elle demanda également la facture. Après tout, ils n’allaient pas s’éterniser dans ce petit restaurant. Lorsque la femme reparti avec les assiettes, l’adolescente leva les yeux vers son petit ami, bien curieuse d’entendre la réponse à sa question. En espérant qu’il y réponde.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mer 3 Avr 2013 - 23:45

Bobby était content qu'Erïka l'ait approché, l'été dernier. Si elle ne l'avait pas fait, ils ne seraient certainement pas en couple à présent car le mutant n'aurait sans doute pas fait le moindre pas vers elle. Non pas qu'il ne la trouvait pas attirante et qu'il n'était pas bien avec, bien au contraire, mais il avait craint de simplement ruiner leur amitié, si l'on pouvait appeler ça comme ça. Erïka n'avait pas vraiment d'amis, elle trainait simplement avec lui et John à l'époque, plus comme de simples connaissances qu'autre chose. Mais au moins, elle ne s'en était jamais pris à Bobby et le courant passait plutôt bien entre eux. Et ça, il ne voulait pas le gâcher en l'approchant de trop près. Il avait donc attendu que ce soit elle qui fasse le premier pas, espérant qu'un jour, cela se produirait. Et son rêve était devenu réalité. Il n'avait plus eu qu'à y mettre du sien et à lui dévoiler peu à peu ce qu'il ressentait. Cela aurait il fonctionné si c'était lui qui avait pris les devants ? Difficile à dire. Mais cela ne servait à rien de se poser la question, seul le résultat final comptait non ?

A présent, il était heureux avec elle et leur idylle durait à présent depuis de longs mois. Rien ne semblait présager une rupture d'un jour à l'autre contrairement aux précédentes filles avec qui le mutant avait été en couple. Erïka n'était pas découragée par le froid qu'il dégageait et ne semblait pas se lasser de lui, c'était plutôt bon signe. Mais cela allait il durer ? D'après le discours qu'elle avait tenu un peu plus tôt, Bobby n'en doutait plus, rassuré qu'elle le considère comme quelqu'un d'extraordinaire malgré son "handicap". Il ne voulait pas qu''elle le quitte comme les autres car si il s'était remis rapidement de chaque rupture, il savait que celle ci serait différente. Car il aimait sincèrement Erïka et qu'il n''en voulait pas une autre. Elle était tout ce qu'il aimait chez une femme et n'en voulait donc pas une autre, trop heureux qu'elle partage les mêmes sentiments que lui.

Elle aimait même faire de la moto, tout comme lui et en prenait grand soin malgré le petit incident dont elle avait été victime. Mais tout cela appartenait maintenant au passé puisque la moto était comme neuve et qu'ils étaient partis pour un petit weekend juste tous les deux. Cela faisait longtemps que Bobby n'avait pas quitté l'institut si longtemps. Lorsqu'il sortait, ce n'était généralement que pour quelques heures pour aller s'entrainer en ville ou sortir avec quelques amis, rien de plus. Cette sortie en couple était pour lui une façon d'apprendre à mieux connaitre sa petite amie. Elle lui avait déjà fait quelques révélations qui le travaillaient un peu mais ses réflexions sur la forêt l'intriguaient également. Elle en parlait comme si elle y avait vécu pendant un moment, n'ayant rien d'autre pour vivre. Elle avait déjà mangé des écureuils ? Bobby se demandait dans quelles circonstances cela avait pu se produire mais évita de poser la question.

- Tu as l'air de t'y connaitre, je suis sûr que tu ne nous perdras pas. Et au pire des cas comme tu dis, on a toujours une option de repli même si avec mon pouvoir, on pourrait en sortir assez facilement. En ce qui concerne le goût de l'écureuil, je veux bien te croire. Mais si j'ai vraiment faim, ça risque de ne pas me suffire. Tant pis, je te dévorerais toi.

Il souriait mais avec son casque et puisqu'il tournait le dos à Erïka, celle ci ne pouvait le voir. En parlant de manger, Erïka se manifesta justement pour qu'ils fassent une halte très bientôt pour pouvoir manger. La prochaine ville n'étant pas loin, ils s'y arrêtèrent et se rendirent au restaurant qu'avait aperçu la russe depuis le parking. Là, ils ne firent pas que manger. Bobby posa de nombreuses questions à sa petite amie à propos de son passé et il était loin, très loin de se douter de ce qu'elle avait pu vivre. Il ne l'avait jamais soupçonnée de porter un prénom d'emprunt. Mais qui aurait pu deviner une telle histoire ? Bobby trouvait que la jeune femme avait fait preuve d'une volonté extraordinaire pour continuer à croquer la vie à pleines dents car vu la façon dont elle parlait de son passé, il n'avait rien d'enviable. Son frère avait même tenté de se suicider, prouvant bien que ce n'était pas à la portée de tout le monde de supporter de telles choses. Que leur avait-on donc fait subir ? Par chance, elle avait croisé la route de William qui, d'après ce qu'elle disait, lui avait fait voir les choses d'une autre façon, l'aidant à s'épanouir pour devenir celle qu'elle était à présent. Etait il au courant des éléments de son passé ? Cela importait peu au final, ce qui comptait, c'était qu'il l'avait aidé à relever la tête.

- Au moins, tu as tenu bon. Malgré ce que tu as pu vivre, tu n'as pas abandonné, tu t'es battu, tu méritais bien une vie tranquille que tu peux à présent apprécier à sa juste valeur. Je ne remercierais jamais assez Will d'avoir croisé ta route si il est le point de départ qui a tout fait évoluer. Le présent n'est pas parfait, le futur ne le sera peut-être jamais mais au moins tu le vis et tu peux compter sur tes proches. Quelque soit l'obstacle, je sais que tu le surmonteras mais tu ne le feras plus jamais seule. Moi je serais en tout cas là pour toi.

Mais à présent, il fallait également compter son père et sa demi soeur dans l'équation. Sortis de nul part, ils avaient soudainement atterris dans la vie de la jeune femme, s'imposant à présent comme une famille qu'elle aurait toujours du avoir. Ce n'était apparemment pas de l'avis d'Erïka qui n'était pas certaine d'arriver à les apprécier ni à les accepter un jour. Mais qu'elle le veuille ou non, ils étaient de sa famille, de son sang. Ca, elle ne pouvait le nier. Pourquoi ne pas leur donner leur chance, même si son père n'avait pas forcément très bien joué le coup jusque là ? Sa soeur quant à elle semblait bien s'entendre avec William d'après ce que disait Erïka. Pourtant, vu le portrait qu'elle en peignait, Bobby avait du mal à croire que le rouquin puisse bien l'aimer. Elle devait sans doute être une personne appréciable mais il fallait prendre le temps de la connaitre. Encore fallait il qu'Erïka veuille le prendre, ce temps.

- Will a l'air doué pour lire en nous. Il a su déceler en toi celle que tu étais vraiment et non celle que tu affichais. Pourquoi ne ferait il pas de même avec ta soeur ? Profite de ta journée avec ta famille, rien d'autre. Si tu attends quelque chose de précis, ça risque de tout gâcher. Ne t'occupe pas d'eux et vis ta vie comme tu l'as fait jusqu'à présent. A eux de s'adapter.

Mais cette partie de la famille était une simple rigolade à côté de ce que la génitrice avait pu faire subir à ses enfants. Bobby avait posé une simple question mais ne s'était pas attendu à ce que la réponse soit si cinglante. Il ne pensait pas que cela pouvait aller si loin. Il avait imaginé qu'elle aurait pu les avoir battus, abandonnés ou quelque chose du genre, mais jamais il n'aurait pu deviner ce qu'elle leur avait réellement fait subir. Il savait à présent qu'Erïka avait plus qu'une simple volonté. Elle voulait vivre sa vie, loin de tout ça, loin de toute contrainte, de tout lien familial qui pourrait la blesser à nouveau. Pas étonnant qu'elle soit si frileuse à l'idée d'incorporer une nouvelle partie de sa famille à sa vie présente. Mais les horreurs qu'elle avait subi avaient peu de chance de se reproduire à nouveau. En tout cas, le mutant l'espérait fortement. En écoutant ce récit inattendu, il ne pu s'empêcher de se sentir en colère, furieux que des parents puissent traiter leurs enfants de la sorte. Erïka affirmait qu'il lui suffisait de tirer un trait sur tout ça, que le temps ferait son office, mais Bobby n'en était pas persuadé. C'était du passé oui, mais cela marquait profondément, on ne pouvait s'en soustraire. L'esprit, une fois marqué, n'oubliait jamais. Mais il comprenait qu'elle voit les choses de cette façon. C'était d'ailleurs une bonne chose et il ne voulait pas qu'elle voit ça autrement. La jeune femme avait du sentir qu'il bouillait intérieurement car elle posa sa main sur sa joue, comme si elle cherchait à l'apaiser. Aussitôt, il se rendit compte qu'il s'énervait pour rien, sa mère n'étant pas présente et le passé ne pouvant de toute façon pas être modifié. Il se détendit donc, relâchant ses muscles et apaisant son regard, fermant ses yeux bleus pour profiter de la caresse.

- C'est difficile d'oublier, j'imagine bien. Ta nouvelle vie t'aidera à surmonter tout ça. On t'aidera à surmonter tout ça. Mais quelque part, ça fait parti de toi, c'est ce qui t'a modelée. Evidemment, ça aurait été mieux que tu ne subisses pas tout ça mais ça a fait de toi quelqu'un de fort sur qui on peut nous même compter.

Et pour oublier cette discussion sérieuse et un peu déprimante, Erïka évoqua le fait qu'elle avait toujours hésité à l'approcher afin de profiter du froid qu'il dégageait. C'était bien la première fois qu'on lui faisait une telle révélation mais cela lui plaisait. Pour une fois qu'on ne le fuyait pas et qu'on recherchait sa présence... De plus, elle avouait avoir toujours apprécié sa compagnie, qu'il était le seul à ne pas lui taper sur les nerfs. Bobby avait très peu d'ennemis et les seules personnes qu'il énervait étaient celles qui ne supportaient pas le fait qu'il ne se fâche jamais. Pour l'instant, il n'avait jamais eu besoin de se mettre en colère réellement et ne voyait donc pas pourquoi il le ferait sans raison valable. Il aurait pu se vexer et mal prendre ce que venait de dire Erïka, le traitant de glaçon humain mais ce ne fut pas le cas. Pourquoi se fâcher pour une vérité ? L'important était la finalité : ils étaient ensemble.

- J'ai de la chance que tu sois si tolérante au froid alors. John ne m'avait jamais fait de remarques à ce sujet. Ca ne l'empêchait pas de me donner des surnoms ridicules mais il restait toujours près de moi malgré tout. Enfin, jusqu'à présent... C'est vrai qu'on a beaucoup attendu mais ce n'est sans doute pas plus mal comme ça. Peut-être qu'avant ça aurait été trop tôt. Là, on est bien comme ça, non ? Tu es tout ce qu'il me faut.

Bobby n'était pas un célibataire endurci, loin de là. Il avait eu plusieurs petites amies avant Erïka et n'en était donc pas à son coup d'essai. Mais il n'était pas comme certains qui se vantaient du nombre de fréquentations qu'ils avaient pu avoir. Contrairement à beaucoup, il ne cherchait pas juste des aventures mais bel et bien une relation durable. Cela faisait maintenant un long moment qu'il était avec la russe. C'était de loin sa relation la plus longue. Il ne s'attendait cependant pas à ce que la jeune femme le questionne à propos de ses ex. Surpris, il ne su pas quoi dire, d'autant plus que la serveuse le coupa dans son élan. Il en profita pour réfléchir à ce qu'il allait dire, laissant sa petite amie gérer la demande de facture. Quand il sentit le regard d'Erïka sur lui, il tourna la tête vers elle.

- Non, je n'ai fréquenté que des filles de l'institut. Comment pourrais je expliquer le froid de mon corps à quelqu'un qui n'est pas un mutant ? C'est trop suspect... Et c'est la raison pour laquelle elles ont duré si peu de temps. Je suis froid. Dans tous les sens du terme et ça ne plait pas à tout le monde. Au fil du temps, elles s'éloignaient de moi et allaient voir ailleurs. Je ne suis pas fait pour les interactions sociales il faut croire. C'est pour ça que je suis si heureux que tu m'acceptes comme je suis.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Ven 5 Avr 2013 - 4:57

Erïka adorait la forêt avoisinant l’institut Xavier. Elle pouvait y avoir un certain calme et profiter de la nature. Aucun danger ne la guettait, elle se sentait en sécurité. Dans la forêt, il ne se cachait que des animaux qui pourraient bien finir comme repas s’ils désiraient de s’en prendre à elle. Et puis, elle connaissait son chemin. Elle savait comment se retrouver au milieu de ces arbres tofus. S’il y avait un problème, elle pouvait retrouver l’institut assez facilement. Sinon, elle pouvait toujours grimper dans les arbres. Elle était agile, elle savait qu’elle pouvait le faire. Cependant, que pouvait-elle craindre ? Qu’est-ce qui pouvait la faire fuir ? Certes, elle avait eu quelques mauvais souvenirs dans le passé. Elle avait dû fuir cette secte, se retrouvant dans une épaisse forêt qu’elle ne connaissait pas. Le danger était partout autour d’elle. Que faire si un animal sauvage attaquait ? Que faire si les hommes de cette secte partaient à sa recherche ? Elle avait eu peur. Elle avait craint de ne pas s’en sortir. Pourtant, elle avait réussis. Elle s’était remise sur ses pieds et avait recommencé à vivre. Certes, elle ne pouvait se débarrasser de ce qui l’a marqué, de ce qui la hante toujours, mais elle pouvait toujours aller de l’avant. C’était ce qu’elle devait faire. Aller de l’avant et affronter ses peurs. Elle devait devenir plus forte, plus courageuse afin de ne plus jamais reculer devant le danger.

Il y avait toujours une façon d’oublier ses craintes et de rire de certaines situations. Comme être perdu en forêt, par exemple. Comme Bobby le disait, son pouvoir pourrait leur être utile s’ils désiraient s’échapper de leur prison naturelle. Mais pourquoi ne pas simplement faire comme les humains normaux et tenter de sortir de là par n’importe quel autre moyen ? Cela pourrait être amusant, un jour. Et puis, Erïka aimait bien chasser. Elle pourrait tenir des jours et des jours entiers à se nourrir de petites bêtes et à vivre sous des abris de bois et de feuillage. Si les petits animaux ne convenaient plus, il y avait toujours le cannibalisme, comme le suggérait Bobby en proposant de la dévorer.


-« Mais ! Je ne suis pas comestible, voyons ! » Fit la jeune fille, accompagnée d’un petit rire amusé. « Si c’est comme ça, je te conseille de surveiller tes arrières parce que j’adore les glaces. »

Si elle en aurait eu l’occasion, elle aurait sans doute fait semblant de croquer un morceau de son petit ami. Malheureusement, assise derrière lui, sur une moto qui filait à bonne vitesse sur une route pratiquement déserte, elle n’avait pas l’occasion de le faire. Elle préférait rester sagement assise derrière lui, les bras passés autour de sa taille, à communiquer via le système de micro et écouteur qu’ils portaient sous leur casque respectif.

À force de parler de nourriture, l’adolescente commençait à avoir une fringale. Elle désirait s’arrêter dans un restaurant, sur le chemin, afin de manger un peu. Ils avaient tout leur temps devant eux, de toute façon. Ce n’était pas un petit arrêt de ce genre qui allait déranger Bobby. Ce dernier se gara finalement dans une petite ville, la première qui croisait leur chemin, et gara la moto dans un parking. L’adolescente quant à elle, avait repéré un restaurant tranquille dans lequel ils s’installèrent. C’était le temps de manger, mais aussi celui de faire certaines confidences. L’adolescente confia à son petit ami qu’elle n’avait jamais connu son père, jusqu’à il y peu. Plus Erïka parlait, plus d’éléments de son passé refaisaient surface. Elle avait complétement oublié l’endroit où ils se trouvaient. Elle était plongée dans son histoire, dans ce flot de paroles qui surgissait de ses lèvres à chaque fois qu’elle répondait à une nouvelle question de Bobby. Elle parla de son père, de sa demi-sœur, ne sachant pas si un jour elle pourra considérer qu’ils font partie de sa vie comme étant des membres de sa famille. Elle ne devait pas penser à tout cela et y aller au jour le jour. Elle vivait sa vie, s’ils voulaient faire partie de la sienne ils devaient s’adapter et prouver qu’ils n’étaient pas que de passage. Elle ne les connaissait pas vraiment, pour l’instant. Elle n’avait que ses premières impressions pour représenter ces deux membres de sa famille. Arrivera-t-elle à passer outre cela afin de voir ce qu’ils étaient réellement ? William y était arrivé, lui. Il semblait bien s’entendre avec sa demi-sœur. Cela signifiait qu’elle n’était pas aussi pimbêche et superficielle qu’elle semblait l’être. Malgré tout, elle avait du mal à trouver la volonté de s’entendre avec elle. Était-elle jalouse ? Avait-elle peur que son frère s’entende davantage avec Eleonnora qu’avec elle ? Il y avait une pointe de jalousie dans tout cela, impossible de le nier.


-« Je ne sais pas ce que peut avoir cette fille pour que Will puisse si bien s’entendre avec elle… Elle me ressemble physiquement si on retire la tonne de maquillage qu’elle porte, mais sans plus. »

Peu à peu le sujet dérivait vers quelque chose de bien plus sombre, de terriblement douloureux. Bobby ne se doutait pas un seul instant de ce qu’elle avait pu vivre. Comment éviter de poser la question sur un sujet épineux alors qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il représentait aux yeux de l’adolescente. Elle avait parlé de sa famille, mais seule sa mère était absente du tableau. Erïka vint s’assoir aux côtés de son petit ami pour lui raconter la suite de son histoire. Autant dire que ce genre de chose ne laissait personne indifférent. Pas même Bobby. Lui qui était si calme et posé habituellement se crispait au court du récit de l’adolescente. Comment supporter que l’on ait fait vivre l’enfer à la personne aimée ? Malgré tout, il ne pouvait rien y changer. Cela faisait partie du passé. C’était terminé… enfin, presque. Elle devait encore faire certaines choses afin de mettre fin à tout cela. Elle n’allait pas les tuer, bien qu’elle ait songé à de multiples reprises à débarquer dans cette secte avec une arme et faire feu sur tout ce qui s’y trouvait. Cependant, il y avait d’autres solutions, bien plus pacifique. Les trainer devant la justice, par exemple. Y arrivera-t-elle ? Elle n’en savait rien. Cependant, ça valait la peine d’essayer. Sans quoi la première option sera toujours possible. Espérons seulement qu’elle ne décide pas d’en arriver là sur un coup de tête.

Doucement, elle caressait la joue de Bobby, le regardant s’adoucir doucement. Elle l’écoutait attentivement, oubliant tout ce qui se trouvait autour d’elle. Plus personne n’existait à ses yeux. Ils étaient seuls. C’est lorsqu’elle réalisa qu’ils étaient dans un restaurant qu’elle aurait aimé être à l’institut ou même à l’hôtel, seuls. Ainsi, ils pourraient parler de ce qu’ils désiraient. Ainsi, ils pourraient rester confortablement collés l’un à l’autre, plongés dans ce moment de confidence. Erïka était heureuse d’avoir Bobby à ses côtés. Lorsqu’elle l’entendait s’adresser à elle, lui dire qu’il sera là pour elle et elle ne pouvait s’empêcher de sourire légèrement.

Maintenant, il était temps de cesser de parler de ces mauvais souvenirs. Il fallait se concentrer sur quelque chose de plus positif. C’est pourquoi Erïka raconta à son petit ami une anecdote datant qu’il y a quelques années, alors qu’elle était à l’institut que depuis peu. Ainsi, cela permettait à l’atmosphère de changer légèrement. Ils pouvaient passer à un sujet bien plus léger. Ils parlaient un peu du passé, mais d’un passé bien plus heureux.


-« Je suis tolérante au froid, mais j’ai mes limites. Je me souvenais, quand j’étais jeune, chaque hiver je tombais malade parce que j’allais jouer dans la neige sans mon manteau sous prétexte que j’avais trop chaud. Ma grand-mère était découragée. Je suis certaine qu’elle n’est même pas étonnée que je sois avec un homme qui me rappelle sans cesse les hivers glacials que l’on avait autrefois. On a peut-être attendu longtemps, comme tu le dis, mais ça en valait la peine. »

Elle en profita pour le questionner sur les ex qu’il avait eues. Le sujet était peut-être malaisant pour lui, mais pas pour Erïka qui voulait en savoir davantage. Cependant, à peine l’adolescente avait-elle posé sa question que la serveuse surgit de nulle part afin de prendre leurs plats terminés. Elle comptait revenir dans quelques minutes avec la facture. Cela laissait amplement le temps à Bobby pour répondre à sa question. Écoutant attentivement ce qu’il avait à dire, la jeune fille eut droit à quelques informations qu’elle connaissait déjà, ou presque. Elle savait que Bobby était sorti avec certaines filles de l’institut. Elle était peut-être du genre solitaire, mais elle savait écouter ce qui se disait autour d’elle. Même si elle n’avait jamais rien pris véritablement au sérieux, après tout, une rumeur se propageait et se déformait si rapidement, cela ne l’avait pas empêché de se poser des questions. Bien rapidement, la jeune fille su ce qui n’avait pas fonctionné avec toutes les ex de Bobby : il était froid comme de la glace et ce, dans tous les sens du terme. Ce devait être pour cela que sa relation avec Erïka fonctionnait si bien : elle avait toujours chaud. Ils faisaient une bonne paire tous les deux.

L’adolescente posa son index contre la joue de son petit copain, le fixant dans les yeux sans rien dire. Il était froid, et puis ? Ces filles avec qui il était sorti ne devaient pas l’aimer comme elle l’aime. Il a peut-être l’air sérieux, il ne sourit pas toujours, mais il est loin d’être aussi froid que l’on peut le croire. Il est un peu comme elle, il cache bien son jeu. Il suffit d’apprendre à le connaitre et de s’approcher suffisamment de lui pour découvrir son magnifique sourire qui est loin de laisser indifférent. Il ne montre peut-être pas ses émotions, il reste peut-être aussi froid que de la glace en temps normal, mais cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas aimer pour autant. Elle l’aimait pour ce qu’il était, sinon elle ne serait pas sortie avec lui. Elle savait bien que sa peau était terriblement froide, mais cela ne l’empêchait pas de se coller contre lui si elle en avait envie. Elle pouvait toujours enfiler un pull au besoin. Ce n’était que de petits détails. Elle aimait sincèrement Bobby et c’était tout ce qui comptait.


-« Tu es froid.... » Fit-elle sans le quitter des yeux. Elle semblait plus sérieuse que jamais. Cependant, ses traits s’adoucirent et un magnifique sourire vint orner ses lèvres alors qu’elle posa son index contre son torse, au niveau de son cœur. « …mais ton cœur est chaud comme la braise. Je le sens battre avec force à chaque fois que je pose mon oreille contre lui. Contrairement aux autres, je n’ai pas peur de finir frigorifiée si cela me permet d’être près de toi.» Elle se redressa légèrement afin de poser un baiser sur les lèvres de son petit ami. Dès que ses lèvres quittèrent les siennes, elle lui offrit un grand sourire. « C’est moi où j’ai dit un truc super romantique qui pue l’eau de rose ? Je dois avoir choppé quelque chose, ce n’est pas normal. » Elle attrapa la main de Bobby et la posa sur son front. « Tu crois que je suis tombée malade? » Fit-elle en tentant de ne pas rire.

La serveuse revint, facture en main et Erïka n’eut d’autres choix que de se lever et s’étirer pour attraper son portefeuille, de l’autre côté de la table. Lorsqu’elle l’eut en main, elle paya le repas en laissant un pourboire à la serveuse, puis jeta son portefeuille dans son sac. Il était peut-être temps de partir. Après tout, ils avaient de la route à faire avant d’arriver à Newport. Lorsque la serveuse repartie, l’adolescente attrapa son manteau et l’enfila avant d’attraper son sac, qu’elle glissa en bandoulière, puis son casque. Elle attendit que Bobby soit prêt avant d’attraper sa main et de quitter le restaurant en sa compagnie.

C’était au tour de la russe de conduire. Elle enfila son casque et fit bien attention à ce que son écouteur soit bien placé à son oreille, question de pouvoir entendre son petit ami parler durant le trajet. Elle enfourcha le véhicule et démarra. Il était temps de se lancer sur les routes et de laisser son sens de l’orientation – et surtout les panneaux routiers – la guider jusqu’à bon port.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Dim 14 Avr 2013 - 10:53

Quoi de mieux pour alléger une atmosphère un peu pesante que de plaisanter un peu ? Parler de forêt aurait pu être tout à fait banal, après tout, cela n'avait rien d'exceptionnel. Mais de la façon dont en parlait Erïka, cela semblait avoir une toute autre signification. Bien que le ton de sa voix restait le même, ce qu'elle disait semblait appartenir au passé, comme si la forêt et elle partageaient un passé commun. Bobby ignorait ce qui se cachait derrière tout ça mais ne posa aucune question. Parler via des oreillettes n'était pas la meilleure façon de procéder, surtout s'il y avait quelque chose de pénible à raconter. Allait on se perdre en forêt et manger des écureuils pour le plaisir ? Sans doute pas. Mais tout cela ne restait que des suppositions et Bobby préféra ne pas trop s'avancer. Mais comme le sujet semblait un peu trop sérieux à son goût, il décida d'apporter une petite touche de plaisanterie, estimant que s'il mourait de faim, il pourrait toujours dévorer Erïka à défaut des écureuils, sans doute pas à son goût. La russe se défendit d'être comestible mais lui retourna la proposition, avouant adorer les glaces. Ca, une glace, il en faisait une de taille.

- Je suis trop froid pour être mangé. Ta langue risquerait de rester collée sur ma peau, ce serait ballot, non ?

Mais quoi de mieux que de se rendre dans un véritable restaurant pour pouvoir manger ? Après tout, ils n'étaient pas perdus en forêt, pas encore, et avaient donc tout le loisir de se rendre où ils le désiraient pour caler leurs estomacs. C'est là, tranquillement installés dans un restaurant et à l'abri des oreilles indiscrètes que Bobby posa quelques questions à Erïka à propos de certaines choses qu'il ignorait encore chez elle. En fait, il ignorait tout de son passé et de ses origines. Mis à part le fait qu'elle était russe et avait une grand mère adorable, il ne savait pas grand chose. Cela lui suffisait, il n'avait besoin de rien d'autre pour l'aimer mais ce n'était pas pour autant qu'il ne voulait rien savoir d'elle, au contraire. Profitant des questions, la jeune femme lui donna quelques détails sur sa vie et ce qu'elle avait vécu jusqu'à présent. Peu de monde pouvait se targuer d'être enfant d'un milliardaire et c'était pourtant le cas d'Erïka bien que son comportement n'avait en rien changé depuis qu'elle l'avait appris et touché une part de son héritage. Beaucoup auraient changé, profitant de leur nouveau statut, mais pas elle. Mais à présent, Erïka devait composer avec un père et une demi soeur dont elle ne connaissait rien et qui avaient débarqué dans sa vie. Rien ne l'obligeait à les accepter mais avoir une famille unie était toujours mieux. Cependant, une certaine différence n'empêcherait elle pas un rapprochement ? Et si ils n'étaient pas mutants, eux ? Erïka ferait elle face au même souci que lui ? Ils n'avaient pas forcément la même tolérance qu'Anieta. Quoiqu'il en soit, elle ne semblait pas très bien s'entendre avec sa soeur, contrairement à William. La façon dont elle en parlait fit sourire Bobby. Pourquoi réagissait elle de la sorte ? On aurait dit qu'elle était plus ou moins jalouse du rapprochement entre son frère et sa soeur. Etait ce parce qu'elle, elle n'y arrivait pas ou bien parce que cette nouvelle tête accaparait un peu trop l'attention du rouquin ?

- Peut-être que tu le découvriras en passant plus de temps avec elle. Ou si tu préfères, tu peux toujours demander à Will directement. Ca t'ennuie qu'ils se rapprochent ? D'ailleurs, je me demandais... ils sont mutants ? Ton père et ta demi soeur ? Anieta ne l'est pas alors, je me demandais...

Mais en dehors de tout ce petit monde, il restait une personne, jamais évoquée : sa mère. Bobby se rendit rapidement compte à quel point il s'agissait d'un sujet épineux et regretta quelque part de l'avoir abordé. Néanmoins il connaissait à présent le passé de sa petite amie et ce qu'elle avait pu vivre. Ainsi, il serait à même de mieux la comprendre et il la remercia d'avoir eu assez confiance en lui pour lui confier tout cela. Bien que la menace de sa mère soit éloignée, elle était toujours présente. Le changement de nom et de lieu de vie d'Erïka suffirait il à la protéger ? Le mutant ne voulait pas que la jeune femme soit à nouveau dans le tourment mais à part la protéger si il arrivait quelque chose et la soutenir en continu, il ne pouvait pas faire grand chose. Il ne connaissait rien de cette secte dont elle avait été prisonnière et c'était sans doute mieux ainsi. A présent, les choses avaient changées, Erïka avait droit à une nouvelle vie bien méritée. Bobby lui assura, après s'être calmé, qu'elle pourrait toujours compter sur lui. Il ignorait bien de quoi était fait le lendemain mais il ne comptait pas abandonner la femme qu'il aimait.

Cela remémora à Erïka les moments passés ensemble, avant qu'ils ne soient un couple. La russe était bien la seule personne qu'il attirait à cause du froid qu'il dégageait. Chez d'autres, c'était plutôt l'inverse et il en avait fait une habitude. A croire qu'avec elle, il était loin d'être au bout de ses surprises, pour son plus grand bonheur. Erïka expliqua qu'elle avait toujours aimé le froid, quitte à s'en rendre malade. Malgré tout, elle n'avait jamais vraiment osé s'approcher de lui pour profiter de cette fraicheur, bien qu'ils s'étaient toujours bien entendus. Au moins ils étaient en couple maintenant. Cela avait mis du temps à se mettre en place, mais c'était sans doute mieux ainsi.

- J'aurais pu t'approcher plus tôt mais... je ne voulais pas perdre notre amitié si jamais tu n'avais pas voulu de moi.

Mais contrairement à elle, Bobby avait déjà été plusieurs fois en couple, il n'était pas novice en la matière. Bien qu'il avait eu plusieurs petites amies, il ne les avait jamais conservées très longtemps, pour plusieurs raisons. Peu de personnes étaient tolérantes au froid et cela suffisait bien souvent à les éloigner, jusqu'à ce que finalement, elles en aient assez de ne pas pouvoir être proche de leur copain. Cette barrière sociale avait fini par décourager le jeune homme, persuadé qu'il serait condamné à finir ses jours seul. A moins de tomber sur quelqu'un que le froid ne dérangeait pas... Erïka était cette personne. Mais il n'y avait pas que ça. Son caractère assez froid et effacé ne contentait pas toujours tout le monde. On pouvait dire ce que l'on voulait, Bobby n'était pas des plus contrariants. Son calme énervait parfois les autres qui pensaient alors qu'il était insensible à tout ce qu'on pouvait lui dire. Mais c'était faux. Il était expressif mais n'en abusait pas et était assez posé. Erïka semblait l'avoir compris. Pourtant, elle posa son doigt sur sa joue, comme pour constater quelque chose avant de définir qu'il était froid. Cette petite réflexion fit un pincement au coeur de Bobby. Il le savait bien qu'il était froid. Elle n'allait pas s'y mettre elle aussi ? Pas elle...

Mais elle ne s'arrêta pas là. Bobby voulu dire quelque chose mais en voyant son sourire se dessiner, il ne savait plus quoi dire. Des yeux, il suivit le cheminement de son index jusque sur son torse, au niveau du coeur, avant de remonter les yeux vers elle. Ce qu'elle déclara alors laissa Bobby un peu pantois, surpris par une telle déclaration. Il n'y avait vraiment qu'elle pour voir les choses sous cet angle. Ce discours réchauffa davantage le coeur du mutant qui se mit à sourire à son tour, touché par ce qu'elle disait. Il répondit avec tendresse au baiser qu'elle lui donna, se retenant de ne pas le pousser davantage parce qu'ils étaient au beau milieu d'un restaurant. Mais Erïka se demanda finalement si elle n'était pas malade pour tenir un tel discours, trop romantique à ses yeux. Voilà que la main de Bobby était placée sur le front de la jeune femme. Celui ci se mit à sourire et glissa sa main jusque sur sa joue, la caressant doucement.

- Si tu es malade, je le suis sans doute autant que toi. Parce que mon coeur, c'est toi qui le réchauffe. Voilà pourquoi sans doute, personne ne l'avait constaté avant toi. Tu étais tout ce qu'il me manquait. Tu vois, je crois que je couve la même chose que toi... Mais je m'en fiche, au moins John n'est pas là pour se moquer de nous.

Il se mit à sourire puis l'embrassa à son tour avant que la serveuse ne fasse irruption. Bobby laissa Erïka payer, ne tenant pas à se battre avec elle pour ça. Il paierait la prochaine facture, ce n'était pas un souci. Maintenant qu'ils avait réglé la note, ils étaient libres de partir pour continuer le trajet jusqu'à Newport. Bobby rassembla ses affaires, enfila à nouveau sa veste et attendit qu'Erïka fasse de même, le casque sous le bras. C'était au tour de la jeune femme de prendre les commandes. Bobby s'installa derrière elle, la tenant fermement mais sans l'étouffer pour autant. Il aimait cette proximité avec elle et lui faisait totalement confiance pour les mener à bon port. Une fois l'oreillette mise, il remit son casque et attendit qu'elle démarre. Par chance, l'heure était un peu avancée et il y avait moins de monde sur les routes. Elle n'eut donc pas à batailler avec trop de circulation. De plus, Bobby l'avertit de changer de route à un moment, ayant repéré une petite route qui serait plus fréquentable que les grands axes. Ainsi, ils n'auraient pas le stress de la circulation même si le trajet serait un petit peu plus long. Le soleil disparaissait derrière l'horizon bien qu'il ne faisait pas encore noir. Au loin se dessinait la ville, déjà en partie illuminée. Ils allaient enfin pouvoir se reposer.

- On arrive bientôt on dirait. Pas trop fatiguée ?
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mar 16 Avr 2013 - 0:13

Erïka avait parfois tendance à parler de certaines choses avec un drôle d’air, comme si elle évoquait de mauvais souvenirs sans toutefois le dire ouvertement. Elle devrait se taire, par moment. Autant elle avait envie de parler, autant elle craignait de s’avancer sur les sujets épineux qui lui trottaient dans la tête. Pourtant, il faudra bien qu’elle se montre directe, comme elle le faisait habituellement, plutôt que de laisser Bobby dans l’ignorance avec tout un tas de questions sans réponse. Ce dernier prenait soin de ne pas trop se préoccuper de la façon dont sa petite amie parlait de la forêt. Il préférait détendre l’atmosphère et plaisanter un peu. Cela fonctionnait à merveille. Ils avaient dérivés sur un autre sujet et parlaient maintenant de nourriture. Enfin, Bobby parlait de dévorer Erïka qui n’était pas du tout d’accord avec cela. Elle comptait bien le dévorer lui, à la place, adorant les glaces. Cependant, le mutant lui expliqua qu’il était tellement froid que sa langue risquait de rester collée contre sa peau. Ce n’était pas cette raison qui allait découragée l’adolescente pour autant ! Elle avait tout un tas de solutions en réserve.

-« Alors je vais te réchauffer et te faire fondre tout doucement avant de te manger tout cru ! »

Pour l’heure, il valait mieux trouver un restaurant afin de calmer la fin d’Erïka. Ce serait dommage qu’elle décide de se rabattre sur son petit ami et de le dévorer vivant. Ils s’arrêtèrent donc dans un petit restaurant afin de prendre le temps de se rassasier et de discuter un peu. Ainsi, Bobby en appris plus que jamais sur Erïka, sa famille, son passé. Elle était mystérieuse, elle avait toujours caché ce qu’elle avait vécu. Maintenant, on pouvait dire que le jeune homme était en mesure de comprendre l’origine des nombreux cauchemars qui assaillaient sa petite amie. Elle n’avait pas eu une enfance très facile, mais s’en était sortie. À présent, elle souhaitait passer à autre chose. De nouveaux membres de sa famille avaient fait récemment irruption dans sa vie. Si elle ne savait pas trop quoi penser de son père, elle avait déjà décidé qu’elle n’aimait pas sa sœur. Cela ne lui plaisait pas que de voir Will s’entendre si bien avec elle. Elle était jalouse ? Si. Cependant, cela serait impossible de lui faire avouer. Afin, après sa petite crise de jalousie mal dissimulé lorsque Bobby était rentré à l’institut avec Cassandra, l’été dernier, le jeune homme devait avoir plus de facilité à remarquer que quelque chose n’allait pas. Il lui demanda si elle n’aimait pas le fait que Will et Eleonnora semble si bien s’entendre.  L’adolescente grommela quelque chose de pas très clair et de pratiquement inaudibles avant de répondre à la question.

-« Je ne sais pas. Je ne comprends pas pourquoi il l’apprécie. Je ne sais pas si elle est mutante… mais tu crois que ça peut aider au fait qu’ils s’entendent bien ? J’ai cru comprendre que mon père était comme nous, alors peut-être qu’elle aussi… Son pouvoir doit être d’être super narcissique. Je n’ai jamais vu une femme s’aimer et se vanter autant. »

Pour l’instant, Erïka ne voulait pas penser à cela. À quoi bon pourrir davantage l’ambiance ? Elle parla de son passé, même de sa mère en révélant les tragiques événements qu’elle avait vécu à cause de cette femme. Tout cela était du passé. Il fallait aller de l’avant et se concentrer uniquement sur le présent. C’était ce qu’elle désirait faire, présentement. Elle était heureuse de la vie qu’elle menait. Elle se comptait chanceuse d’avoir Bobby dans sa vie, même s’il leur avait fallu beaucoup de temps avant de devenir officiellement un couple. Ils s’étaient côtoyés pendant quelques années, surtout à l’époque où John résidait toujours à l’institut. Même s’il y avait eu une certaine attirance, bien des facteurs avaient empêché un couple de se former à l’époque. Déjà, il y avait l’incapacité d’Erïka à faire confiance à qui que ce soit. Elle craignait de se lier à qui que ce soit et d’en souffrir par la suite. Maintenant, elle s’ouvrait peu à peu, même si cette crainte était toujours présente, au fond d’elle.

L’adolescente n’avait jamais pensé que leur relation ne pourrait pas fonctionner à cause de Bobby. Au contraire, elle pensait plutôt que son propre caractère pourrait causer un véritable désastre dans leur relation. Le jeune homme aurait pu se lasser d’elle, de ses problèmes qui la suivaient partout, mais non. Il avait toujours été près d’elle lorsqu’elle se réveillait suite à un cauchemar. Il avait toujours été gentil et patient à son égard. Parfois, elle se demandait même s’il lui arrivait à se frustrer. Elle ne le voyait jamais en colère. En fait, c’était peut-être une bonne chose. Cela évitait une guerre mondiale à chaque fois qu’Erïka était sur les nerfs et rageait contre la première personne à dire un mot de travers. Son tempérament doux et calme la poussait à adopter la même attitude. Après tout, lorsqu’elle était seule dans son coin, elle était plutôt calme et posée. C’est seulement qu’elle n’arrivait pas à adopter la même attitude lorsqu’elle était entourée de gens.

La jeune fille posa l’index contre la joue de son petit ami avant d’affirmer qu’il était froid. Elle n’allait pas lui cacher la vérité, l’évidence même, après tout. Cependant, elle ne s’arrêta pas là. Elle laissa son doigt glisser jusqu’au cœur de Bobby, se laissant aller dans un élan de romantisme pur. Elle était sincère. Son cœur était chaud. Il n’était pas si froid qu’il le paraissait. Il savait s’amuser, plaisanter. Elle le voyait sourire lorsqu’elle était à ses côtés. Elle faisait simplement partie de ces rares personnes à voir au-delà des apparences. Erïka l’aimait tel qu’il était, sinon elle ne serait jamais sortie avec lui et leur couple n’aurait pas duré si longtemps.
Embrassant tendrement Bobby, la jeune fille ignora les quelques personnes présentes dans le restaurant. Elle était bien dans ses bras, elle n’avait pas envie de les quitter. Par contre, au bout de quelques secondes, elle rompit le baiser en se demandant si elle n’était pas tombée malade. Elle disait des choses romantiques et totalement ridicules qui ne lui ressemblaient pas du tout. Attrapant la main de son petit ami, elle la posa contre son front. Quelque chose clochait, chez elle.

Pourtant, Bobby la rassura. Il était atteint de la même fièvre qu’elle. Ils étaient tous les deux malades. Cette maladie incurable se nommait amour. Si son cœur était si chaud, c’était parce qu’elle était là pour le faire battre, pour le réchauffer. La jeune fille se mis à rougir face à de si belles paroles. Un petit rire gêné vint également franchir ses lèvres alors qu’elle tentait de le retenir.


-« C’est tellement mignon… mais tellement étrange, aussi. J’ai pas l’habitude d’entendre ce genre de choses. »

Ils étaient mignons à voir. Heureusement que John n’était pas là pour rire d’eux, comme le disait Bobby. Erïka perdrait toute crédibilité à ses yeux, c’était assuré. Ce n’était pas comme si elle prêtait attention à l’opinion qu’il avait d’elle. Néanmoins, elle préférait qu’il la perçoive comme une jeune femme au fort caractère qui ne se laissait pas marcher sur les pieds par quiconque.
D’ailleurs, elle remarqua qu’il était rare que ce soit Bobby qui parle de lui. Habituellement, il ne parlait pas du mutant, surtout depuis qu’il avait quitté l’institut. Erïka avait eu le malheur de le croiser à quelques reprises. En était-ce de même pour Bobby ? Elle profita du fait qu’il abordait le sujet afin de lui raconter un événement s’étant produit l’été dernier. Elle n’avait jamais revu John depuis cet événement. Heureusement. Disons qu’elle n’en gardait pas un très bon souvenir…


-« S’il nous verrait comme ça, il se moquerait de nous, c’est certain. D’ailleurs, je l’ai revu il y a plusieurs mois de ça. Il est… il est vraiment con, encore plus qu’auparavant. J’étais allée à la gare, pas loin de là il y a un grand marché extérieur et j’avais envie de faire quelques courses. Quand je suis allée retrouver la moto dans le parking souterrain de la gare, je l’ai croisé. Il y avait un de ces boucans, plus haut… Il avait foutu le feu. Il tentait de partir, l’air de rien…»

//FLASH//

John avait été touché par balle, ce qui l’avait fait chuter de sa moto. Le policier qui avait tiré le coup de feu fut immédiatement brûlé par le jeune homme, mais n’en mourra pas, heureusement. Il était uniquement brûlé sévèrement. La jeune fille ne préféra pas s’attarder. Elle souhaitait partir. Même si John s’adressait à elle, elle l’ignorait. Elle était en colère contre lui, contre ce qu’il avait fait. Elle l’attrapa par le collet et l’engueula comme jamais, ignorant sa blessure à l’épaule.


-« Tu n’es qu’un con John ! Un putain de sale connard ! Tu tues des gens pour le plaisir ! Tu te rends tu comptes de ce que tu es devenu ?! Un monstre ! Comment tu peux oser faire ça ?! » Elle le repoussa, le projetant au sol, et ramassa ses clés avant de reculer d’un pas. « Tu n’es plus le même… Tu ne le seras jamais plus… »

-« Argh keuf...c'était eux ou moi...arghh »

//FLASH//

-« … mais des policiers ont tentés de l’arrêter. Ça n’a pas trop fonctionné. Il ne les a pas tués, mais ce n’était pas très beau à voir. J’étais si nerveuse, je me suis dépêchée de me rendre à ta moto, que j’avais garée au peu plus loin. Je suis montée et j’ai tenté de démarrer. »

//FLASH//

Troublée et terriblement nerveuse, la jeune fille n’arrivait pas à insérer les clés dans le contact. Elle tentait de se calmer, mais en vain. Ses mains tremblaient, elle était sur les nerfs. Soudainement, John, qui avait réussis à remonter sur sa moto, conduit jusqu’à elle et attrapa les clés du véhicule qu’elle tenait nerveusement. Il les inséra lui-même dans le contact. C’est à ce moment qu’il constata que la moto n’appartenait pas à Erïka.


-« C'est celle de... keuff »
-« Celle de Bobby. »

Dans d’autres circonstances, elle aurait peut-être avoué qu’elle sortait avec lui, mais pas dans une telle situation. Elle préféra démarrer, fuir loin d’ici, et rentrer à l’institut en tentant d’oublier ce qui s’était produit.

-« Tu dois partir d'ici avant que la police ne débarque... »

-« La police ? La police !? Regarde autour de toi, tu viens de la cramer pauv’ con ! »

Écœurée, la jeune fille mis son casque et démarra à toute vitesse. Elle ne voulait plus entendre parler de John. Plus jamais.

//FLASH//


-« … j’y arrivait pas, en fait. Il l’a fait pour moi. Ensuite j’ai démarré. Je suis partie. Si je le revoie, je lui mets la baffe de sa vie. »

Elle venait de lui raconter toute l’histoire. Elle lui avait expliqué comment elle s’était sentie à ce moment, alors qu’elle avait vu des hommes être gravement brûler devant ses yeux. Elle ne voulait plus revoir John depuis ce qui s’était produit. Il était passé d’un côté bien plus sombre. Il avait changé. Il n’était pas celui qui ne faisait que l’enquiquiner à l’institut. Il était un tueur, un monstre.

-« Enfin… ça ne sert à rien de parler de mauvais souvenirs. Il ne fait plus partie de ma vie, ce n’est pas une perte. Il faut voir le bon côté des choses : il n’y a plus personne pour occuper ta chambre, ce qui nous laisse toute la pièce rien que pour nous. »

Erïka était maintenant prête à reprendre la route. Elle paya la facture du repas avant d’enfiler son manteau, puis d’attraper son sac et son casque. La jeune fille quitta l’établissement aux côtés de son petit ami. C’était à son tour de prendre le volant. Enfila son casque, elle s’installa sur le véhicule. Lorsque Bobby fut prêt, elle démarra. Elle se laissait guider par l’autoroute, n’ayant pas autre chose à faire que de rouler sur les longs chemins mornes. C’était bien plus ennuyeux que ce qu’elle croyait. À un moment, Bobby l’averti de changer de route afin de prendre un autre chemin. Elle l’écouta et fit ce qu’il disait.

Le soleil tombait lentement, à l’horizon. Il allait bientôt faire nuit. Heureusement, ils étaient à proximité de la ville. Elle commençait à fatiguer, avec le temps. Il n’y avait rien d’intéressant sur ce type de route, contrairement à la ville, où ses sens étaient en alerte. Elle devait faire attention à ne pas frapper un piéton ou ne pas heurter une autre voiture. Bobby lui demanda si elle n’était pas trop fatiguée. En fait, si. Cependant, elle savait parfaitement qu’au moment où elle posera les pieds sur la terre ferme, elle se sentira bien plus énergique.


-«  Ça va aller. La route est longue et chiante. Je ne savais pas que c’était si ennuyeux de rouler sur une longue route comme ça.  Je préfère nettement la ville. »

D’ailleurs, lorsqu’elle arriva en ville, elle trouva un petit motel où ils pourraient s’arrêter pour la nuit. Elle s’y gara après avoir proposé à Bobby de s’y arrêter. Une fois le moteur coupé, la jeune fille descendit du véhicule. Elle accompagna son petit ami jusqu’à l’intérieur du bâtiment où elle s’approcha du comptoir, à l’accueil. Elle demanda une seule chambre. Lorsqu’elle eut les clés, elle se rendit à la porte dont le numéro correspondait à celle de la clé. Elle y entra. Ce n’était rien de bien luxueux, il n’y avait que le minimum. Il était possible de se coucher sur le lit afin de regarder la télévision. Lié à la chambre, il y avait une petite salle de bain. Elle prendra un bain un peu plus tard. La jeune fille posa son casque sur la commode et posa sa veste sur un crochet. Son sac alla rejoindre le casque, sur la commode. Par la suite, la jeune fille se jeta sur le lit.

-« Elle est sympa cette chambre, non ? »


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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mar 16 Avr 2013 - 10:20

La façon dont répliquait Erïka amusait Bobby. Si Will les entendait, nul doute qu'il comprendrait les choses autrement que, leur reprochant sans doute d'user de double sens pour ne pas dire clairement les choses. Mais cette fois, il n'était pas là et rien ne les empêchait donc de dire ce qui leur passait par la tête. La répartie de la russe était bien trouvée mais Bobby ne tenait pas à finir dévorer. En tout cas, pas au premier sens du terme. Il ne pouvait se défendre physiquement alors il ne lui restait plus qu'une solution, user de la parole. Mais tenait il vraiment à se défendre ?

- Je suis partagé... D'un côté, j'ai bien envie de me laisser faire mais d'un autre côté... si tu me dévores, cela signifie que je ne pourrais plus jamais te revoir. Et ça, je ne suis pas tellement d'accord.

Mais ils devaient l'avouer, ils avaient faim tous les deux. Et la perspective de courir dans la nature pour chercher de quoi manger était peut-être amusante mais pénible et au final peu nourrissante. Se rendre dans un restaurant leur évitait donc de devoir courir après un éventuel plat sur pattes. Arrivés en ville, ils choisirent un restaurant et s'y installèrent le temps de manger et de se reposer un peu après un long trajet. Ce n'était pas forcément le lieu idéal pour parler d'un sujet épineux mais pourtant, ils évoquèrent finalement le passé d'Erïka et l'arrivée de nouveaux membres de sa famille dans sa vie. On ne pouvait pas dire que sa vie était un long fleuve tranquille et Bobby s'étonnait de ne pas l'avoir vue plus souvent craquer. Elle faisait preuve d'une sacrée force mentale. Sans doute cela était il du à ses proches mais le mutant soupçonnait néanmoins la jeune femme d'être une réelle combattante pour ne pas avoir baissé les bras. Malgré ce qui s'était passé, elle conservait un caractère tranché, elle ne s'était pas repliée sur elle-même. Peut-être que son agressivité venait justement de là, mais comment lui en vouloir ?

Sa demi soeur semblait assez différente d'elle d'après ce qu'elle disait. Malgré tout, cela ne l'empêchait pas de bien s'entendre avec William et Erïka ne comprenait pas pourquoi. Eleonnora était elle si pénible que ça pour qu'elle se pose la question ? Ou était ce juste parce qu'elle ne l'appréciait pas elle et que du coup elle ne concevait pas que l'on puisse l'aimer ? Bobby ne l'avait pas encore rencontrée et il lui était donc difficile d'émettre un jugement sur elle, il ne pouvait se fier qu'à ce que lui disait Erïka. Et il savait bien qu'elle n'était certainement pas objective. Elle la soupçonnait d'être mutante, tout comme elle et son père, ce qui était à ses yeux une raison nécessaire ou presque pour que le rouquin et elle puissent s'entendre. Will n'aimait pas les humains ? En tout cas, Erïka n'avait pas l'air de tellement aimer sa soeur vu la façon dont elle en parlait. Néanmoins, la supposition du pouvoir de la jeune femme fit rire Bobby.

- Si elle a un pouvoir, c'est peut-être justement ça qui la fait se sentir supérieure. Et il y a de grandes chances qu'elle soit une mutante, oui, surtout si ton père l'est. C'est un gêne qui se transmet via les pères, qu'ils soient porteurs actifs ou passifs. Tu crois que c'est une raison suffisante pour que Will et elle s'entendent bien ? Il n'aime pas les humains ? En tout cas, je suis certain qu'à ses yeux, elle ne t'arrive pas à la cheville.

Cela se voyait qu'elle était jalouse, même juste un peu. William le savait il au moins ? Sans doute pas. Lorsque cela nous concernait, on avait tendance à ne pas voir des choses évidentes. Comme lorsque Bobby avait amené Cassandra à l'institut. Erïka avait piqué une crise de jalousie que le mutant n'avait compris que parce que le rouquin le lui avait fait remarquer. Il ne fallait cependant pas qu'elle s'inquiète en ce qui concernait William. Bobby ne doutait pas un seul instant qu'il la laisse tomber ou se mette à lui préférer sa soeur. Car vu la façon dont il s'occupait d'elle et le vrai frère poule qu'il était, aucun doute que cela arrive. Erïka était bien entourée.

Bobby non plus ne comptait pas la laisser tomber. Il avait toujours été plus ou moins là, bien qu'un peu effacé. Ils se connaissaient maintenant depuis plusieurs années, presque depuis l'arrivée d'Erïka à l'institut, bien qu'ils n'aient jamais été très proches auparavant. Cependant, Erïka avouait avoir voulu plus d'une fois se rapprocher de lui physiquement pour profiter du froid qu'il dégageait. C'était bien la seule personne à vouloir le faire volontairement et cela faisait plaisir à Bobby. Sa seule crainte était que, comme les autres, elle finisse par s'éloigner de lui car cela devenait difficilement supportable d'être à proximité d'un tel glaçon. Il faisait ce qu'il pouvait pour contrôler sa température corporelle mais il ne pouvait pas non plus faire de miracles.

Erïka l'avait interrogé sur ses anciennes petites amies et Bobby avait été franc avec elle bien que cela ne lui faisait pas plaisir et se souvenir qu'il les avait toutes perdu à cause de la même raison. La jeune femme subirait elle le même sort ? Il ne l'espérait pas car elle, il l'aimait. Il ne voulait la perdre sous aucun prétexte, cela serait insupportable pour lui si elle venait à s'éloigner de lui d'une façon ou d'une autre. Mais elle le rassura dans ses propos. Cela semblait venait du fond du coeur car elle s'étonnait elle-même d'avoir un tel discours, se définissant comme malade.

- Il va falloir que tu prennes l'habitude alors. Je te promet que je prendrais soin de toi, surtout... si tu es malade.

Si elle l'était, Bobby était atteint du même syndrome et il se fichait bien qu'on se moque de lui à cause de ça, même de la part de John. Il s'imaginait que ce dernier ne les aurait pas loupé s'il avait été encore parmi eux. Mais ce n'était plus le cas. Bobby ne parlait jamais de lui ou rarement, étant pour lui un bien mauvais souvenir et également un échec personnel. Comment avait il pu laisser son ami se faire ainsi corrompre ? En parler était pour Bobby quelque chose de douloureux mais il ne pouvait pas non plus faire comme si il n'existait pas. Erïka avoua l'avoir vu il y a peu de temps et le catalogua comme étant encore plus con qu'auparavant. Cela n'étonna pas spécialement Bobby. Il avait rejoint la Confrérie et devait donc obéir à Magneto tel un valet. Ce qu'elle révéla cependant fit hausser un sourcil à Bobby avant qu'il ne lâche un soupir. Il s'en était pris à la police ? Que cherchait il à prouver ? Bien que le mutant n'avait pas envie de parler de ça, il pesa le pour et le contre et supposa qu'il valait mieux qu'il dise ce qu'il avait sur le coeur. Avec Erïka, il pouvait bien en parler.

- Au moins il ne s'en est pas pris à toi, c'est déjà ça. C'est... sans doute ma faute si il a mal tourné. Je n'ai pas réussi à le raisonner... Il a toujours été tête brûlée, il n'écoutait que lui... et il s'est quand même fait manipuler si facilement... J'ai eu beau dire ce que je voulais, il n'a pas hésité une seconde à nous trahir. J'ai essayé de le retrouver pour lui faire changer d'avis mais... ça n'a jamais rien donné de bon. Tout ce qu'il veut c'est m'affronter pour prouver qu'il est plus fort que moi. Ca ne m'intéresse pas de me battre contre lui... Je veux juste... que ça redevienne comme avant. Mais je sais que c'est trop tard.

Ca, c'était le mauvais côté de la chose. Mais pour Erïka, ce n'était pas une grosse perte et cela leur laissait la chambre pour eux seuls. Qui voudrait la partager avec Bobby de toute façon ? Personne ne tenait à vivre dans un frigo.

- Mais c'est vrai que ça nous laisse un peu de liberté, du coup. Peut-être qu'on pourrait l'amener un peu mieux pour que ce soit notre chambre à nous... officieusement bien sûr.

Maintenant qu'ils étaient repus, il était temps de reprendre la route. Leur objectif étant défini, ils n'avaient plus qu'à rouler jusqu'à là bas. C'était au tour d'Erïka de piloter et Bobby la laissa faire, ne lui donnant pas une seule fois un conseil. Après tout, elle avait son permis et il lui faisait pleinement confiance. De plus, il n'y avait pas foule et c'était bien souvent de longues lignes droites. Des endroits parfaits pour piquer une pointe de vitesse. Mais Erïka n'était pas fan de vitesse comme il l'était. Elle avouait également trouver le trajet pénible et peu intéressant. Bobby s'en fichait un peu du moment qu'il était sur sa moto mais il devait reconnaitre que cela n'avait rien de passionnant.

- Je conduirais davantage au retour et je te laisserais la main lorsqu'on approchera des villes.

Ils ne tardèrent pas à arriver en ville et n'eurent aucun mal à trouver un motel. La moto garée, les deux mutants prirent une chambre. Inutile d'en prendre deux séparées, ils étaient un couple non ? Pour une fois qu'ils n'étaient pas à l'institut, ils pouvaient bien procéder comme ils le souhaitaient, loin des règlements. Une fois dans la chambre, Bobby déposa son casque à côté de celui d'Erïka et retira sa veste, la déposant sur le dossier d'une chaise. Erïka occupait déjà le lit. N'avait elle pas dit qu'elle n'était pas fatiguée ? Bobby l'y rejoignit, s'asseyant près d'elle. Il balaya la pièce des yeux. La chambre n'avait rien d'exceptionnel, elle était même plus banale que celles qu'ils avaient à l'institut. Mais au moins, ils partageaient la même. Se saisissant d'un des oreillers, Bobby donna un coup à sa petite amie avec, souriant d'un air amusé.

- Très sympa. Les oreillers sont plutôt bien rembourrés. Et en plus... il y a une jolie fille fournie avec. Que demander de mieux ?
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mar 16 Avr 2013 - 17:21

Erïka était douée pour détecter les paroles à doubles sens. Combien de fois elle avait étendu Will dire quelque chose sans même penser de travers alors qu’elle voyait parfaitement un sens pervers à ses paroles ? Cependant, quand il était question de Bobby, le rouquin était un véritable champion pour relever tous les doubles sens. Heureusement qu’il n’était pas là. Sans le contexte de la conversation, il ne pourrait pas comprendre de quoi ils parlaient. Ils avaient débuté sur quelques paroles d’Erïka au sujet de la forêt qui les entourait, puis de nourriture sur patte. À présent, le petit couple parlait de qui allait dévorer l’autre. Erïka, qui adorait les glaces, affirmait qu’elle n’avait qu’à réchauffer Bobby afin de le manger sans voir sa langue se coller contre sa peau glacée. Cependant, si elle faisait cela, n’allait-elle pas le perdre ? Ce serait triste de le faire disparaitre sous prétexte qu’elle avait une envie insatiable de manger quelque chose de froid.

-« Mmmm… Dans ce cas, je vais contenir mon appétit. Je n’ai pas envie de te perdre, même si tu sembles si délicieux. »

Une fois aux restaurants, la jeune fille eut l’occasion de manger à sa faim. Elle eut également une longue conversation avec Bobby concernant des sujets plus personnel. Dans le lot de ses révélations, elle lui parla de l’arrivée de son père et de sa demi-sœur dans sa vie. Erïka n’aimait pas vraiment cette dernière. Il y a quelque chose chez elle qui ne lui plaisait pas du tout. Et puis, pourquoi William s’entendait aussi bien avec cette pimbêche ? Elle n’était pas du tout son genre ! Elle ne voyait aucune raison logique pour qu’il s’entende bien avec elle. Était-ce parce qu’elle était mutante ? Non, ce ne pouvait pas être pour cela, après tout il détestait bien d’autres mutants comme il appréciait des humains. Pourtant, elle ne voyait aucune autre raison. Et puis, sachant que son père avait un don, sans qu’elle en connaisse la nature, elle détermina que les chances que sa demi-sœur soit également affectée par le gène X.

-« Je ne sais pas si c’est ce qui fait qu’il s’entend bien avec elle. Je ne comprends pas pourquoi il l’aime bien. Ça ne m’étonnerait pas qu’elle ait la tête enflée à cause de son don. Elle est riche, elle ressemble à un mannequin et elle est mutante, normal qu’elle ait la grosse tête. Je sais que Will est super méfiant envers les humains, il ne leur fait pas trop confiance pour de nombreuses raisons personnelles, mais je ne le vois pas aimer une personne parce qu’elle est mutante. Pourtant, je ne vois pas d’autres raisons d’aimer cette fille… »

Elle n’aimait pas Eleonnora, cela était clair, net et précis. Leurs caractères ne collaient pas, c’est tout. Elle ne voulait pas avouée être jalouse du fait que son frère s’entende bien avec sa demi-sœur. Même son jumeau l’adorait ! Mais bon, il n’était pas une référence, il aimait tout le monde. Et puis, voilà enfin une femme de la famille qui acceptait de regarder Beautés Désespérées et de parler de potins avec lui. Mis à part l’apparence physique, Erïka ne partageait rien avec cette femme et cela restera encore ainsi pendant longtemps, selon elle. Même si elles vivaient toutes deux à New-York, ce n’était pas une raison pour se côtoyer.

Pourquoi parler de personnes absentes ? Ils étaient ensemble, tous les deux, dans un petit restaurant tranquille. Ils en profitèrent pour parler un peu d’eux, du couple qu’ils formaient. Ils étaient si mignons à voir, à se dire des trucs super romantiques qui en rendraient malade Erïka, en temps normal. L’adolescente n’était pas une jeune fille très romantique et ne rêvait pas d’une histoire parfaite avec un prince charmant qui serait le plus beau de tous, le plus galant, le plus génial de tous les hommes de cette Terre. Elle avait Bobby et cela lui suffisait. Elle l’aimait sincèrement et, à ses yeux, il était parfait. Il l’était dans ses qualités tout comme dans ses défauts, qu’elle cherchait toujours, d’ailleurs. Elle n’avait pas besoin du stéréotype du bellâtre que l’on voyait dans les films. Elle avait un petit ami tout simplement fantastique, qui l’aimait, qui la comprenait, qui s’occupait d’elle. Il était si adorable, si gentil. Il se distinguait par la couleur éclatante de ses magnifiques cheveux bleus, mais c’était quelque chose qu’elle adorait chez lui. Il n’était pas comme les autres. Il dégageait un certain froid qui l’attirait, elle qui adorait l’hiver depuis sa plus tendre enfance. Elle n’avait pas besoin de quelqu’un d’autre que lui. Il était tout ce dont elle désirait et pouvait se compter terriblement chanceuse de l’avoir à ses côtés. Sa relation était solide, bien plus solide que celles que Bobby avait entretenu auparavant avec d’autres filles de l’institut, la preuve qu’elle n’était pas comme les autres à ses yeux.

Bobby lui promettait de prendre soin d’elle, surtout si elle tombait malade. L’amour l’avait sévèrement touchée et il n’y avait pas de cure à un tel fléau. Il l’accompagnait dans sa fièvre. Elle n’avait pas d’autres choix que de s’habituer aux belles paroles romantiques. Au moins, c’était bien plus agréable qu’un rhume. Il lui arrivait parfois de tomber malade, malgré son fort système immunitaire. Elle restait tout de même humaine, pas comme son frère qui était immunisé à toute maladie grâce à son don. Elle savait qu’à force de côtoyer Bobby et de se coller contre lui, elle finirait par attraper un rhume. Elle s’en fichait éperdument. Ce n’était qu’un petit détail. Après trois ou quatre jours à tousser et se moucher, la maladie finira par disparaitre et ce sera comme si elle n’avait jamais exister. Aucun doute qu’elle était amoureuse de Bobby.


-« Tu as de la chance, je tombe rarement malade. Si être en amour est une véritable maladie, je suis prête à le rester toute ma vie.»

Erïka était en amour avec un homme de glace, qui savait à la fois refroidir son corps, mais réchauffer son coeur. Son opposé, sur tous les aspects, qui représentait le feu fort et destructeur, la repoussait totalement. Le pouvoir de John, mis à part avoir l’utilité de lui allumer ses cigarettes, ne lui était aucunement attirant. Au contraire, cela le rendait dangereux lorsqu’il avait une flamme à proximité. Heureusement qu’il ne pouvait pas les matérialiser, comme Bobby le faisait avec la glace. L’événement à la gare aurait pu être bien plus horrible. Erïka profita du fait que ce fut Bobby qui évoqua le sujet John en premier pour raconter sa dernière rencontre avec lui. Ce n’était pas très agréable à entendre, comme histoire. Pourtant, il s’agissait de la stricte vérité.

Plus le temps avançait, plus il devenait con. Il était embrigadé dans un groupe de mutants terroristes et terriblement dangereux. Au plus grand étonnement d’Erïka, son petit ami lui révéla que tout était de sa faute. En quoi l’était-ce ? Elle ne comprenait pas. Heureusement, Bobby lui expliqua quelque chose qu’il semblait avoir gardé pour lui depuis assez longtemps. L’adolescente se rapprocha davantage de lui, si cela était possible, puis attrapa doucement sa main. Ce n’était pas de sa faute si John était parti. Il était une véritable tête brûlée en quête de pouvoir et d’action. Il suivait son propre chemin selon ses envies sans même penser aux personnes qui auraient pu, ne serait-ce qu’un peu, tenir à lui.


-« Tu n’y peux rien s’il est partit. Ne te sens pas coupable parce qu’il a fait le con. Tu as tenté de le raisonner et cela n’a pas fonctionné. Ce n’est pas toi qui l’a poussé à partir, alors ce n’est pas de ta faute. Tout le monde est vulnérable à un homme qui sait user des mots pour manipuler le premier venu. Peut-être que John réalisera qu’il n’a pas choisi la voie qu’il lui convenait et qu’il reviendra à l’institut, qui sait. S’il le fait, je serais ravie de lui foutre une baffe de bienvenue. Ne t’en veut pas pour les choix qu’il a faits. Les choses ne reviendront jamais comme avant, alors vaut mieux profiter de notre présent tel qu’il est. »


Elle ne savait pas que le sujet semblait si sensible pour Bobby. Elle avait déjà parlé de John à plusieurs reprises sans qu’il ne prenne réellement part à la discussion. La jeune fille, ne se doutait pas un seul instant qu’il se blâmait pour le départ de son ancien ami. Erïka, qui ne s’était pas tant attaché à lui, n’avait pas souffert de cela. Pour elle, il s’agissait d’une personne qui allait faire sa vie, même si ses choix ne lui convenaient pas. Elle, elle voulait vivre avec son petit ami. Elle se fichait bien de ce que faisaient les autres tant qu’elle était heureuse. Si quelqu’un osait faire souffrir une personne à qui elle tenait, elle ne se gênerait pas pour montrer les crocs et se battre au besoin. Si John tenait à se battre contre Bobby, qui lui ne voulait pas d’un tel affrontement, ce serait probablement Erïka qui se retrouverait en première ligne pour l’affronter. L’adolescente n’avait pas froid aux yeux. Elle était prête à tout pour défendre ceux qu’elle aimait et pour mettre une raclée à cet imbécile de tête brûlée.

-« S’il tient tant à se battre contre toi, il va avoir toute une surprise parce que je ne le laisserais pas faire. Je vais lui mettre à raclée de sa vie à ce con. Ça va lui apprendre à jouer les imbéciles.»

Visiblement, le départ de John ne lui faisait ni chaud, ni froid. Elle voyait même des bons côtés à son départ. Bobby se retrouvait avec un dortoir pour lui seul. La pièce était grande et Erïka pourrait s’y incruster assez facilement. Faute de pouvoir obtenir une chambre pour eux deux, ils pouvaient toujours occuper officieusement la sienne. Il n’y avait qu’elle pour supporter le froid qu’il dégageait. Plutôt que de se plaindre de la température, elle enfilait un pull et le tour était joué. Cependant, est-ce que son cochon d’inde pourrait le supporter ? Elle pouvait toujours tenter le coup et transférer Istina dans la chambre du jeune homme, si elle comptait y passer quelques nuits. Ainsi, elle pourra voir si la petite bête s’adaptait bien à la pièce.

-« Ça veut dire que je pourrais y amener la cage d’Istina ? Il faut que je m'en occupe. Elle a besoin d’attention, d’affection… et surtout de nourriture. D’ailleurs, je pensais adopter un autre cochon d’inde afin de lui tenir compagnie… »

Une fois la discussion terminée, Erïka ramassa ses affaires et quitta le restaurant en compagnie de Bobby. Ils enfourchèrent la moto et la jeune fille démarra. Elle conduit sur de longues routes monotones et peu fréquentées. Rien de plus ennuyant. Elle n’était pas une grande fan de vitesse, surtout après l’accident qu’elle avait eu la veille. Elle n’avait pas roulé très vite et, pourtant, cela ne l’avait pas empêché de chuter. Elle préférait éviter les accidents et conduire avec prudence. Cependant, le trajet l’ennuyait au plus haut point. Elle se demandait si cela allait bientôt se terminer. Lorsqu’elle aperçut les lumières de la ville, elle fut soulagée. Elle avait hâte de poser les deux pieds sur terre et de se dégourdir les jambes.
Afin de l’accommoder, Bobby lui proposa de conduire sur le chemin du retour. Il lui laissera le volant une fois à proximité de la ville. Ainsi, elle n’aura pas à tenter de se tenir éveiller sur les longues routes monotones.


-« Génial. Les autoroutes ce n’est pas trop mon truc. Je préfère être collée contre toi plutôt que de conduire. »

La jeune fille repéra un motel et alla se garer dans l’espace de stationnement destinés aux clients. Lorsqu’elle quitta le véhicule, elle fit quelques pas, bien heureuse de retrouver la terre ferme. Puis, elle accompagna Bobby à l’intérieur de l’établissement en espérant qu’il y aurait une chambre de libre pour eux. Heureusement, ce fut le cas. Le jeune couple se rendit jusqu’à la chambre qui leur avait été attribuée. Une fois la porte refermée, ils purent se mettre à l’aise, Erïka se débarrassa de son sac, son casque, son manteau, afin d’être bien plus confortable. La chambre était simple, bien moins luxueuse que celles de l’institut, mais cela convenait parfaitement à l’adolescente qui se jeta sur le lit. Elle se roula dessus avant de se retrouver sur le dos. Alors que Bobby s’assoyait à ses côtés, elle se redressa. Cependant, elle ne s’attendait certainement pas à se prendre un coup d’oreiller en pleine tête. Oui… ils étaient rembourrés les oreillers.

-« La jolie fille, elle t’emmerde.» Fit-elle pour plaisanter, tirant la langue à son petit ami. Elle attrapa un autre oreiller et s’en servit pour le frapper à son tour. « Ce serait dommage que je sois la seule à tester les oreillers, non ? »

Elle se jeta sur Bobby afin de lui voler son oreiller. Elle tentait de l’éloigner de toute forme de coussin que ce soit. Cependant, la tâche n’était pas aisée. Dans une manœuvre visant à l’empêcher de la frapper de nouveau à coup d’oreiller, elle tomba en bas du lit. Couchée sur le dos, elle ne pouvait pas retenir son hilarité alors qu’elle se redressait lentement. Elle devait avoir l’air ridicule, mais elle s’en fichait. Calmant son rire, la jeune fille s’éloigna du lit afin de fouiller son sac. Elle en tira son téléphone et éteignit la sonnerie. Pas question que son frère poule ne la dérange une fois de plus, aujourd’hui.
Par la suite, elle se retourna lentement vers Bobby. Il était toujours sur le lit. Parfait. Elle attrapa un oreiller gisant sur le sol, prête à reprendre leur petit jeu.


-« Je n’ai toujours pas dit mon dernier mot ! » Fit-elle avait de se jeter sur lui dans le but de lui donner des coups de coussin.

Au bout d’un petit moment, Erïka attrapa son petit ami et le plaqua contre le matelas du lit afin de l’embrasser passionnément. Sa main posée sur un oreiller s’en saisit bien rapidement. Lorsqu’elle rompit le baiser, l’adolescente mis un dernier coup d’oreiller à Bobby avant de se sauver. Elle alla s’enfermer dans la salle de bain, hilare. Elle était plutôt fière de son coup, il fallait l’avouer. La jeune fille s’assura que la porte était bel et bien verrouillée avant de s’en éloigner. Afin de narguer davantage le pauvre Bobby, elle se dirigea vers la douche et tourna les robinets afin que de l’eau chaude s’écoule du pommeau de douche. Il allait croire qu’elle était en train de se dévêtir dans le but de prendre une bonne douche chaude, mais ce n’était pas du tout le cas. Toute habillée, la jeune fille s’amusait plutôt à passer sa main sous l’eau afin d’en tester la température. Elle retira, néanmoins, la chemise qu’elle portait, dévoilant le débardeur qu’elle avait enfilé avant de quitter l’institut, ce matin même.


-« Tu ne sais pas ce que tu rates ! Dommage que la porte soit verrouillée. » Lança l’adolescente, amusée.
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mer 17 Avr 2013 - 0:53

Depuis qu'ils avaient quitté l'institut, Erïka et Bobby avaient eu diverses discussions. D'abord joyeuses, ensuite à double sens et enfin, plus tragiques. En effet, la jeune femme n'avait pas eu une vie très heureuse par le passé et c'était au cours d'une conversation qu'elle se dévoilait petit à petit aux yeux de Bobby. Il se rendait compte à quel point il pouvait en fait assez mal la connaitre. Il s'était bien douté qu'elle n'avait pas eu une vie rose vu la façon dont elle réagissait face à des situations anodines ou bien juste à cause des fréquents cauchemars qu'elle pouvait faire. Il n'était pas rare qu'ils dorment ensemble et le mutant se demandait d'où cela pouvait venir. A présent, il le devinait aisément. Un passé marquant ne vous quittait jamais vraiment, même lorsque l'ont faisait tous les efforts du monde pour l'oublier. Jamais Bobby n'avait posé la question à Erïka, à la fois curieux et respectueux de son silence. Si elle voulait en parler, elle le ferait d'elle même. Et c'était exactement ce qu'elle avait fini par faire. Cela prouvait au mutant qu'elle lui faisait suffisamment confiance pour lui parler ce qu'elle avait vécu avant. Mais ce qui comptait était le présent bien qu'il n'était pas tout à fait parfait non plus.

Erïka n'était pas tout à fait ravie d'avoir de nouvelles personnes dans sa vie, plus ou moins imposées. Mais elle n'était pas non plus obligée de les supporter. Elle avait sa vie, ils avaient la leur et cela semblait plutôt bien fonctionner. Mais si la jeune femme semblait ne pas s'entendre avec sa soeur, ce n'était pas le cas de William qui, d'après elle, l'appréciait. Il y avait sans doute une raison à cette bonne entente mais cela n'avait vraiment pas l'air de plaire à Erïka. Bobby sentait bien que c'était en partie la jalousie qui animait ses propos et il trouvait cela mignon et touchant. Mais ça, il se garda bien de le dire de cette façon, sachant que la jeune femme risquait de mal le prendre. Si Will n'avait pas de réelles raisons d'aimer Eleonnora, c'était sans doute qu'il l'appréciait pour qui elle était, tout simplement. Mais Erïka prendrait elle la peine d'apprendre à la connaitre et à ne pas se laisser dévorer par la jalousie ?

- Pose lui la question alors. Et puis, tu as exactement les mêmes qualités qu'elle. Riche, belle, mutante... Mais ce n'est sans doute pas à cause de ces points communs qu'il l'apprécie je pense. Tu connais suffisamment Will pour savoir qu'il n'est pas du genre à aimer une personne pour ce qu'elle peut lui apporter.

Bobby ne connaissait d'Eleonnora que ce que Erïka avait pu lui en dire. Difficile donc de se faire un jugement sur une personne inconnue. Mais pour l'heure, le sort de cette jeune femme n'intéressait pas particulièrement le mutant. Il était surtout attentif à ce qu'Erïka pouvait lui dire sur elle. Beaucoup de choses n'auraient pu être devinées. Même son prénom était faux. Mais l'amour qu'elle lui portait, ça, c'était sincère et il le voyait bien dans sa façon de se comporter et dans ses propos. Erïka trouvait ça stupide ou mièvre. Bobby lui, trouvait ça touchant. C'était tout simplement les personnes qui ne partageaient pas ce genre de choses qui étaient médisantes, voilà tout. Pourquoi se priver de dire ce que l'on voulait à la personne aimée ? De l'amour, on en disait des choses. Qu'il rendait aveugle ou bien encore con. C'était peut-être une réalité mais c'était quelque chose qui, aux yeux de Bobby, transcendait l'âme. On était prêt à accepter beaucoup de la personne aimée, même ses plus gros défauts.

Erïka supportait d'ailleurs l'un des pires côtés de Bobby : le froid qu'il dégageait. C'était pour elle un critère d'attirance, contrairement aux autres. Etait elle anormale ? Au contraire, elle leur était supérieure, elle était parfaite aux yeux de Bobby. Certes elle possédait son caractère, elle piquait parfois des crises sans réelles raisons mais qui était infaillible ? Il ne lui demandait pas d'être parfaite, juste d'être telle qu'elle était, rien de plus. Parce qu'au final, c'était comme ça qu'il l'aimait, pure, naturelle. Comme elle le disait, il avait de la chance. Même à son contact, elle risquait peu d'être malade. Mais en ce qui concernait la maladie d'amour, ça c'était une autre histoire.

- Je crois que dans certains cas, c'est un mal incurable... J'espère juste que tu n'en guériras pas. Car je n'aimerais pas te transformer en statue de glace pour te garder près de moi si jamais tu venais à te sentir... "mieux".

Quelqu'un qui n'avait jamais aimé et qui aurait été bien incapable de les comprendre comme Pyro se serait sans doute moqué d'eux. Mais il n'était pas là et il y avait peu de chance pour qu'ils le croisent. En tout cas pas ici. Bobby redoutait un peu le jour où il verrait à nouveau John. Si au départ il l'avait cherché pour lui faire entendre raison, à présent il préférait éviter son contact. Que lui dirait il ? Il savait qu'il ne parviendrait pas à le raisonner, il était entré trop profondément dans cet autre monde, cette autre vision des mutants. Comment faire redescendre à un niveau réel quelqu'un qui se prenait pour un dieu ? Bobby s'en voulait de ne pas avoir pu retenir son ami mais Erïka lui affirmait qu'il n'avait rien à se reprocher. Forcément, il ne l'avait pas jeté dehors, au contraire, mais ses efforts étaient restés vains.

- J'aurais du trouver les mots pour lui faire comprendre qu'il se trompait mais il a préféré en écouter un autre. Je le pensais mon ami mais... au final j'ai le sentiment que notre amitié n'avait aucune valeur à ses yeux. Il l'a laissée tomber si... facilement...

Leurs pouvoirs étant opposés, Bobby savait que John voudrait à nouveau l'affronter pour lui prouver sa supériorité, aussi bien dans son don que dans ses idéaux. Ce jour là, le mutant le redoutait vraiment. Il ne comptait pas fuir le combat mais il ne désirait pas affronter son ami ou lui faire du mal sans le vouloir. Et il savait que Pyro était capable de le pousser jusque là. Car si c'était ce qu'il fallait pour lui faire entendre raison, Bobby le ferait. Cependant, Erïka comptait s'en mêler si Bobby ne désirait pas affronter John. Elle voulait s'interposer pour donner une leçon à Pyro ? Etait elle inconsciente ? Les flammes de John pourraient la brûler, la dévorer et ne laisser qu'un tas de cendres à sa place. Bobby craignait le feu mais sa glace était suffisamment puissante pour y résister. Il était bien un des rares à pouvoir le calmer si il le fallait. Mais aurait il suffisamment de volonté pour le faire ? Erïka, elle, semblait en déborder, de volonté. Toutefois, le mutant préféra mettre les choses au clair.

- Promet moi une chose s'il te plait. S'il m'attaque, n'interviens pas. Jamais. Je peux facilement me protéger du feu mais pas toi et je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose. Je sais qu'il ne t'a rien fait jusqu'à présent et que tu sais te battre mais... John est imprévisible avec ses flammes.

Mais le départ de John avait du bon sur certains points. Bobby n'avait plus eu de colocataires depuis son départ et possédait donc une chambre rien que pour lui. Il pouvait donc y faire ce qu'il voulait puisqu'il doutait qu'une personne soit suffisamment téméraire pour oser venir dormir dans un frigo géant. Bien sûr Bobby régulait sa température et la pièce n'était donc pas non plus un congélateur mais il y faisait toujours un peu frais. Cela ne dérangeait pas Erïka mais qu'en serait il d'Istina ? Bobby ignorait si ce petit animal appréciait ou non le froid. Il en doutait cependant fortement, n'ayant jamais pu toucher le cochon d'inde.

- Pourquoi pas ? Il faudrait faire un test, voir comment elle s'adapte. Je ne veux pas la torturer non plus. Au pire, on lui mettra une petite couverture. Et le second cochon d'inde, c'est une bonne idée. Comme ça tu auras moins besoin de t'en occuper et ça me laissera davantage de temps pour profiter de toi.

Il lui sourit et lui vola un baiser. L'addition arriva et une fois réglée, ils purent reprendre leur route. Erïka conduisait mais elle n'avait pas l'air d'apprécier autant la conduite que d'habitude. Elle révéla qu'elle préférait cent fois conduire en ville que sur des longues routes sans fin. C'était deux environnements bien différents et Bobby était donc prêt à prendre le relai sur les longues distances pour qu'elle puisse conduire de la façon qu'elle préférait. Quitte à aller loin, autant que le voyage lui plaise. Ils atteignirent Newport alors que la nuit tombait, juste à temps pour trouver un motel. Cela ne leur ferait pas de mal de descendre du véhicule et de se reposer réellement. Malgré tout, le mutant n'était pas si fatigué que ça. Dans la chambre se trouvait entre autre une télévision. Une façon de passer le temps avant de dormir ? Possible mais pour le moment il avait autre chose en tête. S'emparant d'un des oreillers, il s'en servit pour frapper Erïka en traitre. Celle ci ne resta pas inactive et répliqua aussitôt, lui donnant également un coup après lui avoir tiré la langue.

- Au moins, j'ai réussi à attirer son attention, c'est déjà pas mal. Maintenant qu'on a testé les oreilles, on peut tester le matelas, remarque. Je suis sûr qu'on rebondit très bien dessus...

Mais Erïka essaya de lui voler son oreiller pour le désarmer. Bobby ne se laissa pas faire, tentant de conserver son arme tout en attaquant à nouveau la jeune femme. Si bien qu'elle se retrouva au sol, éjectée hors du lit. Surpris par la chute, le mutant se stoppa dans son élan, mais il se mit à rire lorsqu'il entendit qu'Erïka s'esclaffait. Tout allait pour le mieux. Il la suivit des yeux lorsqu'elle s'approcha de son sac, se demandant ce qu'elle faisait. Envoyait elle un message à William pour se plaindre de mauvais traitement ? Ce n'était pas son genre. Quoiqu'il en soit, elle revint peu après, arme en main pour se jeter sur lui. Mais là, au lieu de l'attaquer, elle le plaqua contre le matelas et l'embrassa soudainement avec une passion non dissimulée. Bobby en lâcha son oreiller et répondit au baiser, oubliant ce qu'ils faisaient quelques secondes plus tôt. Cependant, la jeune femme n'en resta pas là, récupéra un oreiller et lui donna un nouveau coup.

- Hé ! C'est déloyal ça !

Mais ce qui l'était encore plus fut la suite des évènements. Erïka se sauva rapidement, vite hors de portée de représailles et s'enferma dans la salle de bain. Se croyait elle à l'abri ? Bobby se redressa et se dirigea vers la porte qu'il tenta d'ouvrir, en vain. En fait, elle était à l'abri... Il l'entendait rire à travers la porte et donna quelques coups contre. Mais il savait bien qu'elle n'allait pas ouvrir, elle le faisait tourner en bourrique. Etait ce ce que ressentait William parfois ? C'était sans doute différent. Là elle lui avait donné un peu d'elle avait de fuir. C'était un peu comme un échantillon dont il ne pourrait pas avoir le produit fini. C'était vexant. De l'autre côté de la porte, l'eau coulait. Elle prenait une douche ? Erïka enfonça un peu plus le clou en le narguant puisqu'il lui était impossible de la rejoindre. Mais si il ne pouvait venir à elle, c'est elle qui allait venir à lui. Le mutant avait plus d'un tour dans son sac.

Posant la main contre le mur, il usa de son pouvoir. Le mur se retrouva couvert d'une très mince et fine couche de glace qui se déplaça rapidement tout le long. Passant à travers la porte, elle se prolongea de l'autre côté du mur, suivant le prolongement jusqu'à atteindre la douche. Une fois son but atteint, l'eau se figea, devenant soudainement gelée. Comment comptait elle prendre sa douche à présent ? Si elle voulait y remédier, elle allait devoir ouvrir la porte et le faire entrer. L'air de rien, il demanda, sourire aux lèvres :

- L'eau est à la bonne température au moins ?
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Confiance Aveugle [Iceberg]   Mer 17 Avr 2013 - 5:39

Erïka n’était pas du genre à avouer qu’elle était jalouse. Elle pouvait dire bien des choses sur elle, mais pas ça. Elle n’admettra jamais qu’elle n’aimait pas sa demi-sœur parce qu’elle s’entendait bien avec William. Il y avait d’autres raisons, certes, mais si elle apprenait à connaitre davantage Eleonnora, peut-être que les choses iraient en s’améliorant. Après tout, l’adolescente ne se fiait qu’à se première impression. Ce n’était pas cela qui pourrait l’aider à déterminer quel genre de femme elle était, en réalité. Elle pourrait peut-être en parler à Will. Il pourrait lui dire pourquoi il semblait tant l’apprécier. Selon Bobby, c’était parce que, tout comme Eleonnora, elle était belle, riche et mutante. Cependant, Will ne s’arrêtait pas qu’à ces qualités. Il y avait autre chose, cela était certain. Erïka avait du mal à avouer que son petit ami avait fort probablement raison. Après tout, Will ne jugeait pas une personne à cause de sa beauté ou de sa richesse. Mais quelles étaient les qualités de sa demi-sœur pour que Will s’intéresse un tant soit peu à elle ?

-« Je ne crois pas qu’être riche soit considéré comme une qualité, mais je veux ce que tu veux dire. Je pourrais peut-être lui poser la question… Je verrais bien. »

Quoi qu’il en soit, Erïka n’allait pas se soucier de sa nouvelle famille, pour l’instant. Elle préférait se soucier des personnes proches d’elle, pour l’instant. Bobby faisait partie de ces personnes à qui elle tenait énormément. Elle avait envie de passer du bon temps avec lui. Elle devait cesser de penser à des choses plus ou moins négatives. Après tout, elle était hors de l’institut dans une ville qu’elle ne connaissait pas du tout, en compagnie de son petit ami. On pouvait dire que le voyage s’annonçait très agréable, malgré les tristes révélations qu’avait fait Erïka au sujet de son passé. Tout cela était derrière elle, il fallait qu’elle aille de l’avant. Sa vie était bien plus belle depuis la dernière année qui s’était écoulée. William avait joué un grand rôle dans tout cela. C’était grâce à lui qu’elle avait appris à ne plus vivre simplement la vie, mais également à la savourer. Lorsque Bobby et elle se mirent à sortir ensemble, la jeune fille ne pouvait être plus heureuse. D’ailleurs, elle l’était toujours. Elle avait craint, au tout début, que leur couple n’allait peut-être pas durer très longtemps à cause de son sale caractère. Maintenant, elle avait compris que Bobby l’aimait pour ce qu’elle était, qualités comme défauts. L’amour rendait con… et peut-être même masochiste, qui sait. Elle ne savait toujours pas comment son petit ami arrivait à la supporter. Il avait une patience légendaire, à toute épreuve. L’amour était une maladie incurable. Elle se trouvait partout tel un véritable fléau et transformait la vie des gens, dont celle d’Erïka. Elle n’avait pas envie d’être guérit, tout comme Bobby.

-« Je ne compte pas m’en guérir un jour et j’espère bien qu’il en soit de même pour toi. Je ne peux même pas te congeler ! Il va falloir que je trouve une autre façon de te garder près de moi. Peut-être que si je te séquestrais dans une chambre froide sans possibilité d’échappatoire…. »

Ce n’était pas tout le monde qui pouvait comprendre à quel point l’adolescente aimait Bobby. Si elle en venait à dire des phrases mignonnes, romantiques et totalement débiles, c’était parce qu’elle l’aimait. C’était l’un des effets secondaires de l’amour, apparemment. Cependant, certaines personnes comme John ne pourraient pas comprendre une telle chose. Il était passé du mauvais côté, rejoignant un groupe de mutants terroriste. Selon Erïka, il était impossible de le faire changer d’avis. Elle ne voyait pas pourquoi il accepterait de retourner à l’institut. Il était parti en laissant tout le monde derrière lui, incompris Bobby. Pourtant, ils étaient amis, non ? Était… c’était bien le mot. En fait, John n’avait peut-être jamais considérer le mutant de glace comme un véritable ami s’il avait décidé de s’en faire un rival qu’il se jurait de battre un jour. Il était si stupide. Dans tout cela, il n’avait pas pensé un seul instant à Bobby, qui semblait encore regretter de l’avoir laisser partir. Pourtant, il n’y pouvait rien. Rien qu’à entendre son petit ami parler, Erïka avait la grande envie d’aller botter les fesses de John. Elle ne voulait pas que qui que ce soit blesse Bobby.

-« Tu as fait ce que tu pouvais. La connerie ça ne se soigne pas en un claquement de doigt, tu sais. Il est con et il a fait un choix totalement stupide. Tu ne pouvais rien faire de plus. Il voulait de la liberté, du pouvoir. C’est probablement ce que Magneto lui avait promis. John t’a peut-être laissé tomber, mais moi je ne le ferais pas. Je tiens bien trop à toi pour ça. S’il n’a pas vu qu’il avait une personne aussi formidable à ses côtés, c’est bien la preuve que c’est un gros connard. Ne pense plus à lui, préoccupe toi plutôt des personnes qui en valent vraiment la peine. »


Malgré tout, Erïka savait que ses paroles ne pourront rien changer. Elle espérait seulement que Bobby se sente un peu mieux grâce à cela. Elle n’était pas douée pour remonter le moral des gens, lâchant sa façon de penser de manière crue et sans censure. Elle ne voulait pas imaginer ce que cela pourrait donner si John était de retour et décidait de se battre contre Bobby. Ce dernier refusera de le faire, à moins qu’il y soit forcé. La jeune fille ne souhaitait pas que les choses se rendent aussi loin. Si elle le pouvait, elle désirait se battre. Elle allait lui refaire le portrait à cet imbécile. Elle n’avait pas peur d’être blessée. Elle savait qu’elle avait du mal à supporter les grandes chaleurs, mais ne pensait pas à ce détail, pour l’instant. Elle était fixée sur l’idée de casser la gueule à ce connard de mutant.

Cependant, Bobby ne voyait pas les choses du même œil qu’elle. Il refusait catégoriquement qu’elle fasse quelque chose d’impulsif et d’insensé comme d’affronter Pyro. Ce serait totalement stupide de sa part. Elle pourrait être gravement brûlée ou bien incinérée. Il voulait faire promettre à Erïka de ne pas intervenir si, un jour, il y avait un affrontement entre les deux mutants. Cependant, la jeune fille s’obstina. Elle refusait que Bobby affronte cette situation seul. Elle savait se battre, elle connaissait le danger. Elle ne comptait pas mourir et allait tout faire pour survivre, peu importe ce qu’elle devra supporter.


-« Je n’ai pas peur de lui, je n’ai pas peur de ses flammes et je n’ai pas peur de mourir. Parce que je ne mourrais pas. Il ne va rien m’arriver, si ce n’est que quelques brûlures. Je ne le laisserais pas me faire du mal et je le laisserais encore moins te blesser davantage. Je sais parfaitement de quoi il est capable, s’il veut me tuer, il verra que c’est un jeu qui se joue à deux. Et je n’aurais aucun remord à le buter, s’il le faut. »

Erïka était contente que John ne fasse plus partie de sa vie et ce, pour plusieurs raisons. Son départ avait eu du bon, la chambre de Bobby étant libre. Il y avait beaucoup de place dans la pièce, assez pour que la jeune fille se permette d’y loger officieusement. Elle pensait même y installer la cage de son cochon d’inde afin de voir s’il serait en mesure de supporter la température de la pièce. Si ce n’était pas le cas, elle trouvera une autre solution. Et puis, peut-être que l’arrivée d’un nouveau cochon d’inde dans la cage aidera la petite Istina à se tenir au chaud et, surtout, ne pas demander autant d’attention à sa propriétaire.


-« On verra bien ce que ça donnera. Ce serait génial si elle arrivait à s’acclimater facilement et à supporter le froid. Malgré qu’il ne fait pas si frais dans ta chambre. C’est comme être dans un climatiseur à l’année longue. »

Après cette longue discussion, le couple quitta le restaurant afin de reprendre la route. Ils ne s’arrêtèrent qu’en soirée, alors que le soleil disparaissait à l’horizon. Ils avaient décidé de loger dans un motel pour la nuit. La chambre était simple, possédant tout ce dont ils avaient besoin. Ce n’était pas nécessaire de payer pour quelque chose de trop luxueux. Ils avaient besoin d’un lit et d’un peu d’intimité, c’est tout. Assise sur le lit, la jeune fille ne s’était pas attendue à ce que Bobby l’attaque en traite à coup d’oreiller. Elle répliqua aussitôt, ne se privant pas pour le frapper avec un autre oreiller présent sur le lit. Le jeune homme affirmait qu’il avait maintenant toute son attention et qu’ils pouvaient passer à la prochaine étape : tester le matelas. Erïka était loin d’être de cet avis, plutôt motivée par l’idée d’une guerre d’oreillers.

-« Je crois que le matelas va attendre un peu. Je ne suis toujours pas certaine quant à la qualité des oreillers. Il faut que je les teste encore un peu. »

Une guerre débuta. Cependant, elle fut interrompue par la chute d’Erïka, en bas du lit. Elle n’avait pas mal et préféra rire de cette situation avant d’aller éteindre la sonnerie de son téléphone. C’était le moment de le faire, puisqu’elle y pensait. Elle n’avait pas vraiment envie d’être dérangée par qui que ce soit, ce soir. Attrapant un oreiller, elle se jeta de nouveau sur Bobby. Plutôt que de le frapper à répétition, elle opta pour une autre stratégie, plaquant son petit ami sur le lit avant de l’embrasser passionnément. Puis, elle lui donna un coup d’oreiller et le laissa en plan, allant s’enfermer dans la salle de bain.

-« Tous les coups sont permis, lorsqu’il n’y a pas de règles ! » Lança-t-elle avant de claquer la porte et de la verrouiller.

Afin de narguer son petit ami, elle lui fit croire qu’elle prenait sa douche. Ouvrant les robinets d’eau, elle écouta Bobby cogner contre la porte. Elle ne comptait pas lui ouvrir tout de suite, ce n’était pas marrant. La jeune fille pris son temps pour retirer la chemise qu’elle portait, se demandant si son petit ami allait trouver un moyen d’entrer à l’intérieur de la pièce. Elle s’amusait de la situation, jusqu’à ce qu’elle aperçoive soudainement de la glace contre le mur lui faisant face. La glace en question vint geler le pommeau de douche. Aussitôt, la jeune fille ferma les robinets. Il pensait lui avoir joué un mauvais tour, mais il se trompait. Elle n’était pas sous l’eau, comme il le supposait.

L’adolescente attendit quelques secondes où elle écouta attentivement le moindre mouvement, le moindre bruit que faisait Bobby. Lorsqu’elle fut certaine d’avoir le champ libre pour se faufiler hors de la salle de bain, elle ouvrit la porte et jeta sa chemise à la tête de son petit ami afin de l’aveugler temporairement.


-« Elle avait l’air excellente cette eau, dommage que je n’étais pas sous la douche. »

Elle se rendit rapidement à l’autre bout de la pièce afin d’éviter Bobby. Elle avait de la chance d’être arrivée à se faufiler rapidement sans se faire attraper. Cependant, il n’allait certainement pas tarder à venir la rejoindre, elle tenta de le repousser en lui lançant de nouveau un coussin, puis glissa la main dans son sac, se trouvant sur la commode derrière elle, afin de l’attaquer avec la boite de préservatif qu’elle y avait rangé avant de quitter l’institut.

-« Attrape ça. Tu n’as sûrement pas pensé à en amener, je me trompe ? »

Ainsi, cela lui laissa quelques secondes de répit pour trouver une autre façon de fuir. Leur petit jeu lui plaisait bien et elle était prête à courir à travers la chambre et balancer tous les coussins sur son chemin, et même le matelas s’il le fallait, pour gagner la partie. À moins que les choses ne se terminent autrement…
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