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 Dance With The Devil [Emma Frost]

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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Dance With The Devil [Emma Frost]   Dim 9 Mar 2014 - 21:15

"Close your eyes, so many days go by.
Easy to find what's wrong,
harder to find what's right."

Erïka observa son reflet dans le miroir. Elle était jolie avec les cheveux plats. Pourquoi devrait-elle utiliser un fer à frisé comme le faisait si souvent sa sœur ? De toute façon, elle manquait de temps. Elle se fit de légers traits noirs sous les yeux, rien de trop voyant pour rester en harmonie avec l’ombre à paupière qu’elle portait. Elle n’avait pas envie de passer plus de trente minutes devant le miroir, de toute façon. Cela lui avait pris un temps fou à sécher ses cheveux une fois sortie de la douche, elle en avait eu marre très rapidement. Comment faisait sa sœur pour perdre autant de temps à s’occuper de son apparence ?

Pour une fois, Erïka avait la chance de pouvoir se préparer seule. Elle n’avait pas à porter les tenues que sa sœur lui apportait, ni même à se laisser coiffer comme une poupée. Elle enfila une jolie robe noire, ornée d’un ruban rose qui passait autour de sa taille. La robe tombait doucement jusqu’à ses genoux, ample et loin de lui coller aux cuisses. Elle portait un collant noir, simple, élégant, pour couvrir ses jambes, puis s’était chaussée d’une paire de longues converses noires aux lacets roses à talons hauts. Pas question de porter les escarpins qui lui faisaient tant mal aux pieds lorsqu’elle se tenait debout trop longtemps. Elle passa autour de son cou la chaine en or blanc qu’elle ne quittait jamais, allant de pair avec le bracelet identique. Après avoir enfilé sa veste de cuir, simple, assez serrée et chaude malgré les basses températures de l’hiver, elle s’empara de son sac à main.

Il était convenu que son père et elle se retrouvent à une réception. Étonnamment, Erïka avait reçu une invitation pour l’événement. Elle avait été tentée de refuser, ce n’était pas le genre de sortie qu’elle aimait faire, surtout un vendredi soir, mais elle y vit une occasion de passer du temps avec son père, de regarder les bourgeois dans leur éléments naturel, de goûter la nourriture qui coutait si cher et qui nourrissait si peu avant d’aller dans un McDonald pour combler sa faim.

La jeune femme quitta sa chambre pour rejoindre le garage où elle y avait laissé sa voiture. Cependant, alors qu’elle s’y dirigeait, elle remarqua qu’elle n’était pas la seule à regagner son véhicule. Emma Frost ne semblait pas l’avoir remarquée. Erïka s’approcha d’elle, songeant qu’elle pourrait éviter de conduire sa voiture par une telle température et profiter du fait que la jeune femme allait probablement au même endroit qu’elle. Au vu de sa tenue, il n’y avait aucun doute possible. Lorsqu’elle entendit les portières se déverrouiller, l’étudiante pris place à bord de l’automobile, sur le siège passager, sans un mot, le sourire aux lèvres. Elle attendit qu’Emma soit à l’intérieur pour lui adresser la parole.


-« Bonsoir ! Je suppose que vous allez en ville ? Ça tombe bien, moi aussi. Je me suis dit que vous pourriez me déposer. »

Les jambes croisées, elle attendait patiemment la réponse de l’institutrice. Pas question de se faire mettre à la porte la voiture. Engageant la conversation comme si elle savait déjà qu’elle allait obtenir ce qu’elle désirait, Erïka raconta à Emma qu’elle avait finalement parlée à son père au sujet de son inscription à l’université. Elle lui avait dit clairement qu’elle devait faire son propre choix. Elle ne voulait pas faire quelque chose parce qu’il voulait qu’elle le fasse, elle n’allait pas se faire diriger par qui que ce soit, pas même son propre père.

-« J’ai eu une discussion avec mon père au sujet de l’université. Il a accepté ma décision, bien qu’il ait encore tenté de me convaincre d’aller en Russie. Il a compris, finalement, que je devais faire mes propres choix et que si ça lui convenait pas, il n’avait qu’à me couper mon argent de poche, que j’en avais rien à foutre. En fait, il m’a proposé de visiter le campus de l’université quand il fera moins froid et que la neige aura fondue. Il va payer pour mes études, mon appartement, pour tout ce dont j’ai besoin tant que j’obtiens d’excellents résultats. C’est une bonne chose, non ? En plus, j’aurais accès à son jet privé quand j’aurais envie de revenir à l’institut. C’est la preuve qu’il a accepté ma décision, non ? »

La jeune femme regarda par la fenêtre. La dernière bordée de neige datait d’un petit moment, déjà. Peu à peu, la température allait augmenter au fil des jours et l’été s’installera sur le pays. Erïka espérait qu’à Londres il fasse bien moins chaud qu’ici. Elle n’avait pas envie de s’enfermer à l’air climatisé pendant les trop chaudes journées de la période estivale. Enfin, cela elle le saura lorsqu’elle y sera. Maintenant que son inscription était faite et qu’elle en avait parlé à sa famille et certains de ses proches, il ne lui restait plus qu’à attendre le fameux jour où elle partira vers un pays inconnu. En attendant, elle avait déjà beaucoup à penser avec cette ennuyeuse soirée qui s’annonçait.
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Emma Frost

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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Dim 16 Mar 2014 - 20:29

Tenue d'Emma:
 


Après avoir quittée sa douche, Emma laissa ses doigts parcourir le tissu des divers tenues remplissant sa penderie. Ce soir, elle devait porter quelque chose d'un peu moins osé qu'à l'accoutumé, tout en restant elle. Le choix de couleur n'était pas bien difficile, vu que sa garde robe était essentiellement composée de blanc. Pour la coupe, elle désirait quelque chose de sexy et d'élégant à la fois. Là encore, elle avait l’embarras du choix. Pourtant, elle ne souhaitait pas s'étendre des heures sur ce genre de réflexions. La soirée approchait et elle savait fort bien que de toute façon, elle ferait impression. Elle arrêta donc rapidement son choix sur une robe fendue, au décolleté provocant, broché d'une boucle d'argent diamantée au niveau du buste. Encore neuve, toujours sous housse, elle était idéale.

La grande blonde se pencha ensuite pour attraper une boite en carton. A l’intérieur, une paire de chaussures à talons, immaculée, elles aussi rehaussées d'une boucle d'argent. C'était un cadeau fait par un grand créateur qu'elle n'avait pas encore eut l'occasion de chausser. Sortant les chaussures de leur boite, elle vérifia que l'ensemble étaient aussi bien accordé qu'elle le pensait. C'était le cas. Affichant un sourire satisfait, elle se glissa dans sa tenue de soirée avant de se diriger vers sa coiffeuse. Tendant le cou, elle se parfuma de quelques gouttes "d'Attraction" de "Lancôme". A peine assez pour laisser une effluve fleurie flotter derrière elle. Enivrant et subtil.

Pour finir, elle coiffa ses cheveux, les laissant cascader sur ses épaules et dans son dos dénudé. Elle glissa un collier perlé à son cou, un bracelet montre plaqué en argent à son poignet droit ainsi que des boucles assorties à ses oreilles. Malgré tout, quelque chose manquait. Le seul accessoire qu'Emma tenait vraiment à porter ce soir là.

Rejoignant à nouveau sa penderie, elle attrapa une boite nacrée qu'elle alla déposer sur son lit. L'ouvrant avec un geste délicat, elle en extirpa un long pan de tissu blanc qu'elle plaça sur ses épaules. Caressant le châle d'une main, elle ne put s’empêcher de sourire. Décidément, lorsque Erïka y mettait du siens, elle parvenait à faire des merveilles.

Lançant un regard à sa montre, la mutante constata qu'il était temps de se mettre en route. Se dirigeant alors vers le garage de l'institut afin de rejoindre sa voiture, elle ne remarqua pas la présence d'une autre personne auprès d'elle. Le pas de ses talons claquant contre le béton du sol couvrant tout autre bruit. Seuls les "bip bip" de sa voiture, qu'elle déverrouilla à distance, résonnèrent plus fort.

Aussi, lorsque elle ouvrit sa portière, elle fut surprise de trouver une petite blonde installée sur son siège passager. Toujours hors de la voiture, elle arqua un sourcil, posant un regard interrogateur, presque sévère, sur son élève.

-"Bonsoir, Erïka. Puis-je savoir ce que tu fais ici ?"
-« Bonsoir ! Je suppose que vous allez en ville ? Ça tombe bien, moi aussi. Je me suis dit que vous pourriez me déposer. »

Emma manqua de s'étouffer. C'était une plaisanterie ? La prenait elle pour son taxi ? Secouant la tête, Emma s'installa derrière son volant, sans pour autant glisser la clé dans le contact. Tournant la tête vers sa protégée, elle la gratifia d'un air impatient.

-"Je ne crois pas, non. Je suis pressée, je n'ai pas le temps de jouer les bus scolaire. Et puis, tu as une voiture il me semble ?"

L'espace d'un instant, l'enseignante se rappela de la conduite de la russe lorsque celle ci avait ramenée sa voiture à l'école. Le co-voiturage était peut-être plus judicieux finalement. Cependant, elle ne pouvait se permettre le moindre détour, pas ce soir là. Laissant échapper un soupir, elle comprit pourtant qu'elle n'avait pas le choix lorsque la jeune femme commença à évoquer son père. Bien sûr, elle aurait pu lui intimer de quitter son véhicule et lui affirmer qu'elles en parleraient plus tard, mais elle avait promis à Erïka d'être là pour elle. De plus, c'était elle qui l'avait incitée à refuser le choix universitaire de son père, elle était donc directement concernée. Agitant la main pour signaler que c'était d'accord, elle démarra le moteur.

-"C'est une bonne chose, oui. Et je suppose que mettre son jet à ta disposition est en effet le signe qu'il accepte ta décision. Je suis ravie que tout se termine bien au final. Comme quoi, il te suffisait juste de faire le bon choix, pour toi. Pour le reste, c'est le monde qui s'adaptera à ta décision. "

Emma n'avait pas trop envie de parler. Elle était surtout pressée de déposer la jeune femme pour rejoindre sa soirée sans se mettre en retard. Une femme attendue, cela a quelque chose de mystérieux et de charmant, mais une femme qui rate son entrée pour cause de gros retard renvoie une image négligée qu'elle refusait qu'on lui assigne. Il ne restait plus qu'à espérer qu'Erïka ne lui impose pas un trop gros détour. Sinon... elle n'aurait qu'a prendre le métro !

-"Je n'ai pas bien compris l'endroit où tu te rends ?"

Au vu de la tenue de l'adolescente, cela devait être en boite, ou quelque part par là. Dans le fond, même si elle était son professeur, Emma s'en moquait bien tant que la russe ne s'attirait pas d'ennuis et... que ce n'était pas trop loin...

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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Dim 16 Mar 2014 - 23:05

Erïka était du genre à profiter des opportunités qui se présentaient à elle. Justement, en ce moment, elle en avait une belle juste sous le nez. Après s’être glissée subtilement dans la voiture d’Emma, la jeune femme attendit que cette dernière réalise sa présence. On lui avait appris à agir en toute subtilité et voilà qu’elle pouvait mettre cela en application dans une situation de la vie de tous les jours. Rien qu’à voir la tête de son institutrice, il était évident qu’elle ne l’avait pas vue arrivée.

Souriante, la jeune femme ne se gêna pour quémander une petite balade en voiture jusqu’en ville, là où elle devait retrouver son père. Cela lui permettait de ne pas avoir à prendre son propre véhicule et à se faire chier à trouver un endroit où se garer. Elle ne savait même pas s’il y en avait un dans les environs et préférait ne pas prendre de chance. Et puis, vu les conditions routières suite à la récente bordée de neige, autant ne pas prendre de risques inutiles en se baladant sur une chaussée probablement glissante.
Emma ne tarda pas à lui demander pourquoi elle ne prenait pas sa propre voiture, d’ailleurs. Elle évoqua donc ces raisons là pour justifier son désir de ne pas conduire.


-« Vu la température et les conditions de la route, je préfère éviter. Et puis, le co-voiturage, c’est bien pour l’environnement. »

Cela permettait également à la jeune femme de discuter un peu avec son professeur. Elle avait tant à dire ! Elle qui avait toujours été peu bavarde se transformait en vraie pie lorsqu’elle se trouvait seule avec Emma. Elle avait toujours un tas de choses à raconter, comme une petite fille qui revenait de sa première journée d’école et s’émerveillait devant sa mère de tout ce qu’elle a vu et vécu. C’était comme cela qu’Erïka se comportait avec elle.

On pouvait dire qu’elles avaient bien plus qu’une simple relation enseignante/étudiante. Elles partageaient un lien fort que personne ne pouvait changer. Elles ne se montraient pas toujours des signes d’affections comme des amies ou comme les membres d’une famille. Ces signes étaient très subtils. Erïka aimait taquiner Emma, c’était sa façon à elle de lui montrer qu’elle l’appréciait. Elle aurait bien pu faire un commentaire sur son élégante tenue qui la mettait en valeur, mais se retint. Elle se contenta de sourire en réalisant que son institutrice avait pris le temps de rajouter à sa tenue le châle blanc qu’elle lui avait offert à l’occasion de son anniversaire. C’était touchant. Elle sourit. On aurait pu croire que c’était parce que son professeur avait accepté de la reconduire en ville, mais ce n’était pas du tout le cas. Elle continua de sourire, tournant doucement la tête pour regarder devant elle.

Erïka expliqua qu’elle avait parlé avec son père au sujet de l’université. Il avait fini par accepter sa décision. Après tout, il n’avait pas le droit de brimer la liberté de sa propre fille. Si elle désirait étudier à Londres, alors il allait l’y aider. Puisqu’elle avait choisi un programme d’économie, il voyait cela d’un bon œil, espérant qu’il prenne sa relève dans l’entreprise familiale, un jour. Chaque chose en son temps. Il commençait par tenter de jouer son rôle de père. Il n’y arrivait pas toujours très bien, mais il faisait des efforts.


-« Vous avez raison. J’ai décidé que je poursuivrais mes études en enseignement et, encore une fois, il va faire de son mieux pour me soutenir. Il a compris que lorsque j’en envie de quelque chose, il est impossible de me faire changer d’avis. »

Emma démarra. Elle était prête à conduire Erïka en ville, mais elle avait besoin de savoir où exactement. À sa question, la jeune femme haussa les épaules. Elle n’avait aucune idée de l’endroit où elle allait. Elle fouilla dans son sac à main pour en sortir un carton d’invitation qu’elle montra à son professeur. Il y avait l’adresse de la salle de réception où se déroulait l’événement. Vu la façon dont Emma était vêtue, il y avait bien des chances qu’elles se rendent au même endroit, finalement.

-« C’est écrit là. Une sorte de réception où j’aurais le choix entre parler affaire avec des hommes avares et pleins aux as ou des femmes habillées comme des garces qui se croient le centre du monde parce qu’elles se font vivre par leur idiot de mari. Génial, non ? Avec de la chance, il y aura certaines personnes qui en valent la peine, comme Tony Stark. »

Elle rangea le carton dans son sac, puis changea de chaine de radio avant de monter le son. Elle avait trouvé une bonne chanson d’Eminem et ne se gêna pas pour la faire partager à son professeur. À peine commençait-elle à chanter d’une voix basse le refrain de « Rap God «  que la musique changea drastiquement pour devenir une balade de Chopin. L’adolescente grimaça. Emma n’avait décidément pas les mêmes goûts qu’elle en musique…

-« Dites-moi, vous avez entendu parler de cette mission où Scott et l’autre connasse… Paige, je crois, sont allés libérer des mutants prisonnier dans une sorte de laboratoire ? Enfin, ça m’étonnerait que Scott ne soit pas venu se plaindre du fait que j’étais dans ses pattes durant toute l’opération alors que j’ai pu enfin mettre en pratique ce que j’ai appris en entrainement et que je me suis très bien débrouillée. »

Erïka soupira. Elle ne savait pas si Emma était au courant de toute cette histoire. Comme la jeune femme ne lui en avait pas touché un mot jusqu’à présent, elle se posait la question. Il était évident que le professeur Xavier avait été rapidement mis au courant de la situation et que Scott ne s’était probablement pas gêné pour critiquer sa présence et la moindre action qu’elle ait fait alors qu’elle avait aidé à l’infiltration, à sauver les mutants captifs et à en prendre soin jusqu’à leur arrivée à l’institut, sans parler du fait qu’elle n’avait pas hésité une seule seconde à aller sauver Paige, même si cela était dangereux. Pourquoi reconnaitrait-il ses qualités en mission ? Il la détestait, après tout. Au moins, elle pouvait toujours se fier sur Emma pour avoir une opinion sincère et éclairée lorsqu’elle en avait besoin.
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Mer 19 Mar 2014 - 3:05


Emma avait finalement acceptée de conduire Erîka en ville. Une autre personne aurait sans doute volée hors de la voiture, mais la petite russe avait quelques avantages vis à vis de la grande blonde. Et quelque part, c'était réciproque. Comme si l'adolescente ne se bornait à n'écouter qu'elle et personne d'autre. Au grand damne du reste du corps enseignant... et de son géniteur visiblement.

-« Vous avez raison. J’ai décidé que je poursuivrais mes études en enseignement et, encore une fois, il va faire de son mieux pour me soutenir. Il a compris que lorsque j’en envie de quelque chose, il est impossible de me faire changer d’avis. »

-" Oui, ça, je l'avais remarqué. C'est une bonne chose, il commence à te cerner. Mais je crois qu'il n'est qu'au prémisse de sa compréhension, le pauvre. Cela dit, c'est bien qu'il ne s'impose à toi en tant que père autoritaire. Il fait des efforts et même si il est encore loin du compte, c'est déjà quelque chose d'important. Peu de parents tentent de comprendre leurs enfants... "

L'espace d'un instant, Emma se perdit dans ses souvenirs. Son père à elle avait tout pour ressembler à celui d'Erïka. Riche, important, maniaque du contrôle. Seulement, lui, n'avait fait aucun effort. Il avait tenté de plier sa fille à sa volonté, d'en faire sa chose en la brisant, autant psychologiquement que physiquement. Mais au final, elle s'était émancipé de cet homme qu'elle détestait tant, et pas de la façon la plus pacifique qu'il soit. Elle espérait que pour sa protégée, les choses se passeraient mieux que ça. Après tout, son père ne faisait partie de sa vie que depuis peu, il serait dommage qu'il n'en sorte déjà. Mais, même si cela venait à arriver, Erïka n'en serait pas seule pour autant. Non, Emma comptait bien continuer à l'épauler et à la guider, comme le ferait une mère, et ce quoi qu'il arrive.

Mais pour l'heure, le seul endroit où elle devait guider la demoiselle était New-York. Où exactement ? Elle ne le savait pas. C'est pourquoi, après avoir démarré pour rassurer la russe sur le fait qu'elle n'allait pas la planter là, elle l’interrogea sur sa destination.

-« C’est écrit là. Une sorte de réception où j’aurais le choix entre parler affaire avec des hommes avares et pleins aux as ou des femmes habillées comme des garces qui se croient le centre du monde parce qu’elles se font vivre par leur idiot de mari. Génial, non ? Avec de la chance, il y aura certaines personnes qui en valent la peine, comme Tony Stark. »

Lançant un rapide regard en coin à l'invitation, la psionique constata qu'en réalité, elles allaient exactement au même endroit. La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y avait pas de détours à faire. La mauvaise... c'était tout ce que venait de dire la demoiselle. Emma recourba un peu le coin de sa bouche dans une moue mi vexée, mi narquoise.

-" Quelle joie de ne pas avoir de mari, je me serais presque sentie visée par ta remarque. Ceci dit, je suis vexée de ne pas être citée dans "les personnes qui en valent la peine". Ton choix est d'ailleurs quelque peu... médiocre jeune fille. Tony Stark ? Vraiment ? Je dirais plutôt qu'avec de la chance, il ne sera pas là. Il a un don inimitable pour attirer les ennuis, crois moi."

En réalité, Emma appréciait énormément l'héritier Stark. Certainement pas pour son savoir vivre et ses bonnes manières, mais parce qu'ils partageaient la même passion pour les créations électroniques. Par contre, son attitude "je m'en foutiste" l'hérissait profondément. Il ne se rendait pas compte de ses privilèges, tant sur le point de vu intellectuel que financier et faisait preuve d'une insolence dégoûtante vis à vis de ça. Il n'était assurément pas l’exemple qu'Emma voulait qu'Erïka se mette à suivre. Et, avec ses grands airs "cool", Tony était tout à fait capable de l'embrigader. Non, vraiment, il valait mieux qu'il ne soit pas présent ce soir là. Dans le cas contraire, Emma garderait un œil sur eux.

Mais d'ailleurs, qu'est ce qu'Erïka allait y faire, elle, dans cette soirée ? La réponse semblait évidente. Retrouver son père. L'occasion allait peut-être enfin se présenter de le rencontrer. Même si en réalité, Emma n'était pas sûre de le vouloir. Elle était curieuse de voir de quel genre d'homme il s'agissait, réputation mise à part. Mais elle n'était pas certaine de savoir faire la part des choses, et de le traiter avec neutralité. Enfin, elle verrait bien.

Conduisant tranquillement, Emma réfléchissait à toutes ses choses, quand soudain, une sorte de cacophonie s'éleva depuis le poste de radio. Fronçant les sourcils, la blonde tendit immédiatement le bras pour réajuster les choses. Oui, Erïka pouvait profiter du trajet, non, elle ne pouvait pas envahir le véhicule de son mentor avec la pseudo musique dont elle était fana.
L'adolescente laissa faire, heureusement. Emma ne rajouta donc rien, bien que l'envie de critique la culture musicale de la demoiselle lui brûlait les lèvres. C'est cependant un tout autre sujet qui fut évoqué.  


-« Dites-moi, vous avez entendu parler de cette mission où Scott et l’autre connasse… Paige, je crois, sont allés libérer des mutants prisonnier dans une sorte de laboratoire ? Enfin, ça m’étonnerait que Scott ne soit pas venu se plaindre du fait que j’étais dans ses pattes durant toute l’opération alors que j’ai pu enfin mettre en pratique ce que j’ai appris en entrainement et que je me suis très bien débrouillée. »

- "Je n'ai pas entendue de louanges sur tes capacités, non. Mais oui, j'ai entendue parler de cette "excursion". Scott aussi en a entendu parler, tu peux me croire. Après, je ne crois pas que tu aies été un poids durant la mission, mais il est vrai que tu n'avais rien à y faire. Je ne t'en ai pas parlé parce que tu n'es pas celle à blâmer dans l'histoire. Ceci dit, la prochaine fois, tâches de rester loin de ce genre de sortie. Je suis sûre que tu as été d'une grande aide, quoi qu'il en été dit, mais ça aurait pu tourner autrement. Tu n'est pas encore tout à fait prête pour ça, pas quand il y a d'autres vies en jeu. Bientôt, tu le seras, mais en attendant, nous devrions peut-être organiser des missions moins vitale pour te former sur le terrain. Qu'en dis tu ? Et ne laisses pas Scott te dénigrer. Je crois qu'il était surtout en colère que la situation ne soit plus totalement sous son contrôle. Oh, et évites tes petits sobriquets affectueux envers tes professeurs et tes futurs comparses, c'est on ne peut plus vulgaire."

Quelques temps après, elles arrivèrent à destination. Emma gara sa voiture dans le parking sous vidéo surveillance. Une place lui avait même été réservée. Une fois Erïka hors du véhicule, la grande blonde en sortit à son tour, avant de le verrouiller en pressant sur le bouton de sa clé. Lançant un regard à l'adolescente, elle laissa échapper un petit soupir. On ne pouvait pas dire que la russe n'avait pas de style, elle avait même un certain aspect de la mode qui la rendait très jolie. C'est juste qu'elle n'était absolument pas en accord avec le genre de soirée dans laquelle elle se rendait. Tant pis, ce n'était pas très important. Après tout, c'était une bonne chose qu'elle ne se retrouve pas à faire le mouton et à entrer dans un moule de superficialité.

Cela dit, le vigile s'occupant des cartons d'invitations à l'entrée, ne semblait voir les choses du même œil. Il regarda Erïka avancer vers lui, avec un air bourru de bull-dogue constipé. Alors que l'autre vigile s'occupait de l'invitation d'Emma, celui à l'air mal aimable s'attardait sur celle de la russe. L'attitude adoptée par l'homme agaça la grande blonde.

"C'est une vraie, je vous signale. Cette jeune femme est avec moi."
"Je sais, Mademoiselle Frost, mais elle n'est pas vraiment... dans le ton, si vous voyez ce que je veux dire."
"Tout comme vous. Les gorilles ne sont pas là pour jouer les juges de mode. D'ailleurs regardez vous, tous à vous singer les uns les autres. Exactement comme les autres invités de cette soirée... où l'on nous a vivement conviées d'ailleurs. -appuya t elle-.Mademoiselle Davidoff, elle au moins fera impression. Maintenant, vous allez être un gentil employé qui sait où se trouve sa place et rendre son carton à la jeune fille. Nous avons perdus assez de temps. "

Son ton était neutre, pas agressif du tout, mais il ne laissait pas la place au moindre refus. L'homme grogna un peu, pas vraiment ravi de se faire remettre à sa place de la sorte, mais n'ajouta rien. Il se contenta de se pousser afin de laisser passer les deux femmes. Emma entra en premier, le menton haut, le regard perçant. Elle était prête à se jeter dans la fosse au lion et à les dévorer tous un par un...

(♥)

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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Mer 19 Mar 2014 - 6:13

Erïka n’avait pas la meilleure opinion qui soit au sujet de la haute société. Elle apprenait à découvrir ce monde dans lequel une partie de sa famille vivait. Elle ne comprenait pas toujours ses rouages, mais elle savait une chose : l’argent était plus fort que tout. Crue dans ses paroles, ne se gênant pas pour étaler sa façon de penser, la jeune femme révéla à son professeur qu’elle était invitée dans l’une de ces soirées ennuyeuses où son père allait peut-être tenter de lui faire rencontrer des gens importants. Cependant, elle n’était pas très optimiste quant à ses rencontres. Les hommes d’affaires semblaient tous être les même. Il y en avait certains qui, par leur caractère et leur personnalité, sortaient du lot. Tony Stark en était un exemple, ce qui poussait l’étudiante à vouloir faire sa rencontre. Par contre, pour ce qui était de la gente féminine… Il semblerait qu’il n’y ait rien d’intéressant pour elle de ce côté. Potins, ragots et discussions inutiles sur la mode et sur la façon dont les femmes riches dépensaient l’argent de leur mari sans faire le moindre effort ne l’intéressait pas. Bien sûr, lorsqu’elle insinuait qu’elles n’étaient que des garces superficielles, elle ne pensait pas du tout à Emma Frost. Au contraire, cette femme était forte, indépendante, intelligente, elle possédait tout pour réussir dans la vie sans avoir besoin de qui que ce soit. D’ailleurs, elle réussissait à merveille tout ce qu’elle entreprenait. Elle était un véritable modèle.

-« Vous voulez que j’vous dise ? Vous n’avez pas besoin de mari. Vous êtes loin de ressembler à ces femmes dont je parle. Vous êtes un modèle à suivre. Si on va à la même soirée, c’est génial, ça veut dire que je ne me ferais pas chier comme je le pensais. Mon père peut se montrer aussi froid et associable que moi alors… bonjour l’ambiance. Ne vous inquiétez pas, je ne vous collerais pas aux basques, malgré tout. Je suis douée pour les emmerdes, alors j’irais justement discuter avec Tony Stark. Le courant va passer, si ça se trouve. Je trouve que c’est un excellent choix. Sauf si vous insistez pour que je vous suivre partout à la trace comme un chiot. » Fit-elle avec un petit sourire amusé.

Erïka était douée pour attirer les emmerdes, elle n’avait besoin de personne pour l’aider. Malgré tout, elle était curieuse de rencontrer ce fameux Tony Stark. Enfin, encore fallait-il qu’il soit présent. Pour l’instant, il valait mieux éviter de trop espérer. La jeune femme préféra se concentrer sur autre chose, comme la radio, par exemple. Cela ne dura pas bien longtemps. Emma n’aimait pas le rap. Dommage, la prochaine fois, la jeune femme allait syntoniser le poste de heavy metal. Rien de mieux que du métal symphonique pour bercer ses oreilles. Avec de la chance, elle tombera sur une bonne chanson de Nightwish.

Quoi qu’il en soit, vu que la jeune femme ne pouvait pas choisir la musique de son choix le temps de la balade, elle décida de rompre le silence en discutant. Elle parla de cette fameuse mission dans laquelle elle s’était retrouvée involontairement et qui avait donné davantage de raisons à Scott de lui trouver des défauts. Selon les dires d’Emma, le chef des X-Men n’avait pas dit un seul mot en sa faveur. Quel connard ! Heureusement qu’Erïka pouvait compter sur son mentor pour lui dire les vraies choses et lui rappeler qu’elle croyait en elle.


-« On s’en fou de la façon dont je parle d’eux, ils ne m’entendent pas. Scott est quand même un connard de ne pas avoir osé avouer que j’ai été utile pendant leur mission ! J’ai réussis à saboter un système de sécurité, je me suis infiltrée dans le bâtiment comme une véritable espionne, j’ai maitrisé et assommer mes adversaires si c’était nécessaire sans les blesser gravement, ce qui est excellent quand on considère que Paige semble avoir de plus gros problème d’agressivité que moi et ne se gênait pas pour taper fort, et, en plus, je lui ai sauvé son cul. J’ai pris des risques en quittant le jet, parce que, soyons honnête, y’avait qui d’autre sauf Scott pour le piloter en cas de problème ? Alors je lui ai dit clairement que j’allais chercher Paige, ce que j’ai fait et je l’ai ramenée saine et sauve sans même être en grand danger, ce qui change de certaines simulations. Sur le terrain, les choses sont différentes et je le sais. J’ai fait ce qui était le mieux pour que tout le monde s’en sorte sain et sauf, y compris les mutants qu’on a sauvé et dont j’ai pris soin pendant tout le trajet. Bon d’accord, je ne suis peut-être pas prête pour les grandes missions dangereuses, mais j’ai géré dans celle-ci. Et, bien sûr, jamais les deux autres vont l’avouer, Scott me déteste parce que je passe mon temps à contester son autorité, et pourtant j’ai écouté ses ordres en mission, et Paige me hais parce que je me suis engueulée avec elle parce qu’elle traite les autres comme de la merde et ce, sans raison. Quand on ose traiter mes amis comme de la merde, il faut s’attendre à ce que je réplique, c’est tout à fait normal, on ne s’en prend pas à ceux à qui je tiens, quoi. Alors, moi je suis d’accord pour des missions de plus petite envergure, question de vous montrer à quel point je gère sur le terrain, mais seulement sous vos ordres et avec des coéquipiers qui comprennent le concept de faire équipe, de préférence. Non parce qu’eux, ils leur manquent quelques notions de ce côté-là. »

Erïka parlait rapidement, gesticulait beaucoup, bougeant surtout ses mains afin de démontrer ses propos ou même pour expliquer quelque chose alors qu’elle le faisait très bien à l’oral. Elle ressemblait soudainement à n’importe quelle adolescente qui racontait les problèmes de sa vie quotidienne, s’outrant de certaines choses, se réjouissant de d’autres. Avec Emma, elle se montrait toujours plus bavarde, ne se gênant pas pour dire tout ce qu’elle pensait, laissant les paroles coulées comme ses pensées. Aucune censure, elle racontait tout ce qui s’était produit pendant la mission en tentant d’oublier les détails superflus. Elle se plaignait surtout du manque de confiance que les autres avaient en elle alors qu’elle avait su prouver qu’elle pouvait se montrer utile, bien que sa présence n’était pas désirée.

Une fois à destination, Emma gara sa voiture. Erïka ne tarda pas à en sortir, marchant gracieusement dans le parking sans se soucier de quoi que ce soit. Avec des chaussures confortables dans les pieds, elle ne pouvait que bien se porter. Lorsqu’elle posa les yeux sur Emma et observa dans l’ensemble sa tenue, elle poussa un petit sifflement admiratif.


-« Wow. Vous allez clairement voler la vedette à toutes ces bourgeoises, ce soir. »

Son mentor avait toujours su se mettre à son avantage, mais jamais de manière provoquante. Au contraire, elle savait mélanger élégance et sensualité pour donner un style sexy qui ne la faisait pas passer pour une femme sans cervelle. Elle inspirait le respect, mais ça, c’était peut-être parce qu’elle avait celui d’Erïka depuis longtemps. Les deux femmes se rendirent à l’entrée du bâtiment où elles donnèrent leurs cartons d’invitation. L’un des vigiles fit un commentaire sur la tenue d’Erïka. Cette dernière n’en avait rien à foutre de ce qu’il pensait. Elle était bien comme elle était. Elle n’allait certainement pas changer de tenue pour plaire à qui que ce soit. Alors qu’elle allait ouvrir la bouche pour l’envoyer bien gentiment sur les roses, comme elle savait si bien s’y prendre, Emma pris la parole.

Le vigile laissa finalement passer les jeunes femmes qui s’avancèrent la tête haute. Il fallait dire qu’Emma l’avait remis à sa place de façon étonnante. Erïka n’aurait jamais pu faire mieux. D’ailleurs, cette dernière fit un joli sourire au vigile, l’air de clairement dire « dans ta gueule, connard », avant de suivre son institutrice. Lorsqu’elles furent éloignées, l’étudiante ne retint pas un commentaire sur ce qui venait de se passer. On pouvait même sentir cette parcelle d’admiration dans sa voix. Décidément, Emma allait toujours l’impressionnée.


-« C’était ma-gni-fi-que. Va falloir m’apprendre à faire ça, parce que c’est trop la classe. »

Alors qu’Emma entrait dans la grande salle, Erïka resta en retrait, à l’extérieur. Elle envoya un SMS à son père afin de lui dire qu’elle était là. Elle ne tarda pas à recevoir une réponse. Ce fut lorsqu’elle l’aperçu dans la grande salle qu’elle se décida à y entrer, ne remarquant pas les regards qu’on pouvait lui lancer. Elle n’en avait rien à foutre. La première personne qui osait critiquer sa tenue allait se faire démolir à coup de vacheries plus véridiques les unes que les autres dans le temps de le dire. Erïka était comme une tigresse, prête à bondir sur le premier prédateur qui oserait s’en prendre à elle, que ce soit physiquement ou verbalement. Au passage, elle attrapa doucement le bras d’Emma, souhaitant l’entrainée avec elle.

-« Venez, je vais vous présenter mon père. »

Elle ne tarda pas à lâcher la jeune femme, se dirigeant vers son paternel. Sergeï Davidoff était élégamment vêtu, ce soir. Il portait un costume noir, fait sur mesure, provenant probablement d’un grand designer. Il avait pris soin de coiffée sa chevelure blonde, coupée aux cheveux près. Erïka ne comprenait pas pourquoi il avait pris cette peine, vue leur longueur. Quoi qu’il en soit, même si son père semblait quelqu’un de sévère, d’imposant, et pour certains, d’intimidant, il n’en restait pas moins un homme raffiné avec d’excellents manières.

Lorsqu’Erïka arriva devant son père, ayant devancé Emma de quelques pas, ce dernier la détailla du regard. On voyait clairement la différence lorsque sa fille décidait de se vêtir toute seule, comparativement aux fois où Eleonnora le faisait à sa place. Il ne fit pas de commentaire sur le sujet, sachant déjà qu’Erïka ne se gênerait pas pour répliquer qu’elle n’avait rien à foutre de la façon dont elle était habillée. Il lui parla plutôt du fait qu’il aurait pu passer la prendre à l’institut. Elle lui avait envoyé un SMS un peu plus tôt, lui disant qu’elle n’avait pas pris sa voiture pour venir jusqu’ici et donc qu’elle allait arrivée plus tard que l’heure qu’ils avaient convenus. Elle n’était pas en retard pour autant. Elle avait justement prévu d’arriver plus tôt pour passer plus de temps avec son père, mais elle avait changé d’avis en apercevant Emma Frost dans le parking de l’institut, bien qu’elle s’était bien gardée de lui révéler cela.
Quoi qu’il en soit, le père et la fille se saluèrent avant d’engager la discussion.


-« Tu sais, si tu ne voulais pas conduire jusqu’ici, j’aurais pu passer te prendre à l’institut. »
-« Non, pas la peine. Miss Frost s’est fait un plaisir de me conduire jusqu’ici, n’est-ce pas ? » Fit-elle avec un grand sourire en se retournant vers son professeur qui les rejoignait.

Sergeï observa Emma de la tête au pied. Voilà qu’il pouvait enfin rencontrer le mentor de sa fille. Il la connaissait de réputation, il savait également qu’elle était une femme magnifique, élégante et raffiné. Maintenant, ses yeux pouvaient pleinement en profiter. Il ne la reluqua pas bien longtemps, question de politesse, mais il restait subjugué par la beauté de la jeune femme. Il s’inclina légèrement et attrapa délicatement la main d’Emma pour lui faire un baisemain, digne d’un gentleman. Il se redressa doucement.


-« Je suis ravi de vous rencontrer, mademoiselle Frost. C’est un honneur de faire enfin votre connaissance. Je me présente. Je suis Sergeï Davidoff. Laissez-moi vous dire que vous êtes élégante, ce soir. »

Erïka, qui avait observé toute la scène d’un drôle de regard, fini par lâcher un commentaire, rappelant à son père que, malheureusement, elle existait toujours.

-« What the fuck is that… ? »
-« Je ne prendrais pas la peine de répondre à ce commentaire. »
-« Tu viens de le faire. » Son père ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle le coupa bien rapidement. « La dernière fois que t’as fait du charme à une femme, regarde ce que ça a donné. Tu veux vraiment refaire la même connerie ? » Fit-elle en se désignant elle-même.

Sergeï poussa un long soupire de découragement avant de se tourner vers Emma.

-« Pardonnez ma fille. Elle est… toujours aussi fidèle à elle-même, peu importe les circonstances. »

En regardant Erïka sourire comme si elle tentait de se faire passer pour un petit ange innocent, il eut réellement envie de se faire un « facepalm ». Ce qu’elle était décourageante. Il préférait la laisser faire et éviter d’embarquer dans son petit jeu, ce qu’il faisait trop souvent, habituellement. Elle finira bien par trouver quelqu’un d’autre à embêter et il pourra, pendant ce temps, faire connaissance avec cette femme charmante qui semblait si bien s’occuper de sa fille.
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Dim 13 Avr 2014 - 19:53


Emma avait toujours adoré baigner dans le luxe. Elle n'était pas le genre de fille qui se rebellait contre la fortune familiale et fuyait vivre une vie de hippie dans les montagnes. Non, elle en profitait et plus encore, elle la grossissait. Ce n'était pourtant pas par désir de laisser un héritage, après tout elle ne s'imaginait pas marier et visiblement, Erïka non plus. Il y avait bien sûr l'adoption, mais elle jugeait s'occuper de bien assez d'enfants pour en rajouter. Et puis, avant un certain age, elle n'était pas à l'aise avec les mouflets. De plus, avoir un enfant à sa charge lui prendrait du temps, temps dont elle manquait déjà cruellement.

Cependant, elle trouvait bien souvent un créneau de libre lorsqu'il s'agissait de se rendre dans une soirée. Ce n'est pas tant qu'elle était fêtarde, c'est juste qu'elle aimait flotter au milieu de gens fortunés et sentir leur regard admiratif, voir envieux, glisser sur elle. Oui, Emma était une femme fière et quelque peu prétentieuse. Par contre, elle n'imaginait pas Erïka prendre du plaisir à ce genre d'événement, comme cette dernière le lui confirma rapidement. Pourtant, l’adolescente semblait penser que la soirée serait bien plus intéressante à présent qu'elle savait que son professeur s'y rendait aussi. Cette affirmation arracha une moue sceptique à la psionique.

-" Je ne pense pas que ma présence rendra ton père plus chaleureux, ni même qu'elle changera quoi que ce soit en fait. Je vais sans doute discuter affaire avec des gens que tu trouveras pompeux et ennuyeux. Donc non, je n'imagine pas un instant que tu feras le "petit chiot" avec moi. Et comme de mon côté je ne compte pas jouer les gardes chasse, tu pourras faire ce que tu veux, y compris rencontrer Tony. Mais ne viens pas dire que je ne t'aurais pas prévenue."  

Emma n'était pas la mère d'Erïka, ni même sa sœur comme le pensait certaines personnes. En fait, elle jugeait qu'en dehors de l'école, elle n'avait pas vraiment à imposer quoi que ce soit à la jeune fille. Aussi, même si cela ne plaisait guère à l'enseignante, si la jeune fille souhaitait rencontrer le gérant de la compagnie Stark, elle ne s'interposerai pas. Et puis, de toute façon, elle savait parfaitement qu'il était inutile d'interdire quoi que ce soit à la russe, cette dernière n'en faisait toujours qu'à sa tête. Et, plus l'interdiction était grande, plus la demoiselle allait tout faire pour la contourner. Il était donc inutile de se fatiguer, ni même de débattre sur le sujet.

Par contre, si il y avait bien une chose sur laquelle Emma était intransigeante, c'était la musique qui passait dans SA voiture. Hors de question de laisser qui que ce soit brailler dans son poste comme des vikings chargeant lors d'une attaque. Sa radio était destinée à émettre de douces mélodies raffinées et symphoniques, rien d'autre. Fort heureusement, Erïka ne discuta pas ce choix. Par contre, à défaut d'entendre des grossièretés chantées, Emma y avait en droit en direct, sortant de la bouche de sa protégée. Ce comportement lui arracha un petit soupir. Même vêtue élégamment, se rendant dans une soirée sophistiquée, l'adolescente restait elle même, impulsive, râleuse et quelque peu vulgaire.

-" Ils ne t'entendent pas, mais moi oui. Je me moque que tu les insultes, surtout si tu as tes raisons, j'aimerais juste que tu évites de le faire en ma présence. Ils sont mes collègues, et, qu'importe ce que je pense d'eux, je n'ai pas vraiment envie de les entendre être nommés de la sorte. Cependant... je dois reconnaître que Scott n'est pas vraiment juste dans cette histoire. Puisque vous êtes tous rentrés sains et saufs, c'est que tu as fais du bon boulot. Le problème c'est que ce n'était pas TON boulot et je pense que ça ne lui a pas plu du tout. Voilà, tu vois, certaines personnes peuvent admettre que tu as "gérée", comme tu dis. Donc oublie Scott un moment, il a parfois des réactions difficiles à comprendre, mais il n'a pas un rôle évident non plus. Quand à Paige, essais de voir un peu plus loin que les apparences. Il n'y a pas si longtemps, j'en connaissais une autre qui "traitée les autres comme de la merde". On a tous nos caractères et nos mécanismes d'auto défense. Si tu ne l'apprécie pas et que tu ne te sens pas de faire l'effort d'essayer de la comprendre, alors ignore la. Inutile de te mettre dans un tel état pour ça. Et si il y a des problèmes avec tes amis, à l'avenir, ne fonce pas dans le tas comme un taureau enragé. Viens m'en parler, ou bien à Charles. Ou encore, organise une discussion calme et posée entre les différents protagonistes. Un échange de cris ne fais généralement pas avancer les choses. En ce qui concerne tes entraînements, c'est d'accord, ce sera uniquement avec moi et des gens qui ont conscience de ta valeur. Pouvons-nous clore ce sujet à présent ? Je n'ai pas envie que tu sois en rage lorsque l'on arrivera. Ton père risque de me croire responsable."

Arrivées, elles l'étaient justement. En sortant de la voiture, Erïka laissa échapper quelque chose qui amusa son mentor.

-« Wow. Vous allez clairement voler la vedette à toutes ces bourgeoises, ce soir. »
-" Allons, je ne suis pas là pour ça."

Elle savait que cette demie vérité n'échapperait pas à Erïka et à son don. Aussi lui offrit elle un sourire complice qui en disait long. Elles se dirigèrent ensuite vers l'entrée, où elles furent importunées par un des videurs à cause de la tenue mal appropriée de la russe. Emma se chargea de le remettre à sa place, avant de pénétrer dans l'établissement, l'adolescente sur les talons.

-« C’était ma-gni-fi-que. Va falloir m’apprendre à faire ça, parce que c’est trop la classe. »
-" Oh, je pense que tu n'aurais aucun mal à le faire. Tu as la langue bien assez pendu et de la fourberie pour dix. Il faut juste un peu moins de gros mots et un peu plus de subtilité quand tu remets quelqu'un à sa place. Et toujours un grand calme et un sourire assortis. Tu devrais essayer avec Scott, un de ces jours, je t'assure qu'il déteste ça et qu'il ne sait souvent pas comment réagir, lui qui s'emporte pour rien."

Amusée, la grande blonde fit son entrée. Rayonnante, fière, majestueuse. Comme toujours, bien des regards se tournèrent vers elle et elle apprécia chacun d'eux. Puis, la main de l'étudiante attrapa la sienne pour l’entraîner à travers la foule. Ce genre de familiarité n'était pas dans les habitudes de la télépathe mais elle se laissa tout de même faire, d'autant que le contact ne dura pas longtemps. Erïka arriva devant Sergeï Davidoff un peu avant Emma, si bien que cette dernière se présenta à eux au moment où la russe affirmait qu'elle s'était fait une joie de la conduire ici.

-" Je n'ai surtout pas vraiment eut le choix. Mais le trajet ne fut pas désagréable, alors je ne m'en plains pas."

Emma laissa l'homme la saluer avec la courtoisie requise dans ce genre de soirée. L'attention arracha tout de même un sourire à la femme d'affaire. Elle devait reconnaître que le père de son élève était charmant. Jamais elle ne l'aurait imaginé si jeune. En fait, elle voyait plutôt un homme assez mûr, grisonnant, à la tenue stricte et au regard sévère. Hors Sergeï, bien qu'ayant des gestes militaires, était loin du portrait qu'elle s'en était fait.

-« Je suis ravi de vous rencontrer, mademoiselle Frost. C’est un honneur de faire enfin votre connaissance. Je me présente. Je suis Sergeï Davidoff. Laissez-moi vous dire que vous êtes élégante, ce soir. »
-" C'est un plaisir partagé Monsieur Davidoff, voilà quelques temps que j'espérais cette rencontre. Je vous remercie du compliment et je me vois obligée de vous confier que la touche la plus raffinée de ma tenue, je la dois à votre fille. ajouta t elle en désignant le châle tombant de ses épaules. Contrairement aux apparences, elle a un gout certain pour les jolies choses. "
L'échange courtois qu'avaient l'homme et Emma sembla laisser Erïka perplexe. Comme à son habitude, elle ne put retenir un commentaire.

-« What the fuck is that… ? »
-« Je ne prendrais pas la peine de répondre à ce commentaire. »

Emma laissa échapper un léger soupir. Sa leçon sur les répliques cinglantes exumptes de vulgarité était déjà bel et bien passée à la trappe. De plus, la jeune blonde ne s'arrêta pas là.

-« Tu viens de le faire. » Son père ouvrit la bouche pour répliquer, mais elle le coupa bien rapidement. « La dernière fois que t’as fait du charme à une femme, regarde ce que ça a donné. Tu veux vraiment refaire la même connerie ? » Fit-elle en se désignant elle-même.

Tournant un peu la tête pour démontrer que les propos de son élève ne l'atteignait pas un instant, Emma remarqua la présence de quelqu'un qu'elle connaissait bien, un peu plus loin, accoudé au bar. Tony était là finalement. Reconsidérant l'échange que venait d'avoir Sergeï et sa fille, ce n'était peut-être un si mauvaise chose finalement. Si Emma voulait apprendre à connaitre le père de sa protéger et, au passage, à en apprendre un peu plus sur les projets qu'il avait pour Erïka, elle devait absolument l'éloigner. Sinon, elle risquait de subir ses commentaires déplacés toute la soirée. Dodelinant un instant de la tête, peu sûre de vouloir vraiment faire ça, elle se jeta finalement à l'eau.

-" Je ne pensai pas que Tony Stark prendrait la peine de venir ce soir. Mais son mini bar ne devait plus avoir de réserves." dit elle en désignant l’intéressé du menton, espérant qu'il accapare l'attention de la jeune russe durant un petit temps.

Puis, elle se tourna à nouveau vers Sergeï.

-« Pardonnez ma fille. Elle est… toujours aussi fidèle à elle-même, peu importe les circonstances. »
- " Elle est toute pardonnée. Je dois reconnaître que je n'aimerai pas la voir tronquer son caractère pour se plier à la docilité de la bienséance. Ça ne serait plus elle, mais ça, je pense que vous l'avez déjà compris depuis quelques temps. Un oiseau sans ailes devient sans splendeur. Votre fille sans sa langue, c'est la même chose. "

La mutante laissa échapper un petit rire parfaitement interprété. Puis, elle chercha un serveur du regard, usant de ses dons télépathique pour lui donner l'envie de passer près d'elle avec un verre de vin blanc sur son plateau. Une fois tout près, Emma s'empara du verre avant de revenir sur Sergeï.

-" Puis-je abuser d'un peu de votre temps pour m'entretenir avec vous ? J'avoue être curieuse et j'aimerai en savoir un peu plus sur vous. Mais je vous rassure, je ne me montrerai pas trop curieuse non plus."

Portant le verre à ses lèvres, elle plongea son regard dans celui de l'homme. Il était calme mais déterminé. Inutile de mentionner qu'un refus ne serais que peu apprécié.

_________________

" Le monde entier nous regarde à présent,
nous ne devons être rien de moins que fabuleux. "
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Mar 15 Avr 2014 - 20:14

Erïka n’était pas une fêtarde, loin de là. Elle aimait s’amuser, passer du bon temps entre amis, mais les clubs, les bars, les soirées arrosées n’étaient pas son genre. Autant elle détestait ce genre de fête où tout le monde finissait saoule comme une botte, autant elle supportait très mal les soirées organisées par des bourgeoises coincées du cul qui puaient la richesse. C’était trop snob, ça obligeait la jeune femme à faire preuve de bonnes manières. Certes, Erïka savait bien comment se comporter et être une véritable demoiselle, mais elle n’en avait pas envie. Ce n’était pas elle.

On pouvait peut-être lui reprocher de ne pas être très élégante, de ne pas avoir un beau vocabulaire et de ne pas possédé des manières raffinées, mais on ne pouvait nier qu’elle était un véritable génie qui saura reprendre et diriger avec fermeté l’entreprise de son père. Elle ne voyait pas les choses du même œil que les hommes d’affaires. Elle possédait cette vision des choses et cette curiosité qui lui permettront de voir plus loin que les profits, plus loin que la richesse. Elle n’allait pas seulement se contenter de faire un maximum d’argent, elle allait s’occuper de cette entreprise sans déroger à ses principes. Elle allait agir à sa manière et ne doutait pas un seul instant de sa future réussite. Il ne fallait pas la sous-estimer, encore moins se fier à l’attitude insolente et rebelle qu’elle dégageait, car cela serait commettre une grande erreur. Elle réfléchissait, elle analysait, elle se souvenait. Lorsque le moment sera venu, elle saura jouer les bons coups pour évincer ses adversaires.

Erïka avait su surprendre son père par son caractère, mais également par son savoir. Outre ses connaissances en littérature et en cinéma indépendant, deux choses qui constituaient ses hobbies, elle avait une facilité déconcertante à apprendre de nouvelles langues. Le compte montait à une vitesse folle au fil des années. Depuis qu’elle étudiait à l’institut, elle avait appris plus de cinq nouvelles langues. Elle n’avait certainement pas terminé de compter. Avec le temps, elle avait développé des compétences intéressantes dans le domaine de l’économie, ce qui lui ouvrait de nombreuses portes quant à son avenir.

Quoi qu’il en soit, la jeune femme avait bien assez de connaissances et était suffisamment curieuses quant à de nouvelles découvertes pour discuter avec n’importe qui à cette fameuse soirée bourgeoise. Cependant, tout ce qu’elle imaginait était une soirée ennuyeuse en compagnie d’homme trop sérieux, préoccupés par leur business ou de femmes préoccupées par leurs cheveux. Heureusement, il y avait Emma. Erïka se doutait bien que son institutrice ne supportera jamais de la trimballer toute une soirée avec elle. Ça allait probablement se terminer par un meurtre… ou une claque mentale dont l’adolescente se souviendra longtemps.

-« Finalement, je vais éviter de vous suivre à la trace, ça va me sembler aussi palpitant que de dresser des crevettes. Encore là, l’élevage de crevettes me semble assez sympa. »

Emma n’était pas la mère d’Erïka, mais c’était presque comme si aux yeux de l’adolescente. Elles avaient ce lien fort et spécial qui les unissait. C’était à la fois une grande force, mais également une faiblesse. Le premier qui osait touché à Emma le regretterait amèrement, Erïka étant toujours prête à bondir comme un chien enragé pour défendre ceux à qui elle tenait. Dans la vie de tous les jours, on ne remarquait pas nécessairement ce lien et cette complicité que partageaient les deux femmes. Elles se rapprochaient surtout lorsqu’elles étaient seules, loin des regards et des oreilles indiscrètes. Elles pouvaient alors parler comme elles le souhaitaient et se comporter davantage comme une mère et sa fille plutôt que comme une enseignante et son élève.
En tant que bonne mère et excellent mentor, Emma expliqua à Erïka qu’elle devait cesser d’insulter les autres et de les traiter de tous les noms inimaginables sous prétexte qu’elle les détestait. C’était un manque de respect envers les collègues d’Emma qui étaient la cible de l’adolescente. Elle lui prodigua des conseils pleins de sagesses, mais qui ne semblaient pas atteindre Erïka. En fait, cette dernière ne voulait pas avouer qu’Emma avait touché un excellent point en comparant son comportement d’antan à celui de Paige. Elle avait raison. Erïka afficha une petite moue. C’était une bonne idée de clore le sujet. Roulant des yeux, elle approuva d’une voix morne.


-« D’accord maman. J’ai compris la leçon. Oh et, au fait, je suis parfaitement calme, en ce moment. »

Heureusement, Emma ne tarda pas à arriver à destination. Elle allait enfin pouvoir se débarrasser de son étudiante… ou presque. Cette dernière comptait la suivre encore un petit moment. Lorsqu’elle vit la façon dont était vêtue son institutrice, elle ne put s’empêcher de pousser un commentaire. Il était clair qu’Emma allait voler la vedette à toutes les femmes de cette soirée. Pourtant, cette dernière avoua qu’elle n’était pas là pour ça. Oh, la petite menteuse. Erïka lui offrit un grand sourire complice. Tout le monde était un peu narcissique, à quelque part, on ne pouvait le nier c’était quelque chose d’humain.

L’un des problèmes qu’Erïka avait avec les soirées bourgeoises était la façon dont elle devait se vêtir. Elle n’aimait pas les longues robes encombrantes et chics. Elle préférait le confort. Il en était de même pour les chaussures, point le plus important de sa tenue, selon elle. Elle n’avait pas envie de souffrir le martyr parce qu’une paire d’escarpin était plus classe qu’une paire de basket. Elle était très confortable dans ses converses à talons hauts. Elle marchait aisément et pouvait même courir sans craindre de perdre une chaussure en chemin. En plus, elle avait fait un effort pour que les lacets collent avec la couleur du ruban de sa robe ! Pourtant, elle avait droit à des commentaires sur le sujet. Elle s’en fichait de ce que les gens pensaient de sa tenue. Elle savait très bien le faire savoir. Cependant, elle n’eut pas l’occasion de le faire, cette fois-ci. Emma avait une manière subtile et distinguée de remettre les gens à sa place. Erïka souhaitait, un jour, être capable de faire de même. Jouer avec les subtilités de la langue, elle savait le faire sur papier, pourquoi ne pas essayer de le faire à l’oral ?


-« Je vais clairement essayer ça sur Scott la prochaine fois qu’il m’engueule pour un truc. Ça va être un total mindfuck dans sa tête. Et puis, il parait que n’importe quoi passe avec le sourire. »

Erïka laissa Emma faire sa grande entrée. Elle devait attendre ça depuis le début de la soirée. L’adolescente s’amusa de voir les regards d’admirations tournés vers elle. Il y avait également quelques jalouses dans une partie de la salle. Ce n’était pas tout le monde qui pouvait arriver à dégager cette classe, cette pureté et cette élégance comme Emma Frost. Erïka, si elle s’y mettait, pourrait être tout aussi jolie et désirable qu’elle. C’était dommage qu’elle soit plutôt un petit mouton noir qui empêchait cette belle femme de rayonner auprès des grands hommes d’affaires. Elle avait attrapée Emma par la main pour l’entrainer avec elle dans la salle. Elle souhaitait lui présenter son père.

Sergeï Davidoff n’avait clairement pas l’air du genre d’homme que l’on souhaitait embêté. Il était intimidant, et pas seulement physiquement. Il semblait être un homme bien élevé et très éduqué, malgré tout. Il le démontra en saluant Emma avec galanterie. Visiblement, Erïka n’avait pas compris ce genre de principe, dévisageant son père sans gêne. Le premier à accueillir la jeune femme de cette façon se prendrait bien rapidement un crochet bien placé. Heureusement, personne ne semblait assez suicidaire pour faire cela.

Emma répondit au compliment sur sa tenue, précisant que l’élément le plus raffiné de sa tenue avait été créé des mains d’Erïka. Cette dernière ne put s’empêcher de sourire. Elle était fière de voir qu’Emma portait son châle ce soir. Par contre, elle se demandait si elle devait y voir un compliment lorsque la femme affirmait qu’elle avait bon goût, malgré les apparences. Ça voulait dire quoi, ça ? Elle n’avait pas bon goût en général ? Bon, peut-être que ses goûts en musique pouvaient être douteux, mais elle ne s’habillait pas n’importe comment. Elle allait finir par croire qu’Eleonnora avait raison lorsqu’elle critiquait ses tenues vestimentaires.

N’étant pas du genre à rester muette, surtout lorsqu’elle assistait à une scène qu’elle pouvait qualifier de totalement « what the fuck » à ses yeux, la jeune femme ne put s’empêcher de laisser échapper un commentaire légèrement désobligeant. Bien sûr, son père tenta de faire comme s’il n’en avait rien à faire, mais le simple fait de lui répondre poussait Erïka à continuer de parler. Même Emma devait être découragée. D’ailleurs, elle ne regardait même plus dans leur direction. Dès que le silence se fit, elle se contenta de glisser une information qui saurait intéressée son élève : Tony Stark était présent à la soirée. Soudainement intéressée, l’adolescente décida de laisser son père et Emma en plan pour aller le voir.


-« J’ai soudainement envie d'une bière. » Elle leva les yeux vers son père. « Tu fais attention à elle sinon je t’en colle une. » Fit-elle en fronçant les sourcils pendant une petite seconde avant de soudainement redevenir souriante et s’éloigner d’un pas léger.

Sergeï poussa un léger soupir de soulagement. Il se tourna vers Emma afin de s’excuser du comportement de sa fille. Elle n’était pas genre délicate, que ce soit dans les gestes ou les paroles. Cependant, Emma l’avait déjà pardonnée. Elle reconnaissait le fait que l’adolescente restait elle-même, peu importe les circonstances. Elle ne laissait pas la société la modeler à sa guise.

-« J’ai appris à la connaitre avec le temps et, surtout, à m’éviter ses foudres, je dois dire. Certains diront que nous partageons les mêmes traits de caractère. Malgré tout, nous n’avons pas les mêmes idéaux, ni les mêmes valeurs, ce qui nous mène souvent à de vives argumentations qu’il est parfois préférable d’éviter. »

Emma était une belle femme. Lorsqu’elle riait, elle l’était d’autant plus. Puisqu’elle souhaitait rester en sa compagnie afin de discuter, il n’allait certainement pas refuser. Il était ravi et avait attendu avec impatience cette rencontre. Enfin, il faisait face à cette femme qui avait su inspirer sa fille, qui en avait pris soin, qui avait agis avec elle comme un mentor. Sergeï savait qu’Erïka se confiait à elle si elle en avait besoin. Il n’allait pas tenter d’extorquer des réponses à Emma et allait respecter le fait qu’il ne pourra jamais prendre la place de la jeune femme dans la vie de sa fille. Il pouvait déjà se compter chanceux d’en faire partie.

-« Je dois avouer que cette curiosité est partagée. Je serais ravi de répondre à toutes vos questions, sauf si elles concernent mon divorce. » Il laissa échappé un petit rire avant de reprendre. « Erïka me parle énormément de vous. Vous êtes une bonne influence pour elle. Je peux vous affirmer que vous comptez beaucoup à ses yeux, rien que de la façon qu’elle s’exprime lorsqu’elle me fait part de ses nouvelles connaissances au sujet des finances, par exemple, ou tout simplement lorsqu’elle évoque votre nom. Et puis, cela se voit dans la façon qu’elle agit, également. Lorsqu’elle arrive dans une soirée de ce genre, elle est déjà découragée et s’installe dans un coin en attendant que le temps passe. Ce soir, je l’ai trouvée plutôt énergique et bien moins ennuyée qu’à l’habitude. Votre présence doit y être pour beaucoup. Je suis heureux de savoir qu’il y a quelqu’un pour prendre soin d’elle comme vous le faites. »

Bien sûr, Sergeï ne disait pas tout. Il restait poli, bien élevé. Lorsque le serveur repassa dans le coin, il attrapa une coupe de vin au passage. Il était difficile d’avouer qu’il jalousait le lien qu’avait Emma et Erïka. Jamais il n’avait eu un tel lien avec ses parents, ni même avec sa propre fille aînée. Malheureusement, il l’avait réalisé trop tard. Il était également impossible de changer les choses avec les jumeaux. Ils avaient appris à grandir sans père, ils avaient vécus des épreuves qui les avaient poussés à se débrouiller par eux-mêmes, à ne compter sur personne d’autre. L’arrivée de Sergeï dans leur vie avait chamboulé bien des choses. Erïka avait eu beaucoup de mal à l’accepter. Encore maintenant, elle avait besoin de s’adapter, à savoir comment se comporter avec lui. Peu de choses les rapprochaient vraiment.

-« Puis-je vous demander comment vous êtes arrivée à obtenir le respect et la confiance d’Erïka ? J’ai bien compris que cela se révélait être une longue tâche très ardue. J’aimerais arriver à la comprendre davantage, mais, hélas, j’ai l’impression que les seuls moments où nous arrivons à nous entendre sont ceux où je lui mets une arme entre les mains. Vu son tempérament, ce n’est pas toujours une bonne idée, je dois l’avouer. »

La conversation, ce n’était pas le point fort de Sergeï, surtout lorsqu’il s’agissait de ses enfants. Il avait toujours l’impression de perdre le contrôle et patauger dans le néant.  Il espérait que sa discussion avec Emma saura lui apporter quelques lumières sur le comportement de sa fille et sur la façon dont il pouvait éviter de se faire détester à chaque remarque qui contredisait ce qu’elle pensait.

Pendant ce temps, Erïka alla s’installer au bar aux côtés de Tony Stark. Elle posa son sac à main sur le comptoir, puis croisa les jambes. Visiblement, la soirée était tellement déprimante qu’il ne s’était pas gêné pour jeter son dévolu sur l’alcool. La jeune femme soupira. Finalement, Emma avait raison. Encore une fois. Elle hésita à dire quelque chose à l’homme, mais ce dernier semblait sur le point de s’endormir et tomber de son tabouret. Elle allait le laisser faire, ça pourrait être amusant. Lorsque le barman s’approcha d’elle, elle lui demanda une bière. Ce dernier la toisa d’un drôle de regard. Apparemment, il n’avait pas de bière, si ce n’était que des trucs trop bourgeois pour être considérés comme de la bière.


-« Come on ! C’est quoi cet endroit de merde ? Les gens ici sont trop importants pour boire de la bière comme tout le monde ou quoi ? Sers-moi un cocktail, n’importe quoi, tant que c’est buvable. »

Le barman eut probablement pitié de la pauvre Erïka car il lui servit un verre coloré, digne des plus grands clubs de la ville, avec une tranche d’orange posée sur le bord, quelques cerises dans le fond, le tout accompagné d’une paille et d’une jolie ombrelle flottant dans le mélange. Ravie, Erïka sourit.

-« Toi, t’as tout compris. » Fit-elle, satisfaite, avant de sortir un billet de son portefeuille qu’elle posa sur le comptoir. Le barman avait bien mérité son généreux pourboire.

Soudainement de meilleure humeur, Erïka sirota son cocktail. Sa soirée devenait soudainement moins ennuyeuse. Elle allait se trouver une autre occupation que celle de discuter avec Tony Stark, dont l’assistant venait d’arriver pour le ramener à la maison avant qu’il ne fasse des conneries. La jeune femme allait peut-être se retrouver dans cet état si elle ne trouvait pas de quoi s’occuper. Heureusement pour elle, quelqu’un vint l’aborder. Il s’agissait d’un vieil homme un peu bedonnant, vêtu sobrement d’un élégant costume. Il prit place sur un tabouret, au bar, puis toisa Erïka un moment avant de prendre la parole.


-« Comment trouvez-vous la soirée, mademoiselle ? » Demanda-t-il.
-« It sucks. »

Erïka avait déjà oublié les leçons de politesse d’Emma. Fidèle à elle-même, elle ne se gênait pas pour dire ce qu’elle pensait de cette soirée. L’homme à côté d’elle affichait toujours un grand sourire. Il reprit la parole comme si le commentaire ne le vexait pas, semblant, au contraire, amusé par l’honnêteté de l’adolescente.

-« Vous savez, je suis l’organisateur de cette soirée. »
-« Félicitation, ta soirée elle craint, y’a même pas de bière. » Fit-elle d’une voix neutre, tournant finalement la tête vers l’homme.

La jeune femme se demandait comment il allait réagir. Elle savait qu’il mentait, mais elle ne le lui signala pas. De toute façon, elle aurait réagi de la même façon, que ce soit la vérité ou non. Elle restait honnête, ce genre de soirée ne lui plaisait pas. Trop calme, trop snob, même la musique était ennuyeuse. Lorsque l’homme cessa de rire, il prit la parole.

-« Vous êtes la première à me répondre aussi honnêtement, mademoiselle Davidoff. J’ai fait le coup à trois autres femmes avant vous, vous auriez dû voir leur tête ! »
-« Vous me connaissez ? »
-« Bien des gens vous connaisses. Vous êtes la future héritière de la compagnie de votre père, chose dont il est très fier. Et puis… j’ai entendu dire que vous n’aviez pas la langue dans la poche. »
-« C’est pas faux. Si ça ne vous plait pas, c’est pas mon problème. »
-« Au contraire, je trouve que c’est une qualité assez admirable, bien que vous devriez revoir votre vocabulaire. Il y a tant de gens qui revêtent un masque de faux-semblant afin de bien paraitre aux yeux de la société. Dans cette pièce, nous en avons de parfait exemple. »
-« C’est pour ça que je déteste ce genre de soirée. J’ai l’impression d’être jugée en permanence. »
-« Sans vouloir paraitre impoli, je dois dire que vos… chaussures ne sont pas très appropriée pour l’occasion. »
-« Elles ont peut-être grandit avec la notion du luxe et de l’élégance, mais moi j’ai été élevé avec la notion du confort. J'ai fait un effort, j'ai daigné mettre des talons. »

Cette remarque arracha un petit rire amusé à l’homme. Il se détourna d’Erïka, l’espace d’un instant pour commander un verre de scotch au barman. Lorsque sa commande fut prête, il attrapa le verre, puis se leva. Il tendit sa main à Erïka. Cette dernière la serra.

-« Ce fut un plaisir, mademoiselle Davidoff. J’espère que votre soirée deviendra moins ennuyeuse. »
-« Elle l’est déjà, monsieur Davis. »
-« Vous me connaissez ? Je suis flatté. »
-« Vous êtes un grand homme d’affaire, difficile de ne pas connaitre votre nom. »

Il lui sourit avant de s’éloigner. Erïka, bien plus souriante qu’au début de la soirée, continua de siroter son cocktail. Au bout de quelques minutes, elle se leva, attrapa son petit sac à main et son cocktail, puis décida d’aller embêter Emma et son père qui discutaient un peu plus loin. Ce qui était bien avec le fait d’avoir l’ouïe fine était de pouvoir capter leur conversation. Elle était curieuse de savoir de quoi ils pouvaient parler. Les pauvres, ils ne seront jamais tranquilles tant qu’elle sera dans les parages.
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Emma Frost

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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Lun 28 Avr 2014 - 17:29



La vie réservait parfois de drôles de surprises qui faisait dire que "le monde est petit". Mais de quel monde parlons nous là ? Parce que celui dans lequel évoluait Emma était clairement à discerner du monde de Monsieur et Madame tout le monde. C'était un tout petit cercle de riches, d'élitistes, de dirigeants et d'intellectuels. Ce dernier réservait peu de surprises en général. Et pourtant, parfois, des choses inattendues se produisait. Comme le fait que son élève, sa protégée même, se soit retrouvée projetée dans cet univers de portefeuilles gonflés. Emma ne se doutait pas lorsqu'elle avait fait la connaissance d'Erïka qu'elle partageaient ce genre de patrimoine. Et pourtant, c'était le cas. Et aujourd'hui, des années plus tard, les deux femmes se retrouvaient invitées dans la même soirée huppé. Non, ça Emma ne l'aurait jamais envisagé à l'époque...

Ce n'était pourtant pas une mauvaise chose en sois. L'enseignante appréciait beaucoup la jeune russe. Cependant, il était clair que les deux blondes n'avait pas le même engouement pour le fêtes mondaines et la télépathe n'était pas sûre qu'avoir Erïka auprès d'elle toute la soirée soit des plus agréable. En effet, au fil du temps et de l'ennuis, la demoiselle risquait de voir sa patience s'effriter jusqu'à carrément devenir bougonne. Et Emma connaissait fort bien le tempérament de son élève lorsque celle ci commençait à râler. Elle n'avait aucune envie de subir ça ce soir là.

Fort heureusement, la russe ne semblait pas vouloir jouer les ombres humaine pour son mentor. Emma lui avait fait comprendre à quel point cela risquait d'être ennuyeux et il semblait que le message avait parfaitement été compris. Ceci dit, la comparaison que fit la jeune femme à ce sujet laissa Emma dubitative. Après tout, elle, elle trouvait ces soirées très intéressantes. Encore une fois, sa protégée n'avait pas la langue dans sa poche et enfonçait les barrières de la courtoisie tel un bulldozer incontrôlable sans se rendre compte qu'elle pouvait offusquer son interlocuteur. Fort heureusement, Emma n'était pas du genre à se froisser pour si peu, surtout lorsqu'il s'agissait d'Erïka.


-« Finalement, je vais éviter de vous suivre à la trace, ça va me sembler aussi palpitant que de dresser des crevettes. Encore là, l’élevage de crevettes me semble assez sympa. »

-"Si cela te semble si passionnant, tu pourras toujours t'y prêter au cours de la soirée. Il y aura bien quelques crevettes... apéritives ce soir. J'en suis sûre."  

Après un léger sourire taquin, Emma retrouva son attitude neutre. Plus sérieuse, elle tâcha d'essayer de calmer les tensions entre Paige et l'étudiante. La télépathe savait que sa protégée souhaitait, un jour, rejoindre les X-men. Hors, cela risquait d'être délicat si elle se les mettait tous à dos. Cependant, lui dire ainsi de but en blanc n'était pas forcément la meilleure solution. Erïka risquait de voir ça comme une forme de chantage ou un rejet de sa personnalité pour se plier à des dogmes qui ne lui sied pas. Emma l'entendait même s'offusquer par avance. "Je vais pas faire les lèches culs pour des enfoirés qui ne voient même pas ma valeur." Afin d'éviter d'entendre de nouvelles injures sortir de la bouche de la jeune femme, Emma préféra utiliser la diplomatie et la logique, ce qui semblait fonctionner à merveille même si la petite blonde n'en laissa rien paraître. Sa moue et son attitude la trahissait suffisamment comme ça. Emma avait raison et elle le savait.

-« D’accord maman. J’ai compris la leçon. Oh et, au fait, je suis parfaitement calme, en ce moment. »

Maman ? Maman ?? Ah quel comportement puéril. Emma secoua un peu la tête à son tou, tout en arborant une mine dépitée. Cependant, au fond d'elle, le terme avait ébranlé quelque chose. Non, elle n'était pas la mère d'Erïka et jamais elle n'avait prétendue à un tel statut dans la vie de la demoiselle. Elle était trop jeune, trop... elle, pour être mère. Cependant, elle connaissait les relations entre la russe et sa véritable génitrice. Rien de bien glorieux, loin de là. Alors, quelque part et sans s'en rendre, Emma avait pris la place de pilier, de guide, de modèle féminin pour la demoiselle. Elle ne l'avait pas fait par vanité ou pour remplacer qui que ce soit, c'était juste venu naturellement. Et puis, avec le temps, elle avait constaté que les choses n'allaient pas que dans un sens. Erïka lui apportait beaucoup, bien plus qu'elle ne voulait l'admettre. Un peu comme l'aurait fait un enfant. Aussi, sous son ton moqueur, la russe n'avait pas tout à fait tord d'utiliser une telle appellation.    

Préférant ne pas s'attarder sur le sujet, Emma se contenta de conduire. Il ne fallut que peu de temps pour arriver à destination . Là, après une petite démonstration de ses talents verbaux vis à vis d'un portier un peu trop zélé, Emma pénétra dans la salle de réception. Près d'elle, Erïka semblait en admiration sur sa façon de remettre les gens à leur place. L'enseignante souligna le fait que la russe, elle aussi, pouvait agir de la sorte si elle mettait de côté sa vulgarité et ses explosions d'humeur. Elle lui suggéra même d'agir de la sorte, avec calme, sourire et subtilité verbale, la prochaine fois qu'elle aurait un accrochage avec Scott. Aucun doute que cela aurait plus d'impact sur lui qu'une flopée d'insultes.

-« Je vais clairement essayer ça sur Scott la prochaine fois qu’il m’engueule pour un truc. Ça va être un total mindfuck dans sa tête. Et puis, il parait que n’importe quoi passe avec le sourire. »

-" Mindfu..."

Emma laissa échapper un soupir de désespoir. Erïka était irrécupérable... Et ça n'allait pas en s'arrangeant. A présent qu'elles se trouvaient face au père de la demoiselle, Sergeï Davidoff, la russe semblait encore plus déchaînée. Grossièretés, effronteries, provocations, elle n'épargnait rien à son géniteur. La télépathe, de son côté, préférait ne pas s'en mêler. Cependant, elle désirait profiter de la soirée pour s'entretenir avec l'homme d'affaire. Elle voulait en apprendre un peu plus sur lui et surtout, sur les projets qu'il avait pour sa fille. En fait, elle voulait le cerner, le tester, s'assurer qu'il méritait Erïka. C'était idiot, déplacé et... totalement inversé. Il était plutôt du rôle d'un père de s'assurer de ses vertus chez un professeur, plutôt que le contraire. Mais Emma s'en moquait et puis, elle comptait bien agir avec subtilité afin qu'il ne réalise pas ses intentions. Cependant, la subtilité avait du mal à montrer son nez lorsque Erïka était dans les parages. Aucun doute, il allait être impossible de discuter tranquillement avec l'homme, tant que la demoiselle serait là.

Aussi, usant d'un subterfuge quelque peu honteux, Emma parvint à éloigner sa protégée. Elle savait que la demoiselle désirait rencontrer Tony Stark et, même si ça ne l'enchantait guère, elle avait usée de la présence de ce dernier au comptoir pour s'assurer une certaine tranquillité. Du moins pendant quelques temps. Car, au vu de l'état du génie en robotique, la russe n'allait pas vraiment pouvoir entrer en grande discussion avec lui. Ce qui, d'un côté, n'était pas plus mal. Il n'y avait juste qu'à espérer qu'il ne fasse pas un retour sur consommations en plein sur la robe d'Erïka. Un scandale aurait assurément brisé toute chance de dialogue tranquille avec le père de cette dernière.

Mais pour l'heure, ils pouvaient parler en paix. Par chance, Emma n'allait pas devoir tourner autour du pot pour amener la discussion sur Erïka, puisque Sergeï en parla en premier. C'était donc parfait.

-« J’ai appris à la connaitre avec le temps et, surtout, à m’éviter ses foudres, je dois dire. Certains diront que nous partageons les mêmes traits de caractère. Malgré tout, nous n’avons pas les mêmes idéaux, ni les mêmes valeurs, ce qui nous mène souvent à de vives argumentations qu’il est parfois préférable d’éviter. »

-" Allons, je suis sûre que vous n'avez pas mené votre entreprise aussi loin, sans avoir appris à argumenter farouchement. C'est ce qui ouvre le dialogue et enrichis les échanges. Ne seriez vous pas déçu d'avoir une fille sans répartie, aux idées tant égales aux vôtres qu'elle semblerait avoir était formatée? Entre nous, je pense que voir Erïka vous tenir tête et défendre ses idées est quelque chose de très rassurant. Avec ce qu'elle a vécue, bien des gens auraient adoptés une forme de docilité mentale et physique proche de celle d'un animal brisé. Mais pas elle. Sa verve résulte de son caractère. Fort et indomptable. Peut-être est-ce cela que les gens voient de commun en vous? "  

Affichant un sourire charmant, Emma porta la coupe à ses lèvres sans détacher son regard de l'homme. Elle voulait voir sa réaction, l'attitude de ses muscles faciaux, le mouvement de ses yeux. Était-il homme à vraiment vouloir dresser sa fille ? A en faire une mini lui ? A lui dicter sa façon de penser, d'agir, de vivre. Était-il... comme son père, à elle? Puisqu'elle le tenait, elle n'allait pas le lâcher avant d'avoir assouvis sa curiosité. Aussi lui proposa t elle de continuer leur échange. Il avait sans doute d'autres personnes à voir mais pour l'heure, il allait avoir du mal à s'esquiver. Fort heureusement, il ne chercha pas à le faire.

Lorsqu'il évoqua son divorce, tout en affirmant qu'il ne voulait pas en parler, Emma ne sourcilla pas. Classique, je te donne une information tout en affirmant que je ne désire pas que tu en saches davantage. Hors, dans le cas présent, c'était sans doute une façon de tester le terrain. Si Emma s’engouffrait dans le piège en l’interrogeant tout de même sur son divorce, c'est que ça l’intéressait et donc, par extension, qu'il l’intéressait, lui. C'était malin, très malin même, mais la jeune femme ne comptait pas se prêter au jeu, pas pour l'instant du moins. Elle éluda donc le sujet, pour se concentrer sur celui qui l’intéressait réellement : Erïka. Et pour le coup, elle était en plein au centre de la discussion. Enfin, elle et Emma... Et ce que disait Sergeï vis à vis de la façon dont sa fille la considérait ne la laissait pas de marbre... du moins à l’intérieur. Extérieurement, elle se contentait de sourire de façon charmante, inclinant la tête avec une petite moue flattée.


-" Je suis ravie d'apprendre que j'ai un tel impact sur votre fille. Mais vous savez, il s'agit de mon rôle d'enseignante. Nous sommes là pour veiller sur nos élèves, pour les guider et les aider à s'épanouir."

Elle marqua une courte pause, semblant hésiter. Emma n'était pas du genre à s'ouvrir facilement et à confier ce qu'elle pouvait ressentir. Cela dit, elle ne pouvait pas continuer à nier avoir un lien particulier avec la russe. C'était si évident que le dénis en devenait ridicule. Surtout vis à vis du père d'Erïka. Après tout, qui avait il de mal à lui confier, à lui, une telle information ? Ça ne pouvait être que bénéfique qu'il sache qu'une personne de l'institut était sincèrement attachée à sa fille.

-"... Cependant, je dois avouer que j'apprécie particulièrement Erïka. Bien sûr, je traite mes élèves avec égalité mais; disons que j'en connais mieux certains que d'autres. Et que certaines affinités sont plus affûtées. "

-« Puis-je vous demander comment vous êtes arrivée à obtenir le respect et la confiance d’Erïka ? J’ai bien compris que cela se révélait être une longue tâche très ardue. J’aimerais arriver à la comprendre davantage, mais, hélas, j’ai l’impression que les seuls moments où nous arrivons à nous entendre sont ceux où je lui mets une arme entre les mains. Vu son tempérament, ce n’est pas toujours une bonne idée, je dois l’avouer. »

Emma ne pu retenir un rire léger et amusé.

-" Excusez moi de vous contredire mais vu son tempérament, c'est justement une excellente idée de lui mettre une arme entre les mains et de lui apprendre à s'en servir. Votre fille n'est pas une sociopathe qui va user d'une arme pour tirer sur tout ceux qui l’agace, mais elle est suffisamment... comment dire... têtue ? Bornée ? Caractérielle ? Rentre dedans ? Bref, suffisamment elle pour en avoir besoin pour sa propre sécurité. Non qu'elle ne soit en danger, ne vous méprenez pas, mais vous savez comme moi comment est le monde... et particulièrement celui d'où elle vient. En ce qui concerne son respect, je suis au regret de vous dire qu'il n'y a pas d'astuce magique. Je ne dirais pas non plus que c'est une tâche ardue. Longue, oui, semée d’honnêteté c'est certain, mais ardue... pas tant que ça. Respectez la, écoutez la, ne la bridez pas et n'essayez pas de la changer. Ne lui cédez pas tout non plus. Essayez de lui manger dans la main, de rejeter ce que vous êtes pour lui convenir et vous risquez de la froisser. Soyez vous mais sachez faire quelques concessions. Ne l’étouffait pas mais ne vous effacez pas de sa vie non plus. Au final, c'est une question d'équilibre entre vous et elle, ce qu'elle est et ce que vous êtes. L'un ne doit pas écraser l'autre. Ce que je dis dois sembler un peu difficile et obscur mais c'est parce que ce n'est pas quelque chose qui s'explique. C'est... naturel. En tout cas, ce sont les seuls conseils que je peux vous donner. Le plus important à retenir c'est l’honnêteté, envers elle, envers vous même, une certaine ouverture d'esprit et une présence sans conditions ou contrepartie. Oh... et éviter les voitures de sports trop tape à l’œil. Sergeï, je vous en prie, c'est une étudiante qui loge dans une école publique, elle n'a pas besoin de ce genre d'engin ni même de passer pour une "crâneuse" auprès de ses camarades. Emma laissa échapper un petit rire pour bien montrer qu'il s'agissait plus là d'une boutade que d'un véritable reproche. Ceci dit, c'est une très jolie voiture."  

Prenant une ultime gorgée depuis son verre, Emma en profita pour lancer un regard autour d'elle. Erïka venait de se débarrasser de quelqu'un qu'Emma ne parvenait qu'à voir de dos. Un homme d'un certain âge. Elle espérait que la russe ne l'avait pas trop malmené. Quoique, elle préférait encore que ce soit lui plutôt qu'eux, mais au vu de la direction qu'emprunter la demoiselle, ça semblait mal partis...


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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Lun 28 Avr 2014 - 20:50

Erïka n’était pas le genre de femme à s’encombrer de politesses inutiles. Elle disait ce qu’elle avait à dire comme elle le pensait, sans même de se soucier de l’impact des mots sur son interlocuteur. Pourtant, elle était bien placée pour savoir à quel point il était important et parfois dévastateur. Erïka avait un beau vocabulaire, magnifique, varié, distingué, lorsqu’elle écrivait. Par contre, lorsqu’elle s’exprimait, elle ressemblait plutôt à une adolescente grossière qui ne savait pas saisir les subtilités de la langue. Les apparences étaient bien souvent trompeuses.

Ce n’était pas parce qu’elle était dans une sorte de soirée mondaine qu’elle allait se priver d’être elle-même. Au contraire, elle semblait mettre davantage l’accent sur le fait qu’elle n’était pas comme ces gens dans la salle. Il y avait plus de chance qu’elle finisse amie avec le barman à la fin de la soirée plutôt que de socialiser avec les gens de la haute société. À ses yeux, ils partageaient un bon extérieur au sien. Un monde de gens qui ne se souciaient que d’eux-mêmes, de leur fortune, leur réputation, leur image. Le reste semblait passer en second plan. Les apparences étaient parfois trompeuses, elle était bien placée pour le savoir.

Si Erïka voulait un exemple pertinent, elle choisirait à coup sûr son professeur, Emma Frost. La femme d’affaire avait une carapace difficile à percer. Elle jouait un jeu. Elle savait comment s’y prendre pour obtenir ce qu’elle voulait. L’adolescente la connaissait bien mieux que cela, derrière tous ces faux-semblants. Elle était une femme avec un cœur en or blanc – il était clair qu’aucune couleur ne pourrait lui sied aussi bien – et elle se gardait bien de montrer au grand jour ses véritables émotions. Cependant, l’adolescente avait une relation particulière avec elle. Elles possédaient un lien qui les rapprochait comme une mère et une fille. Si Emma connaissait Erïka par cœur, cette dernière souhaitait, un jour, connaitre davantage son professeur.

Pour l’instant, c’était son père, Sergeï Davidoff, qui avait la chance de discuter avec Emma. Il allait profiter de ce moment au maximum, sachant que si sa fille venait les enquiquiner de nouveau, il pouvait dire adieu à ce moment tranquille en bonne compagnie. Pour ne pas perdre de temps, il passa tout de suite au sujet principal. Il fallait dire que vu le comportement de sa fille, ne pas parler d’elle serait bien difficile. Il aimerait arriver à comprendre son fonctionnement. Avec Eleonnora les choses avaient été si simples. Elle avait eu quelques écarts dans son parcours, mais elle avait su lui montrer qu’elle pouvait réussir dans la vie. Son poste au SHIELD en était la preuve. Par contre, Erïka refusait de suivre un autre chemin que le sien. Elle décidait de faire ce qu’elle désirait. Si elle commettait une erreur, elle s’en souvenait et s’en servait pour apprendre une leçon de vie importante. Elle se fichait du regard des autres sur qui elle était et ce qu’elle faisait. Seul l’avis des personnes comptant à ses yeux semblait l’affecter. Il avait bien compris qu’il ne faisait pas encore partie de ce cercle très restreint.

Affronter Erïka verbalement n’était pas chose aisée. Elle trouvait toujours le moyen d’avoir de la répartie, d’insulter ou de sortir n’importe quel argument qui pouvait lui donner raison. Elle était têtue, acharnée et souhaitait avoir le dernier mot. Comme son père. Cela rendait leurs débats très… mouvementés. Il tenta de rester de marbre alors qu’Emma lui donnait son point de vue sur la situation. Souhaitait-il vraiment avoir une fille qui obéisse au doigt et à l’œil, comme un robot ? Il n’allait pas dire que cette option lui convenait bien. Il n’y avait qu’à voir comment il avait réussis à modeler sa fille aînée pour en faire une personne autonome, importante et très bien instruite. Elle avait toujours suivit ses demandes, elle avait toujours obéis et elle avait également appris à devenir indépendante. Il aimait avoir les choses sous contrôle. Malheureusement pour lui, Erïka était une tempête imprévisible. Afin de bien paraitre aux yeux d’Emma, il préféra dissimuler sa véritable façon de penser pour lui donner raison.

-« Je vous l’accorde, c’est une bonne chose qu’elle ne se soumet pas au premier venu. Elle tient ses positions et ses valeurs plutôt que de céder à celles des autres. Elle n’est pas très bavarde sur ce qu’elle a vécu. En fait, elle n’en a jamais parlé très ouvertement. Ce que je sais, je l’ai appris de sa grand-mère. C’est elle qui est entrée en contact avec moi lorsqu’elle fut séparée des jumeaux. Tout comme moi, elle n’a jamais réussis à les faire parler de ce qui s’est produit pendant les années qu’ils ont passées avec leur mère. Je crois que personne ne le découvrira. Quoi qu’il en soit, on peut dire que ce traumatisme lui a forgé le caractère. Il parait qu’elle en avait déjà un très présent lorsqu’elle était enfant. Je suppose qu’il n’a fait que se renforcer avec le temps. Son frère, quant à lui, ressemble plutôt à l’animal brisé que vous avez décrit. Toujours à se plier aux autres sans jamais dire ce qu’il pense réellement. »

Ces temps-ci, les choses étaient pires avec Alexïs. On dirait qu’il tentait de devenir comme sa sœur, de cesser de se faire marcher sur les pieds. Il était bien moins patient et s’énervait rapidement contre l’autorité de peur qu’on ne tente de le faire obéir à des règles ou des demandes quelconques. Il avait cessé de prendre soin de son apparence, il s’habillait n’importe comment et laissait grossièrement ses cheveux pousser. Il ne prenait plus ses études aussi à cœur. C’était comme une crise d’adolescence.

Afin de flatter Emma et de lui faire comprendre qu’Erïka l’avait en très haute estime, Sergeï lui fit par de la vision qu’il avait de la femme d’affaire à très les paroles de sa fille. Elles semblaient très proche, toutes les deux. Ce n’était pas qu’une simple relation enseignante / étudiante. Emma lui confirma d’ailleurs qu’elle était plus proche d’Erïka que de d’autres étudiants, bien qu’elle les traitait tous également.


-« Je suis ravi qu’elle puisse avoir un modèle féminin dans sa vie. Aucun père ne pourrait rêver mieux que de voir sa fille subir la bonne influence d’une femme élégante, distinguée, intelligente et cultivée telle que vous. J’ai cru comprendre que c’est vous qui l’aviez initiée à l’économie et la finance, également. »

Par la suite, Sergeï posa à Emma une question qui lui brûlait les lèvres depuis un bon moment déjà. Il cherchait comment faire en sorte que l’adolescente rebelle qui lui servait de fille puisse arriver à lui faire confiance, un jour. Ce n’était pas facile. Au moins, sa question sembla amuser Emma. Il fallait dire qu’il n’avait vraiment pas d’autre solution que d’amener sa fille tuer des animaux dans la forêt pour arriver à s’entendre avec elle. Heureusement, Emma lui donna quelques conseils, bien que ces derniers ne proposaient aucune solution magique. Selon la jeune femme, c’était une bonne chose qu’Erïka apprenne à se défendre. Elle avait été longtemps en danger et, même si son passé semblait être loin derrière elle, il restait toujours la menace de ce qui se cachait dans les rues de New-York. Personne n’était totalement en sécurité dans la ville. C’était une question de temps et surtout d’honnêteté. Malheureusement, la patience ne faisait pas toujours partie des qualités de Sergeï.

Emma se permis de reprocher à Sergeï le fait d’offrir une voiture de luxe à sa fille. Elle n’avait pas besoin de cela, allant dans une école publique avec des élèves issus de divers milieux sociaux-économique. Elle passait simplement pour une gosse de riche et elle pouvait être sujette aux commentaires de certains étudiants. Malgré tout, son professeur avoua qu’il avait acheté une très jolie voiture. C’était à ce moment-là qu’Erïka fit son apparition. Elle avait capté la fin de la conversation qui concernait la voiture. Avant que son père dise quoi que ce soit, elle prit la parole.


-«  Parlant de voiture, vous savez comment nettoyer les traces de sang sur le cuir des sièges ? Sans changer de voiture, de préférence. » Fit-elle en braquant son regard sur Emma. « Non parce qu’on dirait une boucherie mon truc. » Elle réalisa ce qu’elle venait de dire et se repris aussitôt. « Non mais vous en faites pas, hein ! C’est pas le mien. Malgré que c’est tout aussi inquiétant… Non mais c’est celui de mon pote. Il est pas mort, hein ! Vous savez quoi ? Oubliez ça, je vais essayer le truc avec de la javelle que j’ai vu sur le net. »

Elle sirota une gorgée de son cocktail, terminant son verre. Elle vit un serveur passer et déposa son verre sur son plateau avant de se tourner vers son père.

-« Au fait, vous en faites pas pour ma réputation. Je passe déjà pour une gosse de riche ou pour la nana dont le frère jumeau s’est tapé la moitié de l’institut. I don’t give a shit, anyway. »

Erïka allait reprendre et ajouter quelque chose sur son frère, mais les choses se déroulèrent tellement vite. Son père avait aperçu un homme, à travers la foule, sortir une arme à feu et la lever en leur direction. Il attrapa Emma et se plaça devant elle pour lui éviter d’être touchée. Il se prit la balle en plein cœur. Le temps que quelqu’un le réalise, un autre homme armé venait de faire feu, à l’autre bout de la salle. C’était la panique. Erïka s’agenouilla en vitesse aux côtés de son père et le secoua avec force.

-« Fuck, me dit pas que t’es mort ! Raaah ! Si tu la voulais dans ton lit, t’avais pas à aller jusqu’à jouer les boucliers humains, tu le sais, ça ?! » Elle savait que ce n’était qu’une question de temps avant que son père ne revienne à la vie. Elle n’était pas paniquée, plutôt agacée. Elle fouilla les poches du veston de Sergeï. « Et bien sûr, t’as pas de flingue. Ça va, j’ai compris, je vais me débrouiller. Reste là et ne bouge pas.»

Erïka se redressa, laissant son sac à main aux côtés de son père. Beaucoup d’invités étaient sortis en panique. Certains avaient été blessés. Erïka fit un sprint jusqu’au bar et passa par-dessus avant qu’on ne lui tire dessus. Des bouteilles éclatèrent derrière elle. Ce n’était pas bon signe. Elle chercha un couteau derrière le comptoir. Mais où étaient ranger les fichus couteaux ? Arrivée au bout du bar, elle réalisa qu’elle allait devoir se débrouiller sans. Elle n’avait pas le temps de chercher.

Plus loin, un serveur attira son regard. Il était touché à l’abdomen et se vidait de son sang. Rapidement, Erïka avança à quatre pattes jusqu’à lui, attrapa une épaisse serviette blanche au passage. Elle la posa sur la blessure de l’homme et attrapa ses mains pour lui indiquer de faire pression sur la plaie. Elle souhaita le ramener derrière le bar, mais il était trop tard. L’un des tireurs s’approchaient d’elle. Lentement, elle se leva, les mains en l’air, bien en évidence. Elle fixait l’homme dans les yeux. Il s’arrêta près d’elle. S’il tirait, il y avait de fortes chances qu’elle meurt sur le coup. Elle resta silencieuse, immobile. Elle surveillait attentivement l’homme. À l’instant où il osa détourner le regard, deux secondes, pour faire un signe à son acolyte, Erïka attrapa son poignet et le lui tordit, récupérant l’arme de sa main libre. Afin de mettre hors d’état de nuire l’individu, elle lui asséna un bon crochet au visage, ce qui le jeta au sol. Par contre, maintenant, elle se retrouvait dans la mire du second tireur, prêt à l’éliminer…
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Jeu 15 Mai 2014 - 0:24



L'espace d'un instant, Emma avait oubliée qu'elle se trouvait dans une soirée bondée de monde. Concentrée sur son interlocuteur, elle avait occulté tous ceux qui l'entourait. La tête à demie inclinée, le regard rivé sur l'homme, un verre de champagne venant régulièrement caresser ses lèvres, elle attendait la réaction du père de sa protégée vis à vis des propos qu'elle avait eut à son sujet.

Sans grandes surprises, elle entendit l'homme se ranger à son opinion. Peu de gens avait le cran d'aller à l'encontre de ses avis, même lorsqu'ils avaient une pensée antagonique. Dans une telle situation, comment être sûre des idéaux des autres ? Habituellement, la question était vite réglée. Un peu de télépathie et personne ne pouvait masquer ses véritables sentiments à la mutante. Mais dans le cas présent, il était délicat de pénétrer l'esprit de celui qui lui faisait face. Non qu'Emma ait un quelconque soucis de conscience vis à vis du viol de la vie privé du père de son élève mais elle sentait que le faire risquait de lui attirer une désagréable conversation à venir avec cette dernière. Elle l'imaginait déjà.

-"Vous avez fouillée la tête de mon père, hein ?"-

Là, bien sûr, impossible de nier, aucun mensonge ne pouvait passer outre le filet génétique de la Russe. La réaction de l'adolescente était donc envisageable.

-"Pouah ! Et, vous avez vue quoi ? Vous l'avez vu baiser avec ma mère le jour où il m'a conçue ?"-

Oui, aucun doute que la demoiselle poserait une question dans le style et avec sans doute encore moins de tact que ne se l'imaginait la télépathe. Aussi, plutôt que de subir un interrogatoire stupide et inutile, la femme d'affaire préféra croire que Sergeï était réellement en accord avec elle. "Le bénéfice du doute, offert par Erïka Compagny, nous espérons que nos services vous ont comblés."

Se prêtant donc au jeu sans user de ses dons mutants, Emma entama une conversation des plus banales avec un parent d'élèves... d'une élève des moins banales.


- " Je pense qu'il est inutile de comprendre ce qui c'est passé là bas. Je ne connais pas le frère d'Erïka, mais en ce qui la concerne, je pense qu'évoquer le passé est inutile. Si elle doit le faire, elle le fera, par elle même, mais elle n'a pas besoin qu'on l'y force. Elle n'a pas refoulée ce qu'elle a vécue, elle a affrontée le traumatisme et vit maintenant en laissant ça au passé. Ce qui devrait nous intéresser, tous, c'est son avenir. Et il me semble qu'il parait un peu plus brillant chaque jour. "

La réplique que formula le russe par la suite, laissa Emma des plus sceptique. La moue qui se dessina sur ses lèvres ne manqua pas de le lui faire remarquer. Elle aimait les compliments, mais n'était pas friande de l'hypocrisie qui pullulait dans le milieu dans lequel elle évoluait. Même si, elle devait l'admettre, elle la maniait fort bien de son côté.

- " Élégante, distinguée, intelligente et cultivée dites vous ? Sergeï, auriez-vous mené une enquête sur moi ? elle laissa échapper un petit rire léger, mais son regard en disait long sur ce qu'elle pensait de ce genre de pratique. "A moins que ce ne soit les rumeurs qui circulent sur mon compte, auquel cas j'en serais ravie. Mais en tout les cas, vous avez raison sur une chose, j'essais d'initier votre fille au milieu des affaires... entre autre... Il faut reconnaître que malgré sa mauvaise tête, elle est plus douée qu'elle ne veut l'admettre. En fait, elle a une vraie prédisposition pour les apprentissages en général. "

Une simple phrase, accordée au dialogue, qui en disait pourtant bien long. En ces quelques mots, elle soulignait au Russe que sa fille était trop intelligente et adepte de culture pour ne pas élargir ses horizons au maximum. En d'autres termes, elle lui avouait qu'elle était de son côté en ce qui concernait son choix universitaire, ce qui ne semblait pas vraiment avoir été le cas de l'homme.

Puis, une voix s'éleva entre eux, ramenant Emma en plein cœur de la fête, du brouhaha et de la populace environnante. Il fallut quelques secondes à la grande blonde pour décrypter les mots prononcés par Erïka parmi tout ce tintouin. Lorsqu'elle réalisa ce que cette dernière venait de dire, elle plissa le regard sur elle. Il y avait du sang dans sa voiture ? Qu'avait elle encore fichu ? Au moins, ce n'était pas le sien, ce qui était le plus important aux yeux de l'enseignante. Par contre... venait- elle de parler de laver ses sièges en cuir à la javelle ?? Ouvrant la bouche, Emma allait objecter face à une telle aberration automobile, mais avait qu'elle n'eut le temps de dire quoi ce soit, Erïka en rajouta une couche.

-« Au fait, vous en faites pas pour ma réputation. Je passe déjà pour une gosse de riche ou pour la nana dont le frère jumeau s’est tapé la moitié de l’institut. I don’t give a shit, anyway. »    

Refermant la bouche, Emma leva une de ses mains à son visage, saisissant l'arrête de son nez entre deux doigts, au niveau du coin des yeux. Elle laissa échapper un looong soupir. En une phrase, elle atteignait des sommet de vulgarité, détruisait la réputation de l'institut et arrivait à trahir sa couverture de demoiselle qui écoute les conversations des autres. C'était tout simplement... déprimant.

Préférant faire comme si elle n'avait rien entendue, Emma laissa retomber sa main le long de son flanc avant de reporter son regard sur Sergeï. A ce moment précis, l'homme s'activa très vite. Il la bouscula pour se placer devant elle, sans que la mutante ne comprenne pourquoi. L'espace d'un instant, elle se dit que le manque de savoir vivre était un trait de famille. Puis, elle entendit la détonation et tout se mit à ralentir autour d'elle. Le bruit ambiant semblait s'étendre en des notes sourdes, les cris, les mouvements. Ensuite, elle remarqua que l'homme qui s'était placé devant elle était en train de glisser sur le sol, toujours très lentement... du moins de son point de vue à elle. Et soudain... le temps repris son cours. A contrario, tout paru aller très vite et le bruit semblait vouloir rattraper son retard, détonant plus que de raison. Et là... Emma réalisa ce qui était en train de se passer.

En accord avec Erïka, elle s'agenouilla près du corps du Russe. La tête rentrée entre les épaules pour se protéger d'un éventuel nouveau tir, elle regarda la demoiselle secouer son père. L'enseignante s'attendait à voir de la panique sur le visage de sa protégée, à l'entendre supplier. Mais rien de tout ça ne se produisit. A voir comme elle traitait l'homme, il n'avait rien. Et pourtant...

Fronçant les sourcils, Emma chercha rapidement une trace psychique de Sergeï. Mais il n'y en avait pas. Non, l'homme était bel et bien mort. Et sa fille gérait ça de la façon la plus étrange qu'il soit. Cependant, il n'était pas temps de se soucier de ce genre de chose. Le... ou plutôt les tireurs étaient toujours là. Emma lança d'ailleurs un regard circulaire à la salle pour bien visualiser la situation. Un plan se formait déjà dans son esprit. La plus part des invités étaient à l'abris, il ne restait plus qu'à neutraliser l'ennemis.

Reportant à nouveau son regard sur Erïka pour lui faire part de son plan, Emma constata que cette dernière n'était plus là. Exactement, elle s'était carapatée en l'espace de quelques secondes !! Mais... pas si carapatée que ça. Lorsque une silhouette bondit de derrière le bar pour s'en prendre à l'un tireur, la télépathe n'eut même pas besoin de regarder pour savoir de qui il s'agissait. L'action était trop rapide pour que l'enseignante intervienne. De plus, elle comprenait que la Russe avait besoin de s'occuper elle même de l'assassin de son père. Hors de question qu'Emma lui vole sa vengeance, l'adolescente risquait de ne jamais lui pardonner. Et puis, Erïka s'était toujours bien entraînée, nul doute qu'elle n'allait pas avoir de mal à terrasser son adversaire, même armé.

Par contre, si elle ne risquait pas grand chose de l'homme avec qui elle était au prise, c'était une histoire de la part du second tireur. Ce dernier était déjà en train de relever son arme pour la braquer vers Erïka. Serrant les dents sous la vision, Emma ressentit une grande rage l'envahir. Elle, capable d’intérioriser, de masquer ses émotions, de tenir un calme glaciaire, ne parvint pas, cette fois, à garder le contrôle. Guidée par une colère vive, elle pénétra l'esprit de l'homme armé, sans aucune douceur. Puis, elle usa de son don, son regard noir rivé sur lui. Elle le toisa sans ciller lorsque ce dernier continua de lever son revolver, puis lorsqu'il apposa le canon sur sa tempe et enfin, lorsqu'il pressa la gâchette, envoyant une giclée de sang et de cervelle sur la teinture derrière lui, alors que la détonation se faisait entendre. Une fois que le corps sans vie de l'homme eut glissé sur le sol, Emma se redressa vivement, cherchant Erïka du regard. Au moins, il n'y avait eut qu'un coup de feu, ce qui voulait dire que, pour l'instant, elle allait bien. Mais où en était-elle de son combat ? Avait-elle le dessus ? Il fallait l’espérer... surtout pour son agresseur...

Constatant que la russe était parvenue à avoir le dessus, la télépathe laissa échapper un soupir de soulagement, sa colère retombant d'un coup. En même temps qu'elle, l'adrénaline chuta et il ne resta à Emma plus que l'affreuse vérité sur ce qui venait d'arriver. Elle venait de tuer un homme, sous les yeux de sa protégée qui elle même venait de perdre son père. Ce n'était pas vraiment l'idée qu'elle se faisait de cette soirée. Au moins, Erïka était en vie... mais dans quel état psychologique ? Emma savait qu'elle devait dire quelque chose, mais quoi ?

Cherchant à gagner un peu de temps, l’américaine s'avança vers son élève et l'homme sonné au sol. Elle posa un regard sur ce dernier, cherchant à l'identifier. Elle ne savait pas si elle était la cible de l'attaque, ou si il s'agissait de quelqu'un se trouvant derrière elle au moment du tir. Mais une chose était sûre, sans le sacrifice de Sergeï, c'est elle qui aurait été tuée ce soir. L'espace d'un instant, elle regarda vers la dépouille du russe, avant de revenir sur la blonde, lui posant une main réconfortante sur l'épaule. Emma n'était pas douée pour les gestes physiques, mais elle faisait au mieux, pour Erïka.  

(♥)

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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Jeu 15 Mai 2014 - 5:09

Erïka était du genre à être franche et à ne pas passer par quatre chemins pour dire ce qu’elle avait à dire. Sur ce point, on pouvait dire qu’elle était le contraire de son père. Ce dernier était plutôt du genre sévère, ne démontrant aucune émotion et manipulant les gens à sa guise, lorsqu’il en avait besoin. Il le faisait tout particulièrement lorsque cela concernait les affaires et son entreprise. Il avait bien rapidement découvert qu’il ne pouvait pas modeler sa fille comme il le désirait, contrairement à n’importe qu’elle personne sur qui il avait de l’influence. Il n’y avait qu’à elle qui ne pouvait pas mentir. Sinon, il ne se gênait pas, comme il le faisait avec Emma. Socialiser n’était pas le point fort de Sergeï et, lorsqu’il s’agissait d’une jolie femme, il trouvait toujours bon de mettre toutes les chances de son côté pour l’amadouer. On ne sait jamais de quel genre de personne on pourrait avoir besoin, un jour ou l’autre.

Pour l’instant, la conversation était bien banale et tournait tout particulièrement autour d’Erïka. Il était difficile d’obtenir quelque chose de sa part lorsqu’elle le refusait catégoriquement. Parler de son passé était impossible et évoquer le sujet de sa mère relevait du suicide. Emma, elle, semblait en savoir bien plus que lui sur le sujet. Cependant, elle ne comptait pas en parler. Ce qui comptait était le présent et elle avait tout à fait raison.


-« Vous avez tout à fait raison. »

Sergeï ne savait pas si le fait d’avoir une personne comme Emma aux côtés de sa fille était une bonne chose. Visiblement, ils partageaient des points de vue différents. Il était impossible qu’il puisse rivaliser avec le mentor d’Erïka, qui avait déjà toute la confiance de cette dernière. Sûrement ne se gênait-elle pas pour lui dire de défier son autorité, si cela pouvait donner un quelconque avantage à l’adolescente. Visiblement, flatter Emma afin de l’avoir dans ses bonnes grâces n’était pas aussi simple qu’avec sa fille ainée. Il allait devoir opter pour une autre stratégie. Pour l’instant, il allait se contenter de parler principalement d’Erïka. Il découvrira peu à peu quel genre de personne était son professeur, au-delà des apparences, même si cela devait prendre du temps.

-« Les rumeurs qui circulent ne sont pas une source fiables, sauf celles concernant votre beauté, bien que je trouve qu’elles ne vous rendent pas tout à fait justice. Quoi qu’il en soit, la beauté est une chose, mais l’intelligence, la culture et le savoir en sont toute une autre. Vous avez réussis avec brio à faire de ma fille un véritable prodige. C’est une excellente chose que d’avoir les prédispositions à apprendre avec autant de facilité qu’elle, mais parfois, un bon encadrement et un professeur compétant peuvent faire une grande différence. C’est pourquoi je souhaite qu’elle fasse partie de la meilleure institution scolaire qui soit. Bien peu de gens ont cette opportunité qui pourrait lui ouvrir tout un tas de portes vers sa future carrière. »

C’était un moyen plus ou moins subtil de dire à Emma qu’il n’approuvait pas totalement le choix d’Erïka. Si elle ne voulait pas étudier en Russie, il aurait au moins préféré qu’elle choisisse un établissement réputé comme Harvard ou Yale. Parler de l’université signifiait qu’il s’avançait sur un terrain glissant où Emma et lui allaient s’évertuer à faire valoir leur point de vue sur le sujet. Il savait qu’elle avait beaucoup d’influence sur Erïka et qu’elle l’avait poussée à aller à Londres. Cela, il ne l’appréciait pas tellement. Il sentait qu’il n’avait pas le contrôle. C’était elle qui avait toute les cartes en main. Elle saurait probablement retourner Erïka contre lui si cela pouvait lui servir. Difficile à savoir, par contre, si elle serait du genre à se servir ainsi de son élève pour atteindre son but. Il allait devoir investiguer sur le sujet.

Erïka ne tarda pas à leur faire de nouveau part de sa présence. À peine était-elle parmi eux qu’elle décourageait déjà les deux adultes. Sergeï soupira en l’entendant dire qu’elle avait tâché sa voiture de sang, sans parler de la façon dont elle comptait remédier au problème. Ce n’était pas comme si elle avait terminé de les surprendre, en plus. Elle en ajouta une couche en affirmant qu’elle avait déjà une sacrée réputation à l’institut, gracieuseté de son frère jumeau. Cela sembla décourager Emma. La pauvre, elle en voyait de tous les couleurs avec son étudiante. Cette dernière, pas très compatissante, laissa échapper un petit rire amusé devant la réaction de son professeur.

Il était impossible de nier le lien qui unissait Emma et Erïka. Elles étaient très proches, bien plus qu’elles ne le démontraient en public. Ce lien, personne ne pouvait le détruire sans risquer de recevoir leur courroux. Connaissant Erïka, elle serait bien capable de retirer la vie de quelqu’un si cela pouvait les protéger, toute les deux. Cela ne plaisait pas à Sergeï. Il sentait que jamais il ne pourra être aussi proche de sa fille et qu’il ne pourra prendre la place qu’occupait Emma. Cette dernière sera toujours là, quelque part, pour conseiller Erïka et l’aiguiller sur le chemin qui lui semblait être le meilleur. Mais qu’en savait-elle ? Il avait réussis à faire de sa fille ainée quelqu’un d’important qui possédait un poste dans une agence gouvernementale secrète. Comment pouvait-il faire en sorte qu’Erïka suive un parcours tout aussi glorieux si elle ne l’écoutait pas ?

Il n’eut pas le temps de penser davantage à cela. Les choses s’étaient déroulées à une vitesse folle. Une arme, un tueur, puis le blackout. Il était mort. Cependant, il pouvait être certain d’une chose : Emma Frost avait été épargnée. Maintenant, c’était à Erïka de prendre le relais. Elle n’aura aucun mal à mettre son professeur à l’abri… tout comme ce ne sera pas un problème pour elle de s’interposer dans la fusillade. C’est ce qu’elle fit. Elle réussit sans trop de mal à récupérer l’arme de l’un des tueurs et de le sonner avec un bon coup au visage. Il avait probablement le nez cassé, mais ça, elle s’en fichait bien. Cependant, le second avait toujours son arme en main, prêt à lui tirer dessus. Erïka ne pouvait pas réagir à temps. Par contre, Emma, elle, le pouvait.

Sans qu’Erïka ne comprenne ce qui se passait, elle regarda l’homme dévier l’arme de sa trajectoire pour la pointer vers lui. Par précaution, elle leva la sienne et la pointa en sa direction, prête à intervenir s’il espérait la duper. Cependant, l’homme pressa la détente et décéda sur le coup. Beaucoup de sang et probablement des bouts de cervelle avaient volé dans la pièce. Pourtant, cela ne semblait pas tant troubler la jeune femme. Elle baissa son arme et resta figée sur place. Elle ne comprenait pas. Pourquoi un homme qui avait l’occasion d’atteindre son but, quel qu’il soit, mettrait-il soudainement fin à ses jours ? Ce n’était pas logique. Pourquoi maintenant ? Pourquoi le faire alors qu’il pouvait la tuer et tenter de fuir avant d’être attrapé par les policiers ? Doucement, son regard dériva et se posa sur Emma. Elle laissa tomber son arme au sol. Les pièces du puzzle s’assemblaient rapidement dans son esprit. Son professeur avait utilisé son don pour la protéger. Elle avait tué un homme de sang-froid pour lui éviter de mourir sous les balles. À ce moment, Erïka ne regretta pas d’avoir placé sa vie entre les mains de son professeur, ni même de lui avoir fait confiance pendant si longtemps. Elle était toujours là pour la protéger et prendre soin d’elle.

Un bruit près d’elle se fit entendre. Le regard de la jeune femme se glissa sur l’homme qu’elle avait désarmé. Il se relevait doucement. Sans la moindre douceur, Erïka lui asséna un violent coup de pied au visage. Elle l’observa un instant, réfléchissant, elle décida de porter un second coup de pied, à la tempe, cette fois. Elle était certaine qu’il ne se relèverait pas si facilement, maintenant. Sans afficher la moindre émotion, elle se retourna en sentant une main sur son épaule. C’était rassurant d’avoir Emma près d’elle.

L’adolescente ne démontrait pas son affection en public, surtout vis-à-vis de son professeur, mais cette fois elle fit exception à la règle. Elle serra Emma dans ses bras. Sans elle, elle serait peut-être morte à l’heure qu’il est. Profitant de cette proximité, Erïka s’adressa d’une voix douce et pas très forte à son mentor. Elle savait qu’ainsi, personne ne l’entendrait, dans le cas où il y avait quelqu’un d’assez conscient pour être en mesure d’écouter leur conversation.


-« C’était vous, n’est-ce pas ? Merci… Merci beaucoup...»

Elle l’étreignit un peu plus fort avant de la relâcher. Elle observa son professeur, puis replaça doucement son châle sur ses épaules afin qu’il ne tombe pas. Erïka lui offrit un petit sourire avant de lever les yeux vers le corps de son père, un peu plus loin. Il était temps qu’elle s’occupe de son cas.

-« Je vais aller m’occuper de Sergeï avant que quelqu’un ne déclare son décès. » Fit-elle de cette voix tout aussi douce qu’on ne lui connaissait pas.

Ce n’était pas la mort de son père qui l’avait ébranlée, mais plutôt le geste d’Emma. C’était à la fois touchant et horrifiant. Non… pas horrifiant… En fait, elle ne saurait le d’écrire. Elle était reconnaissante à son professeur de lui avoir sauvé la vie, mais d’un autre côté elle savait bien ce que cela faisait que de retirer la vie d’autrui. Emma le vivrait peut-être mieux qu’elle. Avait-elle déjà tuée auparavant ? Soudainement, la question s’imposait dans l’esprit de la jeune femme. Son professeur avait toujours été doué pour dissimuler ses émotions. Peut-être qu’elle ne souhaitait pas lui montrer ce qu’elle ressentait, surtout à cet instant précis.

Erïka s’agenouilla près de son père. Elle le toisa pendant quelques secondes avant d’ouvrir son blouson et de détacher sa chemise. Elle l’écarta suffisamment pour ne pas être dérangée par les vêtements. Observant la blessure, elle se demandait si elle allait être en mesure d’en extraire la balle. Il fallait faire ce qu’il fallait, sinon la blessure ne pourra jamais se guérir. Utilisant une fourchette qui trainait tout près de quelques crevettes, au sol, elle tenta d’attraper la balle. Elle ne se gêna pas pour fouiller dans la chaire, agrandir la blessure, de toute façon Sergeï était mort. Puis, finalement, elle crut sentir la balle près de ses doigts. Elle se servit de ses faux ongles pour l’attraper et l’extirper sans l’échapper. Intérieurement, elle remercia sa sœur pour cette idée, qui lui avait semblée tellement ridicule au début, mais qui lui était bien utile, maintenant. Qui aurait cru qu’une manucure pouvait autant servir lorsqu’il était question de fouiller dans un corps mort ?

Lorsque la balle fut extirpée, Erïka la glissa dans le blouson de son père. Il s’en débarrassera plus tard, La blessure se referma graduellement, bien plus rapidement que dans ses souvenirs. Il ne fallut qu’une petite minute pour voir la poitrine de l’homme se soulever à nouveau. Il reprenait vie, il respirait. Il ne tarda pas à reprendre conscience.


-« C’est rendu un passe-temps de te faire tirer dessus ? » Demanda tout naturellement Erïka alors que son père se redressait péniblement.
-« Au moins, cette fois, ce n’était pas de ta faute. »
-« Hey, t’avais qu’à pas avoir la même tête que le sanglier. Quelle idée aussi de t’être caché dans un buisson. »
-« Je posais un piège. » Fit-il en soupirant. « Au vu de ton comportement, j’en conclue que tu te portes bien. Comment va Emma ? » Demanda-t-il, un peu plus inquiet.
-« Demande-lui toi-même. »

Erïka se leva, suivit de son père. Rattacher sa chemise abimée était le dernier de ses soucis. Il voulait être certain d’avoir réussis à protéger Emma en prenant la balle à sa place. Pendant ce temps, Erïka cherchait des serviettes de table, quelque chose pour essuyer ses mains couvertes de sang. N’ayant pas envie de parcourir la pièce – ce n’était pas le moment pour cela – afin de trouver quelque chose pour se laver les mains, elle décida de se rabattre sur ce qu’elle avait à sa portée : sa robe. Attrapant un pan, elle essuya le sang sur le tissu noir. Ça allait partir après une lessive ou deux. Dans le pire des cas, elle trouvera un truc avec de la javelle sur le net pour faire partir tout cela. Si ça ne fonctionnait pas, alors elle jettera le vêtement en sachant qu’elle en avait tout un tas d’autres dans ses affaires, à un point tel qu’elle avait du mal à trouver de la place pour les ranger. Et puis, peu importe l’état d’une robe quelconque qu’on pouvait facilement remplacer. Elle était en vie, ce soir, grâce à Emma. Cela comptait plus que tout au monde.
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Mar 17 Juin 2014 - 19:16

Sergeï était courtois, convenant, poli. L'échange verbal qu'ils entretenaient avec Emma était des plus banal. Et pourtant, la télépathe sentait quelque chose de plus. Sa façon de la fixer à chaque compliment qu'il plaçait, ses sous entendus, ses questions discrètes. Nul doute que l'homme était en train de la jauger. Il voulait voir plus loin que le masque d'impassibilité, il voulait connaitre, comprendre, celle qui était un appuis si important pour sa fille. Peut-être même la jalousait-il un peu. Une chose était certaine, en tout cas, c'est qu'ils n'avaient pas la même façon de voir l'éducation d'Erïka, ce qui était plutôt délicat du fait qu'Emma avait bien plus de poids sur les décisions de l'adolescente que lui, son propre père. Il ne se gêna d'ailleurs pas pour souligner sa désapprobation face à un choix qu'Emma avait soutenue il y a encore peu.  

-« Les rumeurs qui circulent ne sont pas une source fiables, sauf celles concernant votre beauté, bien que je trouve qu’elles ne vous rendent pas tout à fait justice. Quoi qu’il en soit, la beauté est une chose, mais l’intelligence, la culture et le savoir en sont toute une autre. Vous avez réussis avec brio à faire de ma fille un véritable prodige. C’est une excellente chose que d’avoir les prédispositions à apprendre avec autant de facilité qu’elle, mais parfois, un bon encadrement et un professeur compétant peuvent faire une grande différence. C’est pourquoi je souhaite qu’elle fasse partie de la meilleure institution scolaire qui soit. Bien peu de gens ont cette opportunité qui pourrait lui ouvrir tout un tas de portes vers sa future carrière. »

Un fin sourire étira les lèvres de la mutante, alors qu'elle posait un regard quasi prédateur sur l'homme. Si il pensait la plier à sa vision des choses en passant des messages entre deux compliments, il était bien mal tombé. Et Emma n'aimait pas trop la façon subtile avec laquelle il lui signifiait son mécontentent. Après tout, que savait-il de sa fille ? Et que savait il du métier d'enseignant ? La télépathe était certaine d'avoir orienté la jeune femme correctement, il n'avait qu'à se faire une raison. Elle passa donc sur la partie flatteuse de la tirade du russe, pour riposter directement sur le sujet principal.

-"La meilleure institution est celle qui a attirée le choix de votre fille. Elle sait ce qu'elle fait et je doute qu'elle se soit épanouie comme il faut dans une école qui ne lui convenait pas. Et puis, ce n'est pas Harlem non plus, c'est une école bien côté. Je comprend, au vu de votre situation, que vous ayez souhaité quelque chose de plus prestigieux, mais quel intérêt d'intégrer une grande école si c'est pour y échouer, par dépit ? Je suis certaine que vos réticences s'envolerons, lorsque vous assisterai à la remise de diplôme d'Erïka, d'ici quelques années."

Alors qu'elle parlait, Emma se redressait légèrement, comme si elle tentait de se rendre plus grande, plus imposante. C'était fort ridicule au vu de la carrure de son interlocuteur, mais c'était instinctif. Elle n'avait pas aimé la remarque de l'homme, il n'avait pas aimé qu'elle aiguille sa fille à sa place. A présent c'était une sorte de petite lutte d'égo silencieuse qui se jouait entre eux. Lutte qui ne dura pas longtemps, puisque Erïka ne tarda pas à revenir vers eux.

Comme on pouvait s'y attendre, la demoiselle laissa échapper des commentaires déplacés afin de retrouver toute l'attention sur elle. Elle se montra vulgaire, avant de parler d'un problème de voiture qui dressa les poils d'Emma sur ses bras, pour terminer sur une remarque au sujet des ébats de son frère jumeaux au sein de l'institut. Cette dernière informations découragea la télépathe. Mais qu'allait elle faire de son élève ? De plus, la réaction de la blonde sembla amuser l'adolescente. Vraiment, intenable. Préférant ne pas se lancer dans un débat avec sa protégée, Emma se désintéressa de la scène. Mais lorsque elle reporta son attention sur les Davidoff, c'était pour assister à une chose effroyable.

Un coup de feu venait de retenir et, face à elle, Sergeï venait de s'effondrer. Il avait pris la balle pour elle. De son côté, Erïka s'était lancée, tête baissée, dans la fusillade. En a peine quelques secondes, elle était sortie du champ de vision de son mentor. Alors que la télépathe constatait le décès du russe, la blonde réapparut. Elle démontra à Emma que son entrainement était efficace, puisqu'elle terrassa l'un des tireurs sans aucun mal. Le second, par contre, était sur le point de la braquer et là, elle n'aurait rien pu faire pour se défendre. La psionique se chargea donc de ça, pénétrant dans la tête de l'homme armé pour le convaincre de retourner le revolver contre lui. Il n'était pas rare que des terroristes se suicide après une attaque, l'acte semblerait donc naturel. Et quand bien même s'eut été le contraire, jamais Emma n'aurait risqué un accident à Erïka pour couvrir la présence de mutants à la réunion.

Une fois le calme retrouvé, Emma se dirigea vers le russe. Elle venait de perdre son père, d'échapper à la mort, et de mettre à terre un assassin. Que pouvait-elle bien ressentir ? L'enseignante ne savait pas quoi dire, mais elle désirait que sa protégée sache qu'elle était là pour elle. A défaut de mots, elle posa sa main sur l'épaule de la jeune femme.


-« C’était vous, n’est-ce pas ? Merci… Merci beaucoup...»

Emma hocha doucement la tête. Elle n'aimait pas beaucoup qu'Erïka la voit commettre un meurtre, mais puisqu'il était impossible de lui mentir, autant jouer franc jeu.

-" J'aimerai que ça reste entre nous. Je ne laisserai jamais personne te faire du mal, jamais tu m'entends ? Mais... mon geste risque de ne pas être très bien vu. Tu comprends ?"

C'était peut-être trop demander à la jeune femme dans une situation pareille. Mais elle semblait étonnamment bien prendre la mort de son père, son esprit semblant toujours vif et absolument pas anéantis. Peut-être une sur dose d'adrénaline. Aussi, Emma se permis de quémander son silence. Cependant, la réponse que lui donna l'adolescente, la laissa perplexe.

-« Je vais aller m’occuper de Sergeï avant que quelqu’un ne déclare son décès. »

L'enseignante se pinça les lèvres. Visiblement, la demoiselle ne se rendait pas compte de la situation de son père. Ne se sentant pas de la retenir, Emma se contenant de la suivre afin de l'épauler lorsque l'information atteindrait son cerveau. Elle regarde donc la jeune fille ouvrir la chemise de son père, entrer une fourchette dans sa plaie et en extraire la balle. La scène avait quelque chose de totalement fantastique. Emma savait que certaines personnes faisaient des choses folles pour gérer un choc, mais là...

-" Erïka... il est... "

Vivant ?? Elle ne rêvait pas, sa poitrine venait bel et bien de se soulever. Son souffle repartait, même sa présence psychique était de retour. Sur le coup stupéfaite, Emma ne mit que quelques secondes à comprendre ce qu'il était en train d'arriver. Elle avait à faire à un mutant immortel. Tout comme l'était le Roi Noir, Sébastien Shaw, qu'elle avait côtoyé bien des années.

L'étonnement laissa rapidement place à la colère. Déjà, elle n'aimait pas tellement les immortels, Shaw lui ayant laissé une mauvaise image de ces derniers. Ensuite, elle se sentait idiote d'avoir eut de la peine pour lui et de le trouver héroîque de donner sa vie pour elle. Hors, elle détestait se sentir idiote, et plus encore, être prise par surprise. Et enfin... elle était furieuse que l'homme soit "mort" sous les yeux de sa fille. Surtout que ce n'était visiblement pas la première fois qu'il lui faisait le coup. Pire encore, la fois précédente, il semblait que c'était elle qui lui avait pris la vie. Mais quel genre de père étais-ce là ?? Ne se rendait il pas compte de l'impact psychologique que cela avait sur Erïka ? D'autant que la jeune femme avait déjà un petit problème d'intervention suicidaire dans ses entraînements, avec un exemple pareil, ça n'allait pas arranger les choses.

Lorsque Erïka se poussa pour laisser son père juger de l'état de son mentor, c'est une Emma furibonde qui s'imposa aux yeux du russe. Le regard noir, les épaules hautes, elle avança à grands pas claquant vers lui.


-" Non mais ça va pas ? Vous auriez pu prévenir ! Et qu'est ce donc que cette façon de laisser votre fille vous ramener à la vie ? Si vous m'aviez mise au courant, j'aurai pu m'en charger. Et puis... on ne reçoit pas des balles comme ça à la place des gens, quand son enfant est présent. Vous vous rendez compte du genre d'exemple que vous lui donnez ? C'est n'importe quoi ! "

Puis, réalisant qu'elle allait cette fois un peu trop loin dans la mauvaise foi, d'autant qu'elle lui devait la vie, elle se calma, prenant une grande inspiration. Elle tendit la main vers lui pour l'aider à se redresser, constatant bien malgré elle à quel point son corps était agréablement sculpté.

-" Hum... excusez moi. Je n'aime guère être surprise et je vous ai réellement cru mort. Merci, tout de même, d'être intervenu. Je vous dois la vie. Je... Uhm... vous allez bien ?"

Lança un regard en biais, Emma s'adressa à Erïka, adoptant un ton maternel, encore déstabilisée par ce qu'elle venait de vivre.  

-" Ne t'essuie pas les mains sur ta robe. Il y a des serviettes par là bas. Et tu en a sur le nez également. "

Déjà, dans les escaliers, on pouvait entendre le pas des secours arriver. D'une main, Emma serra la chemise de Sergeï afin de la refermer, lui signalant d'un regard de reboutonner sa veste par dessus. Elle lança ensuite un œil à Erïka, pour voir où elle en était. Si elle était trouvée couverte de sang, elle allait avoir droit à une séance d’interrogatoire.  

Entrant dans la tête du père et de la fille en même temps, elle mit rapidement un plan d'explication en oeuvre. A la vitesse où elle avait pensé ça, nul doute qu'elle avait l'habitude de couvrir certaines opérations mutante.


** Lorsque l'on nous interrogera, nous devons tous donner la même version des faits. Nous avons entendu des tirs, mais personne n'a été blessé. Sergeï a neutralisé l'un des tireurs, avec sa carrure ça semblera tout à fait plausible. L'autre homme a mit fin à ses jours quelques secondes après. Erïka, nous nous sommes mise à l'abri derrière le comptoir. Ainsi nous avons pu tout voir, sans être exposée. Je m'occupe des éventuels doutes des policiers. **

S'éloignant de Sergeï pour rejoindre son élève, Emma en profita pour replacer une mèche de cheveux derrière ses oreilles. Même choquée, il fallait rester présentable.

(♥)

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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Ven 20 Juin 2014 - 18:05

"Easy to find what's wrong,
harder to find what's right.
I believe in you,
I can show you that I can see right through all your empty lies."

C’était toujours un choc d’assister à la mort d’autrui. Ce l’était d’autant plus de savoir qui avait provoqué cette mort. Aux yeux de tous, cela ressemblait à un suicide. Erïka était la seule à connaitre le véritable tueur et, jamais au grand jamais elle n’allait oser révéler son identité. Emma l’avait protégée, avait fait en sorte qu’elle ne soit pas blessée ou même tuée. Pour cela, elle avait posé un geste irréparable. L’adolescente ne pouvait lui en tenir rigueur, au contraire, elle était touchée par ce geste. C’était la preuve qu’Emma tenait à elle bien plus qu’elle ne le démontrait.

Erïka avait serré son professeur dans ses bras. Elle se fichait bien de ce que les autres pouvaient penser, ils étaient tous morts ou inconscients de toute façon. À ce moment précis, la relation qu’elle entretenait avec son mentor venait de se renforcer bien plus qu’elle ne pourrait le croire. Ce qui venait de se produire allait rester leur petit secret. Personne ne devait savoir qu’Emma était une mutante, ni même qu’elle avait retiré la vie de cet homme.


-« Parfois, on n’a pas le choix, c’est tuer ou être tué. C’est retirer la vie de quelqu’un pour sauver celle d’une personne qui en vaut la peine. J’aurais fait pareil à votre place. Ça restera notre secret. Personne ne découvrira la vérité, c’est promis… »

Erïka n’hésitera jamais à mentir, à dissimuler la vérité si cela pouvait protéger son professeur. Certes, elle était de nature franche et honnête, mentir n’était pas son genre. C’était justement un avantage considérable pour elle. Qui pourrait bien deviner qu’elle ne disait pas la vérité ? Elle pouvait duper n’importe qui la connaissant.

Avant que qui que ce soit ne découvre que son père était un mutant, Erïka devait aller s’occuper de son cas. Elle délaissa Emma le temps d’aller jouer les apprentis chirurgiennes avec son père. Elle ouvrit sa chemise, son veston, puis commença à extraire la balle qui était coincée dans son corps. Lorsqu’elle la retira, la blessure se cicatrisa automatiquement. Sergeï Davidoff revint soudainement à la vie. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait. Il était mort à de nombreuses reprises, dont l’une d’elle avait été causée par sa propre fille.

Erïka s’en souvenait encore. Elle était partie chasser avec son père. Elle ne pouvait plus dire comment elle s’était retrouvée à lui tirer dessus, mais lorsqu’elle pressa la gâchette de son arme, elle était persuadée que son géniteur était quelques pas plus loin, derrière elle. Elle le tua. Elle le vit agoniser alors qu’elle se précipitait sur lui. Il rendit son dernier souffle alors qu’elle se démenait pour le garder en vie. La balle avait traversé son corps, ce qui avait permis à ce dernier de cicatriser sans mal. Cependant, rien de tout cela n’avait changé la réaction d’Erïka. Elle était persuadée de l’avoir tué, ayant complètement oublié son don d’immortalité. Cela lui revint en mémoire lorsque Sergeï respira à nouveau. Elle avait rapidement séché ses larmes. Elle l’avait regardé, de la colère dans les yeux. Elle l’avait insulté, traité de tous les noms pas possible avant de partir faire la tête dans leur cabane. Elle avait encore ce petit air bougon lorsqu’elle daigna lui adresser la parole, une heure plus tard. Avec le temps, ils avaient oublié cette histoire. Jusqu’à aujourd’hui.

Erïka essuyait ses mains couvertes de sang sur sa robe. Elle n’avait rien d’autre sous la main alors autant utilisé son vêtement. De toute façon, il lui suffira de le laver et le tour sera jouer. Il devait bien y avoir des trucs sur internet qui lui permettrait de faire disparaitre les traces de sang.

Alors qu’elle s’affairait à tenter de nettoyer ses mains au possible – sachant très bien qu’Emma n’allait pas la laisser pénétrer dans sa voiture si elle était pour la tâcher – l’adolescente entendit son professeur engueuler son père. Elle leva les yeux vers elle et l’observa sans dire un mot. Lorsqu’Emma était frustrée, parfois c’était marrant d’en rajouter une couche. Par contre, il s’agissait de ce genre de moment où elle préférait se la fermer et faire comme si elle n’existait pas. Elle comprenait pourquoi Emma était en colère contre Sergeï, mais elle n’avait pas à s’en faire pour l’esprit d’Erïka. Ce n’était pas le premier mort qu’elle voyait et maintenant elle préférait rire du fait d’avoir tué son père plutôt que d’en pleurer. Après tout, il était immortel.

Erïka fit signe à son père qu’il était mieux de se taire s’il ne tenait pas à mourir pour une seconde fois, ce soir. Elle agitait doucement sa main devant sa gorge, lui signifiait ainsi qu’il ne devait pas en rajouter une couche. Cependant, il ne put s’empêcher de répliquer. L’adolescente soupira.


-« Avez-vous pensé à ce qu’Erïka aurait ressenti en assistant à votre mort ? Nous avons eu une petite mésaventure qui a fait en sorte qu’elle sache très bien comment réagir s’il advenait que je perde la vie. Je crois qu’elle ne sera jamais autant dévastée par la mort de quelqu’un que par la vôtre. Je l’ai fait pour elle, mais également pour vous, car vous ne méritez pas de subir un tel sort. »

Sergeï avait saisi sa main afin de se relever. En vérité, il n’avait pas besoin d’aide, mais il n’allait pas cracher sur celle d’Emma. Il se retrouva bien rapidement devant elle, bien plus près d’elle que nécessaire. Lorsqu’elle lui demanda s’il allait bien, il daigna lui sourire. Au moins, elle admettait et le remerciait de lui avoir sauvé la vie.

-« Je crois que vous pouvez répondre à cette question par vous-même. »

Pendant ce temps, Erïka se décourageait d’avoir autant de sang sur les mains. Elle ne savait même plus sur quel pan de sa robe elle devait s’essuyer. Heureusement, Emma lui indiqua, d’un ton anormalement doux, où trouver des serviettes pour les mains. Elle lui confia également qu’elle avait un peu de sang sur le nez. Aussitôt, Erïka le frotta frénétiquement avec son poing fermé.

-« Fuck… »

Elle se pencha pour attraper son sac à main et le glissa sous son bras. Elle s’éloigna afin d’aller se chercher quelque chose pour se laver les mains. Cependant, en cours de route, elle bifurqua pour quitter la salle et rejoindre la salle de bain. À ce moment, elle entendit la voix d’Emma dans sa tête. Elle devait mentir, faire croire aux policiers que son père avait fait le boulot à sa place. Pourquoi ? Pourquoi ne pas leur dire la vérité ? Pour protéger Emma… Le suicide de l’homme paraitrait louche aux yeux des policiers. Ils ne pourraient expliquer ce qui s’était produit, mais nul doute qu’ils allaient se poser des questions. Malgré tout, Erïka protesta mentalement, sans même savoir si son professeur pouvait l’entendre.

-« Non mais c’est quoi ce plan ? Il n’a même pas bougé son cul pour nous donner un coup de main. Raaahh… D’accord, je vais le faire… mais faites en sorte que le mensonge son crédible, au moins. Si les policiers me cherchent, dites-leur que je me morfonds dans la salle de bain, pendant qu’on y est. »

C’était une meilleure idée. Alors qu’elle s’y dirigeait, autre chose attira son attention. Elle s’approcha d’une autre pièce et poussa doucement la porte du bout du pied. Elle tomba alors sur deux cadavres, l’un gisant au sol et l’autre contre l’un des murs. Elle les observa un instant avant de lever les yeux vers la console de surveillance. C’était une petite pièce avec un système encore vieillot. Beaucoup étaient passé au numérique. Il restait, malgré tout, certains bâtiments qui n’avaient pas adopté de système plus sophistiqué, comme celui-ci. Erïka attrapa quelques mouchoirs d’une boite posée sur le bureau, puis retira les cassettes correspondant aux deux caméras qu’elle avait repérées dans la salle. Elle s’assura qu’elle n’avait pas apparu sur aucune autre bande qui pourrait porter à croire qu’elle était entrée dans la salle ou qui pouvait démontrer ce qui s’était réellement produit dans la salle de réception.

Rapidement, Erïka quitta la pièce, enjambant soigneusement les cadavres. Elle rejoint la salle de bain. Elle cacha rapidement les cassettes dans son sac à main. Elle ragea, ayant bien du mal à les faire entrer avec ses autres affaires. Lorsqu’elle réussit à renfermer son sac, elle le posa sur l’évier et jeta les mouchoirs à la poubelle. Elle lava ses mains, rapidement, frénétiquement. Soudainement, la porte s’ouvrit, elle sursauta.

Lorsqu’elle réalisa qu’une agente de la police venait d’entrer dans la pièce, elle feignit de trembler. Elle décida de jouer le jeu. Pour Emma. C’était difficile, mais elle tentait de ne pas paraitre si forte, de démontrer les signes d’une personne troublée par les récents événements. Elle expliqua, après avoir raconté sa version des faits à un agent, qu’elle s’était réfugiée à la salle de bain car elle avait besoin d’être seule. Elle avait eu peur, elle était couverte de sang, celle de l’une des personnes qui avait été touchée par balle. Elle se sentait mal, très mal, qu’elle disait. Elle semblait suffisamment convaincante pour pouvoir quitter les lieux, par la suite.

Ne sachant où retrouver son père ou Emma, elle décida d’attendre à la voiture de cette dernière. Elle tentait de rester en place, d’éviter de tourner en rond comme elle le faisait actuellement. Elle ne pouvait pas tenir, elle avait besoin de bouger, de partir d’ici. Elle espéra fortement que son mentor n’allait pas tarder à la rejoindre.
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Mar 22 Juil 2014 - 15:23


Emma possédait un pouvoir effroyablement puissant. Entendre les pensées des gens était une chose, mais avoir un don de suggestion sur les autres en était une autre. Ce genre de capacités n'avait de limite que la morale de son détenteur. Celle d'Emma n'était pas parfaite et elle n'avait pas de remords à se servir de son don pour faire plier telle ou telle personne ou pour obtenir ce qu'elle désirait. Cependant, elle n'était pas non plus dénué de valeurs et savait mettre des barrières à ses désirs. Aussi, même dans les situations difficiles, elle préférait neutraliser ses ennemis plutôt que de les forcer à s'ôter la vie. Ce soir là, ça n'avait pas était le cas. Premièrement, elle n'avait pas eut le choix que de faire retourner son arme contre lui au tireur qui visait Erïka. Secondement, lorsqu'il s'agissait de la russe, elle avait beaucoup de mal à faire la part des choses. Pour sa protégée, elle était prête à tout, y compris tuer.

Cependant, une fois son geste accomplis, la pression retombant et le danger écarté, la reine blanche comprenait l'impact de son action. Un peu mal à l'aise, elle avait demandé à Erïka de tenir tout ça secret. Involontairement, elle l'impliquait dans son méfait et elle détestait ça. De plus, elle craignait que son élève ne la vois plus du même œil à présent...

Mais la jeune femme balaya ses doutes en un instant. Elle la serra dans ses bras, comme ça, dans un mouvement irréfléchis. Emma mit quelques secondes à lui rendre son étreinte, surprise et peu habituée aux élans d'affections. Mais elle le fit tout de même, enlaçant la demoiselle avec une tendresse qui lui était inconnu. Puis, elle écouta Erïka lui certifier qu'elle ne la dénoncerai jamais. Décidément, le lien qui les unissait été un peu plus fort chaque jour.


"Merci, Erïka. Je suis désolée de t'impliquer dans cette histoire. Mais tu as raison, parfois, nous n'avons pas le choix. Il faut juste savoir distinguer ce moment pour ne pas céder à la facilité à tout va."

Puis, croisant le regard de l'adolescente, elle ajouta :

"Je ne laisserai personne s'en prendre à toi. Je serais toujours là, n'oublies pas ça."

Elle libéra ensuite Erïka de son étreinte. La jeune femme désirait réanimer son père et Emma n'avait pas la force de lui annoncer qu'il était définitivement mort. Elle la laissa donc faire, silencieuse, la regardant extraire la balle du corps de Sergeï. Et là, Emma resta sans voix. La plaie de l'homme se referma et doucement il revint à la vie. Ce n'était pas la première fois que la reine blanche avait à faire à un immortel, mais cette fois, elle ne s'y été vraiment pas attendu. C'est donc piqué par un excès de colère, du surtout au fait qu'elle haïssait être prise au dépourvu, qu'elle retrouva la parole, engueulant Sergeï sans ménagement. Puis, lorsque la rage retomba, elle s'excusa avant de lui proposer sa main pour se relever.

Les choses auraient pu en rester là, si l'homme ne s'était pas sentis obligé d'en rajouter une couche. Voilà à présent qu'il tentait de la remettre à sa place en lui soulignant que sa mort à elle, aurait été bien pire. C'était peut-être vrai, quelque part, mais la blonde était trop fière pour se laisser ainsi clouer le bec. Ne remarquant pas le manège d'Erïka derrière elle, elle referma sa main sur celle de Sergeï, plantant ses ongles dans sa chair avant de river son regard bleu électrique dans celui de l'homme.


"Vous pensez vraiment qu'il s'agit là d'un concours? Et que savez vous de moi? Comment pouvait vous affirmer avec autant d'aplomb que je mérite moins de recevoir une balle que vous? Il est vrai que je n'ai pas votre don, mais ce n'est pas une excuse pour jouer les boucliers humain. Vous rendez vous compte que votre fille est couverte de votre sang? Et puis quoi, vous voulez jouer au héros, c'est ça? Je vous suis reconnaissante de m'avoir sauvé la vie, mais n'exagérez pas non plus."

Puis, pas tout à fait injuste non plus, Emma s'enquit de l'état de l'homme. Mais son sourire charmeur et sa rhétorique supérieure lui arracha une moue blasée.

"Oui, ça à l'air d'aller... pour l'instant"

Subtile menace pour lui intimer d'arrêter de faire le malin. Ils avaient des choses plus important à faire. Comme se concerter sur une même version de ce qui venait d'arriver. Les forces de police faisaient déjà entendre leur pas dans les escaliers. Emma se dépêcha donc d'établir une déposition pour eux au grand damne d'Erïka.

-« Non mais c’est quoi ce plan ? Il n’a même pas bougé son cul pour nous donner un coup de main. Raaahh… D’accord, je vais le faire… mais faites en sorte que le mensonge soit crédible, au moins. Si les policiers me cherchent, dites-leur que je me morfonds dans la salle de bain, pendant qu’on y est. »

"Cesses donc de pester, ça te donne un air bien trop enfantin. Qu'importe ce qu'on dira aux agents, nous, nous savons très bien ce qui c'est passé. Et ne t'en fais pas, le mensonge le sera, sans doute plus que la vérité, personne n'y croirait."

Elle regarda la jeune femme s'éloigner en lâchant un petit soupir.

"Son caractère va me faire créer un cyclone à l'autre bout du monde à force..."

Elle faisait référence à son soupir et à cette expression qui dit qu'un battement d'aile de papillon peut engendrer ce genre de phénomène. Secouant la tête, elle reporta son attention sur Sergeï. Elle avait dans l'idée d'aller s'occuper des bandes de surveillance mais elle remarqua qu'Erïka venait de se glisser dans la pièce en question. Connaissant l'intelligence de la jeune femme, c'était sans aucun doute pour s'en charger elle même. Haussant les épaules, la reine blanche se contenta d'attendre, puis de suivre les policiers afin de répondre aux questions. Ca ne dura pas longtemps, il était rare que les fonctionnaires de l'état ennuis bien longtemps les grosses fortunes de la ville.

Une fois qu'elle eut donné sa version des faits et qu'elle récolta discrètement quelques infirmations sur les premiers déroulements de l'enquête, puis chercha Erïka du regard. Elle n'était plus là. A la voiture peut-être? Rejoignant son véhicule, Emma fut ravie de constater que la russe se trouvait bien tout près. Allant à sa rencontre, elle déverrouilla les portières à l'aide de son bip et entra dans la décapotable, laissant la porte ouverte afin d'attendre le retour de Sergeï, pour le saluer. En attendant, elle s'adressa à sa protégée.


"S'occuper des cassettes était une excellente chose, je te félicite pour ton initiative. Cependant, je vais devoir t'apprendre à les rendre inutilisable sans avoir à les subtiliser. Les officiers se demandent où elles sont passées. On est jamais à l'abris d'une panne ou d'un dysfonctionnement d'appareil, mais un vol, c'est louche. Remuant la main, elle signifia que ce n'était pas important dans le fond. Enfin, ce n'est rien, j'ai suggérée à l'inspecteur que quelqu'un avait oublié de les glisser dans le clapet. L'enquête sera vite close, un simple attenta de rancœur contre des gens fortunés. Ceci dit, je me demande si j'étais réellement la personne visée et si oui, pourquoi."

L'espace d'un instant, Emma se plongea dans ses pensées. Bien sûr, elle avait des ennemis dans la finance, des gens assez crapuleux pour envoyer des hommes de main tenter de l'éliminer ou de l'intimider. Mais il y avait une autre hypothèse. Le club des damnés. Quoi de mieux que de passer par des humains pour amoindrir les soupçons ? En tout les cas, il ne pouvait pas s'agir de Shaw, il la connaissait trop bien pour penser qu'un plan si futile pouvait fonctionner. Mais il restait d'autres personnes. La reine noire, le fou noir et même des gens de la branche blanche. Pour en avoir le cœur net, Emma allait devoir se rendre au club et ça ne l'enchantait pas vraiment. Grimaçant, elle en oublia qu'elle n'était pas seule. Droite sur son siège, le regard dans le vague, seul Erïka ou Sergeï allait être en mesure de la ramener à la réalité.
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Dim 27 Juil 2014 - 2:20

Le premier qui allait retirer la vie d’Erïka n’était pas encore née. Elle avait des anges pour veiller sur elle. Un ange, elle en avait un à ses côtés. Elle n’avait peut-être pas ce caractère doux et sage qu’on associait à ces créatures, mais elle en avait l’apparence physique. Tout comme les anges, elle veillait sur son étudiante, faisant tout en son pouvoir pour lui éviter la souffrance. Des personnes comme cela, Erïka en connaissait bien peu. Des femmes comme Emma, il n’y en avait qu’une seule.

Des hommes comme son père, il n’y en avait qu’un et elle le souhaitait fortement. L’humanité n’avait pas besoin d’un second Sergeï Davidoff. Rien qu’à voir la façon dont Emma l’avait regardé en découvrant qu’il n’était pas réellement mort donnait froid dans le dos. Elle allait peut-être découvrir un moyen de le tuer définitivement, à ce rythme. L’idiotie et la manie de ne pas savoir se taire au moment opportun devait être génétique parce que l’homme n’hésita pas à sortir des âneries à Emma. Cette dernière bondit sur l’occasion de répliquer. Selon Erïka, il avait raison sur le fait que son professeur ne méritait pas de se prendre une balle et qu’il était évident que celui qui était immortel devait faire office de bouclier humain, mais ce n’était pas tout le monde qui voyait les choses comme elle.
Pendant quelques secondes, Erïka songea venir à la rescousse de son père, mais elle se résigna en décidant qu’elle n’avait pas évité la mort par balle pour se faire ensuite tuée à cause de sa stupidité. Sergeï, quant à lui, regardait Emma droit dans les yeux. Il sentait ses ongles s’enfoncer dans sa peau, signe de sa frustration, mais il ne lui en tenait pas rigueur. Il fit un pas de plus vers elle, se montrant ainsi plus grand, plus imposant face à elle.


-« Vous devriez vous calmez. Bien que votre colère vous rende tout aussi désirable qu’à l’accoutumée, ce n’est pas des manières de se comporter devant Erïka. Vous savez comme elle est encline à céder facilement à la colère. Elle vous admire, vous êtes un modèle pour elle, il ne faudrait pas qu’elle commence à se comporter de la sorte en cherchant à vous imiter. » Il vit, du coin de l’œil, sa fille lui faire un doigt d’honneur. Il l’ignora. « Et puis, je ne crois pas que le sang la gêne, elle a l’habitude de dépecer des bêtes bien plus grosses que moi. » Il lui offrit un léger sourire moqueur.

Sergeï allait probablement mourir une seconde fois pour la soirée. Il s’aventurait sur un terrain dangereux a ainsi se moquer d’Emma. Elle voulait jouer les mères protectrices avec sa fille et, selon lui, il la surprotégeait trop. Erïka n’était pas une poupée de porcelaine, elle n’allait pas se briser pour s’y peu. Selon lui, Emma avait seulement du mal à accepter qu’un homme ait pu la défendre ainsi et la protéger. Elle était bien trop fière pour être réduite à se cacher derrière quelqu’un d’autre. Par contre, elle avait raison sur un point : il ne la connaissait pas. S’il souhaitait apprendre à la connaitre, il devra changer d’attitude sans quoi elle ne lui adressera plus jamais la parole. Où elle le tuera sur place, ça dépendra peut-être de son humeur.

Avec l’arrivée des policiers, ils purent passer à autre chose. Erïka vola les cassettes de surveillance de l’établissement, raconta sa version des faits aux policiers et rejoignit la voiture d’Emma. Elle avait tellement hâte de voir cette soirée se terminer. Elle avait vu assez de drames pour ce soir. Une fois à l’institut, elle allait prendre une bonne douche chaude, y jeter sa robe avec du savon en espérant pouvoir retirer le sang qui la tachait, puis se jeter dans son lit afin de dormir. Enfin, ça, c’était si elle arrivait à dormir.

Emma vint finalement la rejoindre. Erïka pensait pouvoir lui annoncer avec un brin de fierté ce qu’elle avait fait avec les cassettes de surveillance, mais son professeur la pris de cours en lui parlant de cette initiative, qu’elle félicitait, d’ailleurs. Comment le savait-elle ? Erïka était certaine qu’elle était trop occupée à insulter son père pour ça. Comme ce n’était pas assez, son mentor lui fit part des défauts de son petit stratège. Apparemment, les détruire valait mieux que les voler. Elle, elle n’avait pas vu beaucoup de série policière, visiblement. N’importe qui pouvait reconstituer une bande de ce genre si elle n’était pas détruite comme il se doit. Faute de temps, Erïka les avait amenées avec elle. Elle avait bien fait car elle se serait fait coincée dans le local de surveillance, sinon.


-« J’ai imaginé au moins une dizaine de façon de me servir de votre voiture pour me débarrasser des cassettes. Vous avez de la chance, je tiens suffisamment à la vie pour attendre d’être à l’institut avant de les détruire. »

Erïka s’installa dans la voiture, un peu bougonne. Elle tentait de ne pas le montrer, mais ses paroles le faisaient à sa place. Déjà que la soirée était plus que désastreuse, elle n’avait pas besoin qu’on lui montre ses erreurs. Elle allait s’en souvenir, de toute façon.

Sergeï vint les rejoindre. Erïka tourna la tête vers son professeur, désireuse de savoir si ce dernier allait dire quelque chose. Elle semblait perdue dans ses pensées, comme en transe. L’adolescente la laissa faire et leva la tête vers son père.


-« J’aurais aimé que la soirée se déroule d’une toute autre façon… » Commença-t-il.
-« T’en fais pas. La mort et moi, on est comme ça. » Le coupa Erïka en croisant les doigts. « C’est presque devenu une habitude de tomber sur ce genre de situation. »
-« Tu aimerais peut-être que je te ramène à l’institut ? »
-« Non, ça va, Miss Frost va le faire. N’est-ce pas ? »

Elle se tourna vers son professeur, puis poussa un long soupire. Plutôt que de secouer Emma avec douceur, elle opta pour une solution qui allait lui éviter de salir sa robe blanche de ses mains encore rosées. Erïka enfonça sa main d’un coup sec dans le volant, appuyant ainsi sur le klaxon. Elle resta ainsi pendant trois secondes avant de se replacer sur son siège.

-« Erïka ! » S’exclama son père, frustré.
-« Bah quoi ? J’allais pas salir sa robe tout de même. » Fit-elle en montrant ses mains.

Sergeï soupira puis contourna la voiture pour rejoindre le côté conducteur. Il en avait assez de tenter de dialoguer avec sa fille. Il se pencha, posant son avant-bras contre le haut du véhicule, afin de s’adresser à Emma.


-« Pardonnez ma fille. Après les événements de ce soir, elle semble plus irritable qu’à l’accoutumée. » Il jeta un regard sévère à Erïka qui poussa un long soupire d’agacement. « J’aurais aimé avoir le temps de faire plus ample connaissance avec vous, mademoiselle Frost. J’espère que nous pourrons rattraper cela, un jour, autour d’un délicieux repas au restaurant. Ne voyez pas cela comme une invitation galante à un tête à tête, mais bien comme l’occasion pour un père d’apprendre à connaitre l’institutrice de sa fille. » Il lui tendit sa carte d’affaire à l’arrière de laquelle son numéro personnel était noté. « Prenez soin de vous. »

Il contourna de nouveau la voiture, devant se rendre à la sienne qui était garée un peu plus loin. Au passage, il jeta un œil à Erïka qui le regardait l’air de dire clairement « Tu viens vraiment d’inviter ma prof à diner, espèce d’imbécile ?! ». Il se contenta de répondre brièvement à sa provocation.

-« Bonne nuit, Erïka. »

Il s’éloigna sans un mot de plus. Erïka soupira puis claqua sa portière. Elle avait hâte de rentrer. Si elle pouvait disparaitre pour réapparaitre immédiatement dans sa chambre à l’institut, elle le ferait. Comme elle ne le pouvait pas, elle croisa les jambes, boucla sa ceinture de sécurité et attendit… mais pas dans le silence.

-« Dites-moi que vous avez maintenant le don de téléportation. » Fit-elle en soupirant.
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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Jeu 31 Juil 2014 - 22:29

Sergeï et Emma semblaient avoir bien du mal à s'entendre. On aurait pu croire que c'est parce que tout les opposait, mais en fait pas du tout. C'était tout le contraire. Si il y avait de l'électricité dans l'air c'est parce qu'ils se ressemblaient sur bien des points. Par exemple, ni l'un ni l'autre ne voulait céder en premier à leur petite joute verbale. C'était une question de fierté, mais aussi pour s'imposer vis à vis de l'autre. L'homme jouait d'ailleurs de petits stratagèmes mesquins pour prendre l'avantage, avançant vers Emma pour l'écraser de sa stature. Si il pensait que ça allait marcher, il se fourrait le doigt dans l’œil. Et si il continuait à ainsi se dresser, c'est le talon de la reine blanche qui allait se fourrer dans son pied. Un fin sourire menaçant se dessina sur les lèvres de la télépathe, alors que ses ongles déchirait la chair de son interlocuteur. N'importe qui aurait compris qu'il valait mieux en rester là. N'importe qui, sauf Sergeï Davidoff. La claque mentale n'était pas loin, mais il y avait un fond de vérité dans ses propos. Elle ne devait pas montrer un exemple de rage face à Erïka. Et puis, ça ne lui ressemblait pas, elle était plus maline que ça, plus subtile.

"Oh, mais je suis tout à fait calme. Je tentai juste de vous faire revenir sur terre. Vous voir fanfaronner comme un coq est plutôt déplaisant. Quant à Erïka, avec un père comme vous, je peux comprendre qu'elle ait quelques soucis de gestions de la colère. Je vais vous dire, je n'ai jamais autant été flattée d'être le modèle de quelqu'un. Il lui en fallait un, alors de nous deux, autant que ce soit moi, non ? Non parce qu'une personne qui trouve normal que sa fille baigne dans le sang, que ça la gène ou non, n'est pas vraiment le mentor idéal."      

Voilà, il l'avait cherché, il l'avait trouvé. Emma le gratifiait désormais d'un éblouissant sourire. Pour elle, la joute était gagnée, mais elle ne lui tenait pas rigueur des propos abordés. En fait, ça avait même été assez divertissant. Cependant, la soirée touchait à sa fin. La police allait arrivée et il fallait mettre au point leur version.

Une fois fait, les interrogatoires terminés, Emma alla retrouver Erïka au parking. Elle ne se gêna pour souligner sa petite erreur de jugement au sujet de la subtilisation des cassettes de surveillance, mais restait tout de même très fière de l'initiative de son élève. Chose qui semblait échapper à la russe, vu la façon bougonne dont elle lui répondit.


" Une fois sur place, tu pourra peut-être utiliser de la javelle ? "

C'était une petite boutade en référence aux aveux de multiples utilisations du produit, que l'adolescente avait fait au cours de la soirée. Puis, Emma se plongea dans ses pensées. Elle se demandait qui était la cible de l'attenta, si ce n'était pas elle ? Elle pensa au club des damnés, entre autre. Bref, elle se perdit totalement dans ses réflexions, ne voyant pas Sergeï revenir et n'entendant pas Erïka lui parler. Le Klaxon, par contre, elle l'entendit très bien, bondissant doucement sur son siège avant de lancer un regard interloqué à son élève.

" Hum ? Ah oui, je m'occupe de la raccompagner, ne vous en faites pas. "

Elle se tourna ensuite vers l'homme, écoutant ce qu'il avait dire, attrapant sa carte de visite avec un air abasourdis. Elle fronça les sourcils lorsqu'il s'approcha d'Erïka, mais ne prit la parole qu'une fois qu'il se fut éloigné. Élevant un peu la voix pour qu'il l'entende, elle l'apostropha avant qu'il ne rejoigne sa propre voiture.

" Je suis d'accord pour le restaurant, mais ne comptez pas sur moi pour vous appeler. Où sont passées vos bonnes manières, Sergeï ? Si vous voulez qu'on se revoient, trouvez donc le moyen de me contacter pour m'inviter de façon un peu plus distinguée. "

Claquant la portière, Emma démarra sans même lui laisser le temps de se retourner. Si il voulait faire connaissance, il venait déjà d'en apprendre un peu plus sur son caractère. Pour le reste, ça n'allait pas être aussi facile qu'il semblait le croire.

La décapotable quitta rapidement le parking, Emma roulait plus vite que d'habitude, mais faisais tout de même attention puisqu'elle était en compagnie de la russe. Russe qui continuait de pester dans son coin d'ailleurs. C'est vrai que la soirée n'avait pas du être terrible pour elle et quelque part, la grande blonde compatissait.


" Je n'ai toujours pas ce don, hélas mais... j'ai une bonne radio avec d'excellentes enceintes. Tu n'as cas brancher ton lecteur ici, choisis ce que tu veux, pour une fois je ne critiquerai pas tes goûts musicaux... tant que tu ne m’assourdis pas. "

Jamais personne d'autre qu'Emma n'avait eut le droit de choisir quelle musique pouvait passer dans sa voiture. Mais il y avait un début à tout et pour Erïka, elle était prête à faire une petite concession. Avec un peu de chance, ça allait lui rendre le sourire, sinon... elle aurait essayé.

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MessageSujet: Re: Dance With The Devil [Emma Frost]   Sam 9 Aoû 2014 - 20:46

Erïka se retrouvait avec des cassettes de surveillance volées. Elle devait trouver un moyen de s’en débarrasser sans laisser de traces. Une fois à l’institut cela allait être chose aisée puisqu’elle aura la possibilité d’en faire ce qu’elle voulait, même les jeter aux poubelles, tout simplement. Ses empreintes ne se trouvaient pas dessus, après tout. Cependant, ces vidéos étaient trop compromettantes pour ne pas être détruites dans les plus brefs délais. Erïka aura l’esprit tranquille lorsqu’elles seront totalement inutilisables. Elle n’avait qu’à laisser aller son imagination et trouver le meilleur moyen de régler son problème. Bien qu’Emma critiquait légèrement ses méthodes pour se débarrasser des cassettes, elle l’aidait tout de même, sur le ton de la plaisanterie à trouver une solution. La javelle pouvait être une option, mais cette idée en fit naitre une bien meilleure chez l’adolescente.

-« Pas mal, mais je pensais les dissoudre dans l’acide. Je devrais avoir ce dont j’ai besoin dans la classe de chimie pour en faire fabriquer. »

Elle disait ça, mais elle n’avait jamais suivit de cours de chimie. Ce n’était pas son point fort, il fallait dire. Du coup, elle ne savait pas du tout comment fabriquer de l’acide et doutait bien que cela était fort improbable de tomber sur les ingrédients nécessaires dans l’institut. Ça ne coutait rien de demander à Bobby s’il était capable de faire ça. Ses études tournaient autour des matières scientifiques, autant en profiter.

S’installant dans la voiture, Erïka n’avait qu’une hâte : rentrer à l’institut. Cependant, Emma semblait bien trop occupée par la chaussée devant elle puisqu’elle n’en détournait pas les yeux. Cela laissa le temps à Sergeï d’arriver. Il proposa à sa fille de la ramener chez elle, mais cette dernière déclina, affirmant qu’Emma allait la reconduire. Cependant, cette dernière était toujours dans ses pensées. Pour l’y en sortir, Erïka appuya sur le klaxon. Ça allait la ramener sur terre bien rapidement.

Si Sergeï ne trouvait pas ça très drôle que l’adolescente fasse sursauter son professeur, cette dernière s’en fichait bien. Elle ne portait déjà plus attention à son père. Il s’entretenait avec Emma au sujet d’un dîner au restaurant. Il pouvait toujours courir, ce n’est pas comme si Emma allait accepter avec joie. Il n’y avait qu’à voir comment ils s’étaient comportés ce soir pour le savoir. D’ailleurs, elle ne lui répondit qu’au moment où il s’éloignait. Il allait devoir faire preuve de beaucoup d’imagination pour l’inviter de charmante manière. Allait-il en être capable ? Erïka se le demandait. Elle ne le voyait pas du genre romantique et tout ça.

Finalement, Emma démarra la voiture. Erïka était soulagée. Elle allait enfin pouvoir retourner à l’institut. Elle ne pouvait plus attendre plus longtemps. Elle n’était pas d’humeur et la seule chose qui allait la rendre plus supportable serait de retrouver son lit. Heureusement, à cette heure-ci, il y avait moins de voitures qui circulaient dans les rues de la ville. Il y avait donc une infime chance pour que le trajet se fasse plus rapidement. Dans le silence. Ça promettait d’être joyeux.

Contre toute attente, Emma proposa à son élève de brancher son Ipod à la station radio et d’écouter tout ce qu’elle désirait. Erïka n’allait certainement pas s’en plaindre. Elle ouvrit son sac à main, sortit son Ipod et le brancha. Elle choisit une chanson bilingue, en anglais et en français, avec le but de provoquer légèrement son professeur. L’adolescente était encore un peu bougonne, mais ça allait lui passer. Lorsque la musique commença à jouer le hit de « Discobitch ». On pouvait même entendre la voix d’Erïka, pas très forte, qui chantait les paroles.


-« C'est pour la petite bourgeoisie qui boit du champagne. C'est pour tous les quotas francais que j'parle plus l'anglais. I'm not crazy, I'm just fond of you, and all the piles of money that grows next to you. »

Heureusement pour Emma, après cette chanson, elle n’eut pas à supporter un quelconque rappeur ou la voix d’un chanteur de Scream Metal. Erïka fut gentille et fit jouer de magnifiques chansons comme The Islander de Nightwish et Hands of Time de Rachel Diggs. Peu à peu, un mince sourire étira les lèvres de l’adolescente qui regardait par la fenêtre. Cette soirée n’était pas de tout repos, mais Erïka avait appris certaines choses. Elle savait qu’elle pouvait compter sur Emma, plus que jamais. Elle sera toujours là pour veiller sur elle, tel un magnifique ange aux couleurs de la neige.
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