X-Men : Sentinel Project

Entrez dans un univers où l'homme est à l'aube de son évolution ! Image 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Ven 18 Jan 2013 - 0:19

"When I sit alone come get a little known
But I need more than myself this time"

La neige couvrait les nombreux immeubles à logement et les quelques maisons garnissant le quartier d’Anieta McGowen. La vue depuis son appartement était magnifique. Elle avait fait le bon choix en s’installant ici. En voyant la décoration du salon, Eleonnora pouvait facilement deviner que la propriétaire des lieux était une femme doté d’un grand gout pour les belles choses. Elle ne faisait pas dans le luxueux, mais savait tout harmoniser afin de se sentir bien dans cet environnement. Elle n’avait pas de mal à croire que l’argent que versait son père à la vieille femme, à tous les mois, était très bien investit. La jeune femme ne savait toujours pas pourquoi il lui offrait une petite somme aussi régulièrement et il valait mieux qu’elle évite le sujet. Cela ne la concernait pas. Son père avait une grande fortune, il faisait ce qu’il désirait de son argent.
Aux premiers abords, l’agent aurait pu croire que la vieille femme avait fait chanter son père pour obtenir de l’argent. Cependant, en rencontrant Anieta et après le peu d’informations que lui avait divulgué son paternel, la jeune femme du se rendre à l’évidence et constater que Sergeï Davidoff savait parfois se montrer généreux.

Une tasse de café brûlant à la main, Eleonnora marchait dans le salon, observant les photos de famille accrochée aux murs de la pièce. L’une d’entre elle représentait la vieille femme aux côtés d’un homme qu’elle supposa être son mari. Il était décédé, à ce qu’elle avait pu comprendre. Une autre photographie, placée dans un très joli cadre, représentait les jumeaux, un a côté de l’autre. Avec les mêmes vêtements, on aurait du mal à les différencier, si ce n’était qu’Alexïs était plus grand et Erïka portait les cheveux longs avec une frange qui lui allait plutôt bien. C’était la première fois qu’elle les voyait. Ils portaient bien les traits des Davidoff. Leur mère ne devait pas être si moche pour avoir donné de si beaux enfants. Elle trouvait qu’ils lui ressemblaient. L’âge et bien d’autres facteurs les différenciaient, mais ils avaient tout trois des traits qu’ils avaient hérités de leur père. Puis, son regard dériva sur la troisième photographie. Erïka y était posée avec un jeune homme de son âge. Ils étaient proches, l’un de l’autre. Elle était derrière lui, les bras autour de son cou, sa tête placée à côté de la sienne. Elle souriait, elle était radieuse, tout comme le jeune homme qui avait posé l’une de ses mains sur la sienne et offrait un magnifique sourire à l’objectif. Ce qui troubla le plus Eleonnora fut la teinte de ses cheveux. Ils étaient bleus, pratiquement aussi éclatant que ses yeux. C’était peu commun, il devait être un punk ou quelque chose du genre. La dernière photographie représentait les jumeaux. Ils étaient assis dans un parc, sur une couverture carotté. Ce devait être lors d’un pique-nique ou quelque chose du genre. Alexïs avait ramené une jambe vers lui alors qu’il avait laissé l’autre étendue, sur la couverture. Il était installé aux côtés d’un grand roux, ne possédant qu’un seul œil, le second étant dissimulé par un cache-œil. Erïka avait pris place de l’autre côté de ce dernier. Elle avait passé son bras autour de la taille du rouquin. Tous les trois semblaient terriblement heureux. Ils rayonnaient de bonheur à travers cette image.
Perdue dans ses pensées, Eleonnora ne s’aperçu pas qu’Anieta était, à présent, à ses côtés. Elle tenait également une tasse de café en main. Elle souriait en regardant les différents cadres posés contre le mur.


-« Ils sont magnifiques, n’est-ce pas ? Vous vous ressemblez énormément, je trouve.»

-« Oui, c’est vrai. Ils ont hérité de mon… hum… notre père. C’est la première fois que je les vois. Mon père ne m’avait pas montré de photographie d’eux. Mais, dites-moi, Anieta, qui sont les deux hommes posés avec eux ? » Demanda-t-elle par curiosité en pointant respectivement les deux dernières photographies.

-« Le premier est Robert, le petit ami d’Erïka. Il étudie au même institut qu’elle. Ils sont ensemble depuis plusieurs mois. C’est un très gentil garçon, très serviable. »Elle passa, par la suite, à la dernière image, qu’elle avait pris lors d’un pique-nique qu’elle avait organisé avec ses petits-enfants durant l’été. « Lui, c’est William. Il fait partie de la famille. Je le considère comme mon propre petit-fils. Il est le meilleur ami d’Erïka, un véritable grand-frère pour les jumeaux. Même s’il n’y a aucun lien de sang qui nous relie, il est un membre de la famille. Il est très amusant et a toujours le mot pour rire. »

Anieta laissa Eleonnora observer les diverses photographies et alla s’assoir sur le canapé afin de boire son café. Peu de temps après, la jeune femme pris place dans l’un des confortables fauteuils de la pièce. Elle gouta le breuvage qu’elle tenait en main. La température était parfaite. Lorsqu’elle avait appelé Anieta, la veille, jamais elle ne se serait attendue à être invitée dans son appartement le lendemain après-midi. Elle avait, malgré tout, accepté l’invitation afin de découvrir quel genre de personne elle était. Dès que la porte de l’appartement s’était ouverte, l’idée de tomber sur une vieille dame aigrie avait tout de suite disparue de l’esprit de la jeune femme. Au contraire, Anieta l’avait accueilli chaleureusement, visiblement heureuse de la rencontrer. Elle lui avait avoué que Sergeï lui avait déjà parlé d’elle à quelques reprises, ce qui n’avait fait que lui donner davantage envie de la rencontrer en chair et en os. Elles avaient échangé quelques paroles, puis la vieille dame proposa du café, ce qu’Eleonnora accepta.

Elles étaient, à présent, assise dans le salon, à discuter de nouveau. La russe posa son café sur la table basse le temps de replacer son chandail. Il s’agissait de ce type de l’eau s’accrochant autour de son cou, puis descendant le long de ses formes, ce qui les moulait parfaitement. Afin de s’agencer avec le tout, elle avait décidé de porter un jean sombre, tout aussi moulant. Elle adorait les tenues bien serrées, détestait par-dessus tout que ses vêtements flottent autour de son corps. Elle s’était coiffée, laissant ses boucles ondulées tomber sur ses épaules. Son maquillage était très simple et discret, tout comme les boucles d’oreilles qu’elle portait. Avant de quitter l’appartement, elle avait rangé une paire d’escarpin dans son sac à main, qu’elle portait depuis qu’elle était dans l’appartement. Elle n’avait pas envie de mettre de la neige partout avec ses bottes.

Discutant avec Anieta, le but de la jeune femme était de connaitre davantage ses petits-enfants à travers elle. Cependant, elles furent interrompues par des coups donnés à la porte. La vieille femme se leva et alla répondre. Elle était vêtue simplement, mais toujours avec élégance. Lorsqu’elle marchait, posait un geste, on voyait bien qu’elle n’avait pas été élevée par n’importe qui. Elle savait bien se comporter et avait très bon goût. Ce devait être pour cela qu’elle s’était immédiatement bien entendue avec elle dès le départ.

Anieta ouvrit la porte et y découvrit William. Que faisait-il ici ? Il devait faire une petite visite à l'improviste, comme il faisait de temps à autre. À chaque fois, c'était un véritable bonheur que de l'accueillir dans l'appartement. La vieille femme lui proposait souvent de rester pour le repas du soir qu'elle cuisinait en sa compagnie ou lui proposait de le ramener à l'institut lorsqu'il se faisait tard. Elle aimait bien passé du temps avec lui, tout comme avec les jumeaux. Il apportait de la joie dans ses journées parfois bien vides.
Comme à son habitude, elle lui fit un chaleureux accueil. Elle le serra dans ses bras avec tendresse, puis l'invita à pénétrer à l'intérieur. Elle songeait le présenter à Eleonnora. Ainsi, elle sera peut-être plus à l'aise de connaitre le grand frère des jumeaux avant de faire leur rencontre.


-«Je suis contente de te voir, William. Tu tombes bien, j'ai une invitée bien spéciale que je voudrais te présenter.»

Pendant que la vieille femme allait voir qui se trouvait de l’autre côté de la porte, Eleonnora pris délicatement sa tasse de café, puis croisa les jambes, bien installées dans son fauteuil. Elle était assise bien droite, comme elle avait l’habitude de le faire. Elle buvait lentement, avec classe. Son rouge à lèvre de qualité, qui donnait une petite teinte rosée à ses lèvres, ne laissait aucune trace sur le récipient qu’elle tenait.

-« Eleonnora ? » Appela doucement la vielle femme en revenant vers le salon. « J’aimerais te présenter quelqu’un. »

Lui présenter quelqu’un ? Pour quelle raison ? Était-ce l’un des jumeaux ? Devait-elle vraiment se présenter maintenant ? Cela n’était pas un peu tôt ? Puisqu’elle n’avait pas le choix, la jeune femme posa sa tasse sur la table basse avant de décroiser les jambes. Lentement, gracieusement, elle quitta son fauteuil, se tenant bien droite, afin de faire face au nouveau venu.


Dernière édition par Eleonnora S. Davidoff le Mer 23 Jan 2013 - 23:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Ven 18 Jan 2013 - 18:20

Will adorait la fin du mois. Déjà parce que cela signifiait qu'un autre mois allait prendre sa place, signifiant une avancée dans le temps, mais aussi et surtout parce que c'était l'époque de la paye. N'ayant pas encore de compte en banque -il fallait déjà qu'il reçoive sa nouvelle carte d'identité-, Will prenait tout en cash. De toute façon, il préférait avoir son argent sous la main, ne faisant aucune confiance aux banquiers. Et puis ainsi, Amy pouvait également piocher dedans si elle voulait, c'était bien plus simple ainsi. Prenant sa belle liasse de billets même si au final c'était loin d'être un salaire mirobolant, le rouquin la fourra dans la poche intérieure de sa grosse veste. Les temps s'étaient rafraichis dernièrement et Will était habillé chaudement. Enfin plus ou moins. De chaud, il n'avait au final que sa veste doublée et ses bottes de chantier qui montaient jusqu'à mi tibia. Pour le reste, il était vêtu d'un simple tshirt blanc sur lequel reposait une chemise ouverte noire ainsi qu'un jean tout aussi noir. Pour travailler, il s'habillait toujours sobrement et comme il n'était pas frileux, il était rare de le voir porter des pulls ou des vêtements qualifiés de "plus chauds".

Quittant l'entreprise, il passa devant la sortie de garage d'où la voiture d'Emma sortait justement. Elle s'arrêta à sa hauteur pour lui demander s'il désirait qu'elle le ramène puisqu'elle se rendait à l'Institut. Généralement, Will acceptait toujours. Ainsi, cela lui économisait temps et argent en plus de passer un peu de temps avec celle qui était son patron mais aussi son mentor. Cependant cette fois il refusa, ayant d'autres projets en tête. Emma s'éloigna rapidement et Will traversa la ville pour se rendre dans le quartier où il désirait se rendre. Depuis qu'Anieta avait déménagé, le trajet était un peu plus long mais cela ne le dérangeait pas, tant que c'était pour voir la vieille femme. Cela faisait un petit moment qu'il ne l'avait pas vue, trop accaparé par son travail et il désirait prendre de ses nouvelles. N'ayant pas envie de prendre les transports en commun, bloqués de toute façon à cette heure à cause du trafic, le rouquin préféra couper à travers la ville, empruntant ruelles et autres raccourcis qu'il connaissait comme sa poche. L'avantage d'avoir vécu à la rue pendant des années... Il remonta son col afin de protéger son cou du froid. Ces temps-ci, la température était pas mal descendue et le vent était mordant. La neige craquait sous ses pas. Mais pas que les siens.

Alors qu'il traversait une ruelle étroite et longue, il remarqua que deux types lui barraient la route, une dizaine de mètres plus loin. Cela ne l'étonna pas spécialement. Les voleurs et autres petites frappes ne manquaient pas dans cette ville, Will en ayant lui-même fait parti. Instinctivement, il tourna la tête en arrière et remarqua que deux autres types s'approchaient doucement. Evidemment. Le borgne continua sa route malgré tout jusqu'à se retrouver tout proche de ceux qui lui faisaient face. Pas de doute sur ce qu'ils voulaient, ce n'était certainement pas pour lui demander l'heure. Il n'avait pas de montre de toute façon... mais une belle liasse de billets, ça il l'avait. Will ne quitta pas des yeux les types, tournant de temps à autre la tête pour que ceux de son dos ne le prenne pas par surprise. Tout le monde finit par se stopper, relativement proches les uns des autres sans pour autant se toucher. Les types qui entouraient Will n'étaient pas des clochards, leurs vêtements ne trahissant pas une existence longue et pénible dans la rue. Au contraire, certains arboraient chaines et autres bijoux tape à l'oeil. L'un d'eux était plutôt enrobé, signe qu'il ne devait pas manquer de nourriture. Des membres d'un quelconque gang sans doute. S'ils comptaient le détrousser, ce n'étant certainement pas par nécessité.

Will était lui-même un voleur, n'ayant aucun scrupule à faire les poches au premier venu ou à cambrioler certaines habitations ou magasins. Cependant, il n'avait jamais employé la force pour se faire, ne l'utilisant que pour se défendre ou défendre ses proches. Du coup, il ne tolérait pas ceux qui cédaient à la facilité, surtout qu'ils n'avaient pas l'air dans le besoin. Pas question donc de leur laisser ne serait-ce qu'un seul centime. Le rouquin était loin d'être manchot en ce qui concernait la bagarre, surtout qu'il était armé, ne quittant jamais son long couteau, toujours accroché à sa ceinture, derrière son dos. Cependant, il ne comptait pas l'utiliser s'il ne s'y sentait pas obligé. Pour l'heure, chacun se regardait sans rien faire. L'un des hommes, un jeune, sans doute à peine la vingtaine, ouvrit enfin la bouche.


"C'est gentil de venir nous apporter ta solde. A vrai dire, on ne pensait pas que tu serais assez idiot pour passer dans une rue isolée."
"Est-ce que j'ai une tronche à avoir un boulot ?"


Pendant longtemps, Will n'avait pu obtenir un travail. Déjà parce qu'il n'avait jamais terminé ses études, n'ayant aucun diplôme, et ensuite parce que son apparence jouait contre lui. Il était loin d'être bête, était volontaire et ambitieux, mais le simple fait qu'il soit borgne à son âge ne donnait pas aux gens l'envie de lui donner sa chance, allez savoir pourquoi. De plus, sa dégaine et son parlé et sa façon de se tenir ne portaient pas à croire qu'il était du genre à faire un bon travail. Comme quoi l'habit ne fait pas le moine. Malgré tout, Emma lui avait offert la chance de travailler pour elle et depuis, il avait un boulot fixe qui lui suffisait amplement pour le moment même s'il ne comptait pas faire ça toute sa vie.

"C'est pas faux, t'as plutôt la tronche d'un futur macchabée si tu balances pas l'oseille tout de suite. On sait que tu bosses à la Frost Company, ça fait un p'tit moment qu'on surveille les gens qui y entrent et qui en sortent. T'as l'air de connaitre la patronne en plus alors va pas nous faire croire que tu rends juste visite à quelqu'un. T'as bien un petit quelque chose pour nous, non ? Parce que t'es p't'être pas au courant mais y a un droit de passage pour emprunter cette ruelle. Et c'est pas donné."
"Bah voyons... J'ai pas non plus la tronche d'un demeuré hein. 'Pouvez t'jours essayer cela dit. Si vous voulez d'la thune, faut v'nir la chercher."


Cela faisait un moment que Will ne s'était pas battu. Bien sûr il y avait l'entrainement que leur prodiguait Emma ainsi que les combats amicaux que le rouquin faisait avec Erïka, mais une véritable bagarre remontait pour lui à un long moment. Depuis qu'il ne vivait plus dehors, il avait été bien moins confronté à ce genre de problème. Il espérait ne pas être trop rouillé mais il allait vite le savoir. Au pire des cas, il avait toujours un atout dans sa manche... ou plutôt à sa ceinture, encore dissimulé par sa veste. L'un des types dans son dos se rapprocha, son pas rapide craquant dans la neige. Will savait sans peine d'où viendrait le premier coup. C'était toujours la même histoire... Sur son côté droit, là où il possédait un angle mort à cause de son oeil. Et c'est sans surprise que le coup arriva à cet endroit, rapidement paré par le rouquin. S'ils voulaient jouer, ils allaient être servi.

Quatre contre un, ce n'était pas tellement fair-play mais le but n'était pas non plus de lui laisser une chance. Seulement, ils ne devaient pas songer qu'il savait se battre et encore moins qu'il se battait plutôt bien, ayant quelques années d'entrainement derrière lui. Rapidement, le combat tourna à l'avantage du rouquin, fournissant coups de poings et coups de pieds d'une façon généreuse et usant de ce qu'il lui tombait sous la main pour leur apprendre les bonnes manières. Il manqua d'en étrangler un avec sa grosse chaine dorée ridicule mais le relâcha avant que les yeux ne lui sortent des orbites, le terminant par un coup de poing dans la mâchoire. Finalement, il n'allait sans doute pas avoir besoin de son arme.

Malheureusement, à force de remuer dans tous les sens, la liasse de billets en profita pour jouer les filles de l'air et s'éclipser hors de la poche avant de se retrouver sur le sol enneigé. Sur le coup, Will ne remarqua pas sa disparition, trop occupé à cogner sur l'un de ses agresseurs, n'y allant pas de main morte. A force de les molester, il commençait à avoir mal à la main. Comme souvent, il usait de sa main gauche en priorité, étant bien plus fort de ce bras-ci même s'il était droitier. Il remarqua finalement l'un des types, à quatre pattes dans la neige, ramassant quelque chose avant de se relever rapidement et de se diriger en sens inverse du lieu de la bagarre, s'appuyant contre l'un des murs de la ruelle pour ne pas trébucher. Ayant pris quelques coups dans la trogne, il avait sans doute besoin d'un appui pour avancer. Will l'aurait laissé partir sans problème s'il n'avait pas finalement remarqué qu'il avait quelque chose dans la main qui lui appartenait. Pas question qu'il parte avec l'argent qu'il avait gagné à la sueur de son front !

Le rouquin laissa tomber le type sur lequel il était en train de taper pour se concentrer uniquement sur le fuyard. Aussitôt, il s'empara du couteau qu'il portait à la ceinture, le sortant de son étui avant de faire quelques rapides pas pour rattraper celui qui croyait partir avec son magot. Une fois à portée, il planta son couteau à travers la main de l'homme, posée sur une palissade de bois sur laquelle il s'appuyait. Ainsi, il ne risquait plus d'aller bien loin sauf s'il comptait repartir avec la main coupée en deux. L'homme poussa un cri et fit tomber la liasse qu'il tenait dans l'autre main. Will resta appuyé sur le manche, maintenant ainsi l'arme là où elle se trouvait puis se baissa pour ramasser la liasse avant de la remettre dans sa poche, là où elle se trouvait à l'origine.


"Tsk tsk tsk, c'pas à toi ça, trouduc', faut pas t..." fit-il avant d'être interrompu

Un bras venait de se glisser autour de son cou, lui faisant lâcher sa prise pour user de ses deux mains afin de ne pas se retrouver étouffé. L'un de ceux qu'il avait cogné était de toute évidence plus costaud qu'il ne l'avait pensé au premier abord. Will lui donna un violent coup de coude dans l'estomac, lui coupant le souffle sur le coup et le forçant à libérer sa proie. Le rouquin en profita pour se retourner vivement afin de cogner celui qui s'était tenu derrière lui. Ce dernier prit le coup de plein fouet et se retrouva les quatre fers en l'air dans la neige. Il se redressa cependant rapidement, reculant en rampant vers le mur. Cette fois, Will ne comptait pas refaire la même erreur et voulait le sonner pour de bon. Reculant son poing, il le lança avec force vers le visage de l'homme... qui esquiva, baissant la tête sur le côté tandis que le poing de Will termina sa course dans le mur en béton juste derrière. N'ayant pas retenu sa force, il sentit même ses os craquer et sa chair se déchirer.

Le rouquin recula vivement sa main blessée en poussant un grognement. C'est que ça faisait un mal de chien ! Il n'eut cependant pas le temps de s'en émouvoir puisque son adversaire ne comptait pas en rester là, se relevant pour se jeter sur lui. Aussitôt, Will usa de sa jambe, lui balançant son genou entre les côtes. Il le repoussa violemment et profita du fait qu'il était de nouveau à terre pour le rouer de coups de pied. Lorsque le type au sol ne remua presque plus, le rouquin stoppa.


"Contentez vous d'faire du trafic la prochaine fois, c'moins dang'reux pour vos culs, bande d'enfoirés."


Sur ces mots, il retourna près de celui qui avait encore le couteau dans la main. Il se saisit du manche et tira d'un coup sec, arrachant un cri de la part du blessé. Will ne lui jeta même pas un regard et essuya la lame sur un mouchoir avant de le ranger à sa place. Il poursuivit ensuite sa route, sortant finalement de la ruelle pour rejoindre une autre allée, se dirigeant vers les quartiers. Sa main lui faisait mal, elle saignait. Afin qu'elle ne soit pas trop exposée au froid, il la fourra dans sa poche et en profita pour faire de même avec l'autre. D'ici une vingtaine de minutes, il serait enfin chez Anieta.

Arrivé dans le hall d'immeuble où résidait la vieille femme, Will ne fut pas mécontent d'être enfin à l'abri du froid et du vent. Il monta rapidement les marches et frappa quelques coups contre la porte de l'appartement. Il avait conservé sa main gauche dans la poche de sa veste, préférant ne pas inquiéter inutilement Anieta avec sa blessure. Lorsqu'elle l'avait vu torse nu, elle n'avait pu s'empêcher de s'en faire pour lui et il ne voulait pas que cette petite altercation le lui confirme. Il ne patienta que quelques secondes avant que la porte ne s'ouvre, dévoilant la vieille dame. Will était content de la voir et il lui rendit son étreinte avec joie, la saluant à son tour. Aussitôt, elle lui confia qu'elle avait quelqu'un à lui présenter, quelqu'un de spécial. Ainsi elle n'était pas seule ? Sur le coup, Will allait faire machine arrière, ne désirant pas la déranger, mais puisqu'elle voulait lui présenter la personne qui était déjà là, autant en profiter.


"Content d'te voir aussi Anieta. Que veux-tu, mon autre nom c'est "l'homme qui tombe à pic", héhé. J'me demande bien d'qui il s'agit. J'arrive tout d'suite, juste le temps d'retirer mes bottes, j'veux pas mettre d'neige partout !" fit-il avec un sourire

Il laissa Anieta retourner vers le salon tandis qu'il retirait ses bottes, les laissant dans l'entrée. Il retira également sa veste et la pendit à l'endroit adéquat avant de se demander comment il allait dissimuler sa main. Ne désirant pas faire attendre qui que ce soit, il se dirigea vers le salon, mettant sa main dans la poche de son jean comme il le pouvait. Il rejoignit Anieta et regarda qui était l'invitée, s'arrêtant non loin d'elle. Aussitôt, il l'observa attentivement. La première chose qui lui sauta aux yeux, c'était qu'il s'agissait d'une très jolie fille. N'importe qui ce serait retourné sur son passage. Cependant, elle n'était pas le genre du rouquin, préférant déjà les brunes. De toute façon, à ses yeux, personne ne pouvait rivaliser avec Amy, pas même elle, aussi belle soit-elle. A mieux la regarder, elle lui rappelait quelqu'un. En fait, elle ressemblait beaucoup à Erïka... en plus âgée -Will et elle devaient avoir à peu près le même âge- et surtout en beaucoup beaucoup plus féminine. Y avait-il un lien quelconque ? Passé sa rapide inspection, Will lui offrit un sourire avant de lui tendre sa main non blessée.


"Salut ! Moi c'est William, content d'te connaitre. Eleonnora, c'est ça ?"

Il était loin de se douter de qui elle pouvait être exactement...

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Ven 18 Jan 2013 - 20:52

Eleonnora découvrait peu à peu ce côté de famille que son père lui avait dissimulé depuis si longtemps. Il était au courant depuis des années, il avait pris ses précautions à savoir si ses enfants étaient bel et bien les siens et avait fini par en accepter la paternité… enfin presque. Il n’osait toujours pas révéler son existence. Il n’était pas doué dans le rôle du père aimant et protecteur, la jeune femme était bien placée pour le savoir. Elle n’avait jamais eu l’idée de rencontrer un quelconque membre de la famille McGowen. Ce n’était pas son père qui aurait pris les devants pour ce genre de chose, non plus. Cependant, à son grand étonnement, il lui avait fournis les coordonnées d’Anieta, afin qu’elle puisse en faire la rencontre lorsqu’elle en aura envie. Maintenant, elle se retrouvait face à la vieille femme, en train de discuter de tout et de rien.

Lorsque des coups retentirent contre la porte, Anieta se leva afin d’aller ouvrir. La jeune femme en profita pour boire son café, tout en observant la pièce dans laquelle elle se trouvait. Elle posa de nouveau le regard sur la photographie qu’elle avait regardé avec la vieille femme, quelques instants plus tôt. Il y avait d’autres dans l’appartement, tout particulièrement dans le petit couloir menant aux chambres et à la salle de bain. Cette femme savait parfaitement personnaliser son appartement avec goût. Elle prenait également de très jolies photographies.

Pendant ce temps, Anieta accueillait chaleureusement William à la porte de son appartement. Elle était heureuse de cette visite surprise. D’ailleurs, il tombait bien. Elle comptait le présenter à Eleonnora. Ainsi, cette dernière se sentira peut-être un peu mieux au sein de cette famille. Certes, Erïka et Alexïs n’étaient au courant de rien, pour l’instant. Elle espérait que le rouquin soit en mesure de tenir sa langue malgré le don et la grande curiosité de sa meilleure amie. Mais elle lui faisait confiance, elle savait que tout irait bien. C’est pourquoi elle l’invita à entrer.
L’homme retira tout d’abord ses bottes, afin d’éviter de mettre de la neige partout. Eleonnora avait fait exactement la même chose à son arrivée, ayant même prévu une paire d’escarpin afin de marcher à l’intérieur. Cela lui faisait également gagner quelques centimètres de plus. Elle était déjà assez grande comme cela.

Anieta l’appela de sa voix douce et posée. Aussitôt, Eleonnora posa sa tasse de café sur la table basse, puis se leva afin de faire face à la personne qui venait de pénétrer dans l’appartement. La première chose qu’elle nota fut sa grandeur. Il était un peu plus grand qu’elle, ce qui n’était pas étonnant pour un homme. À côté d’eux, Anieta était bien plus petite. Ensuite, ce qui frappa la jeune femme fut la couleur flamboyante de sa chevelure rousse dont quelques mèches tombaient légèrement devant le cache-œil qu’il portait. Ce n’était clairement pas un accessoire de mode. Les cache-œil n’avaient rien de joli ou de séduisant, surtout pour un homme de son âge. Il était exactement dans la même tranche d’âge qu’elle. Il devait avoir vingt-quatre ou vingt-cinq ans, tout ou plus. Il n’était pas du tout le type d’homme avec qui elle se verrait sortir. En fait, elle n’aimait pas les hommes et ne sortait qu’avec des femmes. Il aurait pu être l’homme le plus séduisant de cette planète que cela lui aurait fait ni chaud, ni froid. Il était vêtu de façon assez sobre. Il était loin du complet hors de prix, mais il était présentable. Malgré que tout cela jurait avec sa chevelure rousse. Après l’avoir détaillé du regard, l’espace de deux secondes, elle regarda la main que venait de lui tendre le dénommé William. Elle tendit la main, à son tour, et serra la sienne. Elle avait une bonne poigne et cela surprenait toujours les hommes.


-« Salut ! Moi c'est William, content d'te connaitre. Eleonnora, c'est ça ? »

Sa façon de parler la troubla énormément. C’était quoi ce langage ? Il devait manquer la moitié de certains mots par moment. Elle ne s’était pas attendue à cela. Heureusement, elle n’eut aucun mal à comprendre, malgré tout. Elle avait interrogé des gens, dans sa carrière d’agent, qui parlaient bien plus mal que cela. Elle avait pris l’habitude de déchiffrer ce genre de parole. C’était tout le contraire de sa propre façon de parler. Elle avait appris à s’exprimer comme une bourgeoise avec élégance et un vocabulaire recherché. Par contre, en arrivant à New-York, elle laissa tomber le vocabulaire recherché. Elle n’avait pas besoin de cela pour se faire comprendre.

-« Oui. Eleonnora… Davidoff. »

Il ne fera pas le lien avec sa soi-disant sœur, c’était certain. Enfin, c’était ce qu’elle croyait. À ses yeux, les jumeaux avaient le même nom que leur grand-mère. Elle ne se doutait pas que les jumeaux avaient changé d’identité et de nom, par la même occasion. Il y avait certaines choses que son père n’avait pas jugées bon de lui dire. Cela, elle le découvrira en temps voulu.

Pour l’instant, Anieta jugea bon de prendre la parole alors qu’Eleonnora lâchait la main du rouquin. Cette dernière avait rapidement fait le lien entre lui et l’homme représenté sur l’une des photographies accrochées au mur. Le lien sera rapidement établi entre la jeune femme et les jumeaux, ce n’était qu’une question de seconde.


-« Eleonnora est la demi-sœur d’Alexïs et Erïka. » Annonça la vieille femme.

Aussitôt, un silence pesant tomba dans la pièce. Ce n’était pas très agréable, l’atmosphère ne plaisait pas du tout à Eleonnora qui fut ravie de pouvoir se rassoir, lorsque la vieille femme lui proposa. Elle attrapa sa tasse de café et croisa de nouveau les jambes, confortablement installée. C’était déjà plus agréable de faire face à ce genre de malaise dans un fauteuil bien douillet.


-« Assoyez-vous, je vais tout vous expliquer. Est-ce que tu veux du café, William ? »

Après avoir répondu à la demande du rouquin, la vieille femme s’installa sur le canapé. Elle sentait déjà les futures questions qui allaient surgir en masse. Elle comptait faire de son mieux pour leur répondre le mieux possible. Tout d’abord, elle devait mettre en garde le rouquin sur ce qu’elle allait révéler. Les jumeaux ne devaient surtout pas être au courant. Elle leur annoncera au moment venu. Pour l’instant, Sergeï n’était pas tout à fait prêt à les rencontrer. Anieta devait encore le pousser un peu pour qu’il accepte de le faire. Le côté positif était qu’après leur dernière rencontre, il avait finalement réussis à parler de ce délicat sujet avec sa propre fille. Il n’était pas doué pour élever des enfants et prendre ses responsabilités de père, mais il commençait à faire des efforts au fur de leurs rencontres. Il était peut-être un homme fier, sévère et intransigeant, mais cela ne faisait pas peur. Elle ne se gênait pas pour lui exposer sa façon de voir les choses et, au besoin, l’engueuler un peu dans le but de le secouer. Elle avait l’impression de devenir sa mère, par moment. Au moins, cela portait ses fruits. Il faisait des efforts. Il désirait parfois en faire plus, mais ne savait pas comment s’y prendre. Peu à peu, il bousculait sa vision des choses et commençait à réaliser que sa façon d’agir n’était peut-être pas la meilleure. Cela commençait par sa relation avec Eleonnora. Combien de fois Anieta lui avait répété qu’il était bien trop dur envers elle ? Même si cela ne la concernait pas, elle tentait de faire en sorte que Sergeï ouvre enfin les yeux sur certaines choses. Le déroulement des événements ne concernait que lui, après.

-« William, il faut que tu saches que ce que je vais révéler, aujourd’hui, tu ne dois surtout pas le répéter aux jumeaux. Encore moins à Erïka. Tu la connais, elle pourrait bien réagir excessivement si elle savait que je suis en contact avec son père depuis des années et que je ne lui ai rien dit à propos de cela. »

Puis la vieille femme se tourna vers Eleonnora, qui buvait tranquillement son café, écoutant silencieusement la conversation. Elle avait certaines questions en tête, qu’elle aimerait bien pouvoir élucider. Elle n’aura peut-être pas d’autres occasions du genre, à l’avenir. Autant en profiter. Déposant sa tasse à moitié vide sur la table basse, la jeune femme se tourna vers Anieta.


-« Il y a quelque chose que j’aimerais bien savoir. Mon père m’a parlé des jumeaux. Par contre, il a brièvement évoqué son ancienne maitresse, votre fille. Il n’a pas voulu répondre à mes questions sur le sujet. Pourquoi ? Est-elle décédée ? »

Jamais Eleonnora ne se serait attendue à évoquer un sujet si sensible. Elle vit rapidement l’expression d’Anieta changer, ses traits se durcir légèrement. Elle observait sa tasse de café comme si la réponse allait en surgir soudainement. Après une grande inspiration, elle leva la tête vers la jeune femme. Elle ne savait pas ce que les jumeaux avaient vécu, elle comptait omettre ce passage de l’histoire, mais Will qui en savait déjà beaucoup allait découvrir que la mère des jumeaux n’était pas celle que bien des gens croyaient.

-« Angela n’aurait jamais dû avoir d’enfants. Elle n’a jamais été prête à prendre ses responsabilités. Elle n’avait pas d’emploi très stable, elle n’avait jamais terminé ses études. Mon mari et moi lui avions donné tout ce qu’il lui fallait pour réussir dans la vie, mais elle a toujours craché dessus. Elle n’avait pas de très bonnes fréquentations à l’école, elle se tenait avec des gens peu recommandables, parfois. Je n’ai su qu’elle avait été enceinte qu’au moment où elle quitta la Russie pour s’installer ici, avec les enfants. Mon mari et moi les avons élevés. Leur mère s’était trouvé un emploi, mais elle préférait trainer dans les bars et faire la fête plutôt que de rentrer et s’occuper de ses enfants. Pourtant, lorsque venait le temps de prendre certaines décisions, elle s’obstinait et désirait imposer son autorité. Enfin… J’aurais aimé ne jamais dresser un tel portrait de ma fille, mais c’est la vérité. On ne parle jamais d’elle, dans la famille. C’est un sujet tabou, ici. »

Elle regarda son café et laissa échapper un mince soupire pendant qu’Eleonnora analysait toutes ses informations. Finalement, sa propre mère lui semblait moins détestable, pendant un moment. Elle avait toujours préféré la confier à des nourrices et lorsqu’elle s’occupait d’elle, elle le faisait bien… enfin dans sa tête. Eleonnora n’avait jamais considérer que d’obliger sa fille à porter des robes de princesse pour ensuite la trainer dans un salon de thé avec des petites pestes fortunées était une bonne chose. Chacun son point de vue…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Dim 20 Jan 2013 - 19:41

Après l'effort, le réconfort. C'était en tout cas ce qu'on disait généralement. Après sa longue journée de travail qui concluait un mois tout aussi long et chargé en terme de boulot, Will avait été bien tenté de passer voir sa grand-mère de coeur. Il aurait très bien pu ne jamais atteindre l'appartement de la vieille dame si seulement il n'avait pas su se battre. Par chance pour lui, il se débrouillait plutôt bien et ce ne fut pas les quatre idiots du village qui eurent raison de lui. Malgré une blessure à la main, il s'en tirait plutôt bien. Cette main n'avait décidément pas de chance. Elle avait déjà vu une balle la saluer en la traversant, laissant une cicatrice circulaire sur le dessus. Et à présent, c'était les phalanges qui étaient abimées. Il ne s'en plaignait cependant pas, ayant l'habitude de se faire mal. Et puis dans la rue, il n'était jamais facile de se soigner, les cicatrices éparpillées sur le corps du rouquin pouvaient en témoigner. Mais même une fois chez Anieta, il ne prit pas la peine de montrer sa blessure dans le but de se faire soigner. Il n'aimait pas qu'on le dorlote comme un enfant, jugeant qu'il pouvait très bien se débrouiller tout seul. Un peu de fierté mal placée ? Sans doute.

Néanmoins, ce n'était pas la raison de sa visite. Simplement voir la vieille femme lui suffisait amplement. Mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle ne soit pas seule et encore moins à ce qu'elle désirait lui présenter la personne en question. Au moins on ne pouvait pas dire qu'Anieta avait honte de lui. Après avoir quitté ses affaires pour éviter de mettre de la neige partout, le rouquin rejoignit le salon et rencontra alors celle qui était qualifiée comme "personne spéciale". Will ne voyait pas encore en quoi, mis à part une certaine ressemblance avec Erïka et le fait qu'il s'agissait d'une très jolie fille. Elle était plutôt grande une fois debout face à lui, lui qui était pourtant relativement grand, dépassant toujours les gens d'une tête. Elle aurait très bien pu être mannequin que cela n'aurait pas étonné le borgne. Mais la poignée de main qu'elle lui donna lui confirma que ce n'était sans doute pas le cas. C'était plutôt rare de voir une femme avec une telle poigne. Quelque chose disait au rouquin qu'elle était loin d'être une simple femme d'intérieur. Ce n'était pas non plus une poigne digne de ceux qui souhaitent écraser ceux qu'ils rencontrent. Elle dégageait une certaine force, comme si c'était naturel pour elle. Voilà qui tranchait avec sa grande beauté. Comme quoi l'on pouvait cumuler les atouts.

Puisque Will s'était présenté, demandant une confirmation du prénom de la jeune femme histoire de ne pas l'écorcher, elle répondit, ajoutant même son nom de famille. Davidoff. Le sourire de Will se figea. En fait, tout chez lui se figea. C'était le même nom de famille que celui d'Erïka et Alexïs. Will savait qu'ils ne portaient pas le nom de famille de leur grand-mère puisqu'Erïka lui avait déjà expliqué qu'ils avaient préféré prendre celui de leur père même s'ils ne l'avaient jamais connu. Et ce nom était justement Davidoff. Coïncidence ? Impossible.


"... Quoi ? Attends... t'es... ?" commença t-il, ne sachant pas trop encore ce qu'elle était en fait

Anieta vint à sa rescousse, prenant les choses en main en définissant clairement le lien de parenté évident qu'il y avait entre les jumeaux et la nouvelle venue. Elle était donc leur demi-soeur. Will était sur le cul, n'en revenant pas. Ca, il ne l'avait pas vu venir ! D'où sortait-elle ? Elle était plus âgée que les jumeaux, donc née bien avant eux. Comment cela se faisait-il qu'ils ne connaissaient pas son existence ? Le rouquin réfléchit rapidement, comprenant à cause du nom de famille que leur lien de sang venait de leur père commun. Sans doute avait-il trompé sa femme ou quelque chose comme ça. A moins qu'il n'ait divorcé en cours de route. Difficile à dire mais ce n'était pas ce qui intéressait le plus Will pour le moment. Savoir que les jumeaux possédaient une soeur était quelque chose de vraiment inattendu. Will était tellement surpris qu'il ne disait plus rien, comme assommé par la nouvelle. Comment Erïka allait-elle réagir à une telle nouvelle ?
La vieille femme intervint à nouveau en prenant la parole, promettant de leur expliquer le pourquoi du comment tout en proposant du café à Will.


"Ouais, s'te plait Anieta." confirma t-il avant de s'avancer dans le salon

Il s'installa sur l'un des fauteuils et remercia la vieille femme lorsqu'elle lui rapporta une tasse de café. Will en but quelques gorgées avant de déposer la tasse sur la petite table basse face à lui. Il observa un court instant Eleonnora comme si elle était une extra-terrestre ou quelque chose qui ne devrait pas exister. Il était surpris, curieux et ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle. Après tout, il n'y avait qu'à voir la mère des jumeaux pour savoir que tout n'était pas rose dans cette famille. Néanmoins, si elle était présente chez Anieta, c'était qu'il s'agissait sûrement de quelqu'un de bien.


"Bah putain... quelle nouvelle ! Rika va halluciner !" laissa t-il échapper

Mais Anieta le prévint alors qu'il devait garder tout ça pour lui. Pour lui ? Will haussa les sourcils. Maintenant qu'il était au courant, difficile de ne pas révéler quelque chose d'aussi important. Pourquoi leur mentir ? Il ne devait en aucun cas aborder le sujet, étant incapable de mentir à sa soeur. De toute façon, s'il mentait, la jeune fille le saurait bien assez vite. Anieta ajouta qu'elle était en contact avec le père des jumeaux depuis des années, ce qui acheva de surprendre Will. Cependant, là il ne comprenait pas. Erïka cherchait son père depuis longtemps. Anieta devait sans doute le savoir alors pourquoi lui cacher tout ça ? Pourquoi ne pas lui dire la vérité à elle et son frère ? Ne méritaient-ils pas d'enfin connaitre leur géniteur ?


"Ouais, j'la connais. Mais là j'capte pas. Pourquoi n'pas leur dire ? Merde, ça fait longtemps qu'ils cherchent leur père ! Surtout Rika ! Ce s'rait génial pour eux d'enfin l'rencontrer ! Ca rime à quoi tout ça ?" demanda t-il d'un ton neutre, ne sachant pas trop à quoi s'attendre

Comme d'habitude, Will ne mâchait pas ses mots. Il se doutait bien qu'il était loin de tout savoir et qu'Anieta avait sans doute ses raisons pour agir ainsi, mais c'était plus fort que lui, il devait présenter les choses ainsi. Quand bien même il adorait la vieille femme, il ne voyait pas en quoi c'était un bon plan d'agir de la sorte. Mais le rouquin savait qu'elle ferait n'importe quoi pour le bonheur de ses petits enfants, il n'en doutait pas. Il était donc impatient de connaitre le fin mot de l'histoire. Avant de promettre quoique ce soit, il voulait d'abord savoir à quoi s'en tenir, ne voulant pas faire de promesses en l'air.

Ce fut au tour d'Eleonnora de prendre la parole, posant une question à Anieta à propos de sa fille, la mère des jumeaux. Le visage de Will s'assombrit sur le coup, sachant de quoi était synonyme la simple évocation de cette personne. Will mourrait d'envie d'exposer son point de vue sur le personnage mais il se retint, restant silencieux et laissant Anieta expliquer elle-même de quoi il retournait. Après tout, il s'agissait de sa propre fille et le rouquin était loin de tout connaitre. Il écouta donc attentivement ce qu'Erïka ne lui avait jamais dit. Jamais il ne l'avait questionné à ce propos, estimant qu'il valait mieux laisser le passé où il était. Il ne savait donc que peu de choses à propos de tout ça. C'était le moment ou jamais de combler ces lacunes.

Il apprit alors comment était celle qui était la mère des jumeaux, celle qui était la fille d'une femme aussi adorable qu'Anieta. Comment avait-elle pu tourner ainsi en étant au sein d'une telle famille ? Will n'avait pas connu le grand-père d'Erïka mais il ne doutait pas un seul instant qu'il était du genre d'Anieta vu la façon dont en parlait la jeune russe. Angela avait fait n'importe quoi de sa propre vie et avait entrainé ses enfants avec elle. Le rouquin nota que la vieille femme avait pris soin de ne pas évoquer l'enfer que sa fille avait fait subir à ses enfants. Will avait beau réfléchir, il ne lui trouvait pas d'excuses. Comment pouvait-on tourner aussi mal ? Par une mauvaise influence ? Il n'était pas très bien placé pour parler de tout ça. Après tout, il n'avait aucun lien avec cette famille, n'en faisait parti que depuis peu et n'ayant pas vécu toutes ces horreurs. Bien sûr il avait partagé avec Erïka certaines expériences, il avait même vu leur mère et comprit de quoi elle était capable. Mais avait-il droit à la parole pour autant ? Will se pencha pour attraper sa tasse et terminer son contenu avant de prendre la parole.


"Sûr qu'elle aurait jamais dû avoir d'enfants, même si j'aime les jumeaux comme mes propres frère et soeur. Excuse moi à l'avance, Anieta, mais j'tiens à donner mon point d'vue. Oh, tu sais sans doute bien mieux qu'moi ce qu'on pu vivre les jumeaux, tu les as él'vés après tout et puis, c'est ta fille. Mais justement, j'comprends pas comment elle a pu d'venir comme ça. Merde, j'aurais tué pour avoir des parents comme vous, moi. Elle s'est pas rendu compte d'la chance qu'elle avait, elle a fait des choix d'merde, c'est sa vie. J'veux dire, c'est son problème si elle a merdé, ça r'garde qu'elle. Mais c'que j'tolère pas, c'est qu'elle a entrainé ses gamins avec elle. Comment on peut faire subir ça à sa propre chair ? Elle a un grain, c'est certain. Personne devrait avoir à subir ça, personne. J'lui souhaite même pas à elle et pourtant, j'la porte certainement pas dans mon coeur, c'te garce. C'est vrai, j'la connais pas mais j'sais c'qu'elle a fait et ça c'est impardonnable. Les jumeaux ont énormément d'chance d'vous avoir eu comme grand-parents. Mais ils ont cruellement manqué d'un père. Il était où lui d'ailleurs ?"

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Lun 21 Jan 2013 - 23:24

Peu de gens, aux États-Unis, semblait connaitre le nom des Davidoff. Mis à part les hommes d’affaires, peu de personnes connaissaient cette riche de famille de Russie. C’était une très bonne chose. Ainsi, elle pouvait bien faire ce qu’elle voulait dans l’anonymat. Elle était ce qu’elle désirait être, dans ce grand pays. Elle n’avait pas besoin de jouer à la fille sage et responsable qu’elle avait si souvent incarnée lorsqu’elle se trouvait en compagnie de sa famille, en Russie. Cependant, il y avait certains individus, comme le père de sa douce, chez qui elle suscitait des réactions d’étonnement. Son nom ne lui avait pas été inconnu et il n’avait suffi que d’une simple question pour qu’elle révèle, sans gêne, qu’elle était l’unique héritière de la riche famille de Russie. Enfin, unique… On ne pouvait plus dire cela, à présent. Elle avait un frère et une sœur, elle devait s’y faire.

Parlant de frère, Eleonnora se retrouvait devant le meilleur ami d’Erïka. Anieta lui avait clairement précisé qu’il était comme un frère pour elle, qu’elle le voyait comme quelqu’un de bien plus important qu’un ami, et qu’il faisait partie de la famille. En le rencontrant, c’était comme si elle faisait face à un second frère. Était-elle obligée de le considérer comme tel ? Non, pas du tout. Elle ne le connaissait pas, elle n’allait certainement pas le traiter comme un Davidoff. Pour l’instant, elle allait se contenter d’en apprendre davantage sur lui, sur son frère et sa sœur, afin de déterminer quel type de personnes ils étaient.

Visiblement, le dénommé William était étonné d’apprendre qu’elle était une Davidoff. Connaissait-il la réputation de sa famille ? C’était ce qu’elle se disait, elle ne se doutait pas que la raison de son étonnement était tout autre. La jeune femme se contenta de lui serrer la main avant de retrouver sa place dans l’un des confortables fauteuils du salon. Ainsi, elle put se remettre à boire tranquillement son café, pendant qu’Anieta s’absentait le temps d’en rapporter un à William. Elle remit la tasse au jeune homme, en souriant, puis alla s’asseoir sur le canapé. Il était temps de discuter.

Eleonnora était calme, silencieuse. Elle sentait le regard de William posé sur elle. Elle était jolie et le savait. Pas la peine de la dévisager ainsi. Elle ne se gêna pas pour observer le rouquin, à son tour, de son regard perçant. Elle souriait presque, amusée par cette situation. Cela dura de très longues secondes, avant que l’homme ne prenne finalement la parole. Il semblerait que sa sœur allait tout autant halluciner que lui, en ce moment même, face à une telle nouvelle. Quoi de plus normal ? Ce n’était pas tous les jours que l’on apprenait l’existence de sœur cachée.

Il n’était pas au bout de ses surprises. Il allait découvrir tout un tas de choses, concernant la famille Davidoff, mais certaines informations devaient rester secrètes, pour le moment. Anieta fut très claire à ce sujet : les jumeaux ne devaient pas être au courant de tout cela. Arrivera-t-il à garder le secret où ira-t-il tout dévoiler à sa sœur lorsqu’il en aura l’occasion ? Eleonnora ne pouvait le deviner. Elle ne le connaissait pas suffisamment pour cela. S’il respectait Anieta, il conservera ce secret le temps qu’il faudra, même si c’était difficile. La vieille femme connaissait bien le père des jumeaux, elle était en contact avec lui depuis des années sans même leur en parler. Elle avait ses raisons de faire cela. Même si elle aurait désiré tout leur révéler, cela ne dépendait pas uniquement d’elle. Elle ne tarda pas à l’expliquer clairement au rouquin.


-« Ouais, j'la connais. Mais là j'capte pas. Pourquoi n'pas leur dire ? Merde, ça fait longtemps qu'ils cherchent leur père ! Surtout Rika ! Ce s'rait génial pour eux d'enfin l'rencontrer ! Ça rime à quoi tout ça ? »

-« Ce n’est pas si simple. Si ce n’était que de moi, ils le sauraient depuis longtemps. C’est leur père, qui a refusé que je leur révèle ça. Il voulait tout d’abord s’assurer qu’il était véritablement leur géniteur. Peu de temps après, il partait en mission avec ses troupes. Il m’a fallu beaucoup de temps pour le convaincre de finalement rencontrer les jumeaux et annoncer la nouvelle à sa fille. Il a visiblement peur de faire face à ses responsabilités de père.»

-« Si mon père a tant tarder à prendre la décision de les rencontrer, c’est parce qu’il avait ses raisons. Ce n’est probablement pas dû à des problèmes d’héritage, mais si la nouvelle au sujet de ses enfants illégitimes venait à se répandre, cela pourrait avoir certaines conséquences qu’il ne désire pas affronter. Son mariage ne tient pas à grand-chose. La seule raison qui fait qu’il est toujours marié à ma mère est qu’il n’a pas l’envie de s’engager dans une longue procédure de divorce. Elle n’est pas au courant de son adultère et il ne la mettra certainement pas au parfum de sitôt. Néanmoins, je serais bien curieuse de connaitre ses véritables raisons, tout cela n’étant que suppositions.»

Eleonnora savait que son père n’avait jamais été bien doué dans son rôle. Il était un homme de travail, il était souvent absent. Malgré tout, il avait su s’occuper d’elle à sa façon. Il l’avait entrainée pour en faire sa parfaite héritière. Rares étaient les fois où ils s’étaient simplement assis à côté d’elle pour jouer à un jeu ou quelque chose comme cela. La majorité du temps, il se contentait de se battre un peu avec elle, de tester ses nouvelles compétences en matière d’auto-défense. Il surveillait également ses résultats scolaires de près. Elle avait étudié dans l’une des plus réputées écoles de Moscou et excellait dans toutes les matières. Elle travaillait d’arrache-pied afin de maintenir ses notes au-dessus de celles des autres. Elle devait toujours être la meilleure. Elle n’avait pas le droit à l’échec.

Que ferait Sergeï avec ses enfants ? Il avait eu du mal à s’occuper de sa fille, depuis le jour de sa naissance. Comment allait-il pouvoir donner à ces jumeaux l’affection et la tendresse paternelle dont ils avaient été privés par son absence ? Il ne pouvait pas le faire. Ce n’était pas dans son caractère que de son montrer attachant et affectueux. L’argent ne pourra pas tout régler, dans sa vie. Il faudra qu’il apprenne à prendre ses responsabilités un jour ou l’autre et sache se montrer à la hauteur. Encore une fois, Eleonnora en doutait fortement.

Si le père avait été absent durant toutes ces années, où était la mère ? Ne sachant pas que cela était un sujet tabou, elle posa une question à Anieta sur le sujet. Aussitôt, elle vit sa mine s’assombrir. Quelque chose n’allait pas. Cela se lisait également sur le visage de William. Que se passait-il ? Pourquoi une telle réaction ? Elle ne tarda pas à découvrir que la mère des jumeaux n’était pas un ange. En repensant brièvement à l’entretient qu’elle avait eu avec son père, Eleonnora se souvint qu’il lui avait dit que cette femme n’était pas ce qu’il croyait être, d’où leur rupture. Grace aux paroles d’Anieta, cette phrase prenait tout son sens.

C’est fou ce que les gens peuvent faire lorsqu’ils fréquentent certaines personnes. Visiblement, c’était ce qui était arrivé à la dénommée Angela. Elle avait beau avoir été élevée dans ce qui semblait être une bonne famille, cela ne l’avait pas empêché de rencontrer des gens peu recommandables et de découvrir l’enfer de la drogue. Cela peut arriver à n’importe qui. Lorsqu’elle fréquentait encore les bancs d’école, elle avait connu certains enfants de bonnes familles qui se payaient diverses drogues, commettaient des vols pour le simple plaisir de le faire, et défiait les interdits parce qu’ils en avaient envie. La jeune fille avait toujours été heureuse de ne pas faire partie de ces gens-là. Cependant, ce n’était pas le cas de tous. Angela semblait apprécier la vie de débauche que lui offrait la drogue. Ses parents avaient tout fait pour elle, mais si elle ne désirait pas s’aider, il n’y avait rien à faire, malgré tout leur bon vouloir.

Alors que la jeune femme comptait prendre la parole, William exposa son point de vue sur la mère de son amie. Trouvant cela intéressant, Eleonnora se contenta de boire silencieusement son café et d’écouter ce qu’il avait à dire. Sa façon de parler lui écorchait les oreilles. Allait-elle finir par s’y habituer ? Prêtant une attention particulière à ses paroles, afin de s’assurer de tout comprendre, la jeune femme devinait assez facilement qu’il y avait certains secrets dans cette famille, certaines choses que personne n’osaient dire. Il y avait bien plus qu’une mère négligente, toujours absente et jamais là pour ses enfants. C’était ce qu’elle croyait comprendre au travers des paroles de Will. La situation semblait être bien plus dramatique que ce qu’il y paraissait.

Anieta resta silencieuse, fixant sa tasse de café. Elle écoutait William, mais avait toujours du mal à entendre des paroles blessantes à propos de sa propre fille. Si, au départ, elle avait du mal à tolérer cela, elle avait fini par s’y faire peu à peu. Après tout, ils avaient tous raison : Angela n’avait que ce qu’elle méritait. Tout était de sa faute. Anieta aurait pu faire n’importe quoi que cela n’aurait rien changé dans la vie de sa fille. Elle avait traumatisé ses propres enfants pour la vie. Ils auraient pu ne pas s’en remettre. Erïka s’était refermée sur elle-même, elle ne voulait plus sortir, elle ne voulait plus rien faire sauf regarder la télévision. La vieille femme avait cru qu’elle était en pleine dépression, qu’elle était malade, qu’elle avait besoin d’aide psychologique. Alexïs était passé près du suicide, il aurait pu mourir si sa sœur ne l’avait pas découvert à temps. Anieta avait cru que leur vie était détruite, qu’ils ne ressentiraient plus cette joie de vivre qui les habitait auparavant. Pourtant, tout alla en s’améliorant, comme si un ange avait décidé de venir à leur secours. Alexïs trouva le courage de rattraper son retard dans ses études, de se trouver un travail, puis un logement. Erïka fut approchée par le professeur Charles Xavier afin de rejoindre son institut pour surdoués. Leur vie s’était peu à peu améliorée. Jusqu’à leur rencontre avec William. Il était une bénédiction, un ange gardien, un véritable petit trésor. Grâce à lui, Erïka était redevenue bien plus souriante, bien plus vivante. Elle avait trouvé une personne de confiance avec qui elle pouvait afin être elle-même.
Lorsqu’elle releva la tête et posa les yeux sur William, la vieille femme lui sourit. Il avait raison, elle devait s’y faire. Bien que tout cela lui faisait encore du mal, au fond d’elle. Elle m’y pouvait rien, c’était ce qui l’attristait le plus. Tout ce qu’elle pouvait faire, était de prendre soin de ses petits-enfants, eux qui comptaient tant à ses yeux. Elle porta sa tasse de café à ses lèvres et but silencieusement. Il était temps de clore ce douloureux sujet et passer au sujet principal de cette discussion : Sergeï Davidoff.


-« Malheureusement, j’ai fait tout mon possible pour elle. Je n’ai pas pu lui venir en aide, mais j’ai toujours mes merveilleux petits-enfants auprès de moi et je ne les laisserais certainement pas tomber. » Fit-elle avant boire une gorgée de son café. « Il a passé un certain temps sur le champs de bataille. Il a fait passer son travail avant sa famille. Maintenant, il est prêt à prendre ses responsabilités. Cela lui aura pris du temps. Il est actuellement à New-York, pour quelques semaines. »

-« Les choses ont toujours été comme cela avec lui. Il était toujours absent. » Ajouta Eleonnora. « S’il prend ses responsabilité, j’espère qu’il saura se montrer à la hauteur. »

Elle déposa sa tasse de café, à présent vide, sur la table basse. Il n’y avait rien d’autre à ajouter. Tout cela était la faute de son père et il devait maintenant assumer ses conneries. Pour sa part, Eleonnora comptait bien tenter d’en savoir davantage sur cette famille. Puisqu’elle se doutait que de parler d’Angela n’était pas une bonne idée, elle préférait se concentrer sur les jumeaux. Elle regarda l’une des parois du mur, sur laquelle il y avait d’autres cadres. L’une des photos affichée dans ceux-ci représentait Erïka. Elle avait fait friser ses cheveux, ce qui lui allait plutôt bien. Elle portait un grand chapeau rosé, au joli ruban blanc, s’agençant parfaitement à la robe qu’elle portait. Elle était costumée, cela se voyait. Elle tenait en main un long bâton dont le bout était recourbé, comme celui d’une bergère. Elle avait passé son bras autour du cou de Will, afin de l’attirer à elle. Il portait un étrange habit de peluche blanche. Elle se demandait ce que s’était avant que le lien ne se fasse dans sa tête. Il était déguisé en mouton ! Cela devait expliquer la drôle de tête qu’il tirait. Anieta avait le don de prendre les photos au bon moment. La jeune femme sourit en regardant cette image. Malgré tout, les jumeaux semblaient avoir une belle vie.

La jeune femme laissa son regard dériver jusqu’au rouquin. Il apparaissait sur tant de photographies, comme s’il avait toujours fait partie de cette famille. Ils avaient peut-être perdu quelqu’un, une femme qui ne valait pas la peine que l’on se soucie d’elle, mais ils avaient gagné ce qui semblerait être un frère fantastique. Perdue dans ses pensées, Eleonnora n’écouta que d’une oreille la vieille femme s’adresser à son petit-fils.

-« La première fois que je t’ai vu, William, je n’en croyais pas mes yeux. Erïka n’a jamais été du genre à se faire des amis. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me présente un homme bien plus âgé qu’elle. Tu avais fière allure, mais j’ai toujours été intriguée par ton cache-œil. Je me demandais qu’elle genre de personne elle me ramenait là. J’ai eu peur, un moment, de faire face au même type de personne qu’avait côtoyé ma fille. Pourtant, je me trompais royalement. Les apparences sont parfois trompeuses. » Elle lâcha échapper un petit rire amusé. « C’est formidable de t’avoir dans la famille, à présent. Tu nous apporte beaucoup, même si tu ne le réalise peut-être pas. »

C’était merveilleux de voir à quel point une famille pouvait ainsi se former. Les liens de sang n’indiquaient rien, au final. Il s’agissait plutôt de l’amour porté à ses proches, ainsi que la confiance qu’on leur accordait qui faisait toute la différence. William semblait en être la preuve. Eleonnora aurait aimé pouvoir avoir un tel lien avec ses parents, se sentir proche d’eux. Ce ne fut jamais le cas, en fait. La seule personne dont elle était réellement proche était Evelynn, sa compagne. Elle était la seule sur qui elle pouvait compter. Peut-être qu’un jour, elle pourra également accorder sa confiance à Anieta ?

Pour l’instant, la jeune femme préférait rester silencieuse et observer les photographies sur le mur. Cette conversation ne la concernait pas. Au moins, l’ambiance était plus calme, plus douce, bien moins pesante qu’il y a quelques instants. C’était une bonne idée de changer de sujet de discussion, comme l’avait fait Anieta. Le but n’était pas d’instaurer une atmosphère d’enterrement, mais bien de répondre à certaines questions qui restaient pour le moins nébuleuse suite à la découverte du lien familial qui les unissait.


-« Dis-moi, William, ils sont comment les jumeaux ? Je ne les connais pas vraiment, tu pourrais peut-être m’éclairer à ce sujet puisque tu sembles bien les connaitre. » Fit-elle d’une voix douce, légèrement curieuse.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mar 22 Jan 2013 - 14:49

La première fois qu'il était venu à l'appartement d'Anieta, Will avait cherché le nom Davidoff sur les boites aux lettres de l'entrée sans jamais le trouver. Cela l'avait d'ailleurs intrigué car il connaissait Erïka sous ce nom de famille là... et supposait donc naturellement que sa grand-mère portait le même. Il était loin de se douter que les jumeaux avaient finalement pris le nom de leur père. Lorsque l'on savait ce que leur avait fait subir leur mère, on ne pouvait que les comprendre. Ils avaient même changé de prénoms par la même occasion. Le rouquin était mal placé pour le leur reprocher puisqu'il désirait lui aussi changer de nom. Il avait donc appris qu'Anieta avait un nom de famille bien différent du leur parce qu'il leur rappelait trop leur mère. Cela avait peut-être peiné la vielle femme sur le coup mais Will était certain qu'elle les avait compris et ne leur avait jamais reproché. Ce n'était clairement pas son genre...

Ainsi, lorsqu'Eleonnora se présenta sous ce même nom de famille, Will fit un blocage. Elle ne s'attendait sans doute pas à ce quelqu'un en dehors de sa famille connaisse ce nom de famille là, tout comme le rouquin ne s'attendait pas à rencontrer un autre membre de cette famille. Il n'arrivait pas encore à la situer mais il était certain du lien de parenté évident qu'elle partageait avec les jumeaux. Leur ressemblance parlait d'elle-même. Cependant, il devait avouer qu'il était stupéfait d'une telle révélation. Anieta prit alors la parole pour révéler qu'elle était en réalité la demi-sœur des jumeaux. Il ne fallut pas bien longtemps à Will pour comprendre que c'était leur père qu'ils avaient en commun. Malgré tout, le rouquin prit le temps de la détailler de la tête aux pieds, ne se gênant pas pour l'observer sans vraiment de discrétion. En fait, Erïka et elle auraient très bien pu être soeurs tellement elles se ressemblaient. C'était ce détail qui intriguait surtout le borgne. Il essayait à présent de savoir ce qu'elle pouvait bien faire dans la vie pour avoir une telle poigne. Au premier coup d'oeil, elle semblait être quelqu'un qui savait se mettre en valeur. Ca pour sûr, elle était bieeeeeen plus féminine qu'Erïka et l'on sentait que ses gestes étaient mesurés. Will cessa cependant sa petite inspection pour porter son regard sur Anieta qui commençait à expliquer le pourquoi du comment.

Malgré tout, cela ne convenait pas au rouquin. Il ne faisait certes pas parti de la famille à l'origine mais il ne comprenait pas pourquoi, alors qu'ils en avaient l'opportunité depuis si longtemps, ils avaient tant tardé à faire connaitre leur père aux jumeaux. Il était là, juste sous leur nez, à les observer en cachette ! Si Erïka l'apprenait, elle serait folle... de rage ou de joie, difficile à dire. Mais le rouquin savait à coup sûr qu'elle réagirait violemment à ce propos. Will était un peu dur dans ses propos mais il n'arrivait pas tellement à trouver une excuse à ce père trop longtemps inexistant. Anieta donna davantage de détails, ce qui enfonça davantage l'homme, de l'avis du rouquin. Certes, il avait été longtemps occupé et avait dû être certain qu'il s'agissait de ses enfants, c'était la moindre des choses. Mais ne pas oser ensuite assumer ses actes, ça c'était inadmissible. Eleonnora vint également à la rescousse de son père, sans doute pour défendre son honneur bafoué mais ses arguments ne tenaient pas la route. En tout cas, ils n'étaient en aucun cas valable aux yeux de Will.


"Tout l'monde a ses raisons d'faire ou de n'pas faire les choses. Mais là, j'ai beau réfléchir, j'lui trouve pas d'excuses. J'comprends qu'il ait dû être certain qu'il s'agissait bien d'ses gamins. Mais une fois qu'il l'a su, pourquoi attendre ? Il a peur d'assumer ? Il a qu'à pas forniquer partout s'il voulait pas d'gosses hein. Personne l'a forcé à faire des enfants, c'est entièr'ment d'sa faute j'crois là. Son mariage tient à rien ? C'pas étonnant vu la vie qu'il a l'air d'mener. Et donc pour sauver un mariage qui sert à rien et sa fortune, il est prêt à r'nier ses enfants ? C'est l'père de l'année dis donc. Final'ment, j'suis pas très sûr qu'ce soit une bonne chose qu'les jumeaux rencontrent un tel homme... quand bien même c'est leur paternel. Puis bon... Sa femme, elle est loin nan ? Elle risque pas d'être au courant s'il la fait pas venir ici. Son "secret" est donc bien protégé... C'pas non plus une raison donc. Nan, j'ai beau réfléchir, il a aucune excuse. Il a juste pas les couilles d'assumer ses actes. Enfin il les a eu pour procréer mais après, c't'une autre histoire..." lâcha t-il non sans un certain dédain avant de soupirer, regardant Eleonnora "C'est vrai, j'connais pas ton père et ce s'rait mal venu d'ma part d'insulter un type que j'connais qu'indirectement. J'me trompe p't'être mais c'est mon avis, avec le peu que j'sais. J'tiens pas à lui manquer d'respect mais j'comprends juste pas sa façon d'procéder. Au moins toi, t'as pu profiter d'lui."

Il y avait des gens qui n'étaient pas faits pour être parents... c'était le cas de ceux des jumeaux. Les pauvres avaient été privés bien vite de leurs géniteurs et de l'amour qu'ils auraient dû leur apporter. Au moins, ils avaient eu leurs grands-parents pour compenser et Will remerciait intérieurement Anieta et son défunt mari d'avoir été là pour eux et de leur avoir apporté toute l'affection dont ils avaient besoin. Au final, c'était eux leurs vrais parents. Ils n'avaient pas besoin des autres... D'ailleurs, le sujet tourna autour de la mère des jumeaux. Eleonnora ne semblait pas en savoir beaucoup plus que Will sur toute cette histoire. Qu'avait pu lui dire son père ? Le strict minimum sans doute. Au moins grâce à Anieta, elle pourrait bientôt savoir à quoi s'en tenir. Le rouquin n'avait jamais trop voulu mettre son nez dans ces histoires qui ne le concernaient pas. Non pas parce qu'il s'en moquait mais parce qu'il estimait que c'était le passé et qu'il était inutile de remuer le couteau dans la plaie en faisant réapparaitre de douloureux souvenirs. Il aurait pu questionner Anieta sur le sujet lorsqu'il venait seul la voir, mais il préférait éviter. Après tout, elle aussi avait souffert... La fautive, c'était sa fille. Will n'était pas encore parent, bien qu'il comptait le devenir un jour, et il ne pouvait donc pas deviner quel sentiment on pouvait ressentir face à une telle "trahison". Mais il supposait cependant que cela devait être particulièrement pesant et pénible. Sa propre chair qui tourne aussi mal... Se sentir impuissant face à de tels événements... Non, le borgne n'aurait, pour rien au monde, voulu être à la place de la vieille femme. Surtout qu'à présent, elle était seule pour gérer tout ça, privée de son mari.

Anieta apporta quelques détails à propos de sa fille que le rouquin ignorait. Mais cela ne faisait que renforcer la rancoeur qu'il avait à son égard. Peut-être était-elle simplement manipulée par ses mauvaises fréquentations... mais cela ne la disculpait en rien des horreurs qu'elle avait fait à ses enfants. Will n'en avait jamais été directement témoin, mais le simple état dans lequel il retrouvait Erïka suffisait à ce qu'il comprenne à quel point elle pouvait souffrir. Il s'était promis de faire en sorte que cela n'arrive plus jamais. Mais il était seul et Angela était bien entourée. S'il avait l'opportunité de la tuer, il le ferait sans hésiter, sans sourciller, sans aucun remord. Quand bien même elle était la fille de sa grand-mère adoptive, elle représentait un danger, une menace de mort, planant toujours au dessus de la tête des jumeaux et pouvant tomber sur eux à n'importe quel moment, telle l'épée de Damoclès. Devait-il attendre que cela arrive, fermant les yeux comme si cela pouvait suffire à faire en sorte qu'elle n'existe pas ? Bien sûr que non. Will savait qu'Erïka voulait également tuer sa mère mais il ne voulait pas qu'elle se salisse les mains encore une fois... Lui, ce n'était pas la première fois qu'il tuait quelqu'un. Il n'en était pas fier, loin de là. A chaque fois qu'il prenait, volontairement ou non, la vie de quelqu'un, cela le détruisait peu à peu de l'intérieur. Mais il était prêt à faire ce sacrifice si cela pouvait protéger ses proches. Ainsi, il serait le seul à devenir un monstre.

Suivant aussitôt Anieta, il en profita pour dire tout le mal qu'il pensait d'Angela, complétant ainsi le portrait que venait d'en faire la vieille femme. Cette dernière resta silencieuse, fixant le liquide noir de sa tasse. Will l'observa un court instant, regrettant un peu les propos qu'il venait de tenir. Il disait la vérité et ce qu'il pensait... mais il aurait préféré ne pas avoir à le faire en présence d'Anieta. Qui aurait aimé que l'on parle ainsi de son propre enfant ? Pourtant, lorsqu'elle releva la tête, elle lui offrit un sourire, preuve qu'elle ne lui en voulait pas. Malgré tout, Will voulait éclaircir un point. Il la laissa cependant terminer sa phrase, répondant à présent à la question du rouquin. Le père des Davidoff était là, présent sur New York. C'était l'occasion ou jamais que les jumeaux le rencontre enfin ! Eleonnora ajouta quelque chose qui laissa Will perplexe. Ainsi, malgré qu'elle ait vécu avec son père, elle n'avait pas pu en profiter tellement plus, expliquant qu'il était souvent absent. Quel père, vraiment. Avant que le sujet sur Angela ne soit définitivement clôt, Will voulu ajouter quelque chose.


"C'est uniqu'ment d'sa faute si elle a pas pris vot' main tendue. Vous lui avez tout donné, elle a r'gardé ailleurs, c'est comme ça. On peut pas forcer les autres à choisir leur vie. Elle a fait ses choix, aussi pourris soient-ils. Mais tout ça n'change pas l'fait qu't'es une femme formidable et qu'les jumeaux ont vraiment eu d'la chance d'vous avoir, ton mari et toi. Excuse mes propos sur ta fille, j'veux juste protéger tes p'tits enfants. Ils sont heureux et j'ai pas envie qu'ça change. C'est tout. J'aurais préféré qu'tout s'passe autrement, mais c'qui est fait est fait. Même s'il a pas été très présent, au moins l'père tient à rattraper tout ça. On peut au moins lui r'connaitre ce mérite. Mieux vaut tard qu'jamais." ajouta t-il avec un léger sourire à l'adresse d'Anieta

Will ne s'attendait pas à ce qu'Anieta aborde un sujet bien différent. En fait, il ne s'attendait pas à ce que l'on parle de lui. Il ne s'était jamais considéré comme quelqu'un de qui on pouvait parler... en tout cas en bien. Lorsqu'il vivait encore avec sa famille, c'était comme s'il était transparent aux yeux de son père. Il y avait bien sa soeur et sa mère mais il avait toujours l'impression d'être en dehors de ce petit groupe, comme s'il n'y avait pas sa place. Les choses ne s'étaient guère arrangées par le passé et depuis qu'il vivait dans la rue, le rouquin ne s'attendait plus tellement à ce que l'avenir lui réserve de belles surprises. Il était devenu ce que la vie avait fait de lui mais était toujours resté malgré tout, la tête hors de l'eau. Il avait eu des fréquentations peu recommandables, il avait fait divers délits, mais jamais il n'était tombé aussi bas que la majorité de ceux qui se retrouvaient soudainement sans rien. Il avait toujours gardé espoir qu'un jour, tout cela changerait. Et il avait eu bien raison. Il était néanmoins surpris d'entendre l'avis d'Anieta à son sujet. S'il s'était bien douté que la première fois qu'elle l'avait vu, elle avait dû craindre le pire, il n'aurait jamais pensé qu'elle l'avait si rapidement accepté. Elle ne l'avait jamais rejeté ni fait preuve de distance à son égard, mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle sautait de joie à sa vue. Il n'était vraiment pas le genre de type qu'on aimait voir trainer avec les membres de sa famille... surtout après l'expérience de sa fille. Le discours d'Anieta fit rougir Will qui se gratta l'arrière de la tête d'un air gêné, pas habitué aux compliments, surtout de ce type là.

"C'est vrai qu'on a pas mal de différence d'âge mais ça nous empêche pas d'êt' proches. A vrai dire, elle m'faisait un peu penser à ma soeur au départ. Maint'nant, c'est plus que ça, bien plus. Puis tu sais, ça m'aurait pas offusqué qu'tu m'jettes dehors. Avec ma dégaine, sûr que j'fais plus voyou qu'jeune homme propre sur lui. C'est c'que j'suis après tout. J'sortais à peine de la rue quand j'ai rencontré Erïka. En fait, c'est un peu grâce à elle si j'en suis sorti. Y vivre six ans, ça laisse des traces, comme t'as pu l'constater." fit-il en passant lentement sa main sur son cache-oeil, songeant également aux diverses cicatrices sur son corps qu'elle avait déjà pu voir "J'ai perdu la vue d'mon oeil droit au cours d'une bagarre. Mais j'reconnais qu'ça m'donne un drôle d'air. J'suis pas vraiment un mec bien, j'étais un voleur avant, j'ai fais des choses pas tell'ment racontables... Mais faut c'qu'y faut pour survivre. J'suis heureux qu'les choses ont changé, mais par d'ssus tout, j'suis content d'avoir rencontré vot' famille. J'vous dois plus que vous n'pouvez l'penser et j'vous remercierais jamais assez. Si j'vous apporte quoiqu'ce soit alors j'en suis d'autant plus heureux. Pour rien au monde j'retournerais en arrière." termina t-il avec un sourire touché

Eleonnora regardait les photographies qui les entouraient, restant silencieuse pour le moment. Lorsqu'elle ouvrit à nouveau la bouche, ce fut pour poser une question à propos des jumeaux. Elle avait raison sur un point, il les connaissait bien. Ou en tout cas, il connaissait Erïka sur le bout des doigts. Ayant passé bien moins de temps avec Alexïs -il ne vivait pas au même endroit qu'eux-, il en était bien moins proche. Mais cela ne voulait pas dire qu'il ne l'appréciait pas, bien au contraire. Il était toujours content de passer un peu de temps en sa compagnie et trouvait dommage qu'ils ne se voient pas plus souvent. Il ne lui restait plus qu'à les décrire. Il aurait pu enjoliver le tout, être parti pris... mais non. Will restait objectif, lucide. Autant il adorait Erïka, autant il savait qu'elle n'avait pas que des qualités et qu'elle pouvait faire preuve d'un très mauvais caractère
.

"Hmm... Commençons par Erïka. Comme t'as dû l'remarquer, tu lui r'ssembles vach'ment. C't'une jeune fille adorable, toujours prête à s'amuser et à rire avec ses proches. Elle a pas la langue dans sa poche et est d'une franchise à toute épreuve. Elle est un peu comme moi sur un point. Elle a gardé une âme d'enfant malgré qu'elle ait les pieds bien sur Terre. Par contre, elle a un foutu caractère, j'te l'dis ! Si quelque chose lui plait pas, tu l'sauras tout d'suite parce que ça s'entend et ça s'voit. Faut pas la contrarier sinon elle en d'viendrait presque détestable. Mais j'crois juste que c'est parce qu'elle sait pas trop comment réagir. Souvent, elle réagit avec les poings, hésitant pas à frapper. Elle est passionnée. Aussi bien dans c'qu'elle fait que dans sa façon d'être et ça s'ressent d'autant plus quand elle défend ses idées et son point d'vue. Ah faut pas être susceptible avec elle ! T'attends pas à c'qu'elle te saute dans les bras hein. Les marques d'affection, c'pas trop son genre. Ca veut pas dire qu'elle en donne pas ou n'aime pas ça... mais disons qu'elle réserve ça à peu d'personnes. Va lui falloir du temps pour apprendre à t'connaitre... pas mal de temps à mon avis. En c'qui concerne Alexïs, il est bien plus posé. Presque tout l'inverse d'elle en fait. Calme, réfléchi... timide aussi un peu parfois. Il ose pas trop. Et j'trouve qu'il a un sacré balai dans l'cul mais bon, c'est mon avis. Il est un peu effacé mais il a l'coeur sur la main, c'est certain ! S'il pouvait s'couper un bras pour ses proches, sûr qu'il le ferait. L'est un peu trouillard mais c'est un gars bien. L'en faudrait plus des comme ça ! J'dois avouer que j'capte pas tout c'qu'il dit, il cause bizarrement... J'espère qu'ça t'aide un peu à les situer ! Tu comptes les rencontrer quand ?"

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mar 22 Jan 2013 - 20:37

S’il fallait faire le portrait de Sergeï Davidoff, Eleonnora aurait du mal à parler d’autre chose que de son travail. Sa vie tournait autour de cela. Il n’avait rien d’autre qui l’importait. Elle pourrait parler de sa passion pour l’armée, de l’attention qu’il portait à l’entreprise familiale, de ses grades, ses années de service et également ses grands talents de tireur, mais elle serait incapable de dire qui il était réellement. Elle ne l’avait jamais réellement connu. Certes, il s’était amusé avec elle, lorsqu’elle était une gamine, jouant à l’extérieur à se rouler dans l’herbe et la boue, grimpant dans les plus hauts arbres de leur jardin. Mais ces souvenirs étaient bien trop lointains pour qu’elle se souvienne de l’avoir vu sourire. Il était toujours froid, impassible. Il ne montrait aucune autre expression, peu importe l’instant. On aurait facilement pu le comparer à un robot.

Que répondre à un parfait inconnu qui n’avait pas tout à fait tort au sujet de son paternel ? Elle l’écoutait parler, silencieuse, les mains légèrement crispées autour de sa tasse de café. Il parlait tout de même de son père, la vérité était dure à entendre. Elle s’était toujours contentée de penser. Sans le réalisé, elle avait froncé les sourcils. Cependant, lorsque les mots « Il a qu'à pas forniquer partout s'il voulait pas d'gosses hein. » résonnèrent à ses oreilles, elle ne put qu’esquisser un léger sourire, qui disparut bien rapidement. Il avait parfaitement raison sur ce point, s’étant dit la même chose lorsqu’il lui avait avoué l’existence des jumeaux. Elle se demandait parfois pourquoi elle était née. Elle ne se serait jamais attendue à avoir des enfants. Sa mère avait semblé prendre goût à la maternité pendant quelques années, montrant à tout le monde à quel point son enfant était plus beau que ceux du voisinage. Son père, lui désirait simplement un héritier. Cependant, il avait eu droit à une héritière, ce qui changeait la donne. Il avait toujours désiré un fils pour prendre la relève, une fois qu’il sera bien vieux, elle le savait parfaitement. Elle se demandait parfois comment aurait été sa vie si elle serait née homme. Peut-être que sa relation avec son père aurait été bien meilleure. Pourtant, elle faisait tout ce qu’un homme pouvait faire. Elle était militaire, agent gouvernemental, elle savait aussi bien se battre que n’importe quel individu de sexe masculin. Et si ce n’était pas assez pour lui ? Elle ne voulait pas le savoir, en fait. Elle avait peur de la réponse. Elle avait tant cherché à plaire à son paternel durant toute sa vie, elle avait fait son possible pour qu’il soit fier d’elle.

Qu’en sera-t-il, lorsqu’il rencontrera les jumeaux ? Arrivera-t-il à se montrer plus doux, plus affectueux, comme devrait l’être un véritable père ? Elle ne croyait pas qu’il pourrait y arriver. Il avait toujours été distant avec les autres, cela n’allait certainement pas changer. Il n’avait désiré qu’un seul héritier, il n’était pas un grand fanatique des enfants. C’était plutôt par besoin de descendance qu’il en avait eu, elle ne voyait pas d’autres raisons. Maintenant qu’ils étaient trois, elle se demandait ce qui allait advenir de tout ce qui concernait l’héritage. L’argent sera probablement divisé en trois parts, ce qui ne l’étonnait pas, jusqu’à présent. Elle gagnait énormément d’argent avec son travail, qu’elle doive tirer un trait sur quelques milliards alors qu’elle était déjà bien fortunée ne l’embêtait pas tant que cela. Cependant, qu’en sera-t-il pour l’entreprise familiale ? C’est elle qui devait la prendre en charge à la mort de son père. Maintenant qu’il avait un garçon, allait-il décider de changer cela et de le placer à la tête de la compagnie ? Elle craignait bien que ce soit le cas et ça, ça ne lui plaisait pas du tout.

Puisque William avait cessé de parler, c’était à son tour de s’adresser à lui. Il avait son avis sur son père, elle pouvait respecter cela. Cependant, il ne le connaissait pas, lui-même l’affirmait. Il avait raison sur plusieurs points, mais elle se devait tout de même de défendre du mieux qu’elle pouvait celui qui avait fait d’elle ce qu’elle était aujourd’hui. Elle savait bien que si cette conversation n’était pas clos au plus tôt, elle finirait par manquer d’arguments convainquant. Elle disait pratiquement le contraire de ce qu’elle pensait, tentant de défendre son géniteur. Cela ne fonctionnait pas très bien, elle le sentait.


-« Il n’a jamais eu un don pour les relations interpersonnelles. Il reste toujours froid, impassible, c’est dans sa nature. On finit par s’y faire. Écoute, je ne sais pas pourquoi il a tant tardé à révéler l’existence de ses enfants, mais il devait avoir ses raisons, aussi ridicules soient-elles. Maintenant qu’il est en ville, je suppose qu’il va essayer de prendre ses responsabilités. Déjà qu’il ne le fait pas avec ma mère alors qu’ils se menacent toujours de divorcer depuis des années, alors je ne me fais pas trop d’illusions pour ce qu’il va faire vis-à-vis des jumeaux. Tu pourrais lui demander d’affronter une centaine d’homme à mains nues au milieu du désert, il le ferait, la tête haute. Par contre, pour ce qui est de jouer son rôle de père et de mari, il détale à toute vitesse. Il a toujours été comme ça, je ne m’attends pas à ce qu’il change du jour au lendemain. C’est regrettable, mais les choses sont ainsi faites. On ne peut pas changer le monde en un claquement de doigt. »

Impossible de tout changer à notre guise. Le monde était fait pour qu’il y ait injustices et drames. Cela faisait partie de la nature humaine que de faire souffrir les autres, autant que de les rendre heureux. Peu importe ce qu’ils pourront dire, ils ne changeront pas les choses si facilement. Impossible de faire soudainement de Sergeï un père aimant en attentionné. Déjà, il avait réussis à prendre un minimum ses responsabilités et lui avouer qu’il avait des enfants illégitimes. Est-ce que cela pouvait durer ? Elle avait compris qu’Anieta avait tout fait pour qu’il fasse enfin face à sa progéniture. Elle devait avoir un sacré caractère pour avoir réussis à le pousser à faire quelque chose du genre. C’était une dame géniale. Elle pensait avant tout au bonheur de ses enfants.

Malheureusement, si elle semblait avoir des petits-enfants géniaux, ce n’était pas le cas de sa fille. Elle lui avait visiblement mené la vie dure. S’il y avait une chose qu’Eleonnora savait bien, c’était qu’il était impossible d’aider quelqu’un qui refusait les mains tendues. Même si c’était douloureux, il fallait finir par laisser tomber, il n’y avait plus rien à faire. Et puis, elle avait toujours ses petits-enfants, à qui elle semblait terriblement attachée. Elle pouvait s’occuper d’eux en sachant que ce ne sera pas vain. Elle avait élevé les jumeaux avec tout son cœur, elle avait fait de son mieux pour les protéger. Elle était une bonne mère. Elle avait seulement eu une mauvaise fille. William mit les choses au clair sur ce qu’il avait dit sur le sujet, expliquant à la vieille femme que rien n’était de sa faute, qu’elle avait tout fait pour la sauver. C’était regrettable, mais elle n’avait pas réussis. Elle n’y pouvait rien.

Lorsque le sujet dériva et que la vieille femme parla à son petit-fils, Eleonnora préféra s’attarder sur les nombreuses photos de famille ornant les murs de la grande pièce. Après avoir esquissé un sourire face à l’une des images représentant Erïka et William déguisés en bergère et mouton, elle laissa son regard dériver sur une seconde image. Erïka était assise devant une table, un chapeau de fête posé sur la tête. Il en était de même pour Will, se trouvant à sa gauche, et pour une jeune femme installée à sa droite. Elle avait une magnifique chevelure noire, tombant gracieusement le long de son corps. Elle était très jolie. Devant eux, sur la table, était posé un gâteau. Il était… quoi ? Un gâteau en forme de moufette ? Mais quelle idée saugrenue. Pourtant, cela semblait ravir les trois individus sur la photographie, qui offrait un magnifique sourire à la caméra. Sur l’animal, était inscrite quelque chose qu’elle n’arrivait pas à lire depuis son fauteuil. Cependant, elle semblait distinguer deux chiffres. Dix-huit. Erïka venait d’avoir dix-huit ans au moment où ce moment avait été immortalisé. Elle était encore jeune, elle semblait vivre une belle vie. On ne pourrait croire qu’elle a vécu des horreurs dans son enfance en regardant simplement ces photographies. Pourtant, c’était bel et bien le cas. Les apparences étaient parfois trompeuses.

Anieta le prouvait, en racontant à William ce qu’elle avait pensé de lui lors de leur première rencontre. Elle n’avait pas été certaine de pouvoir lui faire confiance, au début. Elle avait eu peur pour sa petite-fille, ce qui était une réaction normale. Cependant, contrairement à Angela, sa fille semblait ne faire confiance à personne et mettait bien du temps à daigner se rapprocher des autres. Dans de telles conditions, c’était bien normal qu’Anieta ait fini par baisser ses gardes afin d’apprendre à connaitre l’homme. Au final, il était devenu comme un membre de la famille. Cependant, avant de connaitre cette famille, il n’avait pas la meilleure des vies.
Prêtant l’oreille, Eleonnora découvrit bien rapidement que William était un jeune homme des rues. À le regarder, elle n’avait aucun mal à croire cela. Par contre, il ne portait pas ces vêtements sales et crasseux qu’arboraient habituellement les nécessiteux. Il avait l’air de s’en être sorti. Ce n’était pas plus mal. Il l’avait vécu à la dure, mais il n’était pas de ceux qui restaient dans les rues à quêter auprès des mieux nantis. Il s’était battu pour sortir de ce milieu, c’était certain. Malgré tout, cela avait laissé des traces, des cicatrices qu’il ne pouvait oublier si facilement. L’important était qu’il soit en vie.


-« L’important est que tu as cessé tout cela, maintenant. Tu es un bon garçon, William. Tu n’as sûrement pas fait tout cela pour le plaisir, sans quoi tu ne serais probablement pas ici aujourd’hui. Tout cela est derrière toi, maintenant. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu pourras toujours compter sur ta famille.»

-« Elle a raison. Il faut ce qu’il faut afin de survivre. Ce genre de milieu n’est pas aisé, la vie y est difficile. Tu as eu la force de t’en sortir, ce qui est assez remarquable. Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à mettre les efforts pour avoir une meilleure vie. »

Si William avait vécu si longtemps dans la rue, il devait bien connaitre les différents milieux, les différents gangs qui faisaient leur loi dans certains quartiers. Il pourrait devenir une excellente source d’informations, au besoin. Dans le cadre de ses missions, Eleonnora devait parfois travailler dans la rue, côtoyer des gangs. Elle connaissait assez bien certains quartiers de la ville et de ses alentours. Bien qu’elle s’infiltrait sans problème dans divers milieux, elle ne pouvait savoir comment les choses se déroulaient en tout temps dans ce genre d’endroit. Elle pourra toujours utiliser William, dans le futur, afin qu’il lui serve d’informateur, au besoin. Elle songera à prendre ses coordonnées, un peu plus tard. Elle n’allait certainement pas cracher sur cette petite mine d’or.

Pour l’instant, ce n’était pas le moment de penser à tout cela. Elle désirait obtenir des informations, certes, mais cette fois-ci cela n’avait aucun rapport avec son travail actuel. Elle souhaitait connaitre davantage les jumeaux du point de vue de William. Anieta lui avait parlé un peu d’eux, mais elle désirait avoir un second avis. Puisque le rouquin semblait très proche d’eux, c’était une bonne idée. Elle s’attendait encore à ce que leur éloge soit fait. Après tout, lorsque l’on décrivait une personne que l’on appréciait, il était bien rare que l’on énumérait ses défauts. Eh bien, ce n’était pas le cas de William. Il ne se gênait pas pour parler de son frère et sa sœur dans leur ensemble, mentionnant leurs qualités comme leur défaut. Cela donnait à Eleonnora une très bonne idée de qui ils étaient. Ainsi, ce sera probablement plus simple de les côtoyer lorsqu’elle devra les rencontrer.

Elle avait retenu d’Erïka qu’elle était une jeune fille impulsive, au sale caractère, qui ne se laissait pas marcher sur les pieds lorsque quelque chose ne lui plaisait pas. Elle était franche et semblait avoir ses convictions bien à elle, qu’elle défendait férocement. Malgré tout, il affirmait qu’elle savait se montrer douce, pleine d’énergie, toujours prête à jouer des tours et s’amuser comme une gamine. On pouvait pratiquement dire qu’elle avait deux personnalités, deux facettes bien distinctes. Elle devra probablement s’attendre à tomber sur une adolescente aussi froide que son père. Cela ne devra pas poser tant de problème. Le seul risque avec elle était que leurs caractères respectifs s’entrechoquent. Eleonnora était une tête forte, elle aimait tout sentir sous son contrôle et ne se laissait pas écraser bien facilement par les autres. S’il y avait divergence d’opinion, aucun doute que cela allait éclater.
Pour ce qui est d’Alexïs, les choses étaient bien différentes. Il était tout le contraire de sa sœur. Doux, généreux, soumis. Ce n’est pas de lui qu’elle devait avoir peur. Elle avait cru qu’il pourrait lui voler sa place à la tête de l’entreprise familiale, mais ce n’était pas le cas. S’il était aussi effacé que William le disait, il ne pourra jamais être en mesure de diriger une grande compagnie comme celle des Davidoff. Ainsi, elle conservait sa place, ce qui lui plaisait. Puisqu’il semblait si gentil, peut-être qu’elle pourra s’entendre davantage avec lui. Sa petite amie était de nature effacée, timide, mais elle cachait une merveilleuse personnalité. Il était peut-être comme cela, qui sait ?

William lui demanda quand est-ce qu’elle comptait faire la rencontre des jumeaux. C’était une bonne question. Elle-même ne le savait pas. Ses horaires de travail étaient irréguliers et elle avait cru comprendre que les jumeaux avaient une vie bien chargée. De plus, elle ne comptait pas se présenter à eux dans les jours à venir alors qu’ils ne connaissaient pas leur existence. À quoi rimerait tout cela ? Elle devait attendre. Déjà, lorsqu’ils connaitront la vérité et auront avalé la nouvelle, ce sera plus facile.


-« Je n’en sais rien. Je vais attendre que mon père ait fait leur rencontre, avant tout. Par la suite, s’ils désirent me rencontrer, nous pourrons fixer un rendez-vous. J’ai cru comprendre qu’ils étaient très occupés. Mon père m’a dit que l’un étudiait la médecine à l’université et l’autre les langues dans un institut pour surdoués. Avec un tel emploie du temps, ce ne sera pas simple. »

Elle quitta son siège, tasse en main, afin de se diriger à la cuisine. Elle se servit une demi-tasse de café et y ajouta un peu de sucre. Puis, elle revint vers le salon, calmement, avant de reprendre place dans son fauteuil. Elle observa Anieta, puis William. La vieille femme semblait bien plus détendue, à présent. Elle souriait. Maintenant que les sujets fâcheux étaient clos, cela semblaient aller pour le mieux. Elle restait silencieuse afin de laisser les deux jeunes gens discuter et apprendre à se connaitre. SI elle en savait davantage au sujet des jumeaux, ce n’était pas le cas de leur frère. Certes, elle avait appris qu’il avait fait la rue et y était resté longtemps, mais que faisait-il depuis que tout cela était derrière lui ?

-« Ils semblent avoir un bel avenir devant eux. Mais toi, dans tout cela ? Tu as passé de nombreuses années dans la rue, mais puisque tu sembles t’en être bien sorti, tu dois avoir des objectifs, des projets futurs, non ? Tu dois bien gagner ta vie d’une quelconque façon, non ? »

Elle n’avait pas peur qu’il lui pose une question semblable, en retour. Elle était habituée de mentir. Elle savait quoi répondre et comment détourner le sujet, par la suite. Si avec Evelynn ça avait été facile de mentir, ce ne le sera pas autant avec des membres de la famille Davidoff. Elle faisait croire qu’elle travaillait pour la branche américaine de la compagnie familiale, mais tout cela était monté de toute pièce. Elle devait faire de son mieux afin de dissimuler la véritable nature de son travail d’agent. Même envers sa famille elle ne pouvait être elle-même et ce sera probablement toujours ainsi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mar 22 Jan 2013 - 23:30

C'était facile pour Will de juger d'une situation qui ne le concernait pas. Un oeil extérieur était souvent plus avisé que quelqu'un qui avait les pieds en plein dedans. Prendre du recul n'était pas toujours facile et accepter certaines vérités l'était encore moins. Cela ne faisait pas si longtemps que ça que le rouquin appartenait à cette famille, d'une manière officieuse bien évidemment. Il supposait sans aucun doute que l'adopter réellement ne serait pas forcément bien difficile mais son statut actuel lui suffisait. Il se moquait qu'aux yeux des autres il n'appartienne pas vraiment à la famille Davidoff du moment que ses membres l'acceptaient. A vrai dire, il était certain que s'il avait demandé à emprunter leur nom lorsqu'il devait refaire faire sa carte d'identité, ils auraient accepté sans mal. Cependant, il pouvait bien faire tout ce qu'il voulait, il ne serait jamais lié à eux par le sang. Ni même par l'apparence. Il n'y avait qu'à les regarder, ils se ressemblaient tous plus ou moins. Tous sauf Will. Rien que sa couleur de cheveux jurait avec le reste de la famille. Il n'était pas bien difficile de savoir qu'il n'avait aucun lien avec eux. Et pourtant, à ses yeux, les liens du coeur étaient bien plus puissants que ceux du sang.

Mais qu'en était-il d'une personne de la même famille qu'il n'avait jamais encore rencontré ? Il ne pouvait que se l'imaginer, essayer de deviner quel type de personne il était. Ce n'était justement pas n'importe qui puisqu'il s'agissait du père des jumeaux et d'Eleonnora. Ce fameux père qu'Erïka cherchait depuis plusieurs années et avec qui elle souhaitait de tout coeur créer des liens pour compenser ceux perdus avec sa mère. Mais il y aurait un véritable drame si jamais le père ne se montrait pas à la hauteur. Une nouvelle déception fanerait sans aucun doute la joie de vivre fraichement retrouvée de la jeune russe et Will ne voulait pas que cela arrive. Elle était enfin passée outre ses traumatismes du passé et s'ouvrait à présent aux autres. Le gâcher aurait été un sacrilège. Mais malgré ses bonnes intentions, le rouquin ne pouvait empêcher certains événements de se produire. Au fond, il était heureux d'apprendre que le père des jumeaux était là, toujours en vie, qu'il savait qu'ils existaient et qui hésitait à les approcher. D'un certain côté, le fait qu'il hésite prouver également qu'il n'était pas un fou furieux psychopathe comme leur mère, désirant à tout prix leur mettre la main dessus pour un quelconque projet. Montrer une certaine crainte envers eux était ainsi une forme de respect et aussi de crainte de ne pas être à la hauteur. C'était une bonne chose.

Will avait donc dit ce qu'il pensait de la situation, pointant cependant du doigt l'attitude évasif et fuyante du paternel. C'était comme s'il ne voulait pas assumer ses responsabilités, réalisant son erreur que trop tard. Ces enfants étaient-ils de trop pour lui ? Il en avait déjà eut un par le passé, comme en témoignait la présence d'Eleonnora mais il n'avait sans doute pas prévu d'en avoir d'autre. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même mais ce n'était pas une raison pour faire comme s'ils n'existaient pas. A simplement regarder Eleonnora, on ne pouvait pas penser qu'elle ait subit de mauvais traitements de la part de son père. Mais les apparences étaient parfois trompeuses. Comme elle le soulignait, il avait été souvent absent de toute façon. Will espérait que maintenant qu'il s'était décidé à apparaitre, il n'allait pas s'absenter à nouveau et ne faire ainsi qu'une brève apparition pleine d'espoirs et de déceptions.

Encore une fois, la jeune femme défendait son père. En tout cas plus ou moins. Il était vrai que le rouquin était peut-être un peu dur, n'étant pas non plus à sa place. Mais pour lui qui avait été mis de côté par son père puis abandonné, il n'arrivait pas à lui trouver des excuses valables. Un parent devait s'occuper de son enfant, point à la ligne. Malgré tout, le discours d'Eleonnora n'était pas non plus là pour en faire les éloges. Elle lui reprochait visiblement son attitude, cela se sentait à son ton et à sa façon de voir les choses. Elle était sans aucun doute la mieux placée pour savoir qui il était. Will comprenait le point de vue de la russe et le respectait. A vrai dire, il envisageait désormais les choses autrement.


"Changer l'monde, non, c'est certain. Mais l'changer lui, j'pense que y a carrément moyen ! Sûr qu'ça va pas être le jour et la nuit, il est comme il est, mais s'il est si distant c'est juste parce qu'il sait pas s'y prendre. L'est jamais trop tard pour apprendre. Bon pour toi, ça m'parait un peu tard mais pour les jumeaux, ça m'parait encore jouable. Puis bien entouré, il s'laissera sans doute plus facilement prendre au jeu. Anieta est un bon modèle à suivre et vu l'homme qu'ça a l'air d'être, je doute qu'il soit idiot. Assumer, c'est une chose, mais accepter, c'en est une autre. C'est à lui d'jouer maint'nant. Mais quoiqu'il fasse lui, il est pas question que d'lui. Y a toi aussi à présent et c'est pas rien." fit-il remarquer avec un sourire

C'était une vision idéaliste qu'avait là Will et il le savait, mais il voulait y croire. A ses yeux, peu importait la fortune, le mariage et tout ce qui allait avec. L'être humain vivait pour se reproduire à la base, c'était une chose. Mais cela allait de paire avec l'éducation que l'on donnait à ses enfants. A quoi pouvait bien prétendre ce père inexistant pendant de si longues années ? Le retard était impossible à rattraper mais tout n'était pas perdu pour autant. Pour preuve, Anieta avait réussi à élever les jumeaux de son mieux pour qu'ils ne virent pas mal comme leur mère. Si cela avait été inefficace pour elle, ses enfants eux étaient devenus des gens biens. D'ailleurs, la discussion à propos d'Angela tourna plutôt court. Eleonnora avait eu raison de poser la question et au moins elle savait à quoi s'en tenir à présent. Mais il ne servait à rien de stigmatiser la mère plus que nécessaire. Ce qu'elle avait fait était mal, c'était une mauvaise personne mais ce n'était pas en en parlant qu'ils allaient changer les choses. Cela faisait plus de mal à Anieta qu'autre chose et Will ne voulait pas voir cette adorable vieille dame souffrir. Elle avait déjà tant supporté et apporté que lui demander un effort supplémentaire aurait vraiment été ignoble. Le rouquin avait parlé sans détour, mais il voulait qu'Eleonnora puisse être en mesure de mieux comprendre ceux qui étaient son frère et sa soeur et surtout ce qu'ils avaient pu vivre. Il n'était pas entré dans les détails mais supposait que cela suffirait à ce qu'elle se fasse une idée de leur façon de vivre.

Le mieux à faire était de passer à autre chose et c'est ce que tout le monde fit en évoquant à nouveau le père, au détriment de la mère. Au moins, ce dernier ne représentait pas un danger pour les jumeaux. Le pire qu'il pouvait se produire à l'heure actuelle était qu'ils n'arrivent pas à s'entendre et à s'apprécier. Mais c'était bien peu de choses par rapport à ce qu'avait fait leur mère. Des membres d'une même famille pouvaient ne pas s'aimer, c'était possible. Encore une fois, le sang ne faisait pas tout. Mais au moins, le géniteur était présent bien qu'encore dissimulé aux yeux de ses enfants. Il était cependant présent à New York, c'était le moment ou jamais de faire en sorte qu'ils se rencontrent.

Même si Eleonnora n'avait pas encore vu les jumeaux, elle pouvait en avoir un bon aperçu en observant les diverses photographies qui décoraient l'appartement. A force de les voir, Will n'y faisait même plus attention. Il avait ses souvenirs pour se rappeler de tous ces bons moments passés ensemble. Anieta évoqua d'ailleurs son arrivée dans la famille et ne manqua pas de le complimenter, chose rare aux yeux du rouquin. Il préférait rester réaliste sur la personne qu'il était. Il était loin d'être blanc comme neige, il avait même du sang sur les mains. Mais il préférait garder ça pour lui. Erïka l'acceptait même après les horreurs qu'il avait commise. Cette simple preuve d'affection était tout pour lui. Mais il ne voulait pas mettre à l'épreuve celle qu'Anieta lui accordait en révélant ces détails sordides. Elle le qualifiait de bon garçon et il espérait qu'elle ne se trompe pas. Il faisait ce qu'il pouvait pour prendre soin de ses proches et pour garder la tête haute. Jamais il n'avait baissé les bras et même s'il avait récemment eut une période de doute, il était à présent certain de ses choix. Ce que disait la vieille femme le touchait plus qu'elle ne le pensait sans doute. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'Eleonnora prenne part à cette discussion. Elle lui faisait également à son tour un compliment bien qu'il s'agissait plutôt d'une constatation.


"Si on attend qu'les autres fassent les choses à not' place, on peut attendre longtemps et on peut s'en prendre qu'à soi-même. Faut jamais baisser les bras parce qu'si on abandonne, on a plus rien. On n'vaut plus rien. En tout cas, c'est comme ça que j'vois les choses et c'est sans doute grâce à ça qu'les choses ont changées. Grâce à celle qui m'a jamais quitté aussi." avoua t-il avec un tendre sourire "J'pense que j'lui dois beaucoup. Il est facile d'céder à la tentation, de tomber bien bas juste pour survivre. Mais maintenant j'ai plus à m'en faire et j'compte bien faire tout c'que j'peux pour aider à mon tour mes proches. Ma famille est là pour moi tout comme j'suis là pour elle. J'veux pas voir ce bonheur disparaitre."

Will ne regrettait pas sa vie future. Il était passé par certaines épreuves que même Amy ignorait et il préférait que cela reste ainsi pour le moment. Malgré tout, il avait tenu bon et il voulait inculquer cette façon de voir les choses à ceux qu'il aimait, pour que jamais ils ne sombrent trop loin, à un stade où on ne pouvait plus rien faire pour eux. Il venait tout juste de rencontrer Eleonnora mais il était prêt à l'aider, quelle que soit sa demande si elle faisait un pas vers lui. Il n'était pas bien difficile et s'attachait facilement aux autres. Leur vie était bien ainsi alors pourquoi vouloir chercher à la compliquer en se créant des problèmes ? Parce que si un proche avait besoin d'aide, le rouquin ferait n'importe quoi pour l'aider, même le pire. Mais pour le moment, on ne pouvait pas qualifier Eleonnora de "proche". Il n'était même pas certain qu'un jour, elle le considérerait comme un frère. Il était inutile d'aller trop vite en besogne de toute façon, ce genre de chose prenait du temps. A l'origine, seule Erïka l'avait vu ainsi après tout.

En parlant de famille, Eleonnora tenait à avoir un aperçu autre que physique des jumeaux, demandant au rouquin son avis sur leur façon d'être. Il fut direct et franc vis à vis d'eux, ne cachant pas ce qu'il en pensait. Même s'il listait également leur défaut, cela ne voulait pas dire qu'il ne les aimait pas, bien au contraire. Avoir conscience des défauts de l'autre était une preuve de respect et prouvait qu'ils se connaissaient bien. Will voulait qu'Eleonnora n'ait pas de fausses données sur eux, qu'elle sache à quoi s'attendre lorsqu'elle les rencontrerait enfin. Il était inutile de dresser un portrait d'eux trop lisse, trop enjolivé, sinon elle risquait de tomber de haut. Ils étaient très bien comme ils étaient, c'était à présent à elle de les accepter. Mais elle, comment était-elle d'ailleurs ? Elle paraissait posée, sûr d'elle, forte. Mais ce n'était qu'une impression pour le moment. Les apparences étaient définitivement bien trompeuses. Tout comme Erïka paraissait froide et agressive... elle révélait au final être douce et adorable. Chacun avait son petit jardin secret visiblement.

Néanmoins, Will était curieux de savoir ce qu'allait donner la rencontre entre la jeune femme et les jumeaux. S'il était certain qu'Alexïs l'accueillerait à bras ouverts, il doutait plus de la réaction d'Erïka. Elle était parfois si imprévisible qu'il préférait ne pas trop se prononcer. Eleonnora avoua cependant qu'elle ne comptait pas les voir avant que son père ne le fasse. Elle avait ses raisons et Will les respectait. Si Eleonnora apparaissait avant son père, nulle doute que les jumeaux allaient se poser des questions et cela risquait de tout foutre en l'air. En ce qui concernait les disponibilités, le rouquin ne voyait pas tellement en quoi c'était un problème. Il suffisait de s'arranger !


"C'pas plus mal, ouais. Ca évitera qu'ils s'affolent en voulant voir leur père tout d'suite. Mais bon, c'pas tous les jours qu'on a l'occaz' d'rencontrer une soeur dont on ignorait l'existence alors j'imagine sans peine qu'ils voudront t'voir ! C'est vrai qu'ils sont pas mal occupés mais y a toujours moyen de s'arranger. Comme j'vis au même institut qu'Erïka, j'pourrais aider à la rendre plus disponible. Dieu qu'ça va être dur d'tenir ma langue à propos d'tout ça..." fit-il en lâchant un léger soupir "Mais promis Anieta, je n'dirais rien d'tout ça aux jumeaux." ajouta t-il en tournant la tête vers la vieille femme

Il n'avait pas réalisé qu'annoncer ainsi qu'il était dans un institut pour surdoués risquait d'étonner la russe. Il fallait dire qu'il n'avait pas tellement la tête de l'emploi avec son look particulier et sa façon de parler complétement chaotique. Sur le coup, il n'avait pas réfléchit, ne pouvant de toute façon dire qu'il s'agissait d'un institut pour mutant. Eleonnora était-elle au courant pour eux ? En était-elle une, elle-même ? Impossible à dire et Will ne voulait pas courir le risque, préférant passer à autre chose et promettre à Anieta qu'il serait une tombe.
Il savait déjà qu'il allait le regretter. Il ne voulait pas mentir à Erïka ou lui cacher quoique ce soit mais avait-il le choix ? Ne voulant pas décevoir la vieille femme et n'ayant qu'une parole, il était bien forcé de faire comme s'il ne savait rien. Mais Erïka finirait bien par savoir qu'il était au courant de tout. Sans doute allait-elle lui vouloir, mais c'était pour son bien. Parfois, il fallait faire des sacrifices. Et des sacrifices, Dieu sait que Will en avait déjà fait un paquet. Eleonnora le questionna d'ailleurs à propos de sa vie actuelle puisqu'elle avait eu connaissance de celle passée. Elle s'était levée pour aller remplir sa tasse et Will en profita pour terminer la sienne, la tenant d'une main.

"Yep. A vrai dire, j'cherchais un boulot depuis longtemps, n'importe quoi qui puisse m'fournir un minimum d'argent mais avec ma tronche, personne voulait m'embaucher. Faut dire que j'suis même pas diplômé, ça aide pas. Mais à présent j'ai trouvé un job, je sais pas si tu connais, enfin j'suppose que si, j'bosse à la Frost Company. A vrai dire, c'est Emma qui m'a tiré d'la rue, c'est à elle que j'dois mon statut actuel. Du coup, j'travaille pour elle et comme j'ai ni loyer ni nourriture à payer, j'économise un max pour... divers projets." expliqua t-il sans toutefois trop entrer dans les détails, ne souhaitant pas annoncer son envie de mariage tout de suite "J'veux apporter à ma p'tite amie tout ce dont elle a b'soin et dont elle a trop longtemps été privée. Puis j'compte pas m'reposer sur les autres trop longtemps non plus. C'est génial c'qui nous est arrivé mais j'compte bien avoir un appart' rien qu'à nous un jour. Mais tout ça, ça coûte cher alors j'me contente d'économiser tant que j'le peux. Et toi ? T'bosses dans quoi ? Ca fait combien d'temps que t'es en Amérique ?"

Vu sa façon de parler, cela faisait de longues années, sans aucun doute mais Will se demandait combien exactement. Et puis, il avait envie d'en apprendre un peu plus sur cette inconnue qu'il risquait fort de voir de temps en temps. Pour le moment, on ne pouvait pas dire qu'ils s'entendaient mal.
Sa tasse étant terminée, Will étira le bras pour la reposer sur la table avant de reprendre sa position initiale. Il n'avait pas vu qu'il l'avait déposée de travers et qu'elle risquait de tomber. Ce qu'elle ne tarda pas à faire. Puisqu'il était un peu penché, il n'eut qu'à tendre rapidement la main pour que l'objet ne se fracasse pas au sol. Malheureusement, il avait tendu la main gauche, celle qui était jusque là dissimulée puisque la tasse avait faillit tomber de ce côté-ci. A présent, on pouvait voir les blessures de sa main, en partie couverte de sang et dont la peau était lacérée. Le simple fait de l'avoir bouger lui faisait mal et il espérait qu'il ne s'était rien cassé. Mais désormais, il ne pouvait plus nier être blessé. Se sentant un peu bête et après avoir reposé la tasse, il se racla la gorge
.

"Hmm... T'aurais pas un pansement, s'te plait, Anieta ?"

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mer 23 Jan 2013 - 8:27

Eleonnora pouvait-elle réellement faire partie de cette famille ? Elle venait d’un milieu totalement différent du leur, elle avait vécu une enfance bien différente, elle ne les connaissait pas du tout, pas plus qu’eux la connaissait. Ils étaient tous des inconnus. Avec le temps, peut-être arriveront-ils à l’accepter, surtout les jumeaux. Découvrir comme ça qu’ils avaient une sœur ce n’était pas rien comme nouvelle. Et s’ils ne s’entendaient pas ? Déjà, s’ils arrivaient à créer un lien, ne serait-ce que minuscule avec leur père, ce serait un pas de fait dans la bonne direction. Après tout, Sergeï n’était pas le genre de personne très chaleureuse que l’on désirait avoir pour paternel. Il pouvait peut-être changer, mais Eleonnora ne voyait pas comment. Elle ne pouvait pas l’imaginer soudainement soucieux de ses enfants. La seule fois où elle se souvint l’avoir réellement vu inquiet pour elle fut à son retour de la guerre. Elle était dans un sale état, elle n’avait pratiquement rien avalé depuis des jours et n’avait que très peu dormi. Elle avait cru rêvé lorsqu’il l’avait serrée avec force dans ses bras. Elle ne pouvait croire qu’il pose un tel geste envers elle, et pourtant, c’était la réalité. S’il pouvait faire des efforts afin de se montrer bien plus près de ses enfants, ce serait une véritable chance. Les jumeaux étaient encore jeune, contrairement à elle qui vivait maintenant sa vie de femme. Il avait encore le temps de leur enseigner les choses de la vie, de leur permettre de vivre leur adolescence à ses côtés. Prendra-t-il cette chance ou gâchera-t-il le tout ?

Elle aussi, elle devait faire des efforts. Elle devait faire en sorte de rencontrer les jumeaux, premièrement. Après, elle avisera. Après tout, elle ne les connaissait pas. Qui sait si elle allait véritablement s’entendre avec eux ? Elle ne pouvait rien prévoir à l’avance. Tout ce qu’elle savait d’eux était leur occupation principale dans la vie ainsi que leur apparence physique. Ils lui ressemblaient terriblement, surtout Erïka. Contrairement à elle, sa chevelure était plutôt plate, un peu plus pâle que la sienne. Eleonnora, elle, arborait de longues mèches ondulées dont elle prenait le plus grand soin. Leurs traits n’étaient pas tout à fait identiques, comparativement à son frère jumeau qui aurait facilement pu se faire passer pour elle. La jeune fille ne semblait pas aussi grande qu’un mannequin. Pourtant, Sergeï était un homme plutôt grand. Ils devaient tenir leur taille de leur mère. Malgré tout, elle avait un certain charme, quelque chose d’unique aux Davidoff. Elle était très jolie, ce n’était pas étonnant qu’elle se soit fait un petit ami, bien que la couleur de cheveux de ce dernier était tout à fait discutable. Après tout, tout le monde savait que le bleu décolorait rapidement en un vert algue tout ce qu’il y a de plus repoussant. Il devait avoir un excellent coiffeur.

Quoi qu’il en soit, la jeune femme pourra juger du physique des jumeaux lorsqu’elle les rencontrera. Ce moment pourrait bien arriver plus rapidement que prévu. Jusqu’à présent, elle avait une plutôt bonne impression de cette famille, mis à part la fille d’Anieta. Même William, qui n’avait pourtant pas l’apparence la plus avantageuse de ce monde. Il semblait très attaché à cette famille malgré le fait qu’il n’en fasse pas partie par le sang. Parfois, il y avait des liens qui se créaient entre certaines personnes, sans qu’on puisse expliquer le pourquoi du comment. Ils se portaient beaucoup d’affection, s’aimaient comme une véritable famille que rien ne pourrait dissoudre. Ce n’était pas un peu ce qu’elle vivait avec Evelynn, en fait ? Elles avaient toujours été très proches, pratiquement comme des sœurs, même si Eleonnora ne l’avait jamais considérée comme telle. Elle l’aimait d’un amour sincère. Elle était tout pour elle.

Malgré le fait que William ait passé des années dans la rue, il était tout de même accepté de la famille. Il ne l’avait visiblement pas eu facile, son œil en était le témoignage. Finalement, tout s’était arrangé pour lui. Il avait eu la chance de s’en sortir, des personnes au bon cœur ayant décidé de lui donner un petit coup de pouce pour l’aider. Ce n’était pas donné à tout le monde d’avoir une telle chance dans la vie. Il en profitait. Il avait d’ailleurs sa vision des choses à ce propos. Il savait qu’il avait eu de la chance et en profitait grandement, savourant ce plaisir que de pouvoir enfin faire quelque chose de sa vie. Il avait maintenant une famille dont il prenait soin.

Cette famille, Eleonnora désirait la connaitre davantage. Elle était curieuse de savoir qui étaient les jumeaux. C’est pourquoi elle demanda à nul autre que leur frère de lui parler d’eux. Il était bien placé pour répondre à ses questions. Franc, l’homme énuméra qualités comme défauts, dévoilant ainsi un portait plutôt fidèle des deux personnes. Satisfaite, la jeune femme s’imagina déjà sa rencontre avec eux. Ce ne sera pas les retrouvailles du siècle, l’ambiance risquait d’être légèrement tendue, mais elle comptait s’occuper de cela au besoin. Déjà, s’ils acceptaient la présence de leur père dans leur vie, cela facilitera les choses.

Eleonnora évoqua quelques inconvénients qui risquaient de nuire à une possible rencontre entre elle et les jumeaux. Leurs horaires n’étaient certainement pas les mêmes. Comment tout arranger pour qu’ils puissent chacun être disponible ? De son côté, Eleonnora ne pouvait rien prévoir à long terme, son travail l’accaparant la majorité du temps à des moments plus ou moins opportuns. Elle savait qu’elle ferait mauvaise impression si elle devait soudainement annuler leur rencontre car elle était envoyée en mission, mais n’y pouvait rien. Bien évidemment, William ne pouvait comprendre cela. Il ne savait pas ce qu’elle faisait réellement de sa vie. Il tentait de voir le bon côté des choses, de proposer une solution. Il affirmait que, vivant au même institut qu’Erïka, il pouvait facilement faire en sorte qu’elle soit beaucoup plus disponible pour la rencontrer.

Pendant quelques secondes, Eleonnora cessa d’écouter le rouquin, qui promettait à Anieta de ne rien dire au sujet de ce qui se déroulait présentement. Il venait bien de dire qu’il allait également dans cet institut ? Cela signifiait qu’il étudiait toujours ? Intriguée, elle se demandait comme un homme de la rue pouvait subitement faire partie d’un tel endroit. Elle n’hésita pas à le questionner.


-« Tu as bien dit que tu fais partie de l’institut Xavier, non ? Je suis curieuse, qu’est-ce que tu y étudie ? »

La jeune femme se leva, puis alla verser du café dans sa tasse avant de revenir au salon. Elle questionna davantage William en lui demandant de parler de lui. Buvant tranquillement son café, elle écoutait l’homme lui raconter quelques détails de sa vie. Ainsi, elle découvrit qu’il avait longtemps cherché du travail, mais qu’il avait eu la chance de tomber sur Emma Frost qui lui obtint un poste dans sa grande compagnie. Observant le rouquin avec de grands yeux, étonnés de cette révélation, elle ne put s’empêcher de prendre la parole.

-« Emma Frost ? Pour un homme de la rue, je te trouve très chanceux. Ce n’est pas n’importe qui, après tout. Je ne pensais pas qu’une dirigeante d’une si grosse compagnie soit si généreuse envers les autres pour leur donner une telle chance dans la vie. Cela contraste grandement avec les hommes d’affaires que j’ai pu rencontrer. »

Disait-il tout cela afin de s’embellir, de se rendre intéressant à ses yeux ? C’était une histoire bien particulière qu’il avait là. Cependant, Anieta ne disait rien, se contentant de les observer, de les écouter. Elle devait connaitre suffisamment son petit-fils pour savoir s’il disait la vérité ou non. S’il mentait, elle l’aurait probablement signalé, non ? Plus cette conversation évoluait, plus elle se posait des questions. Avec un peu de patience, elle obtiendra les réponses qu’elle désirait.

William expliqua qu’il souhaitait offrir à sa petite amie tout ce dont elle avait besoin. Maintenant qu’il n’était plus à la rue et avait un travail, il pouvait enfin en profiter et réaliser les projets qu’il avait en tête depuis si longtemps. Elle comprenait parfaitement cela. Ses paroles lui rappelaient Evelynn. Elle désirait tout donner à celle qu’elle aimait, lui offrir tout ce dont elle rêvait afin de la rendre heureuse. Eleonnora était follement en amour, elle l’aimait depuis si longtemps et souhaitait seulement son bonheur. L’argent n’achète pas l’amour, mais il détermine la qualité de vie des individus de ce monde capitaliste. La jeune femme avait bien de la chance d’être fortunée. Elle pouvait ainsi aider sa petite amie à se consacrer à son art le temps d’être connue. Elle n’avait plus à se prendre la tête avec ses problèmes de loyer et d’épicerie. Elle pouvait s’occuper de tout cela à sa place. Depuis qu’elles vivaient ensemble, leur vie était tout simplement merveilleuse. Impossible de rêver mieux.

Bien entendu, William lui retourna la question. Il lui demandait ce qu’elle faisait dans la vie. C’était le genre de question que l’on posait inévitablement lorsque l’on faisait une nouvelle rencontre. Puisqu’elle s’était attendue à cela, elle s’y était préparée, bien qu’elle aurait pensé que ce soit Anieta qui aborde le sujet. Peu importe, sa réponse restait la même. C’était du préfabriqué, mais avec son talent naturel pour s’adresser aux autres, la jeune femme s’exprimait avec naturel, comme si on venait tout simplement de lui demander l’heure. Il la questionnait également au sujet de son arrivée en Amérique. Bien évidemment, s’il savait que les jumeaux étaient d’origine Russe, il avait rapidement déterminé que c’était également son cas. Ce n’était pas un détail qu’elle comptait cacher de toute façon.


-« Je travaille actuellement comme porte-parole dans une compagnie située à New-York. Ça fait maintenant quatre ans que je réside à Manhattan. Avant cela, j’habitais le manoir familial en Russie. J’ai beaucoup voyagé durant mon enfance, mais jamais je n’avais résidé aussi longtemps dans un autre pays. »

Elle en avait dit suffisamment pour l’instant. S’il désirait en savoir plus sur elle, elle répondra de nouveau à ses questions. Elle avait toujours fait attention à ne pas trop en révéler lorsque cela n’était pas nécessaire. Savait-il que la famille Davidoff était terriblement riche ? S’il travaillait à la Frost Compagny, il devait avoir quelques connaissances concernant le monde des affaires, non ? Après tout, il s’agissait de l’une des plus prestigieuses compagnies en matière d’armement. Si le rouquin savait quelque chose, il allait peut-être lui en toucher un mot. À moins que cela ne lui importe pas tellement, au final. Vu sa façon de penser, elle ne serait pas tant étonnée.

Elle avait terminé sa tasse de café plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru. N’ayant pas envie de se lever de nouveau afin de faire d’autre café, elle posa tout simplement sa tasse sur la table. William l’avait imitée. Cependant, la tasse bascula, à peine l’avait-il posée sur le meuble, et il tendit la main afin de l’attraper. C’est à ce moment qu’elle peut découvrir, au même moment qu’Anieta, la blessure ornant ses jointures. Que s’était-il passé ? Elle aimerait bien le savoir, tout comme la vieille dame qui se leva afin de s’approcher de son petit-fils. Elle prit doucement sa main et l’observa pendant quelques secondes, visiblement inquiète. Et c’était maintenant qu’il lui demandait un pansement ? Si elle avait pu voir cela bien avant, elle lui aurait immédiatement prodigué les soins nécessaires.


-« Que s’est-il passé, William ? Pourquoi ne pas m’avoir dit que tu étais blessé ? Attend, je vais aller chercher ce qu’il faut pour te soigner. »

Aussitôt, Anieta s’éclipsa dans le couloir, allant probablement rejoindre la salle de bain. Elle revint assez rapidement avec des bandages et du désinfectant en main. Installant le tout sur la table basse, elle s’agenouilla pour être à la hauteur de la main blessée. Elle désinfecta, tout d’abord les lacérations, puis nettoya le sang qui avait sécher sur sa main. Ensuite, elle lui fit un bandage, camouflant ainsi sa blessure. Elle s’était montrée douce, ayant fait attention à ne pas trop lui faire mal. Lorsque tout cela fut terminé, la vieille femme se redressa. Elle attrapa la tête de William entre ses mains et l’embrassa sur le front.

-« La prochaine fois que tu te blesses, je veux que tu me le dises. Pas question de laisser une blessure comme ça s’infecter et te faire du mal. Tu as suffisamment de cicatrice comme ça. » Le gronda-t-elle.

Elle ramassa ses outils de soin et quitta la pièce, allant tout ranger à la salle de bain. Pendant ce temps, Eleonnora restait seule avec le borgne. Elle en profita pour lui parler, puisqu’ils n’étaient que tous les deux. Et puis, même si Anieta les entendait, cela ne la gênait pas vraiment. Elle ne faisait que satisfaire sa curiosité, il n’y avait rien de mal à cela. Et puis, rien n’obligeait le rouquin à lui répondre s’il n’en avait pas envie. Cela restait son choix.


-« Tu sais te battre ? »

La blessure qu’il arborait à la main semblait démontrer qu’il s’était battu. Si ce n’était pas le cas, il s’était défoulé sur quelque chose. Une chute n’aurait pas provoqué des lacérations du genre. C’était ce genre de petits détails qui la menait à se poser des questions à son sujet. Elle aimait rencontrer de nouveaux combattants, des gens qu’elle pouvait affronter dans un combat singulier à main nue. D’ailleurs, il y a un moment qu’elle n’était pas allée au gym. Il serait bien temps qu’elle s’y remettre si elle désirait rester en bonne condition physique. Dans tous les cas, elle était en meilleure état que ce pauvre William. Quel type de cicatrices la rue avait-elle bien pu lui laisser ? Peut-être plusieurs. Des blessures physiques qui ne faisaient que rappeler à quel point la vie pouvait se montrer cruelle et sans pitié.


Dernière édition par Eleonnora S. Davidoff le Mer 23 Jan 2013 - 18:18, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mer 23 Jan 2013 - 14:13

On pouvait dire que Will était bien tombé. Il aurait très bien pu rendre visite à Anieta un autre jour ou à une autre heure de la journée et n'aurait à ce moment là jamais croisé Eleonnora. La vieille femme lui en aurait-elle parlé malgré tout ? Vu qu'il n'était pas censé être au courant, il en doutait. C'était uniquement par hasard et par chance qu'il faisait désormais parti du secret. Cela ne l'arrangeait pas forcément. Il aurait préféré ne rien savoir afin de ne pas avoir à mentir à sa soeur, sachant pertinemment qu'elle finirait par lui en vouloir de n'avoir rien dit à ce propos. Ce n'était pas juste comme s'il lui cachait une surprise party pour son anniversaire, c'était bien plus important que ça. Il s'agissait tout de même de la famille qu'elle rêvait de rencontrer depuis longtemps. En tout cas, c'était le cas pour son père. Serait-ce également le cas en ce qui concernait Eleonnora ? Elle devait être très loin de se douter qu'elle possédait une demi-sœur... Mais c'était une chance qu'elle saisirait certainement une fois ses émotions passées. Eleonnora avait l'air d'être quelqu'un de bien et il aurait été dommage qu'Erïka ne prenne pas la peine d'essayer de la connaitre. En ce qui concernait Alexïs, Will ne se faisait pas de soucis. Il était ouvert et bien plus sociable qu'elle. Mais il fallait également que la jeune femme qui faisait face au rouquin les accepte elle aussi. Au moins, elle acceptait déjà leur existence. Ce n'était pas pour autant que le courant allait bien passer. N'y aurait-il pas d'histoire de jalousie ?

Will avait justement proposé de faire un peu changer le père des enfants. Bien sûr, ce n'était pas lui qui risquait d'y changer quoi que ce soit, pas plus que les autres. Mais les événements le pouvaient, eux. En acceptant de voir ses enfants, qu'ils soient illégitimes ou non, c'était un grand pas en avant. Il fallait désormais qu'il fasse plus que ça et qu'il s'en occupe un minimum même s'il était l'homme le plus occupé du monde. Faire un pas en avant, c'était bien joli mais si c'était pour en reculer de deux, ce n'était pas la peine. Difficile de prévoir les réactions futures cependant, il y avait trop de données floues. Il savait cependant qu'Erïka serait folle de joie d'enfin voir son père. Mais lorsqu'elle apprendrait qu'il les surveillait depuis un moment sans avoir osé se montrer, elle réagirait sans doute bien différemment...

Comme l'avait souligné Eleonnora, les réactions du père ne seraient pas forcément celles escomptées par tous. Il était un père absent, distant, s'investissant peu pour sa progéniture. Mais aurait-il fait tous ces efforts de recherche pour rien ? Cela démontrait malgré tout qu'il s'intéressait à eux. Will était persuadé qu'avec l'aide d'Anieta, il finirait par s'ouvrir un peu plus. Il le fallait. Eleonnora n'avait pas pu profiter d'un père un minimum attentionné mais les jumeaux le pouvaient encore, eux. Et justement, Will craignait qu'une sorte de jalousie ne s'installe entre les différents enfants. La jeune femme à ses côtés ne verrait-elle pas tout ça d'un mauvais oeil ? Elle avait été l'unique, la seule pendant des années, objet de toutes les attentions, aussi minimes soient-elles. Et à présent, ce ne serait plus jamais le cas. Mais elle était une femme à présent, elle ne s'intéressait sans doute plus à tout ça. C'était en tout cas ce qu'espérait le rouquin.

Puisqu'il connaissait bien les jumeaux, étant passé du stade d'ami à celui de frère à leurs yeux -principalement à ceux d'Erïka-, il pu dresser un portrait d'eux pour qu'Eleonnora sache à quoi s'attendre une fois face à eux. Il ne doutait pas qu'ils accepteraient de la rencontrer mais la jeune femme estimait que leurs emplois du temps ne faciliteraient sans doute pas les choses. Will tenta de la rassurer en ce qui concernait Erïka puisqu'il vivait avec elle. Ainsi, il pourrait plus facilement la motiver au besoin et s'arranger pour qu'elle saute quelques cours. Il n'avait pas réalisé qu'il s'était lui-même vendu en avouant vivre au même Institut pour surdoués. Fatalement, cela étonna Eleonnora... Déjà parce qu'il était un peu vieux pour juste étudier dans un Institut mais aussi parce qu'il n'avait pas tellement l'air d'un surdoué. Le voilà bien coincé... alors qu'il disait simplement la vérité. Il ne pouvait pas lui révéler qu'en fait il s'agissait d'un institut pour les mutants. Il allait donc déguiser la vérité. Un petit mensonge de rien du tout, juste pour préserver leur secret. Eleonnora n'avait pas besoin de savoir ce qu'ils étaient réellement.


"Ouais. En fait, mon rêve a t'jours été d'dev'nir avocat. Mais bon, après mon p'tit séjour forcé dans la rue, j'ai un peu perdu l'fil d'mes études. Alors j'm'y remet douc'ment, j'étudie l'droit quand j'suis pas trop pris par mon boulot. Sûr qu'ça va pas s'faire en deux jours mais j'garde espoir. Puis même si j'y parviens pas, ça peut pas m'faire de mal d'mieux connaitre les textes d'lois !"

Les sujets de conversations tournaient à présent autour de lui. Il n'était jamais très à l'aise lorsqu'il s'agissait de parler de lui-même mais Eleonnora avait droit à des réponses. Il ne comptait pas mentir ni même enjoliver les choses. Sa vie n'avait rien d'un conte de fée mais il était malgré tout assez chanceux au final. La vie s'était pas mal rattrapée ces derniers temps et il espérait que cela dure. Il restait cependant lucide sur le fait qu'il ne devait pas se reposer sur ses lauriers, la situation étant capable de changer à n'importe quel moment. Il fallait se battre même lorsqu'il n'y avait pas d'obstacles sur la route. Will évoqua donc son parcours rapidement jusqu'à parler d'Emma Frost, celle par qui tout avait commencé. Bien évidemment, cela ne manqua pas de surprendre Eleonnora qui rebondit aussitôt sur cette information. Will lui-même avait été étonné d'apprendre que cette femme était une mutante et qu'elle gérait avec Charles Xavier un Institut pour mutants. Mais ça, il ne pouvait pas le dire à n'importe qui. Mais comment expliquer une telle générosité de la part de la femme d'affaires envers un type à qui personne n'aurait donné un centime ? Là encore, il allait devoir mentir contre son gré.

"Ouais, vraiment. C'est grâce à elle si j'en suis là. En fait... c'est grâce à Erïka. C'est elle qui connaissait Emma et c'est ainsi que j'l'ai rencontrée. J'm'attendais pas à c'qu'elle m'offre autant mais j'compte bien lui rendre la pareille un jour. Enfin... dans une moindre mesure mais si elle me d'mande quoiqu'ce soit, j'le ferais. Mais bon, garde ça pour toi, j'doute qu'elle ait envie d'voir tous les nécessiteux du coin v'nir lui réclamer de l'aide. J'ai juste eu du bol. Tiens d'ailleurs, quand on s'est connu, Rika et moi, on pouvait pas s'sentir ! On s'est tapé d'ssus plus d'une fois en fait... Puis maint'nant, on est inséparables. Comme quoi tout peut évoluer."


Il avait même évoqué sa petite amie et le fait que grâce à l'argent qu'il gagnait, il pourrait mieux s'occuper d'elle à présent. Bien sûr, il était bien placé pour savoir que l'argent ne faisait pas tout, loin de là. Les quelques années qu'ils avaient vécu dans la rue étaient là pour le prouver. Résultat de cette longue expérience, Will n'était pas quelqu'un de matérialiste. Un rien lui suffisait et il connaissait mieux que personne la valeur des choses. Il ne rêvait pas de choses luxueuses ni de buts inaccessibles. Juste vivre tranquillement sans se demander s'il allait pouvoir survivre le lendemain lui suffisait. Et s'il pouvait apporter une bonne qualité de vie à celle qu'il aimait, il le ferait sans hésiter. C'était bien ce qu'il comptait faire d'ailleurs. Elle était restée avec lui jusque là alors qu'elle aurait pu s'en sortir autrement. Quelque part, il se voyait un peu comme un boulet pour elle. Ils n'avaient pas voulu se séparer mais cela ne leur avait pas facilité la tâche. Malgré tout, ils étaient à présent hors de la rue et en sécurité. Comme quoi toute patience était récompensée.

Mais si Eleonnora s'intéressait un minimum à la vie de Will, c'était également le cas de ce dernier. D'où sortait-elle ? Qu'avait-elle fait jusqu'à présent ? Si ça se trouvait, elle était juste sous le nez des jumeaux depuis tant d'années... Elle expliqua à son tour qu'elle travaillait comme porte-parole d'une compagnie. Elle n'était pas entrée dans les détails mais Will était mal placé pour lui faire la réflexion. Lui-même était resté flou sur le travail qu'il faisait. Après tout, il n'y avait rien de palpitant à raconter, il faisait un bête travail qui lui rapportait un peu d'argent. Rien de très glorieux en somme. Mais porte-parole... ça c'était autre chose ! Ce n'était pas n'importe qui qui pouvait le faire. Il fallait une certaine prestance afin de coller à ce rôle. Etrangement, le rouquin trouvait que ce rôle allait plutôt bien à celle qui lui faisait face même s'il ignorait en quoi consistait exactement son boulot. Elle devait gagner pas mal d'argent grâce à son travail, comme en témoignaient ses vêtements de bonne qualité. Mais ce qui interpela Will dans cette déclaration était le fait qu'elle parle de manoir. Sérieusement ? Sa famille possédait un manoir ? Elle devait être riche alors... bien plus riche qu'il ne l'aurait cru. Erïka était-elle au courant ? Sans doute pas. Y avait-il un lien avec la compagnie Davidoff dont il avait entendu parler à son travail ? Sur le coup, la coïncidence l'avait amusé mais il ne s'était pas douté qu'il s'agissait de la même famille. Etait-ce le cas ? Il y avait des chances. Mais il ne voulait pas poser la question car il se moquait bien qu'ils soient fortunés ou non. Ce n'était pas ça qui l'intéressait, loin de là. Mais Will commençait à comprendre d'où venait l'argent qui avait permis à Anieta de déménager dans ce riche quartier...


"Seul'ment quatre ans ? Bah tu causes super bien j'trouve ! Pas comme moi et pourtant j'suis originaire du pays." fit-il remarquer en riant "J'espère qu'tu vas rester ici longtemps, qu'tu puisses profiter d'ta famille et inversement. Mais j'imagine qu'tu dois pas mal voyager à cause d'ton boulot, non ?"

Puisqu'il était intéressé par la conversation, curieux d'apprendre quelques détails, il ne fit pas attention à ce qu'il faisait et manqua de faire tomber la tasse vide qu'il venait de poser sur la table. Il la rattrapa à temps mais dévoila involontairement la blessure qu'il s'était infligée en venant jusqu'ici. Plutôt que de faire comme si de rien n'était -il l'avait fait suffisamment longtemps- il demanda un pansement pour ne pas coller du sang partout. Jusque là, il avait déjà décoré sa poche de pantalon, pas question de tâcher autre chose qui ne lui appartenait pas. Anieta ne répondit pas tout de suite à sa demande, venant analyser la blessure de plus près. Will se laissa faire, un peu penaud de n'avoir rien dit. A vrai dire, il ne voulait pas l'inquiéter avec ses histoires de bagarre et aurait préféré qu'elle l'ignore. Mais ce qui était fait était fait.

"C'est rien, Anieta, t'inquiètes pas. J'ai juste eu un p'tit souci en v'nant ici, rien d'grave. Faut dire qu'j'ai encore l'habitude de passer par des ch'mins peu recommandables. Faut que j'passe mon permis un d'ces quatre ! Comme ça, y aura moins d'risques. Et j'ai rien dit parce que c'est pas grand chose, j'voulais pas t'inquiéter."

La vieille femme s'était éclipsée et ne tarda pas à revenir avec de quoi désinfecter et soigner la blessure. Will se laissa faire encore une fois, grimaçant un peu lorsqu'elle lui faisait mal sans le vouloir. Malgré la douceur dont elle faisait preuve, sa chair à vif ne lui faisait pas grand bien, surtout avec le désinfectant. Une fois sa main bandée, il l'observa un court instant puis remua les doigts pour voir si cela le gênait. Ca faisait mal mais au moins c'était protégé. Anieta l'embrassa sur le front dans un geste maternel et protecteur qui fit sourire le rouquin. Will posa une de ses mains -celle non blessée- sur celle de la vieille femme. Elle le gronda, lui rappelant qu'il ne fallait pas prendre ce genre de choses à la légère. Il fallait dire qu'il n'avait pas encore l'habitude de dévoiler ses blessures, plutôt habitué à se débrouiller seul. Même lorsqu'il s'était pris un coup de couteau et qu'il avait failli mourir, il n'avait rien dit à Amy. Les habitudes avaient la peau dure.

"Promis... Excuse, j'ai pas encore l'habitude. Puis bon, j'suis plus à une cicatrice près. Grâce à toi, j'espère qu'ça va guérir d'autant plus vite, j'ai pas envie que ça m'gêne pour bosser."

Alors que la vieille femme s'était absentée pour ranger son matériel, Eleonnora lui posa une drôle de question. S'il savait se battre ? Il avait passé l'essentiel de ses six années à la rue à ne faire que ça. Mais il était légitime qu'elle se pose des questions après avoir vu l'état de sa main. Sans doute devait-elle croire qu'il ne savait pas tellement se battre vu l'état de sa main, mais pourtant, il ne présentait aucune autre blessure, signe de victoire. Au moins, elle avait compris de quelle façon il s'était blessé. Quel oeil averti... Savait-elle se battre elle aussi ? Vu sa stature et son air soigné, il en doutait franchement. Mais sa poigne témoignait à elle seule d'une certaine force physique. Il n'avait rien à cacher et comptait bien répondre et obtenir une réponse en retour.


"Un peu que j'sais m'battre ! Vivre dans la rue, c'pas une sinécure. Faut défendre sa peau plutôt deux fois qu'une sinon on s'fait bouffer tout cru. Oh c'est sûr que j'pratique pas la boxe, les arts martiaux ou c'genre de trucs hein. J'me bats dans un style un peu plus... hmm... sauvage on va dire. J'ai appris sur le tas parce que c'était ça ou crever. Faut pas croire qu'on s'entraide dans la rue, c'est plutôt l'inverse. Les moins forts s'font bouffer par les autres." expliqua t-il avant de regarder sa main puis de lever les yeux vers Eleonnora "En fait, un groupe de blaireaux m'a attaqué sur l'trajet. Ils en voulaient à mon fric que j'venais de recevoir, mon salaire quoi. Mais j'gagne pas ma vie pour la filer ensuite au premier qui vient, surtout pas ceux qui croient qu'l'argent tombe du ciel et qu'il suffit d'braquer les gens pour en avoir. Alors j'leur ai fait passer l'envie d'vouloir m'voler à nouveau à ces cons là. J'me suis un peu loupé à un moment, d'où l'état d'ma main mais faut aussi dire qu'j'ai pas mal cogné avec." ajouta t-il sans prêter attention sur Anieta les écoutait ou non "Mais cette demande vient aussi d'une personne qui sait user d'son corps pour s'défendre ?" demanda t-il, curieux de connaitre la réponse

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mer 23 Jan 2013 - 19:03

Eleonnora était loin d’être un détecteur de mensonge sur deux pattes, comparativement à sa sœur. Elle avait été formée pour faire des interrogatoires et excellait plutôt bien dans le domaine. Il fallait avouer qu’elle une personne sociable, crue, qui n’hésitait pas à user des mots pour exprimer clairement sa pensée. Elle était pas mal pour manipuler les autres afin d’obtenir ce qu’elle désirait. Cependant, cela lui était bien inutile que de se servir de ses méthodes de travail dans sa vie de tous les jours. Elle n’allait certainement pas faire un interrogatoire à chaque personne qu’elle côtoyait dans sa vie, c’était totalement ridicule. Elle préférait croire à ce que lui disaient les gens avec qui elle discutait, quitte à avoir certains doutes et s’abstenir de faire des commentaires à ce sujet. Lorsque ce n’était pas une question de vie ou de mort, à quoi bon s’en faire avec cela ?

Les gens pouvaient bien mentir sur leur vie afin de paraitre plus intéressant, mais elle, elle n’avait pas besoin de cela. Elle était l’héritière d’une riche famille de Russie, avait fait l’armée et la guerre, avait un physique de rêve, une voix sublime, avec tout cela elle n’avait pas besoin d’inventer des âneries. En fait, si. Son travail d’agent gouvernemental l’obligeait à se cacher derrière un faux métier, question que personne n’ait des doutes. Elle n’avait pas le choix, les choses étaient ainsi faites et elle se pliait aux ordres sans discuter. Si ce n’était que d’elle, elle aurait déjà avoué la nature de son métier à sa petite amie, lasse de devoir lui mentir sur ses voyages d’affaires et ces appels passés en pleine nuit. Peut-être qu’un jour, elle lui révélera tout quand même. Evelynn était compréhensive, elle comprendra les raisons qui l’avaient obligé à toute lui cacher. Enfin, elle espérait fortement.

Dans le cas présent, où William justifiait sa présence dans un institut pour surdoué, Eleonnora décida de le croire. Il avait eu énormément de chance de sortir de la rue et d’obtenir de telles opportunités. Avocat était un métier très respectable, aux yeux de tous. Aux siens, ce l’était un peu moins. Elle aimait le fait que ces gens défendent les victimes, ceux pour qui justice devait être rendu. C’était honorable comme choix de vie. Cependant, pour les avocats de la défense… c’était une toute autre histoire. Elle en avait rencontré certains avec qui il était très difficile d’obtenir ce qu’elle désirait. Il faisait tout pour son client, certes, mais lorsque le client en question était clairement coupable de crimes sordides, elle avait envie de l’encastrer dans un mur et de s’occuper de son client à sa façon. Elle pouvait comprendre les raisons de ce travail, mais lorsqu’il était question de garder un monstre en liberté, elle n’était pas du tout d’accord.

Si le fait qu’il réside dans un institut pour surdoués l’étonnait, elle n’était pas au bout de ses surprises. William avait quitté la rue, mais c’était grâce à l’aide d’Emma Frost. Comment une femme de son calibre en était venue à aider un pauvre sans-abri ? Ces informations se clarifièrent légèrement lorsque le rouquin lui expliqua qu’Erïka connaissait personnellement Emma et que c’était un peu grâce à cela qu’il avait finalement reçu de l’aide. Eh bien, on pouvait dire que sa sœur avait de bons contacts dans la vie. Elle s’y connaissait peut-être un minimum dans le domaine des affaires, qui sait ? C’était le type de sujet sur lequel elle pouvait converser sans problème. Peut-être trouveront-elle en terrain d’entente et pourront calmement discuter sur le sujet ? Après tout, elles devaient bien se retrouver des points communs quelque part, autant commencer à chercher tout de suite.

Ce qui était le plus drôle de tout cela était qu’au départ Erïka et William se détestaient. Qu’est-ce qui avait bien pu les rapprocher à ce point ? Peut-être était-ce seulement la personnalité plutôt distance d’Erïka qui avait immédiatement mise des barrières entre eux, au tout début. Après tout, le rouquin lui avait bien expliqué que la jeune fille n’était pas très sociable aux premiers abords. Satisfaite de sa théorie, la jeune femme ne posa pas de question sur leur rencontre. Cela ne l’intéressait pas vraiment, à vrai dire. Elle pouvait se contenter d’imaginer un peu comment cela s’était déroulé, se disant qu’à force de devoir se côtoyer ils avaient fini par s’apprécier.

Puisqu’elle en connaissait suffisamment sur William pour le moment – elle avait maintenant une idée de quel genre de personne il était – il était temps de parler d’elle. Elle pourrait parler durant des heures et des heures de sa personne. Elle avait tellement vécu de choses, elle avait tellement vue d’horreur, elle pourrait en faire un livre. S’il n’y avait pas vraiment de choses à dire sur son enfance, elle pouvait facilement parler de son adolescence qui avait été bien remplie. Déjà, elle avait fait partie d’une école privée très sélect et avait côtoyé tout un tas d’abrutis et de filles de riches qu’elle dépassait royalement pour ce qui était des résultats scolaire. Elle s’était fait quelques amies sympathiques et était tombée secrètement amoureuse de l’une d’elle. Elle avait finalement découvert et accepter son homosexualité sans en parler à qui que ce soit. En entrant dans l’armée elle avait coupé les ponts avec tout le monde. Puis, vint l’obtention de son pouvoir mutant, puis la guerre. On peut dire qu’elle avait une vie très chargée. Parfois, lorsqu’elle repensait au passé, elle réalisait qu’il y a cinq années de cela elle était en train de combattre, de risquer sa vie dans une guerre terrible. Cela ne faisait pas si longtemps et pourtant elle avait l’impression que c’était il y a une éternité. Elle avait fait tant de choses dans sa vie, mais elle ne regrettait rien lorsqu’elle voyait ce qu’elle était, à présent.

Pour l’instant, Eleonnora préférait s’en tenir aux informations de base, en ce qui la concernait. Elle expliqua au rouquin qu’elle était en Amérique depuis quatre ans et travaillait comme porte-parole dans une quelconque compagnie. Si elle pouvait éviter de donner des détails à ce sujet, elle le faisait sans problème. C’était le genre de chose dont elle n’aimait pas parler avec les autres. De toute façon, elle trouvait toujours un meilleur sujet de discussion qui pouvait les mener bien loin de ce sujet.

La jeune femme fit ravie qu’il le complimente sur sa façon de parler et elle lui offrit un ravissant sourire. Elle adorait les compliments quels qu’ils soient. Elle n’avait pas de mérite, elle avait appris l’anglais il y a longtemps et le parlait déjà pas mal à son arrivée aux États-Unis. Elle avait simplement du se faire à l’accent des Américains. L’homme lui souhaita de rester encore longtemps ici afin de pouvoir profiter de la présence de son frère et de sa sœur. Comme elle avait déjà d’excellentes raisons de rester, elle n’allait certainement pas quitter le pays. Mais voyager, ça, oui.


-« Je voyage assez fréquemment, majoritairement aux États-Unis. Comme je suis très occupée, je ne visite pas beaucoup. De toute façon, si je veux faire du tourisme, je peux me permettre assez facilement de quitter le pays et d’aller où je le désire. »

Alors qu’ils discutaient tranquillement, William passa près de faire tomber sa tasse sur le sol. Il la rattrapa rapidement, dévoilant sa main blessée. Ce n’était pas très beau à voir, mais la jeune femme avait vu pire et ne s’en offusqua pas. Cependant, Anieta n’eut pas du tout la même réaction. Elle s’approcha de l’homme enfin d’observer sa main blessée. Elle était inquiète, cela se lisait sur son visage. William affirmait qu’il voulait simplement éviter de l’inquiéter en ne lui montrant pas sa blessure. Il ne jugeait pas que c’était quelque chose de bien grave. Cependant, la vieille femme était bien décidée à le soigner et fila à la salle de bain cherché le nécessaire pour panser les plaies. Elle fut tendre, douce, tentant de ne pas lui faire plus de mal alors qu’elle s’affairait à le soigner. Une fois cela terminé, elle l’embrassa sur le front, puis le gronda sur le fait qu’il devait lui dire lorsqu’il était blessé afin qu’elle s’occupe de lui. Ce n’était pas parce qu’il avait déjà des cicatrices qu’il devait s’en rajouter d’autres. Satisfaite de la promesse que venait de lui faire le rouquin, Anieta retourna à la salle de bain avec ses instruments de soin.

Puisqu’ils étaient seuls, Eleonnora questionna davantage le rouquin. Savait-il se battre ? On pouvait considérer que si. Il avoua avoir un style de combat plutôt libre. Il ne pratiquait pas un art en particulier, il faisait seulement se défendre du mieux qu’il pouvait. Il se battait probablement à l’instinct, portant les coups sans vraiment réfléchir. Lorsque l’on était cerné, il fallait savoir se débrouiller et se battre avec acharnement, surtout que les rues regorgeaient de tueurs, de drogués et de fous en tout genre. On ne pouvait pas dire que c’était très sécuritaire, surtout lorsque de nombreuses armes circulaient entre de mauvaises mains.
D’ailleurs, William expliqua comment il avait dû se défendre, un peu plus tôt, pour ne pas se faire voler son argent par des pauvres types des ruelles qui se croyaient tout permis. Il avait bien fait de se défendre. Il ne fallait jamais donner raison à ce type de personne. Elle-même n’hésitait pas à se battre contre ceux qui tentaient de lui taxer son sac à main. Elle semblait frêle, inoffensive, mais c’était tout le contraire, ce qui lui donnait toujours une longueur d’avance sur l’ennemi.
Puis, l’homme lui demanda si elle savait se battre. Il serait surpris de savoir que c’est le cas. Pour lui montrer un petit aperçu de ce qu’elle savait faire, elle allait lui faire une belle démonstration.


-« Lève-toi. »

Elle quitta son siège et se leva. Dès que William fut également sur ses pieds, elle attrapa son poignet, en faisait attention à ne pas toucher sa main blessée, puis le retourna de façon à ce qu’il soit dos à elle. Après un coup de genou rapide derrière l’un de ses genoux, elle le força à toucher le sol. Maintenant qu’elle était agenouillée, elle avait un avantage sur lui. Elle lui tenait fermement le bras dans son dos, l’empêchant ainsi de faire le moindre mouvement sans souffrir. Son regard se posa sur l’étui qu’il portait, derrière son dos. Une arme. Ses habitudes de voyou lui étaient restées, apparemment. La jeune femme s’empara du manche de l’arme à la vitesse de la lumière et la plaqua sur la gorge de l’homme. En un seul mouvement elle pouvait lui trancher la carotide et le tuer. Bien évidemment, elle ne comptait pas le faire. Cela tâcherait le parquet. Et puis, pourquoi tuer sans raison ? Il n’était pas un criminel, il n’était qu’un jeune homme vivant sa vie comme n’importe qui de cette ville.

-« Normalement, à cet instant, tu serais mort. Il faut savoir compter sur l’effet de surprise afin d’avoir le dessus. Comme tu le vois, c’est moi qui aie gagné. »

Elle libéra le jeune homme, reculant d’un pas afin de lui permettre de se relever lentement. Puis, elle lui tendit son couteau, lui permettant ainsi de le ranger. Quelques secondes plus tard, Anieta était de retour dans la pièce. Elle devait se demander ce qu’ils faisaient. Ayant entendue une partie de leur conversation, elle savait maintenant que William s’était blessé en essayant de se défendre contre des voleurs. Elle ne pouvait lui en vouloir pour cela. Elle était plutôt soulagée qu’il ne s’en tire qu’avec une petite blessure comme celle-ci. Malgré tout, elle ne fit aucun commentaire sur le sujet. Inutile d’y revenir.

-« Que faites-vous, les enfants ? J’ai cru entendre quelqu’un tomber. »

-« Je faisais seulement une démonstration à William du type de technique qui m’a été enseigné à l’armée. C’est promis, je ne l’abîmerais pas trop. »

La jeune femme vint pour s’assoir sur le fauteuil, mais son regard se posa sur l’horloge de la pièce. Il commençait à se faire tard et elle avait promis à Evelynn qu’elle ferait les courses ce soir, avant de rentrer. Il valait mieux qu’elle file si elle désirait honorer sa promesse. Sa douce devait en avoir marre qu’elle commande du restaurant à tous les soirs. La jeune femme se retourna alors vers Anieta. Ce fut une belle rencontre, mais le temps s’était écoulé bien plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru.

-« Il se fait tard, je vais devoir partir. Je vous remercie de m’avoir invité ici, Anieta. C’est très gentil de votre part. Promis, je repasserais. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mer 23 Jan 2013 - 21:06

Même lorsqu'il avait été dans le besoin, Will n'avait que rarement menti. A vrai dire, il était un peu traumatisé par les mensonges. Lorsque sa mutation s'était réveillée, il s'était empressé de tout raconter à sa soeur. Mal lui en prit car cette dernière répéta tout à ses parents qui l'accusèrent aussitôt de mentir. Evidemment. Qui croirait une telle chose sans une véritable démonstration ? Etant dans l'incapacité d'utiliser à nouveau son pouvoir, ne le maitrisant pas encore, il resta au stade de mentir aux yeux de ses proches. Mais il insistait tellement à dire qu'il ne mentait pas qu'il fut finalement pris pour un fou, comme s'il avait perdu la tête. Il ne démordait pas de cette vérité, malgré les supplices qu'on avait pu lui infliger pour le forcer à voir la vérité en face. Seulement, ceux qui ne voyaient pas la réalité, ce n'était pas Will mais bien les autres.

Mentir aurait pu le protéger. Il aurait ainsi évité toutes ces tortures inutiles. Mais cela aurait signifié qu'il renait ce qu'il était et ça, c'était hors de question. C'était devenu naturel chez lui de ne jamais mentir. Il disait toujours les choses clairement, même lorsqu'elles ne faisaient pas toujours plaisir. C'était l'une des raisons pour lesquelles il s'entendait si bien avec Erïka. Au moins, il ne lui cassait jamais les oreilles. Et puis, il lui avait balancé ces quatre vérités en face, agacé par son comportement. Contre toute attente, cela avait fait relativiser la jeune femme qui était désormais bien plus que son amie. Le mensonge, ce n'était définitivement pas fait pour Will. Et pourtant, il se retrouvait à présent à mentir.

Il ne pouvait pas révéler à Eleonnora qu'il n'était pas un surdoué mais un mutant, que l'Institut auquel ils appartenaient Erïka et lui était en réalité un centre pour les gens dotés de facultés hors normes et qu'en plus de travailler pour Emma, ils faisaient partis d'un groupe spécial. Il aurait pu dire la vérité, bien sûr, mais il ne connaissait pas encore Eleonnora et ne savait donc pas ce qu'elle avait déjà appris ou non. Savait-elle même juste ce qu'était un mutant ? Le risque de lui révéler était bien trop grand. Et si cette simple révélation fichait tout en l'air, brisant famille et futures relations ? Ce n'était pas vraiment le but recherché, au contraire. Bâtir des relations sur un mensonge n'était pas non plus très sain mais chacun protégeait son jardin secret. Ce n'était pas comme s'il était simplement question de consommation de drogue ou de quelque chose dans le genre... C'était plus important que ça. Résultat, il habillait la vérité d'un tissu de mensonges. Ce qu'il disait n'était pas faux, mais il mentait par omission, faisant exprès d'éviter de donner des détails. De toute façon, la jeune femme faisait de même, n'étant en rien précise dans ses réponses. Ce n'était pas plus mal. Ils étaient là pour se découvrir et non pour rédiger un rapport détaillé sur chacun. Avec ce qu'ils avaient appris, ils en savaient assez pour se faire une bonne idée générale des autres. Mais le meilleur moyen de se faire une opinion, c'était encore de rencontrer les gens face à face.

Pour Will, c'était déjà fait. Même s'il ne la connaissait que depuis à peine une heure, il s'était déjà fait une petite idée sur la jeune femme. Cependant, il évitait de la juger trop rapidement car il était possible que ce qu'elle montrait n'était qu'une apparence. Erïka en était l'exemple parfait. Jamais à leur première rencontre il aurait pensé qu'elle puisse être adorable et touchante. Les relations se formaient avec le temps de toute façon et le rouquin comptait bien revoir Eleonnora plus d'une fois. Elle faisait partie de la famille et il avait envie de la connaitre un peu mieux. Même si elle ne le considérait jamais comme un membre de la famille, ils pouvaient malgré tout être amis. Mais ça, seul l'avenir le savait. En ce qui concernait les jumeaux, Will avait fait un rapide portrait d'eux mais laissait l'appréciation finale à leur soeur. L'on pouvait parfois juger la même chose sans avoir le même avis après tout.

Cessant de parler des jumeaux ou même de lui, Will s'intéressa davantage à la grande blonde. Pour une russe, elle parlait quasiment sans accent. Certains mots prononcés étaient plus marqués que d'autres, mais globalement, elle parlait parfaitement. Elle savait visiblement bien s'adapter à différents milieux. Elle avouait avoir beaucoup voyagé et le rouquin espérait qu'elle prenne malgré tout le temps de rester un peu avec sa famille sans pour autant que ça complique son travail. Il fallait du temps pour tout et non qu'elle devienne comme son père : absente constamment. Vu la façon dont elle parlait de ses voyages, Will ne doutait plus de son statut social. Elle était riche et ne le cachait pas. Jamais le borgne n'aurait cru que la famille Davidoff puisse être aussi connue et riche. Lui-même venait d'une famille aisée mais pas à ce point là. De toute façon, l'argent ne lui faisait ni chaud ni froid. Il en avait besoin pour bâtir son futur, certes, comme tout le monde, mais il ne rêvait pas non plus de nager dans une piscine de billets verts. Le simple fait qu'Eleonnora parle de voyages intéressait Will. Mais pas pour les raisons qu'elle pouvait penser.


"C'est génial d'voyager autant ! Même si c'est pour le boulot. Au moins ça doit pas être monotone. Dis... tu r'tournes en Russie des fois ?"

Puisqu'Erïka voulait s'y rendre, pourquoi ne pas y aller ensemble, elle et sa soeur, accompagnées d'Alexïs ? A l'origine, Erïka voulait y aller pour chercher son père, mais celui-ci étant là, désirerait-elle toujours y aller par la suite ? Sans doute puisqu'elle aimait voyager. Et puis, elle découvrirait ainsi son pays d'origine, ce n'était pas n'importe quoi. Si Eleonnora pouvait lui offrir cette opportunité, c'était inespéré. Surtout qu'un tel voyage était plus agréable à faire en famille.

C'est d'ailleurs dans le but de créer sa propre famille que Will travaillait si dur. Il avait déjà cette si belle famille à ses côtés, mais il voulait également fonder la sienne. Mais tout cela coûtant de l'argent, il travaillait d'arrache-pied pour économiser et ainsi avoir l'avenir de ses rêves. Alors pas question pour lui de laisser son salaire au premier venu. Il était prêt à donner de l'argent, beaucoup même, à un sans abri mais certainement pas à une bande de merdeux qui se croyaient tout permis. Jamais il ne s'était laissé marcher sur les pieds et ce n'était pas maintenant que cela allait commencé, même s'il s'était rangé. Au fond, il restait toujours le type bagarreur et grande gueule qu'il était depuis qu'il était né. On ne changeait pas si facilement. Il était prêt à faire des concessions, des sacrifices, à faire toutes sortes de choses parfois inavouables, mais se faire dépouiller par un gang n'en faisait pas parti. Il ne s'en cacha pas une fois que sa main blessée fut à la vue de tous.

Il dû promettre à Anieta qu'il la préviendrait la prochaine fois qu'il se ferait blesser. Même s'il savait parfaitement se battre, il n'était pas rare qu'il se blesse. Il n'était pas très regardant lorsqu'il s'agissait de lui-même. Sa main étant soignée, il parla combat avec Eleonnora, contre toute attente. En fait, c'était elle qui avait abordé le sujet. Il lui expliqua donc ce qu'il savait plus ou moins faire, ne s'en vantant pas particulièrement. Après tout, il avait appris à se battre uniquement pour survivre à l'origine. Il s'agissait de gestes défensifs plus qu'autre chose, pour la plupart. Mais au fil du temps, il avait augmenté son panel de coups et était bien plus polyvalent. Il fallait qu'il soit capable de faire face à toutes les situations. Il était habitué à se battre en duo, qu'il s'agisse d'Amy ou de lui-même mais il pouvait se débarrasser d'agresseurs à lui seul, armé ou non.

La question d'Eleonnora l'avait intrigué et il lui avait retourné la question. Mais cette dernière ne prit pas la peine de lui répondre. A la place, elle lui demanda ou plutôt lui ordonna de se lever. Sans doute pour lui faire une démonstration, mais était-ce bien le moment ? Et l'endroit... ? Will se leva cependant, curieux de voir ce qu'elle comptait faire. La jeune femme se leva et aussitôt, elle lui attrapa le poignet et le força à se mettre à genoux, lui maintenant le bras de sorte qu'il ne bouge pas, à sa merci. Mais elle ne s'arrêta pas là. Maintenant qu'elle était dans son dos, elle avait vue sur son arme, attachée à l'arrière de sa ceinture. Elle s'en empara aussitôt et colla la lame contre la gorge du rouquin. Ce dernier allait esquisser un geste mais resta finalement immobile. Il hésitait sur la marche à suivre...

Que devait-il faire ? Réagir ou laisser faire ? Will n'aimait pas se laisser faire et se sentir vulnérable. Qui aimait ça de toute façon ? Le pire, c'était qu'il pouvait parfaitement se défendre et inverser la tendance. Il aurait pu faire regretter à Eleonnora ses paroles suffisantes et pleines de victoire. Mais était-ce une bonne idée ? Plusieurs options s'offraient à lui. Il pouvait user de son pouvoir, se dédoubler et ainsi prendre Eleonnora à revers, prise à son propre jeu. Elle ne s'y attendait forcément pas et il pourrait ainsi la maitriser facilement malgré la menace de l'arme blanche. C'était un jeu d'enfant pour lui, il n'en était pas à son coup d'essai. Mais user de son pouvoir ainsi était dangereux car il révélait ainsi sa nature de mutant. Utiliser l'excuse du frère jumeau était juste impensable. Qui l'aurait cru de toute façon ? Il ne pouvait pas se permettre de se dévoiler ainsi à quelqu'un qu'il ne connaissait pas encore. Trop risqué... Malgré tout, il pouvait faire autre chose. Certes elle le menaçait et le bloquait mais Will était du genre à se déboiter ou à se casser le bras juste pour pouvoir se sortir d'un mauvais pas. Qu'importait s'il était blessé du moment qu'il survivait. Il n'allait tout de même pas se laisser faire, si ?

Si... Pour plusieurs raisons. Déjà parce qu'il ne voulait pas se dévoiler. Ensuite parce qu'il s'agissait d'un combat amical et non d'un véritable affrontement. A vrai dire, il s'agissait plutôt d'une simple démonstration. Il devait reconnaitre qu'elle savait y faire et se demandait donc où elle avait appris ça. Et puis, il ne voulait pas partir sur de mauvaises bases avec elle. Inutile donc de tout gâcher en voulant trop la ramener. Il se laissa faire et admit sa défaite partielle qui n'en était pas vraiment une au final.

Maintenant qu'elle l'avait lâché, il se remit debout et récupéra son couteau qu'il rangea à sa place. On ne touchait pas à cette arme, c'était un sacrilège ! Au moins, elle ne s'en était pas servi, c'était déjà ça... Eleonnora la ramenait cependant un peu trop à son goût. Will ne pouvait s'empêcher de sourire comme s'il avait gagné car il savait qu'au fond, il aurait très bien pu la vaincre facilement. C'était même une petite victoire de n'avoir rien fait, préservant ainsi ses secrets. Et puis, il désirait qu'elle lui apprenne quelques prises du genre, c'était toujours utile. Will voulu lui demander où elle avait appris ça mais Anieta revint dans le salon à ce moment là, apparemment inquiète de ce qu'elle entendait. Eleonnora la rassura non sans manquer de se mettre en avant encore une fois. Mais la seule chose qui intéressa le rouquin dans sa phrase fut la réponse à sa question.

L'armée ? Elle avait fait l'armée ? Will l'observa à nouveau de la tête aux pieds. Jamais il ne l'aurait deviné. Elle n'avait pas l'attitude d'une militaire ni même la carrure. Mais sa force physique et sa façon de combattre ne laissaient aucun doute sur ses origines. Elle ne mentait pas.


"J'comprends mieux d'où tu sors cette prise tordue. Rares sont les femmes qui s'lancent là-d'dans, t'as des couilles ! Enfin façon d'parler. J'dois avouer qu'tu gères bien. Ca t'ennuierais d'me montrer quelques trucs, un de ces quatre ? C'est toujours bien d'élargir ses possibilités d'action. Et puis, j'serais pas contre un combat à l'amiable aussi. Un vrai, pas juste une démo." fit-il avant de se dire qu'Anieta risquait de s'inquiéter avec de tels propos "Mais on f'ra attention hein, l'but c'est pas non plus de s'esquinter. Ca m'ferait mal d'abimer un si beau visage." ajouta t-il avec un sourire

Eleonnora annonça qu'elle allait partir. Aussitôt, Will tourna la tête pour regarder l'heure qu'il était. A force de parler, il n'avait pas vu le temps passer. Lui aussi allait devoir partir s'il ne voulait pas arriver trop tard à l'Institut. A l'origine, il était seulement passé dire bonjour. Il ne s'était pas attendu à faire une si incroyable rencontre mais n'en était pas mécontent.


"J'vais mettre les voiles aussi, faut que j'rentre. Content d'vous avoir vu toutes les deux et d'avoir fait ta connaissance Nora. J'peux t'appeler Nora ?" demanda t-il à la jeune femme avant de se tourner vers la vieille femme "J'repasserais dans quelques jours. Prends soin d'toi d'ici là."

Il vint près de la vieille femme et la serra dans ses bras quelques secondes avant de se reculer et de l'embrasser sur la joue.

"Et merci pour l'pansement !" ajouta t-il avec un sourire

S'éloignant des deux femmes, il retourna près de l'entrée et enfila sa veste avant de remettre ses bottes dont toute trace de neige avait disparue. Plus qu'à retourner dans le froid jusqu'à pouvoir rentrer... Réjouissante perspective.

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Mer 23 Jan 2013 - 23:54

Eleonnora avait plus souvent voyagé dans le cadre de son travail que pour le plaisir de la chose. Elle avait pratiquement visité tous les états du pays, mais en était que trop rarement sortie. Elle connaissait très bien la Russie et ses diverses régions, elle avait déjà passé ses vacances en Angleterre, mais sans plus. Il y avait tant à visiter, mais elle manquait de temps pour le faire, malheureusement. Un jour, elle pourra en profiter pleinement et s’éclipser quelques temps pour découvrir un peu le monde. Elle amènerait Evelynn avec elle. Elle serait heureuse de pouvoir peindre et dessiner les différents paysages qu’elles admireront. Cela faisait partie de ses projets futurs. Elle n’avait pas à se soucier de l’argent, seulement du moment le plus opportun pour quitter le pays.

Puisqu’elle parlait de voyager, William lui demanda si elle retournait souvent en Russie. Combien de fois y était-elle allée ces dernières années ? Deux ou trois fois. Ce n’était qu’une question de politesse. Elle n’avait jamais réellement envie de retourner au manoir familial. Elle y passait une semaine, tout au plus. Elle en profitait pour faire de nombreux achats, pour revoir de vieilles connaissances, mais sans plus. Elle n’avait jamais rien à dire de très intéressant à ses parents sur la vie qu’elle menait en Amérique. Tant qu’elle pouvait limiter ses visites, elle le faisait. Cependant, il y avait des moments où c’était son père qui débarquait, bien souvent à l’improviste. À ce moment-là, Eleonnora n’avait d’autre choix que de chambouler un peu son horaire afin de pouvoir passer ne serait-ce que le temps d’un repas en sa compagnie. Elle discutait boulot, affaire, automobile, ce genre de chose. C’était une véritable conversation d’homme.


-« Pas vraiment. Ma vie est ici, à présent. J’y retourne pour voir mes parents, chaque année, mais sans plus. Je ne suis pas vraiment proche d’eux. »

À quoi bon quitter la vie qu’elle avait ici pour se rendre en Russie alors qu’elle n’en avait pas envie ? Si elle pouvait éviter cela, elle le faisait. Et puis, elle était bien accaparée par son travail. Elle préférait rester ici en tout temps, au cas où elle recevrait un appel. Tout était possible lorsque l’on était un agent comme elle. Ses supérieurs l’appelaient lorsqu’ils avaient besoin de ses talents dans une quelconque mission. La dernière qu’elle avait effectuée remontait à quelques semaines, maintenant. C’était un horaire plutôt irrégulier, mais cela lui permettait de vivre sa vie au jour le jour. Elle passait son temps dans les salles de gym ou avec Evelynn. Elle allait chez la manucure ou faisait les boutiques. Elle profitait de sa vie de jeune femme fortunée. Cela lui convenait parfaitement.

Maintenant, elle avait une nouvelle famille à apprendre à connaitre. Puisqu’elle avait du temps de libre, autant en profiter. Elle attendra que son père ait fait la connaissance des jumeaux avant de se présenter à eux. Peut-être qu’elle pourra tisser quelques liens avec eux. Jusqu’à présent, elle s’attendait à merveille avec Anieta. La vieille femme était tout simplement adorable, comment la détester ? Avec William, la situation était également positive. On ne pouvait pas dire qu’Eleonnora le détestait. Il faisait bonne impression, jusqu’à présent. Même s’il avait été un homme des rues pendant longtemps, cela ne la dérangeait pas. Evelynn avait été à ça près. Elle vivait dans un quartier pas très sécuritaire, terriblement louche, où les appartements étaient terribles. Elle avait un travail, mais ce dernier ne lui rapportait pas beaucoup, visiblement. Elle tentait de percer dans un milieu très difficile. Vivre de son art n’était pas une chose aisée. Maintenant, sa qualité de vie avait grandement augmentée. Elle avait toujours de la nourriture sous la main, de l’argent comme elle le désirait – la jeune femme lui ayant laissé sa carte de crédit sur la table de la cuisine, juste au cas – et tout le loisir de peindre avec le meilleur matériel d’art qui soit. Elle avait droit à la meilleure vie possible.

Le sujet des voyages se clos au moment où la tasse de William chuta et qu’il la rattrapa rapidement. Il dévoilait ainsi sa blessure à la main. Inquiète, Anieta s’occupa immédiatement de lui et le soigna. Elle ne désirait pas que la plaie s’infecte ou quoi que ce soit du genre. Lorsque les soins furent portés, elle retourna à la salle de bain afin de ranger tout son matériel. Pendant ce temps, Eleonnora pouvait lui poser quelques questions. En lui demandant s’il savait se battre, elle découvrit bien rapidement que si. Il s’était d’ailleurs fait cette blessure en affrontant quelques voyous qui désiraient lui voler son argent. Il n’avait fait que se défendre du mieux possible et, visiblement, il avait remporté le combat. Il ne devait pas être si mauvais au combat alors. Il le disait lui-même, la rue n’était pas un milieu facile et il fallait faire ce qu’il faut afin de survivre. Elle le comprenait parfaitement.

Vu que William lui demandait si elle savait se battre, elle préférait faire une démonstration plutôt que de lui répondre. En un rien de temps, l’homme fut à sa merci, couteau sous la gorge. Cette arme était très pratique lors de combat, Eleonnora nota qu’elle se maniait aisément. Cependant, dans le cas présent, sa propre lame se retournait contre lui. Bien évidemment, elle n’allait pas lui faire du mal. Elle eut tôt fait de le relâcher après lui avoir fait comprendre que l’effet de surprise était un élément primordial dans un combat. La preuve, elle l’avait mis au tapis facilement sans qu’il se doute de quelque chose. Il ne s’était même pas défendu. De toute façon, elle ne recherchait pas l’affrontement. Peut-être qu’un jour, un petit combat amical s’imposera. Ce pourrait être très amusant. Fière d’elle, la jeune femme remis son couteau à son propriétaire avant qu’Anieta n’entre dans la pièce. La vieille femme désirait savoir s’il s’était produit quelque chose, ayant entendu du bruit. Eleonnora s’empressa d’expliquer qu’elle avait seulement exécuté une prise de combat qu’elle avait apprise à l’armée sur son petit-fils.

Elle reçut les compliments de William avec le sourire. Cela se voyait, elle était flattée et terriblement fière. Elle avait toujours été ainsi. Elle aimait se mettre à l’avant-scène, elle aimait être le centre de l’attention. Bien qu’elle ne l’avait jamais remarqué, elle tenait cela de sa mère, une drama queen de première. C’était peut-être pour cela qu’elles avaient du mal à s’entendre. L’une désirait la place de l’autre. Quoi qu’il en soit, la jeune femme se distinguait grandement par ses capacités de combattante. D’ailleurs, William lui demanda si elle ne pourrait pas lui apprendre quelques prises, un jour. Pourquoi pas ? Cela leur donnera une occasion de se revoir. Et puis, c’était toujours plus agréable de s’entrainer avec un partenaire.


-« Si tu veux, je te ferais rentrer au gym où je m’entraine. Ce serait sympa de se faire un petit combat amical. On pourra faire une véritable démonstration de nos talents. Ça risque d’être très intéressant. »

Les minutes s’écoulaient, les heures tournaient. Il était temps de partir. La jeune femme avait des courses à faire et elle ne voulait pas trop s’éterniser. Elle remercia chaleureusement Anieta pour l’invitation. Cette dernière l’invita à repasser n’importe quand si l’envie lui en prenait. William en profita pour dire qu’il était heureux d’être venu et d’avoir pu rencontrer la jeune femme. Il en profita pour lui demander s’il pouvait l’appeler Nora. Évidemment, c’était un nom bien plus court. Ses amis l’appelaient toujours ainsi, elle y était habituée. Elle hocha légèrement la tête.

-« Aucun problème. De toute façon, j’ai toujours eu des noms interminables. Je suis habituée aux surnoms en tout genre. »

Puis, Eleonnora s’éloigna afin de mettre ses bottes. Elle jeta ses escarpins dans son sac à main qu’elle referma rapidement. Une fois ses bottes dans ses pieds, elle enfila son sombre manteau. Elle était prête à partir, mais souhaitait saluer Anieta une dernière fois avant de quitter son appartement, question de politesse. Pendant ce temps, William disait au revoir à sa grand-mère. Il lui annonça qu’il allait repasser la voir d’ici quelques jours et lui demanda de prendre soin d’elle d’ici là. Il l’embrassa sur la joue et la remercia pour les soins apportés.

-« Prend soin de toi, William. Je ne veux pas te voir blessé la prochaine fois que tu mettras les pieds ici. Je tiens à te voir en pleine forme et en parfaite santé. » Après un moment de silence, elle réalisa qu'elle avait oublié quelque chose. « Oh ! Pendant que j'y pense. Tu pourrais apporter quelque chose à Erïka ? Je suis passée à la pharmacie pour elle, ce matin, mais j'ai complètement oublié d'aller lui porter. »

La vieille femme s'éloigna pendant quelques secondes, puis revint avec un petit sac brun qu'elle donna au rouquin. Cela faisait plusieurs mois qu'Erïka était en couple avec Bobby et Anieta ne désirait pas avoir des petits-petits-enfants de sitôt. Elle avait rendu service à sa fille, qui n'avait pas le temps de passer à la pharmacie dans les jours à venir afin de chercher sa prescription de pilules. C'est pourquoi sa grand-mère y alla. De toute façon, elle avait quelques courses à faire, alors autant en profiter. Ayant déjà été jeune, Anieta savait bien ce que c'était que d'être en couple et de vouloir consumer cet amour. Sa petite-fille était quelqu'un de responsable. Elle faisait ce qu'il fallait en prévision du jour où elle offrira son corps à celui qu'elle aimait. Elle aurait pu demander à William de passer pour elle à la pharmacie, puisqu'il travaillait en ville, mais elle avait clairement dit à sa grand-mère "Il est un véritable frère poule. Il ferait une crise cardiaque s'il savait que j'avais des rapports intimes avec un garçon. N'empêche, tu devrais voir sa tête lorsque je fais des allusions, c'est hilarant. Il est trop adorable, un vrai grand-frère.". Puisqu'il était tard et que William rentrait maintenant à l'institut, la vieille femme se dit que lui confier ce sac n'était pas un drame. Il devait suffisamment respecter sa soeur pour ne pas fouiller ce qui lui appartenait.

Elle le serra une derrière fois dans ses bras, puis s’approcha d’Eleonnora afin de faire la même chose. Après s’être salués une derrière fois, les deux jeunes gens quittèrent l’appartement. La russe chercha ses clés dans une poche de son sac à main. Elle s’en empara, puis descendit les nombreuses marches menant à l’extérieur. Elle avait garé son véhicule durant l’immeuble. Un peu de neige recouvrait sa magnifique voiture de luxe, mais elle ne s’en soucia pas. Un coup d’essuie-glace et le tour sera joué. Alors qu’elle voyait William s’éloigner légèrement, elle l’interpela.


-« Je te dépose ? Il fait plutôt froid ce soir. Et puis, ça t’évitera de tomber sur d’autres voyous. »

La jeune femme déverrouilla à distance les portes de sa voiture, puis la contourna afin de s’installer du côté conducteur. Elle déposa son sac à main à l’arrière du véhicule, puis inséra les clés dans le contact avant de démarrer le moteur. Le panneau de bord s’illumina. Quelques secondes plus tard, la voix féminine de son GPS s’exprima en Russe. Elle était habituée à l’entendre dès qu’elle pénétrait dans son automobile. Cependant, cela faisait toujours sursauter ceux qui y entraient pour la première fois.

-« Trouve-moi le chemin le plus court pour l’institut Charles Xavier. » Puis, elle se tourna vers Will. « C’est bien le nom de votre institut, n’est-ce pas ? C’est là que tu te diriges ? »

En quelques secondes, elle obtient des indications et se lança sur les routes de la ville. Il n’y avait pas d’embouteillages à cette heure, elle allait être tranquille. De toute façon, les gens étaient toujours plus réticents à sortir lorsqu’il commençait à faire froid. Elle avait proposé au jeune homme de monter avec elle afin de pouvoir discuter encore un peu avec lui. Après tout, elle venait à peine de faire sa connaissance. Et puis, cela lui permettra de voir où était situé ce fameux institut. Elle était bien intriguée par cet endroit où se trouvait peut-être, à ce moment même, sa demi-sœur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Jeu 24 Jan 2013 - 1:40

Né en Amérique, Will n'avait jamais voyagé, pas même pour un voyage scolaire. Il n'avait pas quitté le pays, les seuls trajets qu'il avait pu faire étaient ceux qui le conduisirent à New York. On ne pouvait pas tellement qualifier ça de voyage mais au final, ça lui convenait. A quoi bon aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs ? C'était partout la même merde de toute façon. Seul le nom des villes changeaient. Et puis, New York était devenue sa ville, son point de repère, l'endroit qu'il connaissait sur le bout des doigts, de la faune à la configuration des lieux. C'était son chez lui et il s'y sentait bien. Mais d'un autre côté, il enviait Eleonnora qui avoua avoir pas mal voyagé durant son enfance et encore même pour son travail actuel de porte-parole. Même si elle vivait désormais en Amérique, elle venait de Russie et par simple déduction logique, Will avait supposé qu'elle y retournait ou était susceptible d'y retourner aisément. Il espérait en fait qu'elle puisse emmener les jumeaux avec elle afin qu'ils découvrent leurs origines. C'était plus sympa en famille, non ?

Malheureusement, la russe eut tôt fait de répondre par la négative. Visiblement, Eleonnora n'était pas plus proche de ses parents que ne l'étaient les jumeaux. Paradoxal pour deux enfances complétement différentes. Finalement, Will n'était pas si mal loti. Il avait finit par trouver une vraie famille à qui il tenait et qui tenait à lui. La proximité ne dépendait donc pas forcément des liens familiaux. Malgré tout, Will voyait un point positif à ce que venait de dire la jeune femme.


"C'pas grave. Au moins comme ça, tu s'ras proche des jumeaux en terme de distance, tout comme Anieta. Pour l'reste, ce s'ra à vous d'jouer ! C'est t'jours agréable d'avoir d'la famille dans l'coin ou des proches sur qui compter. Mais si jamais tu dois r'tourner en Russie pour une raison ou une autre, j'en connais qui s'raient intéressés pour t'accompagner !"

Will ignorait encore tout de la vie d'Eleonnora et en quoi consistait exactement son métier mais il pouvait toujours lui glisser l'idée. Après, libre à elle d'en faire ce que bon lui semblait. C'était sa vie, ses relations avec sa famille et il n'avait pas à s'en mêler. Il espérait malgré tout qu'ils s'entendraient tous bien et que cela permettrait de ressouder cette famille quelque part éparse. Au moins, il était sûr d'une chose, Anieta serait ce ciment salvateur. Car la vieille femme avait le don pour mettre tout le monde d'accord grâce à sa gentillesse. Bien qu'elle ait échoué avec sa fille, elle n'était pas à blâmer. Tout cela n'avait pas dépendu que d'elle, malheureusement. Mais ce qui allait se passer entre les divers protagonistes de cette famille dépendait de chacun d'eux et de leur bonne volonté. Ce n'était pas encore gagné...

Mais il fallait garder espoir et Will s'imaginait déjà ce que donnerait une future rencontre entre les trois héritiers. Tellement plongé dans ses pensées et concentré sur la conversation, il en fit tomber sa tasse qu'il rattrapa de justesse, dévoilant sa main blessée jusqu'à présent cachée. Après une courte remontrance et des soins apaisants bien que douloureux sur le coup, Will pu aborder un tout autre sujet avec Eleonnora. Lorsqu'il s'agissait de bagarre, le rouquin était toujours intéressé. Ayant passé de nombreuses années à se battre, il avait pris goût à ce "sport" un peu particulier. En fait, il ne reculait jamais devant un combat, même s'il semblait perdu d'avance. Il appréciait d'affronter tout type de personnes afin d'affiner son savoir faire en la matière. Il n'hésita pas à répondre franchement à la question de la russe et à expliquer l'origine de sa blessure. Cogner des abrutis n'était pas pour lui déplaire, surtout s'ils en avaient après le peu d'argent qu'il possédait. Il fallait bien défendre son beefsteak.

Généralement, les femmes n'aimaient pas la violence et encore moins les combats qu'elles qualifiaient de "sauvages" et de "barbares". Mais ce n'était pas le cas de toutes. Amy et Erïka en étaient de parfaits exemples. A les regarder, on aurait pu les prendre pour d'innocentes jeunes femmes... mais bien au contraire, elles savaient se défendre et avec hargne ! Eleonnora était-elle dans cette catégorie ? Pratiquait-elle la boxe ou un autre sport de ce style tout comme sa soeur ? Il était curieux de le savoir et n'hésita donc pas à lui obéir lorsqu'elle lui demanda de se lever.

En deux temps trois mouvements, la russe avait maîtrisé le rouquin qui opta pour se laisser faire et lui accorder ce qu'elle estimait être une victoire. Pour lui, ce n'était pas le cas puisqu'il n'y avait même pas eu de combat. C'était une simple démonstration non ? Mais si cela pouvait lui faire plaisir, elle pouvait bien croire qu'elle avait gagné. Elle se vantait d'utiliser l'effet de surprise... comme si Will ne le savait pas déjà. C'était la base même. Et il avait plus d'un tour dans son sac mais il ne voulait pas dévoiler tout son jeu d'un coup. Au contraire, il désirait à présent l'affronter lors d'un match amical. Mieux encore, il aurait apprécié qu'elle lui apprenne quelques trucs. Son expérience du combat s'expliquait avec le fait qu'elle avait fait l'armée. Apprendre un peu de combat militaire était une sacrée opportunité qu'il ne comptait pas laisser passer. Et puis, cela lui donnait l'occasion de la revoir, c'était une bonne chose. Par chance, elle accepta, proposant même de le faire rentrer là où elle s'entrainait.


"Génial ! Avec joie. J'suis sûr qu'on a pas mal à apprendre l'un d'l'autre. Et promis, ce s'ra juste à mains nues cette fois." répondit-il avec un sourire ravi

Mais cela attendrait car la soirée touchait à sa fin. En effet, Eleonnora disait devoir partir et Will réalisait qu'il était aussi temps pour lui de mettre les voiles. Sa visite avait été fort enrichissante même s'il se retrouvait à présent avec un sacré problème sur les bras. Tout n'était pas négatif, loin de là. Dans l'ensemble, c'était plutôt de bonnes nouvelles. Le rouquin remercia les deux femmes, appelant Eleonnora par un diminutif plus pratique à ses yeux. Elle ne semblait pas contre, c'était déjà ça. Etreignant sa grand-mère et la remercia, écoutant les conseils qu'elle lui donnait. C'était mignon de voir comme elle désirait prendre soin de lui, lui qui était bien le dernier à se préoccuper de sa propre santé.


"J'ferais attention. D'toute façon, j'veux pas être trop blessé sinon j'pourrais plus profiter d'ma famille et encore moins les prendre dans mes bras. Ce s'rait dommage." répliqua t-il avec un sourire

La vieille femme semblait avoir oublié quelque chose et s'éclipsa, prétendant que c'était pour Erïka, provenant de la pharmacie. Will haussa un sourcil. Pharmacie ? Erïka était-elle malade ? Pourtant, la dernière fois qu'il l'avait vue, elle semblait aller parfaitement bien. Peut-être s'était-elle sentie mal entre temps. Il fallait qu'il s'en assure et comptait bien lui rendre visite dès son retour de l'Institut. Il n'était pas encore très tard et elle ne dormait sans doute pas, c'était l'occasion. De toute façon, il était désormais chargé de lui apporter un petit sachet brun que venait de lui donner Anieta. Il le soupesa et constata que ce n'était vraiment pas lourd. Rien d'important comme du sirop ou quelque chose du genre. De toute façon, même s'il était curieux, il n'allait certainement pas fouillé dans le sac pour découvrir de quoi il s'agissait. C'était à sa soeur et non à lui.


"Pas d'problème, j'lui donnerais dès que j'la verrais. Puis, à jouer les coursiers, ça vaut bien un câlin, héhé."

Il cala le sachet sous son bras le temps de remettre ses affaires afin d'affronter le froid, salua une dernière fois la vieille femme puis descendit en même temps qu'Eleonnora. Le temps s'était nettement rafraichit et il regretta de ne pas avoir pris d'écharpe, remontant simplement son col. S'éloignant, sachet à la main, il espérait ne pas rater le bus qui l'amènerait à quelques kilomètres à peine de l'Institut. Une voix l'interpela alors et il se retourna. Eleonnora l'invitait à le ramener. Sa proposition était la bienvenue et le rouquin fit demi-tour en trottinant jusqu'à arriver à sa hauteur.

"J'dis pas non, j'ai pas encore d'découvrir les joies d'la cryogénisation pour l'moment ! C'est gentil Nora, merci."

Jusque là, il n'avait pas fait attention à la voiture qu'elle avait. En fait, il l'avait vu mais il ignorait qu'il s'agissait de la sienne. C'était une magnifique voiture de sport, noire, classe, qui devait coûter approximativement la peau du cul. Will ne pu s'empêcher de lui jeter un regard admiratif. Autrefois, il lui arrivait de s'asseoir sur un banc et de regarder simplement les voitures passer. Il adorait repérer les modèles spéciaux qui sortaient de l'ordinaire. Ca restait un tas de tôles et de mécaniques mais certaines étaient vraiment magnifiques.

"Ca m'donne davantage l'envie d'passer mon permis." fit-il remarquer

Il l'examina encore un peu puis, ne voulant pas faire poireauter celle qui avait la gentillesse de le ramener, ouvrit la portière pour grimper à l'intérieur. C'est alors qu'une voix féminine un brin électronique se fit entendre, baragouinant quelque chose en russe. Will observa le tableau de bord et nota qu'il s'agissait d'un GPS. Il était fier d'avoir compris ce qu'avait dit la machine. Grâce aux cours d'Erïka, il parlait maintenant un minimum russe et le comprenait bien plus facilement.


"Dobryy vecher !" lança t-il au GPS avant de prendre place et de mettre sa ceinture

Il conserva le sachet sur les genoux et la laisser converser avec son GPS, espérant qu'il savait analyser la circulation en temps réel afin de ne pas tomber dans les bouchons. Il espérait seulement que cela ne lui faisait pas faire un sacré détour par rapport à l'endroit où elle était censée se rendre à l'origine. D'ailleurs, cela l'intriguait qu'elle connaisse le nom de l'Institut où il résidait. Quoique... il était assez connu au final.


"Ouais, c'est ça. C'est une sorte d'internat au final. Pratique quand on a pas d'autre endroit où crécher. T'vis vers où toi ? Tiens, pendant qu'j'y pense..." fit-il en se penchant sur le côté pour extraire son téléphone portable de sa poche arrière "Passe moi ton numéro, comme ça on pourra r'prendre contact plus facil'ment, qu'ce soit à propos des jumeaux ou d'notre futur combat. Enfin s'tu veux bien."

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Jeu 24 Jan 2013 - 5:39

Eleonnora avait laissé cette discussion se dérouler tout naturellement, posant de temps à autre des questions lorsqu’elle cherchait à élucider certains points nébuleux concernant un quelconque sujet. Elle n’avait pas cherché à fouiner dans ce qui ne la regardait pas, ni même à poser davantage de questions sur des sujets qu’elle découvrit comme étant tabous dans cette famille. À force de discuter, d’apprendre à se connaitre, les trois personnes ici présentes en venait à parler de voyages. Anieta restait silencieuse, laissant William et Eleonnora s’apprivoiser, se connaitre l’un et l’autre. Le courant semblait bien passé, jusqu’à présent, ce qui était une excellente chose. Si Erïka n’appréciait pas l’apparition d’une sœur dans sa vie, peut-être que le simple fait de voir William bien s’entendre avec cette dernière la poussera à tenter le coup elle aussi. Ce n’était qu’une théorie. Après tout, s’il y avait bien une personne totalement imprévisible et impulsive, c’était bien Erïka. Alors que l’on pensait bien la cerner et prévoir ses réactions, on réalisait que l’on s’était royalement trompé. Elle avait le don de surprendre les autres, c’était bien certain. Avec beaucoup de chance, elle arrivera à apprivoiser Eleonnora et à devenir proche d’elle. C’était une question de temps et de confiance. Les choses ne se feront pas à la vitesse de l’éclair. Au moins, il était toujours possible d’espérer.

La jeune femme compris où William voulait en venir lorsqu’il lui demanda si elle allait souvent en Russie. Il venait de lui glisser subtilement qu’il connaissait certaines personnes qui seraient ravie de l’accompagner si elle y retournait. Il parlait probablement des jumeaux, s’incluant peut-être même dans le lot. Comme Eleonnora y allait peu souvent et n’avait pas de raisons valables de s’y rendre, ce ne serait pas pour tout de suite. De toute façon, elle ne connaissait pas encore les jumeaux. Si elle ne s’entendait pas avec eux, ce n’était pas la peine qu’elle se coltine un voyage en leur compagnie.

Avant de parler de voyage, autant parler de proximité. Après tout, elle vivait dans la même ville que les jumeaux. Elle aurait bien pu les croiser par hasard sans même le réaliser. Son père ne lui avait-il pas dit qu’Alexïs travaillait dans un restaurant réputé de la ville ? Elle fréquentait à l’occasion les établissements de la haute société et ne serait pas étonnée d’avoir déjà mis les pieds sur son lieu de travail dans le cadre d’une rencontre ou d’un repas entre amis.
Quant à Erïka, la jeune femme ne voyait pas où elle aurait pu la rencontrer. Elle ne l’avait probablement jamais vue de sa vie. Et puis, même si elle l’avait aperçu, elle ne s’en rappelait probablement pas, maintenant. Ce n’était qu’une inconnue parmi tant d’autres, après tout. À présent, c’était sa sœur.

Ils venaient de milieux différents, ils avaient des vies bien différentes, mais ils étaient liés par le sang sans même le savoir. Les jumeaux avaient vécu ce qui semblait être une enfance plutôt difficile avec l’absence de leurs parents, tandis qu’Eleonnora avait été élevée dans le luxe, cherchant à entrer dans les bonnes grâces d’un père militaire toujours absent. Son passage à l’armée l’avait renforcée autant physiquement que psychologiquement. Elle qui avait déjà du caractère, ce n’était que pire, à présent. Elle savait se battre pour ses idées, ses opinions, mais également pour se défendre. Comme la bagarre qu’avait eue Will avec des malfrats des rues le prouvait, la ville n’était pas des plus sécuritaires. En fait, personne sur cette planète n’était à l’abri du danger. Au moins, elle savait se battre afin d’éviter le pire. Elle fit d’ailleurs une petite démonstration de ses compétences au rouquin qui se laissa faire. De toute façon, en se débattant, il n’aurait fait que se blesser. C’était une sage décision qu’il avait prise. Ils pourront toujours prouver leur talent respectif au cours d’un combat amical, au corps à corps. Eleonnora proposa à l’homme de l’accompagner, un jour, au gym où elle s’entrainait à chaque semaine. Elle comptait s’arranger avec son entraineur pour que son invité puisse entrer dans problème. Ne visitant pas les centres de conditionnement physique connus, elle fréquentait plutôt un endroit où les machines dernier cris brillaient à travers la grande salle et où les entraineurs compétant prenaient grand soin de leurs clients plutôt fortunés. En un claquement de doigt, elle arrivera à faire entrer le rouquin, bien qu’il ne soit pas membre de l’endroit.

Sa proposition semblait ravir le rouquin. À voir le sourire qu’il affichait, c’était certain qu’il était motivé à faire ce petit combat. Elle avait une longueur d’avance sur lui. Ayant reçu un enseignement spécialisé, très stricte, elle avait appris à combattre et à survivre. Cependant, bien que le rouquin n’avait suivi aucun cours, il avait probablement appris à se battre avec son instinct et avait le sens de la débrouillardise. Il devait être habitué à se sortir des combats semblant perdus d’avance. Il avait peut-être certaines choses à lui apprendre, certaines techniques qui lui avaient été bien utiles dans la rue. Elle pourra également lui montrer quelques prises qui lui avaient sauvé la mise à certaines occasions. C’était du donnant donnant. Rien n’était perdu. Et puis, cela pourra leur permettre d’apprendre à mieux se connaitre.

Pourtant, William ne faisait pas partie de sa famille. Il faisait partie de celle d’Erïka, de celle d’Anieta, pas de la sienne. Elle ne lui devait rien, il n’était qu’un inconnu. Pourtant, puisqu’il faisait pratiquement partie de la famille, cela la poussait tout de même à faire certains efforts afin de le connaitre davantage. Et puis, il fallait avouer que sa présence n’était pas désagréable. Elle gagnera peut-être un ami, avec le temps. Elle n’en avait pas beaucoup, elle n’avait jamais le temps de les voir. Par contre, des connaissances, ça elle en avait des tonnes. Elle avait des contacts un peu partout et son répertoire téléphonique était bourré de nom et de numéros qu’elle ne rappellera probablement jamais.

Le temps s’était écoulé à une vitesse folle. Il était temps pour Eleonnora de quitter l’appartement. Elle avait des courses à faire et elle désirait également passer un peu de temps avec Evelynn, ce soir. Elle pourra toujours s’arrêter acheter un film sur le trajet afin qu’elles puissent le visionner ensemble, l’une contre l’autre, emmitouflées dans une grosse couverture. Après une séance d’au revoir, la jeune femme descendit les nombreuses marches menant au rez-de-chaussée. Elle ne savait pas s’il y avait un ascenseur dans cet immeuble et elle s’en fichait. Elle ne supportait pas ces petites cabines métalliques étroites qui menaçaient de s’arrêter à tout moment. Et puis, c’était meilleur pour la santé que d’escalader des escaliers.

Une fois à l’extérieur, la jeune femme vit William s’éloignait. Il rentrait à pied ? N’habitait-il pas à l’institut Xavier ? Elle ne savait pas où était situé cet endroit, mais ce n’était certainement pas dans les environs. Elle connaissait un minimum sa ville et elle était sûre qu’il n’y avait pas d’établissement scolaire dans un tel quartier résidentiel. Elle interpella le rouquin et lui proposa de monter dans sa voiture. Elle allait le reconduire à sa résidence.
Le rouquin observa l’automobile, un instant. S’il s’y connaissait un minimum, il pouvait remarquer que sa Mercedes avait été modifiée. Cela se voyait surtout de l’intérieur où elle avait fait installer tout ce qu’elle désirait. Cela lui avait couté une bonne petite somme, mais elle n’eut aucun mal à payer, quelques années plus tôt. Elle l’avait achetée il y a environ trois ans de ça. Maintenant, elle comptait la vendre, peu importe le prix, afin de se procurer une voiture électrique. Elle faisait déjà ses recherches afin de voir si elle pouvait obtenir quelque chose d’aussi performant et d’encore plus technologique que la voiture qu’elle possédait actuellement.
William affirma que voir un véhicule de ce genre lui donnait envie de passer son permis. C’était le moment où jamais. Les cours ne coutaient pas si chers et n’étaient pas obligatoires. Il n’avait que les examens à passer. S’il savait conduire une voiture et connaissait un minimum les règles de la sécurité routière, il n’aura aucun mal à faire l’examen.


-« J’avoue que ce petit bijou donne envie à pas mal de monde. Mais bon, je compte m’en débarrasser d’ici quelques mois. »

Sans plus tarder, elle monta elle-même son véhicule et démarra. Elle laissait le moteur se réchauffer le temps que William s’installe. Entre temps, son GPS lui demandait qu’elle était la destination qu’elle désirait rejoindre. La voix robotisée s’adressait toujours à elle en Russe, bien qu’elle avait la possibilité de changer la langue pour l’anglais. Elle ne parlait pas vraiment dans sa langue natale, habituellement. C’était l’un des rares moments où elle le faisait. Elle demanda à la voix électronique de lui indiquer le chemin pour se rendre à l’institut Xavier. William surpris la russe en s’adressant dans sa langue au GPS. Aussitôt, la voix robotisée le salua, par politesse. Décidemment, Eleonnora adorait les machines intelligentes.

-« Tu parles russe ? U Vas nebolʹshoy aktsent. » Fit-elle en lui indiquant qu’il avait un léger accent.

La jeune femme démarra et s’élança sur les routes de la ville. Elle quitta le quartier résidentiel pour rejoindre un boulevard, suivant attentivement les indications de son GPS. Sur le tableau de bord, situé au-dessus de la radio, un écran indiquait avec précision l’itinéraire, le temps du trajet, la circulation et tout un tas d’informations utiles. Parlant d’informations utiles, William extirpa son téléphone de sa poche et lui demanda son numéro de téléphone. Sans attendre, elle le lui récita afin qu’il puisse le prendre en note. Ce serait plus simple de le contacter ainsi. Et si elle, elle désirait le contacter ? Puisqu’ils étaient à un feu rouge, la jeune femme se retourna pour attraper son sac à main et en tirer son téléphone portable. Elle appuya sur l’écran, sélectionnant son carnet de contact et tendit l’appareil au rouquin afin qu’il entre ses coordonnées. Pendant ce temps, elle en profita pour répondre à sa question, se concentrant de nouveau sur sa conduite.


-« Je vis dans un loft au cœur de Manhattan.»

Sentant son ventre gargouiller, Eleonnora bifurqua dans un parking et vint se mettre en file, derrière une autre automobile, au service au volant d’un Starbuck qu’elle venait d’apercevoir. Elle n’avait pas mangé depuis ce matin et elle sentait qu’elle n’allait pas résister très longtemps à la faim qui la tiraillait depuis un moment. Elle observa le menu, l’espace d’un instant, puis détermina ce qu’elle souhaitait manger. Elle s’étira afin de fouiller son sac à main et attraper son portefeuille.

-« Tu veux quelque chose ? » Demanda-t-elle.

Ce n’était pas l’argent qui lui manquait. En général, les gens hésitaient toujours à se faire offrir quelque chose et préféraient décliner l’offre ou passer une minuscule commande afin de ne pas se montrer impolie. Elle, elle s’en fichait. Ce n’était pas une commande de restaurant qui allait la ruiner. Elle avança jusqu’à l’intercom puis passa sa commande ainsi que celle du rouquin. Par la suite, elle avança jusqu’au guichet afin de payer. Heureusement que les employés étaient rapides. Elle attendit une petite minute avant qu’une caissière ne vienne lui faire payer sa commande. La jeune femme ouvrit son portefeuille, contenant de très nombreux billets et en tira un qu’elle tendit à l’employé. Elle lui dit de garder les quelques dollars qui lui revenait, elle n’avait pas envie de trainer de la monnaie. Elle eut à peine le temps de ranger son portefeuille que son café lui fut servi. Elle le coinça dans le porte-gobelet. Puis, elle attrapa le reste de la commande et tandis le tout à William. Elle conserva seulement l’emballage de son sandwich. En redémarrant, elle se mit à manger doucement, tentant de ne pas mettre de nourriture partout.


-« Tu n’as pas idée à quel point ça fait du bien d'enfin manger quelque chose. » Fit-elle en reprenant sa route.

À présent, il n’y avait plus d’arrêts à faire. Ils se dirigeaient vers l’institut Xavier.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Jeu 24 Jan 2013 - 13:40

Au cours de la soirée, Will avait appris pas mal de choses qu'il ignorait encore. Comment aurait-il pu deviner que les jumeaux possédaient une demi-soeur et que leur père avait connaissance de leur existence depuis maintenant plusieurs années ? Rien à dire, Anieta cachait parfaitement son jeu. En serait-il lui aussi capable avec la promesse qu'il venait de faire ? Il n'avait pas trop le choix s'il ne voulait pas déclencher une guerre inutile et puérile. Mais il ignorait quelle serait la réaction exacte des jumeaux face à tout ça. Alexïs était souvent égal à lui-même. Jamais un mot de trop, toujours posé et acceptant les choses facilement. Mais en ce qui concernait Erïka, c'était une autre paire de manches. Elle était un peu comme la marée, montante et descendante, houleuse bien souvent. Mais on ne savait jamais à quel moment l'eau allait nous atterrir sur les pieds, quand bien même on avait pris ses précautions. Peu importait, d'un certain côté car Will serait toujours du côté de la jeune femme, quels que soient ses choix. Mais il désirait tout de même qu'elle s'ouvre un peu à cette nouvelle famille. N'était-ce pas ce qu'elle recherchait ? Et pour se faire, quoi de mieux de s'en imprégner lui-même ?

Il n'avait pas encore rencontré le père mais il était face à la demi-soeur. Probablement ne verrait-il le paternel qu'une fois que les jumeaux l'auront vu. Il avait l'air d'être un homme relativement secret et il n'avait aucun intérêt à rencontrer un type qui ne faisait même pas parti de la famille, quand bien même Anieta et Erïka affirmeraient l'inverse. D'ailleurs, il n'était même pas certain de le rencontrer un jour. Mais au moins, il avait vu celle qui aurait pu presque être la soeur à part entière des jumeaux. Il était content qu'elle ne le snobe pas complétement et s'intéresse un minimum à son cas. Peut-être était-ce seulement dû à la présence d'Anieta, qu'elle se forçait un peu. Mais ce n'était pas ce qu'il ressentait à travers ses différentes questions et cela lui faisait plaisir. A son tour, il apprenait également à mieux connaitre cette jeune femme et il espérait que cette rencontre ne serait pas la dernière. Ils n'avaient certes aucun lien mais il n'était pas impossible qu'ils s'en créent plus tard. Pour l'heure, ils récoltaient quelques informations l'un de l'autre, orales et physiques.

En effet, lorsqu'il s'agissait de se battre, quoi de mieux que de faire parler les points pour être plus explicite ? C'est ce qu'avait fait Eleonnora en faisant une petite démonstration de ses capacités au rouquin qui s'était laissé faire. Plutôt que de le vexer, cela l'avait motivé à l'affronter en véritable duel. Ils avaient sans doute pas mal à apprendre l'un de l'autre mais cela se ferait avec le temps. Pour le moment, la soirée s'achevait et il n'était pas question de s'affronter dans le salon d'Anieta. Eleonnora fit une proposition au rouquin qu'il accepta avec plaisir. A vrai dire, il n'avait pas l'habitude de fréquenter de salle de gym, se contentant du gymnase de l'Institut et il se demandait de quoi cela pouvait bien avoir l'air. Mais rien que la façon dont en parlait Eleonnora, il supposait que ce n'était la salle de gym de monsieur et madame tout le monde, ce qui l'intriguait encore plus.

Mais pour l'heure, chacun devait retourner chez soi. Les deux jeunes gens saluèrent la vieille femme et cette dernière confia à Will un petit sachet à remettre à sa soeur dès qu'il la verrait. Fins prêts, ils quittèrent l'appartement et chacun partit de son côté. De toute façon, le rouquin n'avait pas de véhicule puisqu'il ne savait pas conduire et il était bien obligé de faire une bonne partie de la route à pieds. Cela ne le dérangeait pas tant, habitué à vivre dans la rue et à tolérer un tel froid. Mais Eleonnora lui proposa de le ramener et il accepta plutôt deux fois qu'une. Il préférait en effet partager encore un petit moment avec elle et profiter de la chaleur de sa voiture plutôt que de s'ennuyer des heures à retrouver le chemin de l'Institut, dans le froid. Faisant un rapide demi-tour, il en profita pour admirer la voiture de la russe. S'il n'avait pas su qu'elle était riche, à présent il ne pouvait plus en douter un instant. Ce n'était pas n'importe qui qui s'achetait un tel engin. La réflexion de la jeune femme lui fit penser à une anecdote.


"Ca m'rappelle Emma... Elle avait rach'té une voiture neuve juste parce que j'avais tâché les appuis-têtes d'son autre bagnole quasi neuve plutôt qu'de simplement changer les housses ! J'me demande ce qu'elle en a fait d'ailleurs hmm... Mais et toi ? Tu comptes en changer ? Elle t'plait plus ?"

A moins que la voiture n'appartienne à son mari ? Non. Il n'avait vu aucune trace d'alliance sur son annulaire, ce qui annulait cette déduction. Ce qui lui confirma qu'il s'agissait de sa voiture était le fait que le GPS s'exprime en russe. Aussitôt, Will salua d'un air amusé ce petit appareil dans la langue de ce dernier. Puisqu'il apprenait le russe, autant l'utiliser ! Il fut surpris d'entendre la machine lui répondre et se mit à rire alors qu'il s'installait. Eleonnora sembla étonnée à son tour de l'entendre parler russe et ne manqua pas de lui faire remarquer qu'il avait un certain accent. Forcément. Déjà qu'il parlait mal à la base, alors dans une autre langue... Mais il s'entrainait de son mieux en compagnie de sa soeur.

"YA yeshche novichok !" se justifia t-il, précisant qu'il n'était que débutant "Rika m'apprend cette langue mais j'ai encore du mal avec la prononciation. C'pas évident mais j'm'entraine !"

Il était fier d'avoir compris ce que lui avait dit la jeune femme et cela le motivait davantage à continuer d'apprendre le russe. Mais si Will souhaitait revoir Eleonnora, il fallait qu'ils puissent se contacter. Simplement retourner chez Anieta en espérant la visite de l'un ou l'autre était un peu bancal comme plan. Le plus simple était de s'échanger leurs numéros de téléphone maintenant que le rouquin en possédait un. Il n'était pas encore très à l'aise avec mais savait s'en servir correctement. Il nota le numéro que lui citait Eleonnora et comptait lui envoyer un sms en retour mais la jeune femme lui tendit à la place son propre téléphone. Ca marchait aussi comme ça. Will s'en saisit et nota son numéro sous le nom de "William". Il notait toujours son nom en entier bien que rares étaient les personnes qui l'appelaient ainsi. En fait, il n'y avait qu'Emma, Anieta... et Eleonnora maintenant. Elle pouvait bien le renommer "tête de noeuds" plus tard si cela lui chantait, il s'en moquait. Au moins, elle possédait son numéro et il lui rendit son téléphone avant de s'intéresser à l'endroit où elle vivait elle.

Elle annonça vivre dans un loft, situé à Manhattan, ce qui n'étonna pas tant que ça le rouquin. Elle avait de l'argent, ça c'était certain. Au moins elle devrait vivre à l'aise. Il se demanda cependant si elle y vivait seule ou non mais se garda de poser la question. Cela ne le regardait pas et il supposait qu'elle ne prendrait pas la peine de lui répondre. Le ramener à l'Institut lui faisait faire un petit détour par rapport à son trajet initial et il espérait que cela ne la mettrait pas en retard, où qu'elle aille.


"J'espère que faire ce p'tit détour va pas t'mettre en r'tard."


Mais ce n'était visiblement pas le cas puisqu'elle quitta la route pour aller se mettre à la file d'un drive. Will supposa qu'elle avait simplement faim mais en fait, quelque chose le mettait mal à l'aise sans trop savoir pourquoi. Lorsqu'elle lui demanda s'il désirait quelque chose, il réalisa d'où lui venait ce souvenir. Ronald Anderson. Il s'était également arrêté à un drive pendant le trajet pour leur offrir à boire et à manger. Will fit une grimace à ce souvenir et hésita à quoi répondre à la question. Il avait bien un peu faim, mais puisqu'il ne mangeait jamais beaucoup, il n'allait pas lui coûter cher. De toute façon, il ne comptait pas la laisser payer sa part même si c'était gentil à elle. Il ne voulait dépendre de personne et estimait que c'était déjà trop souvent le cas. Maintenant qu'il avait de l'argent, il comptait bien s'en servir même si ce n'était là qu'une invitation de la part d'Eleonnora. Elle ne manquait certes pas d'argent mais il ne voulait pas qu'elle croit qu'il était intéressé par son argent. C'était loin d'être le cas.

"J'veux bien un café et une part d'cake. Ca m'fera mon r'pas du soir. Merci."

Il la laissa passer la commande et payer la totalité avant de prendre le ticket de caisse pour regarder combien il lui devait. Il nota le prix puis extirpa sa liasse de billet de sa poche intérieure avant d'en sortir le montant qu'il devait. Il posa le billet sur le tableau de bord, bien en évidence afin qu'elle ne l'oublie pas.

"Tiens, c'est ma part. Les bons comptes font les bons amis à c'qu'y parait." fit-il en souriant

Will conservait ce qu'il avait commandé sur les genoux, son gobelet de café à la main et constatait qu'Eleonnora mangeait. Il avait hésité à le faire, ne désirant pas salir sa voiture mais puisqu'elle le faisait, pourquoi hésiter davantage ? Il fit attention cependant à ne pas mettre de miettes partout, croquant dans son morceau de gâteau. La jeune femme lui fit une réflexion qui aurait sans doute fait réagir tout le monde d'une certaine façon. Mais pas Will. Parce que juste, il savait très bien ce que cela faisait de ne pas manger pendant plusieurs jours, à juste se contenter de restes pourris provenant d'une poubelle. D'ailleurs il n'était toujours pas bien épais. Il s'était remplumé un peu depuis qu'il était à l'Institut mais il était loin d'avoir la carrure d'une armoire à glace.


"Oh si, crois moi, j'sais c'que ça fait. Quand tu dois t'abstenir d'manger pendant plusieurs jours, n'importe quel mini morceau d'nourriture a l'goût d'paradis. C'est aussi un des bons côtés d'l'Institut. Nourriture à volonté ! T'avais rien mangé d'la journée ? Manque de temps ?"

Il but une gorgée de café tout en regardant le paysage défiler. Avoir une voiture serait vraiment utile. Mais ce n'était pas son objectif premier. A vrai dire, il avait voulu parler seul à seul avec Anieta ce soir, pour parler justement de son projet d'avenir. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle ait de la visite, aussi agréable soit-elle. Tant pis, cela attendrait. Mais il ne put s'empêcher d'évoquer à nouveau la vieille femme.

"Anieta est géniale, non ? J'aurais aimé qu'ma famille soit comme elle. J'suis content qu'elle ait déménagé, j'étais pas tranquille d'la savoir dans l'autre appart'."

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Ven 25 Jan 2013 - 6:57

Eleonnora était une femme de la haute société et ne se privait pas de le démontrer. Vêtements de marques, voiture de luxe, loft de millionnaire, elle avait tout pour elle. Elle savait comment se faire de l’argent, et pas seulement grâce à son travail. Elle savait parfaitement jouer avec son argent et l’investir adéquatement. Elle possédait quelques parts dans la compagnie familiales et comptait bien s’en procurer davantage avec les années. Bien qu’elle soit dépensière, il ne fallait pas se fier aux apparences. Elle aimait s’acheter des vêtements, qu’elle ne portera probablement qu’une seule fois dans toute sa vie. Lorsqu’elle faisait le ménage, elle refilait tout à Evelynn. Ce qu’elle ne désirait pas, elle allait le porter à une œuvre de charité quelconque qui pourra en faire bon usage. Elle avait un faible pour les vêtements et les chaussures, le véritable cliché de la femme accro au shopping. Par contre, elle n’était pas aussi matérialiste qu’elle pouvait le montrer. Elle saurait se contenter de peu, si elle serait privée de sa fortune. Puisque ce n’était pas le cas, elle faisait seulement qu’en profiter un maximum.

Elle n’était pas comme Emma Frost, à changer de voiture pour une minuscule tâche. Au contraire, elle préférait faire appel à un nettoyeur ou à un quelconque spécialiste automobile en mesure de faire disparaitre les égratignures de la carrosserie. Cela lui était arrivée à quelques reprises de devoir changer le pare-brise craquelé ou camoufler quelques rayures. Elle avait un modèle unique d’automobile et y tenait. Elle avait fait concevoir l’intérieur sur mesure, selon ses désirs. Si Emma Frost avait les moyens de changer si souvent de voiture, elle devait probablement opté pour des modèles bien communs chez les gens riches. Elle était seulement pointilleuse sur l’esthétique et trop paresseuse pour se trouver un spécialiste aussi compétant que le sien. C’était son problème après tout. Elle dépensait son propre argent. Eleonnora, elle préférait investir ailleurs, comme dans la nouvelle moto qu’elle avait achetée à sa petite amie pour Noël…


-« Bienvenue dans le monde des riches. Ils sont tous capricieux et adorent montrer qu’ils ont de l’argent, crois-moi. Pour ma part, je compte changer de voiture pour un modèle électrique. Après trois années de service, je crois que mon petit bijou est prêt à passer entre d’autres mains. Si je décide finalement de la vendre, il ne me restera qu’à la porter au garage pour quelques vérifications et trouver un acheteur. Je ne sais pas ce que fais miss Frost avec ses voitures, mais pour ma part je veux m’assurer qu’elles soient entre bonnes mains. Je l’ai fait concevoir sur mesure, elle est adaptée à mes besoins. J’y suis tout de même attachée. »

Elle pénétra, par la suite, dans sa voiture. Il faisait froid à l’extérieur et elle se hâta de démarrer afin de mettre le chauffage. Elle fut surprise d’entendre le jeune homme s’adresser à son GPS en Russe. Elle le questionna à ce sujet, dans sa langue natale, curieuse de savoir s’il parlait couramment. Il lui répondit qu’il n’était que débutant. C’est Erïka qui lui apprenait cette langue. Déjà, ce devait être sa langue natale. Ensuite, elle était linguiste, ou le sera dans le futur. Elle avait peut-être un don pour enseigner aux autres. En tout cas, il semblait avoir de bonnes bases. Certes, il avait un accent, cela s’entendait parfaitement. Par contre, il ne massacrait pas cette langue comme il massacrait l’anglais. C’était pratiquement jouissif pour ses oreilles de ne plus avoir à le décoder.

-« Ça fait longtemps qu’elle t’enseigne ? »

Puisqu’ils avaient encore du temps devant eux avant d’arriver à l’institut Xavier, les deux jeunes gens poursuivirent leur discussion. William la questionna, lui demandant où est-ce qu’elle vivait. Sans hésiter, elle lui répondit avec franchise. Cependant, elle omit de mentionner qu’elle ne vivait pas seule. Elle préférait ne pas parler d’Evelynn. Elle n’avait pas honte d’elle, au contraire, elle était toujours fière d’être avec elle et de la présenter comme sa petite amie. Pour l’instant, elle préférait éviter de parler de son couple et de son orientation sexuelle à quelqu’un lié à sa famille. Elle ne voulait pas que la nouvelle se transmette et craignait que son père ne finisse par l’apprendre un jour. Quoi qu’il en soit, le rouquin espérait que le détour qu’elle faisait ne la mettrait pas en retard. Si elle avait été pressée, elle ne lui aurait pas proposé de le ramener chez lui.

-« Ne t’en fais pas. J’ai toute la soirée. J’ai encore le temps de passer faire les courses avant que les épiceries ne ferment, ce ne sera pas un problème. »

D’ailleurs, parlant de courses, la jeune femme décida de s’arrêter au service au volant d’un Starbuck afin de se prendre un petit encas. Son dernier repas remontait à ce matin, à la sortie du gym. Elle proposa à William de lui prendre quelque chose à manger, s’il le désirait. Une fois la commande passée, elle paya le tout, sans lui demander son avis. Elle avait l’habitude, c’était elle qui offrait. Cependant, alors qu’elle avait toute sa commande et quittait le parking du restaurant, William déposa de l’argent sur son tableau de bord. S’il tenait à rembourser sa part, elle n’allait pas se plaindre. Elle conservera l’argent dans sa voiture, c’est toujours utile pour payer les parcomètres ou les stationnements payants lorsqu’elle se garait dans les rues du centre-ville. Quoi qu’il en soit, ces quelques dollars ne seront pas perdus. Dans le pire des cas, elle les glissera dans le sac d’Evelynn sans que celle-ci ne le réalise.

Sandwich à la main, tenant le volant de l’autre, la jeune femme mangeait avec appétit, tentant de conserver une certaine élégance. Ce n’était jamais chic d’avoir un morceau de tomate pendant hors de ses lèvres. Elle prenant donc de petites bouchées qu’elle mastiquait lentement avant de se jeter de nouveau sur son repas. Elle laissa échapper un commentaire, terriblement heureuse de pouvoir enfin manger quelque chose. Bien entendu, le rouquin savait ce que c’était que de ne pas manger pendant longtemps, de ne pouvoir se nourrir à sa guise. Il avait vécu dans la rue, ce qui était un quotidien pour les gens du milieu. Pendant un instant, elle avait complètement oublié cela. Elle ne voyait pas vraiment le voyou qu’il avait été, lorsqu’elle le regardait, mais plutôt le jeune homme qu’elle avait rencontré, aujourd’hui, dans l’appartement d’Anieta.


-« C’est vrai, tu es bien placé pour savoir ce que c’est. Maintenant, au moins, c’est terminé, tu sembles vivre dans un véritable palace. Enfin, c’est l’impression que j’ai quand tu parles de l’institut. » Elle croqua dans son sandwich, mastiqua lentement sa bouchée, puis l’avala avant de reprendre la parole. « J’ai mangé ce matin, mais j’ai manqué de temps pour diner convenablement. Entre la gym, la manucure et ma visite chez Anieta, j’ai à peine eu le temps de grignoter quelque chose. »

Le voyage se poursuivait, en silence. Eleonnora vint pour croquer son sandwich et réalisa qu’elle en était déjà à la dernière bouchée. Déjà ? C’était tellement bon qu’elle n’avait pas vue la nourriture disparaitre peu à peu dans son estomac. Dommage. Elle savoura donc cette toute dernière bouchée pleine de saveur avant de jeter l’emballage du sandwich dans la petite poubelle, bien dissimulée entre les deux sièges. Elle se concentra de nouveau sur sa conduite alors que William lui parlait de nouveau d’Anieta, vantant le fait qu’elle était une femme formidable. Il semblait avoir raison. Du peu qu’elle avait pu voir, aujourd’hui, Eleonnora pouvait dire que la vieille femme était adorable et tenait fortement à ses proches.
Ce qui attira l’attention dans les propos du jeune homme fut son commentaire quant à l’ancien appartement qu’elle habitait auparavant. Que s’était-il passé ? Avait-elle vécu dans un quartier pas très recommandable ? Plutôt que de faire des suppositions, elle posa directement la question.


-« Elle semble être une personne formidable comme il est rare d’en voir. Tu la connais mieux que moi, alors si tu dis qu’elle est géniale, c’est qu’il y a une part de vérité là-dedans. Mais pourquoi a-t-elle quitté son ancien appartement ? Il n’était pas sécuritaire ? Il s’est passé quelque chose ? »

Elle ne se doutait pas des événements qui avaient poussé Anieta à déménager dans un tout autre quartier, bien plus aisé. Peut-être qu’un jour elle connaitra la vérité. Si c’était le cas, ce ne sera probablement pas de la bouche de William. Comme elle ne pouvait le savoir, elle posait des questions, attendant simplement un semblant de réponse. Si l’envie lui en prenait, portée par la curiosité, peut-être même qu’elle le questionnera encore un peu si ses réponses ne lui plaisaient pas. De toute façon, si le rouquin devenait mal à l’aise avec le sujet, elle le verra rapidement. C’était le genre de détail que l’on apprenait à remarquer bien rapidement dans son métier.

Bien que l’institut soit situé en périphérie de la ville, le trajet lui sembla bien court. Ils étaient déjà arrivés. C’était bien dommage, elle appréciait la compagnie du rouquin. Elle supposait que si c’était également son cas, ils pourront se revoir et disputer ce fameux match amical. Se garant devant les grilles de l’imposant manoir, la jeune femme observa le bâtiment avec admiration. Le directeur avait de sacrés moyens pour tenir un tel endroit. Désirant avoir une meilleure vue de l’école, Eleonnora coupa le moteur et quitta son véhicule avant de claquer la portière. Aucun doute qu’en plein jour, l’institut devait resplendir. Adossée contre son automobile, la jeune femme attendit patiemment que William s’en extirpe afin de le saluer.


-« Au final, j’aurais connu deux membres de la famille. C’est pas si mal pour une première rencontre. Je te téléphonerais pour que l’on s’organise ce combat amical. Ça te convient ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
William McKellen
Modérateur
avatar

Messages : 1158
Date d'inscription : 06/10/2011
Age : 32
Localisation : Raccoon City

Fiche Tecnhique
Metier: Voyou
Age : 25 ans
Nationalité : Américain

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Ven 25 Jan 2013 - 15:02

Jamais Will ne comprendrait les riches même s'il le devenait à son tour un jour. Quel besoin de faire tant de gaspillage ? Il y avait tant de personnes qui avaient à peine de quoi manger ou se vêtir... et les riches jetaient l'argent par les fenêtres sous prétexte que tel ou tel objet ne lui plaisait plus. A les entendre, tout n'était qu'une question de goût et de temps de possession, comme si tout était si facile à se procurer, à acheter. C'était comme s'ils vivaient dans un autre monde, à part, où tout leur était dû, où tout leur était permis. Si le rouquin n'avait pas compris l'attitude d'Emma de changer de voiture pour une raison aussi stupide qu'une housse d'appui-tête, il comprenait cependant un peu mieux Eleonnora. Au moins, elle avait utilisé un minimum l'engin avant de désirer en changer. Le besoin de changement, il le comprenait même s'il restait sceptique sur la réelle nécessité de changer de véhicule, surtout un qui était sur mesure. Mais puisqu'elle avait les moyens, pourquoi se priver ? Si les riches ne savaient à ce point pas quoi faire de leur argent, ils n'avaient qu'à en donner une partie à ceux qui n'avaient rien. Mais Will se garda de faire un tel commentaire. Il n'était pas à leur place et n'avait pas eu la même vie. Pour eux, c'était sans doute normal. C'était plutôt paradoxal d'entendre Eleonnora tenir un tel discours cependant, comme si elle ne se considérait pas dans le lot.

"Grand bien leur fasse. Mais pourquoi n'pas garder ta voiture ? J'veux dire, t'achète la nouvelle là et puis tu conserves celle-ci. Comme ça, si t'as envie d'changer d'temps en temps, ben t'as qu'à prendre l'une ou l'autre, au choix. T'as p't'être pas de garage pour ça remarque... Faut vraiment qu'j'apprenne à conduire moi."

Plutôt que de rester transis de froid, le rouquin ouvrit la portière pour se mettre au chaud et éviter à Eleonnora d'attendre trois plombes. Déjà qu'elle avait la gentillesse de le ramener à bon port, il ne fallait pas non plus qu'elle commence à le regretter. A peine était-il entré qu'il entendit une drôle de voix s'exprimer en russe. Il s'agissait en fait du GPS intégré à la voiture. Amusé, le rouquin en profita pour saluer la machine dans cette langue. Puisqu'il savait plus ou moins parler russe, autant ne pas se priver pour s'entrainer un peu. Eleonnora ne manqua pas de le remarquer et il lui expliqua que c'était Erïka qui le lui apprenait. Elle n'était peut-être pas très patiente mais c'était un bon professeur. Will avait tout de même encore du mal avec la prononciation de certains mots mais au moins il les disait en entier.

"Ca fait quelques mois. Mais faut dire qu'on est pas mal occupés tous les deux, moi par mon boulot, elle par ses études alors on fait assez peu d'cours. Mais j'tenais à apprendre le russe pour pouvoir parler avec chaque membre d'la famille. Et puis, c'toujours bien d'savoir parler plusieurs langues. Rika f'ra un bon prof plus tard !"

En effet, depuis qu'il travaillait, le rouquin voyait moins sa soeur. Et lorsqu'ils se voyaient, il ne manquait pas de lui parler en russe histoire de s'entrainer un peu dans des situations de tous les jours. Alors qu'ils discutaient tranquillement, Will espérait qu'il ne mettrait pas en retard la jeune femme. Celle-ci lui confirma que non, qu'elle avait le temps même de faire quelques courses en repartant. Rassuré, il se contenta d'observer le paysage qui défilait. Dire qu'il aurait pu faire tout ça à pieds... Combien de temps cela lui aurait pris ? Deux heures ? Possible. Au moins il était au chaud et en bonne compagnie car même s'il ne la connaissait que depuis peu, il appréciait Eleonnora. Elle semblait plus facile à vivre que sa demi-soeur. Mais ce n'était peut-être qu'une apparence, tout comme Erïka était plus douce et gentille qu'elle ne voulait bien le montrer. Le meilleur moyen de le savoir était de continuer à la voir et c'était bien ce qu'il avait prévu en lui proposant un combat à l'amiable dans un futur proche. Pour être certain que ce n'était pas des paroles en l'air, ils échangèrent leurs numéros de téléphone. Ainsi, ils pourraient rester en contact, que ce soit en rapport avec la famille Davidoff ou bien juste pour passer un peu de temps ensemble.

Même si Eleonnora n'était pas pressée, Will s'étonna de la voir s'arrêter à un drive. Mais il était vrai qu'ils n'avaient rien mangé chez Anieta et le rouquin avouait que combler son petit creux ne lui ferait pas de mal. Ainsi, il profita de la commande de la russe pour prendre un café et de quoi manger. Mais il ne comptait pas la laisser tout payer, aussi riche soit-elle. Il tenait à payer tout ce qu'il recevait qui n'était pas désigné directement comme un cadeau. Il remboursa donc sa part en laissant de l'argent sur le tableau de bord. Ainsi, il avait la conscience tranquille et n'avait pas l'impression de devoir quelque chose à quelqu'un. Il détestait avoir des dettes et estimait qu'il devait suffisamment de choses comme ça à tout le monde. Un jour, il aurait beaucoup d'argent et pourrait se permettre d'à son tour payer repas et cadeaux. Pour le moment, il se contentait de manger et de boire, savourant tranquillement son maigre repas.

Eleonnora fit une réflexion comme quoi elle n'avait pas mangé depuis longtemps et que cela lui faisait un bien fou. Will ne pouvait que la comprendre, ayant été face à ce cas de figure tellement de fois qu'il aurait été incapable de les dénombrer. C'était son lot quotidien lorsqu'il était dans la rue après tout. Mais comme le signalait la jeune femme, c'était à présent derrière lui. Elle n'avait pas tort en qualifiant l'Institut de palace. Après tout, il s'agissait d'un gigantesque manoir où tout était à la disposition des élèves. Ils n'étaient vraiment pas malheureux, bien au contraire. C'était comme un rêve devenu réalité ou mieux encore. Eleonnora fit une rapide énumération de ses activités de la journée, ce qui laissa le rouquin dubitatif. Il n'y avait rien de si urgent qui aurait pu l'empêcher de manger. Comme quoi ça ne devait pas être l'une de ses priorités. Cela se voyait à sa corpulence, elle était loin d'avoir de l’embonpoint. Tout comme Will. Même s'il mangeait bien plus que lorsqu'il était dans la rue, il restait filiforme même si l'on devinait sa musculature sous ses vêtements.


"Y a d'ça. C'est une sorte de grand manoir, si grand qu'il peut accueillir des dizaines et des dizaines d'résidents. On a tout à portée, c'est une véritable bénédiction c't'endroit. J'imaginais même pas qu'ça puisse exister... et encore moins qu'j'y avais ma place." répondit-il d'un air ravi "T'as l'air d'être effectiv'ment une femme occupée dis moi. Tu t'entraines souvent même si t'es plus à l'armée ? D'ailleurs, t'y a été combien d'temps ?" demanda t-il, curieux avant de constater qu'elle avait terminé son sandwich. Peut-être avait-elle encore faim alors il lui tendit son cake à moitié entamé "Encore faim ?"

Il ignorait si elle désirait en parler ou non. Parfois le passé était bien où il se trouvait... Mais Will n'avait pas sa langue dans sa poche et parlait des choses naturellement. Tellement qu'il parlait parfois un peu trop, évoquant certaines choses qu'il aurait mieux fait de taire. Il ne réalisait pas que certains sujets étaient sensibles et qu'il valait mieux éviter de mettre tout le monde au courant. Mais Eleonnora faisait partie de la famille après tout, non ? Elle avait droit de savoir. Seulement, lorsqu'elle lui fit une réflexion à propos du déménagement d'Anieta, le rouquin hésita. Devait-il tout lui dire ? Certainement pas. Anieta était restée évasive et ce n'était sans doute pas pour rien, il en avait déjà trop dit. De toute façon, jamais il ne dirait ce qui s'était produit à l'ancien appartement. Ce que lui avait confié Erïka ne serait jamais révélé. Pas même à Amy. Si elle désirait en parler un jour, c'était à elle de le faire et non à lui. Malgré tout, il pouvait apporter une petite précision pour expliquer le pourquoi du comment sans non plus trop en dire. Restait à espérer qu'Eleonnora ne soit pas trop curieuse.

"Elle l'est. A elle seule, elle m'a donné une toute aut' vision du monde. Un vrai rayon d'soleil." fit-il avant de boire une gorgée de café, se donnant le temps de réfléchir à ce qu'il allait répondre par la suite "Non, son appart' n'était plus sécuritaire. En fait, sa fille a trouvé l'adresse et est v'nue tenter d'récupérer ses enfants par la force. Ca a faillit mal tourner mais heureus'ment, elle est r'partie les mains vides. Pour éviter qu'ça n'arrive à nouveau, elle a déménagé. Et j'pense que ton père n'y est pas étranger car j'me suis toujours d'mandé d'où elle sortait l'argent pour ainsi vivre dans un si beau quartier."

Ca avait en fait mal tourné. Mais ça, elle l'apprendrait peut-être plus tard. Pas de sa bouche en tout cas. Après tout, il n'avait appris tout ça que récemment lui aussi. Il ne voulait pas mentir à Eleonnora mais il ne pouvait pas non plus tout lui révéler. Chaque chose en son temps... Pour l'heure, le trajet était terminé et Will aperçu enfin les grilles de l'Institut. Finalement, cela n'avait pas pris tant de temps que ça. Il était temps pour eux de se séparer même si le rouquin aurait encore aimé discuter un peu avec elle. Ils avaient encore beaucoup à apprendre l'un de l'autre. Eleonnora descendit de son véhicule une fois qu'elle eut coupé le moteur. Will récupéra le sachet, termina son cake et s'empara du gobelet de café vide de sa main blessée. Pas question de le laisser trainer dans la voiture. Une fois à l'extérieur, il commença à regretter la chaleur de l'habitacle. Il fit le tour de la voiture et s'avança vers Eleonnora afin de la saluer une dernière fois. Celle-ci lui fit une réflexion qui le surprit mais lui fit chaud au coeur. Elle parlait de lui comme d'un membre de la famille. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir et elle dû le remarquer au large sourire qu'il lui offrait alors. Sans doute ne le considérerait-elle jamais comme un frère mais au moins elle l'acceptait tout de même, c'était l'important.

"Moi une seule pour l'moment mais elle en valait drôl'ment la peine. Content d'te connaitre, Nora. J'attends ton coup d'fil avec impatience dans c'cas ! Mais si t'as juste envie d'causer ou qu'on s'fasse un truc, hésite pas non plus. J'trouverais un moment pour m'libérer, y a pas d'souci." assura t-il en souriant, lui tendant la main pour la lui serrer une dernière fois

_________________

Tu touches, tu payes ! (avec les dents >_<)

"Monseigneur William le Borgne de Philadelphie, Roi des Aveugles et Chevalier Servant de la Demoiselle Amylia"


Joue également:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tumbleweed.forumactif.org/
Eleonnora S. Davidoff

avatar

Messages : 186
Date d'inscription : 18/10/2012
Age : 24

Fiche Tecnhique
Metier: Agente du SHIELD
Age : 28 Ans
Nationalité : Russe

MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   Ven 25 Jan 2013 - 19:10

Eleonnora avait beau être une femme, ce n’était pas cela qui allait l’empêcher d’aimer les automobiles. Ce domaine était vu comme étant réservé aux hommes, mais bien des femmes y exerçaient leur métier à la perfection. Il suffisait de penser à sa garagiste qui n’était peut-être pas de son goût, mais qui était d’un véritable professionnalisme. Elle en avait appris beaucoup au sujet de sa voiture, en sa compagnie. On pouvait dire que ces connaissances n’étaient pas inutiles. Elle pourra certainement s’en servir si elle décidait de s’acheter une nouvelle voiture. L’idée de William n’était pas folle. Peut-être devrait-elle conserver son bijou et le garer dans le parking de l’immeuble. Il était intérieur, ce qui empêchait les luxueuses voitures des résidents d’être abîmées par la pluie et le mauvais temps. Et puis, ça leur évitait de la déneiger l’hiver. Vu le nombre de place qu’il y avait de disponible, elle n’aura aucun mal à en occuper une autre. Elle réfléchira à tout cela plus tard.

-« Ce serait une idée. Je verrais bien lorsque je me serais finalement décidé. Si tu veux prendre ton permis, je te conseille de te trouver rapidement une auto-école. Il parait que les cours ne coûtent pas très chers et durent très peu de temps. Si tu as une voiture pour t’exercer tu n’auras aucun mal à passer ton examen. »

Puisque la conversation était terminée, la jeune femme pris place dans son véhicule. Elle n’avait pas envie de s’éterniser à l’extérieur. Accueillit par la voix de son GPS, elle ne s’attendait pas à ce que le rouquin puisse s’y adresser en Russe. Où avait-il appris cette langue ? Y avait-il des cours à l’institut ? Curieuse, elle lui posa la question. À quoi bon passer par quatre chemins pour obtenir une simple réponse ? Bien rapidement, elle découvrit que c’était sa demi-sœur qui lui apprenait sa langue natale. Elle n’était pas très facile à apprendre, surtout à l’écrit. Pour l’instant, il savait un peu la parler, c’était déjà un bon début. Ils avaient tous deux des horaires chargés et l’homme n’avait pu profiter que de quelques leçons pour lui apprendre la base. Puisqu’il désirait apprendre à parler avec la famille, il allait être ravi d’avoir une personne de plus à qui s’adresser. Elle sera ravie d’avoir enfin un interlocuteur autre que son père. L’enseignement, ce n’était pas du tout son truc. Ce n’était pas elle qui allait lui apprendre quoi que ce soit de bien utile, contrairement à Erïka. Par contre, elle le fera apprendre en discutant avec lui. Elle ne voyait pas meilleur moyen d’apprendre une langue. C’était ainsi qu’elle avait véritablement appris l’anglais. Elle avait de solides bases en mettant les pieds en Amérique, mais ce n’était qu’une fois sur le terrain qu’elle put apprendre parfaitement cette langue, autant à l’oral qu’à l’écrit. À présent, elle était parfaitement bilingue. Elle parlait également une troisième langue, apprise à l’école, mais en avait depuis longtemps perdu certaines notions.

Le trajet en voiture suivait son cours. Ils discutaient toujours, mais une fois arrêtés au service au volant d’un restaurant. La jeune femme avait faim et elle proposa au rouquin de prendre quelque chose. Après avoir payé et reçu leur commande, ils étaient de retour sur la route. Même si Eleonnora s’était occupée de régler la commande, comme si c’était naturel, William préféra laisser sa part de la facture sur le tableau de bord. Cela la fit sourire. C’était bien gentil de sa part. Payer pour de la nourriture, de temps à autre, ne devait pas lui poser problème. À ce qu’elle avait compris, l’institut Xavier offrait la nourriture à volonté aux pensionnaires. C’était bien aimable de leur part. Puis, d’une pensée à une autre, elle vint finalement à se demander combien les étudiants payaient pour résider dans un tel établissement ? Pour avoir été dans des écoles réputées qui coutaient des fortunes, la jeune femme savait que ce n’était pas donné à tout le monde d’étudier dans de prestigieuses écoles. Si elle se rappelait bien les moments où elle avait parlé de l’institut avec le rouquin, ce dernier lui avait dit qu’il ne payait rien pour y étudier. Était-ce le cas pour les autres ? C’était très curieux tout cela. Elle décida de se taire sur le sujet. Elle pourra toujours faire quelques recherches de son côté.
Visiblement, William se comptait chanceux de vivre dans un tel endroit. Qui ne le serait pas ? Il avait vécu la pauvreté, il connaissait davantage la valeur des choses, plus que quiconque. Il était bien placé pour savoir à quel point c’était un véritable miracle de pouvoir habiter un endroit luxueux ou tout était à portée de main. Ce n’était pas pour autant qu’il se laissait aller à la facilité. Il étudiait, il travaillait, il tenait à avoir une qualité de vie bien supérieure, de voler de ses propres ailes.

En parlant de l’emploi du temps d’Eleonnora, cette dernière lui énuméra quelques activités de sa journée. Elle omit de parler du moment torride qu’elle avait partagé avec sa douce et du fait qu’elle prenait deux heures à se faire belle avant de sortir. N’empêche, cela avait mangé de nombreuses heures dans la journée. Après, elle avait filé à son entrainement du jour, puis chez la manucure avant de se rendre chez Anieta. C’était ce qu’elle faisait de ses journées de congé, habituellement. Elle en profitait pour faire ce qu’elle ne pouvait pas faire lorsque son travail l’appelait. On pouvait croire qu’elle se la coulait douce, qu’elle avait tout son temps dans une journée, mais lorsque l’on savait à quel point elle prenait soin de son apparence, on pouvait facilement comprendre pourquoi il lui manquait de temps dans la journée.

Puisqu’elle parlait de son entrainement au gym, son passager lui posa quelques questions au sujet de l’armée. Elle pouvait dire bien des choses sur ce qu’elle y avait fait, sur le temps qu’elle y avait passé, mais ne parlera jamais du traumatisme qu’elle avait vécu. Elle tentait simplement de vivre avec, de faire de son mieux pour que rien ne soit évident, même aux yeux d’Evelynn. Elle désirait se montrer forte pour elle.


-« Je suis entrée dans l’armée à l’âge de seize ans. À vingt ans je l’ai quittée et je me suis installée ici peu de temps après. Ça ne m’empêche pas de m’entrainer pour garder la forme. Je tente de me rendre au gym une fois par jour lorsque j’en ai l’occasion. Il n’y a rien de mieux pour se défouler. »

Elle ne voulait pas vraiment discuter des raisons qui l’avaient poussée à quitter l’armée. Guerre, affrontements, tout cela était du passé. Elle continuait de se battre, maintenant qu’elle était au SHIELD, mais le faisait pour d’excellentes raisons. Elle avait réellement l’impression de faire la différence, ici. Elle adorait son travail, être dans le feu de l’action, même s’il lui arrivait de s’ennuyer de sa carrière de chanteuse. Elle faisait surtout cela pour faire de l’argent car elle en avait besoin, au départ. Elle avait une jolie voix et adorait chanter. C’était un hobby, un passe-temps pour elle. Aura-t-elle pu en faire sa vie, sa carrière ? Elle n’en savait rien. Peut-être qu’un jour, elle se serait ennuyée de l’action, des combats. Les chanteuses étaient des divertissements pour le public. Être agent permettait de réellement aider ce public. Ne désirait plus penser à tout cela, elle porta son regard sur William, qui lui proposait du gâteau. Elle secoua légèrement la tête.

-« Non merci. Ça va aller. »

William parla d’Anieta. Il voulait peut-être avoir son avis sur la vielle femme. Comme elle la connaissait peu, elle n’avait pas une opinion bien développée. Elle pourra avoir une meilleure idée de qui elle était lors d’une prochaine rencontre. Après tout, la première impression n’était pas toujours la meilleure. Cependant, elle doutait d’y voir autre chose qu’une femme adorable, chaleureuse et attentionnée. C’était l’image qu’elle avait projeté et selon les dire de William, c’était dans sa nature que d’être ainsi.
Cependant, la jeune femme se demandait ce qui l’avait poussée à quitter son ancien appartement. Avait-elle eut des ennuis ? Elle désirait avoir quelques explications sur le sujet et William le lui en fournis. Tout était à cause de sa fille. Pourquoi s’acharnait-elle à faire du mal à ses enfants ? Pourquoi ne pas les laisser tranquille ? Quoi qu’il en soit, c’était une bonne chose qu’elle ait changé de quartier. À son âge, elle ne pouvait se battre comme une femme beaucoup plus jeune. Elle devait penser à sa propre sécurité, puis à celle de ses petits-enfants. Heureusement, il n’y avait pas eu de drame.
Le rouquin se lui fit part de ses soupçons sur l’implication du père dans le déménagement. Après tout, Anieta vivait dans un appartement beaucoup plus luxueux, à présent. Elle devait bien avoir pris l’argent quelque part. Eleonnora, elle, connaissait la réponse. Pour une fois que son père lui donnait des informations…


-« C’est mon père qui lui fournis l’argent pour payer cet appartement. Il a su qu’il s’était produit quelque chose et a fait en sorte qu’Anieta soit en sécurité. Il y a longtemps qu’il transfert de l’argent pour les jumeaux, aussi. Je suis tombée sur ses finances, une fois. Il faisait des virements à des comptes inconnus, mais j’ai évité de poser des questions. Maintenant, je sais pour qui est cet argent. Il n’est pas doué pour donner de l’affection, mais de l’argent, si. Il a toujours été comme ça. Ça doit être sa façon de montrer ses sentiments ou je ne sais pas trop quoi du genre. Probablement qu’il leur remettra cet argent selon l’issue de leurs futures rencontres. Tisser des liens ne sera pas simple, mais j’espère qu’il fera des efforts. »

Elle prit quelques minutes afin de réfléchir à tout cela. Elle en avait tant appris sur la mère des jumeaux et n’avait aucune envie de la rencontrer. Si elle devait de nouveau causer du tort à ses enfants, peut-être qu’Eleonnora pourrait y faire quelque chose. C’était son métier d’aider les autres, de combattre le mal qui pullulait dans la ville. Mais si elle le faisait, c’était parce qu’elle le voulait. Elle avait peut-être l’air superficiel, vivant de son petit monde, mais elle était toujours prête à aider. Si elle n’était pas venue au secours d’Evelynn, cette fameuse nuit d’été, jamais elle n’aurait pu faire sa merveilleuse rencontre. Il y a des choses qui en valent vraiment la peine dans la vie.

-« Si jamais la mère des jumeaux venait à revenir pour leur faire du tort… Appelle-moi, d’accord ? Ça ne me concerne pas, mais j’ai de très bon contacts dans la police, je pourrais m’occuper de son cas assez facilement. »

La jeune femme venait de se garer devant l’immense portail de l’institut Xavier. Ils étaient arrivés. Dommage, la discussion aurait encore pu se poursuivre pendant longtemps. Puisque William avait sûrement des choses à faire, lui aussi, autant le laisser aller. Elle pourra le rencontrer une autre fois pour discuter avec lui ou aller boire un verre. Elle supposait qu’il était majeur et qu’il n’y aura aucun problème.
Quittant son automobile, elle s’y adossa afin d’attend que le jeune homme quitte le véhicule. Elle avait la politesse de le saluer une dernière fois avant qu’il n’entre dans ce magnifique manoir. Il lui tendit la main et elle se redressa afin de la lui serrer. Ils se reverront bientôt, c’était certain.


-« Ne t’en fais pas, tu auras bientôt de mes nouvelles. Si mes horaires de travail ne viennent pas me gêner, il n’y a aucun doute que je t’appellerais dans les temps à venir. Passe une bonne soirée. »

Elle entra dans sa voiture, claquant la portière. Puis, elle démarra et fit demi-tour, suivant les indications du GPS afin de retrouver la civilisation. Dans son rétroviseur, elle vit William franchir le grand portail, puis disparaitre dans la nuit. Ce fut une belle rencontre. Maintenant, elle espérait pouvoir s’entendre aussi bien avec son frère et sa sœur de sang. La rencontre sera peut-être pour bientôt et elle devait s’y préparer psychologiquement. Elle espérait que la découverte de cette nouvelle famille pourra en unir ses membres et apporter le bonheur à ceux qui en avait été privés pendant trop longtemps.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]   

Revenir en haut Aller en bas
 

À la découverte d'une nouvelle famille [William Cage]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La Nouvelle Famille(Pv: Givre ,Chêne, neige,Azur)
» Lhassa Apso de 7 ans cherche une nouvelle famille
» Une nouvelle famille (pv Kaelig)
» Découverte d'une nouvelle maison ( Gabriel )
» (2F / 1M ) // cette nouvelle famille ≮ (2/2)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
X-Men : Sentinel Project :: Le Monde :: New-York :: Les Quartiers :: Appartement d'Anieta McGowen-