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 What's Killing Me [Solo]

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Alexïs N. Davidoff

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Date d'inscription : 10/12/2011
Age : 25

Fiche Tecnhique
Metier: Étudiant en médecine
Age : 20 ans
Nationalité : Russe / Américaine

MessageSujet: What's Killing Me [Solo]   Dim 15 Sep 2013 - 18:34

“What if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do? (Oh, oh)
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?”

Erïka cogna à la porte de l’appartement numéro trois. Une fois, puis deux fois. Personne ne répondait. Pourtant, il y avait quelqu’un à l’intérieur, elle le savait. Après une seconde d’hésitation, elle posa la main sur la poignée. Elle la tourna lentement avant d’ouvrir doucement la porte. Elle espérait que ces gestes signifieraient sa présence dans le logement. Lorsqu’elle fut entrée, elle referma la porte derrière elle. Personne. C’était étrange. Elle retira ses longues bottes à lacets, se contentant de descendre la fermeture d’éclair de chacune d’entre elle avant de les laisser négligemment dans le vestibule. Elle s’avança dans la pièce principale. Son frère était assis sur le canapé, silencieux. Il écoutait de la musique, le regard perdu dans le vague. Depuis quand était-il fan de 30 Seconds to Mars ? L’adolescente s’approcha de la chaine stéréo et baissa légèrement le volume. Le jeune homme sursauta, comme s’il venait soudainement de sortir de ses pensées. Erïka lui sourit. Elle déposa son sac au pied du canapé et s’y agenouilla avant de se pencher sur son frère pour le serrer dans ses bras. Il lui avait manqué.

-« Tu m’as manqué. C’est bon de te revoir. J’ai reçu un appel de notre père, ce matin. Il s’inquiète pour toi et il promet de venir au pays dans la semaine à venir. Qu’est-ce qui s’est passé ? Nora a spammé ton téléphone toute la semaine et pour que notre père décide de débarquer d’urgence au pays, ça doit être grave.»
-« Tu ne lis pas les nouvelles ? »
-« J’ai été prise par les cours toute la semaine, alors non, je n’ai pas pris la peine de les lire. »
-« J’aurais dû mourir. »
-« Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? »

Erïka avait laissé tomber ses fesses sur le canapé. Elle observait Alexïs avec inquiétude. Que se passait-il ? Elle ne reconnaissait plus son frère. Il avait la mine sombre. Son regard était vide. Il avait même laissé tomber sa façon de parler si particulière. Dans l’esprit du jeune homme, les mêmes images tournaient sans cesse en boucle. Il n’arrivait pas à s’en départir, comme si elles s’étaient profondément incrustées dans son cerveau. Chaque chose qu’il voyait, chaque petite pensée qu’il avait, chaque mot qu’il entendait finissait par le mener aux événements des trois dernières semaines. Même les moments les plus heureux n’étaient plus teintés de joie. Il ne voyait plus que les ténèbres, la peur, le désespoir et les larmes.

-« Une dizaine d’américains pris en otage par des rebelles au Mali. Cinq étudiants sont morts, ainsi que l’un de leur professeur. Les autres ont été séquestrés pendant des jours après avoir vu leurs camarades être froidement tués. »
-« Alexïs… Non… ne me dit pas que… oh bordel… »

Erïka perdait ses mots. Comment réconforter son frère ? Comment trouver les mots ? Alexïs était parti au Mali pour un voyage humanitaire, trois semaines plus tôt. Il était accompagné de neuf camarades de classe ainsi que de deux professeurs de l’université. Ils allaient visiter des réfugiés et aider la population, leur prodiguer des soins si nécessaire. La région dans laquelle il était allé était supposée être sécuritaire. Il s’agissait d’un petit village, pas tout à fait dans le Nord. C’était au Nord du pays qu’il y avait encore des affrontements. Normalement, la menace que représentaient les rebelles devait être pratiquement éradiquée. Que s’était-il produit là-bas ?

L’adolescente s’approcha de son frère. Elle se cala contre lui. Il passa son bras autour de ses épaules. La présence de sa sœur jumelle était plus que rassurante. Il avait besoin de ce contact pour se sentir mieux. Elle pouvait le comprendre plus que quiconque. Elle savait ce qu’il avait vécu par le passé. Elle allait comprendre la douleur qui l’assaillait en ce moment.


-« Tout allait bien. Enfin, jusqu’à la seconde semaine. On pensait qu’il n’y avait plus de rebelle. La guerre était supposément terminée. Nous n’étions pas à proximité du lieu des affrontements, mais dans un petit village où une partie de la population avait trouvé refuge. On avait soigné tant de blessés… »

Il serra le poing. Il avait tout fait pour protéger ses gens. Des femmes, des enfants, des hommes… Il avait tant voulu les épargner. Il était trop faible. Il n’avait jamais réussi à sauver ces vies, au final. Il s’en voulait tellement.

-« Un petit groupe qui disait appartenir aux rebelles a débarqué dans le village. Ils ont tout pillés. Ils ont tués des gens… »
-« Dont tes amis… »
-« J’ai tout fait, Erïka. Je ne voulais pas qu’ils s’en prennent à eux. J’ai tenté de résister, de me battre mais j’étais trop faible. Ils étaient armés. Ils n’ont eu aucun mal à me frapper et à me maitriser alors qu’ils tuaient des gens sous nos yeux… Même Elle… »
-« Elle ? »
-« Julia. Une jeune femme qui suivait quelques cours avec moi, à l’université. Je crois que je l’aimais bien. Enfin… qu’est-ce que j’en sais de l’amour, de toute façon ? Elle était belle et intelligente. J’ai tout fait pour qu’ils l’épargnent. Je leur avais dit de prendre ma vie à la place, mais ils ont préférés la poignarder devant mes yeux. »

Il se souvenait du soir qu’il avait passé dans la tente de cette belle rousse aux yeux d’azur. Une femme magnifique. Une femme d’expérience. Il avait hésité un moment avant de se laisser faire, de se départir de sa chemise, puis de son pantalon. Il lui avait retiré ses vêtements bien plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. Elle lui avait fait beaucoup d’effet. Même s’il avait été réticent à l’idée de passer une nuit charnelle avec une autre femme, il ne l’avait jamais regretté. Ils avaient passé un merveilleux moment dans leur petite maison de pierre. Il se rappelle avoir ouvert les yeux, le lendemain matin, avec le sourire aux lèvres. Il avait cru pouvoir poursuivre cette relation une fois de retour au pays. Pourquoi les gens auxquels il s’attachait devaient tous souffrir ?  

-« Je suis désolée pour toi, Alexïs. Je… »
-« Ne t’excuse pas. Depuis quand tu le fais, de toute façon ? Personne n’aurait pu changer cela. Des camarades sont morts, certains d’une balle dans la tête, d’autres de leurs blessures… Et moi je regardais tout cela. Impuissant. Je n’ai rien pu faire. J’ai cessé de me battre. J’ai été lâche, faible… J’aurais dû mourir. »
-« Ne dis pas ça. » Fit Erïka d’un ton ferme. Elle se redressa et le regarda dans les yeux. « Tu es vivant. Je suis heureuse que tu ais eu la vie sauve. Même si c’était terrible, même si tu as vu des choses horribles, je suis contente de voir que tu t’en sois sorti. Je n’aurais jamais pu supporter de te perdre. »
-« Ils méritaient tout autant que moi de vivre ! Ils sont morts, j’aurais dû agir ! Tu aurais fait quoi à ma place, face à ces rebelles, dis-moi ? Je le sais. Tu te serais battu, quitte à leur voler leur arme et leur faire regretter leurs gestes ! Tu n’aurais eu aucun remord à le faire parce que c’est ce qu’ils méritaient tous ! »
-« Non, Alexïs. J’aurais fini par avoir des remords pour ce que j’ai fait. C’est ce qui me différencie d’eux. Ils méritent tous d’être punis pour leurs gestes, mais ne crois pas que j’aurais pu agir comme tu le décris. Tu me connais mieux que ça. »
-« Je sais que tu l’aurais fait. Tu t’es toujours battue. Tu es comme ça, ça n’a jamais changé. Tu en as déjà fait les frais, tu as oublié ? »
-« Je n’ai pas oublié. Je ne veux pas me souvenir. Là est la différence. »
-« J’ai toujours voulu être comme toi, Erïka. C’était toujours toi qui me défendait lorsqu’il y avait des problèmes. C’est toujours toi qui prenait les coups à ma place pour me protéger. Moi j’étais trop faible pour venir te défendre ! Je t’ai vu te faire battre pratiquement à mort seulement pour éviter qu’on me blesse. J’ai été trop lâche pour te venir en aide ! Je t’ai regardé, sans jamais détourner les yeux. Je pleurais en silence devant le mal que je te faisais. Je n’arrivais même pas à sauver ma propre sœur, alors comment je peux prétendre être en mesure de sauver quelqu’un d’autre ? »

Alexïs détourna le regard. Il s’énervait. Il ne voulait pas crier contre sa sœur, il ne voulait pas hausser le ton, mais il avait besoin d’exprimer tout ce qu’il gardait pour lui depuis si longtemps. Les nouvelles blessures avaient rouvert certaines plaies qui ne s’étaient jamais vraiment refermées.

-« Alexïs, ne ramène pas cette vieille histoire sur le tapis. C’est du passé.»
-« Peut-être pour toi, mais pas pour moi. Ça me hante toujours. À chaque fois que je vois l’un des miens êtres blessé, je me rappelle à quel point je suis faible. Les Morlocks savent se battre. Enfin, la plupart d’entre eux… Mais qu’en est-il des autres ? Qui va prendre soin d’eux et les préserver du danger si quelque chose se passe ? Je suis un incapable, je n’aurais jamais la force de les protéger. Ils vont tous mourir par ma faute ! J’en fais des cauchemars la nuit. Je ne dors pratiquement plus. Je pense qu’à ça. »
-« Pourquoi tu ne m’en avais jamais parlé ? Tu aurais dû me le dire, j’aurais pu faire quelque chose… »
-« Non ! Je ne veux pas de ton aide. Je veux être capable de me débrouiller seul. Je ne dois plus être ce gamin qui se cache toujours derrière sa petite sœur. J’en ai marre de vivre dans la peur et l’insécurité. Je dois affronter ça par moi-même. C’est la seule façon d’en finir. »
-« C’est insensé. Tu ne peux pas… »
-« Si ! Je le peux ! Je vais le faire ! Je ne laisserai plus personne me marcher sur les pieds. Je vais arrêter de fuir et de me cacher. Je vais arrêter de jouer les gentils. À quoi bon ? Dans notre société ceux qui le sont trop se font écraser comme des fourmis ! J’ai toujours fait en sorte de faire les bons choix, ceux qui étaient justes. Je voulais seulement avoir une vie plus heureuse et aller de l’avant. Au final, je ne fais que souffrir ! Peu importe ce que je fais, je n’aurais jamais une vie comme la tienne. »
-« Non, Alexïs, tu… »
-« N’essaie pas de nier la vérité ! Tu penses toujours que tu ne mérites pas ton bonheur. T’as vu ce que tu as enduré pendant toutes ces années ? Tu crois que ta vie n’est destinée qu’à être de la souffrance ? Regarde-moi ! Je t’ai laissé être battue, être torturée et blessée. Je suis resté caché comme un lâche et voilà ce que ça donne ! C’est à mon tour de souffrir. »
-« C’est faux ! Tu mérites tout autant que moi d’être heureux.»
-« Je ne crois pas. Si je mérite vraiment ce bonheur, explique moi pourquoi ceux que j’aime finissent par mourir ou simplement disparaitre ? J’ai du mal à me faire de vrais amis à la surface, je peine à avoir une relation stable. Ah ! L’amour ! Parlons-en ! La seule fois où je suis réellement sorti avec une femme, j’ai réalisé que je n’étais pas amoureux. Je ne sais même pas ce qu’est l’amour ! J’aurais pu sortir avec plusieurs femmes, depuis, mais j’ai toujours eu peur de le faire. J’aurais pu coucher avec certaines d’entre elles, mais je n’ai jamais osé même si j’en avais le désir. Je pensais que l’amour allait soudainement me tomber sur la tête, que ça allait être le coup de foudre comme au cinéma. Ce que je pouvais être naïf. Depuis que je suis gamin je rêve de trouver la femme parfaite, celle avec qui je pourrais passer ma vie. Une femme qui pourra me comprendre. Je rêvais de l’amour, je pensais le trouver un jour. Tu te souviens ? Tout le monde disait que je serais le premier à me marier, que j’aurais des enfants et une belle maison en banlieue de la ville. Ça, c’est ce dont je rêvais. Et toi, pendant ce temps ? Tu ne voulais pas être une princesse ou une fille portée par la romance comme toutes les autres. Tu te fichais bien de l’amour. Quel était ton but, dans la vie lorsque nous étions jeunes ? Ah, oui, je me souviens. Tu voulais devenir une Tortue Ninja, combattre le crime et vivre dans les égouts car l’idée de te marier et de devenir une femme comme les autres ne te plaisaient pas. Maintenant, devine qui vit dans les égouts avec une bande de mutant qui ne sort que la nuit. Devine qui est celle qui a trouvé l’homme de ses rêves et qui se fait traiter comme une vraie petite princesse. Un jour, il va t’épouser, il va te faire des enfants et tu auras la vie dont j’ai toujours rêvé. »

Alexïs se leva et fit quelques pas dans le salon. Il se laissait emporter par les regrets, la rage, la peine, la jalousie. Sa sœur avait réussi à avoir le genre de vie qu’il souhaitait. Ils avaient grandi avec des aspirations différentes et, au final, ils se retrouvaient avec l’existence que l’autre avait rêvé de mener au départ. Comme quoi les choses pouvaient changer radicalement avec le temps.

Erïka resta assise, silencieuse, à fixer le sol. Elle était en train d’encaisser les paroles de son frère. C’était vraiment ce qu’il pensait ? Il lui en voulait d’être heureuse ? Il lui reprochait d’être en amour ? L’adolescente n’osait pas le regarder. Elle passait ses doigts sur le bracelet en or blanc que lui avait offert Bobby. Quel était le mal à ce qu’il la traite comme une princesse ? Jamais l’adolescente n’aurait pensé qu’elle pouvait trouver un homme comme lui. Pourtant, c’était le cas. Elle n’aurait jamais cru que son frère jumeau aurait jalousé cette relation. Elle quitta le canapé et se tint debout devant son frère. Elle était blessée par ses propos. Pas question de lui montrer sa tristesse et ses larmes. Elle était un animal sauvage. Elle réagissait toujours en se défendant avec force.


-« C’est quoi ton problème !? Tu me dis que tu ne veux plus que je souffre, que je mérite le bonheur, mais tu me reproches d’être heureuse ?! Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond avec toi ! Cesse de te lamenter ! Fais quelque chose, va de l’avant, bordel ! Je ne t’ai jamais empêché de faire ce que tu voulais de ta putain de vie. Si tu as toujours trop été peureux pour prendre des risques c’est ton problème, pas le mien. J’ai tout fait pour te protéger parce que tu étais l’une des seules personnes qui me restaient, l’une de celles à qui je tenais plus que tout. Je pourrais mourir pour toi. Maintenant, je n’en suis plus certaine. »

Elle attrapa son sac et tourna les talons. Elle se dirigea vers la sortie.

-« Attend, Erïka… » Fit Alexïs d’une voix plus calme.
-« Tu as dit ce que tu pensais. Maintenant, va te faire foutre. »
-« Pourquoi il faut toujours que tu réagisses comme ça ? Tu crois vraiment que je vais te poursuivre dans la rue et te rattraper ? Je dois toujours supporter ton sale caractère, j’en ai marre ! »
-« Tu t’es entendu ? Tu as réalisé ce que tu venais de me dire ? Je dois faire quoi, maintenant ? Accepter que je sois la méchante jumelle parce que je suis heureuse et pas toi ? Pleurer comme une petite fille ? Non, ça c’est ton rôle. »
-« Tu joues les femmes fortes, mais dès que tu vas mettre le pied hors de cet appartement tu vas aller pleurer dans les bras de Will. »
-« Au moins, lui, il ne me reprochera jamais d’être celle que je suis. C’est un vrai frère et il se comporte comme tel. »

Erïka attrapa ses bottes puis quitta l’appartement. Elle attendit d’être à l’extérieur de l’immeuble avant de les enfiler. Elle ne comptait pas revoir Alexïs avant un long moment. Elle avait encore du mal à avaler ses paroles. La tête haute, mais la mine basse, elle s’éloigna d’un pas furieux.

Alexïs resta immobile devant la porte close. La colère retombait. Il commençait à relativiser. Les remords s’emparaient de lui. Non. Plus jamais. Plus jamais il ne devait avoir de regrets. Le jeune homme augmenta le volume de la musique afin de n’entendre rien d’autre. Il sortit une bière de son réfrigérateur, puis s’installa sur le canapé. Le mal était fait, il ne pouvait plus retourner dans le passé. Il devait aller de l’avant. Sans sa sœur.

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