X-Men : Sentinel Project

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 "I'm not alone..." [PV Samuel]

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MessageSujet: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Jeu 3 Oct 2013 - 2:54

Han... Je déteste ce travail...

Le patron avait déjà foutu le camp depuis une heure environ alors que son employée se tuait à faire reluire le sol. Elle travaillait tellement bien que parfois, on arrivait à détailler les pores de sa peau lorsqu'on se regardait dans le sol. Lynnette, de son vrai nom, Maëlynn, travaillait dans ce bouiboui à tacos depuis maintenant deux ans. Elle se servait de son salaire pour payer ses études et sa drogue. D'ailleurs, en parlant de drogue, Lynnette avait très envie de rentrer pour enfin pouvoir se faire un petit fixe. Elle évitait de le faire n'importe où dans la rue comme une putain de dépravée. Elle évitait aussi la communauté des junkies qu'elle reconnaissait rapidement. Les pupilles dilatées n'étaient jamais dût à un manque de vitamines ou une luminosité trop faible. La jeune étudiante en histoire européenne avait elle aussi, très souvent, les pupilles si dilatées qu'elle n'en voyait plus la couleur de ses iris. Pourtant, elle avait de très jolis yeux bleus mais l'ennui, c'est qu'ils étaient ternes et sans vie. Et puis, on voyait rarement la couleur quand la regardait, à cause de ses pupilles dilatées. Lorsqu'on lui demandait pourquoi elle était comme ça, elle inventait des mensonges. Maladie génétique, défaut de naissance, tare familiale, accident de voiture. Les gens ne posaient pas plus de questions généralement. Quand ils ne savaient pas, ils n'insistaient pas.

La jeune demoiselle soupira doucement et retira son tablier, défaisant ses cheveux. Elle les agita légèrement, se donnant un air sauvage comme ça, les cheveux mal coiffés. Avant de quitter le restaurant, elle fit un dernier tour, vérifiant que tout était bien éteint en cuisine et derrière le comptoir. Assurée que tout était en ordre, Lynnette put enfin quitter son travail, fermant la porte à clé. Il pleuvait des cordes, c'était bien sa veine, elle qui avait décidé de venir travailler à pied parce qu'il avait fait beau toute la journée, voilà qu'elle devait se coltiner la pluie. Elle ne pouvait même pas fumer sa clope en marchant. Pas moyen de rentrer chez elle sans avoir une bonne dose de nicotine dans le sang, ça la fera patienter pour la piqûre. Lynnette resta alors sous le petit porche du restaurant. Fouillant dans son sac en bandoulière, elle en tira son paquet et s'alluma une cigarette, tirant nerveusement dessus. Elle n'avait pas de capuche, ni de parapluie. C'était vraiment la merde ce temps.

Protéger par le petit porche du restaurant, Lynnette put prendre le temps de contempler un peu la rue déserte mais éclairée par des réverbères. Poussant un léger soupir, Lynnette baissa les yeux. Elle n'avait jamais réellement eut peur de ce genre d'ambiance. Rue désert, pluie, tout était propice à voir un tueur en série ou un gang de violeurs se pointer pour se jeter sur elle. Elle secoua la tête en roulant des yeux. Non mais vraiment, parfois, elle était d'une débilité hors norme. Pas étonnant que personne ne veuille tenter de devenir son ami tellement elle était bizarre. Sans parler de sa passion obsessionnelle pour la France. Lynnette rêvait d'y aller et surtout d'y rester. Peut être que là bas, elle ne serait pas vu comme... une personne super bizarre. Peut être que de voir autre chose, d'être loin de tout ce merdier, ça la changerait. Peut être qu'elle deviendrait une autre personne. Lynnette n'avait qu'une envie : Avoir une vraie vie. Une vie avec des amis, des amis qui l'épauleraient, la guideraient, qui l'aideraient même peut être à comprendre certaines choses bizarres qui lui arrivait. Lynnette savait très bien que la mort de son beau père était à cause d'elle mais elle n'expliquait pas ce qu'il s'était réellement passé. Et puis, ce n'était pas la seule fois où s'était arrivé.

À son travail aussi, plusieurs fois, alors que Lynnette était sujette à un débordement d'émotions, les canalisations avaient explosé. Enfin, c'était compliqué pour elle. À qui pouvait elle parler de tout ça hein ? Elle avait peur qu'on la prenne pour une folle, qu'on l'enferme, qu'on la mette dans un hôpital psychiatrique, avec d'autres tarés qui lui feront peur. Et elle avait très peur de faire une grosse connerie un jour. Constatant que sa clope était terminée, Lynnette la jeta sur le sol, la regardant s'éteindre au contact de l'eau. Puis, elle s'engagea dans la rue, les mains dans les poches de sa petite veste. À peine était elle sous la pluie, que la demoiselle sentait déjà les gouttes furieuses passer à travers ses vêtements. Elle n'avait pas encore atteint le petit parc derrière chez elle, qu'elle était totalement trempée. Elle n'avait plus qu'à le traverser et elle était chez elle. Ca ne lui prendrait que dix minutes si elle marchait assez vite.

Aller, plus que dix minutes et je suis au sec...

Baissant les yeux, les cheveux collés contre la peau de son visage et son cou, Lynnette entra dans le parc. Elle avait terriblement envie d'une cigarette là. Finalement, la pluie ne serait peut être pas une mauvaise chose. Ca lui permettrait de ne croiser personne et d'être tranquille jusqu'à son bâtiment. D'ailleurs, ce soir, elle serait encore seul, sa tante n'était pas rentrée et elle ne savait même pas quand elle rentrerait. Alors qu'elle songeait subitement à quoi faire en rentrant en dehors de son fixe, peut être qu'elle mangerait quelque chose ou alors qu'elle regarderait la télé, son téléphone se mit à sonner dans son sac. Lynnette s'arrêta et fouilla dedans pour tenter de le trouver. Elle parvint à mettre la main dessus et plissa les yeux pour regarder le numéro. Elle ne voyait rien à cause de gouttes qui martelait l'écran de son vieux téléphone portable. Au moment où elle allait décrocher, le téléphone cessa de sonner. Lynnette poussa un léger soupire blasé, elle avait même réussi à rater un appel. Bon, quoi qu'il en soit, si c'était important, l'émetteur de l'appel lui laisserait un message. Lynnette se remit en route et ne remarqua pas qu'en face d'elle, deux silhouettes s'approchaient vers elle. Loin de se douter de ce qui allait lui tomber sur le coin de la tronche, elle pensait simplement qu'il s'agissait de deux personnes qui rentraient chez elle. Elle voulut les contourner mais l'une d'elles se plaça devant elle, lui barrant le chemin. Lynnette releva son visage rapidement pour voir une main se tendre vers elle et l'attraper à la gorge.

Hoquettant, la brunette posa ses mains sur le bras de l'homme qui venait de l'attraper à la gorge. Un sourire carnassier traversait le bas d'un visage emplit de violence. Ses yeux exprimaient une certaine lueur cruelle. Assurément, il n'allait pas lui demander son chemin. Caressant sa gorge de son pouce, l'homme la fixait toujours, passant sa langue sur ses lèvres avec une envie soudaine. Son associé n'avait pas bougé, vérifiant les environs pour voir si personne n'allait intervenir.

Alors ma belle... On se promène... ?

Lynnette avait très peur. Elle avait peur de ce qui allait suivre, des conséquences. Elle savait que s'il tentait de lui faire du mal, elle se défendrait comme avec son beau père. Elle n'avait pas envie que l'on sache ce qu'elle faisait. Surtout qu'elle ne savait pas comment elle faisait ça. Elle voulut se débattre mais l'homme l'attira brutalement contre lui, glissant sa main sous son haut, caressant sa peau.

Arrêtez ça.... S'il vous plait !!!
Allons bébé, je sais que tu aimes ça, je le vois bien...

Lynnette se tortillait dans tous les sens pour qu'il la lâche. Mais lorsqu'il voulu glisser sa sous son soutien gorge, Lynnette poussa un hurlement puissant, se débattant plus fort. Autour d'elle, le silence se fit, un silence de mort. On entendait plus que les gémissements plaintifs de la jeune fille. Les gouttes de pluie s'étaient lentement suspendues dans les airs autour d'eux. L’acolyte de son agresseur, fronça les sourcils. Alors que Lynnette pleurait en suppliant à l'homme de la laisser et de partir rapidement, les gouttes des pluies se dirigèrent lentement vers eux, se collant contre leur peau. Les gouttes glissaient lentement sur leur peau venant alors s'infiltrer dans leurs narines, leur bouche. Son agresseur la lâcha rapidement sa prise pour chercher à empêcher l'eau d'entrer dans son corps. Pourtant déjà cette dernière faisait son office, se dirigeant alors vers les poumons des deux hommes, les remplissant d'eau, petit à petit. Le guetteur fut le premier à suffoquer, s'étouffant comme s'il se noyait. Il poussait des râles gutturaux, se tenant la gorge. Il finit par tendre la main vers son acolyte, un regard suppliant. Il finit par s'effondrer sur le sol boueux.

Lynnette n'avait pas bouger. Elle était prostrée sur le sol, se tenant le visage en se balançant d'avant en arrière. Elle pleurait toujours, gémissait même. Son corps entier était tremblant de peur, de colère. Trop d'émotion pour elle. Son agresseur subit la même chose. Mais avant de mourir, il eut la force d'agripper Lynnette par les cheveux pour la balancer sur le sol avant de s’effondrer. Raide mort. Lynnette s'écrasa lamentable dans une flaque, pleurant toujours en observant le cadavre devant elle. La pluie avait reprit son cour, martelant le sol avec fracas, brisant le silence de mort.
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Jeu 3 Oct 2013 - 12:55


Dieu que cette soirée avait été longue et ennuyeuse. Il n’y avait même pas eu de jolies filles pour égayer un peu le tableau et pour occuper l’espagnol qui avait juste eu l’impression de service de garde du corps pour Magneto. En avait-il besoin, franchement ? Samuel ne discutait jamais les ordres de son leader même s’il n’était pas toujours d’accord avec lui. Par contre, il n’allait jamais contre ses principes, ayant une opinion bien à lui de la situation mutante. Pourtant il était là, à cette soirée où étaient conviés de nombreux mutants soit disant haut placés. Depuis quand y avait-il une hiérarchie d’ailleurs ? Ils étaient tous pareils, tous égaux. Les pouvoirs ne l’étaient pas forcément mais ça, on ne les choisissait pas. C’était un peu ridicule de classer les gens en fonction de leurs dons plus ou moins utiles. Aux yeux de l’espagnol, ils étaient tous extraordinaires.

Ce soir pourtant, il avait accepté d’accompagner Erik juste histoire d’être présent. Il voulait toujours être au courant d’un maximum de choses, de décisions prises. Mais maintenant qu’il était là, il avait l’impression de faire un peu tâche dans le décor. Les membres de la Confrérie et autres mutants extérieurs n’étaient pas forcément ce que l’on pouvait qualifiés de « classes ». La plupart était des voyous ou des cas sociaux. Samuel ne les jugeait pas, il ne jugeait jamais les mutants, mais il se sentait un peu à part rien qu’à cause de la tenue dont ils étaient affublés. L’espagnol portait un ensemble de costume mais sans cravate et dont les deux derniers boutons n’étaient pas fermés. Cela lui donnait un air à la fois sérieux et plutôt élégant sans paraître non plus sévère et coincé. Mais visiblement, c’était le seul qui avait fait l’effort de présentation, hormis Magneto. A vrai dire, il n’était pas mécontent que la soirée se termine enfin, lui rendant sa liberté pour la fin de la soirée.

A peine eut-il franchi la porte de la salle que Ruben lui tomba dessus, comme s’il campait là depuis un moment en guettant le moment de son apparition. Samuel sursauta et poussa un léger soupir. Il détestait quand il faisait ça. Mais, sans que son ami dise quoique ce soit, l’espagnol avait déjà deviné la raison de sa présence ici.


« Alors, c’était bien ? Non ne réponds pas, en fait je m’en fous. Ca devait être chiant comme la pluie, avoue ? D’ailleurs en parlant de pluie, ça te dit d’aller… faire un tour ? »

Faire un tour. C’était sa façon à lui de dire qu’il avait envie d’aller casser un peu d’humains. Samuel devait reconnaître qu’il avait bien besoin d’un peu d’exercice après avoir fait le pied de grue toute la soirée. Mais s’il pleuvait, il n’y avait sans doute pas grand monde dans les rues. Cela pouvait être positif car il n’y aurait donc pas grand monde dans les rues et donc pas de témoins. Même si Samuel se moquait d’être vu utilisant ses pouvoirs, il savait qu’il ne fallait pas trop attirer l’attention sur eux… du moins, pas encore.

« Bonne idée. Je te laisse ouvrir la marche. »
« Franchement, tu veux pas te changer ? Je vais avoir l’impression de me balader avec Slenderman là. Enfin Slenderman qui a fait de la muscu… »
« Ruben… »
« Ok ok on y va comme ça ! »


Sans discuter davantage, les deux amis sortirent à l’extérieur. Mais avant même de poser le pied dehors, l’espagnol activa son aura, créant ainsi une protection qui empêchait la pluie de le toucher et donc de le mouiller. Il restait ainsi parfaitement sec. Mais pour que cela dure, mieux valait qu’il aille rapidement puiser de l’énergie. Ruben et lui marchèrent un moment dans les rues sans trouver de victimes potentielles. A croire que la pluie chassait tout le monde… et que l’heure tardive n’aidait en rien. Au bout d’une demi-heure, Samuel préféra abandonner. Il savait qu’ils ne trouveraient personne et il n’avait pas envie d’épuiser ses batteries plus longtemps.

« Je crois que c’est raté pour ce soir. Le temps fait fuir tout le monde et on devrait en faire autant. Demain soir, on aura peut-être plus de chance. »

Ruben hocha mollement la tête, déçu et trempé contrairement à Samuel. Ils se séparèrent alors et le mutant pris la direction de son quartier. Mais pour se faire, il devait passer par le bronx. Il n’aimait pas trop cet endroit mais quelque part, cela lui rappelait son quartier mal fréquenté. Personne ne viendrait lui chercher des noises et quand bien même, c’était les agresseurs qui se feraient agresser. De plus, qui approcherait un type qui émettait une aura bleutée des plus étranges ? Marchant sans se presser, il contourna un petit parc dans le but de rejoindre une autre rue. Mais soudainement, il se stoppa. Une puissante vague de plaisir l’envahit, ce qui le figea net, surpris. Il comprit aussitôt que quelqu’un souffrait dans le coin, et pas qu’à moitié. Pour le coup, ça avait rechargé son pouvoir, lui fournissant l’énergie nécessaire pour rester sec jusqu’à chez lui. Mais cette douleur soudaine et puissante intrigua l’espagnol. D’où cela provenait-il ? Apparemment, d’après ce qu’il ressentait, du parc près duquel il passait. Sa curiosité piquée, Samuel décida d’aller voir de plus près la source de toute cette souffrance soudaine.

Pénétrant dans le parc, il marcha tout en regardant autour de lui mais il ne voyait personne. Puis finalement, le long d’une petite allée, il repéra quelque chose. Il y avait un homme à terre, immobile. Quelqu’un qui s’était fait agressé ? Samuel s’approcha et constata alors que, un peu plus loin, se trouvaient deux autres corps dont celui d’une femme. Aucun d’eux ne semblait bouger. Samuel s’approcha de celui qui était le plus proche, séparé des autres. Il se pencha et retourna l’homme qui était face contre terre. Vu son expression facile, aucun doute, il était mort. Mais mort de quoi ? Ses traits étaient figés étrangement, son corps était boursoufflé, bleu comme s’il… comme s’il s’était noyé. Sauf que là, il n’était pas dans l’eau. Enfin, il pleuvait mais qui s’était déjà noyé avec de la pluie ? C’était impossible. A moins… A moins qu’il ne s’agisse de l’œuvre d’un mutant.

Samuel se redressa, se demandant où était l’auteur de cette tuerie. Etait-ce volontaire ? Un accident ? Difficile à dire pour le coup. Mais au moins, il comprenait mieux d’où venait cette douleur. Les deux autres corps étaient-ils dans le même état ? Si tel était le cas, il fallait les faire disparaître car une telle mort allait sans doute intriguer les forces de l’ordre s’ils étaient retrouvés. Fouillant dans sa poche, il en sortit un téléphone portable, composa un numéro puis patienta. Son interlocuteur ne tarda pas à répondre. C’était un mutant qui avait la faculté de faire disparaître tout ce qu’il touchait. Fort pratique… quand on le maitrisait.


« Salut Hans, c’est Sam. Il y a eu un peu de grabuge. Tu peux venir dans le petit parc dans le bronx ? Oui. Oui c’est ça. Et non ce n’est pas moi l’auteur. Il y a trois corps à faire disparaître et… »

Alors qu’il parlait, Samuel vit l’un des corps remuer légèrement. Celui de la jeune femme. Haussant les sourcils, il reprit sa conversation.

« Non, seulement deux en fait. Merci. »


Il raccrocha, rangea l’appareil puis s’approcha de celle qui n’était pas morte comme il l’avait cru. En fait, maintenant qu’il était proche, il constatait qu’elle pleurait. Samuel dégagea le corps de l’autre homme d’un geste du pied, histoire de l’éloigner de celui de la jeune femme puis il se stoppa juste à côté d’elle. Pleurait-elle parce qu’elle avait failli être victime elle aussi ? Non. Samuel chassa bien vite cette hypothèse de sa mémoire. Mentalement, il imagina la scène qui avait donné lieu à tout ça. Elle s’était sans doute faite agressée et… s’était défendue. C’était donc elle, la mutante. Mais Ruben n’était pas là pour le confirmer.

Quoiqu’il en était, la jeune femme avait besoin d’aide et Samuel comptait bien l’aider.. surtout si elle était mutante. Lentement, il s’accroupit à côté d’elle, tendant la main pour dégager doucement ses cheveux collés à son visage. Lorsqu’elle le regarda, il lui sourit, un sourire chaleureux et bienveillant, espérant qu’elle ne s’en prendrait pas à lui.


« Ca va aller… C’est terminé. »

Afin qu’elle ne se sente pas agressée par son aura étrange, il la désactiva, laissant la pluie venir traverser ses vêtements et mouiller ses cheveux. Il plaqua ces derniers en arrière pour ne pas être gêné puis attrapa doucement la jeune femme. La prenant dans ses bras le plus délicatement possible, il la souleva du sol et se redressa de toute sa hauteur. La pauvre devait encore être sous le choc et il ne voulait pas la brusquer ou qu’elle se sente agressée à nouveau. Plantant ses yeux dorés dans les siens, il voulait qu’elle se focalise sur lui et qu’elle oublie le reste. Il ignorait qui elle était, où elle vivait et ce qu’il s’était passé exactement mais il n’allait pas la laisser là, à la merci du premier venu.

« Ne crains rien, je ne te veux aucun mal. Je vais t’amener au chaud, à l’abri. Moi c’est Samuel. »

Il parlait tout en marchant, sortant du parc pour rejoindre une rue qui le menait vers son quartier. La route n’était pas très longue mais il ne voulait pas se mettre à courir et la remuer dans tous les sens pour raccourcir le trajet. La transportant comme une princesse, il espérait juste qu’elle se laisse faire, il ne tenait pas à la forcer.
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Jeu 3 Oct 2013 - 16:58

Lynnette était toujours allongée dans l'eau boueuse, les yeux rivés sur le visage figé du cadavre. Il la fixait de ses yeux éteint. Elle comprenait, pour le moment, qu'elle venait de reproduire l'accident avec son beau père. Même si elle ne l'aimait pas, elle n'approuvait pas le fait qu'elle pouvait ôter la vie comme ça. La jeune fille continuait de pleurer, essayant de rester silencieuse. Elle venait de tuer deux types contre son gré. Lynnette ne voulait plus que ça arrive, elle ne voulait plus être un poids mort pour son entourage. Enfin, quel entourage ? Sa tante ? Elle n'était jamais là, elle ne voyait pas la détresse de la jeune femme. Elle se fichait totalement de savoir si sa nièce était heureuse ou non. Eileen ne s'était même pas occupée de ses papiers pour son entrée à la fac, elle ne l'avait pas félicité pour son diplôme qu'elle avait obtenu en finissant première de sa promotion, elle ne lui avait pas demandé si elle avait eut besoin d'aide pour payer ses études.

Heureusement, étant très bonne élève, Lynnette avait pu avoir une bourse pour entrer à la fac. En fait, cette fille n'avait jamais connu le bonheur. Le vrai bonheur. Celui qui donnait la sensation de vivre pour quelque chose de concret. Lynnette ne savait même pas pourquoi elle existait. Elle était là parce que sa mère l'avait mise au monde mais après ? Après qu'est ce qu'elle était censée devenir ? Elle n'avait aucun avenir. Elle était vouée à rester une droguée qui finirait par se faire violer et étrangler quelque part. On retrouverait son corps, à demi mangé par des rats. Et on ne se souviendrait jamais d'elle. Personne ne pleurerait sa mort.

La brunette se demandait si elle ne devait pas aller se dénoncer à la police. Peut être qu'avec un peu de chance elle serait condamnée à mort. Elle était comme un animal sauvage qu'il fallait abattre au plus vite. Lynnette remua légèrement, se disant qu'elle devait se redresser et rentrer chez elle, oublier tout ça, essayer de vivre normalement. Alors qu'elle cherchait à se redresser, elle entendit une voix non loin d'elle. Un homme semblait téléphoner. Tremblante de peur, craignant encore une nouvelle attaque, Lynnette cessa de bouger, espérant qu'il ne l'avait pas vu. Mais visiblement, elle était assez mauvaise en camouflage.

Nerveusement, Lynnette hoquetait et pleurait encore un peu. L'homme qui venait de s'approcher d'elle repoussa le cadavre. Ce dernier disparut du champs de vision de l'étudiante. Elle pouvait alors observer la nuit, la pluie qui tombait toujours, fracassant les flaques qui s'étaient formées avec l'eau accumulée. Fermant un court instant les yeux, Lynnette commençait à se calmer lentement. Son cerveau n'était plus à même de réagir à quoi que ce soit pour le moment, ce fut les doigts de l'homme et la caresse de ses cheveux repoussés qui la firent légèrement frémir d'horreur. Elle tira machinalement sur son haut et sa veste, comme si elle craignait qu'il ne la touche lui aussi. La jeune femme se recroquevilla sur elle même, se remettant à pleurer légèrement, gémissant.

Pitié... Pitié... Ne me faites pas de mal...

Inspirant fortement, parce qu'à force de pleurer elle commençait à manquer d'air, elle tenta de contrôler ses émotions. Elle n'avait pas envie que ça recommence encore une fois. Elle n'avait pas envie de le tuer lui aussi. Posant son regard sur lui, elle pu apercevoir une aura bleutée qui l'entourait. D'ailleurs, l'homme n'était même pas mouillé. Etait ce un ange ? Non, si elle avait été morte, elle ne sentirait pas les piqûres des gouttes de pluie glacée sur sa peau. Lynnette l'entendit lui assurer que ça allait aller et que c'était terminé. Terminé ? Savait il seulement de quoi il parlait ? Rien n'était terminé. Lynnette le savait parfaitement.

Alors que la jeune fille roula légèrement sur le dos pour finalement le laisser faire ce qu'il voulait d'elle, son visage se ferma totalement. À quoi bon lutter quand on était plus rien dans ce monde ? Mais contre tout attente, l'homme la prit dans ses bras, la soulevant du sol. Lynnette remarqua alors qu'il n'avait plus son aura et qu'il était tout aussi trempé qu'elle. Elle avait du rêver. Elle devait être sujette à des hallucinations maintenant.

Alors qu'il se mit à marcher, il lui assura qu'il ne lui voulait aucun mal. Qu'est ce qu'elle en savait ? À qui elle pouvait faire confiance au fond ? Il pouvait bien lui assurer ce qu'il voulait, rien de ne prédisait qu'il n'allait pas l'enfermer dans sa cave afin d'abuser excessivement d'elle des qu'il le pouvait. Peut être que Maëlynn finirait en poupée pour cet homme qui venait de se présenter. Il s'appelait donc Samuel. Est ce que lui signifier qu'il l'emmenait au chaud voulait dire qu'il allait l'enfermer dans un four. L'imagination de Lynnette devenait un peu trop loufoque au point qu'elle se serait collée une gifle elle même pour s'ôter ces idées sordides du crâne. Dans un simple souffle, les yeux baissés et collée contre lui, Lynnette se présenta à son tour.

Maëlynn...

Rien d'autre à donner comme information. Personne ne l'attendait chez elle. Combien de temps mettraient ils avant de remarquer son absence ? Et en seraient ils inquiet ? Sa tante peut être, quoi que Maëlynn savait qu'elle voulait se débarrasser d'elle rapidement, la pressant pour se trouver un logement rapidement. Fermant doucement les yeux, le demoiselle se laissa transporter jusqu'à ce que finalement, elle en eut marre d'être portée. Doucement, elle tira sur la veste de Samuel.

Posez moi, s'il vous plait...

Sa voix était timide, fuyante, comme si elle craignait soudainement qu'il ne lève la main sur elle. D'ailleurs le moindre geste brusque de sa part lui serait probablement fatal. Une fois les pieds sur le sol, Maëlynn manqua de tomber, titubant un peu sur le côté. Elle s'agrippa à ce qu'elle trouva de plus proche, le bras de Samuel. Une fois stable, la demoiselle se tint un peu mieux et renifla légèrement. Elle leva alors ses yeux bleus glacier vers lui et constata qu'il était vraiment grand. Elle était ridiculement petite à côté de lui. En temps normal, elle aurait sûrement fait une moue boudeuse de voir qu'elle était si petite mais elle était encore choquée par ce qu'il venait de se passer. Son regard était emplit de désespoir, d'une envie d'être aidée, d'être comprise. Peut être que cet homme saurait devenir son chevalier servant. Serrant légèrement sa main sur le bras de Samuel, Lynn se remit à pleurer. Le corps secoué de larmes, elle ne détachait pas son regard de celui de Samuel, s’agrippant à lui comme s'il était son dernier espoir. Elle n'avait plus rien à perdre de toute manière.

Je ne voulais pas... Je ne voulais pas les tuer !!!

Lynn ne lâchait pas Samuel. Elle lui avait avoué ça pour espérer qu'il la croirait. De sa main libre, elle entoura son propre ventre et baissa les yeux pour pleurer un peu plus. Lynnette était totalement désemparée. Alors que la jeune femme posa sa main libre sur sa bouche pour étouffer ses sanglots, le silence se fit, devenant pesant. Les gouttes de pluie avaient cessés leur course, restant en suspend dans l'air. Tout ce qu'on pouvait entendre, c'était les pleurs de Maëlynn. Penchée un peu en avant, elle ne semblait pas se préoccuper de ce qu'il se passait autour d'elle. Les gouttes vinrent alors à se coller les unes aux autres. Et lentement, une sorte de bouclier d'eau se forma autour d'eux, comme s'il était là pour les protéger. Maëlynn finit par se calmer un peu, lâchant le bras de Samuel. Elle redressa la tête, entourant son propre corps de ses bras, frissonnant en repensant à ce qu'il avait voulu lui faire. Pas Samuel. Son agresseur. Elle se sentait bien là, soudainement. La pluie ne tombait plus, la rue était calme. Conservant les yeux baissés, Maëlynn les ferma doucement et inspira profondément. Alors qu'elle semblait de nouveau apaisée, le bouclier se brisa, les arrosant tous les deux. Puis la pluie et le bruit reprirent leur cour.

Je suis désolée...

Maëlynn ne savait pas réellement de quoi elle s'excusait mais elle sentait qu'elle devait le faire. Elle ne fut même pas choquée d'être arrosée. En fait, plus rien ne l'étonnait des qu'elle avait des émotions trop fortes. C'est peut être pour ça qu'elle ne voulait être proche de personne. Ne pas les blesser si elle venait à s'attacher. Toucher le bonheur du bout des doigts ? Maëlynn savait que ça lui était interdit. Elle savait qu'elle n'avait le droit qu'à la souffrance, la solitude. Et qu'une main tendue vers elle risquait de devenir une main morte. Samuel n'avait pas l'air méchant, peut être parce que pour une fois, quelqu'un ne l'agressait pas, ne la bousculait pas ou ne s'en prenait pas à elle uniquement pour déverser sa colère. Peut être que ce genre de personne existait mais qu'elle n'était pas destinée à Maëlynn.
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Jeu 3 Oct 2013 - 22:35


Samuel était quelqu’un d’altruiste mais uniquement pour ceux qu’il avait choisi. Il aurait fait n’importe quoi pour un mutant. Mais un humain pouvait mourir devant lui que cela ne lui aurait même pas arraché une larme. Ce soir, il ignorait à qui il avait affaire. La jeune femme était assurément une victime vu sa position et vu qu’elle pleurait. Mais était-elle aussi bourreau ? L’espagnol l’espérait mais il se voyait mal lui poser la question. Là, étalée sur le sol et recroquevillée, elle lui paraissait être la chose la plus fragile du monde. Sans doute était-ce parce qu’elle était maigre, trop fine et assurément pas très grande. Samuel avait l’impression que s’il la touchait, il allait la briser, qu’elle allait s’effriter entre ses doigts. Ce n’était pas juste pour cette raison que le mutant agissait avec une extrême douceur avec elle. C’était surtout parce qu’il se doutait que ce qu’elle venait de vivre était éprouvant et qu’elle devait encore être sous le choc. Il ne voulait pas la brusquer mais il se doutait bien qu’elle n’allait pas l’accueillir comme un ami alors qu’elle ne le connaissait pas et qu’elle venait assurément de se faire agresser.

Ainsi, il ne fut pas étonné de la sentir se tendre et trembler lorsqu’il la toucha. Elle le supplia alors de ne pas lui faire de mal, se remettant à pleurer. Sa voix tremblait, était suppliante. Elle craignait qu’il ne s’en prenne à elle comme les autres. Quoi de plus normal ? Samuel ne prolongea pas le contact physique pour le moment, ne désirant pas qu’elle se sente davantage mal.


« Ce n’est pas mon intention. Je veux juste t’aider. »

Il se doutait bien que ses paroles n’auraient que peu de poids et d’impact mais il n’allait pas rester là sans rien faire ou sans rien dire. Elle ne le croirait sans doute pas, surtout après ce qu’il venait de lui arriver mais Samuel était sincère et il comptait bien le lui prouver. Samuel se voulait rassurant, confirmant que son agression était arrivée à son terme. La façon dont elle le regarda laissait penser qu’elle ne le croyait pas. Le pensait-elle être son agresseur final ? Celui qui terminerait le travail ?

Comme si c’était une fatalité, elle se tourna alors sur le dos, n’opposant plus aucune résistance. C’était comme si elle s’offrait à lui sur un plateau, résignée. Samuel se pencha alors davantage vers elle mais pour la soulever en douceur. La prenant dans ses bras, il se redressa en lui offrant un sourire. Elle était légère comme une plume, il n’avait même pas l’impression de tenir quelqu’un. Samuel lui assura ses bonnes intentions même s’il se doutait qu’elle ne le croirait pas tout de suite puis il se présenta. La jeune femme finit par en faire de même et Samuel voyait là un signe que les choses allaient dans le bon sens.


« Enchanté Maëlynn. J’aurais préféré te rencontrer dans d’autres circonstances... »

Samuel continuait sa route mais bientôt, il se stoppa. Maëlynn tirait sur sa veste et lui demanda de la poser à terre. Voulait-elle partir de son côté, croyant qu’il lui voulait encore du mal ? L’espagnol se voyait mal la forcer à le suivre jusqu’à chez lui et il ne voulait pas non plus la contraindre à rester dans ses bras. Se baissant, il s’exécuta donc, la déposant en douceur sur ses pieds. Elle n’avait pas l’air très stable et manqua de tomber, s’accrochant à son bras. Samuel la laissa faire, raidissant légèrement son bras pour qu’elle ait un appui fiable. Finalement, elle leva son regard vers lui et il put admirer ses yeux. Ils étaient d’une belle couleur mais ils semblaient vides, éteints. Pire encore, on pouvait y lire dedans un certain désespoir. Cette fille n’avait sans doute pas été agressée que cette soirée. Sa vie n’était assurément pas rose…

Puis, comme ça, sans prévenir, Maëlynn se remit à pleurer, serrant légèrement le bras du mutant. Ses larmes coulaient de plus en plus, à moins qu’il ne s’agisse de la pluie. Mais elle ne détacha pas son regard du sien, s’accrochant de plus en plus à lui. Alors, elle avoua ne pas avoir voulu les tuer. Elle parlait forcément des deux types que Samuel avait trouvé et qui n’allaient pas tarder à disparaître pour de bon. Cela prouvait donc deux choses à l’espagnol : elle était donc bel et bien mutante et elle ne maitrisait pas son don. C’était le lot de nombreux mutants, difficile de lui en vouloir. Savait-elle ce qu’elle était au moins ? Là, il en doutait franchement aux vues des événements. Elle n’avait au final fait que se défendre. Non, au final, c’était son pouvoir qui l’avait défendue.


« Je sais, Maëlynn, je sais. »

Des mutants qui avaient tué sans le vouloir, Samuel en avait rencontré plein. Le jour où son propre pouvoir s’était réveillé, lui aussi, il avait tué des gens. D’abord involontairement puis de son propre chef. Mais le plus important était qu’il ne fallait pas que Maëlynn devienne l’esclave de son pouvoir, qu’il la contrôle et se serve d’elle pour exister sans son autorisation. Elle avait besoin d’une bonne discussion sur le sujet mais le mutant préférait d’abord la mener à l’abri chez lui. Ils seraient plus à l’aise pour parler.

Samuel voulu faire un geste vers la jeune femme mais la pluie se stoppa net pendant qu’elle pleurait, sa main couvrant sa bouche. C’était comme si le temps s’était arrêté. Pourtant, l’espagnol pouvait encore bouger. C’était juste la pluie qui s’était figée, stoppée dans sa course folle vers le sol. Puis finalement, elle sembla fusionner, les gouttes se rassemblant les unes avec les autres. Samuel ne savait pas trop si c’était bon signe ou pas et pas réflexe, il fit de nouveau apparaître son aura, pour se protéger au cas où. Mais la pluie ne semblait pas le prendre pour cible. A la place, elle forma une sorte de bouclier autour d’eux, comme un cocon aqueux. Samuel ouvrit des yeux surpris et annula aussitôt son aura. Levant sa main libre, il effleura cette surface d’eau si étrange. Aucun doute qu’il s’agissait de l’œuvre de Maëlynn. De l’hydrokinésie ? C’était très probablement ça.

Puis finalement, la jeune femme lâcha son bras et toute l’eau accumulée tomba d’un coup sur eux, telle une douche froide alors que la pluie se remit à tomber. Samuel était surpris. Maëlynn s’excusait. Soudainement, il se mit à rire de bon cœur suite à cette mésaventure. Ce n’était que de l’eau, elle n’avait rien fait de mal. Stoppant son rire, il sourit alors à la jeune femme.


« Ne le soit pas, c’était plutôt impressionnant. Et puis comme ça je suis bien propre au moins. Il fallait le dire si tu trouvais que je sentais le chien mouillé ! »

Il lui fit un clin d’œil puis tendit la main vers elle, humble. Il ne voulait pas la forcer à venir avec lui mais il désirait qu’elle tente de le croire, que s’il lui avait voulu du mal il l’aurait déjà fait depuis longtemps. Il patienterait le temps qu’il fallait jusqu’à ce qu’elle accepte son aide.

« Viens Maëlynn. On a été assez mouillés comme ça. Je n’habite pas loin, juste quelques rues d’ici. Je t’expliquerais quelques petites choses et puis tu seras au chaud. Je te ramènerais chez toi ensuite. »

Une fois qu’elle eut mis sa main dans la sienne, Samuel la pressa doucement puis l’entraina avec lui. Bien qu’il pleuvait, il ne se pressait pas. Ils étaient déjà trempés de toute façon. Il laissait le temps à Maëlynn d’analyser son environnement, de ne pas craindre ce qui allait arriver. Devant son immeuble, Samuel lui ouvrit la porte du hall pour qu’elle entre la première. Il la suivit puis grimpa les escaliers jusqu’au troisième étage. Déverrouillant la porte de chez lui, il la fit entrer puis referma mais sans verrouiller. Aussitôt il se dirigea vers la salle de bain et attrapa une grande serviette épaisse toute chaude qui reposait jusqu’à présent sur le radiateur. Il revint près de Maëlynn et la déposa doucement sur ses épaules.


« Tiens. Fais comme chez toi, je vais préparer du café. Tu aimes ça ? »


Il la laissait se mettre à son aise, analyser ce qu’il y avait autour d’elle. Une fois le café lancé, il se rendit à sa chambre et fouilla son armoire. Quels vêtements pourraient lui aller vu sa taille si frêle ? Nul doute qu’elle nagerait dans ses vêtements. Il opta pour un short en coton épais et confortable ainsi qu’un sweat-shirt de la même matière. Au moins elle ne marcherait pas sur les jambes du pantalon… par contre les manches risquaient d’être trop longues. Prenant les vêtements, il les déposa sur le lit tandis qu’il prenait d’autres vêtements pour se changer lui. Il retira le tissu mouillé et le jeta dans une corbeille. Il s’en occuperait plus tard. Enfilant un nouveau pantalon en tissu, il attrapa une chemise qu’il enfila seulement sans la fermer encore puis récupéra les vêtements prévus pour Maëlynn. Il alla les déposer dans la salle de bain, sur un tabouret puis retourna au salon alors qu’il fermait sa chemise propre.

« Tu peux utiliser la salle de bain si tu veux te changer. Je t’ai mis des vêtements secs et propres. Bon ils ne sont pas à ta taille mais… ce sera toujours mieux que de rester toute mouillée. »

Passant à la cuisine, il remplit deux tasses avec le café chaud puis revint s’asseoir sur le canapé, tendant l’une des tasses à Maëlynn en passant. Il posa les yeux sur elle, espérant qu’elle finirait par ne plus trop se méfier de lui et de ses intentions. Pour l’heure, elle avait besoin de réponses et Samuel comptait bien les lui donner. Mais il attendait d’abord qu’elle agisse, qu’elle se mette à l’aise. Pas question de l’agresser avec des explications compliquées dès le départ…
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Sam 5 Oct 2013 - 1:27

Maëlynn aurait préféré ne pas le rencontrer. Elle aurait préféré être chez elle en ce moment, à se prélasser dans un bon bain chaud, à savourer une bière et une cigarette. Mais non, au lieu de ça, elle se gelait le cul sous la pluie en compagnie d'un homme qu'elle ne connaissait pas et dont elle ne savait pas ce qu'il lui voulait. La jeune demoiselle voulait partir, rentrer chez elle, mais dans un sens, elle ferait quoi chez elle ? Elle s'enfermerait dans l'appartement, se terrant dans son lit en pleurant. Pleurant sa foutue vie. Elle se demandait toujours pourquoi elle était en vie, pourquoi elle était sur terre. Elle n'était que l'esclave des gens qui la croisaient. Sûrement parce qu'elle ne se rebellait jamais. Et elle se disait qu'il en serait de même avec Samuel.

Après que le pouvoir de Maëlynn s'était à nouveau déclenché mais en créant un bouclier aquatique autour d'eux, Samuel fit une petite blague, qui ne fit pas rire la jeune mutante. En même temps, comment elle pouvait avoir le cœur à rire près la mésaventure qu'elle venait de vivre. En vérité, la, comme ça, en voyant que le jeune homme était capable de faire de l'humour, elle comprit qu'en vérité, il n'était pas capable de comprendre ce qu'elle subissait, ce qu'elle venait de subir. Il ne comprenait pas ce qu'elle pouvait ressentir ou de la façon dont elle pouvait se sentir. Elle se sentait sale, moche, elle avait envie de mourir et de disparaître. Elle se sentait souillée depuis bien des années pensant que son corps n'était rien d'autre qu'une terre d'accueil pour les hommes qui n'arrivaient pas à trouver une compagne pour satisfaire leur envie. C'était pas rare non plus dans le monde de la drogue de devoir écarter les cuisses pour avoir ce qu'on voulait.

Alors que la demoiselle songeait donc à rentrer chez elle, Samuel lui tendit la main, lui annonçant qu'il était qu'ils rentrent. Elle leva les yeux vers lui, se demandant s'il s'agissait d'un traquenard ou non. Mais quelque chose piqua sa curiosité. Il avait des choses à lui dire visiblement. Est ce qu'ils se connaissaient ? Maëlynn en doutait car elle n'avait pas le moindre contact avec qui que ce soit en dehors de sa tante. Baissant les yeux vers la main de Samuel, elle se disait qu'elle ne risquait pas grand chose à le suivre, à lui faire confiance ? Et puis au pire, elle perdrait la vie. Donc finalement, il lui rendrait service oui. Alors, timidement, elle glissa sa main dans la sienne et inspira profondément, hochant doucement la tête.

D'accord...

Contrairement à ce qu'elle aurait cru, Samuel la guida jusqu'à chez lui sans pour autant la presser. De toute façon, au point où ils en étaient, ça ne pouvait pas être pire. Maëlynn savait qu'elle allait finir malade après avoir passé autant de temps sous la pluie. Mais en arrivant dans le quartier, elle constata que ça n'avait vraiment rien à voir avec le sien. Vivant dans le Bronx, son quartier était souvent sujet à des guerres de gang et ce n'était pas rare de voire des voitures prendre feu, des magasins pillés ou encore des morts. C'était un peu le quotidien de la demoiselle mais au fond, qu'est ce qui pouvait être pire ? Il y avait sûrement pire.

Samuel s'arrêta devant un bâtiment et ouvrit la porte, invita la jeune mutante à entrer la première. Hésitante, elle pénétra finalement dans l'immeuble, retirant sa capuche. Elle sortit ses longs cheveux bruns pour les agiter légèrement. Elle avait les cheveux vraiment très long, tombant dans son dos, jusqu'à ses reins. Ils étaient très foncés, raides, dégradés sur le devant. Elle arrangea sa frange trop longue qui lui tombait devant les yeux, la poussant un peu sur le côté. Ils étaient trempés et gouttaient sur le sol, comme le reste de ses vêtements d'ailleurs. Attendant que Samuel la guide à son appartement, Maëlynn avait créé une flaque autour d'elle, sur le sol. Mais elle ne s'en préoccupa pas. Elle commençait à avoir froid et tremblait, frottant ses mains humides l'une contre l'autre. Samuel grimpa trois étages, suivit de près par Maëlynn. Elle était un peu contente de pouvoir enfin s'installer au chaud. Une fois arrivée dans l'appartement, elle resta plantée dans l'entrée, attendant sagement, très polie.

Alors que la jeune demoiselle observait un peu les lieux, se tordant le cou pour admirer l'appartement sans bouger de l'entrée, Samuel lui apporta une grande serviette épaisse -comme la crème- et la déposa sur ses épaules. Maëlynn s'entoura avec et regarda Samuel qui lui disait de faire comme chez elle. Alors, comme chez elle, elle retira ses chaussures et les rangea très soigneusement sur le tapis de l'entrée pour ne pas les laisser humidifier le sol. Maëlynn retira ensuite sa veste, dévoilant un simple débardeur qui démontrait réellement sa maigreur. Les côtes étaient apparentes et elle avait plus l'aspect d'une fille qui sortait d'une camp de concentration que d'une habitante d'une grande ville. Elle commença par essuyer ses longs cheveux, tremblant toujours. Sa peau était parcourut de frissons. Elle s'enroula dans la serviette chaude et éternua doucement, se voulant discrète. Samuel l'avait de nouveau laissé seule dans l'entrée avant de revenir enfin.

Maëlynn avait le droit d'utiliser sa salle de bain et il lui avait dit qu'il avait déposé des vêtements pour elle. Pour sur, s'ils étaient à lui, elle allait se perdre dedans.

Merci...

La jeune femme se dirigea vers la salle de bain et s'y enferma. Elle n'avait pas oublié son sac avec elle. Elle savait qu'elle allait être en manque dans peu de temps et ce n'était pas le moment de faire une crise devant un inconnu, elle s'était assez ridiculisée comme ça. Maëlynn ferma la porte à clé et s'installa sur le rebord de la baignoire, soupirant doucement. Elle attrapa son sac et fouilla dedans, trouvant un petit sachet qui possédait un petit caillou blanc de huit millimètres d'épaisseur. Maëlynn chercha quelque chose pour le poser et poussa les habits pour libérer la chaise, sortant le caillou pour le poser dessus. Elle prit son porte feuille et en tira une carte de fidélité qui ne lui servait à rien, elle n'était même pas elle. Elle coup le petit caillou en deux, rangeant une moitié dans le sachet. Puis elle coupa l'autre moitié en deux et rangeant encore la moitié dans le sachet. Elle écrasa alors le quart et le scinda en deux lignes parfaite. Maëlynn attrapa un billet d'un dollar et le roula pour pouvoir sniffer les deux lignes. Relevant la tête en inspirant fortement, Maëlynn frotta son nez pour ne laisser aucune trace de cocaïne. Elle poussa un léger soupir et finit par se relever. Elle ramassa les affaires qu'elle avait mise sur le sol et essuya la chaise avant de les poser dessus. Maëlynn se tourna alors vers le lavabo et alluma l'eau, vérifiant la température avant de se pencher pour mouiller son visage glacé. Elle se redressa et contempla son reflet dans le miroir. La jeune femme ne supportait pas de se voir. Elle se trouve vraiment très laide comme fille. Pâle, maigre, terne. La drogue n'aidait pas. Pourtant elle mangeait à sa faim mais rien n'y faisait. Détournant son regard de son immonde reflet, la demoiselle retira ses vêtements pour se retrouver simplement en shorty en dentelle noire. Si encore elle avait un joli corps. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas le moment d'épiloguer sur le fait que l'on voyait les os de ses hanches, ses côtés et bien d'autres. Sans parler de la petitesse de sa poitrine. Oui, c'est sur, Maëlynn n'était pas la fille la plus attirante du monde, loin de là d'ailleurs. C'était peut être sa frêle silhouette qui la rendait trop vulnérable et donc sujette aux agressions.

Passant une main sur son visage épuisé, Maëlynn attrapa le sweet et l'enfila. Effectivement, il était bien trop grand pour elle. Les manches masquaient totalement ses bras, si bien qu'elle dut les replier plusieurs fois pour pouvoir se servir de ses mains dans être gênée, et il lui arrivait juste au niveau des genoux. Maëlynn prit le short et l'observa, finissant par le replier. Avant de sortir de la salle de bain, Maëlynn pendit ses habits sur le radiateur. Puis elle conserva le short contre elle et rejoignit alors Samuel dans le salon. En arrivant, le jeune homme lui tendit une tasse de... café ? Maëlynn contempla le liquide foncé, perplexe. Il avait du lui demander si elle en voulait mais la demoiselle avait été trop concentrée sur autre chose et n'avait pas du entendre la question. Se sentant soudainement un peu stupide de ne pas avoir été plus attentive, Maëlynn n'avoua rien. Elle se contenta de rester debout, tenant sa tasse entre ses mains. Voyant que Samuel attendait quelque chose, peut être qu'elle goûte son café, Maëlynn le fixa puis leva la tasse à ses lèvres pour goûter. Ne se retenant pas, Maëlynn  afficha une grimace de dégoût. Elle éloigna rapidement la tasse de son visage et mit un petit  moment avant d'avouer à mi voix.

Désolée... Je n'aime pas ça... Je n'ai jamais aimé ça... Euh... J'ai... J'ai pas du vous entendre si vous m'avez demandé si j'en voulais... Euh... Je... Excusez moi...

Elle s'avança vers la table basse et déposa la tasse dessus. Elle se sentait réellement stupide là. Maëlynn s'installa sur le canapé, remontant ses jambes contre elle en tirant le sweet par dessus. Elle ne risquait même pas de le déformer tant elle était perdue dedans. D'ailleurs, il fallait la surveiller parce que le sweet menaçait légèrement de la manger là. Timidement, elle pinça les lèvres.

Euh... Je... J'aimerais un chocolat si possible... Sinon... De l'eau suffira...

Et maintenant ? Maintenant, Maëlynn attendait sagement que Samuel lui annonce ce qu'il avait à dire. Mais finalement, elle ne resta pas silencieuse longtemps, levant son regard vers lui. Ses yeux étaient emplis de larmes, comme si elle allait se remettre à pleurer. Et sa voix était tremblante, elle avait peur, ça se voyait, mais elle avait besoin de parler, de se confier, d'avouer ce qu'elle avait sur le cœur. Elle avait passé sous silence pendant trop longtemps ses craintes, ses doutes. Elle ne savait pas si lui était capable de l'aider mais elle tenterait, il était temps que Maëlynn sache.

Est ce que je suis anormale ? Est ce que je vais aller en prison ? Est ce que je suis folle ? Pourquoi ça m'arrive ? C'est une maladie ?

Sa petite mine effrayée lui donnait un air de petit animal malheureux. Elle renifla doucement alors que les larmes roulaient sur ses joues. Elle ne fondait pas en larmes, elle avait simplement besoin d'évacuer.
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Sam 5 Oct 2013 - 12:58


Il était toujours difficile de se mettre à la place d’une autre personne, surtout lorsque l’on avait pas vécu les mêmes choses que lui. Qui pourrait comprendre Samuel et sa haine des humains ? Assurément un autre mutant qui avait vécu une situation similaire. Mais qui pourrait comprendre Maëlynn et l’appréhension qui l’habitait ? Etant arrivé un peu tard, Samuel n’avait pas vu ce qu’il s’était passé et ignorait donc ce que les deux hommes avaient pu faire à la jeune femme. Lorsqu’il la vit tirer sur ses vêtements comme pour se protéger, il supposa facilement la nature de l’agression et cela le rendit plus en colère encore. Si les deux hommes n’étaient pas morts, il le leur aurait fait payer trop cher, assurément. Mais ils avaient eu ce qu’ils méritaient, Maëlynn ayant été leur bourreau. Victime, juge et bourreau. Des rôles pas forcément faciles à tenir, surtout lorsque  tout ça était involontaire. Samuel ne doutait pas du tout de la bonne foi de la mutante lorsqu’elle disait ne pas avoir voulu tout ça. Tout ça ne faisait que l’enfoncer davantage sans aucun doute. Elle avait besoin d’être rassurée.

Mais surtout, elle n’avait pas besoin d’être enfoncée encore et encore. Samuel savait que s’il la plaignait, elle ne ferait que creuser encore plus profondément, restant ainsi au stade de victime. Ca, il ne le fallait surtout pas. Il fallait qu’elle évacue, qu’elle mette un nom, des mots sur cette souffrance, oui. Mais il était inutile de se comporter avec elle comme si elle était la personne la plus malheureuse de la Terre et que personne n’y pouvait rien. L’espagnol ne la connaissait pas, ignorait son passé… mais il savait qu’elle avait besoin de passer à autre chose et d’oublier cette douloureuse soirée. Ainsi, il préféra faire un peu d’humour afin de détendre l’atmosphère. Maëlynn ne riait pas. Mais ça, il s’en serait douté. Quelle personne normalement constituée rigolerait après tout ça ? Mais Samuel ne désespérait pas. C’était sa façon d’ajouter un peu de légèreté à la situation.

Il n’insista pas cependant et proposa à Maëlynn de venir avec lui. Il ne fallait pas qu’elle reste toute seule, surtout ce soir. La main tendue vers elle, il espérait qu’elle s’en saisisse mais il redoutait qu’elle préfère éviter d’avoir de la compagnie après ce qui venait de lui arriver ? Samuel essayait de la mettre en confiance, de lui faire comprendre qu’il ne lui ferait aucun mal. Mais comment pouvait-elle le croire ? Il n’avait que sa bonne foi pour lui prouver tout ça.. et c’était bien peu. Malgré tout, elle finit par mettre sa main dans la sienne, acceptant ainsi de le suivre. Samuel lui sourit puis l’entraina jusqu’à chez lui à son rythme, ne désirant pas qu’elle se fasse des idées.

Une fois au chaud et à l’abri, ils purent se mettre à l’aise. Enfin, Samuel put car Maëlynn semblait bloquée à l’entrée comme si une barrière invisible l’empêchait d’aller plus loin. L’espagnol ne la poussa pas à s’avancer, la laissant apprivoiser les lieux à sa façon, avec le temps qu’il fallait. Il fallait être aveugle pour voir qu’elle tremblait de froid. La douche pluviale qu’ils avaient pris n’aidait pas à se réchauffer. Ainsi, Samuel apporta aussitôt une serviette chaude à Maëlynn afin qu’elle se réchauffe et se sèche un peu. Il en profita pour l’observer alors qu’elle retirait bottes et vestes. Là, à la lumière de son appartement, il pouvait enfin voir à quoi elle ressemblait. Elle était tellement maigre que ça en faisait presque peur. Mangeait-elle à sa fin ? Samuel se disait que s’il la serrait dans ses bras, il la briserait en deux  ou bien qu’elle s’effriterait comme une feuille morte qui avait séché au soleil. Cependant, si on s’attardait à son visage, elle était plutôt jolie. Beaucoup trop maigre, pas de formes, mais jolie. Enfin, elle l’aurait réellement été si elle n’avait pas l’expression de quelqu’un qui était déjà mort. Ses traits était tirés, son regard terne… On peinait à croire qu’elle était encore en vie. Elle ne faisait cependant pas pitié à Samuel même s’il se disait qu’elle ne prenait clairement pas soin d’elle. Enfin, cela ne le regardait pas et il ne l’avait pas emmenée là pour la juger. Elle était trempée, il lui fallait des vêtements.

Il alla donc lui en chercher, trop grands et trop longs mais qu’y pouvait-il s’il était bien plus grand et large qu’elle ? Il en profita pour se changer puis les déposa dans la salle de bain et l’invita à y aller, à faire comme chez elle. Maëlynn n’hésita pas et se rendit dans la pièce d’eau. L’espagnol profita de son absence pour regarder où en était le café qu’il avait préparé. Ouvrant le frigo, il inspecta ce qu’il lui restait afin de savoir s’il pouvait lui préparer quoique ce soit si elle avait faim. Comme d’habitude, le frigo était plutôt bien rempli. Même si Samuel ne roulait pas sur l’or, il aimait manger et cuisiner et son frigo était bien le seul meuble toujours rempli.

Le café ayant terminé de couler, Samuel en remplit deux tasses et attendit que Maëlynn sorte de la salle de bain. Aussitôt fait, il lui tendit une tasse même si au final, elle ne lui avait pas dit qu’elle en voulait. Peut-être était-elle trop timide pour accepter. Mais elle s’empara tout de même de la tasse même si elle n’avait pas l’air emballée. Samuel alla s’asseoir sur le canapé et leva ses yeux vers elle. La jeune femme but une gorgée et fit une grimace qui parlait d’elle-même. Perplexe, l’espagnol goûta son propre café. Il était bon pourtant… Maëlynn expliqua alors qu’elle n’aimait pas ça, s’excusant. Tout s’expliquait. Elle n’avait sans doute pas entendu sa demande, un peu plus tôt.


« Ce n’est pas grave, ça en fera plus pour moi ! Je peux te faire autre chose, il n’y a pas de problème. »

Cette fois au moins, elle lui demandait quelque chose. Rien d’exigeant, on aurait même dit qu’elle pensait abuser vu la façon dont elle demandait ça. Assise sur le canapé, Samuel pouvait constater à quel point ses vêtements étaient trop grands pour elle. Mais au moins elle était bien emmitouflée dedans. L’espagnol but une gorgée puis reposa sa tasse à côté de l’autre.

« Je te ramène ça tout de suite. Tu veux quelque chose à manger ? J’ai des biscuits… mais si tu vraiment faim, je peux te préparer quelque chose. J’adore cuisiner alors ne te prive pas surtout. »

Il tendit la main vers la télécommande posée sur la petite table puis alluma la télé. Pas trop fort, juste assez pour faire un bruit de fond mais que l’on comprenne également ce qui était dit. Ainsi, il ne laissait pas Maëlynn toute seule dans le silence. Il déposa la télécommande devant elle puis se leva pour se rendre à la cuisine. Ouvrant un placard, il prit de quoi faire un chocolat chaud et remplit également un verre d’eau fraiche. Ainsi, elle avait le choix et pouvait même prendre les deux si elle le désirait. Il ne tarda pas à lui ramener le tout, le déposant sur la table. Plutôt que de s’asseoir dans le fauteuil, à une certaine distance d’elle, il préféra s’asseoir sur le canapé. Pas collé à elle mais pas à trois mètres non plus. Cela ne servait à rien de créer une barrière entre eux mais il ne voulait pas non plus la mettre mal à l’aise.

Mais avant qu’il ait pu dire quoique ce soit, il fut stopper par Maëlynn. Ou plutôt par l’expression de son visage. Tout en elle trahissait une profonde souffrance, un mal-être visible qui semblait la briser. Elle ne pleurait pas mais c’était tout comme vu comme ses yeux étaient brouillés de larmes. Enfin, elle lui posa les questions qui semblaient lui brûler les lèvres. Elle se croyait anormale… folle… pire encore : malade. Ca, Samuel ne voulait pas l’entendre de la bouche d’un mutant. Mais il ne pouvait pas lui reprocher de le penser, surtout après tout ça.

Doucement, Samuel secoua la tête pour marquer la négation. Il attendit qu’elle se calme un peu puis prit la parole à son tour, la regardant dans les yeux.


« Tu n’es rien de tout ça Maëlynn et je t’assure que tu n’iras pas en prison, je m’en suis assuré. » fit-il avec un sourire « Tu es bien mieux que tout ça. Tu es un être exceptionnel, c’est juste que tu ne le savais pas encore. Ce que tu fais avec l’eau… aucun humain ne saurait le faire. Même si tu ne contrôles pas vraiment ce qui arrive, l’eau est ton alliée, elle te protège. C’est elle qui a tué ces deux hommes et non toi. C’est elle qui réagit en fonction de toi, parce qu’elle est une partie de toi. Tu n’es pas humaine, Maëlynn, tu es une mutante, comme moi. »

Plutôt que de la noyer d’informations tout de suite, il préféra prendre son temps. S’emparant de sa tasse de café, il but quelques gorgées et la conserva en mains. C’était difficile d’expliquer toutes ces choses à quelqu’un qui ne savait rien. Mais encore une fois, Samuel avait l’habitude et était des plus patients.

« Tu sais sans doute que l’on descend du singe. Et bien l’homme n’est pas le dernier stade de l’évolution. Il y a nous. Nous ressemblons à des humains mais nous avons un petit plus. Un gros plus en fait. Nous sommes capables de choses extraordinaires, impossible à réaliser pour le commun des mortels. Commander à l’eau… c’est incroyable. Dans les mythes des hommes, seuls les dieux en sont capables. Alors oui, tu ne le contrôles pas, je sais. Mais c’est normal Maëlynn. Personne ne t’a appris, tu étais seule, dans l’ignorance. Mais ça c’est une époque révolue. Tu n’es pas toute seule, nous sommes nombreux à être comme toi. Mais nous nous cachons parmi les humains, pour le moment. »

Il s’arrêta là pour le moment, attendant qu’elle assimile tout ce qu’il venait de lui révéler. Elle avait sans doute plein de questions et il se préparait à y répondre. Même s’il s’évertuait à rester neutre, il ne pouvait s’empêcher de placer les mutants en haut de la chaine alimentaire, en haut de l’évolution. C’était la vérité après tout, non ?
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Dim 6 Oct 2013 - 15:18

Maëlynn ne se serait vraiment pas douter que, dans son monde, il existait des personnes capable de gentillesse. Elle détailla un instant Samuel qui faisait le chocolat chaud. Elle se sentait soudainement mal à l'aise. Normalement c'était son rôle de faire les choses. Elle n'était pas du genre à être la fille chouchouté et qu'on servait. Elle n'avait pas pris cette habitude. Maëlynn poussa un léger soupire en détournant son regard. Depuis quand on ne s'était pas occupée d'elle ? Depuis quand ? Ses souvenirs qui s'effaçaient peu à peu lui donnait la sensation de mourir à petit feu. Maëlynn avait parfois des trous de mémoires qu'elle parvenait finalement à se rappeler avec de vieilles photos.

Il n'y a qu'une chose qu'elle n'oublierait jamais. Une seule chose qui la hantait, qui hantait ses nuits, ses journées. Il était toujours là, présent quelque part. Elle savait que son regard se posait sur elle au moindre geste qu'elle faisait. Même si, médicalement, il était mort, pour Maëlynn il était toujours là, il était tapis dans l'ombre, attendant patiemment de lui sauter dessus. Elle frissonna rien qu'à l'idée, qu'un jour, elle sentirait de nouveau ses lèvres sur sa peau, ses mains sur son corps. Elle ne voulait plus entendre sa voix lui murmurer qu'elle était sa chose, qu'elle n'était qu'une traînée et que de toute manière, elle n'était bonne qu'à se faire baiser. Il l'avait traiter comme une esclave durant des années que Maëlynn ne savait même pas comment elle avait fait pour survivre tout ce temps. Même sa mère n'avait pas été d'une grande aide dans l'histoire. Elle était présente dans la vie familiale mais elle ne voyait même pas que sa fille allait mal. Et lorsqu'elle présentait des hématomes -elle devait toujours mentir pour éviter qu'on lui pose trop de questions- elle ne s'en préoccupait pas, lui disant qu'elle n'était qu'une pauvre maladroite et qu'elle ne réussirait jamais dans la vie.

Mais Maëlynn voulait leur prouver le contraire. Parce que malgré tout, elle arrivait encore à aimer sa mère. Enfin, aimer était un mot bien vaste pour dire ce qu'elle ressentait. De la gratitude pour l'avoir mise au monde ? Non, Maëlynn ne savait pas réellement ce qu'elle ressentait vis à vis de sa mère. Elle avait pleuré le jour de sa mort, mais après ? Après ? Après, Maëlynn avait repris le cours de sa vie comme s'il ne s'était rien passé. Que devait elle faire de toute manière ? Se morfondre ? Se suicider ? Être heureuse ? Non, elle n'en n'était pas capable de toute façon. Vivant chez une tante absente, Maëlynn avait décidé qu'il était temps pour elle de prendre un nouveau départ. Elle tentait de faire des économies pour aller vivre en France, se plongeant dans des études pour parfaire son français, et apprendre l'histoire de ce fabuleux pays. Elle voulait visiter pleins de pays en Europe : l’Angleterre, l'Allemagne, la Suisse, la Russie. Et bien d'autre encore. Peut être que là, Maëlynn parviendrait à avoir une vie meilleure, une vie moins dure avec elle. Mais pour avoir mal commencé dans la vie, la jeune fille s'en sortait pas trop mal. Elle avait une force d'esprit un peu impressionnante. Elle avait déjà essayé d'arrêter la drogue trois fois. Ce n'était pas par manque de volonté, mais ne trouvant pas d'échappatoire à ses cauchemars, ses angoisses, elle avait vite reprit. Ce qui lui fallait, c'était une vraie motivation.

Maëlynn fut tirée de ses pensées alors que Samuel revenait de la cuisine, déposant un chocolat chaud et un verre d'eau sur la table basse, devant elle. Elle regarda les deux récipients et manqua de sourire, trouvant ça assez amusant de voir qu'il lui avait servit les deux, comme s'il lui donnait le choix. Hochant doucement la tête, Maëlynn attrapa doucement le chocolat chaud et le garda entre ses mains pour se réchauffer.

Merci... Et non merci... Je n'ai pas faim... C'est gentil...

Nerveusement, elle tripota la tasse chaude, fixant le liquide fumant. Elle aimait bien sentir l'odeur du chocolat chaud. Mais soudain, toute une foule de question revint, au grand galop, dans son esprit. Lui rappelant ce qu'il s'était passé et lui faisant penser qu'elle était peut être malade. Samuel avait l'air de savoir quelque chose par rapport à son problème. Levant des yeux noyés de larmes vers lui, la jeune fille lui posa plusieurs questions à la suite. Elle craignait qu'il ne la prenne pour une folle. Mais pour l'heure, tout ce qu'elle reçu en réponse fut simplement un secouement de tête de la part de Samuel, comme pour lui signifier qu'elle avait tort. Intriguée de voir qu'il ne riait pas d'elle ou n'essayait pas de la draguer en se servant de sa faiblesse actuelle, Maëlynn se sentait de mieux en mieux au fil des longues minutes qu'elle passait avec lui. Reniflant légèrement alors qu'elle commençait à se calmer, Samuel prit enfin la parole.

Maëlynn l'écouta attentivement, haussant légèrement les sourcils en l'entendant. Comment pouvait il s'assurer qu'elle ne finisse pas en prison ? Avait il fait disparaître les corps ? Pourquoi il faisait tout ça pour elle sans rien lui demander en échange ? Enfin, pour le moment il n'avait encore rien demandé mais après... Est ce qu'il lui demanderait de l'argent ? Du sexe ? Des infos concernant des dealers ? Mais alors qu'elle s'amusait à imaginer un scénario loufoque, Samuel lui dit quelque chose qu'on ne lui avait encore jamais dite. Maëlynn sentit soudainement son cœur se gonfler, comme s'il ravivait doucement la petite lueur d'espoir qui sommeillait tranquillement en elle. Elle était un être exceptionnel ? Réellement ? Maëlynn pouvait être une personne exceptionnelle ? Samuel poursuivit sa petite explication. Il disait que ce qu'elle faisait avec l'eau c'était quelque chose qu'aucun humain ne pouvait faire. Alors pourquoi elle le pouvait elle ? Elle était humain aussi après tout non ?

Mais Samuel ne s'arrêtait pas à ça. Il poursuivit, lui disant que l'eau était son alliée. Son alliée ? Comment un élément pouvait être son allié ? Visiblement, Maëlynn avait loupé bien des choses en se renfermant sur elle même. Samuel se tut, comme s'il voulait lui laisser le temps de digérer les informations. Il avait employer un mot qui sonnait comme une sorte de mauvaise chose. Elle était une mutante, comme lui. Pinçant doucement les lèvres, Maëlynn se rendit compte alors que s'il disait la vérité, les méchants n'étaient pas ce que l'on pouvait penser. Elle n'avait rien fait pour attirer les deux hommes, elle ne leur avait pas fait de l'oeil ou quoi que ce soit pour qu'ils se jettent sur elle comme des prédateurs en mal de nourriture. Elle frissonna légèrement et leva la tasse pour la coller contre ses lèvres. Fermant les yeux, elle but quelques gorgées, savourant le liquide chaud. Elle recula doucement la tasse, se léchant les lèvres à la manière d'une petite fille, puis conserva la tasse contre elle. Elle prit alors un peu le temps d'analyser ce que venait de lui dire Samuel. Elle comprenait un peu mieux comment son beau père avait été tué. Mais elle ne prononça pas le moindre mot. Elle pouvait enfin mettre un nom sur son soit disant problème. Mais au final, elle n'avait aucun problème. Alors, elle leva son regard vers lui pour lui signifier qu'il pouvait continuer.

Samuel reprit donc la parole, lui avouant que ce que savait faire les mutants les plaçaient à la même place que les Dieux. Maëlynn haussa les sourcils. Les Dieux ? Réellement ? Elle détourna son regard et fronça les sourcils.

Alors je suis une bien piètre déesse...

Samuel lui fit comprendre que si l'eau était dépendante de ses émotions, c'est parce que personne ne lui avait jamais apprit à la contrôler. Mais en même temps, qui aurait pu le faire ? Qui aurait pu lui dire ce qu'elle était ? Ce n'était pas inscrit sur son front après tout. Maëlynn poussa un léger soupir et termina son chocolat. Elle reposa la tasse sur la table basse. Alors qu'elle voulut se remettre en place, le verre d'eau attira son attention. Elle ne voyait plus cet élément comme quelque chose de futile à présent. Elle avait la sensation qu'il l'appelait, qu'il lui parlait, qu'il était comme une partie d'elle même. Elle fixa le verre d'eau, finissant par dérouler ses jambes pour poser ses pieds sur le sol, prenant soin de ne rien montrer de son corps à Samuel. La jeune mutante attrapa doucement le verre d'eau, le tirant vers elle. Elle contemplait le liquide avec intérêt, comme si elle cherchait à le faire bouger ou autre chose. Mais en fait, Maëlynn se contentait simplement de l'admirer. Elle posa son index sur le verre, le caressant doucement.

Je suis née dans une cave, d'une mère droguée... J'ai été confiée à ma grand mère... Ma mère est partie en cure. Elle y a rencontré mon beau père...

Maëlynn parlait tellement doucement qu'il fallait presque tendre l'oreille pour l'entendre. Elle semblait perdue dans ses pensées et elle ne savait même pas pourquoi elle parlait de sa vie. Peut être parce qu'elle en avait besoin.

Ma grand mère est morte quand j'avais quatre ans et j'ai été confiée à ma mère et mon beau père. L'état devait sûrement penser qu'ils replongeraient pas... Mais finalement, c'était toujours les mêmes. Au début, c'était pas trop mal... Si je faisais tout ce qu'ils me demandaient, tout allait bien... Puis quand je suis devenue une adolescente, mon beau père n'a rien trouvé de mieux que de s'intéresser d'un peu plus près à mon corps...

Elle ne s'entendait pas sur le sujet, si Samuel n'était pas trop stupide, il devait bien comprendre de quoi elle parle. Elle soupira doucement. Se remémorer son beau père avait tendance à raviver sa colère, ses angoisses. Sans s'en rendre compte, Maëlynn déclenchait de nouveau son pouvoir. Mais contrairement à ce que l'on aurait pu croire, ce ne fut pas le verre d'eau qui en était la cible mais les canalisations de la cuisine. Ces dernières tremblaient légèrement, émettant de légers cliquetis. Maëlynn poussa un léger soupir.

Alors qu'un soir, il abusait une énième fois de moi, il n'eut rien de plus intelligent comme idée que de m'injecter une dose d'héroïne. Et après ça, chaque fois que j'étais en manque, il fallait que je me couche face à lui pour en avoir une dose... C'est le soir où il a tué ma mère que mon pouvoir s'est déclenché pour la première fois...

Maëlynn inspira profondément avant de se redresser, rompant le contact avec le verre. Elle n'entendait pas la tuyauterie s'affoler dans la cuisine. Elle serrait et desserrait nerveusement les poings, se remettant à pleurer, mais doucement, pas de grosses larmes, simplement de la rage qui sortait. Et plus elle parlait, plus l'eau dans les canalisations semblait s'affoler.

Et puis ce soir... J'avais rien demandé... Je comprend pas pourquoi ils s'en sont pris à moi. Je ne ressemble à rien, je suis maigre à faire peur, je ferais rougir de jalousie une anorexique ! Mais pourquoi ils ont voulu s'en prendre à moi ?!

À la fin de la phrase, une explosion brutale projeta de l'eau par l'entrée de la canalisation, dans l'évier. Maëlynn sursauta brusquement, tournant son visage, admirant le geyser aquatique qui finit par se calmer tout seul. Elle frissonna légèrement et se tourna vers Samuel, apeurée. De quoi avait elle peur ? Elle se recula légèrement, levant les mains devant elle comme si elle allait en prendre.

Je... Excusez moi... Je ne voulais pas... Je suis désolée !! Je vais nettoyer !!

Elle se leva prestement du canapé, manquant de tomber et se dirigea vers la cuisine. Elle se dépêchait comme si elle allait recevoir une violente correction si elle ne nettoyait pas tout. Maëlynn ne savait même pas avec quoi nettoyer tout ça. Alors, elle prit l'éponge et s'accroupit dur le sol pour commencer à éponger. Ca risquait de lui prendre du temps là.
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Dim 6 Oct 2013 - 21:38


Samuel était toujours un hôte attentionné. Lorsqu’il laissait des gens venir chez lui, il s’arrangeait toujours pour qu’ils ne manquent de rien et soient à leur aise. Cette fois, il s’agissait d’une jeune femme victime d’une agression, quelques minutes plus tôt. Bien qu’il ignorait ce qu’il s’était passé exactement, il voyait bien qu’elle était toute retournée, encore tendue par ce qui aurait pu lui arrivé si son pouvoir ne l’avait pas protégée. Mais là encore, elle semblait ne pas avoir conscience de ce don qu’elle possédait. Elle savait que c’était à cause d’elle que la pluie avait agi mais elle ne se rendait pas compte qu’elle pouvait la contrôler, la plier à sa volonté.

Mais il attendit patiemment de d’abord la mener au chaud et à l’abri avant de lui dévoiler quoique ce soit. Rien ne servait de la presser. De plus, il se doutait bien qu’elle aurait du mal à assimiler toutes les informations qu’il avait à lui donner. Quel âge avait-elle ? La vingtaine à peine sans doute. Difficile de lui donner un âge précis tant son corps ne semblait pas développé, maigre comme tout. Mais cela signifiait que pendant environ dix ans, elle avait été seule face à cette situation. Seule et ignorante. Quelle galère cela avait dû être de se demander ce qui lui arrivait sans cesse sans avoir la moindre réponse.

Mais pour le moment, Samuel faisait en sorte qu’elle ait tout ce dont elle avait besoin. A présent qu’elle était séchée et changée, il était temps de lui remplir l’estomac ou en tout cas de satisfaire sa soif. Un bon café était réconfortant et apaisant. En tout cas aux yeux de Samuel. C’était pour cette raison qu’il en avait préparé pour Maëlynn même si elle ne lui avait pas répondu. Et finalement, elle n’aimait pas ça, préférant autre chose à boire. Pas contrariant, l’espagnol lui avait donné les deux choses qu’elle avait cité. Ainsi, elle pouvait se servir comme elle le souhaitait. Il proposa alors de lui faire à manger mais la jeune femme disait ne pas avoir faim. Vu la maigreur de son corps, elle ne mangeait assurément pas beaucoup. Samuel n’insista pas mais il retourna tout de même en cuisine pour revenir enfin avec une assiette dans laquelle reposait de nombreux biscuits. Ainsi, si jamais elle avait finalement un petit creux, elle pouvait se servir. Il la déposa sur la table basse puis se servit, engloutissant un biscuit.


« N’hésites pas à te servir ou à me demander si jamais tu as besoin de quoique ce soit. »

Samuel décida de la laisser tranquille pour le moment. Si elle avait la sensation de l’avoir sur le dos, trop derrière elle, elle ne risquait pas de s’ouvrir un peu ni de se détendre. L’espagnol posa donc les yeux sur la télévision, attendant patiemment qu’elle se décide à lui poser les questions qui lui brûlaient sans doute les lèvres. Cela ne tarda pas à venir. Bouleversée, Maëlynn lui posa alors plusieurs questions, perdue par tout ce qui lui était arrivée. Les réponses, Samuel les avait et il comptait bien les lui donner.

Progressivement, il lui délivrait les informations. Rien de trop précis ou de trop technique pour débuter. Mais il voulait qu’elle cesse de se prendre pour un monstre ou une folle. Elle n’était rien de tout ça. Il la présenta alors comme il la voyait lui. Chaque mutant était un être exceptionnel même si tous n’avaient pas eu la même chance. Elle, elle ouvrait tout juste les yeux sur sa situation. Tout restait encore à changer et cela marquait le départ de son évolution. Mais Maëlynn ne se voyait pas comme une déesse vu la façon dont elle en parlait. Ce n’était pas plus mal. Cela lui éviterait d’éviter de devenir mégalomane comme certains mutants. Oui, ils étaient uniques et exceptionnels mais il fallait garder les yeux ouverts malgré tout et faire face à la réalité. Les hommes aimaient tenir tête aux dieux et les détruire et ce, depuis la nuit des temps.


« Parce que tu étais toute seule jusqu’à présent. Tu ignorais qui tu étais. Maintenant, les choses vont changer. »

Samuel détailla un peu plus la situation mais toujours sans trop en dire. Il s’attarda un peu sur son pouvoir lié à l’eau. Maëlynn avait l’air perplexe mais elle l’écoutait. Pourtant, elle ne tarda pas à se focaliser sur le verre d’eau et à bouger pour s’en emparer. L’espagnol se tût alors et la regarda faire. C’était comme si elle essayait d’apprivoiser cet élément, de se rapprocher de lui. Et Samuel ne voulait pas briser cette symbiose naissante. Finalement, la jeune femme reprit la parole mais pour dire quelque chose à laquelle le mutant ne s’attendait pas. Elle parlait de son passé.

Ses paroles étaient à peine audibles et Samuel dû tendre l’oreille pour tout comprendre. Ainsi donc sa mère était une droguée et ne s’était pas occupée d’elle ? Elle avait mal débuté dans la vie… Pauvre enfant qui n’avait rien demandé. Samuel repensa aux orphelins sur qui il avait veillé. Eux non plus n’avaient pas été accepté par leurs familles bien qu’ils n’avaient pas demandé à naitre. Mais la situation était un peu différente là. En fait, elle était pire… bien pire. Maëlynn continua son histoire, révélant alors les conditions dans lesquelles elle avait vécu. Elle n’eut pas besoin de préciser sa pensée pour que Samuel comprenne quel homme horrible était son beau père. Rien qu’à penser à ce qu’il avait pu lui faire lui donna un frisson et lui fit serrer les poings. Quelle ordure…

Un bruit attira cependant l’attention de Samuel. C’était comme si la tuyauterie devenait folle, s’agitant. Sur le coup, il ne tilta pas tout de suite, se disant que c’était juste l’eau du voisin qui s’écoulait un peu vite, rien de plus. Il reporta alors son attention sur Maëlynn qui continuait de parler. En peu de phrase, elle en révélait beaucoup. Entre les abus qu’elle subissait, la prise de drogue et la mort de sa mère, cette fille n’avait décidément pas eu de chance. Elle n’avait rien fait pour mériter une telle vie.

La tuyauterie s’affola de plus belle, plus violemment. Samuel réalisa alors en voyant Maëlynn pleurer qu’elle était en fait en train de laisser son pouvoir n’en faire qu’à sa guise. Toutefois, Samuel ne s’inquiéta pas de ce qui pouvait arriver à sa cuisine. L’important était le bienêtre de la jeune mutante. Pourtant pour le moment, elle allait tout sauf bien. C’était comme si elle évacuait d’un coup tout ce qui lui pesait sur le cœur. Samuel ne s’étonna pas de la voir se rabaisser et se dénigrer à ce point. A ses yeux, elle était sans doute une erreur. Samuel la laissa parler, attendant qu’elle évacue toute sa colère et sa frustration. Mais cela n’aida pas la tuyauterie à se calmer.

Une explosion d’eau se produisit, inondant en partie la cuisine. Maëlynn se mit alors à agir comme un criminel parfaitement conscient qu’il était coupable de crimes atroces. Elle s’excusa et se dirigea aussitôt vers la cuisine pour aller éponger l’eau qui s’y était répandue. A la voir faire, c’était comme si elle craignait que Samuel ne s’en prenne à elle si elle ne le faisait pas. Sans doute agissait-elle par réflexe à cause de son passé…

L’espagnol se leva à son tour et la rejoignit en cuisine. Il s’agenouilla près d’elle et posa doucement sa main sur la sienne pour qu’elle cesse ce qu’elle faisait et le regarde. Il ne prolongea pas le contact, conscient qu’elle n’apprécierait sans doute pas ça, surtout dans l’état de nerf dans lequel elle était. Il se mit à lui parler doucement, ne voulant pas la brusquer. Il voulait juste qu’elle l’écoute et qu’elle stoppe son nettoyage.


« Arrête Maëlynn. Ce n’est pas grave, je t’assure. Ce n’est qu’un peu de ferraille. Quant à l’eau, ne la voit pas comme quelque chose de nuisible. »

Il voulait tout d’abord qu’elle se calme, qu’elle réalise qu’il n’allait pas la punir ou s’en prendre à elle. Puisque l’eau était son élément, il estimait que c’était le bon moment pour faire un petit test. Certes, elle était trop nerveuse pour que cela donne un bon résultat mais il voulait tout de même tenter le coup. C’était comme ça qu’elle apprendrait, mais il fallait qu’elle se laisse le temps.

« Ne l’éponge pas comme si tu ne pouvais rien y faire. L’eau est ton élément, elle t’obéira. Tu es dépendante d’elle et elle est dépendante de toi. Tu le vois bien, elle a réagi à tes émotions tout comme tout à l’heure. Mais jamais elle ne te fera de mal. Cette eau, tu peux la renvoyer d’où elle vient sans même avoir à bouger le petit doigt. Bien sûr tu ne vas pas réussir tout de suite, il te faut un peu d’entrainement et surtout beaucoup de pratique. C’est toujours long et délicat mais tu peux le faire Maëlynn. Essaye de la faire se regrouper au même endroit. Ce sera déjà plus simple pour la faire disparaître ensuite. Focalise toi sur elle, calme toi et imagine la agir dans ton esprit. »

Finalement, le mutant se posa contre un meuble, assis dans l’eau. Il se moquait bien d’être mouillé, il se changerait encore une fois, il était chez lui de toute façon. Pour que Maëlynn sache qu’il  comprenne ce qu’elle ressentait et surtout pour qu’elle ne panique pas si elle n’arrivait à rien, il préféra lui parler de sa propre expérience. Elle ne se sentirait ainsi pas nulle ou incapable face à tout ça.

« Tu sais, je suis passé par là moi aussi. J’ai mis longtemps à me rendre compte de ce que j’étais. J’ai longtemps vécu avec de jeunes mutants tout en ignorant que j’en étais moi même un. Un jour, ils se sont fait tuer… et j’ai perdu complètement le contrôle de mon don. J’ai tué tous ceux qui leur avait fait du mal. Suite à ça je suis resté seul. J’ai mis de nombreuses années à réussir à maitriser ce don, parce que j’étais seul. Puis j’ai fini par rencontrer d’autres mutants. Beaucoup de mutants. Je te les présenterais si tu veux, nous sommes soudés. Eux, ils ne te rejetteront pas. Jamais. »
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Dim 13 Oct 2013 - 3:21

Maëlynn passait son temps à saccager les endroits où elle se trouvait. Si bien que ça en devenait lassant pour la jeune mutante. Ça devenait épuisant pour elle de toujours devoir faire attention. Elle ne savait rien contrôler. Ni son pouvoir, ni ses émotions. Au fond d'elle, la jeune femme savait parfaitement que c'était l'unique raison pour laquelle elle ne s'ouvrait pas au monde. Elle ne voulait pas avoir d'amis, elle ne voulait pas que l'on s'attache à elle. En tant que pauvre petite chose, Maëlynn attirait beaucoup les gens. Soit ils tentaient de l'aider, sans grand résultat, soit ils l'enfonçaient et ça les faisaient jubiler de voir une jeune fille sans défense souffrir sans broncher. Si pour certains, le passe temps favoris était le cinéma, la musique, l'art ou encore avoir moult partenaires, pour Maëlynn s'était d'attendre que la mort la prenne un jour et de pleurer. Elle ne savait rien faire d'autre, ni se battre, ni se défendre, ni avoir de la répartie. Elle n'avait rien pour elle, rien qui puisse attirer quelqu'un parce qu'elle était jolie ou intelligente ou bien encore parce qu'elle était passionnée par telle ou telle chose.

Depuis toute petite, Maëlynn savait qu'elle n'était qu'une âme qui servait de jouet à ceux qui découvraient qu'elle ne se rebellait pas. Muette sur sa souffrance, la petite demoiselle encaissait toujours sans broncher. Elle restait toujours ce jouet parfait que sa mère avait mis au monde, l'abandonnant au main du pire homme qu'il puisse exister sur terre. D'ailleurs, Maëlynn qu'à côté des hommes qui aimaient violer, l'enfer ne pouvait qu'en être plus doux et savoureux. Pourtant, dans le cœur de la jeune fille, gonflait des rêves secrets, des envies d'évasions, de voyages, d'amour et de douceur. Elle s'imaginait être la princesse de tel ou tel pays, savourant le bonheur d'être aimée, choyée et d'avoir tout ce qu'elle voulait. Elle voulait rire, savourer un lever ou un coucher de soleil, aimer et être aimée en retour. Mais rien de tout ça ne lui semblait accessible. Elle restait dans son quartier miteux, entourée de voisins tout aussi miteux que l'appartement crasseux dans lequel elle vivait, appartement qu'elle s'évertuait à entretenir pour le bonheur de sa Tante. Tante qui n'était jamais présente et n'avait pas conscience de la détresse de la pauvre enfant. Enfant qui au fur et à mesure des jours pensait réellement à se foutre en l'air. Elle ne savait tout bonnement pas comme s'y prendre. Même ça, elle serait capable de le rater. Overdose ? S'ouvrir les veines ? Pendaison ?

Tout ça lui semblait si horrible qu'elle n'avait pas le courage de sauter le pas. C'était peine perdue pour elle, elle errerait comme une âme abandonnée jusqu'à ce que la mort décide de venir la chercher. Et chaque jour, elle regrettait d'entendre son réveil sonner, à la même heure toujours. Toujours ce petit train train quotidien. Se lever, boire un verre de jus de pamplemousse, se faire un fixe, se laver, s'habiller, se coiffer, se maquiller, aller travailler, se faire un fixe, attendre la fin de la journée, rentrer chez soi, se faire un fixe, se vautrer dans le canapé, regarder la télé, se faire un fixe et enfin, aller se coucher pour recommencer encore le lendemain. Et fumer, fumer, fumer, fumer sans jamais se remplir le ventre, sans jamais changer ses petites habitudes qu'elle commençait à détester.

Mais quand ? Où ? Comment Maëlynn aurait pu se douter de ce qui ce passerait ce soir là ? Comment elle aurait pu savoir qu'un jour, quelqu'un lui tendrait la main et que par dépite, elle accepterait de s'ouvrir ? Qui aurait pu prédire la rencontre qui ne semblait pas anodine pour Maëlynn ? Personne n'aurait jamais osé qu'un homme tel que Samuel pourrait s'intéresser à Maëlynn. Il était logique pour elle qu'on la laisse dans son coin, qu'elle soit simplement abandonnée. D'ailleurs pourquoi Samuel ne l'avait pas fait ? Pourquoi il ne l'avait pas laissée crever dans le boue ? Maëlynn s'était posée énormément de questions. Mais contre toute attente, en les posant, elle n'obtint pas de moqueries ou de hurlements. Elle se pensait malade et Samuel lui démontra le contraire. Il mit un nom sur son problème, c'était tout simplement une mutante. Alors Maëlynn avait envie de lui poser des tonnes de questions. De savoir pourquoi elle en était une ? Comment pouvait contrôler quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Mais avant, elle avait besoin de s'expliquer, de lui dire, de lui avouer son passé. Peut être qu'en la comprenant, il arriverait à lui expliquer tout en détail pourquoi l'eau agissait ainsi en fonction de ses sentiments. Peut être qu'il l'aiderait à la contrôler, à lui faire apprendre à s'en faire une alliée et non une ennemie.

Mais alors que tout allait bien, Maëlynn fit encore exploser une catastrophe. Elle venait d'inonder la cuisine de son hôte et s'en voulait déjà. Elle entendait déjà les réprimandes arriver. Mais pour éviter tout conflit, Maëlynn se leva d'un bond pour aller éponger sa connerie, s'excusant platement auprès de Samuel, à la limite de se mettre à pleurer en le suppliant de ne pas la frapper. Mais alors qu'elle épongeait l'eau répandue autour d'elle, Samuel vint s'agenouiller près d'elle, posant sa main sur celle qui tenait l'éponge. Hoquetant légèrement alors que les larmes commençaient à rouler le long de ses joues, Maëlynn se stoppa net. Samuel prit alors la parole. Il parlait doucement et quelque part, ça avait quelque chose de rassurant de ne pas entendre hurler. Mais la demoiselle restait tout de même méfiante. Il voulait que Maëlynn ne voit pas l'eau comme quelque chose de nuisible. Mais pourtant, elle l'était là !

Mais j-...

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Samuel enchaîna. Il voulait qu'elle regroupe l'eau en un même endroit. Etait ce un test ? Un test que la demoiselle savait d'avance qu'elle allait rater. Lâchant l'éponge, Maëlynn se redressa lentement. Elle devait donc faire en sorte que cette eau devienne une partie d'elle même. Un peu comme une amie, plus peut être, une âme sœur. Quelque chose qui lui appartenait et ne répondait qu'à elle. Maëlynn fronça légèrement les sourcils, fixant toujours l'eau répandue au sol qui ne semblait pas bouger. Si elle ne répondait qu'à elle, Maëlynn devait faire en sorte qu'elle lui obéisse. Mais visiblement, il ne fallait pas qu'elle la considère comme une esclave mais plus comme une alliée. Maëlynn commençait à avoir des maux de tête avec tout ça. C'était d'un compliqué. Mais la jeune femme était déterminée. Aujourd'hui, en cette heure si tardive, dans un appartement qu'elle ne connaît pas, chez un homme qu'elle connaît à peine, Maëlynn décida de se prendre en main,. Il était grand temps que sa vie change ! Approuvant d'un hochement de la tête ferme et déterminé, Maëlynn serra son poing squelettique.

D'accord ! Je vais... essayer !

C'est alors qu'à la manière d'une petite fille prête à tout pour réussir ce qu'elle entreprenait, Maëlynn se mit en position pour apprendre à contrôler l'eau. On avait plutôt la sensation qu'elle allait se défendre ou qu'elle invoquait quelque chose. Levant les mains au dessus de l'eau, Maëlynn plissa les yeux avant de les fermer très fort, pinçant les lèvres. La tête qu'elle faisait était tellement comique que n'importe qui aurait rit en la voyant. Mais la jeune mutante se rendit rapidement compte qu'elle ne devait pas faire ça, déjà parce qu'elle était totalement ridicule mais parce qu'en plus, elle ne visualisait pas du tout son pouvoir.

Baissant doucement les mains pour reprendre une position droite, Maëlynn pinça doucement les lèvres, un peu contrariée. Comment pouvait voir quelque chose qu'elle ne connaissait pas ? Mais c'était peut être ça le défis à relever. Visualiser l'eau dans son corps pour mieux la contrôler. Si déjà elle commençait pas là, peut être qu'elle arriverait à faire quelque chose. Maëlynn ferma doucement les yeux et s'imagina en train de chercher la petite goutte qui représentait son pouvoir. Elle voulait que ce soit une goutte, après tout, elle contrôlait l'eau. Elle posa doucement une main sur son ventre et fouilla ardemment son corps jusqu'à ce qu'elle sursaute légèrement, ouvrant les yeux. Son autre main était légèrement levée et quelques gouttes d'eau étaient suspendues en l'air. Voyant ça, Maëlynn recula rapidement sa main. Les gouttes tombèrent dans la flaque. Se mordant la lèvre, elle ne se sentait pas en échec mais était contrariée d'avoir rompu ce fameux lien qui unissait le liquide et son esprit.

Samuel lui avait dit qu'elle avait besoin d'entraînement et Maëlynn sentait qu'elle pourrait arriver à ça. Pour une fois dans sa vie, elle ne se sentait pas en échec ou lamentable ou inutile. C'est alors que le jeune homme lui adressa la parole. Maëlynn posa son regard vers lui, dégageant son visage de ses longs cheveux. Il lui parlait de sa propre expérience et, dans un sens, Maëlynn se reconnu rapidement dans la découverte de son pouvoir. Mais ce fut la fin de son petit récit qui fit que Maëlynn se sentait soudainement mieux. Visiblement, ils n'étaient pas les seuls. Il connaissait d'autres mutants. Et... Eux... Ils ne la rejetteraient pas... Maëlynn sentit son cœur se gonfler d'espoir, abattant aussitôt la carapace qu'elle s'était forgée. Elle s'agenouilla dans l'eau, fixant toujours Samuel. Son regard était légèrement plus lumineux, un éclat de curiosité brillant au fond de ses prunelles bleu acier. Se mordant doucement la lèvre, Maëlynn eut un léger soubresaut, tendant une main vers lui. Elle était si... contente ? de savoir que d'autres comme elle existaient, de savoir qu'elle n'était pas une erreur de la nature, que l'eau suivit son mouvement, créant une petite vague qui alla s'écraser sur le bout du pied de Samuel. Maëlynn ne remarqua rien, son regard étant fixé sur Samuel.

Parle moi d'eux ! C'est quoi leur pouvoirs ? Est ce que... Est ce qu'ils sont gentils ? Est ce que je pourrais les voir un jour ? Et... Dis moi... Ils ne vont pas se moquer de moi parce que je ne me contrôle pas ?

La jeune fille ressemblait à une enfant qui découvrait le monde. Elle ne semblait pas timide à l'idée de rencontrer d'autres mutants, bien au contraire. Et, étrangement, elle n'avait pas peur qu'on se moque d'elle.

Mais alors qu'elle songeait à avoir enfin un peut être futur, elle baissa doucement les yeux, remarquant que l'eau était toujours là. Elle devait alors la renvoyer d'où elle venait. Levant de nouveau sa main au dessus de l'eau, Maëlynn se concentra. Qu'on ne s'y méprenne pas, Maëlynn était capable de faire plusieurs choses à la fois. Elle écoutait Samuel avec attention. La jeune femme n'était pas pressée de rencontrer les mutants ni de contrôler son pouvoir, mais elle voulait tellement que sa vie change qu'elle voulait tout faire en même temps. Mais finalement, elle savait qu'il fallait y aller étape par étape. Alors que ses petits doigts fins s'animèrent doucement, trois petites gouttes montèrent la rejoindre. Alors Maëlynn se concentra sur cette maigre récompense, tournant sa paume vers le haut pour accueillir les trois petites gouttes qui finir par n'en former qu'une. Elle avait la taille d'une bille et flottait au dessus de sa main. Maëlynn se mordit doucement la lèvre et, pour la toute première fois depuis seize ans, Maëlynn esquissa un petit sourire. C'était le sourire heureux d'une jeune fille qui se voyait pour la première fois. Une jeune fille qui se rendait compte qu'elle existait et qu'elle n'était pas simplement une âme perdue dans une enveloppe corporelle. Tendant lentement la main vers Samuel, elle posa un regard brillant de joie sur lui.

Reg-...

Mais elle n'eut pas le temps de termine sa phrase que la bille d'eau s'écrasa lourdement dans sa paume. Maëlynn eut l'air d'abord surprise et fit une petite moue boudeuse, contrariée. Elle pinça doucement les lèvres et finit par baisser la main pour recommencer.
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Dim 13 Oct 2013 - 11:47


Il existait de nombreuses sortes de mutants, tous étaient bien différents les uns des autres. N’étant pas encore découverts aux yeux du monde, il était donc difficile pour eux de comprendre ce qu’ils étaient sans personne pour leur tenir la main et les aider. Comment deviner par soi-même que l’on était un mutant ? Une personne qui possédait des gênes différents que les humains mais qui y ressemblaient en tous points ? Tous n’avaient pas cette chance mais la majorité des mutants ressemblaient à des humains. De plus, leur gêne X ne se réveillait généralement pas avant la puberté, il était donc difficile de comprendre ce changement soudain alors qu’auparavant, tout était normal. Mais et si la normalité à présent, c’était justement d’être un mutant ? Il y en aurait de plus en plus, ça, Samuel en était persuadé. Même si les humains comptaient faire la loi lorsqu’ils découvriraient tout ça, ils finiraient par être en sous nombre… Et la logique retrouverait donc sa place : les plus puissants seraient tout en haut de la chaine alimentaire…

Si l’espagnol avait plus ou moins su ce qu’il était grâce au groupe d’enfants mutants, il n’avait appris toutes ces choses qu’une fois en Amérique, après avoir rejoins la Confrérie. Avant, il ignorait tout de la provenance de ses pouvoirs, pensant même qu’il n’avait au final rien d’humain. Il avait fallu un drame pour que son don se réveille et il savait que la plupart des éveils de dons étaient dû à un choc. Maëlynn n’échappa pas à la règle. Elle confia que c’était même la première fois qu’elle avait tué quelqu’un, sans pour autant le dire tout haut. Samuel n’avait pas besoin qu’elle lui fasse un dessin, il avait bien deviné. Après toutes les horreurs qu’elle avait subi, ce n’était pas étonnant. Mais à présent, elle était tel un animal blessé, quelqu’un qui ne se connaissait pas et qui avait peur de ce qui lui arrivait. L’espagnol voulait y remédier, lui montrer qu’en plus d’être extraordinaire, elle était loin d’être seule dans son cas.

Mais les émotions de la jeune femme étaient trop vives pour que l’eau ne fasse pas des siennes. C’est sa cuisine qui en fit les frais, l’eau se répandant sur le sol. Pour Samuel, ce n’était rien. L’apprentissage des pouvoirs passait toujours par une étape de destruction ou de catastrophe. Ce n’était qu’une cuisine et un peu d’eau et il ne voyait pas où était le mal. Elle ne s’en était pas pris à lui alors tout allait bien non ? Visiblement pas aux yeux de Maëlynn. Elle s’était précipitée dans la cuisine pour tout éponger, paniquée, presque au bord des larmes. Agissait-elle ainsi parce qu’elle était frustrée de voir que son pouvoir agissait à sa guise ? Ou bien parce qu’elle craignait qu’il ne l’engueule pour avoir ruiné une partie de sa cuisine ?

Samuel ne tarda pas à la rejoindre, il ne voulait plus qu’elle s’enfonce toute seule en se croyant fautive. Compréhensif, il essaya de la rassurer, de lui expliquer qu’il n’y avait rien de grave. Il remarqua alors des larmes rouler le long de ses joues. Elle était vraiment à bout de nerfs, il fallait qu’elle se calme ou elle n’arriverait à rien. Mais Samuel était confiant. Il savait qu’avec les bons mots, il réussirait à lui redonner un minimum confiance en elle. Si ce n’était pas aujourd’hui, ce serait un autre jour. Mais il voulait tout d’abord qu’elle comprenne qu’il ne lui en voulait pas.

Sans lui laisser le temps de protester, il lui donna quelques conseils pour éponger rapidement. A vrai dire, il voulait qu’elle se serve de son don, qu’elle profite de la situation pour essayer de contrôler cette eau. Bien évidemment, elle n’allait pas y arriver en un claquement de doigts. Elle était débutante, novice, jamais auparavant elle n’avait dû essayer de contrôler cette eau, ignorant qu’elle pouvait avoir un quelconque contrôle sur elle. C’était donc une grande première et Samuel avait l’honneur d’y participer. Il lui donna quelques conseils, faisant de son mieux pour qu’elle comprenne comment apprivoiser le liquide transparent. Samuel n’était pas à sa place, il ignorait comment elle pouvait faire évoluer son don. Mais il savait que la première chose dont elle avait besoin, c’était de se calmer et de ne plus voir l’eau comme quelque chose de négatif.

Maëlynn hocha la tête, visiblement déterminée à agir autrement cette fois. L’espagnol lui sourit pour l’encourager, content de voir qu’elle se prenait en main et ne se laissait pas abattre. Il ne savait pas si elle allait réussir ou non mais il voulait voir comment elle se débrouillait. C’était en faisant des erreurs que l’on apprenait le plus, il le savait bien. Elle n’allait certainement pas maitriser l’eau en une soirée, loin de là. Mais essayer ne coûtait rien. Samuel resta donc silencieux, s’asseyant à même le sol, appuyé contre un meuble pour la regarder faire.

C’était assez curieux de voir la façon dont Maëlynn se plaçait pour essayer de communiquer avec l’eau. Elle agissait comme l’aurait fait un personnage imaginaire issu d’un conte pour enfants. Souvent, les magiciens étaient représentés de cette façon, agitant les bras dans tous les sens pour invoquer leurs pouvoirs. C’était parfaitement inutile mais Samuel se garda bien de dire quelque chose. Il voulait voir ce qu’elle allait faire, voir comment elle allait s’y prendre. Il ne voulait pas briser sa concentration en parlant . Les conseils, il les lui avait donnés. C’était à présent à elle de modifier son comportement en fonction des résultats.

Après plusieurs minutes à chercher comment agir, Maëlynn parvint finalement à faire agir l’eau. Il ne s’agissait que de quelques gouttes mais cette fois, elles obéissaient à sa volonté et non à ses émotions. C’était un très bon début ! Samuel s’abstint cependant de tout commentaire pour le moment, la laissant agir. Mais elle brisa d’elle-même ce lien qu’elle venait de créer, l’eau retombant au sol. Maëlynn semblait contrariée mais elle n’avait pas l’air d’abandonner pour autant.

Puisque sa concentration était brisée pour le moment, Samuel en profita pour lui en toucher un mot. Il ne parla pas de ce qui venait de se passer, il parlait de tout à fait autre chose. Il voulait lui faire part de sa propre expérience, lui expliquer que lui aussi était passé par cette étape, quelque part. Il voulait surtout lui dire que même si elle avait été seule longtemps, désormais, elle ne le serait plus jamais. Maëlynn rejoignit l’espagnol, s’agenouillant à côté de lui. Il put alors constater que son regard avait changé. Il n’était plus terne et vide, il était brillant et curieux. C’était comme si elle venait de se réveiller, de renaitre. Cela faisait plutôt plaisir à voir. Samuel se réjouissait de voir qu’il avait réussi à la toucher et que peut-être il lui permettait de toucher l’espoir du bout des doigts. Sa vie allait changer, il voulait qu’elle en prenne conscience et cela semblait fonctionner à merveille.

Alors qu’elle tendait une main vers lui, Samuel sentit l’eau s’écraser contre son pied nu. Il eut donc la preuve que ses émotions étaient bel et bien encore en train d’agiter son pouvoir. Mais cette fois, c’était positif. Il ne s’en formalisa donc pas. Doucement, il lui attrapa la main et déposa son autre par dessus d’une façon protectrice. Cela l’amusait de voir qu’elle se montrait toute curieuse, désirant en savoir plus sur les mutants. Elle posait plein de questions, comme l’aurait fait une enfant qui découvrait une nouvelle chose de la vie. Il pressa doucement sa main puis la libéra. Il était content de voir qu’elle le tutoyait enfin.


« Par où commencer… Des mutants, tu en as sans doute déjà rencontré un tas. Ils ressemblent à tout le monde, on se fond dans la masse. Leurs pouvoirs… ils sont tous bien différents. Dis toi qu’il existe autant de pouvoirs différents que de mutants dans le monde. Il y en a qui volent… qui passent à travers les murs… qui contrôlent aux éléments et même au temps qu’il fait… Il y en a qui lisent les pensées, d’autres qui déplacent les choses par la pensée… Tiens, je vais te dire quel est le mien. J’absorbe la douleur. Si moi ou quelqu’un ressent de la douleur physique, cela me fournit de l’énergie que j’accumule à l’intérieur de moi. Je peux ensuite m’en servir pour divers usages… Me protéger, me renforcer ou même projeter de l’énergie pure. Tu vois, il y a vraiment de tout ! On croit souvent que beaucoup de choses sont impossibles… mais rien n’est impossible pour les mutants. »

Maëlynn ne le regardait plus, elle fixait l’eau. Samuel supposa qu’elle voulait continuer d’essayer d’utiliser son pouvoir et il ne l’en empêcha pas. Qu’elle l’écoute ou non, il allait continuer de répondre à sa série de questions. Il l’observait faire mais ne changea son discours à aucun moment, ne l’encourageant pas, la laissant faire à sa guise.

« Après, les mutants sont tous différents d’un point de vue individuel. Je veux dire, ils ne sont pas tous « gentils ». Chacun à son caractère et on ne peut pas s’entendre avec tout le monde. Ils n’ont pas tous le même avis vis-à-vis de nos relations avec les humains. Mais une chose est sûre, tu es des nôtres et on ne t’abandonnera pas. On est unis malgré tout. La plupart des mutants sont réunis en petits groupes. J’appartiens à l’un d’eux même si je travaille pour plusieurs d’entre eux. Tu sais, il existe même une école pour apprendre aux jeunes mutants à contrôler leurs dons. Mais tous n’ont pas la chance de vivre parmi les humains. Certains doivent vivre cachés, sous terre, à cause de leur apparence. Personne ne se moquera de toi, Maëlynn, on est tous passés par là. Peut-être qu’ils te taquineront, mais personne ne te fera de mal. »

Il s’interrompit lorsque Maëlynn se tourna à nouveau vers lui en souriant. C’était la première fois qu’il la voyait sourire et ça avait quelque chose de réconfortant. Elle semblait à présent… vivante. Tandis qu’il parlait, elle avait réussi à contrôler quelques gouttes pour n’en former qu’une plus grosse et la manipuler quelques instants. C’était vite tombé à l’eau (hahahaha) mais c’était un bon début. Mais elle ne baissa pas les bras et chercha à recommencer sous le regard fier de Samuel qui voyait en elle une personne vraiment motivée.

« Tu apprends vite Maëlynn… Pour une débutante, c’est vraiment impressionnant. Ne cherche pas à aller trop vite, prends ton temps. On aura tout le temps qu’il faut pour t’entrainer, ça va venir rapidement je pense. Ecoute, voilà ce que je te propose. Ce soir, je t’héberge. Il est tard, il pleut, j’ignore où tu habites alors autant rester ici pour cette nuit, d’accord ? Demain je te ramènerais chez toi ou à ton travail si tu as un travail. Tu n’auras qu’à me dire, je t’emmènerais où tu veux. Et… quand tu en auras l’envie, je t’emmènerais voir les autres mutants. Tout ça, on le fera quand tu l’auras décidé. »

Tendant la main au dessus de sa tête, il tâtonna à la recherche d’un calepin et d’un crayon. Il savait qu’il trainait par là… Mettant la main dessus, il les attrapa et inscrivit son numéro de téléphone dessus avant de déchirer la feuille et de la tendre à Maëlynn.

« C’est mon numéro. Tu pourras me contacter quand tu le voudras comme ça. »
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Mar 15 Oct 2013 - 20:55

Lorsque Maëlynn était encore petite, elle pensait qu'elle n'était qu'une chose dont personne ne voulait. Alors que dans son école, les petites filles de sa classe venaient accompagnées de leur père et repartaient avec leur mère, ou inversement, Maëlynn était toujours toute seule. Elle devait se débrouiller pour se lever, s'habiller, manger, faire son sac et aller à l'école. Le midi, si elle avait de la chance, elle était inscrite à la cantine mais la plupart du temps, elle se cachait dans un coin de l'établissement pour qu'on l'oublie et attendait que l'école reprenne. Et le soir, elle devait rentrer, faire ses devoirs, mettre la table, se laver et se coucher toute seule, sans avoir le moindre bisou, le moindre câlin, ni même la moindre histoire pour s'endormir. Elle en avait récolté des torgnolles dans la figure pour être restée éveillée un peu plus tard pour lire un livre. Maëlynn savait que lire n'était pas quelque chose d'interdit et c'était régulièrement qu'elle se plongeait dans les livres pour éviter de voir que le monde était sinistre. Même si elle n'en avait pas l'air comme ça, Maëlynn était une fille très instruite qui s'est prise de passion très rapidement pour la France.

Si Maëlynn devait avoir un rêve, c'était celui de voyager, de partir d'Amérique pour rejoindre l'Europe. Elle voulait voir la France, peut être y vivre. Son français semblait parfait selon son professeur de langue. Maëlynn peinait à économiser. Elle étudiait beaucoup et travaillait peu. Elle n'avait qu'un petit contrat après tout. Sa vie n'était que de longues minutes à attendre que le temps file plus vite, que l'argent coule à flot et que l'avion l'emporte loin d'ici. Elle pensait que jamais rien ne changerait dans sa vie mais finalement, elle était peut être tombée sur une bonne personne cette fois.

Comment elle pouvait le savoir ? À la base, si Maëlynn avait suivit Samuel, c'était uniquement parce qu'elle se résignait. Elle était prête à se laisser faire quoi qu'il lui fasse. De toute manière, mourir de ça ou d'une overdose, qu'importe ? Le résultat serait le même. Avant de l'avoir rencontré, Maëlynn était déterminée à se laisser crever. Et Samuel aurait pu être son délivreur. Mais finalement, Samuel fut bien autre chose. En plus d'être gentil avec elle, il prenait le temps de lui expliquer les chose. Il était parvenu à lui faire comprendre qu'elle n'était pas malade ou folle ou encore anormale. Finalement, Maëlynn se rendait compte que l'eau agissait non seulement selon ses émotions mais aussi selon ses volontés. Oui, elle avait ardemment souhaité que son beau père crève pour tout ce qu'il lui avait fait. Tout comme les deux hommes. Ils n'avaient aucun droit sur son corps, personne n'avait de droit sur lui hormis elle même !

Samuel répondait à ses questions. Il semblait patient avec elle et de la patience il en fallait. Maëlynn n'avait jamais reçu aucune éducation d'un adulte. Tout le monde se foutait bien de savoir si elle était polie, gentille, souriante, si elle mangeait à sa faim, si elle dormait assez, si elle était malade et bien d'autre chose. En fait, tant qu'elle faisait les tâches ménagères et la bonniche de service, tout allait bien pour tout le monde. Sa tante, bien qu'elle soit gentille de l'héberger, n'avait jamais, jamais porté le moindre regard sur elle. Elle ne lui adressait pratiquement pas la parole. En vérité, elles n'appartenaient pas la même famille. Maëlynn savait que son beau père n'était pas son vrai père parce que sa mère lui avait dit, mais elle devait conserver le secret, pour leur survie à toutes les deux. La jeune fille avait gardé le secret. Mais lorsqu'ils sont morts, elle fut contrainte d'aller vivre avec la sœur de son beau père. Il l'avait reconnu comme étant sa fille donc, aux yeux de la loi, sa tante était l'unique héritière de ce fardeau. Maëlynn savait qu'au fond d'elle, elle gardait une haine profonde pour cette femme qui n'a jamais fait le moindre effort pour elle. Secouant doucement son visage comme pour chasser cette pensée, Maëlynn se laissa tomber dans la flaque. Elle songea un court instant à ce que Samuel lui avait dit à propos de l'école qui aidait les mutants. Mais Maëlynn n'avait pas envie de quitter son université, ni son appartement. Elle ne pouvait chambouler sa vie comme ça d'un coup.

Samuel lui avait expliqué son propre pouvoir. Il semblait bien sympathique son pouvoir à lui et Maëlynn aurait aimé qu'il le lui montre mais elle n'en demanda rien. Elle ne demandait jamais. La petite demoiselle, perdue dans son grand sweet, finit par reprendre son entraînement. Alors qu'elle tentait de nouveau de se concentrer sur son pouvoir, Samuel reprit la parole. Il parlait beaucoup et Maëlynn silencieuse du coup, elle ne voulait pas le couper dans ses explications. Visiblement, les mutants étaient bien plus du genre à être soudés entre eux qu'à se tirer dans les pattes. Dans un sens, ça rassurait la jeune fille. Au moins, elle ne se retrouverait pas toute seule cette fois. Maëlynn voulut lui montrer la bille d'eau mais cette dernière s'écrasa mollement dans sa paume. Loin d'être abattue, la jeune mutante recommença aussitôt. C'est alors que Samuel brisa totalement toute sa concentration.

Déjà, il la complimenta, renfermant totalement la jeune fille sur elle même. Jamais de sa vie elle n'avait reçu le moindre compliment en dehors de son professeur de français. Elle pinça doucement les lèvres et baissa timidement les yeux, fixant ses petits poings serrés sur ses cuisses.

Merci...

Mais ce n'était pas que ça qui avait brisé sa concentration. Samuel lui parlait déjà de la ramener chez elle et elle n'avait pas la moindre envie de rentrer. Surtout que le lendemain, elle n'avait pas cours et que donc, elle serait contrainte de s'ennuyer ferme chez elle. Et le soir, elle irait travailler, comme chaque soir. Cependant, loin de se montrer contrariante, la jeune fille hocha doucement la tête, ne répondant rien de plus. Elle n'avait rien à dire. Comment elle pourrait lui demander quoi que ce soit ? Samuel n'avait pas encore compris que Maëlynn était le genre de personne qui ne décidait de rien même si elle avait des envies. Et présentement, elle n'avait pas envie de rentrer chez elle. Ne plus jamais mettre les pieds dans cet affreux appartement et voir la tante ignorante. Elle se sentait soudainement comme de trop dans l'appartement de Samuel. Alors qu'il venait d'attraper un petit calepin et griffonna quelque chose dessus. Il arracha le morceau de papier pour le tendre à Maëlynn. Prenant le papier, la demoiselle posa son regard dessus. Il venait de lui donner son numéro de téléphone.

D'accord... Euh... J'espère... Ne pas t'apporter d'ennuis... Je ne sais pas si je te recontacterais...

Pas qu'elle ne voulait pas, bien au contraire, mais en fait, Maëlynn n'avait jamais appelé personne. En vérité, elle avait un vieux téléphone uniquement pour l'école et le travail. Sa tante ne l’appelait jamais. La jeune demoiselle alla déposer le papier sur la table basse et revint dans la cuisine, attrapant de quoi continuer à éponger l'eau répandue sur le sol. Elle nettoya la cuisine entièrement avec une rapidité incroyable, comme si elle avait toujours fait ça. Mais au fond, c'était un peu vrai, elle l'avait toujours fait.

Une fois la cuisine bien au sec, Maëlynn retourna s'asseoir timidement sur le canapé, voulant terminer son chocolat chaud. Puis, après avoir déposé la tasse vide, elle pinça doucement les lèvres agitant nerveusement ses doigts entres eux.

Hum... Je ne voudrais pas... abuser de ta gentillesse... Je... Je crois que je devrais rentrer...
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Mer 16 Oct 2013 - 12:30


Samuel était quelqu’un de très patient. Il aurait pu rester là toute la nuit à regarder Maëlynn essayer de faire ce qu’il lui avait demandé. Il ne la forçait pas mais il désirait vraiment qu’elle essaie, quitte à ne faire qu’échouer. Ainsi, elle verrait par elle-même que l’eau pouvait agir non seulement sur ses sentiments mais aussi et surtout sur sa volonté. Ce soir était le début d’un sacré changement de sa vie et l’espagnol voulait être là pour l’aider et l’informer.

L’informer c’était justement ce qu’il faisait le plus. Il lui racontait ce qu’il pouvait sur les mutants mais surtout, il répondait à ses questions. Comme toute personne découvrant de nouvelles choses, elle en avait plein. Cela ne l’étonnait pas, tous les mutants passaient par là, surtout ceux qui avaient été isolés. Mais elle, elle avait eu une vie bien particulière. Elle n’avait jamais vraiment été entourée et n’avait au final qu’était persécutée. Qu’est-ce que cela aurait donné si les mutants avaient été connus des humains et qu’elle aurait été connue comme l’un d’eux ? Cela aurait été encore pire, Samuel le savait bien. Par chance, elle ne s’était pas vraiment dévoilée plus tôt ou avait su rester discrète. Probablement parce qu’elle refoulait beaucoup ses sentiments. Mais comment continuer de le faire face à une agression ? Elle avait tué. Et après ? Samuel estimait qu’elle avait fait ce qu’il fallait.

Pas une seule fois de la soirée il ne la blâma. Pas pour ce qu’elle avait fait aux deux hommes, pas pour le faire d’avoir inondé sa cuisine et d’avoir abimé ses canalisations ni même pour le faire qu’elle ne parvenait pas correctement à utiliser son don. Comment lui reprocher une telle chose ? Elle débutait à peine ! Et s’il fallait dire quand les choses n’allaient pas, il fallait surtout les dire quand elles allaient. L’encouragement était l’une des meilleurs motivations.

Bien que l’espagnol eut attendu qu’elle ait terminé sa démonstration, il la coupa tout de même visiblement dans son élan lorsqu’il la complimenta. Elle semblait ne plus savoir comment réagir, comme si elle se sentait fautive de quelque chose. Elle le remercia mais ne semblait pas à l’aise, comme si au final il l’avait engueulé et non félicitée. Peut-être croyait-elle qu’il se moquait d’elle parce qu’au final elle n’avait pas si bien réussi que ça ? Pourtant, aux yeux du mutant, elle semblait progresser plutôt rapidement pour une débutante. Elle y mettait de la volonté et n’abandonnait pas facilement. Si elle avait stoppé, c’était entièrement sa faute à lui.


« C’est la vérité. C’est un bon début, tu verras que plus tu essaieras, plus tu y arriveras facilement. Tu vas échouer, c’est certain mais c’est normal dans tout apprentissage. Mais petit à petit, tu verras que ton contrôle va se renforcer. Je suis vraiment content de voir que tu as essayé… et réussi en partie ! Je dois t’avouer que je ne pensais pas que tu t’en sortirais aussi bien. C’est plutôt encourageant pour la suite, tu ne penses pas ? » fit-il avec un sourire sincère

Samuel ne connaissait Maëlynn que depuis quelques heures. C’était donc trop tôt pour parvenir à la cerner du premier coup. Mais du peu qu’il avait vu, elle était une jeune femme craintive et peu sûre d’elle. Rien d’étonnant après ce qu’elle avait vécu. Ne voulait rien lui imposer, il lui proposa donc de l’héberger puis de la ramener chez elle le lendemain. Elle n’était pas prisonnière ici et il avait bien vu qu’elle désirait rentrer chez elle à l’origine. C’était ce qu’elle lui avait demandé. Mais alors qu’il lui proposait ça, il remarqua qu’elle ne semblait pas tellement emballée par la proposition.

Peut-être que dormir ici la stressait. Après tout, elle ne savait pas tellement qui il était et craignait peut-être de dormir dans le même appartement qu’un homme. Après ce qu’elle avait vécu ce soir, cela n’aurait rien de surprenant. Il songea donc à une solution de secours. Mais quoiqu’il en était, il ne pensait pas la ramener avant le lendemain. Une fois qu’ils auraient chacun reprit le cours de leurs vies, mieux valait qu’ils gardent tout de même contact. Samuel comptait bien aider Maëlynn autant qu’il le pouvait sans pour autant empiéter sur sa vie. Il lui donna donc son numéro de téléphone, l’écrivant sur un bout de papier avant de le lui donner.

Elle le regarda sans grandes convictions, comme n’étant pas sûr de le vouloir. Elle accepta sans toutefois beaucoup de motivation, lui disant espérer ne pas lui attirer d’ennuis. Samuel haussa les sourcils. En quoi lui attirerait-elle des ennuis ? Là il ne voyait pas bien… Du coup, elle disait ne pas savoir si elle se servirait de son numéro. Ne comptait-elle pas le revoir ? Ne voulait-elle pas apprendre à devenir maitresse de son don ?


« Pourquoi m’apporterais-tu des ennuis ? Maëlynn, tu es une mutante, comme moi. Je veux t’aider, t’apprendre. Si tu ne me rappelles pas, ça va être plus compliqué de se revoir, tu ne crois pas ? » fit-il avec un sourire « Je t’apprendrais à contrôler ton don mais ça va prendre du temps. Pour ça, on a besoin de se voir. Tu n’en as pas envie ? Tu ne veux pas contrôler enfin ce qui t’arrive ? »

Finalement, Maëlynn se leva pour se débarrasser du papier puis revint à la cuisine tout éponger. Samuel la laissa faire, se disant que cela ne servait à rien de l’inciter à nouveau à utiliser son don. Elle avait déjà essayé, c’était plutôt une bonne chose. Bien qu’il désira l’aider, il n’en eut pas le temps. Elle nettoyait vraiment très rapidement ! L’espagnol se contenta donc d’ouvrir le meuble sous l’évier pour regarder l’étendue des dégâts. Rien de grave, quelques vis défaites, rien de plus. C’était parfaitement réparable.

Il rejoignit ensuite Maëlynn dans le salon, s’asseyant non loin d’elle, terminant également sa tasse de café. La jeune femme semblait nerveuse sans raison apparente. Que craignait-elle ? De dormir ici ? Elle révéla qu’en fait, elle ne voulait pas abuser et préférait rentrer chez elle. Samuel la regarda d’un air surpris. Elle était sérieuse là ? Il ne voulait pas la contraindre à rester mais il savait que s’il la laissait partir, il ne la reverrait pas. Parfois, les gens avaient besoin qu’on les force un peu pour comprendre qu’il n’y avait aucun problème. Doucement, Samuel attrapa les mains de Maëlynn dans les siennes, tournant ses yeux dorés vers les siens.


« Maëlynn… Tu n’abuses de rien. C’est moi qui te l’ai proposé. Je ne vais pas te laisser partir seule sous cette pluie torrentielle. Tu n’es pas bien ici, au chaud et au sec ? Regarde, je te laisse mon lit, il est confortable tu verra. La porte a même un verrou si tu as envie. Si je t’ai proposé de rester, ce n’est pas parce que ça me dérange, au contraire. J’aimerais t’aider Maëlynn, vraiment. Ecoute… Si tu veux, tu peux rester ici aussi longtemps que tu le désires. J’ignore si tu as un travail ou si tu fais des études, j’ignore même où tu vis… Mais je sais qui tu es. Tu es comme moi. Je ne vais pas t’abandonner ou te lâcher dans la nature toute seule. Tu n’es plus seule. Demain matin, je nous ferai des pancakes. Tu aimes ça ? »

Il lâcha doucement ses mains puis se leva pour débarrasser la table basse de ce qui l’encombrait avant de faire un saut à sa chambre pour ramener un oreiller. Vu qu’il y en avait plusieurs, cela ne manquerait pas. Il le déposa dans un coin du canapé et reporta son attention sur Maëlynn. En la regardant, il réalisa qu’il n’avait fait que parler de son don sans lui montrer ce qu’il pouvait faire. Une démonstration était toujours mieux que des mots. Se baissant sous la table basse, il tira sa caisse à outils qui trainait là. Il fallait vraiment qu’il la range ailleurs un de ces quatre… Trainer à côté de son étui à violon n’était pas forcément le lieu idéal. Il attrapa un tournevis et se redressa.

« Regarde. Nous sommes bien plus que des humains. »

Sur ces mots, il fit à nouveau apparaître son aura bleutée puis tourna le tournevis vers le bas et se donna un grand coup sur la cuisse avec. Plutôt que de pénétrer la chair, il se tordit à l’impact, prenant une forme improbable. Il le montra à Maëlynn en souriant avant de le tordre à nouveau pour lui faire reprendre sa forme d’origine. Son pouvoir était bien utile, lui fournissant également une grande force.

« Même si je suis partisan du fait que je n’aime pas cacher mon pouvoir aux humains, je suis bien forcé de le faire à mon travail. Je suis professeur de sport dans plusieurs écoles. Ceci dit, j’ai pas mal de congés à prendre alors… on pourrait en profiter pour te montrer tout ce que tu veux à propos des mutants. A moins que tu aies un travail ? »

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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Ven 18 Oct 2013 - 16:14

Maëlynn n'avait jamais réellement connu quelqu'un qui l'avait guidé et encouragé dans ses choix. Généralement, elle pensait que ses choix étaient les meilleurs parce qu'on ne lui disait rien. Elle ne savait pas réellement ce qui était bien ou mal. Elle savait que c'était mal de tuer mais elle n'y pouvait rien. Elle ne le faisait pas exprès. Beaucoup de choses dans sa vie étaient normales pour elle mais ça ne l'était pas pour d'autres personnes. La drogue était un exemple de chose naturelle dans sa vie. Elle ne se droguait pas par volonté mais simplement parce qu'elle ne savait pas si elle devait arrêter. Partout, on disait que c'était quelque chose de mauvais mais au fond d'elle, Maëlynn se disait que si elle n'en prenait plus, il ne lui resterait plus rien. Elle était un peu devenue son amie pour la vie. Du moins c'est ce qu'elle pensait.

Quelque part dans le monde, une personne pouvait tout changer. Maëlynn l'apprendrait à ses dépends. Mais peut être que faire changer une demoiselle qui a autant souffert n'était pas la meilleure idée qui soit. Qui sait ce qu'il se tramait dans l'esprit malade de la jeune fille. Quoi que malade, elle ne l'a jamais été. Simplement, c'était un peu comme d'éduquer un animal sauvage. Samuel ne se rendait sûrement pas compte de ce qu'il faisait. Il pensait bien faire. Mais déjà Maëlynn prenait conscience de ce qu'elle était et de ce qu'elle pouvait faire avec cette eau si elle venait à la contrôler. En premier lieu, sa tante paierait son comportement vis à vis de la jeune fille. Ensuite, son patron. Puis viendrait tout ceux qui ont cherché à lui faire du mal. Serrant son maigre point sur la goutte d'eau qui venait de s'écraser dans sa main puis posant ses deux poings fermés sur ses cuisses, Maëlynn leva les yeux vers Samuel.

La jeune mutante l'écoutait. Plus elle l'écoutait, plus elle se sentait exceptionnelle. Et plus elle se sentait exceptionnelle, plus elle avait envie de continuer son entraînement. Mais pour le moment, elle devait éponger l'eau répandue dans la cuisine et rentrer chez elle. Mais Samuel la coupa dans son élan. Il lui tendait un petit morceau de papier, indiquant qu'il s'agissait de son numéro de téléphone. La jeune fille ne semblait pas emballée par l'idée de le rappeler. Surtout qu'elle savait d'avance qu'elle ne le ferait pas, elle était bien trop timide pour ça. C'est alors qu'elle avoua à Samuel ne pas vouloir lui attirer d'ennuis. Le jeune homme prit aussitôt la parole. C'était presque des reproches qu'il lui faisait. Rentrant timidement la tête dans ses épaules, la demoiselle baisse les yeux, affichant une mine contrite. Samuel ne se rendait pas compte du fardeau que pouvait être la jeune femme. Il essayait de s’enchaîner à un boulet et Maëlynn savait qu'il ne supporterait certainement pas la jeune demoiselle bien longtemps. S'il voulait réellement l'aider, autant qu'il l'achève maintenant. La demoiselle poussa un léger soupire et garda son petit minois baissé.

Je ne te rappellerais pas... Ce n'est pas nécessaire que tu m'aides, tu as déjà fait assez pour moi... Je ne suis pas quelqu'un à qui il faut s'attacher, ne t'inquiète pas pour moi s'il te plaît...

La jeune fille devenait un peu plus froide soudainement. Mais ça ne semblait pas atteindre Samuel qui se contenta d'aller voir si les dégâts sous son évier n'étaient pas trop grave. Après avoir abandonné le numéro de téléphone sur la table basse, Maëlynn revint dans la cuisine pour continuer à éponger l'eau répandue sur le sol. Ce qu'elle pouvait être cruche, vraiment. Samuel l'avait trouvé, il l'avait amené chez lui, il lui avait prêté des vêtements et elle avait ruiné sa cuisine. Vraiment, cette fille était irrécupérable. Elle faisait bourde sur bourde et n'en devenait que plus ridicule. Déjà que Maëlynn ressemblait à une pauvre petite chose mais son côté maladroit la rendait encore plus pathétique. Elle comprenait qu'on se moque d'elle ou qu'on ne veuille pas s'en occuper.

Ayant enfin fini de nettoyer toute l'eau dans la cuisine, Maëlynn retourna s'installer dans le canapé pour termine sa boisson chaude. Mais une fois que la tasse fut vide, elle songea alors qu'elle devait rentrer chez elle. La jeune fille ne savait pas comme annoncer ça à Samuel qui avait reprit place près d'elle. Elle était nerveuse et n'osait pas le regarder. Ses doigts s'agitaient nerveusement entre eux, comme s'ils essayaient de s'enfuir. Mais finalement, prenant son courage à deux mains, la mutante prit enfin la parole pour annoncer qu'elle devait partir. Pensant que, de toute manière, le jeune homme n'avait aucune raison de la retenir, Maëlynn se prépara à se lever pour aller chercher ses vêtements sûrement encore mouillé et à rentrer chez elle. Mais contre toute attente, Samuel prit les mains de Maëlynn avec douceur, la faisant frissonner. La jeune fille leva les yeux vers Samuel mais les baissa aussitôt, intimidée par le regard de l'homme.

Ce qui s'en suivit ouvrit un gouffre immense sous la jeune femme et elle y vida toutes ses craintes. Plus le temps avançait et plus elle avait envie de faire confiance à Samuel. De lui faire confiance au point de lui mettre sa vie entre ses mains. Chose qu'elle n'avait jamais faite jusqu'à présent. Samuel parlait beaucoup. Il parlait sans doute pour la rassurer, la mettre en confiance. Bien que ça fonctionnait assez bien, Maëlynn n'était pas prête à se laisser aller à ses envies. Elle n'avait pas particulièrement envie de rester chez lui mais elle n'avait pas particulièrement envie de partir. En fait, Maëlynn ne savait pas ce qu'elle voulait. Il lui proposait son lit ? Alors là non ! C'était hors de question pour Maëlynn qu'elle dorme dans le lit pendant que lui serait dans le canapé ! Et pour ça, il n'avait pas le choix.

Je... Non ! Non ! Je dormirais dans le canapé mais pas dans le lit !! Je refuse ! C'est... C'est ça ou je rentre chez moi !!

La jeune mutante le grondait presque de vouloir lui laisser son lit alors qu'il était chez lui. Après tout, elle était certes l'invitée mais elle n'abuserait pas de sa gentillesse. Maëlynn fit une moue boudeuse comme pour signifier que cette fois, elle ne plierait pas.

Et j'ai un travail en complément de mes études... Je dois travailler pour payer l'université... Et j'ai un chez moi aussi... Vraiment Samuel, je ne veux pas abuser de ton hospitalité... Je rentrerais chez moi demain matin, c'est pas utile de me conduire, je trouverais toute seule...

À ces mots, la demoiselle soupira légèrement et se laissa un peu aller dans le confort que lui offrait le canapé. Mais Samuel se leva pour aller chercher un oreiller. Il le déposa dans un coin du canapé et Maëlynn manqua de se jeter dans le canapé pour attraper l'oreiller, prête à dormir. Pleine de bonne éducation, elle se contint et se contenta de regarder le jeune homme qui était toujours debout. Il comptait lui montrer son pouvoir. Maëlynn posa sa tête contre le dossier du canapé, toujours en fixant Samuel. Elle se demandait bien comment il arrivait à contrôler aussi bien son pouvoir. Pinçant doucement les lèvres, la demoiselle l'observait avec attention. Voyant son aura bleutée, elle redressa doucement son visage, à la fois impressionnée et émerveillée. C'était assez beau à voir tout de même. Mais en voyant le tourne vis dans la main de Samuel, Maëlynn fronça les sourcils et se tendit légèrement. C'est alors que le mutant se le planta dans la cuisse. Maëlynn poussa un cri de frayeur, plaquant ses mains sur sa bouche, les yeux écarquillés, horrifiée.

Alors qu'elle manqua de lui hurler après qu'il était complètement fou et qu'elle s'attendait à le voir se tordre de douleur et apercevoir un flot de sang s'extirper de sa cuisse, rien ne vint. Au lieu de ça, Samuel lui présenta le tourne vis. Il était complètement tordu et Samuel le remit droit comme s'il s'agissait d'un vulgaire morceau de caoutchouc. Maëlynn baissa doucement les mains, la bouche ouverte. Elle était stupéfaite par ce qu'il lui montrait. La jeune femme en resta sans voix. Elle s'attendait à le voir agonisant mais Samuel se comportait comme si rien ne s'était passé. Il reprit la parole, lui disant que si elle le voulait, il pourrait lui présenter des mutants comme eux.

Clignant plusieurs fois des yeux et secouant son visage pour se remettre de ce qu'elle venait de voir, Maëlynn mit un petit moment avant de répondre.

Euh... Oui... Mais c'est pas grave... Je m'arrangerais avec le patron...

Attrapa doucement l'oreiller pour le blottir contre elle, elle continuait de le fixer comme si elle n'allait pas se remettre de ce qu'il venait de faire. La jeune mutante prit une profonde inspiration et fronça les sourcils, désignant la cuisse de Samuel de son index.

Tu n'as... pas mal ?!

Maëlynn prit alors conscience que leurs pouvoirs n'étaient pas anodin. Qu'avec eux, ils pouvaient faire de grandes choses. Elle se demandait si elle aussi elle pourrait faire des trucs aussi incroyable que ce qu'elle venait de voir. Si elle pouvait créer une barrière d'eau pour se protéger d'objets tranchant ou autres armes qui pourraient lui faire du mal.
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MessageSujet: Re: "I'm not alone..." [PV Samuel]   Sam 19 Oct 2013 - 13:56


Maëlynn avait vraiment l’attitude de quelqu’un qui se pensait être un boulet, un poids pour les autres. Samuel supposait que c’était parce que personne ne l’avait jamais réellement bien traitée jusqu’à présent. Elle devait donc penser que si les gens la rejetaient sans cesse, c’était pour une bonne raison. Mais elle était loin du compte, elle n’avait juste pas eu de chance. L’espagnol comptait bien faire en sorte que ça change mais la jeune femme semblait peu réceptive au fait qu’il désire l’aider. Elle ne voulait même pas de son numéro de téléphone, pensant lui attirer plus d’ennuis qu’autre chose. Samuel insistait un peu, essayant de lui faire voir le bon côté des choses, en vain.

Vu sa réaction, cela eut l’effet inverse à celui désiré. Elle n’osait même plus le regarder, s’affaissant comme le ferait quelqu’un de coupable, de penaud. Pourtant, il ne lui reprochait rien, il désirait simplement qu’elle comprenne qu’elle ne serait pas un poids, qu’il assumait le fait de vouloir l’aider. S’il y avait des risques, il les prenait. Mais il n’était pas surprenant qu’elle ne veuille pas le croire, ils se connaissaient à peine au final. Maëlynn lui répéta alors qu’elle ne comptait pas le rappeler et qu’elle ne voulait pas de son aide. Visiblement, ce n’était pas pour elle qu’elle agissait de la sorte, mais pour lui. Pour le protéger… d’elle ? Samuel ne voyait pas tellement pourquoi elle serait un poids. Après tout ce qu’il venait de lui expliquer, il ne voulait pas la lâcher ainsi dans la nature et qu’elle se débrouille ainsi. Il lui tendait la main mais elle refusait toujours de la saisir.


« Je ne m’inquiète pas pour toi, je désire juste t’épauler, te soutenir. Etre là pour toi. Tu fais ce que tu veux Maëlynn, je ne peux pas te forcer à quoique ce soit et puis ce serait idiot. Je suis assez grand pour décider de ce que je souhaite ou pas tu sais, et je ne redoute pas de m’occuper de toi. Peut-être que tu te vois comme un fardeau mais moi je vois juste une jeune mutante qui ne sait pas encore qui elle est vraiment. Ca viendra, il faudra du temps. Et je serais là si jamais tu changes d’avis. C’est une promesse. »

Samuel lui fit un sourire confiant puis se leva pour aller vérifier s’il pourrait réparer les dégâts lui-même. Il était loin d’être un as du bricolage mais il savait se débrouiller. Normalement, il devrait pouvoir se charger des réparations. Au pire des cas, il appellerait un plombier mais il préférait éviter que quelqu’un lui pose des questions à propos de ce drôle de phénomène qui s’était produit chez lui. Quoiqu’il en soit, cela attendrait. Pour l’heure, il avait encore une invitée dont il devait s’occuper.

Rejoignant Maëlynn, Samuel fut un peu surpris d’entendre qu’elle voulait rentrer chez elle. Décidément, elle devait réellement se penser de trop. Il voulait lui assurer qu’en aucun cas, elle ne le dérangeait. Mais surtout, il ne voulait pas qu’elle parte maintenant, sous la pluie, de nuit, seule. Prenant ses mains dans les siennes, il voulait ainsi lui assurer qu’elle restait la bienvenue, qu’elle ne devait pas se sentir mal à l’aise. Mais Maëlynn esquiva aussitôt son regard.

Samuel ne se démonta pas, il lui assura sans la brusquer qu’elle n’abusait pas et qu’il l’hébergerait pour la nuit. Il voulait la rassurer, qu’elle comprenne qu’elle ne lui imposait rien. Il ignorait si elle allait l’écouter mais il espérait sincèrement qu’elle reste au moins ici pour la nuit. Cela ne lui servirait à rien de s’isoler à nouveau après tout ça, surtout aussi rapidement. Malgré tout, il ne pouvait pas la forcer et si elle ne l’écoutait pas, il n’aurait pas d’autre chose que de la laisser partir. Il n’allait tout de même pas la kidnapper pour la forcer à prendre soin d’elle ! Ce n’était pas le but.

Maëlynn réagit aussitôt à ses paroles, assez vivement d’ailleurs, ce qui surprit l’espagnol. Elle ne voulait pas occuper son lit, préférant prendre le canapé. D’ailleurs ce n’était pas négociable, elle le lui imposait, sous peine de partir aussitôt. Samuel sourit. C’était plutôt une bonne réaction. Elle ne se laissait pas faire mais elle acceptait malgré tout de rester au final. Il était inutile d’insister, il ne ferait que la braquer. Ainsi, il leva doucement les mains comme pour signaler qu’elle avait gagné.


« Très bien, je te laisse le canapé. Il est confortable, j’y dors même plus souvent que dans mon propre lit. »

Mais elle ne s’arrêta pas là. Plutôt que de seulement se focaliser là-dessus, elle répondit tout de même à ses questions. Pas à toutes mais c’était déjà pas mal. Elle étudiait et travaillait en même temps, l’un n’allant visiblement pas sans l’autre. Elle possédait également un endroit à elle et encore une fois, elle lui assurait qu’elle ne voulait plus abuser de lui, qu’elle se débrouillerait pour rentrer. Il semblait être difficile de lui faire comprendre que s’il lui proposait tout ceci, c’est que cela ne le dérangeait pas du tout.

« Je me doute bien que tu trouveras toute seule mais puisque j’ai un véhicule, autant en profiter, non ? Je dois de toute façon aller travailler dans l’après-midi. Tu travailles dans quoi ? Si tu ne veux pas rester, si tu ne veux plus qu’on se revoit après tout ça, c’est ton choix Maëlynn. Tu sais où j’habite si jamais tu changes d’avis, ma porte te sera toujours ouverte. Ne crains pas de me déranger, je vis seul comme tu as pu le constater. »

Puisque Maëlynn comptait dormir dans le canapé, Samuel alla chercher un oreiller qu’il vint déposer dessus. Ils avaient beaucoup parlé du pouvoir de Maëlynn mais Samuel n’avait que peu évoqué le sien. Peut-être qu’elle serait davantage tentée de lui faire confiance s’il lui prouvait pour de bon qu’il était comme elle. Reprenant place à côté d’elle, il prit de quoi lui donner une preuve plutôt visible. N’importe qui se serait blessé ou aurait souffert sous un tel coup. Mais pas Samuel. Son aura défensive le protégeait de pas mal de choses mais ne le rendait pas invincible pour autant. D’ailleurs il ne l’activait pas tout le temps en combat puisque s’il se faisait mal, il devenait plus puissant. C’était plutôt un dilemme de savoir comment la gérer au final.

Vu le cri de Maëlynn lorsqu’il abattit le tournevis, Samuel regretta de ne pas lui avoir expliqué plus en détail le fonctionnement de son don. Mais il n’avait rien et pour le lui prouver, il lui montra l’objet, complètement tordu. Redressant le tournevis, il le rangea, remarquant que Maëlynn semblait sans voix. Tout ça était effectivement assez surprenant et il s’attendait à ce qu’elle lui pose des questions mais rien ne vint. Plutôt que de poursuivre sur le sujet, Samuel lui expliqua son point de vue sur la situation, lui posant à nouveau quelques questions. Il lui proposait de lui apprendre de nouvelles choses à propos des mutants. Encore sous le choc, Maëlynn ne semblait cependant pas contre.


« C’est à toi de voir Maëlynn. Quoique tu choisisses, je serais là. »

Malgré que la démonstration était terminée, la jeune femme le regardait de travers, comme si elle s’attendait à ce qu’il se torde soudainement de douleur. A la place, Samuel fit disparaître son aura, se levant dans le but d’aller chercher une couverture pour celle qui allait occuper le canapé le temps d’une nuit. Mais Maëlynn l’interrompit, lui posant la question qui semblait lui brûler les lèvres.

« Non, je n’ai rien senti. Mon aura agit comme un écran protecteur. Je ne suis pas insensible à tout, loin de là, mais elle me protège suffisamment pour ça. Tout comme l’eau serait capable de te protéger de la sorte également. Tu sais qu’avec de l’eau, on peut découper du diamant ? Ne sous-estime jamais cette force qui t’habite. »

Se dirigeant vers sa chambre, il ouvrit un placard pour en sortir une couverture. De retour au salon, il la déposa à côté de Maëlynn, restant quant à lui debout. La nuit était déjà bien avancée, mieux valait qu’ils se reposent.

« Je te souhaite une bonne nuit. Je suis content de t'avoir rencontrée. »


Un sourire plus tard, il la laissa tranquille et retourna à sa chambre. Il ne ferma pas totalement la porte, la poussant juste en partie pour la laisser entrouverte. Il se déshabilla, déposant ses vêtements sur une chaise, conservant uniquement son boxer. Sans tarder, il s’allongea sous les couvertures et ferma les yeux. Il espérant que Maëlynn trouverait le sommeil facilement malgré tout ça. Lui, il s’endormait déjà…
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