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 Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]

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MessageSujet: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Jeu 2 Mai 2013 - 11:53

Bobby était un bon élève, sérieux, studieux, il apprenait vite et était particulièrement à l'aise dans les domaines scientifiques. Il y avait bien entendu des matières dans lesquelles il était moins bon, comme les langues par exemple, mais il avait sa petite amie pour l'aider à s'améliorer en dehors des cours. Jusqu'à présent, il avait toujours eu de très bons résultats. Jusqu'à présent. Lors du dernier cours, lorsqu'il reçu sa note du dernier examen, il tomba de haut. C-. Cela ne lui était encore jamais arrivé, surtout en ce qui concernait les maths, domaine où il excellait. Sur le moment, il s'était demandé si on ne lui avait pas donné la mauvaise copie mais non, c'était bel et bien la sienne. En relisant son devoir, il se rendit compte qu'il avait fait beaucoup d'erreurs d'inattention ou avait tout simplement inversé des réponses. Il se souvenait que le soir précédant l'examen, il n'avait pas eu la tête à réviser et qu'il avait assez peu dormi. C'était sans doute la raison de son échec et il savait très bien à quoi cela était du.

Depuis qu'il était revenu de ce petit weekend en tête à tête avec Erïka, il était bien moins attentif. Cela n'avait rien à voir avec elle, mais c'était plutôt en rapport avec ses parents. Il avait passé des années sans eux et tout s'était bien déroulé jusqu'à présent. Mais le simple fait de les avoir revu avait ravivé de douloureux souvenirs. Surtout qu'au final, il avait été rejeté une fois de plus, le couteau ayant bien été remué dans la plaie. Il savait que quoiqu'il fasse, jamais ses parents n'accepteraient ce qu'il était vraiment. Ils ne voulaient pas faire l'effort de le comprendre ou de se mettre à sa place, ils ne voyaient en lui qu'un enfant anormal dont ils ne désiraient pas s'occuper. Cela tombait bien, il pouvait s'occuper de lui tout seul. Mais la douleur d'avoir été ainsi rejetée était toujours bien présente, elle. Et elle se ressentait dans cette note qu'il venait d'avoir.

Vexé de se laisser ainsi déconcentrer par cette histoire, Bobby termina ses cours et décida de se rendre à la salle de gym pour se défouler un peu. En temps normal, il allait en ville, au gymnase où il était abonné pour pouvoir s'entrainer mais cette fois il n'avait pas envie de sortir. Il avait simplement besoin de se défouler et la salle de l'institut ferait parfaitement l'affaire. Puisqu'il faisait beau, la plupart des élèves qui avaient terminés les cours étaient à l'extérieur, laissant ainsi la salle de gym libre. Cela tombait bien, Bobby n'avait pas tellement envie de discuter avec quelqu'un pour le moment. Plutôt que de mettre ses gants, il posa des bandes autour de ses phalanges pour les protéger mais plutôt que de taper sur le sac de sable, il s'assit au sol. Il réfléchissait à tout ça, se demandant si il n'aurait pas du réagir autrement lors de la confrontation. Le temps passa et, perdu dans ses pensées, il ne remarqua même pas que le soleil commençait à se coucher. C'est lorsqu'il entendit qu'il y avait un peu de bruit dans les couloirs qu'il réalisa qu'il était là pour se défouler et non pour réfléchir. Trop penser n'était jamais bon.

Se levant, il s'échauffa un peu avant de se mettre à marteler le sac de sable de coups de poings. Au début, il y allait doucement puis, petit à petit, il frappait de plus en plus fort et de plus en plus vite. A le voir comme ça, l'on pouvait sentir qu'il y mettait toutes ses tripes et qu'il ne se retenait pas du tout. Lui d'ordinaire si calme et posé, on le voyait à présent comme déchainé, comme si il avait besoin de faire sortir quelque chose. Mais il n'y avait de toute façon personne pour le voir agir ainsi. Mais même en frappant, il ne cessait de penser.

Pourquoi ses parents n'avaient ils pas fait l'effort d'au moins essayer de le comprendre ? Et quitte à ne pas le faire, pourquoi ne pas lui laisser une chance ? Ils ne l'avaient même pas écouté, ils l'avaient jugé sans savoir, supposant déjà tout savoir de lui alors qu'ils se trompaient lourdement. Etait il dangereux ? Absolument pas. Il avait bien failli tuer quelqu'un lorsque son pouvoir s'était réveillé mais cela appartenait au passé. A présent il contrôlait son don et n'avait jamais rien fait de dangereux. Il était un bon fils, avait toujours tout fait pour que ses parents soient fiers de lui alors pourquoi un simple gêne fichait tout en l'air ? Il commençait à regretter d'être différent. En fait, à cet instant précis, il aurait simplement voulu être un humain ordinaire. Mais il savait que tout ça était impossible, on ne pouvait défaire ce qui avait été fait. Cette simple constatation l'énerva davantage et il donna un violent coup de poing dans le sac de sable... qui se décrocha du plafond pour voler quelques mètres plus loin.

Surpris, ne se connaissant pas une telle force, Bobby se figea. Comment avait il pu le décrocher simplement en tapant dessus ? Remontant son poing vers son visage, il constata que sa peau était devenue de la glace. Ce n'était pas la première fois, il savait déjà recouvrir en partie son corps de glace pour se protéger et gagner en force. Mais là, il ne l'avait pas voulu. Il l'avait sans doute fait inconsciemment parce qu'il était énervé et ne pensait à rien d'autre. Mais à vrai dire, il se sentait bizarre. Pas mal, mais différent de d'habitude, comme si quelque chose avait changé sans qu'il sache quoi. Levant son autre main, il remarqua que son autre bras avait subi la même métamorphose. Puisqu'il portait un simple t-shirt sans manches, il constata que ses bras étaient entièrement glacés. Pris d'un doute, il souleva le bas de son t-shirt et découvrit qu'il en était de même pour son ventre. Que lui arrivait il ?

Sans prendre le temps de ramasser ses affaires, il décida de quitter la salle de gym pour retourner à sa chambre. Il hésita cependant avant de franchir la porte, il ne voulait pas que quelqu'un le voit comme ça. Après un bref coup d'oeil à la fenêtre, il constata qu'il faisait nuit. Combien de temps avait il passé ici ? Au moins, il ne risquait pas de croiser grand monde dans les couloirs. Il entrouvrit la porte et après avoir constata qu'il n'y avait personne, il s'élança jusqu'à l'escalier qu'il gravit rapidement. En posant la main sur la rampe, il remarqua qu'une couche de givre l'avait rapidement recouverte. Il retira donc sa main et se contenta de courir pour s'enfermer dans sa chambre.

- Mais qu'est ce qui m'arrive bon sang ?

Sur la porte de sa chambre et plus précisément sur la poignée qu'il avait touchée, de la glace s'était formée. Tout ce qu'il touchait se retrouvait couvert de glace ou de givre, comme si son don n'en faisait qu'à sa tête. Bobby retira son t-shirt pour constater que tout son torse était fait de glace, tout comme ses bras. C'était une première et il commençait à paniquer, ne comprenant pas ce qui lui arrivait. Pour mieux constater l'étendue des dégâts, il se rendit à la salle de bain et lorsqu'il alluma la lumière et fit face au miroir, il faillit se faire peur. Il n'avait plus rien d'humain. Face à lui se tenait un homme entièrement fait de glace. Il n'était pas juste recouvert de glace comme une sorte de protection, non, il était fait en glace, de la tête aux pieds. Plus de peau, plus de sang, plus de cheveux, juste... de la glace, partout. Il resta un petit moment devant le miroir à se regarder, hallucinant devant ce qu'il voyait. Mais un bruit le tira hors de ses pensées.

La porte de sa chambre venait de s'ouvrir. Quelqu'un entrait ! Par réflexe, Bobby claqua la porte de la salle de bain pour que personne ne le voit ainsi et il réalisa que c'était peut-être une erreur d'avoir fait ça. Si il n'avait pas bougé, la personne serait sans doute partie en pensant qu'il était absent. Maintenant, c'était trop tard, il s'était trahi tout seul. S'appuyant contre la porte de la salle de bain pour que personne n'entre là, il espérait que l'intrus partirait rapidement. Restant silencieux, il tendait l'oreille pour savoir de qui il s'agissait. Et puis il réalisa que c'était très probablement Erïka qui venait dormir avec lui. Que devait il faire ou dire ? Elle devait partir, elle ne devait pas le voir ainsi ! Mais il ne pouvait lui mentir et il le savait très bien. Le silence était une option pour le moment et il misait tout dessus, priant pour qu'elle parte.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Jeu 2 Mai 2013 - 16:04

Alors que le soleil s’était doucement couché et que l’institut s’endormait paisiblement, des éclats de rire venaient rompre le doux silence qui berçait auparavant la cuisine. Accoudée à la table, la tête posée entre ses bras, Erïka n’arrivait pas à retenir son hilarité. Il en était de même pour la jeune fille assise devant elle. Moins expressive, elle riait, amusée, mais se retenait de pousser quelque chose d’aussi sonore qu’Erïka. Lorsque cette dernière se fut calmée, elle se redressa et essuya rapidement les petites larmes qui coulaient de ses yeux. Elle fixait son interlocutrice, une belle asiatique à la chevelure d’ébène, qui cherchait tout autant qu’elle à retrouver son calme. D’une voix douce, mais légèrement hésitante, elle prononça avec un peu de difficulté quelques phrases en anglais. Elle n’était pas très douée avec la maitrise de cette langue et c’était pourquoi Erïka lui donnait quelques cours afin qu’elle arrive à réussir ses cours. Cependant, les rôles s’étaient échangés et la jeune fille apprenait sa langue natale, le Thaïlandais, à la russe. Cette dernière n’était pas très douée, pour l’instant.

-« En fait, tu as dit : « Combien coûte une nuit avec un hamster et ta jambe de bois ? » Et quelque chose dans une autre langue, que je n’ai pas comprise. »
-« Sérieusement, c’est encore pire que ce que tu avais dis ! » S’exclama la jeune fille en tentant de ne pas rire de nouveau. « Je crois que j’ai parlé en japonais à un moment… J’apprends la langue à une autre fille et je n’arrête pas de me mélanger. Pourtant, ça ne se ressemble tant que ça… Je crois qu’on va arrêter le cours pour ce soir sinon je risque de dire des trucs encore plus débiles. Tu viendras cogner à ma porte quand tu auras fait ton examen d’anglais. On pourra travailler sur les difficultés que tu as eues. »

Elle ramassa ses affaires et salua la jeune fille. Elle quitta la pièce afin de se rendre à sa chambre. Et dire qu’auparavant elle ne quittait jamais cette pièce. Elle ne voulait voir personne, ne pas adresser la parole à qui que ce soit. À présent, elle s’ouvrait davantage aux autres et tentait d’aider les élèves qui avaient des difficultés en langue. Erïka ne se serait pas attendue à aimer cela. Pourtant, c’était bien le cas. En prime, elle pouvait apprendre des élèves venant de l’étranger leur langue natale, ce qui faisait une sorte d’échange équivalent. La jeune fille aider les étudiants par plaisir et de demandait rien en retour. En plus de l’occuper, c’était quelque chose de très enrichissant.

Déposant ses livres sur son bureau, son regard dériva légèrement vers la cage de son cochon d’inde. La petite Istina dormait paisiblement. Comme l’adolescente ne comptait pas la tirer de son sommeil, elle fit en sorte de glisser délicatement à manger dans sa cage. Elle reviendra la voir demain matin pour lui en donner d’autre. Pour l’instant, elle avait d’autres projets, comme aller rejoindre Bobby. Ce dernier n’avait pas eu un test de français, récemment ? Elle avait un blanc de mémoire. Autant aller lui demander et en profiter pour passer la nuit avec lui.

La jeune fille trébucha sur un sac alors qu’elle se dirigeait vers la porte de la chambre. Elle se pencha et le ramassa, fouillant à l’intérieur pour en découvrir le contenu. Elle se souvient parfaitement de ce que c’était. Il s’agissait d’une tentative d’apprendre à connaitre sa sœur en faisant du shopping. Mauvaise idée. Cette dernière lui avait acheté quelques tenues probablement dans le but de la transformer en version miniaturisée d’elle. Quoi qu’il en soit, la jeune fille avait abandonné le combat et s’était laisser acheter quelques tenues. Après en avoir enfilé l’une d’elle, trouvant que Bobby apprécierait peut-être cet achat bien plus qu’elle, elle attrapa son peignoir et l’enfila avant de le refermer sur elle.

La jeune fille quitta sa chambre et rejoignis rapidement celle de son petit ami. Il n’y avait personne dans les couloirs à cette heure-ci, tant mieux. Elle s’arrêta devant la porte de la chambre, alors qu’elle posait la main sur la poignée. Elle était glacée. Qu’avait-il fait ? Il avait décidé de la gelée afin d’empêcher quelqu’un d’entrer ? Mais pourquoi ? Elle songeait à lui demander une fois à l’intérieur.
Entrant dans la chambre de Bobby comme si elle était chez elle, elle referma rapidement la porte derrière elle. Elle ne s’attendait pas à entendre aussitôt la porte de la salle de bain se refermer violement. Il était aux toilettes ? Elle allait attendre, dans ce cas. S’asseyant sur le lit, elle détacha son peignoir, le laissant ouvert. Elle ne pouvait s’empêcher de regarder sa tenue, troublée par le fait qu’elle ait réellement osé porter une tenue aussi sexy. Le haut recouvrait simplement sa poitrine alors que le reste du tissus descendant jusqu’à ses cuisses était transparent, révélant ainsi son corps. Pourquoi elle portait ça déjà ? Parce que sa sœur le lui avait acheté ? Non… C’était plutôt pour satisfaire les yeux de Bobby.


-« Bobby ? Qu’est-ce que tu fais ? Il faut que je te raconte quelque chose. En fait, j’ai laissé une autre chance à ma demi-sœur. Bon, faut dire que je n’ai pas trop eu le choix, mais… Enfin, tu ne sais pas ce qu’elle m’a acheté de force. J’ai vraiment l’air de n’importe quoi avec ça, y’a trop de dentelles et trop de… de rien, en fait. Tu viens voir que je te montre ? »

La jeune fille se leva et s’approcha de la porte de la salle de bain contre laquelle elle colla doucement son oreille. Bobby était là, elle le savait. Elle entendait parfaitement sa respiration, comme s’il était à côté d’elle. Erïka s’inquiétait d’un tel silence. Était-il malade ? Pourquoi est-ce qu’il ne lui parlait pas ? Elle toqua légèrement contre la porte.

-« Bobby ? Qu’est-ce qui se passe ? Si je te dis que je porte une tenue sexy, tu vas ouvrir cette porte ? »

Pourquoi restait-il silencieux ? Avait-elle fait quelque chose de mal ? Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Elle le savait très lunatique ces derniers temps, surtout depuis qu’ils étaient revenu de leur petit week-end sur les routes. Ce qui s’était produit chez ses parents ne l’avait pas laissé indifférent, elle le voyait bien. Elle tentait de lui faire penser à autre chose lorsqu’elle se trouvait avec lui. Cependant, elle ne pouvait rien faire lorsqu’il était seul. Elle savait ce que c’était que de ressasser les mêmes événements sans arriver à les oublier. Tout et n’importe quoi pouvait raviver des souvenirs que l’on préférait faire disparaitre de notre mémoire. Cependant, les choses n’étaient pas si faciles et il fallait apprendre à vivre avec ce genre de tourment. Arrivera-t-elle, un jour, à l’aider à lui faire oublier tout cela ?
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Jeu 2 Mai 2013 - 19:07

Dire que Bobby était paniqué était un euphémisme, celui ci ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait. D'ordinaire, il avait un parfait contrôle de son pouvoir, ne lui posant comme léger problème que le froid qu'il dégageait. Là, il ne maitrisait plus rien, son don n'en faisant qu'à sa tête comme si Bobby n'en était plus que le pantin. Il se souvenait que le professeur Xavier disait souvent qu'il ne fallait pas être l'instrument de son don, que l'on ne devait faire qu'un avec et ne pas en devenir l'esclave. Pour le coup, Bobby ne faisait réellement plus qu'un avec lui mais cela ne reflétait pas tellement une parfaite maitrise. L'air ambiant était glacial, refroidi par la simple présence du mutant. Il n'avait pas remarqué pendant son entrainement qu'il faisait de plus en plus froid, trop concentré sur ses pensées, et à présent il se maudissait de ne pas s'en être rendu compte plus tôt. Tout ceci aurait pu sans doute être évité si il avait été attentif. Peut-être...

C'était de toute façon trop tard à présent et il ne savait pas quoi faire. Son premier réflexe avait été de s'isoler là où personne ne pourrait le voir. Mais maintenant, que faire ? Aller voir le professeur Xavier ? Il devait d'abord tenter de résoudre le problème par lui même avant d'appeler au secours, il ne voulait pas qu'on le voit ainsi. Cela devait faire un drôle d'effet de croiser un être entièrement fait de glace qui congelait tout ce qu'il approchait. Bobby lui même avait du mal à se reconnaitre en s'examinant dans la glace. Il n'avait vraiment plus rien d'humain, même ses cheveux avaient pris une apparence plutôt improbable, devenant plus des pics de glace qu'autre chose. Et si son pouvoir dégénérait ? Si il se mettait à congeler tout l'institut sans le vouloir ?

Le bruit de la porte de sa chambre l'avait tiré hors de ses craintes pour lui en rajouter d'autre. Quelqu'un était là et n'allait pas tarder à le voir. Il devait faire quelque chose et chasser l'intrus. Il décida d'abord de mimer son absence mais ce fut un peu raté, surtout lorsqu'il comprit qu'il s'agissait de sa petite amie. Elle n'allait pas partir facilement, il en était persuadé. Si elle était là si tard c'était sans doute dans l'optique de passer la nuit en sa compagnie. Si en temps normal il en aurait été plus que ravi, là cela tombait plutôt mal. Comme si de rien n'était, la jeune femme se mit à lui parler, pas vraiment surprise qu'il lui ait fermé la porte au nez. Après tout, il était dans la salle de bain, il avait bien droit à un peu d'intimité... Mais elle le questionnait, lui demandant ce qu'il faisait. Ce qu'il faisait ? Il essayait de redevenir humain, voilà ce qu'il faisait. Mais il n'y arrivait pas, ne faisant que geler tout ce qu'il touchait. Pendant ce temps, la russe lui racontait sa journée avec sa demi soeur Eleonnora. Il l'écoutait d'une oreille distraite, trop préoccupé par son problème actuel. Si il l'ignorait, partirait elle ? Il n'avait pas tellement envie de la snober mais là il s'agissait d'un cas de force majeure. Elle comprendrait, non ?

Avait elle parlé de dentelles mais surtout de rien, cadeau de sa soeur ? Que portait elle donc alors ? La description était plus que succincte mais Bobby imaginait sans mal une sorte de déshabillé ou quelque chose dans ce genre. Elle était vraiment venue avec ça sur le dos ? MAINTENANT ? Cela tombait plutôt mal et il espérait qu'il se trompait. Elle venait sans doute simplement lui montrer sans le porter car cela signifierait qu'elle aurait traversé tout le couloir vêtue de la sorte et ça, c'était tout simplement improbable. Bien qu'il regrettait donc de ne pouvoir la voir simplement pour la serrer dans ses bras, il opta pour la solution qui consistait à la chasser temporairement. Mais le silence ne suffisait pas. Elle toqua contre la porte, s'inquiétant de son absence de réponse. Et là, elle lui confirma que la tenue qu'il avait imaginée, elle l'avait sur le dos actuellement. Bobby était vexé que cela tombe pile à ce moment là. Pour le moment, il était même incapable de la prendre dans ses bras. Tant pis pour la tenue, cela attendrait, il y avait plus urgent.

- Rien, c'est... je... me sens pas bien...

Que pouvait il dire d'autre ? Elle devinerait sans mal qu'il mentait et elle n'allait sans doute pas le laisser en paix mais il ne voulait pas qu'elle le voit. Tournant le dos à la porte comme si elle pouvait le voir à travers, il fixait le miroir, se demandant quelle serait sa réaction si elle le voyait ainsi.

- J'aurais adoré voir ta tenue mais... là je... peux pas. Je... je contrôle plus très bien mon pouvoir et on va avoir du mal à dormir ensemble je crois... Alors tu devrais aller dormir au chaud cette nuit.

Il ne mentait pas mais il n'entrait volontairement pas dans les détails. Il savait bien que Erïka ne craignait pas tant le froid mais là, c'était insupportable pour tout être humain. En le voyant ainsi être réticent, elle se lasserait sans doute rapidement d'attendre pour rien et partirait. Il allait devoir se faire pardonner par la suite mais il préférait cent fois qu'elle lui en veuille un peu plutôt qu'elle le voit sous cette forme. Quitte à lui faire quitter la pièce, il aurait pu l'envoyer aller chercher ses affaires restées au gymnase mais il la voyait mal se trimbaler dans tout le manoir en petite tenue. De plus, elle aurait sans doute remarqué que quelque chose clochait, le sac de sable ayant quitté son encoche et de la glace le recouvrant en bonne partie.

- Bonne nuit Erïka... J'ai hâte de pouvoir poser les yeux sur cette tenue. Ta soeur ne doit pas avoir si mauvais goût que ça.

Il espérait qu'une conversation banale la rassurerait mais là, il n'était plus sûr de rien.
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Jeu 2 Mai 2013 - 21:07

Erïka n’était pas le genre de fille à se pavaner en tenue sexy afin d’obtenir tous les regards de la gente masculine. Elle était tout le contraire de sa sœur, préférant se fondre dans la masse plutôt que d’être admirée. D’ailleurs, leurs caractères bien distincts posaient bien souvent problème dans leur relation. Elles s’étaient rencontrées pour la deuxième fois et avaient passé leur temps à se chamailler et, surtout s’envoyer des piques sans arrêt. Malgré tout, cela n’avait pas empêché l’ainée des Davidoff d’acheter de la lingerie à sa petite sœur, prétendant que cela allait assurément attirer l’attention de son petit ami. La jeune fille en doutait, mais en tombant sur son sac d’achat en parcourant sa chambre, elle s’était dit qu’il était temps d’essayer son petit déshabillé et de se prouver à elle-même que sa sœur n’avait pas raison, en fait. Bobby ne pensait pas qu’à la dévêtir, ce n’était pas un pervers. D’ailleurs, ce n’était pas parce qu’ils avaient fait l’amour une fois qu’il s’était mis à toujours remettre ça à chaque nuit qu’ils passaient ensemble. Il était respectueux et privilégiait plutôt le fait d’être simplement avec elle que de passer son temps à l’entrainer sous les couvertures. Sa demi-sœur devrait vraiment arrêter avec ses préjugés sur la gente masculine.

Ayant enfilé un peignoir par-dessus sa tenue afin de ne pas être ainsi vue par d’autres résidents, l’adolescente quitta rapidement sa chambre et rejoignit celle de son petit ami. Elle était curieuse de voir sa réaction lorsqu’elle lui montrera le petit déshabillé de dentelle dont la couleur azurée rappelait celle de ses yeux. Il y avait de la dentelle noire décorant le vêtement dont une grande partie était constituée de tissu à la fois sobre et transparent, laissant ainsi voir la culotte assortie qu’elle portait. La jeune fille se trouvait ridicule, mais elle savait déjà que Bobby ne ferait que la complimenter. Cependant, pour qu’il le fasse, il faudrait déjà qu’il la voit.

Croyant qu’il était occupé aux toilettes, et elle n’allait pas chercher absolument à savoir ce qu’il faisait, elle pensait l’avoir deviné toute seule, elle se mit à lui parler de cette journée qu’elle avait passé avec sa demi-sœur. Elle insinuait simplement qu’elle était peu vêtue. La majorité du tissu dissimulant son corps était transparent, elle ne pouvait pas se considérée habillée décemment. Plutôt que de parler toute seule et de raconter le reste de sa journée, car elle lui aurait bien raconté les bourdes qu’elle faisait lorsqu’elle parlait le thaïlandais, elle se leva et s’approcha de la porte de la salle de bain. Que se passait-il ? Pourquoi ne venait-il pas la voir. En fait, la jeune fille avait raison : Bobby n’était pas un pervers. Il n’entrait donc pas dans le stéréotype dont Eleonnora qualifiait les hommes. Erïka l’avait toujours su. Il n’était pas ce genre d’homme. Malgré tout, elle aurait bien aimé lui montrer ce qu’elle portait, quitte à se faire retirer ses habits s’il ne pouvait pas seulement se contenter de regarder.

L’oreille collée contre la porte de la salle de bain, elle entendait parfaitement ce qui se passait dans la pièce. Rien. Il ne se passait rien et c’était bien ce qui inquiétait la jeune fille. Elle n’entendait que la respiration de son petit ami. Que se passait-il ? Pourquoi n’ouvrait-il pas la porte ? Elle toqua, cherchant à ce qu’il lui ouvre. Avait-il verrouillé la porte ? Elle pourrait toujours y entrer, quitte à violer son intimité. Elle commençait réellement à s’inquiéter et cherchait à obtenir des réponses. Le mensonge de Bobby n’était pas valide, à ses yeux. Pourquoi ? Pourquoi lui mentir ? Il savait bien que c’était inutile. Il ne ferait que la blesser en lui racontant des âneries. Pourquoi ne pas simplement l’envoyer voir ailleurs s’il ne voulait pas de se présence ? Elle n’allait pas tolérer qu’il lui mente de la sorte, surtout avec une excuse aussi ridicule. Normalement, elle se serait mise en colère, mais cela ne faisait que renfoncer ses inquiétudes.


-« Ne me ment pas, Bobby, je déteste ça… Dis-moi n’importe quoi, mais ne me ment pas. »

Elle posa sa main sur la poignée de la porte. Et si elle entrait ? La jeune fille hésitait à tenter le coup et réaliser que la porte était verrouillée. Cependant, elle ne pouvait pas faire quoi que ce soit avec ce gros morceau de bois entre elle et son petit ami. Elle ferma les yeux, pendant quelques secondes, cherchant à entendre ce qui se passait dans la pièce. Il lui dit qu’il serait ravi de voir sa tenue, mais qu’il ne pouvait pas, pour l’instant. Il ne maitrisait plus très bien son pouvoir et elle risquait d’avoir très froid durant la nuit. Ce n’était pas ça qui faisait peur à Erïka. Elle avait l’habitude, depuis le temps. Elle souhaitait passer du temps avec lui malgré tout, quitte à retourner dans sa chambre pour la nuit ou bien simplement prendre place dans le second lit de la pièce. Ce n’était pas sa température corporelle qui allait la décourager si facilement.

-« Tu sais que je n’ai pas peur d’avoir froid. S’il le faut, on pourrait prendre une longue douche chaude ensemble, ça ferait augmenter ta température corporelle. J’ai envie de passer du temps avec toi. Depuis que nous sommes revenus de notre week-end tu sembles si lunatique. N’essaie pas de me le cacher, j’ai vécu la même chose. Ça se voit que tu n’es pas toujours là, que tu penses à autre chose même quand je tente de t’enseigner quelque chose. Tu repenses souvent à ce qui s’est passé à Boston, c’est ça ? Je ne vais pas te laisser seul alors que je sais que ça ne va pas. Ouvre-moi, s’il te plait… »

Cependant, il ne lui ouvrait pas. Il lui souhaitait bonne nuit. Ces simples mots firent un pincement au cœur d’Erïka. Il voulait vraiment qu’elle parte ? Pourquoi ? Il voulait être seul ? La jeune fille poussa un léger soupire afin d’extraire les mauvaises émotions qui l’assaillait. Elle ne voulait pas qu’il la mette à la porte comme ça, même si elle prétendait qu’il pouvait le faire sans problème. Elle ne comprenait pas pourquoi il la rejetait. Quel était le problème avec son pouvoir ? Il savait bien qu’elle pouvait s’adapter à sa température, tant qu’elle puisse être avec lui. Elle l’aimait sincèrement et ne voulait pas qu’une telle chose de mettre en elle et lui.

-« Tu me fais peur, Bobby… »

L’adolescente pris finalement sa décision. Elle tourna la poignée de la porte. Il ne l’avait toujours pas verrouillée. Entrant dans la pièce, elle se figea, stupéfaite, devant l’apparence de son petit ami. Que se passait-il ? Depuis quand pouvait-il se transformer ainsi en glace ? Elle se figea encore plus face au froid qui l’avait soudainement immergée lorsqu’elle avait ouvert la porte. Elle sentait sa peau frissonner sous cet air glacial et referma immédiatement son peignoir sur elle. La jeune fille était tentée de partir de la pièce et de retrouver une atmosphère plus chaude, mais elle avait trop d’orgueil et ne souhaitait pas abandonner si facilement. Elle pourrait bien survivre une minute de plus dans ce froid, non ? Le carrelage était glacé sous ses pieds nus, elle avait l’impression de marcher sur la surface glacée d’un iceberg en plein Alaska.

-« Qu’est-ce qui t’es arrivé ? »

Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Elle peinait à reconnaitre Bobby sous cette couche de glace qui recouvrait son corps. Erïka s’avança doucement vers lui, ayant de plus en plus de mal à supporter la température. Il serait peut-être temps qu’elle aille chercher son manteau d’hiver. Pourquoi risquait-elle de se rendre malade en supportant une température beaucoup trop basse ? Voulait-elle prouver à Bobby qu’elle n’allait pas laisser le froid s’immiscer entre eux ? C’était le cas. Elle ne pouvait pas se résoudre à abandonner. Pourtant, pour sa propre santé, elle allait devoir le faire. S’arrêtant à proximité de lui, elle leva un bras tremblant vers lui avant de déposer doucement sa main sur sa joue. Elle voulait le toucher, la glace qui le couvrait devait être comme celle qu’il était capable de générer, non ? Lorsqu’elle posa sa main contre son visage, elle frissonna davantage. Il était trop froid… Trop froid pour elle. Cette simple pensée l’attristait. Elle ne pouvait s’approcher davantage de lui, elle ne pouvait rester dans ses bras. Son corps lui criait de s’éloigner, de quitter cette pièce avant qu’elle ne souffre d’hypothermie. Elle se mettait elle-même en danger.

Si seulement il n’aurait été que froid…

Une mince couche de givre vint envelopper les doigts d’Erïka, se propageant sur sa main entière. Paniquée, la jeune fille retira sa main et recula vivement. Que se passait-il ? Elle posa sa main contre sa poitrine en espérant pouvoir la réchauffer en la frictionnant de son autre main. Cependant, elle avait tellement froid, son corps ne pouvait plus la réchauffer. Elle devait quitter cette pièce. Elle recula doucement vers la porte. Elle était paniquée, elle ne savait plus quoi faire.


-« Pourquoi ma main… pourquoi je ne peux plus te toucher ? Tu n’arrives plus à réguler ta température corporelle ou quoi ? »

La jeune fille quitta finalement la pièce et s’installa finalement sur le lit du jeune homme. Les couvertures étaient fraiches, mais elle pouvait au moins y enrouler sa main. Elle avait mal, le givre brûlant doucement sa peau. C’était trop froid pour elle. Elle ne pouvait pas supporter cette température. Elle ne savait pas quoi faire, totalement désarmée face à ce genre de situation. Elle ferma les yeux en tentant de ne pas laisser ses émotions prendre le dessus.

-« J’y arrive pas… j’y arrive pas, je suis désolé… » Laissa-t-elle échapper faiblement.

Elle devait se rendre à l’évidence. C’était difficile à avouer, mais elle ne pouvait plus s’approcher tant et aussi longtemps qu’il serait sous cette forme. Elle ne pouvait pas risquer de devenir une véritable statue de glace. Si l’idée avait pu lui sembler romantique, au départ, ce n’était plus du tout le cas, à présent. Alors que sa main se réchauffait peu à peu sous les couvertures dont elle l’avait enroulée, la jeune fille craignait le pire.

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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Jeu 2 Mai 2013 - 23:07

Une porte les séparait et Bobby pensait sottement que cela suffirait à la décourager. Il connaissait pourtant bien sa petite amie et savait qu'elle était du genre têtue. Jamais il ne l'avait repoussée, n'avait rejeté ses attentions et n'avait refusé de dormir avec elle. Pourtant ce soir là, il faisait tout pour la faire quitter les lieux. Non pas qu'il ne voulait pas de sa présence mais il redoutait qu'elle voit ce qu'il était devenu. Parce qu'il avait peur des conséquences, peur que, comme les autres, elle le rejette. Jusqu'à présent, elle n'avait jamais été rebutée par le froid qu'il dégageait mais qu'en serait il maintenant ? Même si il ne sentait pas le froid, il voyait bien que sa température influait sur tout ce qui l'entourait. Les objets inanimés se retrouvant couverts de givre, il n'osait imaginer ce que cela pourrait donner avec un humain. A vrai dire, il n'avait pas tellement envie de le savoir et surtout pas en faisant le test sur celle qu'il aimait.

Mais elle était là, lui parlait comme si tout allait bien et il ne trouvait pas quoi répondre. Il resta d'abord silencieux, cherchant quelque chose à lui dire. Il aurait pu lui dire de partir, tout simplement mais il n'y arrivait pas. Il prétexta alors se sentir mal. Ce n'était pas tout à fait faux, on ne pouvait pas dire qu'il pétait la forme et se sentait sur un petit nuage. Mais ce n'était pas la véritable raison qui le poussait à la chasser. Il se rendit compte de son erreur lorsqu'elle lui demanda de ne pas lui mentir. Bien qu'elle ne pouvait le voir, il baissait les yeux en entendant le son de sa voix. Il sentait bien qu'elle était déçue de son comportement et il regrettait de l'avoir blessée. Il n'avait pas voulu lui mentir, il faisait surtout ça pour la protéger justement.

- Je... Excuse moi, je ne voulais pas te mentir... C'est juste que...

Mais rien ne venait. Il ne savait vraiment pas quoi lui dire. Rien ne justifiait sa demande et il se voyait mal ouvrir la porte en criant "surprise". Pour le coup, elle serait vraiment surprise mais il voulait régler le problème et non l'aggraver. Cependant, si il ne faisait rien, il savait qu'elle n'allait pas partir si facilement. Il devait être convainquant et lui donner une bonne raison de partir. C'était difficile car d'un certain côté il ne voulait pas. Il voulait qu'elle reste, qu'elle lui assure que tout irait bien, que ce n'était que passager et que rien ne changerait entre eux. Mais cela impliquait qu'elle le voit et ça, il ne pouvait pas, c'était au dessus de ses forces. Comme pour le faire changer d'avis, Erïka lui parla d'une tenue qu'elle portait, sexy d'après ce qu'elle disait. Bobby aimait Erïka et il la trouvait déjà très belle de base. Mais si une tenue sexy venait s'ajouter à l'équation, il était certain qu'il ne pourrait qu'apprécier le spectacle. Mais cela attendrait, bien qu'il le regrettait. Pour lui montrer qu'il ne sortirait pas de là où il se trouvait, il lui expliqua brièvement qu'il rencontrait quelques soucis avec son pouvoir. Si en temps normal elle supportait plutôt bien le froid qu'elle dégageait, là c'était juste hors de question. Personne ne pourrait supporter ça, pas même elle.

Mais cela n'eut pas l'effet escompté. Là où il voyait des problèmes, elle voyait des solutions. C'était le monde à l'envers. Elle proposait de prendre une douche bien chaude, comme ils l'avaient fait lors de leur petite escapade dans le nord. Cette idée plaisait bien à Bobby mais il savait que c'était peine perdue. L'eau n'aurait même pas le temps de couler tant il faisait froid. Mais Erïka ne se contenta pas de ça. Sans détour, elle lui fit remarquer qu'il agissait étrangement depuis leur retour de Boston. Elle était la seule à savoir ce qui le travaillait vraiment mais elle était loin de se douter que tout ça avait eu un tel effet sur lui. Elle le suppliait de lui ouvrir et il avait un mal fou à ne pas accéder à sa requête. Il n'avait qu'une envie, c'était de la prendre dans ses bras.

- Je sais bien mais... je t'assure que ça ne suffira pas. Crois moi, c'est mieux pour toi... si tu dormais ailleurs cette nuit... Je ne demande que ça de passer du temps avec toi tu sais, mais ça va devoir attendre... Tu... as raison, tout ça m'a plus blessé que je ne le pensais. J'essayais d'en faire abstraction mais je crois que je ne l'accepte tout simplement pas... Je ne voulais pas t'en parler parce que je ne voulais pas t'ennuyer avec ça...

Il ne se rendait pas compte qu'en disant ça, il ne ferait que l'inciter à rester davantage. Non, il ne devait pas commencer à se lancer dans une discussion du genre, il y avait plus urgent. Elle devait quitter les lieux sous peine de terminer en glaçon. Pour couper court à la discussion, il lui souhaita une bonne nuit, marquant ainsi la fin de leur courte entrevue. Cela lui faisait mal de parler ainsi à celle qu'il aimait mais c'était un mal nécessaire. Erïka ne partait cependant pas, elle disait simplement qu'il lui faisait peur. Allait elle donc s'éloigner, en toute logique ? Peut-être aurait il du commencer par là finalement. Mais, alors qu'il croyait avoir réussi, la poignée tourna et la porte s'ouvrit. Ca, il ne l'avait pas vu venir et il se figea sous la surprise.

- Non, ne ... !!

Trop tard, elle était entrée, elle lui faisait face. Il ne pouvait plus se cacher, elle l'avait vu, c'était trop tard. Erïka se figea à son tour, comme soudainement congelée sur place. Elle ne s'attendait certainement pas à un tel spectacle. Elle l'avait déjà vu avec une partie du corps couverte de glace mais là c'était différent. Il était intégralement fait de glace, n'ayant plus rien d'humain. Sous cette couche de glace, il n'y avait rien d'autre... que de la glace. Maintenant qu'elle était là, il pouvait admirer la tenue qu'elle portait mais il n'avait pas la tête à ça. De plus, elle fut bientôt dissimulée par le peignoir dont Erïka venait de s'entourer. Apparemment, elle avait froid... très froid. A son hésitation, Bobby devina sans peine qu'elle hésitait à faire marche arrière. Pourtant, elle avança vers lui, ce qui lui donna un peu d'espoir. Elle n'avait pas peur ?

- Je ne sais pas... Je m'entrainais, je... repensais aux évènements de Boston et... c'est arrivé. Je n'arrive pas à redevenir normal... Ca ne m'était jamais arrivé...

Il la suivait des yeux, partagé entre l'envie de lui dire de s'éloigner et l'envie de la prendre dans ses bras. Mais il ne faisait rien, il la laissait venir à lui, la regardant avancer petit à petit. Il voyait bien qu'elle était transie de froid, son corps réagissait facilement à cette température polaire. Elle le toucha malgré tout, toucha sa joue du bout des doigts. Bobby avait pensé pouvoir gérer une telle chose, pouvoir empêcher que, comme le mobilier, il la gèle. Mais c'était une erreur. A peine l'eut elle touchée que sa main se retrouva couverte de givre. Bobby recula alors d'un pas, cherchant à s'écarter d'elle pour ne pas lui infliger plus de dégâts. Mais il n'aurait même pas eu besoin de faire ça, Erïka s'était elle aussi vivement reculée, affolée par ce qui arrivait à sa main. Elle reculait... encore et encore... Bobby la regardait faire, impuissant, ne pouvant même pas la retenir. Plus il la voyait s'éloigner, plus il avait le sentiment qu'elle ne reviendrait jamais vers lui. Si elle qui avait toujours supporté son froid le fuyait à présent, qui l'approcherait ? Personne. Bobby prenait conscience qu'il n'avait plus rien d'humain. Erïka lui demandait pourquoi une telle chose arrivait. Il n'en savait rien lui même.

- Je ne contrôle plus rien... Je ne voulais pas... te faire de mal...

Et elle quitta la salle de bain. Même si c'était ce que Bobby désirait depuis tout à l'heure, à présent qu'elle partait, il n'avait qu'une envie : la rattraper, lui dire de ne pas partir. Il ne voulait pas qu'elle l'abandonne sous prétexte qu'elle ne pouvait plus l'approcher. Mais pouvait il le lui reprocher ? Non, c'était normal de rester en retrait de quelque chose de dangereux et de nocif. Il était cette chose et cela lui brisait le coeur de voir que même celle qu'il aimait n'était pas capable d'être près de lui. Un doute l'assaillit. Et si c'était un état permanent ? Si plus jamais il ne pourrait la toucher et vice versa ? Rien que d'y penser, il sentait son coeur se serrer jusqu'à éclater. Si il ne pouvait la toucher, il voulait au moins la voir. Il s'avança donc dans la salle de bain mais resta au niveau de la porte qui séparait la pièce de la chambre. Il ne voulait pas aller plus loin, ne désirant pas rendre la pièce principale plus froide qu'elle ne l'était déjà. Erïka était assise sur le lit, la main sous la couverture comme cherchant à la réchauffer. C'était la première fois qu'il voyait ça, qu'il la voyait ainsi désarmée face au froid... face à lui. Il aurait préféré qu'elle ne dise rien car les mots qui sortirent alors de sa bouche lui firent l'effet d'un coup de poignard. Même elle, elle n'arrivait pas à le supporter. C'était trop. Bobby baissa la tête, abattu.

- Je comprends... Tu... as essayé au moins... Tu devrais aller te mettre au chaud...

Il se détourna et retourna à l'intérieur de la salle de bain, s'asseyant sur le rebord de la baignoire. Ce fut comme si il prenait racine, la glace se dessinant le long de l'objet. La tête entre ses mains, il fermait les yeux. Tout ça n'était il qu'un cauchemar ?
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Ven 3 Mai 2013 - 2:53

Erïka détestait qu’on lui mente. Le fait que ce soit une personne en qui elle avait toute confiance qui ose lui cacher la vérité la blessait bien plus qu’elle ne voulait se l’avouer. Elle aimait Bobby et elle ne remettait jamais sa parole en doute. Il était toujours sincère avec elle, elle n’avait aucune raison de douter de lui. Cependant, il venait tout juste de lui mentir. Pourquoi ? Pourquoi ne voulait-il pas lui dire la vérité ? Avait-elle fait quelque chose de mal ? Elle aurait préféré qu’il lui dise simplement qu’il ne souhaitait pas lui parler de ce qui le tracassait plutôt que de trouver une excuse comme celle-ci. Il était désolé de lui avoir mentit et la jeune fille ne pouvait qu’accepter ses excuses.

-« C’est juste que quoi ? Tu ne me mens jamais, qu’est-ce qui t’arrive soudainement ? »

Peu importe ce qu’elle disait, elle n’arrivait pas à obtenir de réponse. Il lui cachait la vérité. Il aurait pu lui dire que cela ne la concernait pas, elle aurait peut-être lâché le morceau. Cependant, son comportement lui faisait peur. Ce n’était pas dans ses habitudes de faire ce genre de chose. Plus le temps s’écoulait, plus la jeune fille craignait le pire. Elle ne voulait pas laisser ses craintes se réaliser. Elle tentait de les chasser loin de son esprit afin de se concentrer au maximum sur la situation actuelle.

Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour le convaincre d’ouvrir la porte. Il refusait toujours. Pourquoi ? Pourquoi s’isolait-il ? Erïka craignait qu’il ne vive mal ce qui s’était produit à Boston. Elle s’y connaissait bien en drame familial. À cause de ça, elle avait presque perdu son frère jumeau qui avait tenté de se suicider. L’adolescente ne voyait pas pourquoi son petit ami tenterait de faire la même chose, mais cela restait toujours une possibilité qu’elle ne pouvait pas ignorer. Il fallait qu’elle ouvre cette porte. Elle suppliait Bobby de la laisser entrer. Elle s’inquiétait tellement pour lui. Elle ne pouvait pas partir d’ici avant d’obtenir des réponses, sans quoi elle ne pourra jamais trouver le sommeil ou faire quoi que ce soit sans repenser à tout cela.
Il lui demandait d’aller dormir dans sa chambre, de quitter cette pièce car c’était le mieux pour elle. Cependant, c’était impossible. Elle ne pourra jamais fermer l’œil en sachant qu’il n’allait pas très bien. Elle voulait être là pour lui et s’il le fallait elle allait camper devant cette porte jusqu’à ce qu’il l’ouvre. Elle voulait qu’il lui parle, qu’il se confie à elle. Il ne devait pas se renfermer sur lui-même en supporter tout cela seul. Il ne l’ennuyait pas, au contraire, elle était ravie qu’il lui fasse confiance et lui confie ce qui n’allait pas. Elle voulait que les choses continuent dans ce sens.


-« Tu ne m’ennuie pas, voyons. Au contraire, je veux que tu me parles. Je suis là pour t’écouter, tu sais. Je n’aime pas ça te savoir dans cet état. »

Elle avait peur. Elle ne savait pas ce qui se passait dans cette pièce. Elle n’attendait que la voix ainsi que la respiration de son petit ami. Elle ne pouvait pas deviner ce qui se passait dans la salle de bain. Elle devait entrer. C’est ce qu’elle fit. Lorsqu’elle ouvrit la porte, un froid polaire parcouru instantanément son corps. Que se passait-il ? Elle le su en voyant l’apparence de Bobby. Elle peinait à le reconnaitre sous cette forme de glace. On aurait pu croire qu’il avait créé une statue à son effigie. Pourtant, c’était bel et bien lui. C’était pour cette raison qu’il ne voulait pas qu’elle entre ? Elle n’avait pas peur de ce qu’il était devenu. Elle était plutôt inquiète par ce qui se passait. Depuis quand pouvait-il transformer son corps en glace ? En fait, ce devait être pour cette raison qu’il lui disait qu’il avait un problème avec son pouvoir. Il devait bien y avoir une façon de lui rendre son apparence normale. Il n’avait qu’à se concentrer et peut-être tout se réglera. Si c’était aussi simple, il serait probablement redevenu humain depuis longtemps.

Erïka était morte de froid. Elle qui aimait le froid et l’hiver, elle était servie. En petite tenue, elle l’avait l’impression de marcher au beau milieu de la Sibérie. Cette température était insupportable et elle demandait à son corps des efforts considérables pour ne pas flancher. Elle ne voulait pas abandonner. Elle ne voulait pas laisser tomber Bobby alors qu’il avait probablement besoin de son soutien. Elle l’aimait sincèrement et refusait catégoriquement de laisser son pouvoir s’immiscer entre eux. Elle continuait de s’approcher lentement de lui, tentant de supporter cette basse température. C’était difficile, elle avait envie de reculer à chaque nouveau pas qu’elle faisait en sa direction jusqu’à ce qu’elle s’arrête finalement devant lui.


-« Il doit… il doit y avoir une façon de te rendre ton apparence… »

La jeune fille osa poser sa main contre sa joue, comme si elle désirait la caresser malgré cette épaisse couche de glace. Elle ne s’était pas attendu à ce que de la givre la recouvre soudainement. Sur le coup, elle fut surprise et paniquée. C’était froid, beaucoup trop froid pour sa peau qui brûlait sous cette mince couchée glacée. Bobby eut un mouvement de recul, tout comme elle. Tentant de réchauffer sa main en la collant tout contre elle, elle demandait des explications à son petit ami. Que lui arrivait-il ? Lui-même ne le savait pas. C’était la première fois qu’une telle chose lui arrivait. Il ne voulait pas la blesser. Il ne voulait pas lui faire de mal. Il ne contrôlait plus son don et elle ne pouvait pas l’aider à régler cela. Elle pouvait à peine l’approcher.

-« Je sais. Tu ne me ferais… jamais de mal.» Prononça difficilement la jeune fille.

Elle grelottait bien trop pour être en mesure de parler sans claquer des dents. Elle n’avait pas d’autres choix, elle devait quitter la pièce. Elle rejoignit rapidement le lit de Bobby et attrapa les couvertures dont elle se servit pour recouvrir sa main. Elle avait du mal à bouger les doigts, c’était mauvais signe. Elle espérait que tout irait mieux, dans quelques minutes. Paniquée, elle n’osait même pas regarder Bobby alors qu’il se tenait à l’entrée de la salle de bain. Elle tentait de respirer doucement, de ne pas se laisser submergée par les émotions. Cependant, elle devait se rendre à l’évidence : elle était incapable de supporter une telle température. Elle l’avoua à Bobby, murmurant faiblement qu’elle était désolée, que son corps ne pouvait en supporter davantage. Elle souffrait de ce froid, elle ne pouvait pas supporter une telle température, surtout dans une telle tenue. Sa main se réchauffait peu à peu, elle sentait ses doigts remuer faiblement.

Jamais elle n’avait voulu abandonner. Erïka était une battante, elle ne baissait jamais les bras. Cependant, son corps ne pouvait en supporter davantage. Elle se mettait elle-même en danger, actuellement. Bobby disait comprendre, elle avait essayé autant qu’elle pouvait. Maintenant, elle devait aller se mettre au chaud. Pourquoi avait-elle si mal à entendre ces mots ? Pourquoi avait-elle l’impression que l’on tentait d’étreindre son cœur au moins de l’étouffer, de le vider de son dernier souffle de vie ? Non, elle ne pouvait pas abandonner. Elle aimait tellement Bobby… Elle ne pouvait le laisser tomber. Elle ne pouvait le laisser dans une telle situation et quitter la pièce comme si rien n’était. Et s’il restait dans cet état pour toujours ? Elle ne préférait pas y penser, elle en souffrait davantage. Doucement, elle sortit sa main des couvertures et la posa sur sa bouche afin de l’empêcher d’émettre le moindre son. Elle se mettait à penser au pire des scénarios, elle paniquait tellement, elle souffrait à cause du froid et sentait qu’elle ne pourrait plus tenir bien longtemps. Elle avait mal rien qu’au fait de penser qu’elle n’avait pas d’autres choix que d’abandonner Bobby. Elle avait peur, elle tentait de dissimuler ses émotions, de les refouler. Deux chaudes larmes coulèrent le long de ses joues et vinrent réchauffer sa main. Elle n’en pouvait plus. Elle ne pouvait pas laisser tomber celui qu’elle aimait, mais elle ne voulait pas le faire davantage souffrir en osant pleurer devant lui. Elle se leva rapidement et quitta la chambre en claquant la porte.

Aussitôt, elle sentit un grand changement de température. Tout son corps se réchauffait soudainement. Un changement de température pareil n’était pas très agréable, mais elle s’en fichait. Elle courut dans le couloir et alla s’enfermer dans sa chambre. Une fois dans celle-ci, elle appuya sur l’interrupteur puis elle s’adossa contre la porte, laissant ses émotions la porter. Elle devait faire retomber la pression. Maintenant, elle pouvait laisser les larmes couler. Depuis quant était-elle devenue si sensible ? Cela ne lui ressemblait pas du tout, et pourtant... Était-ce l'amour ? Était-ce parce qu'elle tenait réellement à Bobby et que ce problème de taille la faisait douter de l'issue de leur relation ? Pourtant, elle ne désirait pas le quitter. Elle l'aimait et elle était prête à faire ce qu'il fallait pour rester auprès de lui. Et si c'était lui qui la quittait ? Non, c'était impossible. Elle ne devait pas penser à ça. Elle devait oublier ces pensées, oublier sa main qui s'était relativement remise de ce givre et aller de l'avant. Après avoir passé deux minutes à sangloter, après avoir évacuer la pression, elle décida de se reprendre en main. Elle ne pouvait pas se laisser abattre. Elle ne devait pas imaginer le pire. La jeune fille se redressa et jeta son peignoir sur le lit. Elle retira son déshabillé et enfila un soutien-gorge confortable. Elle ne pouvait pas abandonner et laisser Bobby seul. Elle allait faire comme toujours : se battre. L’adolescente enfila deux paires de chaussette avant de mettre son jean. Elle mis un pantalon de jogging assez ample, par-dessus, on ne croyait pas qu’elle portait un autre chose en dessous en la voyant. La jeune fille fouillait son placard tout en se murmurant des paroles rassurante. Elle devait rester forte. Elle était capable de faire face à cette situation. Elle devait être là pour Bobby. Elle enfila un débardeur, puis un t-shirt avant de mettre un gros pull qu’elle réservait pour les basses températures d’hiver avant d’entourer son cou d’un foulard et de glisser ses bras dans son manteau. Elle mit également ses bottes afin de tenir ses pieds au chaud. Maintenant, elle crevait de chaleur, mais elle savait que ce ne sera pas le cas pour longtemps. Après avoir enfilé une paire de gants, elle quitta la chambre, fermant porte et lumière derrière elle.

La jeune fille parcouru le couloir et entra dans la chambre de Bobby. Cette fois-ci elle prit la peine de fermer doucement la porte. Elle se dirigea vers la salle de bain et y entra avant de voir son petit ami assis sur le bord de la baignoire, totalement gelée à cause de son don. Erïka pénétra dans la pièce et vint s’agenouiller devant lui. Il faisait très froid, bien plus que ce à quoi elle pouvait avoir été habituée. Elle ne pourra jamais rester toute une nuit, malgré sa tenue, mais elle voulait tout de même rester auprès de son petit ami aussi longtemps qu’elle le pourrait.


-« Je ne veux pas t’abandonner. C’est difficile, mais je veux rester. Je ne veux pas que ton pouvoir se mette entre nous. Je t’aime Bobby. Je t’aime tellement… »

Prenant son courage à deux mains. Elle posa l’une de ses mains gantées sur celle de son petit ami. Elle serrait sa main avec force alors qu’elle voyait le givre la recouvrir de nouveau. Elle avait son gant pour la protéger, mais il ne pouvait l’empêcher de ressentir le froid. Elle ferma les yeux l’espace de quelques secondes, tentant de ne pas se laisser abattre par cela. Elle avait mal, mais elle refusait de le lâcher. Ce fut lorsqu’elle ne put en supporter davantage qu’elle retira sa main et la glissa immédiatement dans l’une des poches de son manteau.

-« Je suis folle, je le sais. Je vais rester aussi longtemps que je le pourrais. On trouvera une solution. Je suis certaine qu’on va trouver. Il suffit peut-être que tu te concentres pour faire disparaitre toute cette glace. Il y a sûrement un moyen pour que tu reprennes le contrôle. On y passera la nuit s’il le faut, mais tu vas retrouver ton apparence normale, d’accord ? »

Erïka faisait tout pour paraitre convaincante. Elle essayait d’être optimiste face à cette situation sur laquelle ils n’avaient aucun contrôle. Cependant, elle ne savait pas si tout irait mieux. Elle n’avait aucune certitude et c’était ce qui lui faisait peur. Elle ne savait pas s’il allait un jour retrouver sa véritable apparence. Elle espérait fortement que si. Qu’allait-elle faire si elle ne pouvait plus approcher son petit ami ? Cette situation était difficile à vivre pour elle, mais elle était encore plus insupportable pour lui. Elle ne voulait pas le laisser tomber. Doucement, elle vint remonter son foulard sur son visage, ne laissant que ses yeux à découvert. Jamais elle ne pourra rester ainsi toute une nuit, elle le savait bien. Cependant, elle s’abstint de le dire à Bobby. Ils devaient plutôt tenter de trouver une solution, s’il y en existait une…
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Sam 4 Mai 2013 - 11:33

Bobby se doutait bien qu'il ne pourrait rester indéfiniment dans la salle de bain mais il espérait au moins pouvoir faire en sorte que Erïka quitte sa chambre au moins le temps qu'il trouve une solution. Seulement voilà, il ne savait pas quoi lui dire qui pourrait la convaincre de partir sans qu'il lui dise de carrément partir. Même là, il la savait assez têtue pour rester. Ne voulant pas être désagréable avec elle, il cherchait une solution mais n'en voyait pas. Tout ce qu'il trouvait à dire était qu'il se sentait mal. Il mentait mais sur le coup de la panique, il ne faisait pas attention à ce détail. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle ne le voit pas comme ça. Elle était peut-être la personne la plus proche de lui mais il avait trop peur du résultat pour risquer quoique ce soit. Cependant, mentir à Erïka était la pire idée qu'il puisse avoir et il le regretta bien vite. La jeune femme ne semblait pas vraiment en colère, surtout inquiète qu'il ose lui cacher la vérité. Jusqu'à présent il ne l'avait jamais fait, toujours sincère avec elle. Rien d'étonnant à ce qu'elle se pose des questions donc mais le mutant ne savait plus quoi répondre. Il resta donc silencieux, à la recherche d'une solution qui le sauverait.

Il se décida finalement à parler mais ne révéla pas l'entière vérité. Il lui confia simplement qu'il rencontrait quelques soucis avec son pouvoir et qu'il vaudrait mieux donc qu'elle passe la nuit ailleurs. Seulement, Erïka en avait décidé autrement, persuadée qu'elle pourrait dormir à ses côtés sans problème, ignorant le mal qui l'affectait en ce moment. Elle avait bien remarqué qu'il se comportait bizarrement ces derniers temps et elle reliait ceci à tout ça, supposant que cela avait un lien direct. Elle n'avait pas tort, leur passage à Boston l'avait marqué, il était perdu et ne savait plus quoi penser. Il n'en avait pas reparlé à Erïka depuis qu'ils étaient revenus à l'institut et maintenant il se disait qu'il aurait peut-être du le faire car tout ça ne serait sans doute pas arrivé. Il n'avait pas osé, n'ayant pas l'habitude de parler ou de se confier à qui que ce soit. Auparavant il n'entretenait pas une relation très poussée avec ses petites amies mais avec la russe, c'était bien différent, ils se connaissaient relativement bien l'un et l'autre. Erïka le poussait à lui parler mais il pensait que c'était de toute façon trop tard, le mal était fait.

- Je ne voulais pas que tu penses que je me plaignais alors je n'ai rien dit. Je me dis que même si mes propres parents ne veulent plus de moi alors ça n'empêchera personne de me laisser tomber... Je vais finir par croire que je ne suis vraiment pas fait pour côtoyer les autres...

Bobby était partagé entre l'envie de lui parler et l'envie qu'elle parte. La discussion pouvait attendre. Plus elle restait là longtemps, moins il aurait de temps pour trouver une solution et redevenir normal. De plus, elle risquait de s'inquiéter davantage et insisterait donc pour rester, ce qu'il ne voulait pas. Plus ou moins contraint de la chasser, il lui souhaita une bonne nuit, déchiré par ce rejet qu'il se sentait obligé de faire. Mais c'était sans compter sur l'obstination de la jeune femme. Plutôt que de partir, elle pénétra dans la salle de bain, surprenant Bobby sous sa nouvelle forme. Il fut tellement surpris de cette apparition inattendu qu'il se figea sur place, tout comme elle. Il n'aimait pas ce qu'il voyait dans son regard ni la façon dont réagissait son corps. Elle avait froid... Elle était transie de froid...

Bobby voulait ouvrir la bouche pour lui dire de s'en aller mais Erïka fit quelques pas vers lui, hésitants, tremblants, mais ils la menèrent jusqu'à lui tant bien que mal. Il était content de voir qu'elle ne le fuyait pas mais il craignait la suite des évènements. Il ignorait pourquoi il était devenu comme ça et Erïka estima qu'il devait y avoir un moyen de lui rendre son apparence normale. Sans doute. Mais et si ce n'était pas le cas ? Si jamais il ne redevenait humain, contraint de rester un homme de glace toute sa vie ? Si pour lui, il n'y avait aucun réel changement physiologique, pour les autres c'était différent. Cela signifierait qu'il ne pourrait plus jamais avoir le moindre contact humain. Ce n'était pas si dérangeant mais cela signifiait aussi qu'il ne pourrait plus approcher Erïka... et ça, c'était plus que difficile à accepter car cela signifierait la fin de leur couple. Rien que d'y penser, Bobby en tremblait. A croire que lui aussi avait froid.

- Je ne sais pas comment... D'habitude, je peux agir sur mon don comme je le souhaite mais là... il n'en fait qu'à sa tête.

Et Erïka le toucha. Elle l'effleura à peine mais sa main se recouvra de glace comme tout ce qu'il avait pu toucher jusqu'à présent. Tout ce qui entrait en contact avec lui était donc condamné à se retrouver congelé. Bobby recula donc instinctivement, tout comme Erïka qui tentait de protéger sa main à présent glacée. Elle ne tarda pas à quitter la pièce pour aller mettre sa main sous les couvertures dans le but de la réchauffer. Bobby la suivit jusqu'à la sortie de la salle de bain, restant là pour l'observer. Même si il ne ressentait plus le froid, il avait mal pour elle. Il se souvenait, lorsqu'il était encore un humain comme les autres, que lors d'un hiver, il avait joué trop longtemps dans la neige sans porter de gants. Sur le coup, tout allait bien mais lorsqu'il cessa de jouer et rentra chez lui, il sentit finalement d'horribles brûlures. Ses mains restèrent gercées pendant plusieurs jours et il s'était promis de ne jamais recommencer. Ces brûlures, c'était ce que devait ressentir Erïka en ce moment... et c'était lui qui les lui avait infligées. Il se sentait fautif et penaud, n'ayant jamais voulu lui faire le moindre mal. La russe avouait qu'elle savait qu'il ne le ferait jamais... Pourtant, c'est ce qu'il venait involontairement de faire.

- Je... Tu ne devrais plus m'approcher jusqu'à ce que je retrouve ma forme normale...

Cela lui faisait mal de dire une telle chose mais avait il le choix ? Il ne voulait pas voir la jeune femme s'approcher de lui et manquer de souffrir juste pour lui faire plaisir. Il n'était pas égoïste à ce point. Mieux valait qu'elle garde ses distances pour le moment, c'était mieux pour elle. Le pire dans tout ça, c'était qu'elle ne le regardait même plus, comme si simplement poser les yeux sur lui allait la transformer en glace. Bobby ne disait rien, craignant ce qui allait suivre chaque minute qui passait. Si il ne redevenait jamais humain, plus jamais il ne pourrait toucher Erïka, il en avait à présent la confirmation. Il ne pouvait pas rester comme ça, il devait trouver une solution. Si il ne le faisait pas pour lui, il le ferait pour elle. Mais pour l'heure, la jeune femme devait aller se mettre au chaud, là où il ne pourrait la blesser. C'est avec regret et tristesse qu'il lui avoua qu'elle ferait mieux de changer de pièce, au moins pour la nuit, que ce serait mieux pour elle. Il n'avait pas envie de la voir partir, quelque part il soupçonnait qu'elle resterait, têtue comme elle était. Mais ce ne fut pas le cas.

Il s'était détourné d'elle pour retourner à l'intérieur de la salle de bain et ne l'avait donc pas vu pleurer. Mais lorsqu'il entendit la porte claquée, il se figea. Elle était partie ? C'était ce qu'il lui avait demandé après tout mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle quitte la pièce de cette façon. Le claquement de porte avait résonné dans l'esprit de Bobby et il avait l'impression que son coeur venait d'être écrasé. Cela signifiait il qu'elle allait le quitter ? Qu'elle ne pourrait supporter tout ça ? Jusque là, elle avait fait preuve de bien plus de résistance de quiconque, mais elle aussi avait ses limites et ça... personne ne pouvait le supporter. Bobby était à présent seul, assis sur le bord de la baignoire, la tête entre ses mains. A ce moment présent, il se sentait extrêmement seul, persuadé qu'il le resterait. Le départ d'Erïka sonnait comme une défaite et il avait envie de hurler. Mais rien ne sortait. Seules quelques larmes de tristesse et de frustration exprimèrent ce qu'il ressentait. Mais à peine apparurent elles qu'elles se transformèrent aussitôt en glace, chutant alors sur le sol pour s'y fracasser. Il n'y faisait même pas attention, il ne remarquait pas que la température ambiante baissait encore. Il ne remarqua même pas que la porte de sa chambre s'était rouverte et il sursauta lorsqu'il entendit la voix d'Erïka soudainement proche de lui.

Elle était là, à ses pieds, recouverte de la tête aux pieds de vêtements. Exit la tenue sexy qu'elle portait juste avant mais sincèrement, quelle importance ? La seule chose qui importait à Bobby était qu'elle soit là, qu'elle soit revenue et que malgré ce froid insupportable, elle ne l'abandonnait pas. Bobby la regarda d'un air surpris, se demandant si il rêvait ou si elle était bien là, un peu perdu dans ce qu'il ressentait actuellement. Elle lui disait l'aimer et qu'elle ne voulait pas l'abandonner ni laisser son pouvoir être une barrière entre eux. Ces mots, c'était tout ce qu'il voulait entendre. Il ignorait si c'était possible, si elle tiendrait parole mais à vrai dire, sur le moment il s'en fichait. Elle était là, juste pour lui. Bobby fit un geste pour la prendre dans ses bras mais il s'interrompit, se souvenant qu'il ne pouvait pas. Pourtant, il n'avait qu'une envie c'était de le faire. Il reprit cependant sa position initiale, conscient qu'il ne ferait que la faire souffrir.

- Merci Erïka, tu n'imagines pas comme c'est important pour moi, combien tu comptes à mes yeux... J'ai... j'ai cru que tu m'avais abandonné... Excuse moi d'avoir douté de toi, je me sens tellement stupide...

Malgré ce qui lui était arrivé précédemment, elle posa sa main sur la sienne. Cette fois, elle était recouverte d'un gant mais cela n'empêchait pas la glace de venir s'incruster à nouveau. Cela lui faisait sans doute moins mal mais ce n'était pas de simples bouts de tissus qui allaient la protéger d'un froid pareil. Même si il ne désirait que la toucher, il finit par retirer sa main pour qu'elle ne le touche plus. Cela ne servait à rien qu'elle souffre pour lui faire plaisir, il préférait qu'elle s'abstienne, qu'elle prenne soin d'elle. La jeune femme se voulait optimiste, essayant de le rassurer en lui certifiant qu'ils trouveraient une solution au problème. Elle resterait à ses côtés autant qu'elle le pouvait et Bobby était on ne peut plus heureux qu'elle en fasse l'effort. Rien ne l'y obligeait après tout.

- Oui, tu es sans doute folle mais je ne t'en aime que davantage. Par contre, je ne te laisserais pas te mettre trop en danger. Je te suis reconnaissant, vraiment, d'être là, de faire tous ces efforts mais ta santé avant tout. Si il faut que l'on soit séparés le temps que... je règle le problème alors on le sera... Ca ne me plait pas mais je ne veux pas te faire souffrir. J'ai déjà essayé de changer de forme, je me suis concentré mais... en fait, peut-être que je n'étais pas assez attentif... Je vais réessayer. Mais promet moi que tu ne t'éterniseras pas si ça ne va pas. D'accord ?

Rasséréné par la présence de sa petite amie, le mutant chercha à atténuer la glace qui le formait, en vain. La température fluctua plus d'une fois mais à aucun moment il n'y eut de signe qu'il allait prendre sa forme habituelle. Quoiqu'il fasse, il restait de glace. Il fallait se rendre à l'évidence : seul il n'arriverait à rien. Il lui fallait de l'aide. Bobby ne voulait pas baisser les bras mais il était vexé de ne pas réussir à faire quelque chose de si simple. Mais il ne voulait pas se montrer pessimiste pour une fois, il devait faire des efforts pour Erïka. Si il abandonnait, il la perdait assurément et ça c'était hors de question. Au bout d'un moment, il soupira, posant les yeux sur Erïka.

- Je crois que je n'y arriverais pas tout seul... Peut-être que le professeur Xavier saurait m'aider, c'est lui qui m'a aidé à maitriser mon don. Je te promet que je vais tout faire pour réussir, quelque soit le temps que ça prend. Merci d'être restée mais... tu devrais aller te reposer cette fois. Si moi je m'endors, je ne veux même pas imaginer ce qu'il se passerait...
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Dim 5 Mai 2013 - 6:09

Erïka savait reconnaitre les gens troublés, hantés par quelque chose. Elle-même avait vécu beaucoup de drames qui n’avaient cessé de la poursuivre jusque dans ses rêves. Elle pouvait bien voir que Bobby avait la tête ailleurs, ces derniers temps. Il ne pouvait pas lui cacher ce qui le tracassait, elle savait bien de quoi il s’agissait. Cependant, il ne lui en avait jamais vraiment parlé directement depuis qu’ils étaient de retour de Boston. Pourtant, la jeune fille était prête à l’aidée s’il le fallait. Elle ne savait pas quoi faire, mais elle trouverait une solution, elle tenterait de lui redonner confiance en lui. Le fait que ses parents l’aient rejeté pour de bon avait été plus marquant et plus douloureux que ce qu’elle aurait pu croire. Il pensait que tout le monde pouvait le rejeter, à présent. Il n’était pas fait pour être entouré de gens. Au contraire, Erïka trouvait qu’il était un jeune homme si gentil, si généreux, si attentionné qui méritait d’avoir des proches sur qui compter. Elle ne comptait pas l’abandonner. Elle l’aimait sincèrement et ne le laissera jamais tomber, peu importe ce qui se passera à l’avenir.

-« Ne dis pas ça. Tu sais que tu peux me parler de n’importe quoi. Tu as le droit de te confier, je ne penserais jamais que tu te plains. Je suis là, tu peux compter sur moi. Je ne t’abandonnerais pas. »

Elle comptait rester dans cette pièce tant et aussi longtemps qu’il s’obstinerait à rester derrière cette porte. Elle s’inquiétait pour lui, elle avait besoin de savoir ce qui se passait. S’il fallait, elle était prête à l’écouter parler durant toute la nuit, jusqu’à ce qu’il se sente mieux. Il n’allait pas se débarrasser d’elle si facilement. Elle désirait l’aider, le supporter. Elle ne comptait pas l’abandonner. Puisqu’il refusait de lui ouvrir la porte, c’est elle qui pénétra dans la pièce, qu’il le veuille ou non. Lorsqu’elle le vit, elle sut pourquoi il tentait tant de la chasser. Il était totalement transformé. Sa peau, ses cheveux… il était devenu une véritable statue de glace. Comment cela s’était-il produit ? Il maitrisait bien son pouvoir, après tout. Enfin, c’était ce qu’elle pensait.

Il lui avouait qu’il n’arrivait plus à maitriser son don. Normalement, ça allait, mais soudainement son pouvoir se rebellait et n’en faisait qu’à sa tête. Il ne pouvait rien faire, il était coincé sous cette apparence. Malheureusement, malgré toute la bonne volonté qui animait l’adolescente, elle ne pouvait arriver à l’approcher. Elle avait tellement froid. Vêtue légèrement, elle ne pouvait supporter une température polaire comme celle-ci. Pourtant, elle rejoignit son petit ami et caressa doucement sa joue. Elle voulait lui prouver qu’elle l’aimait, que son don ne sera jamais un obstacle entre eux. Elle désirait lui montrer qu’elle était capable de supporter le froid pour lui. Cependant, son corps ne le pouvait pas. La jeune fille dû se rendre à l’évidence : elle ne pouvait même plus le toucher. Sa main glacée la faisait souffrir, elle la sentait brûler douloureusement alors qu’elle la couvrait de fraîches couvertures. Pourquoi est-ce que tout cela leur arrivait ? Elle ne voulait pas le laisser tomber, elle désirait rester auprès de lui. Par contre, elle savait que si elle faisait ça, elle signait son arrêt de mort. L’hypothermie aura raison d’elle avait la fin de cette nuit. Même si Bobby lui disait de partir, qu’elle serait mieux de s’éloigner jusqu’à ce que la situation soit régler, elle ne pouvait se résigner à le faire.

La jeune fille peinait à regarder son petit ami. Son regard restait fixé sur sa main tremblante, bien enfouie sous les couvertures. Jusqu’à présent, elle avait toujours vu des bons côtés au pouvoir de Bobby. Elle s’accommodait au froid, enfilant un pull s’il le fallait, sans vraiment se plaindre. Cependant, c’était trop pour elle. Elle regrettait de lui dire, mais elle ne pouvait en supporter davantage. Alors qu’elle retenait ses larmes, le jeune homme retourna dans la salle de bain, la laissant ainsi seule dans la chambre. Elle n’y resta pas trop longtemps, quittant la pièce après quelques secondes, claquant la porte derrière elle.

Erïka était triste et désemparée. Elle ne pouvait pas faire face à ce genre de situation. Elle n’avait que des pouvoirs totalement inutiles qui ne faisaient que lui nuire. Elle se maudissait d’avoir ce type de don, de ne pas être en mesure de supporter le froid plus que cela. Elle se débarrassa de la tenue qu’elle portait afin d’enfiler de chauds vêtements. C’était sa dernière solution. Si elle n’arrivait pas à l’approcher, ainsi chaudement vêtue, alors elle ne pourrait plus jamais le faire. Se donnant le courage nécessaire afin de rejoindre la chambre de son petit ami, elle parcouru le couloir de l’institut. Elle avait chaud, mais elle savait que ce n’était que de courte durée. Son corps la suppliait de ne pas retourner dans ce congélateur, mais elle s’obstinait à le faire. Elle n’abandonnait pas si facilement.

En entrant dans la chambre de Bobby, elle fut pétrifiée de froid. Cependant, cela ne la fit pas reculer. Elle referma la porte derrière elle et entra dans la salle de bain avant de s’agenouiller devant son petit ami. Elle le regardait fixement avant de finalement lui avouer à quel point elle l’aimait. Erïka avait toujours été ce genre de fille dont la confiance ne s’obtenait pas en un claquement de doigt. Elle n’était pas non plus du genre à tomber amoureuse du premier venu. Si elle était là, c’était parce qu’elle l’aimait sincèrement et qu’elle ne pouvait concevoir l’idée de l’abandonner sans avoir tout tenté.

Elle sentit que son départ avait effrayé Bobby qui avait cru qu’elle le laissait tomber. Il s’en voulait d’avoir douté d’elle. Après tout, il la connaissait suffisamment pour savoir qu’elle était une battante et qu’elle ne se laissait pas abattre si facilement. Cependant, elle avait également ses points faibles. Elle était une humaine dont le corps ne pouvait pas tout supporter. Elle avait des limites qu’elle ne pouvait franchir, bien qu’elle s’efforçait de les repousser au maximum. Jamais la jeune fille ne pourrait lui en vouloir pour avoir pensé qu’elle l’avait laissé seul. Elle avait bien faillit le faire, mais elle avait refusé d’écouter son corps.


-« J’ai trop d’orgueil pour laisser mon corps me dire ce que je ne peux pas faire. Tu n’as pas à te sentir idiot, je suppose qu’à ta place j’aurais ressentis la même chose. La situation n’est pas facile et je dois avouer qu’il fait très froid, mais ça va aller. Il m’en faut plus que ça pour que je te laisse tomber. »

La jeune fille souhaitait rassurer son petit ami. Elle posa doucement sa main sur la sienne, s’efforçant de supporter le froid la gagnant peu à peu. Cependant, Bobby ne voulait pas la laisser faire. Elle n’avait pas à réitérer l’expérience. Il ne pouvait la toucher, elle ne pouvait plus l’approcher. Il ne fallait pas qu’elle se rende malade pour lui. Pourtant, c’était ce qu’elle était en train de faire, repoussant les limites de son corps et se disant qu’il n’en sera que plus fort. Elle avait vécu pire, tellement pire… Si elle devait souffrir, alors elle voulait le faire pour une personne qu’elle aimait. Elle n’avait pas peur d’avoir mal, même si c’était quelque chose de terriblement désagréable.
Bobby retira sa main afin que celle de la russe ne soit pas de nouveau gelée. N’ayant pas trop le choix, elle glissa sa main dans la poche de son manteau afin de la réchauffer. Elle avait essayé. Elle voulait le rassurer, le serrer dans ses bras, mais savait ce qui l’attendait si elle osait faire cela. Elle n’avait pas d’autres choix que de rester agenouillée devant lui, le fixant de ses grands yeux azurés.

Erïka était folle. Elle était totalement cinglée. Ce n’était pas l’amour qui l’aveuglait. Elle savait parfaitement bien les risques qu’elle courait à rester auprès de Bobby, actuellement. Si elle était là, c’était parce qu’elle le voulait. Elle savait ce qui l’attendait si elle s’endormait ou si elle faisait l’erreur de rester quelques minutes de trop alors que la température de la pièce descendait toujours de quelques degrés. Elle était réaliste, mais elle avait bien trop d’orgueil pour abandonner celui qu’elle aimait sans se battre pour rester à ses côtés.
Malheureusement, ils devaient se rendre à l’évidence : cette situation ne se réglera peut-être pas en une nuit. Et s’il restait ainsi durant des jours, des semaines ? Erïka ne voulait pas y penser. Elle préférait affronter chaque jour sans voir le futur. Elle ne voulait pas se dire qu’il restera sous cette forme durant si longtemps. Lorsqu’il parla de séparation, elle sentit son cœur se serrer. Non, il ne pouvait pas parler de ça. S’il osait parler de séparation, même si cela ne signifiait pas la fin de leur couple, elle allait se remettre à pleurer. Elle n’aimait pas trop que cela arrive lorsqu’elle se trouvait avec d’autres personnes. Elle avait toujours eu du mal à se montrer faible, à laisser couler ses larmes devant une autre personne.


-« Ne parle plus de séparation. Je n’ai pas envie de te laisser affronter ça seul. Dans le pire des cas, je tomberais malade et quelques jours plus tard ce sera déjà du passé. Ce n’est pas comme si c’était la pire chose que j’avais vécu. Ce n’est pas parce que ta chambre est devenue l’Alaska que je vais m’éloigner de toi. »

Elle voulait y croire. Elle y croyait. Elle surestimait les capacités de son corps à supporter une telle température. Si la température baissait au fil des heures, elle ne pourra bientôt plus faire un pas dans la chambre sans être pétrifiée par le froid. Bobby ne voulait pas qu’elle prenne autant de risques pour lui. Il tentait de lui faire promettre de quitter cette chambre si elle n’arrivait plus à supporter la température polaire qui y régnait. Cependant, Erïka était têtue. Elle attendra à la dernière seconde, alors qu’elle sera à bout de force, incapable d’en supporter davantage avant de finalement abandonner.

-« Je te promet de quitter cette pièce lorsque mon corps ne sera plus en mesure de supporter ce froid… Non, en fait je ne partirais que lorsque je serais sur le point de me transformer en pingouin. Ça va me laisser quelques minutes supplémentaires pour profiter de ta présence. »

Erïka était le genre de personne à tenir ses promesses. Lorsqu’elle ne pourra plus supporter la température, elle quittera la pièce et retournera à sa chambre. Pour l’instant, elle comptait rester là jusqu’à ce qu’elle commence réellement à souffrir d’hypothermie. Encore fallait-il qu’elle sente qu’elle en était atteinte… Dans le pire des cas, elle appellera son frère jumeau, Alexïs, afin de lui demander des conseils. Il était étudiant en médecine, il devait bien s’y connaitre en la matière, non ?
Pendant qu’elle continuait de grelotter malgré tous les morceaux de vêtements qu’elle portait, Bobby essayait de régler la situation en tentant de maitriser son don. Cependant, ce n’était pas très concluant. Erïka avait tellement froid qu’elle ne sentait même pas le changement de température, pas assez évident pour qu’elle le ressente.

Au bout d’un moment, il laissa tomber. Il n’arrivait pas à retrouver sa forme originale. Il n’avait pas d’autres choix que d’aller chercher de l’aide. Dès qu’il fera jour, il pourra demander au professeur Xavier de l’aider. Il allait sûrement trouver une solution et faire en sorte que Bobby soit en mesure de maitriser son pouvoir. Il promettait à sa petite amie qu’il ferait tout pour retrouver sa véritable apparence. Cependant, cela pouvait être long, il ne savait pas quand est-ce qu’il sera de nouveau capable de la prendre dans ses bras. La jeune fille pouvait bien survivre sans contact physique avec les autres. Par contre, là, il s’agissait de son petit ami. Elle était proche de lui, elle adorait se blottir dans ses bras ou bien dormir à ses côtés. Elle savait que tout cela allait lui manquer, jour après jour.


-« Si tu veux, j’irais chercher le professeur Xavier dès qu’il fera jour. Je suis certaine qu’il pourra régler la situation. »

Encore une fois, Bobby lui disait de retourner à sa chambre et de se mettre au chaud. Il faisait ça pour son bien, mais la jeune fille ne voulait pas partir. Elle allait encore rester un peu. Son visage était toujours dissimulé, en grande partie, par son foulard. Elle peinait parfois à trouver son souffle, lorsqu’elle le retirait. Il faisait si froid… Elle ne voulait même pas savoir quelle était la température de la pièce, ayant peur de connaitre le chiffre.

-« Non, je n’ai pas envie de partir. »

Erïka ne comptait pas s’endormir tout de suite. Même si le froid lui en donnait envie, elle préférait rester encore un peu avec Bobby. Elle se leva et rejoint la chambre où elle retira la grosse couverture du lit de son petit ami avant de faire de même avec l’autre lit de la chambre. Elle revint dans la salle de bain et plaça l’une des couvertures en boule afin de s’y assoir, puis se couvrit de l’autre. Elle était bien plus confortable ainsi.

Glissant les mains dans l’une des poches de son jogging, elle découvrit un paquet de cigarette qu’elle avait probablement oublié depuis plusieurs mois. Ça faisait combien de temps qu’elle n’avait pas porté ce pantalon ? Sûrement aussi longtemps qu’elle n’avait pas touché à une cigarette. Même si elle avait arrêté de fumer il y a plusieurs mois, elle pouvait bien s’en permettre une afin de se réchauffer un peu et de l’empêcher de s’endormir. Maintenant, il lui fallait un briquet. Elle se leva et alla voir sur la commode, dans la chambre, si le sien n’y était pas. Depuis quelques semaines, elle l’avait pris la mauvaise habitude de laisser trainer certaines de ses affaires un peu partout dans la chambre de son petit ami. Elle dénicha le briquet dont elle s’était servie pour allumer une bougie, il y a quelques temps, puis revint dans la salle de bain où elle s’installa rapidement sous sa couverture.


-« Finalement, il y a des côtés pratiques à ce que je laisse trainer mes affaires dans sa chambre. »

Elle put ainsi allumer sa cigarette. Baissant le foulard qui couvrait sa bouche, elle porta la cigarette à ses lèvres. Ce que ce truc pouvait lui avoir manqué ! Elle profita de chaque bouffée, prenant soin à ne pas souffler sa fumée en direction de Bobby. Malgré tout, ce petit poison n’arrivait pas à la réchauffer comme elle le voudrait. Tant pis, elle allait tout de même terminer sa cigarette, elle n’avait pas envie de gaspiller le peu qui lui restait. Un jour, elle se débarrassera peut-être de cette mauvaise habitude. En attendant, elle fumait que lorsqu’elle était très émotive afin de calmer ses nerfs. Dans le cas présent, c’était plutôt en quête de chaleur.

Malheureusement pour elle, sa cigarette brûla plus rapidement que prévu. Elle se résigna à éteindre le mégot avant de le jeter dans la poubelle. Pas de risque que ça prenne en feu, Bobby serait capable d’empêcher ça en moins de deux. La température avait encore baissée et la jeune fille savait qu’elle allait finir par craquer. Elle ne sentait pratiquement plus ses pieds. Fichues bottes qui étaient censées résister aux basses températures. En fait, c’était de l’arnaque ces trucs.

Erïka se leva finalement. D’une lenteur inouïe, elle combattait le froid et le sommeil pour se mettre sur ses pieds et attraper sa couverture. Elle la jeta sur Bobby, couvrant ainsi une grande partie de son corps. Rapidement, avant que le tissu ne soit gelé, elle se jeta sur lui pour le serrer dans ses bras. Même avec la couverture, elle avait du mal à supporter son corps tout près du sien. Pourtant, elle s’obstinait à se rapprocher de lui. Quelques secondes plus tard, elle s’éloigna et retira la couverture qu’elle laissa tomber sur le sol.


-« C’est peut-être la dernière fois que je pourrais t’étreindre avant longtemps.»
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Lun 6 Mai 2013 - 15:39

Encore une fois, Erïka lui disait ce qu'il voulait entendre mais qu'il avait toujours attendu jusqu'à présent. Habitué à ne jamais dire ce qu'il ressentait vraiment, à toujours tout garder pour lui, Bobby avait du mal à se lancer lorsqu'il s'agissait de se confier. Non pas qu'il ne voulait pas mais il n'avait tout simplement pas l'habitude de le faire. Il avait toute confiance en sa petite amie mais de là à avoir le réflexe de toujours se confier à elle, il y avait une sacrée marge. A présent qu'ils en parlaient, le mutant se sentait un peu idiot tant cela lui paraissait logique. Mais avec ses précédentes petites amies, il n'avait jamais été dans un tel cas de figure où ils se complétaient et se comprenaient si bien. Tout ça était un peu nouveau pour lui et il prenait conscience qu'il avait beaucoup de chance à présent. Mais pour l'heure, ce n'était pas ce qui lui paraissait le plus évident. Il aurait tout le temps de se confier... lorsqu'il ne rencontrerait plus de problème de taille avec son pouvoir. Elle disait ne jamais vouloir l'abandonner mais serait elle toujours du même avis lorsqu'elle l'aurait vu sous cette forme ?

- Avant je gardais tout pour moi, je n'avais pas vraiment quelqu'un à qui parler de sujets... personnels. Mais au moins maintenant je sais que je peux te parler à toi, c'est... un soulagement quelque part. Je te promet qu'on en parlera, de ça et même d'autre chose, mais... pas maintenant.

Maintenant il y avait beaucoup plus urgent. Bobby ne songeait pas que tout était lié et il se voyait de toute façon mal se mettre à se confier alors qu'une porte les séparait. Il ne voulait pas la voir s'ouvrir et espérait parvenir à chasser Erïka de sa chambre sans qu'elle ne se doute de rien. Mais il ignorait qu'il l'inquiétait déjà beaucoup et que son mensonge n'avait fait que renforcer cette sensation. C'était donc peine perdue, la jeune femme était bien trop têtue pour repartir sans avoir le fin mot de l'histoire. Elle ne se gêna donc pas pour ouvrir la porte, surprenant Bobby qui s'était imaginé être convaincant.

Cette fois, il ne pouvait plus fuir ni faire machine arrière. Force était de constater qu'il n'était pas dans son état normal et que sa petite amie ne pouvait même plus l'approcher. Pourtant, malgré son apparence et le froid polaire qui régnait dans la pièce, la russe s'avança, tant bien que mal. C'était comme si elle ne voulait pas prendre en compte tous ces dangereux éléments, lui prouvant ainsi qu'elle était plus forte qu'eux. Mais même avec la meilleure volonté du monde, elle ne pouvait vaincre la glace. Un simple toucher la dissuada complétement de vouloir aller plus loin et elle fit demi tour aussitôt pour chercher un moyen de réchauffer sa main qui avait pris une teinte blafarde. Bobby savait que ce n'était pas tellement sa faute mais il s'en voulait de lui avoir fait du mal. Le corps humain n'était pas fait pour supporter une telle température.

Bobby se sentait vraiment impuissant et il ne voyait aucune solution pour le moment. La seule chose dont il était certain était que sa petite amie devait quitter les lieux si elle ne voulait pas réellement attraper froid, voir pire. C'était difficile pour lui de la forcer à partir mais il ne voyait pas d'autre solution pour le moment. Ils devaient se séparer physiquement tant que ce souci de pouvoir ne serait pas réglé. Bobby n'était pas quelqu'un d'extrêmement tactile ou affectueux mais il n'était jamais avare en démonstration d'affection en ce qui concernait celle qu'il aimait. Ne simplement pas pouvoir la prendre dans ses bras lui faisait de la peine. Mais le pire était de la repousser afin qu'elle ne se mette pas en danger. Elle était assez têtue pour le faire et dans un sens, il l'en remerciait. Mais sa santé avant tout. Il parvint malgré tout à la convaincre de partir même si cela lui fendit le coeur lorsqu'il entendit la porte claquer. C'était comme si elle était partie pour toujours.

Quelque peu désespéré par la situation, Bobby ne savait plus quoi faire. Ses sentiments faisaient fluctuer la maitrise de son don déjà précaire et la température chuta donc davantage pendant l'absence de sa petite amie. Il ne s'attendait vraiment pas à ce qu'elle revienne. Il fut donc on ne peut plus surpris lorsqu'elle fut de retour, chaudement vêtue spécialement pour l'occasion. Malgré cet accoutrement, elle avait froid, cela se voyait. Mais elle était là, de retour, pour lui, bravant quelque chose qui aurait fait fuir n'importe qui. Bobby voulait démontrer à quel point il l'aimait en la prenant dans ses bras mais cela lui était impossible, le frustrant davantage. Il repoussa même sa main lorsqu'elle la posa sur la sienne, sachant pertinemment qu'elle ne ferait que se faire du mal. C'était difficile pour lui de la repousser ainsi mais il préférait prendre soin d'elle. Au moins, elle était là, présente, c'était tout ce qui comptait.

- Ca ira... un temps. Mais tu ne pourras pas en supporter beaucoup plus, je le sais bien. Je te suis reconnaissant de faire tant d'efforts pour moi, vraiment, ça me touche, mais... ta santé et ton bien-être m'importent plus que n'importe quoi d'autre. Alors on va limiter nos... interactions pour le moment le plus possible. Je... n'ai aucune envie d'être séparé de toi mais il faut se rendre à l'évidence. Mais... merci. Merci de ne pas me laisser tomber comme beaucoup de gens l'ont déjà fait.

Il voulait lui faire promettre qu'elle ne prendrait pas de risques, la connaissant suffisamment pour savoir qu'elle n'en ferait qu'à sa tête. Mais une promesse, elle ne pourrait revenir dessus. Cependant, la jeune femme voyait cette promesse autrement. Elle lui promit donc autre chose, pas tout à fait similaire à ce qu'il avait proposé. Là encore, elle lui prouvait qu'il pouvait compte sur elle mais Bobby était partagé entre un sentiment de soulagement et un sentiment de crainte envers l'avenir.

- Je t'aime Erïka. Je sais à présent que tu ne me laisseras pas. Alors je n'ai pas besoin que tu tentes l'impossible. Je sais très bien que tu le ferais mais je préfère te voir en bonne santé... quitte à ce que ce soit de loin.

Mais si il désirait ne plus avoir à garder une distance de sécurité avec elle, mieux valait qu'il redevienne normal. Il mit donc toute la meilleure volonté du monde à essayer de reprendre une apparence humaine. Mais rien n'y faisait, il n'y arrivait pas. Il n'arrivait pas à maitriser ce don devenu fou et ne savait donc pas du tout comment procéder. Pour l'heure, il était réellement impuissant et il se décourageait un peu. Mais à chaque fois qu'il reposait les yeux sur Erïka, il avait un regain de confiance en lui. Il devait réussir. Pour elle. Seulement, une soirée ne suffirait pas pour ça et il le savait. Il lui fallait l'aide de quelqu'un qui saurait le guider.

- Le professeur m'aidera sûrement, en attendant, je resterais enfermé ici. Je ne tiens pas à transformer l'institut en frigo géant.

Bobby estimait que Erïka avait assez perdu de temps ici et qu'il ferait mieux qu'elle aille dormir au chaud. Mais celle ci ne voulait pas, campant sur ses positions. Difficile de lui faire entendre raison, elle était vraiment têtue. Bobby savait que cela ne servait à rien d'insister et qu'elle finirait par partir quand elle l'aurait décidé, pas avant. Elle s'éclipsa tout de même quelques instants le temps de dénicher un briquet. Bobby se souvenait l'avoir rangé là après l'avoir retrouvé, trainant sur son bureau. Il n'était pas rare que les affaires de l'un ou de l'autre trainent dans leurs chambres respectives et comme elle le soulignait, cela avait du bon.

- Il n'y a pas que ça. Voir tes affaires trainer dans ma chambre me rappelle que tu es là même quand tu es absente. J'aime bien.

Fumer dans les chambres n'était pas la meilleure idée qui soit mais jamais Bobby n'aurait empêché Erïka de le faire. Il ne l'empêchait jamais de rien, la laissant faire ce qu'elle avait décidé. En voyant la cendre s'illuminer de temps à autre, le mutant n'avait qu'une envie : l'éteindre. Il le pourrait aisément mais il n'en fit rien, se contentant de la regarder. Son temps ici était compter, il le savait. Malgré le fait qu'elle ait ramené deux couvertures pour se tenir chaud, le froid était perçant. Elle s'empara d'ailleurs d'une couverture et la jeta sur Bobby. Que comptait elle faire ? Il eut la réponse lorsqu'elle se jeta sur lui. Par réflexe, il referma ses bras autour d'elle mais les retira bien vite en voyant la glace se former sur ses vêtements. Au moins, il avait eu droit à un dernier contact.

- Je ferais tout ce que je peux pour pouvoir à nouveau te serrer contre moi très bientôt. Même si on est loin, je penserais à toi. Merci d'être restée si longtemps.

Cela lui faisait mal au coeur de la voir partir mais il le fallait. Ainsi, il pourrait dormir et ne pas manquer de la congeler sans le vouloir, c'était mieux ainsi. Il espérait surtout ne pas se retrouver complétement pris dans la glace à son réveil, le lendemain.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]   Lun 6 Mai 2013 - 19:56

Il y avait un temps pour parler et un temps pour agir. Erïka en avait marre de rester coincée derrière cette porte. Elle voulait parler à Bobby, face à face. Elle s’inquiétait pour lui et ne pas savoir ce qui se passait la rendait complétement folle. Elle savait qu’il ne voulait pas se confier, sinon il l’aurait fait plus tôt. Elle pouvait le comprendre de tout garder pour lui, c’était ce qu’elle avait fait pendant longtemps avant de rencontrer William. Ça lui avait pris du temps avant de finalement s’ouvrir et révéler ce qui la tracassait temps jour après jour. Il lui fallut encore plus de temps avant d’en parler à son petit ami. Ce dernier avait vécu le rejet de sa famille il n’y a pas si longtemps. Cependant, depuis qu’ils étaient revenus de Boston il ne lui en avait jamais parlé, comme si ce moment n’avait jamais existé dans leurs vies. Pourtant, s’il voulait s’exprimer, elle était là. Elle n’était pas une bonne conseillère et allait certainement insulter les parents du jeune homme jusqu’à ce qu’elle ait épuisé son vocabulaire, mais elle pouvait être une très bonne oreille. Elle voulait simplement qu’il se sente mieux et que tout continue comme avant.

Contrairement à ce qu’elle pensait, le plus gros problème n’était pas la relation entre Bobby et ses parents. Il s’agissait plutôt de celle qu’il entretenait avec son don. Ce dernier avait décidé d’en faire complétement à sa tête et de le transformer en glace. Il marchait, il bougeait, il parlait, mais il n’avait plus rien d’humain. Le froid qu’il dégageait était insupportable, si terrible qu’Erïka dû se résoudre à quitter la chambre au bout d’un moment. Cependant, elle comptait bien s’acharner et affronter la température polaire. Elle n’allait pas laisser tomber Bobby. Cette idée ne lui traversait même pas l’esprit. Elle était déterminée à lui apporter tout le soutien qu’elle pourrait lui donner. C’est pourquoi, vêtue de la tête aux pieds, la jeune fille vint s’installer dans la salle de bain, à ses côtés. Elle ne pourra jamais supporter cette température polaire très longtemps, mais à ses yeux c’était bien peu comparativement à ce qu’elle avait vécu par le passé.

Bobby souhaitait prendre soin d’elle. Il tentait de la chasser délicatement, de l’envoyer se mettre au chaud, mais elle s’obstinait à rester. Tant qu’elle aura la force de rester, elle le fera. Il devait se faire à cette idée et profiter de sa présence pendant qu’il le pouvait. Il refusait ses contacts physiques afin qu’elle ne se blesse pas davantage. Il ne fallait pas qu’Erïka termine à l’hôpital parce qu’elle souffrait d’hypothermie ou qu’elle avait des engelures sévères aux mains. Ils n’avaient pas le choix que de garder leurs distances. Il n’était pas encore question de séparation, Erïka refusant d’utiliser ce terme. Elle ne savait pas si l’état de Bobby était permanant ou non, mais elle espérait simplement qu’il puisse reprendre son apparence originale le plus tôt possible.


-« Ma santé attendra. Mon frère étudie en médecine. Si je suis malade et que ça ne va plus, je peux faire appel à lui n’importe quand. Ce n’est pas parce que j’ai l’impression d’être dans un congélateur que je vais en mourir. Ça va aller. »

Elle tentait de se montrer rassurante, mais elle n’était pas très douée. Elle espérait fortement que le professeur Xavier puisse faire quelque chose pour lui. Dès le lever du jour, la jeune fille ira le chercher à son bureau. Si elle ne le trouvait pas, elle se tournera vers Emma Frost. Elle était froide, sévère, mais elle était assez puissante et en mesure d’aider Bobby à maitriser son don, elle en était certaine. Il fallait seulement un coup de main supplémentaire pour qu’il y arrive. Ce soir, il ne pouvait rien faire. Demain, peut-être que tout rentrera dans l’ordre. Elle le souhaitait fortement.

Afin de tenter d’avoir moins froid, la jeune fille alla chercher des couvertures. La première fut posée sur le sol afin qu’elle puisse s’y assoir alors que la seconde la couvrait totalement. Elle alla également chercher son briquet, posé sur un meuble, afin de s’allumer une cigarette qu’elle venait de trouver dans les poches de son jogging. Autant en profiter, si cela pouvait la réchauffer ne serait-ce qu’un peu. Dans le pire des cas, ça aura le don de l’apaiser. La jeune fille trouvait un bon côté au fait qu’elle ait laissé trainer quelques affaires dans la chambre de son petit ami. Visiblement, cela ne lui déplaisait pas non plus. Ça lui rappelait sa présence lorsqu’elle n’était pas avec lui. Erïka sourit tendrement.


-« Ça me fait penser… Tu as oublié ton devoir de français dans ma chambre. Je crois que c’est mort pour la remise, maintenant. J’irais le porter à ton prof demain, ce serait con que tu ais une mauvaise note. Vivement que l’on puisse avoir une chambre à nous. »

Une fois sa cigarette terminée, la jeune fille jeta le mégot à la poubelle, puis se leva. Elle ne pouvait rester ici plus longtemps, à son plus grand regret. Erïka devait se rendre à l’évidence : elle ne pouvait supporter le froid qu’il dégageait. Avant de quitter son petit ami, la jeune fille jeta sa couverture sur lui, ayant ainsi quelques secondes pour le serrer avec force dans ses bras. C’était le mieux qu’elle puisse faire, pour l’instant. C’était le dernier contact physique qu’elle pouvait avoir avec lui jusqu’à… elle ne savait pas combien de temps ça allait durer en fait.

Elle sentit les bras de Bobby l’entourer brièvement. Elle n’eut pas d’autres choix que de s’éloigner de lui également. Il était beaucoup trop froid, elle frissonnait sous son épaisse couche de vêtements. La jeune fille devait maintenant retourner à sa chambre, à son plus grand regret. Cependant, elle allait revenir dès le lendemain, c’était sûr et certain. Elle n’était pas prête à abandonner si facilement.


-« Je viendrais te voir demain, sans faute. Bonne nuit. Je t’aime. »

Ce n’était pas si simple que de lui dire au revoir. Cependant, elle se consolait avec l’idée que tout cela ne sera plus qu’un mauvais souvenir, bientôt. Elle quitta la chambre de Bobby en refermant délicatement la porte derrière elle. Demain était un autre jour. Elle souhaitait seulement que ce soit le dernier de cet affreux cauchemar…
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Perte de contrôle [pv : Erïka M. Davidoff]

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