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 Liens de Sang [PV: William McKellen]

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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Dim 12 Mai 2013 - 2:55

Erïka roulait à bonne vitesse sur l’un des boulevards achalandés de New-York, accompagnée de son frère, William. Elle avait hâte de s’éloigner de toute cette circulation afin d’arriver dans le quartier calme et sécuritaire où habitait sa grand-mère. Une semaine plus tôt, cette dernière lui avait téléphoné afin de lui proposer de passer une partie de la journée chez elle. Son frère jumeau, Alexïs, serait également présent. Il était rare qu’elle puisse passer du temps avec lui, ces temps-ci. Il était absorbé par ses études en médecines qui lui demandait énormément de temps, sans parler des efforts qu’il faisait pour être le plus souvent possible avec les Morlocks afin de leur venir en aide si besoin.

Lorsqu’Erïka gara la moto devant l’immeuble où vivait Anieta, elle aperçut une automobile noire faire de même, s’arrêtant devant elle. Il lui suffit de descendre de son véhicule afin que la jeune fille le reconnaisse. Il s’agissait de son frère jumeau. Retirant les clés du contact, elle s’éloigna de la moto afin de sauter dans les bras de son frère. Elle était heureuse de le revoir.


-« Contente de te voir, Alexïs. Tu vas bien ? »
-« Oui, je vais bien, merci. Tu sembles être en pleine forme. »
-« Qu’est-ce que tu crois ? Je vais passer la journée avec ma famille, normal que je sois heureuse, non ? »
-« Tu as raison. Je suis également ravi de vous voir, aujourd’hui. Bonjour ! Comment te portes-tu, William ? »

Elle attrapa le bras de Will, qui se tenait en proximité. Il était temps de rentrer à l’intérieur plutôt que de discuter dans le froid. Erïka entra dans l’immeuble et monta jusqu’à l’appartement de sa grand-mère. Elle ne s’attendait pas du tout à ce qui se trouvait derrière la porte. Anieta avait dissimulé avec soin la vérité sans toutefois oser lui mentir. Elle connaissait bien sa petite fille. Cette dernière se serait doutée de quelque chose au moindre faux pas. Lorsqu’elle lui avait téléphoné afin de l’inviter à passer l’après-midi chez elle, en famille, elle n’avait jamais précisé que son père ferait acte de présence. Erïka n’avait pas posé de questions. Sauf une seule. Pouvait-elle inviter William ? Évidemment, si Anieta avait refusé, cela aurait été louche… Et puis, puisqu’il était considéré comme de la famille, pourquoi ne pourrait-il pas venir, lui aussi ? Il pourra peut-être s’occuper d’Erïka si certaines choses tournaient mal.

Erïka toqua à la porte. Quelques secondes plus tard, celle-ci s’ouvrait et Anieta accueillait ses petits-enfants, les serrant à tour de rôle dans ses bras. Lorsque ceux-ci eurent retiré leurs manteaux et leurs bottes, elle les invita à s’assoir dans le salon. L’adolescente n’avait jamais remarqué qu’il y avait une autre personne, présente dans la pièce, avant de se laisser tomber sur le canapé. Un homme, plutôt grand, était installé dans un fauteuil. Il restait silencieux, ses yeux azurés fixant Anieta alors que cette dernière revenait dans la pièce. Un léger sourire étira ses lèvres alors qu’il observait à tour de rôle les jumeaux. Qui était-il ? D’où sortait-il ? Erïka avait beaucoup de questions à poser. Elle dévisageait l’individu avant de se rapprocher d‘Alexïs afin de lui murmurer quelques mots en russe.


-« Il sort d’où, lui ? Il n’a pas l’air commode… »
-« Je ne sais pas… Grand-mère ne nous a jamais précisé qu’elle avait invité une personne nous étant inconnue… » Chuchota à son tour son frère.

Elle ne se doutait pas que l’homme en question comprenait le russe. Avait-il entendu ce qu’elle avait dit ? Elle n’en savait rien. Se penchant vers Will, assit à sa droite, elle vint pour lui murmurer quelque chose. Cependant, Anieta l’en empêcha en prenant la parole. Il était temps de savoir qui était cet homme étrange.

-« Merci d’être venus les enfants. Je suis contente de vous voir. Si je vous ai demandé de venir, c’est pour une raison particulière. Il y a quelqu’un que j’aimerais vous présenter. En fait, je crois qu’il est en mesure de le faire lui-même. N’est-ce pas, Sergeï ? »

Alexïs tourna immédiatement la tête en direction de sa sœur. Avait-il bien entendu ? Ce devait être une simple coïncidence… comme le fait que l’homme soit blond aux yeux bleus. Secrètement, il espérait que cet homme soit bien celui qu’il pensait. Son père. Cependant, il était certain qu’une telle chose soit impossible. Sa grand-mère ne lui aurait pas caché une si grande nouvelle. Et pourtant…

L’homme se redressa légèrement dans son fauteuil. Il était visiblement mal à l’aise. Il observa tour à tour Alexïs, puis Erïka. Son regard s’attarda pendant quelques secondes sur William. Il avait été prévenu par Anieta qu’il serait présent aujourd’hui. Elle avait été claire sur le fait qu’Erïka et lui était très proche, comme un frère et une sœur. Il faisait partie de la famille. Même s’il ne le considérait pas comme tel, il devait respecter le fait que l’adolescente tenait énormément à lui. Elle avait souhaité qu’il soit présent en cette journée spéciale. Comme le refus d’Anieta lui aurait mis la puce à l’oreille, elle avait accepté que William soit là. Si ce dernier avait été mal à l’aise de se retrouver dans la situation actuelle, il aurait décliné l’invitation. Après avoir rencontré Eleonnora, il savait que le fameux moment de la rencontre entre les jumeaux et leur paternel approchait.
Détournant le regard, Sergeï reporta de nouveau son attention sur les jumeaux. Il s’éclaircit légèrement la voix avant de prendre la parole.


-« Bonjour. Hummm... Allons directement au but de cette rencontre. Anieta m’a contacté il y a quelques années et m’a parlé de vous. Elle affirmait que vous étiez à ma recherche depuis longtemps. Et donc… me voilà, aujourd’hui. Je tenais à vous rencontrer et, éventuellement à faire partie de votre vie… »

-« Attend, attend, attend. Ça veut dire quoi ces conneries ? » Lança Erïka, pas certaine de vouloir connaitre la réponse. Elle jeta un regard interrogatif à William, cherchant un peu de soutien de sa part. Il devait se poser autant de questions qu’elle, non ?

-« Je suis votre père. »

Erïka observa l’homme, les yeux grands ouverts. Puis, elle tourna la tête vers William, ensuite vers Alexïs. Avait-elle bien entendu ? Non, elle devait rêver. Cependant, en constatant l’expression de son frère, en voyant son visage s’illuminer légèrement alors qu’il tentait de retenir le flot de questions qui l’assaillait, elle réalisait que c’était la vérité. Si cela n’aurait pas été le cas, elle l’aurait réalisé assez rapidement. Elle leva les yeux vers l’homme qui prétendait être son géniteur. Ils avaient exactement les mêmes yeux, d’un bleu océanique éclatant. Ils possédaient la même chevelure blonde, très pâle, les faisant coller à certains stéréotypes entourant les russes. Cependant, cet homme avait quelque chose de particulier. Ses traits semblaient durcis en permanence, comme si à force d’avoir l’air sévère son visage s’était figé dans cette position. Aucun moyen de le trouver sympathique avec un tel air.

-« Tu… tu es notre père… » Articula lentement l’adolescente. « Et… tu débarques comme ça, sans prévenir ? Tu as été absent pendant si longtemps. Au moment où on aurait eu besoin de toi, tu n’étais pas là. Pourquoi ? »

-« Écoute, ce n’était pas si simple… Je n’ai jamais su que votre mère était tombée enceinte de moi. En fait, c’est quand Anieta a pris contact avec moi que je l’ai découvert. »

-« Cela signifie donc que vous étiez au courant de notre existence depuis un moment, n’est-ce pas. Grand-mère, pourquoi ne nous en avoir jamais parlé alors que nous le cherchions tant, auparavant ? »

-« J’ai promis à Sergeï de ne rien dire tant qu’il ne serait pas prêt à vous faire part de son existence. »

-« Quoi ? Et nous dans tout cela ? On avait le droit de savoir ! Tu n’avais pas à nous cacher une telle information ! »

Erïka ne comprenait pas. Pourquoi sa grand-mère avait pris contact avec leur père sans rien leur dire ? Pourquoi leur dissimuler une telle nouvelle ? Elle détestait ce genre de cachoterie et cela la mettait en rogne. Elle avait cherché son père alors que ce dernier était trop lâche pour avouer qu’il était au courant de leur existence. Elle ne savait plus comment prendre cette nouvelle.

-« Ce n’est pas si simple, Erïka. Votre mère était ma maitresse, à l’époque. Lorsque je l’ai quitté pour retrouver ma femme, je n’ai jamais cru qu’elle aurait pu tomber enceinte de moi. Je ne l’ai jamais revue par la suite. Je ne pouvais pas risquer de perdre ma famille en avouant du jour au lendemain que j’avais des enfants illégitimes. Je devais m’assurer que vous étiez bel et bien ma descendance, avant de prendre une décision… »

-« Eh bien, bravo la fidélité ! La tête que doit faire ta femme maintenant qu’elle sait qu’en plus d’être con, tu es infidèle. On voit qu’on peut te faire confiance… »
-« Parle-moi sur un autre ton, jeune fille ! »

S’il y avait bien une chose que Sergeï Davidoff ne supportait pas, c’était bien qu’on lui parle de la sorte. Il n’allait pas se laisser marcher sur les pieds par quiconque et encore moins par sa propre fille. Cependant, Erïka avait tout un caractère. Elle n’allait pas se faire crier des ordres par la tête, elle n’était pas un cabot. Lorsqu’elle décidait de se montrer agressive, il ne valait mieux pas rester sur son chemin.

-« Je te parlerais sur le ton que je veux. Tu n’as pas d’ordre à me donner ! »
-« Calme toi Mira… tu commences et t’énerv… »
-« Non, je ne me calmerais pas ! Toi, continue à jouer les gentils petits chiens soumis, moi je n’ai pas de compte à lui rendre. Il est peut-être notre père, mais il ne me donnera certainement pas des ordres. »

Frustrée, elle se leva et quitta la pièce, attrapa son sac au passage. Elle alla s’enfermer dans sa chambre, celle qu’elle occupait lorsqu’elle passait la nuit chez sa grand-mère. Lançant son sac sur son lit, elle ne tarda pas à fouiller à l’intérieur pour en sortir une cigarette qu’elle alluma avec empressement. Ouvrant la seule fenêtre de la pièce, elle profita de l’air frais du mois de janvier. Elle avait besoin d’un peu de solitude afin de se calmer et de réfléchir à toute cette situation.

Pendant ce temps, le silence s’était installé dans le salon. Personne n’osait dire quoi que ce soit. Alexïs regardait ses pieds alors qu’Anieta faisait des gros yeux à Sergeï. L’espace de quelques secondes, on aurait cru voir un rictus de découragement passer sur le visage de ce dernier. Il avait foiré et il n’allait pas tarder à se le faire reprocher.


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William McKellen
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MessageSujet: Re: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Dim 12 Mai 2013 - 12:40

Lorsqu'Erïka avait débarqué dans sa chambre pour qu'il l'accompagne chez Anieta, Will avait senti qu'il allait le regretter. Il fit en sorte de ne rien montrer de son appréhension et de son stress mais il redoutait comment les choses allaient se passer. Si la russe ignorait ce qui l'attendait, le rouquin lui savait tout. Il l'avait appris un peu par hasard, ayant débarqué chez Anieta au mauvais moment et à présent, il était tenu au secret. Même si l'envie de tout révéler à sa soeur lui brûlait les lèvres, il avait promis qu'il ne dirait rien. Et il n'avait qu'une parole. Mais cacher ainsi la vérité à Erïka lui faisait mal, il se sentait un peu comme un traitre. Sans doute n'aurait-il pas tenu parole si cela n'avait pas été quelque chose de bénéfique pour la jeune femme. Verrait-elle les choses comme ça elle, par contre ? C'était une bonne chose que sa famille se retrouve, qu'elle s'agrandisse, non ? Mais quelque part, Will savait qu'Erïka ne le vivrait pas comme tel. Et il savait aussi qu'elle aurait raison.

C'est donc plus silencieux que d'habitude que le mutant accompagna sa petite soeur jusque chez Anieta. Le fait que le trajet se fasse en moto arrangeait bien le rouquin puisqu'ainsi, ils ne pouvaient communiquer avant d'être arrivés à destination. Il faisait en sorte de ne rien laisser paraitre, se comportant le plus normalement possible pour qu'Erïka ne se doute de rien. Mais plus il agissait comme ça et plus il avait l'impression de la trahir, sensation qu'il détestait par dessus tout. Vivement qu'elle découvre tout pour que tout cela prenne fin...
Arrivés devant chez Anieta, le duo tomba sur Alexïs qui venait tout juste d'arriver. Lui non plus ne se doutait de rien. Will resta un peu en retrait tandis que les jumeaux se saluaient, évoquant la bonne journée qu'ils allaient passer. Si seulement ils savaient... Le rouquin fit un sourire à Alexïs, un peu crispé, pressés qu'ils entrent afin qu'ils découvrent le pot aux roses.


"Salut Alexïs. Oh j'vais bien, c'toujours cool d'passer un moment avec vous."

Il était sincère même si cette fois, il aurait préféré être ailleurs. Mais s'il avait refusé de venir, Erïka se serait douté de quelque chose car il n'avait aucune excuse... et mentir était hors de question. Se faisant attraper le bras, Will n'eut d'autre choix que de suivre le mouvement, grimpant les étages en leur compagnie. Arrivés chez la vieille femme, il la salua puis regarda aussitôt autour d'eux. Il ne tarda pas à voir où était le fameux père, assis sur un canapé du salon. Les jumeaux ne l'avaient pas encore vu pour le moment mais le rouquin ne le quittait pas des yeux. Ainsi donc, c'était lui ? Il avait plusieurs traits communs avec ses enfants, on ne pouvait le nier. Etait-il tout aussi nerveux que le rouquin l'était ? En tout cas, il ne l'était certainement pas pour les mêmes raisons. Découvrir ses enfants devait être un moment vraiment particulier.

Will suivit les jumeaux qui se posèrent sur le canapé, s'installant à droite d'Erïka, située entre Alexïs et lui. Cette fois, ils découvraient cet inconnu qui trônait dans le salon de leur grand-mère. A voir leur réaction, ils se demandaient vraiment qui était ce type et ce qu'il fichait ici. Pas besoin de comprendre le russe ou d'avoir une super ouïe pour savoir que c'était ce qu'ils étaient en train de se chuchoter à l'instant présent. A tous les regarder ainsi, le rouquin se sentait vraiment comme un intrus. N'allait-il pas gâcher ce moment si particulier à cause de sa présence ? Anieta ne lui laissa pas le temps de s'en inquiéter, prenant les choses en main avant que l'atmosphère ne tourne en ambiance de western, tout le monde se dévisageant sans dire un mot.

A l'annonce de la vieille femme, Alexïs réagit. Il ne parla pas pour autant mais on sentait qu'il faisait le lien dans sa tête. Lorsque Sergeï posa les yeux sur Will, même juste quelques secondes, le rouquin se sentit encore plus mal à l'aise. C'était comme si cet homme se demandait ce que fichait ici un tel intrus. Mais il n'en fit cependant pas la remarque. Sans doute qu'Anieta lui avait expliqué la situation. Malgré tout, Will ne se sentait vraiment pas à sa place. Cette sensation empira lorsqu'il commença à prendre la parole et qu'Erïka le coupa, tournant la tête vers le rouquin comme si elle cherchait du soutien. Mais Will regardait ailleurs, n'osant pas faire face à Erïka. Puis, la sentence tomba et Sergeï dévoila explicitement qui il était vis à vis d'eux.

Ca y était, ils savaient tout. Alexïs semblait ravi et Erïka plutôt choquée. Elle avait toutes les raisons du monde de lui reprocher son absence et de ne pas sauter de joie. Will ne prit la parole à aucun moment, simplement spectateur. Il ne voulait pas s'en mêler, en tout cas pas pour le moment. Cela ne le regardait pas après tout mais il aurait préféré que ses "retrouvailles" se déroulent pour le mieux, qu'ils soient heureux d'enfin se connaitre. Par le passé, la jeune femme avait confié au rouquin avait fait des recherches sur son père, en vain. C'était donc qu'elle désirait le rencontrer non ? Hé bien c'était chose faite, il était devant elle. Mais sa réaction n'était pas celle escompté. Sans doute que les circonstances ne s'y prêtaient pas trop.

Le père Davidoff expliqua alors les raisons qui l'avaient poussé à ne pas se dévoiler plus tôt. Comme l'avait déjà dit Will lors de sa rencontre avec Nora, quand il avait appris la nouvelle, il estimait que tout était la faute de Sergeï et qu'il n'avait pas à faire payer à ses enfants les erreurs qu'il avait faites. Il trompait sa femme puis ne voulait pas reconnaitre les enfants qui en avaient résulté ? Quel honneur, quel sens des responsabilités... Pour ça, Will n'était qu'on ne peut plus d'accord avec sa soeur. Mais cette dernière alla trop loin au goût de son père qui s'emporta. Croyait-il réellement avoir une quelconque autorité sur elle ? Il rêvait. Il ne ferait que se la mettre à dos. Et cela ne loupa pas... Se fâchant même contre son jumeau, elle se leva, ramassa ses affaires et s'enferma dans sa chambre en claquant la porte. Quelle super journée en perspective, comme l'avait redouté le rouquin qui, enfin, se décida à prendre la parole.


"J'savais qu'ça tournerait comme ça..." lâcha t-il en soupirant "J'vais aller lui parler. Et j'sais que j'me mêle d'ce qui m'regarde pas, qu'on s'connait pas et qu'j'ai pas à vous juger mais... quand bien même z'êtes son père, pour elle vous allez pas l'dev'nir en deux jours. Vous avez dix huit ans à rattraper là, songez-y." signala t-il à l'adresse de Sergeï tout en se levant

Sans rien ajouter de plus, le mutant se dirigea vers la chambre. Il aurait pu se dédoubler pour à la fois être dans le salon et dans la chambre mais il ignorait si le père était au courant à propos des mutants. Il ignorait qu'il était comme eux, que le gêne X était transmis par le père. Face à la porte, le rouquin toqua puis, sans attendre de réponse, entra, refermant la porte derrière lui. Erïka était à la fenêtre en train de fumer. Sans doute pour calmer ses nerfs... Jamais elle n'avait réussi à stopper complètement le tabac. Mais ce n'était pas le moment de lui faire une réflexion sur le sujet, elle faisait bien ce qu'elle voulait. S'approchant doucement, Will s'appuya contre le mur à côté de la fenêtre où elle se trouvait. Par quoi devait-il commencer ? Sans doute par la vérité. Oui elle allait se fâcher, il le savait, mais il ne voulait plus taire une seconde de plus ce secret qu'il avait gardé. De toute façon, elle savait tout à présent, il était donc inutile de se voiler la face. Peu importe les conséquences, il avait besoin de tout lui avouer.


"J'étais au courant. Un soir, j'suis passé chez Anieta à l'improviste comme j'le fais souvent. Et c'soir là... j'ai appris qu'votre père était ici, à New York, qu'il était venu pour vous voir, que l'rencontre s'ferait sous peu. Anieta m'a tout raconté mais... elle m'a d'mandé d'rien vous dire. J'devais t'nir ma langue jusqu'à aujourd'hui et... p'tain, c'était dur ! J'voulais t'le dire, j'voulais qu'tu saches cette si importante nouvelle pour toi ! Mais j'avais pas l'droit. Plusieurs fois, j'ai faillis vendre la mèche, j'déteste te cacher des choses... J'me suis détesté mais j'avais promis. J'sais qu'c'est pas une excuse mais j'suis désolé d'rien t'avoir dit."

Devait-il parler d'Eleonnora ? Car c'était grâce à sa présence si le rouquin savait tout ça. Sans doute Sergeï tenait-il à le dire lui-même, mais cette fois, le rouquin estimait qu'il pouvait bien en parler. Il ne voulait plus rien cacher à sa soeur et elle allait de toute façon le savoir à un moment ou à un autre. Alors pourquoi attendre ? Qu'est-ce que cela allait changer que ce soit Will ou son père qui le lui annonce ? Cette fois, le rouquin voulait dire tout ce qu'il avait sur le coeur, se libérer de cette pression.

"T'as une soeur. Enfin une demi-soeur. Eleonnora qu'elle s'appelle. En fait, j'l'ai rencontrée ici, quand j'ai rendu visite à Anieta. Elle f'sait la même chose et c'est comme ça que j'ai tout appris. C'est dingue comme elle t'ressemble d'ailleurs, vous pourriez être d'vraies soeurs." expliqua t-il sans quitter Erïka des yeux "Et comme j'l'ai dit à Anieta c'soir là, j'trouve qu'votre père a grave merdé. J'ai pas capté pourquoi il a attendu si longtemps avant d'venir vers vous. A croire qu'il assume pas ses conn'ries. Les faux semblants, c'tellement important parfois faut croire... M'enfin, maint'nant qu'il est là, c'est plutôt bien non ? T'm'avais dit qu'tu le cherchais et grâce à Anieta, il est là. Bon il a l'air du genre sévère et autoritaire, c'pas gagné... Mais ce s'rait cool d'lui laisser une chance non ?"

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"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


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MessageSujet: Re: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Dim 12 Mai 2013 - 16:30

Il y avait certaines choses dans la vie qui étaient impossibles à prévoir. Malgré notre bon vouloir, on ne pouvait deviner de quoi le futur était fait sans en posséder le don. Il fallait donc accepter l’évidence : certains événements imprévus arriveront toujours dans nos vies sans crier gare. Il fallait savoir les accepter car on ne pouvait rien y faire. Bien sûr, certaines choses étaient bien plus difficiles à réaliser que d’autre. Apprendre du jour au lendemain que notre père absent, qui n’avait jamais existé auparavant cherchait soudainement à tisser des liens, ce n’était pas rien. Chaque personne avait sa propre façon de réagir face à ce genre de nouvelle.

Alexïs se sentait heureux d’enfin faire face à son géniteur. Malgré tout, un petit doute planait. Il était légèrement nerveux, ne sachant ce qu’allait donner une telle rencontre. Et s’il n’arrivait pas à s’entendre avec son père qui, avouons-le, n’était pas le genre d’homme que l’on voulait contredire ou simplement désobéir. Il semblait stricte, sévère. Et s’il n’était pas fier de ce qu’il était ? Et s’il était déçu de ses enfants, au final ? Après tout, il avait déjà une famille, rien ne l’obligeait à l’accepter. Il espérait simplement ne pas se retrouver blessé dans toute cette histoire de famille. Il avait déjà perdu une mère, il ne souhaitait pas vivre la déception d’être abandonné ou rejeter par son père.

Erïka, elle, préférait s’exprimer avec franchise, ses mots tranchants se destinant à celui qui avait décidé de se cacher pendant toutes ses années. Pourquoi avoir attendu si longtemps ? La jeune fille ne voyait aucune raison valable qui pourrait expliquer son absence. Elle aurait eu besoin de lui, il y a trois ans. Pourtant, il avait décidé de se taire et de mener sa petite vie avec cette autre famille qu’il avait déjà. Elle était fâchée contre lui de les avoir ainsi ignorés, mais elle était également blessée parce que sa grand-mère lui avait caché la vérité pendant tout ce temps. Pourquoi ne pas leur avoir dit ? Comme un animal sauvage gravement blessé, la jeune fille tentait de se protéger. Elle réagissait au quart de tour alors que son père espérait obtenir un peu de respect de sa part. Il ne pouvait pas tenter de la contrôler comme il avait le contrôle sur ses soldats.

Dans tout cela, il y avait le pauvre petit Will qui n’avait rien demandé. Il n’avait pas désiré assister à cette réunion de famille, mais il l’avait tout de même fait afin de ne pas mettre la puce à l’oreille de sa sœur quant à ce qui l’attendait aujourd’hui. Maintenant, il devait gérer une petite sœur colérique qui ne voulait rien savoir de son géniteur. Cependant, il était peut-être le seul à pouvoir la calmer alors qu’elle quittait la pièce, furieuse.

Un silence des plus lourds s’installa dans le salon après le départ d’Erïka. Anieta savait bien que le caractère de sa petite-fille ferait des flammèches avec celui de son paternel. Ça n’avait pas pris de temps. Alexïs, trop nerveux face à cette scène désagréable, réalisa soudainement qu’il avait des messages à répondre sur son téléphone et se mis à fixer l’écran, sans un mot. Il ne restait plus que Sergeï qui fulminait légèrement face au comportement de sa fille. Pourtant, Anieta l’avait bien prévenu de ce qui pouvait arriver s’il décidait de jouer les pères autoritaires. Bien sûr, elle savait qu’il avait toujours reçu ce type d’éducation. Il ne connaissait rien d’autre que la discipline. Malheureusement pour lui, cela ne fonctionnait pas. Il allait devoir faire des efforts et changer afin de pouvoir tisser des liens avec ses enfants.

Will se leva finalement de son siège. Il allait s’occuper d’Erïka. Il savait comment agir avec elle. Il la connaissait par cœur. C’était le mieux placer pour tenter d’anticiper son comportement et ses réactions. Avant de quitter le salon, il laissa échapper un commentaire à l’adresse de Sergeï. Bien sûr, ce dernier n’acceptait pas qu’un inconnu lui parle ainsi, mais Anieta le dissuada bien rapidement de répliquer d’un bref signe de la main. Pas question d’empirer les choses, pour l’instant. Lorsque Will quitta la pièce, Anieta pris la parole.


-« Il a raison, Sergeï. Tu vas devoir accepter que ta fille à le même caractère que toi et qu’il va falloir que vous fassiez tous deux des efforts pour vous entendre. Tu as été absent de leur vie pendant longtemps. Maintenant, c’est toi qui dois leur montrer que tu veux réellement être là pour eux. Oublie les sales habitudes que tu as prises à l’armée. Tu n’es pas leur Général, mais bien leur père. Je vais aller faire un peu de thé. Pendant ce temps, apprend à connaitre ton fils. »


À ces mots, Alexïs leva immédiatement la tête. Il toisa son père un instant, puis observa sa grand-mère qui passait à la cuisine. Il rangea son téléphone dans la poche de son pantalon puis regarda ses chaussures, visiblement intimidé. Il ne savait pas trop quoi dire. C’est Sergeï qui fut obligé de prendre la parole afin de briser ce silence atrocement lourd. Il ne savait pas trop comment s’y prendre et tenta maladroitement d’entamer la discussion grâce aux informations qu’Anieta lui avait données, avec les années, sur son fils.

-« Humm… Anieta m’a dit que tu étudiais la médecine. C’est un métier très honorable. Où en es-tu dans tes études ? »
-« Je n’en suis qu’à ma première année. Je compte devenir médecin généraliste et ainsi être en mesure de soigner n’importe quel type de patient. La chirurgie, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Je préfère être avec les patients et les soutenir dans ce qu’ils vivent. Selon certains professeurs, j’ai les qualités pour faire un excellent médecin. Ils me voient bien dans le feu de l’action, dans les services urgences des hôpitaux où de nombreux cas de patient en danger de morts se présentent à chaque jour. Je dois avouer que ma capacité à prendre des décisions et agir rapidement sous pression me permettrait de travailler dans cette aile de l’hôpital. Étant donné le temps que je possède avant de décider dans quelle branche de la médecine je souhaite m’orienter afin de faire carrière, je préfère ne pas y réfléchir tout de suite. Je privilégie avant tout mes études et mes résultats scolaires qui se trouvent être supérieurs à la moyenne générale, sans vouloir me vanter. »

Sergeï haussait les sourcils tout en écoutant Alexïs parler. Il était toujours comme ça ? Il parlait avec politesse, tout le contraire de sa sœur. Il était courtois et s’adressait à lui d’une voix calme sans toutefois dissimuler cette passion qui l’animait alors qu’il parlait de ses études. Aux yeux de son père, la médecine était un domaine tout à fait honorable. Il était ravi de constater que son fils faisait quelque chose d’important de sa vie. Il était prêt à faire en sorte qu’il reste dans cette voie.

-« Je suis ravie de voir que tu prends des études au sérieux. Il n’y a pas assez des personnes qui en font de même. À quelle université étudies-tu ? »
-« Je suis inscrit à la New York University School of Medicine. »
-« Ça me semble être une bonne école. Qui paye tes études ? »
-« Moi-même. Je travaille pour l’un des restaurants les plus réputés de la ville en tant que serveur. Les coûts de mes études sont élevés, mais j’arrive tout de même à payer mon appartement à chaque mois. J’ai la chance de pouvoir bénéficier d’un programme de prêts qui m’aident à payer mes études jusqu’à ce que je quitte l’école. »
-« Je vois. J’ai peut-être une solution à te proposer. Il y a maintenant quelques années que je mets de l’argent de côté pour ta sœur et toi. Je suppose que nous pourrions faire en sorte de rembourser tes prêts et payer tes années d’études à venir si tu conserves d’excellents résultats académiques. En tant que père, je crois qu’il est de mon devoir de m’assurer que vous puissiez bénéficier des meilleures études qui soit. »
-« C’est… c’est très gentil, je vous en remercie, mais vous n’êtes pas obligé de faire cela. Nous venons à peine de nous rencontrer, après tout. Les frais sont faramineux, je ne peux accepter une telle chose.»
-« L’argent n’est pas un problème, dans mon cas. »

Ils continuèrent de discuter pendant qu’Erïka fumait, dans une autre pièce, cherchant à se calmer. Pour qui il se prenait, cet homme ? Il était peut-être son père, mais elle n’allait certainement pas se laisser marcher sur les pieds. Il n’avait aucune autorité sur elle. Il ne la connaissait pas. Alors qu’elle ruminait toute cette histoire, fixant la rue depuis la fenêtre ouverte de la pièce, Will entra dans la pièce. La jeune fille se redressa et tourna la tête vers lui avant d’observer de nouveau la fenêtre. Il n’avait pas à subir ça, le pauvre. Elle qui pensait qu’ils allaient passer la journée en famille, elle ne s’était pas attendue à ce genre de chose.

-« Désolé que tu doive supporter ça. Je ne m’attendais pas à voir ce qui me sert de père débarquer soudainement dans ma vie et se croire tout permis. »

Elle continuait de fumer, prenant garde à ne pas souffler la fumée qui sortait de ses lèvres en direction de son frère. Elle n’avait jamais totalement arrêté la cigarette. Lorsqu’elle était stressée ou en colère, elle fumait afin de se détendre. Cela arrivait bien plus rarement, mais elle ne pouvait s’empêcher de le faire. Au moins, son frère ne fit aucun commentaire sur le sujet. Elle l’en remercia silencieusement. Elle ne s’attendait pas à ce que Will, plutôt que de faire comme à son habitude et tenter de lui faire voir le bon côté des choses, lui révèle qu’il était déjà au courant pour cette rencontre. Elle se retourna vivement vers lui, le fixant de ses grands yeux azurés avant de froncer les sourcils. Non, elle devait avoir mal entendu. Pourtant, il lui révélait finalement la vérité. Il était un peu tard pour cela, non ?

-« Attend… t’es en train de me dire que tu savais tout ?! Je suis ta sœur ! Tu ne m’as rien dis de tout ça ! Il s’agit de ma famille, de mon père et tu me caches une telle chose !? Je le cherche depuis des années et, pourtant, tout le monde a cru bon de nous cacher son existence. Déjà, ma grand-mère me cache la vérité durant des années et, maintenant, toi aussi tu t’y mets ?! Est-ce que je peux réellement vous faire confiance où vous en avez d’autres des petits secrets comme ça !? »

Elle était encore plus frustrée qu’elle ne l’était en entrant dans cette pièce. Son frère. Son propre frère de cœur en qui elle avait toute confiance venait de lui cacher une information capitale sur l’existence de son père. Pourquoi ? Pourquoi avait-il accepté de faire ça ? Elle se sentait trahie par les siens. Elle pensait leur faire confiance, mais ils ne se gênaient pas pour lui cacher des choses qu’elle devrait savoir. Elle était en colère contre tout le monde. Elle avait l’impression que personne n’avait pensée à elle dans toute cette histoire.

Erïka fit quelques pas dans la pièce et s’assit sur le bord du lit. Elle n’en revenait pas. Comment Will avait-il pu lui faire ça ? La jeune fille ferma les yeux, l’espace d’un instant. Lorsqu’elle les rouvrit, elle ne porta aucune attention à son frère qui lui expliquait maintenant qu’elle avait une demi-sœur. Quoi !? Il en connaissait d’autres des faits intéressants sur sa famille ? Il savait tout alors qu’elle, elle avait toujours été privée de la vérité concernant son propre père. Comment devait-elle réagir, maintenant ? Elle ne trouvait pas d’autres refuges que la colère afin d’exprimer la peine qu’elle ressentait. Elle n’arrivait pas à se réjouir de cette nouvelle, pour l’instant. Elle se sentait… trahie.
Maintenant, comme le disait Will, son père était là. Bien qu’il n’était pas d’accord avec sa façon d’agir, il pensait qu’il valait mieux se réjouir de sa présence. La jeune fille leva les yeux vers lui.


-« Ça fait trois ans qu’il se cache. Trois années pendant lesquelles on pensait qu’on ne le rencontrerait jamais. Je suis censée faire quoi, maintenant ?! Vu que tu sembles tout savoir, tu vas pouvoir me le dire, non ? Alors, ma fameuse demi-sœur, elle est aussi chiante que lui ? J’ai cherché pendant longtemps à connaitre ma famille, mes origines. Maintenant que je vois ce que ça donne, je préfère laisser tomber. »

La jeune fille se leva et écrasa son mégot sur le bord de la fenêtre avant de le jeter à l’extérieur. Elle quitta la pièce dans la ferme intention de retourner à l’institut. Elle n’avait pas envie de rester plus longtemps ici. Elle ne voulait faire aucun effort afin de dialoguer avec son père. Si Will voulait rentrer, il n’aura qu’à demander à Alexïs de le reconduire. Elle, elle en avait assez entendu. Elle était impulsive lorsqu’elle s’énervait. Avant que tout ne dégénère et que les choses empirent, elle préférait foutre le camp. Cependant, sa grand-mère ne comptait pas la laisser faire alors qu’elle venait à peine de remettre les pieds dans le salon, déposant tasses et cafetière sur la table basse.

-« Où vas-tu comme ça, Erïka ? »
-« Je rentre chez moi. »
-« Reste ici, s’il te plait. »
-« Non. »
-« Laisse tomber, Anieta. Elle n’en fait qu’à sa tête. Elle est… »
-« Je suis quoi ? Indisciplinée ? Chiante ? Allez, vas-y, dis le ce que tu penses. De toute façon je n’en ai rien à foutre. Tu débarques, comme ça, dans nos vies, en pensant qu’on va t’accueillir les bras ouverts. T’avais qu’à le faire il y a trois ans ! »
-« Tu penses que c’est si simple que ça de devoir gérer le fait d’avoir soudainement deux enfants sortis d’une aventure vieille de dix-huit ans ? »
-« Dis-le si tu ne veux pas de nous ! Rien ne t’oblige à t’occuper de nous, on le fait très bien seuls ! »
-« Ça suffit, vous deux… »
-« Je m’en vais. »
-« Non, Erïka, tu vas rester ici. » Fit sèchement Anieta.
-« Je n’ai aucune raison de rester, alors je pars. »
-« Alors fais-le. Ta mère me faisait les mêmes crises, avant. »
-« Je t’interdis de… »
-« ÇA SUFFIT ! » Cria Anieta. « Erïka Miraslova Davidoff, tu vas t’assoir immédiatement et sans discuter. Sergeï, arrête de la provoquer tout de suite ! William ! Va t’assoir à côté d’elle. L’heure est à la discussion et je ne veux pas en entendre un élever la voix ! Suis-je claire !? »

Il était rare qu’Anieta se fâche et se mette ainsi à crier sur ses petits-enfants. Terrifié, Alexïs préféra regarder ses chaussures. Sergeï se tut aussitôt et se réinstalla discrètement dans son fauteuil, n’osant pas contredire la vieille femme. Erïka, quant à elle, la fixa. Lorsqu’elle se faisait ainsi appeler par son nom au grand complet, ce n’était jamais un bon signe. Aussitôt, elle laissa tomber ses affaires et obéis à sa grand-mère en allant s’assoir sur le canapé. Anieta pris le temps de se servir une tasse de café. Elle en servit également une pour William qu’elle lui tendit alors qu’il retrouvait également sa place. Elle avait soudainement retrouvé son calme et sa sérénité habituelle, souriant au pauvre rouquin qui avait dû assister à cette scène. Elle servit les trois autres tasses de café, puis s’installa confortablement dans son fauteuil préféré afin de boire une longue et brûlante gorgée de son breuvage. Elle fut la première à rompre le silence.

-« Maintenant, nous allons discuter calmement. Aurais-tu quelque chose à dire à quelqu’un, Erïka ? »
-« Non. »
-« Erïka… »
-« Bon, d’accord. » Elle se tourna vers Will. « Même si tu m’as caché la vérité, je t’aime beaucoup Will. Dé… dé… désolé de t’avoir crié dessus. » Elle vint le serrer dans ses bras. « Si un jour tu me refais la même chose, je glisse un caniche sous tes couvertures pendant la nuit. » Fit-elle sur un ton calme, comme si c’était tout à fait banal.
-« Et maintenant ? »
-« Maintenant quoi ? »
-« Bon, Sergeï, et si c’est toi qui commençait ? » Fit Anieta en soupirant.
-« Moi, mais pour… » Il se tut en voyant le regard de reproche que lui faisait Anieta. « Mmmh… Bon… Humm… Erïka, qu’aimes-tu faire dans la vie ? »

Erïka soupira. Elle n’avait pas envie de supporter ce genre de conversation. Pourtant, elle ne semblait pas vraiment avoir le choix. Après avoir poussé un petit soupire, elle daigna répondre à la question de son père. Ça n’allait pas être simple pour eux de s’apprivoiser, mais la jeune fille allait faire des efforts, de peur de voir de nouveau sa grand-mère se fâcher. Elle lui faisait tellement peur lorsqu’elle était en colère…

-« Eh bien… étudies les langues. J’aime… j’aime la moto et… j’adore embêter Will. »
-« Je vois… Ça fait longtemps que vous vous connaissez ? »

La jeune fille leva les yeux vers son frère afin de le laisser répondre. Elle voulait l’intégrer un peu dans la conversation afin de se sentir un peu moins seule face aux questions de son père. Et puis, si ce dernier voulait faire partie de la famille, il allait devoir accepter le fait que Will avait une grande importance dans sa vie.
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MessageSujet: Re: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Dim 12 Mai 2013 - 18:32

Will était franc et même s'il ne connaissait pas les gens à qui il parlait, il ne se gênait pas pour dire ce qu'il pensait d'une situation ou d'une personne. A quoi bon se voiler la face et faire comme si de rien n'était ? Actuellement, il y avait un sacré problème familial et même si théoriquement tout cela ne regardait pas le rouquin, il était tout de même un spectateur. Mais plutôt que de rester impuissant, il désirait tout faire pour que la situation s'arrange. Il détestait voir sa soeur en détresse et même si elle ne l'affichait pas clairement, la masquant sous un masque d'agressivité, Will savait bien qu'elle était tout simplement perdue. Comment réagir face à quelqu'un que l'on pensait ne jamais voir et qui débarque jour au lendemain en s'imposant comme dirigeant de la famille ? Si Alexïs n'osait trop rien dire, ce n'était pas le cas d'Erïka qui ne se gênait pas pour jeter ses torts au visage de son père.

Will ne se gêna pas non plus pour lui faire une remarque du même style alors qu'il se levait pour aller voir sa soeur, enfermée dans sa chambre. Il ne jugeait pas Sergeï mais il trouvait juste qu'il s'y était mal pris. S'il désirait arranger les choses, ce n'était pas en s'imposant et en bridant sa fille qu'il réussirait à quoique ce soit. Le rouquin laissa les autres entre eux et décida de tout avouer à sa soeur. Oui, c'était trop tard, oui, il s'en voulait, mais il ne voulait plus rien lui cacher. Il avait détesté avoir à le faire, se sentant coupable de trahison. Et vu sa réaction, nul doute qu'elle se sentait trompée, trahie. Comment ne pas l'être à sa place ? Will espérait cependant qu'elle comprenne qu'il n'avait pas eu le choix et qu'elle se rappelle à quel point il tenait à elle. S'il n'avait rien dire, c'était parce qu'il y avait été contraint, tout simplement. Son affection et son respect pour Anieta étaient les seules raisons valables pour lesquelles il avait accepté de ne rien divulguer plus tôt. Bien mal lui en prit cependant... car la russe n'était pas de cet avis.

Si au départ Erïka s'excusait d'infliger cette dispute familiale à Will, ce dernier lui avoua qu'il s'y était attendu pour la simple et bonne raison qu'il savait tout. C'était assez récent mais malgré tout, il en savait plus qu'elle. Et ça, elle le vivait assez mal, lui reprochant de ne pas avoir été sincère avec elle. Elle s'énervait, balançant au visage du borgne tout ce qu'elle pensait de la situation. Visiblement, elle se sentait incomprise et embarquée contre son gré dans une sorte de complot géant. Jusqu'à présent, Will le vivait déjà assez mal, mal à l'aise et penaud de mentir à sa soeur. Mais là, après les violentes répliques de l'adolescente, il le prenait encore plus mal. Qu'y pouvait-il ? Il n'avait pas eu le choix. Et ça, elle ne semblait pas le comprendre. Il comprenait qu'elle se sente trompée, qu'elle soit sur la défensive. Elle était comme ça après tout. Mais il voulait aussi qu'elle le comprenne lui, quitte à crier aussi fort qu'elle.


"Mais bon sang Rika, j'pensais qu'tu m'connaissais assez bien pour savoir c'genre d'choses ! Toi mieux qu'personne t'sais toute la valeur d'une promesse ! J't'aie pas trahie, même si oui, j'admet, j'ai eu cette impression. J'ai promis à Anieta et j'm'y suis tenu, même si ça m'a fait mal d'agir comme ça. On l'a pas fait contre toi ! Ce s'rait débile de dire qu'on l'a fait pour toi... Si ça avait t'nu qu'à moi, j't'aurais tout balancé direct ! Mais voilà, les choses s'sont pas passées comme ça. T'sais très bien que j'te cache jamais rien, j'ai toute confiance en toi ! J'ai jamais voulu trahir la tienne... C'est... J'suis désolé Rika..."

Elle ne devait pas se focaliser sur ce qui l'énervait, elle devait plutôt se focaliser sur cette chance qui s'offrait à elle. Mais visiblement, elle n'avait aucune envie de connaitre cette nouvelle famille. Même l'évocation de sa soeur ne l'intéressa pas. Elle reprocha juste à Will d'avoir l'air de tout savoir contrairement à elle alors que c'était elle la première concernée. Finalement, cette famille... elle n'en voulait pas. Le rouquin la suivit des yeux et baissa d'un ton, essayant de la calmer pour qu'elle puisse relativiser.

"Ca fait trois ans qu'tu l'as cherché, ouais. Et maint'nant il est là, dans l'salon. Alors ouais, il a fait d'la merde, oui il s'y est mal prit. Mais il est là malgré tout. Il aurait pu continuer d'vous ignorer, d'faire comme si vous existiez pas. Mais il a quand même fait l'effort. Alors ouais, c'pas l'père de l'année hein mais bon, faut lui r'connaitre qu'il veut réparer ses erreurs. Pourquoi n'pas lui donner une chance ? J'dis pas que c'qu'il a fait c'est bien mais au moins, essaye d'le connaitre un peu. Quant à ta soeur, c't'une gentille fille. J'crois qu'elle est toute aussi désorientée qu'toi par tout ça. Elle s'attendait pas à avoir des frères et soeurs. Mais t'es la seule à pouvoir t'faire un avis d'tout ça. C'la dit, pour t'faire un avis, faudrait d'jà les côtoyer un peu, tu crois pas ?"

Il n'était pas facile de faire entendre la voix de la raison à Erïka et Will espérait pourtant y parvenir. Pourtant, la russe ne s'attarda pas dans la chambre, reprenant ses affaires pour en sortir et se diriger vers la sortie. Elle partait ? Le rouquin l'avait suivie dans le couloir mais s'était arrêté au niveau du salon. Il avait échoué à lui faire entendre raison ? Peut-être avait-elle juste besoin de temps... Mais le mutant ressentait là comme un échec de taille, triste de constaté qu'il avait peut-être brisé leur lien sans le vouloir. Penaud, il restait planté là, hésitant à ne pas partir lui aussi. Il n'avait plus rien à faire ici après tout et c'était sans doute mieux ainsi. Mais Anieta comptait retenir sa petite fille... qui n'en avait pas tellement envie.

Sergeï s'en mêla, ne faisant qu'aggraver la situation. Le ton monta, monta... Will cru qu'il allait en prendre un pour taper sur l'autre. Aucun des deux ne laissait l'autre s'approcher, comme deux animaux sauvages dans la même cage, luttant pour un même territoire. Cela risquait de durer longtemps. Pourquoi cette famille qui avait tout pour s'aimer s'entredéchirait ainsi ? Cela commençait à agacer le rouquin qui avait envie de leur hurler d'arrêter leurs conneries. Mais ce fut Anieta qui s'en chargea. Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, la vieille femme se mit à crier, s'imposant soudainement et faisant taire tout le monde. Plus un mot ne fut échangé dans la pièce. Même Will la regardait avec une certaine stupéfaction. Décidément, il était temps de partir... Mais elle l'interpela soudainement, comme les autres, lui indiquant d'aller s'asseoir. Un peu pris au dépourvu, Will hésita mais s'installa néanmoins à sa place, silencieux. Il ne réagit même pas lorsque la vieille femme lui sourit pour apaiser la situation. Il se sentait trop mal pour avoir envie de sourire. Il se contentait de tenir sa tasse entre les mains, n'en buvant même pas. Tout ce qu'il désirait actuellement, c'était pouvoir partir d'ici au plus vite.

Anieta reprit alors la parole maintenant que les esprits s'étaient calmés. Erïka faisait toujours sa mauvaise tête mais elle lâcha néanmoins prise lorsque sa grand-mère insista. Mais plutôt que de s'adresser à son père, c'est vers Will qu'elle se tourna. Elle s'excusa de s'être emporté, le serrant dans ses bras tout en le menaçant d'atroces futures souffrances s'il recommençait. Le simple fait qu'elle ajoute un trait d'humeur qu'eux seuls pouvaient comprendre dans la phrase fit sourire le rouquin. Comment pourrait-il lui en vouloir ? Déposant sa tasse sur la table, il serra sa soeur contre lui, sa tête contre la sienne.


"C'pas grave Rika, c'était ma faute d'toute façon. Mais oublie jamais qu't'es très importante pour moi, d'accord ? J'ferais jamais rien qui puisse t'faire du mal ou t'causer du tort. T'es ma soeur, je t'aime, j'veux juste t'voir heureuse et ça m'fait mal qu'tu r'fuses un potentiel bonheur. Mais c'ta vie, c'toi qui vois. Moi j'serais t'jours à tes côtés quoiqu'tu choisisses, toujours. J'te promet qu'ça arriv'ra plus, pas b'soin d'caniche. Et c'est une promesse, t'sais c'que ça veut dire." fit-il en soulignant la conversation qu'ils avaient eu plus tôt

Et Erïka s'arrêta là. Elle ne semblait pas vouloir parler à son père. C'est donc lui qui le fit, contraint par Anieta. Erïka répondit alors à sa question de façon plus que concise. Ainsi donc elle adorait embêter le rouquin ? Il ne s'en serait jamais rendu compte sans ça... Faisant une moue amusée, il lui fit une pichenette sur le front, l'air de rien. Il était soulagé de voir qu'elle ne lui tenait pas rigueur de ce qu'il venait de se passer. Sergeï posa une nouvelle question mais cette fois, l'adolescente ne répondit pas. C'était Will qui devait répondre ? Il jeta un oeil à sa soeur puis posa le regard sur Sergeï. Qu'allait-il penser de tout ça ?


"Oh, ça va faire dans les deux ans, quelqu'chose comme ça. On a pas t'jours été si proches, on peut même dire qu'on pouvait pas s'sentir au départ, hein Rika ? Mais on a appris à s'connaitre et depuis, l'courant passe plutôt bien. Vot' fille en a vu des vertes et des pas mûres, elle a son caractère, elle est chiante et têtue quand elle s'y met mais c't'une fille géniale. J'l'adore. Elle m'a apporté beaucoup plus que c'qu'elle pense et j'en suis v'nu à la considérer comme ma propre soeur. Ca peut paraitre déplacé mais j'm'en fous. J'tiens vraiment à elle et j'verrais plus ma vie sans qu'elle en fasse partie. Merci d'l'avoir mise au monde au même titre qu'son frère."

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Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

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MessageSujet: Re: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Dim 19 Mai 2013 - 15:56

Erïka était la meilleure pour faire preuve d’un sale caractère bien trempé ainsi qu’une d’une mauvaise foi à toute épreuve. Lorsqu’elle s’obstinait à ne rien vouloir entendre, alors elle n’entendait rien. En ce moment, elle était dans une phase de frustration qui ne pouvait se calmer que grâce à une cigarette. Elle fumait toujours lorsqu’elle était sur les nerfs. Jamais elle n’avait réellement réussis à arrêter de fumer. Elle en avait besoin, bien que sa dépendance était bien moins sévère qu’auparavant. Un jour, peut-être, elle arrivera à stopper totalement. Cependant, ce n’était certainement pas aujourd’hui que cela allait se produire. Elle devait digérer le fait qu’elle rencontrait son père et découvrait que sa grand-mère lui avait caché son existence dans leur vie pendant plus de trois ans, en plus de réaliser que Will était déjà au courant de tout cela. Elle se sentait blessée, trahie par ceux qu’elle aimait et en qui elle avait confiance.

Will tentait de la raisonner, de lui expliquer le pourquoi du comment. Elle s’obstinait à n’écouter que son orgueil et ce tourbillon de sentiments qui la ravageait de l’intérieur. Réalisait-elle ce qu’elle disait ? Son frère avait tout fait pour elle, il avait toujours été là pour lui venir en aide. Seulement, il avait conservé ce secret malgré sa terrible envie de le lui révéler afin de respecter la promesse qu’il avait fait à leur grand-mère. Saura-t-il faire comprendre à sa sœur dans quelle situation il s’était retrouvé et ce, malgré lui ? Il s’excusait, il s’expliquait et, pourtant, elle peinait à accepter la vérité. Baissant la tête, regardant le sol, la jeune fille ne pouvait croiser l’œil unique de son frère.


-« En fait, ce n’est pas à toi que je devrais en vouloir… »

Il fallait qu’elle commence à accepter les choses telles qu’elles étaient. Elle devait se calmer, relativiser et tout voir sous un autre angle. Bien évidemment, cela était bien plus facile à dire qu’à faire. Erïka ne pouvait se laisser convaincre ainsi par son frère. Elle avait encore de la rancœur face à son père absent, face à toutes ces cachoteries et à cette révélation au sujet de sa demi-sœur. Donc, maintenant, en plus de devoir accepter le fait qu’elle avait un père dans sa vie, elle devait aussi accepter celui d’avoir une sœur. C’était dur à avaler, sur le coup. Erïka n’avait pas demandé tout cela. Maintenant qu’elle vivait une belle vie à l’institut avec son frère, ses amis, son petit ami, elle n’avait besoin de rien d’autre. La famille qu’elle avait lui suffisait, elle était heureuse. Il semblerait qu’elle doive malgré tout accepter d’ajouter d’autres membres à son arbre généalogique.

Comme le disait Will, elle ne devait pas s’arrêter à la première impression de son père. Elle devait faire l’effort d’apprendre à le connaitre et faire de même avec sa demi-sœur. Cependant, Erïka n’en avait pas envie. Elle voulait juste… s’éloigner de tout cela. Elle avait besoin de partir et de réfléchir à ce qu’elle venait de découvrir. Elle ne savait pas comment réagir face à cela. Lorsqu’elle se retrouvait dans une situation où elle ne savait quelle attitude adopter, elle se braquait comme un animal sauvage et n’hésitait pas à montrer les crocs à la première personne qui osait faire un pas en sa direction. Pour l’instant, ce qu’elle désirait, était de quitter cet appartement. Elle pourra ainsi prendre le temps de relativiser.


-« Je verrais le bon côté des choses plus tard. »

Sur ce, elle quitta la pièce. Elle désirait partir, mais Anieta n’était pas d’accord avec cette décision. Elle demanda à sa petite fille de rester encore un peu, mais cette dernière s’obstinait. Lorsque le père d’Erïka se mêla à tout cela, la situation dégénéra. La vieille femme n’eut pas d’autre choix que de hausser la voix, criant après le premier venu afin de lui ordonner de s’assoir et de se calmer. Will ne fut pas épargner, bien qu’elle tentait par la suite de le rassurer par un sourire. Parfois, la seule solution était d’hausser le ton. Ça avait bien fonctionné vu le calme et le silence qui régnaient dans la pièce.

Il était maintenant temps de reprendre une conversation basé sur le respect. Anieta incitait sa petite-fille à dire quelques mots à son père. Cependant, cette dernière préféra se tourner vers son frère afin de s’excuser. Elle n’avait pas été géniale avec lui et l’avouait, à présent. Elle fut soulagée qu’il ne lui en veuille pas et vienne la serrer dans ses bras. Il lui rappelait qu’il sera toujours là pour elle. Ce genre de situation n’arrivera plus. Il lui en faisait la promesse. Elle pouvait compter sur lui pour qu’il la respecte.


-« Merci. Qu’est-ce que je ferais sans toi… ? »

Ce fut de nouveau le silence. Erïka s’obstinait à ne pas parler à son père. Ce dernier fut donc contraint de le faire à sa place. Il décida de poser une question tout à fait banale à sa fille, espérant qu’elle ne réagisse pas de nouveau au quart de tour. Elle se contenta plutôt de répondre simplement. C’était déjà ça de gagner. S’il pouvait apprendre à la connaitre, peut-être arriveront-ils à tisser des liens ? Pour l’instant, il ne devait pas s’attendre à de la bonne volonté de sa part. C’était un miracle si elle lui avait répondu, bien qu’embêter Will n’était pas une activité bien ordinaire. D’ailleurs, pour toute réponse à ces paroles, le rouquin donna une petite pichenette sur le front de l’adolescente qui tourna immédiatement la tête vers lui tout en grimaçant.

Afin de poursuivre la conversation, Sergeï posa une nouvelle question. Cependant, c’était à Will de répondre. Se souvenait-il de leur première rencontre ? Savait-il depuis combien de temps ils se connaissaient, Erïka et lui ? Il expliqua que cela devait bien faire deux ans, maintenant. Cependant, il prit la peine d’expliquer qu’ils ne s’étaient jamais entendus, au départ. Ça avait été assez long avant qu’ils arrivent à sympathiser. Malgré tout, ils en étaient venus à s’entendre à merveille avec le temps. Il fallait simplement faire preuve de beaucoup de patience. Il osait même dire que la jeune fille était chiante. Quoi ? Ça, elle le savait bien, mais ce n’était pas la peine de le répéter à son père ! Cependant, il ne s’arrêta pas là, décrivant également certaines que ses qualités. Finalement, elle préférait qu’il dise qu’elle était chiante. Il termina le tout en remerciant Sergeï d’avoir grandement contribué à la conception des jumeaux. Ce dernier toisa le rouquin un instant, puis observa sa fille.


-« Eh bien, tant mieux si tout vous vous entendez si bien. Anieta m'a raconté à quel point vous étiez proches et comment Erïka avait le don de.... de te prendre pour cible de ses mauvais tours. J’ai cru également comprendre que vous vivez au même institut, n’est-ce pas ? »
-« Oui. Mais Alexïs préfère son appartement. »
-« Oui, en effet. Je n’habite pas si loin de Central Park, dans un petit appartement bien modeste. »
-« C’est bien… »

Il n’était pas doué pour les conversations, visiblement. Sergeï ne se trouvait pas dans son élément. Il avait l’impression d’avancer sur une véritable plateforme de démineur ou chaque prochain pas pouvait lui être fatal. Il prenait garde à ce qu’il disait afin d’éviter un autre drame. Il n’avait pas très envie de voir Anieta se fâcher de nouveau. C’est pourquoi il se contentait souvent de répondre brièvement et de poser d’autres questions. Il allait tenter d’aborder un sujet très délicat auquel il souhaitait obtenir quelques réponses. Il avait déjà questionné Anieta sur le sujet et avait obtenu une réponse positive. Si les trois jeunes mutants répondaient à la négatif, cela signifierait qu’ils mentaient.

-« Est-ce que… vous posséder un don ? »

Erïka cru s’étouffer en entendant la question. Il était mutant, lui aussi ? Elle avait bien entendu, elle n’avait pas rêvé. Elle devait répondre quoi à ce genre de question ? Elle pourrait bien dire que c’était le cas ou bien retourner immédiatement la question à son géniteur. Tant de possibilités… La jeune fille décida finalement de répondre par une réponse de son cru.

-« On me dit souvent que j’ai le don d’être chiante. N’est-ce pas ? »

Elle tourna la tête vers Will et lui offrit un bref et petit sourire espiègle. Bien sûr, son père ne parlait pas de ce genre de don. D’ailleurs, il réagit à peine à la réplique de l’adolescente. Il attendait de véritables réponses, rien de moins. Il n’avait pas le choix, pour en obtenir, que de révéler quel était son propre don. Erïka avait décidé de lui retourner la question et s’il refusait de donner une réponse, ils allaient être dans une impasse.

-« C’est quoi le tiens ? »
-« Je suis immortel. »
-« Va falloir que je te supporte pour l’éternité ? Tant que tu ne deviens pas papa poule, j’en ai bien assez d’un seul. »
-« Tu n’as pas à t’en faire pour cela. Dis-moi plutôt quel et ton pouvoir. »
-« Devine. »
-« Je dirais que c’est celui d’être chiante. »
-« Ppfff. »
-« Je t’ai bien dis le mien. C’est la moindre des choses que tu en fasses de même, maintenant. »
-« Je détecte les mensonges. Content ? »
-« Je le serais davantage si je pouvais connaitre ceux de tes… frères. »
-« J’ai la capacité de guérir les humains. »

Il ne manquait plus que Will, vers qui tout le monde se tourna. Comptait-il révéler quel était son don également ? Comme tout le monde l’avait fait, il n’y avait aucune raison pour qu’il ne le fasse pas. Quoi qu’il en soit, le choix lui revenait. Ainsi, une fois fait, ils purent continuer de discuter encore un peu, tentant tous tant bien que mal d’apprendre à se connaitre. Ce n’était pas toujours facile, mais l’atmosphère se détendait doucement. Pouvait-on espérer que les choses continuent de s’améliorer en ce sens ?
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MessageSujet: Re: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Lun 20 Mai 2013 - 11:34

Will connaissait sa petite soeur par coeur. Et c'est justement pour ça qu'il avait tant craint sa réaction parce qu'il savait très bien qu'elle ne prendrait pas bien la nouvelle. L'annonce d'avoir finalement un père après tant d'années n'eut pas l'effet escompté... Etait-ce parce qu'elle se sentait comme manipulée, étant la seule avec son frère à ne pas être au courant de son existence et de sa présence ici, à New York ? Tout le monde le leur avait caché, même le rouquin. Il avait tant voulu le dire à Erïka mais en avait été empêché par une promesse. Maintenant qu'il lui avait tout expliqué, il espérait qu'elle comprenne mieux dans quelle situation il s'était retrouvée. Il s'en voulait déjà suffisamment, il n'avait pas besoin qu'elle lui en veuille elle aussi en prime. Il essayait de lui faire entendre raison même s'il savait très bien que c'était peine perdue. Là, comme ça, à chaud, il était certain qu'elle réagirait mal.

Pourtant, elle semblait se calmer un minimum, avouant même que ce n'était pas à lui qu'elle devrait en vouloir. Comme quoi elle lui en voulait bel et bien. Elle avait sans doute besoin de réfléchir et de penser à tout ça au calme. Il y avait eu un peu trop de révélations d'un coup pour elle. Son frère avait eu l'air de prendre la chose beaucoup mieux. Pourquoi fallait-il qu'elle prenne toujours tout mal ? Bien qu'elle s'était améliorée avec le temps, il n'était pas rare qu'elle dérape. Il fallait dire que son père n'avait pas aidé à arranger les choses vu la façon dont il lui avait parlé. Will ne pouvait que la comprendre, surtout après ce qu'il s'était passé avec la mère de la russe.


"Tu peux m'en vouloir, j'comprendrais. Mais sache qu'j'ai jamais voulu agir cont' toi. C'était une situation compliquée pour moi et j'craignais bien qu'ça s'passe ainsi. Alors j'vais pas t'dire quoi faire, c'est ta vie, t'en fais c'que t'en veux. Mais même si ta famille est pas parfaite, elle est présente. Mieux vaut tard qu'jamais nan ?"

Parfois, il était difficile de relativiser tout seul. Will essaya donc de faire voir à Erïka le bon côté des choses, mettant en avant toutes les bonnes choses que cette situation allait lui apporter. Certes elle avait mal commencé mais tout pouvait s'arranger facilement. Il suffisait que chacun y mette du sien. Mais cela semblait être plus facile à dire qu'à faire. Erïka n'avait pas envie de faire d'efforts maintenant, sans doute trop secouée par cette découverte, trop fraiche à son goût. Elle annonça donc qu'elle verrait ça plus tard. Plus tard ? Pourtant c'était le moment ou jamais... Mais le rouquin comprenait qu'elle ait besoin de temps pour digérer tout ça. Il ne chercha donc pas à la retenir lorsqu'elle quitta la chambre, semblant bien partie pour quitter également l'appartement.

Mais c'était sans compter sur Anieta qui l'intercepta au passage, de même que le mutant qui la suivait. Pour la première fois depuis qu'il la connaissait, Will pu voir la vieille femme se fâcher devant tant de mauvaise volonté. Au moins, ce fut efficace car plus personne ne moufta, bien assis dans son fauteuil à attendre qu'Anieta leur dise quoi faire. Will n'osait plus rien dire ni même regarder qui que ce soit. Plus que jamais, il se sentait vraiment indésirable et n'avait qu'une envie, c'était de partir d'ici et vite. Pourtant, la discussion allait sans doute s'éterniser puisque la vieille femme cherchait à faire en sorte que sa petite fille et son père fassent plus ample connaissance. Mais Erïka n'adressa la parole qu'à Will, s'excusant de son comportement avec lui. Comment pourrait-il lui en vouloir alors qu'elle avait raison ? Il lui assura que plus jamais une telle situation n'arriverait, ne supportant déjà pas celle-ci. Mais au moins elle ne lui en avait pas voulu très longtemps. La serrant dans ses bras, il était content d'entendre ce qui sortait de sa bouche.


"Comme si t'avais b'soin d'qui qu'ce soit, hein ?" fit-il d'un air taquin

Mais par là, il sous-entendait qu'elle n'avait pas forcément besoin d'un père. Ce dernier comprendrait-il le message ? Jusqu'à présent, elle s'était très bien débrouillée sans lui et gérait sa vie sans problème. La présence de son père n'allait pas changer grand chose mais elle pouvait lui apporter de nouvelles choses cependant. Encore fallait-il que celui-ci ne gâche pas tout en s'imposant comme l'autorité suprême. C'était ça que Will voulait qu'il comprenne. S'il n'essayait pas de prendre en main la vie de sa fille, les choses se passeraient déjà bien mieux.

Grâce à Anieta, Erïka et Sergeï s'adressèrent enfin la parole, apprenant doucement à se connaitre. Petit à petit, il découvrait ce que faisaient ses enfants, posant même quelques questions au rouquin. Will se sentait un peu de trop. Il était difficile voire même impossible pour Sergeï de considérer cet intrus comme un fils. Ils n'avaient rien en commun, pas même le physique et de toute façon, le mutant ne cherchait pas spécialement à être adopté. Il avait déjà sa famille, cela lui suffisait. Lorsque l'homme le toisa, il se sentit un peu jugé bien qu'aucun commentaire à ce sujet ne franchit le seuil de sa bouche. Il fallait dire que Will n'avait pas forcément une apparence très respectable. Boucles d'oreilles, un oeil en moins, une tignasse plus ou moins coiffée et des vêtements plus cools que classes. Il aurait pu faire un effort de présentation mais cela aurait sans doute mit la puce à l'oreille d'Erïka. De plus, il ne voulait pas faire semblant d'être un autre. Sergeï n'était pas là pour lui de toute façon alors ça importait peu.

Les questions se succédèrent et Will laissa les jumeaux répondre, pas vraiment concerné. C'était des questions banales jusqu'au moment où il leur demanda s'ils possédaient un don. Le simple fait qu'il pose la question démontrait qu'il était au courant. Mais comment allait-il réagir ? Allait-il les traiter de monstres ? Demandait-il ça pour savoir s'il devait se débarrasser d'eux ou non ? Will n'était plus sûr de rien et il n'osa rien dire. De toute façon, la question s'adressait très certainement à ses enfants. Erïka ne dévoila pas le sien, retournant la question à son père. Elle pensait donc qu'il en avait un, lui ? Il répondit par l'affirmative en expliquant qu'il était immortel. Ca c'était du pouvoir ! Will l'enviait un peu de pouvoir risquer sa peau sans mourir réellement. Mais cette découverte n'était pas au goût de la russe, expliquant qu'elle avait assez d'un papa poule. Là, Will se sentit visé, étrangement. Erïka dévoila finalement le sien ainsi qu'Alexïs. Le rouquin grimaça lorsque le russe hésita sur le mot "frères", conscient qu'il était de trop. Pas la peine d'en rajouter ! Mais puisque tout le monde le regardait, attendant une réponse, il préféra faire quelque chose de plus éloquent que des mots.

Puisqu'il y avait un fauteuil de libre encore, juste à côté de Sergeï, Will y apparu assis dedans alors qu'il se trouvait encore sur le canapé. Le voilà à deux endroits à la fois sans avoir bougé de son siège. Tournant la tête vers Sergeï, le Will assit sur le canapé prit la parole.


"Est-ce qu'ça répond..."
commença t-il
"... à vot' question ?" termina celui assit tout près de Sergeï

Profitant du fait qu'il était présent deux fois, le clone se leva, quittant son siège pour se rendre vers la cuisine. Il préférait que cette entrevue se termine rapidement mais, quitte à ce qu'elle s'éternise, il préférait avoir un truc à manger entre les mains.


"Quelqu'un veut un truc à manger ou à boire pendant qu'j'suis d'bout ?"

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MessageSujet: Re: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Mar 21 Mai 2013 - 6:15

Erïka n’était pas le genre de fille qui réagissait bien aux bonnes nouvelles. En fait, il fallait surtout savoir qu’est-ce qui était une « bonne » nouvelle. Retrouver son père qui avait été absent durant toute son enfance et qui, pendant de nombreuses années, avait préféré se cacher au lieu de venir les aider alors qu’ils en avaient terriblement besoin n’était pas une excellente nouvelle. Surprise et prise au dépourvu par une telle révélation, elle n’avait su comment réagir. Alors, dès que le premier haussement de ton surgit, dès le premier commentaire qui lui déplaisait parvint à ses oreilles, elle réagit au quart de tour. Elle ne pouvait relativiser en ce moment. Elle était tiraillée entre la peine, la frustration, l’orgueil et la raison. Dans tout cela, il y avait une part de joie, bien cachée au fond d’elle. Cependant, elle n’arrivait pas à l’extérioriser. Elle se sentait coincée. Telle une bombe à retardement, elle explosa. C’était ainsi qu’elle avait appris à réagir contre ce qu’elle n’arrivait pas à contrôler et à comprendre.

Heureusement que Will était là afin de l’aider à voir plus clair. Enfin, elle ne l’avouait pas pour autant. Elle comprenait ce qu’il disait. Elle voyait où il voulait en venir. Par contre, elle refusait de l’écouter. Elle s’obstinait et refusait d’admettre la vérité et de voir le bon côté des choses. Elle n’en faisait qu’à se tête. Lorsqu’elle avait quelque chose en tête, difficile de lui faire changer d’avis. Elle ne s’excusa à son frère, pour ce qu’elle avait fait et dit, que plus tard. Elle scella ses paroles par une étreinte pleine d’amour fraternelle. Il était bien l’un de seuls à réussir à la supporter. Parfois, elle se demandait bien comme il y arrivait. Cela restera toujours un mystère à ses yeux.

Quoi qu’il en soit, elle se disait que Will n’avait pas tout à fait raison lorsqu’il lui disait qu’elle n’avait besoin de personne. Elle s’était attachée à des nombreuses personnes qui faisaient parties de sa vie et qu’elle ne souhaitait pas perdre. Elle aimait être seule, certes, mais elle adorait également passer du temps avec ceux qu’elle aimait. Elle avait besoin d’avoir sa famille, d’avoir son frère, sa meilleure amie et son petit copain. Sans eux, que serait-elle ? Elle redeviendrait celle qu’elle était auparavant, froide et distance, renfermée et seule. Elle ne voulait plus être comme cela. Elle souhaitait conserver la vie qu’elle menait présentement.


-« Tu as peut-être raison… »

Cependant, Sergeï voyait bien le message subtil caché dans ses paroles. Il ne dit rien, bien conscient qu’il devait éviter une nouvelle dispute. Les choses étaient simples : si ses enfants ne voulaient pas de lui, il ne s’occupera pas d’eux. Maintenant qu’il était décidé à prendre ses responsabilités de père, il souhaitait au moins qu’ils fassent l’effort de vouloir le connaitre. Il n’était pas très doué dans ces choses-là, il faisait un piètre paternel, mais il était prêt à faire des efforts. Il se disait que ses enfants avaient bien tourné. Enfin, pour Erïka ce n’était pas certains, mais il en était persuadé pour ce qui était d’Alexïs. Lorsqu’il regardait sa fille ainée, il était fier de se dire qu’elle était devenue une femme importante et respectée. Elle était un modèle sur lequel les jumeaux pourraient se fier, au besoin.

Quoi qu’il en soit, il valait mieux poursuivre la conversation. Sergeï décida de poser une question qui lui brûlait les lèvres depuis bien longtemps. Il avait déjà eu une petite conversation au sujet des pouvoirs mutants avec Anieta et s’était assuré de savoir s’ils l’étaient ou non. Cela aurait été stupide de poser la question sans se douter de la réponse. Surtout lorsqu’il était question de mutation. Tour à tour, les jumeaux dévoilèrent leur don, après qu’Erïka ait questionné son père sur le sujet. Elle était plutôt méfiante. Il était peut-être son géniteur, mais il restait tout de même un inconnu à ses yeux. C’est ainsi qu’elle découvrit qu’il était comme eux. C’était une bonne chose à savoir.

Il ne restait plus qu’à Will de révéler son pouvoir. Cependant, plutôt que de le faire par la parole, il décida d’y aller par une petite démonstration. Sans prévenir, son clone apparu dans un autre fauteuil de la pièce. Sergeï ne put retenir un sursaut alors qu’Erïka offrait un petit sourire amusé à son frère. Il avait eu une bonne idée. C’était marrant de voir son père être déstabilisé, l’espace d’un instant, avant de reprendre son air neutre et sévère.


-« C’est…surprenant. Très intéressant comme pouvoir. Et pratique. Tu peux te multiplier encore, comme ça ? C’est toujours utile pour former une armée… »
-« Voyons, Sergeï. Ce ne sont pas des choses à dire. »
-« Je ne faisais qu’une constatation, Anieta. »

Erïka se fichait un peu de la conversation entre son père et sa grand-mère. Puisque le clone de Will était présent, elle souhaitait l’envoyer lui chercher une glace. C’était sans compter l’initiative de clone qui se leva et proposa quelque chose à manger. On aurait presque dit qu’il lisait dans son esprit. N’était-ce pas merveilleux ? Aussitôt, la jeune fille déclina sa commande.

-« Je veux de la glace. Au chocolat. Bobby en a fait, la dernière fois qu’on est venus. Il devrait en rester. »
-« J’aimerais bien que tu me serves une autre tasse de café, ce serait bien aimable de ta part. » Demanda Alexïs.

Sergeï et Anieta secouèrent lentement la tête. Ils n’avaient pas faim, ni soif. De toute façon, cette petite réunion familiale n’allait pas s’éterniser. La conversation était calme, la vieille femme faisait en sorte que cela ne change pas. Erïka se détendait un peu, mais ce n’était pas comparable à l’attitude qu’elle adoptait avec ses proches. Elle restait un peu distante et réservée. Lorsque son père quitta finalement l’appartement de sa grand-mère, après près de deux heures de discussion, la jeune fille fut soulagée. Elle pouvait afin souffler un peu et remettre de l’ordre dans ses esprits. Elle devait maintenant composer avec de nouveaux membres de sa famille. Elle ne les connaissait pas, elle ne savait pas qu’ils étaient et si elle pouvait leur faire confiance. Devait-elle se forcer à les accueillir comme des membres de sa famille ? Comment faire alors que sa véritable famille ne reposait pas sur des liens de sang ?

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MessageSujet: Re: Liens de Sang [PV: William McKellen]   Ven 24 Mai 2013 - 13:59

Will désirait avant tout que sa petite soeur soit heureuse. Il ne connaissait pas tous les détails de sa vie mais il en savait assez pour savoir qu'elle avait déjà trop souffert. Personne ne méritait ça, personne. Elle conservait la tête haute mais elle n'en restait pas moins fragile. Et chacun avait sa façon de réagir lorsque l'on se sentait blessé. Erïka, elle, mordait tel un animal sauvage, grognant autant qu'elle le pouvait pour repousser ce qui pouvait éventuellement lui faire du mal. L'apparition de son père pourrait-elle donc être ressentie comme telle ? Après ce que sa mère lui avait infligé, il y avait de quoi se poser des questions, en effet. Mais Sergeï ne semblait pas animé par de mauvaises intentions. Seulement, il se débrouillait comme un manche pour s'adresser à cette fille qu'il ne connaissait pas encore. Il n'avait pas pu l'élever et ne s'attendait donc pas à ce qu'elle lui tienne tête à lui, un haut gradé militaire. Mais ça, il allait devoir s'y faire s'il voulait entretenir une relation père/fille avec l'adolescente. L'accepterait-elle malgré tout ? Le rouquin espérait qu'elle finirait par relativiser et accepter ce père trop longtemps absent.

Pour l'heure, il était là, bel et bien présent malgré des années de doute à ne pas savoir se décider si oui ou non il allait se montrer. Désormais c'était chose faite et tout ne se passait pas tout à fait comme prévu. Will essayait de leur faire comprendre tour à tour qu'ils ne devaient pas se voir comme des ennemis. Toutefois, il essayait de faire comprendre à Sergeï que sa fille n'était plus une gamine et qu'il ne devait pas trop compter sur son autorité de père. Elle ne risquait pas d'obéir à un type tout fraichement apparu dans sa vie, quand bien même il lui avait donné la vie. Ce qu'il disait n'était pas tout à fait vrai, Erïka avait besoin d'être entourée, maintenant plus que jamais. Mais au moins, le militaire saurait à quoi s'en tenir.


"Quoiqu'il en soit, besoin ou pas, on est là pour toi. Tous autant qu'on est."

Là encore, il désirait simplement qu'elle se rende compte qu'elle était en famille et non encerclée d'ennemis. Mais il n'insista pas plus. Elle s'en rendrait compte par elle-même petit à petit. En tout cas, grâce à l'intervention d'Anieta, la discussion avait repris un cours plus ou moins normal. Plus personne ne criait et des questions/réponses étaient échangées. Sergeï était donc un mutant, tout comme ses enfants. Chacun dévoilait son pouvoir tour à tour. Anieta devait se sentir un peu seule... Mais Will savait qu'au moins, elle ne les rejetterait pas pour ce qu'ils étaient. Pour le moment, il n'avait rien dit mais Sergeï l'interrogea tout de même sur le pouvoir qu'il détenait. Devait-il lui dire qu'il était aussi mutant ? Anieta lui en avait probablement parlé. De toute façon, ils étaient tous au courant alors pourquoi le cacher ? Il fit donc une petite démonstration, plus parlante qu'une longue explication.

Il fut amusant de voir Sergeï sursauter, ne s'attendant pas à voir un second rouquin apparaitre à côté de lui. Mais le militaire eut une réaction plutôt étrange en découvrant cette faculté. Il lui demandait s'il pouvait se multiplier davantage. A vrai dire, il n'avait jamais essayé. Agir deux fois à deux endroits différents était déjà plutôt épuisant alors s'il devait le faire davantage... Mais il ignorait si son pouvoir lui permettrait de le faire ou non. Quoiqu'il en soit, il n'était pas question de faire de lui une armée. Se battre, il pouvait tout à fait le faire pour protéger ses proches mais c'était la seule raison valable à ses yeux. Anieta intervint d'ailleurs pour lui faire remarquer que sa question était déplacée. Mais Will tint tout de même à répondre.


"J'peux l'faire qu'une fois. Enfin à vrai dire, j'ai jamais vraiment cherché à l'faire plus. Ce s'rait l'bordel ! Quoiqu'ça pourrait être pratique pour embêter Rika... J'm'entraine pas mal et ça m'permet d'utiliser de mieux en mieux mon don alors, p't'être que plus tard, j'pourrais d'venir plus nombreux, qui sait ? Mais ce s'ra sûr'ment pas pour faire la guerre ou quoiqu'ce soit dans ce style. J'me suis d'jà assez battu comme ça."

Puisqu'il était présent deux fois, il se leva pour proposer de rapporter quelque chose, histoire de se rendre utile. Erïka sauta sur l'occasion, réclamant une glace de Bobby tandis qu'Alexïs demanda du thé. Il hocha la tête et se dirigea à la cuisine, se demandant d'ailleurs comment Sergeï allait réagir face au petit ami de sa fille. S'en moquerait-il ou se dévoilerait-il être un vrai papa poule ? Ce rôle étant déjà pris, mieux valait qu'il les laisse en paix sous peine de voir Erïka disparaitre avec Bobby plus souvent que prévu. De retour au salon, il servit ceux qui le lui avaient demandé et disparu, ne laissant plus qu'un seul et unique Will. Ce dernier écoutait les conversations et était content de voir que la situation se détendait petit à petit. Mais Sergeï finit par quitter les lieux, laissant les mutants et la vieille femme seuls. Etrangement, toute tension avait soudainement disparue. Le rouquin n'était pas mécontent que cette petite épreuve soit enfin terminée. Mais il savait que tout cela ne faisait pourtant que commencer.

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