X-Men : Sentinel Project

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 It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|

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MessageSujet: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mer 20 Juin 2012 - 7:42

New York City.
La grande, la lumineuse, la très populaire et très médiatisée New-York. La grosse pomme, la ville qui ne dort jamais. Ce n'était pas la première fois que j'y mettais les pieds, mais je ne l'avais jamais regardée comme ça. Jamais comme la ville qui me verrait vivre au quotidien... J'aimais bien l'Angleterre. Londres, surtout. On avait beau en dire ce qu'on voulait, Londres la grisâtre me convenait parfaitement. J'adorais la mode britannique et la pluie. Ah, la pluie londonienne ... Je crois que c'est ce qui allait le plus me manquer. La lourde pluie froide et revigorante de mon ancien chez moi. C'était bizarre de qualifier Londres «d'ancien chez moi», puisque j'y avais vécu toute ma vie. Pourtant, la décision de venir nous établir à New-York, toute ma famille et moi, ne tenait qu'à ma petite personne. C'était moi qui avait choisi de venir ici. Pour étudier à la très prestigieuse Institut Xavier...

J'avais découvert mes pouvoirs de mutante peu de temps auparavant. Je n'avais que 16 à l'époque... Ah la lointaine époque... il y a un an. Quoi... il me semble que ça fait déjà une décennie ! (Non, non, je n'exagère jamais... Sarcasme ? Connais pas...). Mon père avait été d'une gentillesse et d'une compréhension remarquable à ce sujet, d'ailleurs. Il m'avait offert le choix sans condition, je n'avais qu'à décider. Ce que j'ai fais.

Je suis maintenant les deux pieds sur une bouche d'égout immense, un grillage gris et un peu rouillé qui laisse monter des relents à l'odeur épouvantable. Jolie première impression de ma ville d'adoption ! Je jette un oeil à droite, puis à gauche, puis droit devant moi ... Et rien ne m'attire particulièrement. Pas que je trouve ça laid ou ennuyant. Seulement, j'aurais voulu commencer ma visite de la ville avec quelque chose de plus ... exceptionnel. Un genre d'initiation, un truc original que je pourrais raconter à mes futurs amis mutants, quoi ... Enfin. Comme rien de ce qui m'entoure ne m'égaye plus qu'il ne le faut, je décide de m'en remettre au hasard. Sans prêter attention aux centaines de passants qui défilent sans se soucier de moi, de toute façon, je me met à tournoyer sur moi-même et ne m'arrête qu'après 17 tours. J'ai 17 ans, je tourne 17 fois. Na.

J'ouvre les yeux et souris. Je réalise que je regarde en direction du seul endroit que je n'avais pas envisagé. J'avais regardé à droite, puis à gauche, puis droit devant moi. Mais pas derrière. La ruelle minuscule et un peu miteuse qui s'enfonçait dans les profondeurs de New-York me donna un regain de joie et une envie irrésistible d'aventure s'insinua en moi. Bon, je n'allais pas partir en guerre ou risquer ma vie, mais j'allais tout de même évoluer en terrain inconnu. Ça me plaisait bien ... Déterminée, je pris donc un pas, puis deux, puis trois et ainsi de suite vers ma nouvelle destination. Son nom ? Nulle part et partout à la fois. Personne ne m'attendait pour le moment. Mes parents s'installaient dans notre nouvel appartement (appartement ? Moi j’appellerais plutôt ça un immense loft de luxe à 2 étages, mais mes parents préfèrent «appartement») et mes quatre frères étaient partis s'occuper je-ne-sais-où à je-ne-sais-quoi. Comprenez bien que je m'en fichais. J'adore mes frères, mais de là à savoir toujours où ils sont, avec qui et ce qu'ils font ... rien à cirer. Ainsi donc, je disais que personne ne m'attendait. J'avais mon portable sur moi, j'étais donc joignable en tout temps et mes parents savaient très bien que, de toute façon, je ne ferais qu'à ma tête tant que je n'aurais pas vu ce que je voulais voir. Et qu'est-ce que je voulais voir ? Eh bien je n'en savais rien, mais je ne m'arrêterais pas de marcher tant que je ne l'aurais pas vu. C'est dans cet état d'esprit de que je zigzaguais de ruelle en ruelle, courant les coins sombres et priant presque pour tomber sur un type louche. Le seul hic ? Il n'y avait presque personne dans ces ruelles ...

Au bout d'un quart d'heure de marche à ne pas rencontrer âme qui vive, j'en vint à me demander si j'étais toujours à New-York. M'arrêtant un instant pour m'orienter, je repris la direction de la civilisation en chantonnant doucement pour moi-même ...

A n n a - « Start spreading the news ... I'm leaving today. I want to be a part of it ... New-york, New-york !»

J'étais presque de retour dans les rues bruyantes de la Grosse Pomme quand j'entendis un bruit insolite. Plus loin sur ma gauche, j'entendais des voix. Deux types qui discutaient ... Et évidemment, en étourdie aventurière que je suis, qu'est-ce que je fis ? Bah je me dirigeai vers les voix ... !

A n n a - «If I can make it here, I can make it anywhere. It's up to you New-York, New-York !»

Je n'avais aucune idée de sur qui j'allais tomber, et la petite voix de l'anxiété en moi me hurlait de rester prudente, de ne pas me fourrer dans le pétrin alors que ça faisait à peine une heure que j'étais là, mais je la fis taire sèchement. J'étais une mutante, désormais. Il me fallait agir comme tel ... Seulement, je n'avais pas encore compris que «mutant» ne signifiait pas «téméraire» et «inconscient». N'importe quel prédateur aurait pu m'attendre à l'intersection des deux ruelles mal éclairées. Et pourtant, la chance semblait de mon côté. Les deux voix s'étaient éteintes, et des pas s'éloignaient. Il ne restait qu'une personne au coin, adossée sur un immeuble. Un homme, qui fumait tranquillement. Et moi, qui arrivait droit sur lui. J'aurais pu tomber pire ... mais j'aurais sans doute pu tomber mieux pour ma première rencontre à New-York !

[HRP : Tu me dis si quelque chose ne va pas ! Je ne veux pas que tu crois que je «joue» ton personnage, alors si jamais tu n'aimes pas le fait que je t'ai déjà «mise» dans le rp, et bien tu le dis et je remix le tout ! ^^]
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Jeu 21 Juin 2012 - 6:11

]] Mais non ! Zane qui fume, tu ne peux pas te tromper xDD ]]


La mèche noire sur les yeux, il avançait dans les rues de New York comme une anguille qui se faufilerait entre les écueils de gens trop pressés. Une jeune femme lui lance un regard noir, où l’a-t-il déjà vue ? Aucune idée, de toutes façons, pas le temps d’y penser. La foule humaine le traînait dans une direction dont il ignorait tout et avec un sourire, il se laissait emporter comme un bout de bois. De toutes façons, il connaissait New-York comme sa poche… Non, le secteur de son gang seulement. Il ne se risquerait pas à aller mettre les pieds dans un autre. De toutes façons, ce serait pour faire quoi ? Rien à cirer de ces endroits où il n’est connu que pour son allégeance. Si ce n’était que de lui, il ferait de la revente de drogue sans être affilié à un gang ou un autre si ce n’était que ses conditions de travail étaient bien meilleures avec un gang. Ouah ! Condition de travail… On lui fournit un gorille et débrouille toi. Mais, c’est déjà mieux un gorille que pas de gorille! D’autant plus que son gorille à lui savait bien tirer, autant qu’il savait bien se battre.

Zane Stone, l’inconnu que tous souhaitent n’avoir à jamais fréquenter assidument. Mais on tombe si facilement dans son piège… Un sourire, un clin d’œil, une phrase, un toucher du dos de la main, un baiser… La toile est tissée. Désabusé de cette vie sans but et cet éternel cercle, il marchait dans les rues de New-York et se défit de cette marée humaine comme on se défait d’un manteau, d’un simple haussement d’épaule et sans réellement s’en rendre compte. Il ne se rendait pas compte de l’heure ou du temps qui passait, il avait à faire dans une petite maison close. Un bordel clandestin, d’ailleurs ne le sont-ils pas tous dans cet état ? Dommage, pour les filles en tout cas. La drogue rendait le job plus acceptable pour ces pauvresses et étant le dealer officiel depuis quelques mois, il avait des prix spéciaux mais il en usait rarement. Ses préférées ne travaillaient pas ici, sauf si la patronne avait engagée des nouvelles, elles ne seraient peut-être pas trop usées par ce travail malsain… Faut pas trop espérer quand même.

Une commission vite fait, bien fait. La patronne insista pour qu’il goûte les charmes de la préférée, une espèce de barbie blonde qui aimait l’héro entre les orteils, histoire de garder ses charmants bras bronzés orange squelettiques propre pour ses clients. Des lèvres au botox esquissèrent un sourire qui se voulait charmeur et Zane eut du mal à retenir la bile qui remontait dans sa gorge. Non mais oh, c’est pas une petite pute qui va le faire vomir. Il en avait vu pas mal d’autre dans sa vie, mais aujourd’hui il était un peu plus sensible que les autres jours.

La faute à qui ? À Anna, saleté de rousse qui avait trop pris de trop de choses en trop peu de temps. Elle avait un sourire d’ange, qui cachait une personnalité bien trempée et une bouche du tonnerre. Zane Stone, l’inconnu que personne ne souhaitait avoir comme relation quotidienne, et qu’Anna voyait tous les jours, ou presque. Elle consommait plus vite que son ombre, et Zane avait beau savoir qu’il ne faut pas s’attacher aux clients, surtout pas les clientes, il était déçu qu’elle se révèle une junkie comme les autres à la fin.

Sa tâche terminée, il se rendait tranquillement à l’usine de marijuana, la plante du bonheur tranquille et des schizos. Des commandes à prendre, à livrer, des rapports sur la qualité à faire pour les patrons… On lui avait souvent fait des offres de promotion, mais devenir un magnat de la drogue ne l’intéressait pas. Qu’on lui donne son argent, qu’on le laisse en paix et que le monde roule comme il a toujours roulé, sans lui comme engrenage, c’est trop demandant.

Anna, pourquoi t’a fait ça… Un soupir sortit de sa gorge et roula dans la ruelle comme un écho grondant. Des pas légers claquaient sur le sol pavé et, intrigué, il releva la tête pour voir un habitué qui marchait, les mains dans les poches. Décontracté, mais en manque. Ça sonne la bonne affaire. Avant même qu’il ouvre la bouche, Zane leva les deux mains et d’une voix basse lui dit qu’il n’avait qu’une dose, déjà réservée à quelqu’un d’autre. Les yeux ronds de découragement, l’autre le supplia quelques instants, faisant miroiter un supplément… Zane plissa des yeux un instant, recula d’un pas, pinça les lèvres et refusa, mais assez doucement pour que l’autre retente sa chance. Regard à droite, regard à gauche, il sortit un sachet rempli de mari et lui tendit, mais quand l’autre essaya de le prendre il le cacha prestement. L’argent d’abord, c’est la loi. Une grimace plus tard, l’échange était complet, Zane avec une cinquantaine de dollars en plus et le type avec sa consommation assurée.

Accoté contre un mur, il fumait sa clope de victoire, ce sachet était en fait un supplément qu’on lui avait donné comme à chaque mois. On croyait l’avoir, drogue gratuite contre services, mais pour Zane, la drogue ne faisait aucun effet, pas plus que la nicotine dans ses poumons, que son sang dissolvait en une fraction de seconde. D’autres pas, plus légers cette fois, plus directs, certainement plus intrigants se firent entendre dans la ruelle. On était proche d’une grande rue, donc normal de croiser plus de gens mais quand même ? Deux de suite, qui voulait de la dope ? Merde, il n’avait plus rien sur lui et son gorille n’était pas là. En espérant que cette folle n’avait pas de 9mm… Parce que lui, il en avait un, alors qu’elle se tienne tranquille. Portant la main à sa ceinture où il cachait l’arme, il se tourna et mit son masque de vendeur. Oh, un instant, il a toujours cette tronche de type nonchalant, mais alerte.

« Si c’est pour ta dose ma jolie, j’ai rien sur moi. Oh, un instant, j’t’ai jamais vu toi ? Qu’est-ce que tu me veux ? »

Oh pitié… Une petite touriste. Pas pour de vrai… Comment on fait pour reconnaître une touriste ? On observe. Dès qu’elle ouvre la bouche, un billet de 10 sur un accent européen, cette assurance dans les gestes et cette manière de se tenir…. Meh, quand on travaille avec les bas-fond, on apprends à reconnaître les trop-haut-fonds. P’tite fille de riche qui cherche les émotions fortes, si c’est ça qu’elle cherche elle va en trouver…
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Jeu 21 Juin 2012 - 7:45

Un homme qui fumait tranquillement.
Je me dirigeais droit vers lui. Et j'avais sans doute l'air un peu idiote, avec mon pas trop déterminé et mes cheveux gris pâle sagement attachés en une queue de cheval, pour faire plaisir à mes parents. Mais franchement, je m'en fichais. Je n'avais jamais accordé d'importance à l'opinion que les autres pouvaient se faire de moi, alors cet inconnu sexy à la clope qui me dévisageait sans comprendre pouvait bien me prendre pour une folle, ça me laissait de glace. Au pire, je ne le reverrais jamais ...

Z a n e - « Si c’est pour ta dose ma jolie, j’ai rien sur moi. Oh, un instant, j’t’ai jamais vu toi ? Qu’est-ce que tu me veux ? »

Ma jolie. Tellement cliché, et affreusement macho. J'esquissai un sourire et m'appuyai contre un énorme conteneur à déchets. Avant de répondre, je pris le temps d'analyser la situation. Et le mec ... Nous étions dans une ruelle, tout ce qu'il y a de plus banal. La civilisation était toute proche, un lampadaire grillé pendouillait mollement sur ma gauche, et le conteneur était le seul élément pertinent de ma droite. Le dealer, devinai-je avec perspicacité après qu'il m'eut parlé de «ma dose», était plutôt mignon. L'air trop sûr de lui sans doute, mais sexy, avec ses cheveux mi-longs qui lui tombaient dans les yeux et sa clope au coin des lèvres. Ni trop grand ni trop petit, plutôt bien bâti, j'imaginais sans mal le genre de type : il y en avait des comme ça en Angleterre. Oui, oui, sans blague. Et malgré mon ascendance fortunée, je les connaissais plutôt bien. On n'oublie pas que je suis assez rebelle dans mon genre ... Une fois mon analyse terminée, j'ouvrai tranquillement la bouche pour répondre. Avec mon accent traînant de Londres, je savais qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il me croit de New-York. Tant pis. De toute façon, j'étais très fière de ma nationalité ...

A n n a - «Pour l'instant, j'veux rien du tout. Puisque t'as rien sur toi, j'ai plus de raison de vouloir quoi que ce soit. Dommage, vraiment ... Pour ma première soirée en ville, un p'tit joint n'aurait pas été de trop !»

Le pire dans tout ça, c'est que je le pensais vraiment. Maintenant qu'il m'avait tendu la perche, l'idée germait dans mon esprit et j'avais de plus en plus envie de me rouler un petit quelque chose. Mais oh! pas de chance, le petit dealer n'avait rien pour moi. Malgré que je n'avais plus aucune raison valable de rester là, je le trouvais intriguant. Et franchement rafraîchissant. L'expression de son visage me renvoyait le fait qu'il me trouvait sans doute complètement idiote, et sûrement très touriste. Mais comme j'allais officiellement vivre ici à partir de maintenant, je voulais me familiariser avec ... le vrai monde. Le vrai monde dont je n'étais pas issue et dont je ne ferais sans doute jamais vraiment partie, mais le vrai monde quand même. Bien affalée sur mon conteneur, je détachai mes cheveux pour avoir l'air un peu moins sage. Après tout, si je voulais qu'il accepte de bien vouloir guider une pauvre fille comme moi, aussi bien lui donner une image de moi un peu plus près de la vérité ...

Me souvenant de la façon dont j'étais habillée, je retint un rire. Il ne comprendrait jamais qui j'étais vraiment, c'était une assurance. Toujours pour faire plaisir à mes parents, que j'aimais profondément malgré mes airs de rebelle ingrate, je m'étais affublée d'une jolie jupe d'écolière carottée noire et blanche, que ma mère m'avait achetée tout récemment pour mon entrée à l'institut Xavier, et d'un t-shirt noir tout simple qui mettait ma silhouette en valeur. Et bien que la jupe m'arriva au dessus du genou, ces vêtements n'étaient pas très représentatifs. Non, je ne m'habillais pas de manière top extravagante. Mais mon accoutrement de tous les jours était tout de même un peu plus ... trash ? Humm ... Pendant un moment, je tentai de me mettre à la place de l'homme. En me voyant arriver comme ça, j'aurais été plutôt surprise moi aussi. Et peut-être même un peu agacée qu'une gamine, du moins en apparence, vienne jouer dans mes plates-bandes. Bon. Il faudrait revoir mon approche du «vrai monde» de New-York ! Dommage que mon don n'ait pas été la téléportation, ou le contrôle du temps ! Je serais allée me changer ...

Levant les yeux vers «mon» dealer, je haussai les épaules. Qu'il décide de rester pour bavarder avec moi ou qu'il parte, quelle importance ? Il n'était peut-être pas ce que je cherchais. Et peut-être l'était-il. Mais pour le savoir, il faudrait simplement laisser aller les choses. Il m'intriguait, certes, mais il n'était pas indispensable à ma vie. Deux minutes auparavant, je ne l'avais encore jamais vu. S'il me plantait là, je n'aurais qu'à continuer de marcher pour trouver quelque chose de plus intéressant. Ou encore ... le suivre, et l'énerver suffisamment pour qu'il accepte de me faire visiter la ville sous son angle à lui. Oui, ça c'était une très bonne idée ... Je me sentais du genre gamine, ce soir-là. Sans doute la faute à l'accoutrement de ma mère ! Très excitée à l'idée de ce qui allait suivre, je sourit en dévoilant mes jolies dents bien droites et continuai de fixer nonchalamment mon interlocuteur. Ce n'était pas une corvée de le regarder ... J'ai déjà dit qu'il était mignon ?
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Jeu 21 Juin 2012 - 19:09

Le temps passe et le sable s’égrène dans le sablier tandis que la touriste inconnue s’accote contre une benne à ordure et l’examine. Tiens, si elle se gêne pas, Zane compte bien se régaler aussi. Bon, l’air un peu trop sage, jupe d’écolière et t-shirt assorti, mais elle a un beau corps et un beau visage. Des cheveux gris ? Zane a vu tellement de choses étranges de la part de ces junkies qu’il ne s’étonne qu’à moitié. Des cheveux bleus, mauves et rouges, rose et orange, les a pas mal tous vu mais le gris apporte un quelque chose de spécial, d’autant plus qu’il n’y a aucune repousse qui pourrait dire la couleur d’origine. D’où vient-elle ? Qui est assez stupide pour venir se promener dans des ruelles, même si elles sont proches de grandes artères ? N’importe quel guide va le dire, la rue c’est pas un roman, les gentils rebelles existent pas et ces revendeurs de drogue à l’allure sexy ne sont là que pour vous soutirer tout votre argent… Faites attention petites agnelles, les loups sont féroces lorsqu’en liberté. Zane, un loup ? Un loup désabusé de la vie et qui ne souhaite que retrouver une petite rousse pour tirer un coup oui. Dommage, tout ce qu’il a sous la main, c’est une petite grise. Ooooh, peut-être que sous la teinture, c’est des cheveux roux ? On peut toujours espérer.

A n n a - «Pour l'instant, j'veux rien du tout. Puisque t'as rien sur toi, j'ai plus de raison de vouloir quoi que ce soit. Dommage, vraiment ... Pour ma première soirée en ville, un p'tit joint n'aurait pas été de trop !»

HEU !!?? Pardon ? La petite écolière britannique serait du genre rebelle ? Aaaah, ça y est, c’est une prostituée qui a fini son chiffre et qui prend l’air un peu. Mais non, elle n’aurait pas cette énergie et cette attitude, sauf si elle est nouvelle dans le était une pute de rue, elle ne traînerait pas ici. Pas de temps à perdre, trop d’argent à faire. Donc, la question se pose encore, qui est-elle ?? Comme toujours, Zane cache sa surprise et laisse son masque de marbre, mais après quelques secondes, il laisse paraître un sourire amusé et tire une bouffée de sa clope, rejetant la fumée par ses narines avec un petit rire.

Z A N E : « Alors mademoiselle, première soirée en ville ? Ça se fête je crois. T’es jolie, et je connais un endroit où ils en font du bon pas loin. Je te paie ton premier joint, cadeau de la rue, si tu veux. »

Si elle parle aussi franchement, c’est qu’elle est habituée à demander ce qu’elle veut, c’est qu’elle n’a pas peur de ce qu’elle veut aussi. Des petits nouveaux dans le coin qui ne sont pas habitués à désirer ni à demander cette monstruosité qu’est la drogue, Zane en a vu son content et s’en est amusé pendant quelques années avant que ça lui tombe sur les nerfs. Peu importe la ville où il est, il semble qu’il y ait toujours trois genres de personnes, ceux qui sont antipathiques, sympathiques, ou dont on se fout. Ceux qui ont peur, les petits rats de ruelles, les yeux larmoyants parce qu’ils n’ont pas l’argent, qui ne savent pas ce qu’ils font et ont honte de venir me voir dans ces ruelles sombres… Il y a ceux qui vivent dans ces ruelles, qui ont les cheveux roux et des lèvres à faire damner un saint, un caractère de merde et un sourire de requin qui nous fait désirer se faire manger. Anna, pourquoi t’as fait ça, saleté de pute qui ne sait pas que la vie mérite une petite chance…

Et y a ceux qui viennent et reparte, sans un mot de trop, mais souvent de moins. Ceux-là, on les voit une ou deux fois, après ils deviennent sympa ou pas sympa. Peu importe, ils finissent tous par partir. Des fois trop vite... mais ça suffit la mélancolie, dans un jour ou deux Zane l’aura oublié cette Anna qui ne méritait peut-être pas de vivre en fin de compte. Trop tard pour la juger, il ne reste qu’à l’oublier. Ses cheveux noirs cachant partiellement ses yeux brun-dorés, il attendait la réponse dans l’air du temps qui passe.
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mer 4 Juil 2012 - 7:25

Cadeau de la rue ?
Cadeau empoisonné, oui ! Mais je m'en fichais. Pour ce soir, pour cette fois, j'avais envie d'oublier. Pas que j'ai vraiment quelque chose à oublier... J'avais la vie facile. Terriblement facile. Et pourtant, il m'arrivait parfois, des soirs comme ce soir-là, de vouloir une vie plus dure. Plus rude, plus vraie. Vraie ... Mais qu'est-ce qui était vrai ? La vie du mec devant moi ? Ce dealer au regard percutant qui devait se taper une pute différente chaque jour, qui rendait accro des dizaines de faibles âmes et qui devait sans doute consommer comme un dingue ? Ça, c'était vrai ? Je ne savais plus vraiment. J'étais à New-York, maintenant. Ce n'était plus Londres, ce n'était plus la ville que je connaissais comme ma poche. Là-bas, je pouvais nommer chaque dealer, le territoire qu'il desservait, et même les dizaines de filles qui leur tournaient autour. Mais ici ... Ici j'étais en terrain inconnu. Et pour être honnête ... j'adorais ça. Sortir de mon petit train de vie, sortir de mes habitudes, sortir de ce que je connaissais et contrôlais ... ça me grisait. Je me sentais vivante, je me sentais à ma place. C'est drôle comme de découvrir que j'étais moi aussi une mutante dans la famille m'avait aussi amenée à vouloir m'émanciper davantage ... je voulais sortir du lot, me différencier des autres mutations génétiques de ma famille. Je ne voulais pas ressembler à mon père, un homme terriblement droit et toujours bien sage. Je ne voulais pas ressembler à mes frères, qui n'avaient pas toujours été gentils, mais qui ne faisaient pas grand chose d'extraordinaire. Je voulais une vie fabuleuse, rien de moins. Mais pas une vie de pop star, à la Lindsay Lohan ou autres pétasses du même genre. Les bien matériels ne m'intéressaient pas. L'argent non plus. Je voulais vivre ... de sensation. Des émotions fortes ! De celles qui donnent le tournis et qui déstabilisent. Des sensations qui «buzzent» autant qu'un bon petit joint ... Tiens, parlant de joint !

A n n a - «Je prend le compliment, même si tu dois dire ça à toutes tes clientes.»

Je lui lançai un clin d’œil, presque complice. Je connaissais l'astuce. Ces pauvres petites filles qui ne rêvaient qu'un d'un prince charmant et qui tombaient malencontreusement sur le chemin d'un dealer ou d'un proxénète. Et qui devenait subitement des princesses ... Princesses d'un royaume infernal qui les tuait à petit feu, oui ! Tous les dealers commençaient de la même manière. Parce que presque toutes les filles étaient pareilles, dans ce monde, il faut bien l'avouer. Pourtant, je savais bien que, parfois, un autre type de fille venait bousiller tous les plans de ces petits caïds de la drogue. J'en avais vu quelques unes, en Angleterre. Des filles fortes, indépendantes, qui ne se laissaient pas avoir par les compliments à deux balles et les beaux yeux des mecs. J'aimais à penser que je faisais partie de cette catégorie. Je me savais au-dessus de tout ça. J'avais déjà consommé, et j'avouais trouver agréable un petit joint de temps en temps, mais sans plus. Je n'étais pas dépendante. Jamais je ne deviendrais accro ... Regardant autour de moi comme si je cherchais quelque chose, j'écartai les bras, l'air perdue.

A n n a - «Alors, qu'est-ce qu'on fout toujours là ? Je te suis !»

Je terminai ma phrase avec un grand sourire, pas mécontente du tout de ma première rencontre. Passant une main dans ma chevelure gris pâle, mon sourire toujours accroché à mes lèvres, je remarquai, dans le regard presque doré de mon interlocuteur, un sentiment bizarre. Je n'aurais pas su mettre le doigt dessus, mais je sentais une pointe de ... vulnérabilité ? Oui, un truc dans ce genre-là. Une pointe de vulnérabilité avait traversé ce beau regard, et une question s'éveilla dans ma tête de demoiselle. Qu'est-ce qui pouvait titiller le côté vulnérable d'un dealer habitué d'avoir la vie dure ? Un homme qui vivait au quotidien avec la dépendance, sans doute la pauvreté de certains, et la folie des drogués en manque ? Qu'est-ce qui dérangeait, qui remuait ces gens-là assez profond pour qu'un éclat comme celui-là leur traverse le regard ? Je ne savais pas. Je ne savais pas et ça piquait ma curiosité. Pire que ça, ça menaçait de me rendre folle. Je me mis donc dans la tête ... de le découvrir. Je ne savais pas comment, je ne savais pas quand, et je ne savais même pas si c'était possible, mais j'allais le savoir. Il fallait que je le sache ... Dans un élan de poser les bases d'une connaissance plus nette, je lançai, alors que je lui emboîtais le pas pour une nouvelle destination :

A n n a - «Au fait, moi c'est Anna !»

Je n'avais pas besoin du «Belle». Anna, c'était très bien. Et c'était moins long. Et puis, Annabelle, ça faisait trop ... petite fillette sage. Annabelle ... Belle petite Anna. Une petite fille toute mignonne, avec des tresses et une jupe d'écolière. Voilà ce que l'on voyait quand on entendait Annabelle ... Jetant un regard sur ma propre jupette carottée, je soupirai. J'avais ENCORE l'air raisonnable, prudente, sensée. Mais je ne voulais plus jamais me faire dire que j'avais l'air sage. Jamais. Je me l'étais fait dire tellement souvent ... À la garderie, à l'école, même au secondaire ! Et rien n'est pire, quand on a 14 ans et qu'on décide qu'on est une femme, que de se faire dire qu'on est mignonne et qu'on a l'air d'un ange. Un ange, d'accord ! Mais j'étais un ange déchu, une mutante, presque un démon, quand on y pense ! Pas un joli petit ange avec de jolies ailes blanches. Je ne voulais plus de cette image de fille vertueuse et chaste qui m'avait suivi au début. Je voulais m'éclater, vivre libre et comme je l'entendais. Plus rien ne m'empêcherait de partir à la recherche de la vraie moi. J'allais devenir ce que je voulais être, et rien ne pourrait me stopper ... Oui, plus j'y pensais, et plus je me disais que ce joint, il tombait à point nommé. J'allais pouvoir savourer pour la toute première fois en sol américain ma liberté et mon émancipation déraisonnable ! Et il me démangeait d'en tirer la première bouffée ... Adieu l'innocence, bonjour la décadence !
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mer 11 Juil 2012 - 4:31

Les surprises sont une chose trop rare dans la vie de Zane, un élément qui manque cruellement à son quotidien. Toujours se lever, prendre un jeans et sa chemise, faire dégager la pute qui traîne dans son lit et partir à la conquête de nouvelles âmes, comme un brave petit suppôt de Satan. Les journées se ressemblent et finissent par se confondre, la notion de temps ne sert qu’à une fin pratique et esthétique. Ouais, une montre au poignet, ça fait classe. Le genre de femme qui se tenait devant lui était surprenante, d’apparence sage elle devait cacher un secret quelconque… Ou un caractère de merde. Il ne veut jamais avoir d’enfants et c’est une des raisons. On ne sait jamais à quoi s’attendre si on est trop stupide pour rester avec une femme enceinte. De un, on a une femme enceinte sur les bras pendant neuf mois. Alors là, bonjour la crise « Quitte ton job-trouves en un autre- aime moi malgré ma difformité- dis moi que je suis belle- saleté de dealer de drogue- je vais me suicider » et on ne s’arrête qu’au début du début… Comment savoir sur quel type de mioche tu vas tomber ? Sur le bon type, qui fait ce qu’il a à faire sans trop chialer ou… BAM. Une fille super-canon qui a l’air toute sage, mais qui veut un joint pour célébrer sa première soirée à New-York. Bonjour les ulcères ! Alors non, pas d’enfants et pas de surprises.

Il se contente alors de ce qui tombe sous sa main, une jolie rousse, une jolie grise, les surprises viennent pour le plus souvent sous forme d’une jolie femme en fin de compte. Ah, ces femmes, toujours surprenantes. Alors cette femme, très jeune femme peut-être, voulait un joint et en tant que gentleman, Zane allait lui fournir de bon cœur.

NON MAIS OH ! Zane fait un compliment, on dit merci et on fait pas chier ! Fulminant intérieurement, il ne pouvait s’empêcher de sourire en fin de compte. Elle n’était pas du genre petite princesse, malgré son accoutrement à la jolie petite fille sage. Il devrait commencer à détruire le préjugé qu’il s’était fait d’elle, ou elle allait s’en charger elle-même.

« Chérie, même si je le dis à toutes mes clientes, toi tu l’es vraiment et tu le sais. »

Bon, le genre de ligne qui ne fait pas super effet mais le sentiment est vite balayé. Elle ne semble pas trop en prendre compte et fait son petit théâtre pour avoir son joint gratuit. Mouais, elle chiale parce que je complimente toutes mes clientes mais elle le veut pareil son joint ! Les femmes, toutes les mêmes. Le sourire en coin éternellement calé au creux de sa tête, la réalité le désabuse à nouveau. La vie est pleine de surprises, mais en fin de compte, il suffit de creuser pour retrouver les mêmes motifs partout. L’argent, la luxure, les péchés capitaux. La jalousie, l’envie, la paresse, la gourmandise… On en voudra toujours plus. Il n’a qu’à attendre et ce beau petit papillon se brûlera les ailes. Dans une flambée orange, orange de feu… Ses cheveux orange étaient si beau ! Une crinière digne des ifrits, démons des sables brûlants. Elle s’est brûlée en fin de compte, et le feu s’est éteint. Levant les yeux vers la jeune femme qui attend son tour dans le rang des drogués, lui le passeur haussa un sourcil. Mouvement qui passa inaperçu, faute d’avoir passé au travers de sa frange. Encore une autre… Sans le vouloir, l’ombre d’une tristesse qu’il noiera dans les bras d’une autre catin ce soir voila son regard, emportant dans le ciel les souvenirs de cette Anna qui n’était plus.

« On attend que les cochons volent. Va falloir marcher, ça te dérange pas trop ? C’est pas loin. Sinon princesse, je peux toujours te porter dans mes bras ! »

Ah. Non, pas de princesse, elle marche digne et brave comme la jeune fille sage qui se rebelle. Les cheveux gris volant au vent, elle dégage une impression de force tranquille qu’il avait rarement eut l’occasion de voir et il s’en réjouit, peut-être une personne différente en fin de compte ? Tous ceux qui veulent de la drogue ont le même fond, les mêmes désirs, bien qu’ils se classent en différentes catégories de personnes et de consommateurs. Mais tous reviennent le voir un jour ou l’autre… Et si ce n’est pas lui, c’est un autre, mais chaque gramme de pot vendu était bon pour l’industrie. Il était sur le point de se perdre dans ses pensées, prenant le chemin programmé dans sa tête du sous-sol où ils faisaient pousser les plants quand la voix de la fille s’éleva dans l’air, tranchante par ses paroles et douce par son ton… Mais tranchante pareil.

Anna ? Vraiment ? Eh bien, la vie est vraiment une salope. Allez quoi, une Anna de plus ou une Anna de moins, ça change rien. L’ombre de cette tristesse qui avait transpercé son regard quelques instants plus tôt menaçait de réapparaître, mais d’une volonté de fer et de plusieurs jurons qui défoulent, il l’éloigna efficacement. Anna… Eh bien. La rousse et la grise. La pute et la sage. Les deux ont du caractère, mais l’une vient d’une famille pauvre et l’autre semble être aisée, déjà la deuxième Anna a plus de chances de survivre. Qui vivra verra, et Zane compte bien vivre pour voir ce qui allait se passer.

« Anna, c’est un réel plaisir de vous rencontrez très chère… »

Se retournant pour faire face à la jeune dame, il exécuta une parodie de révérence.

« Je me présente, Zane, humble fournisseur de plants ! »


Un peu d’humour n’a jamais tué personne, sauf le souvenir de personnes chères disparues. Les surprises ont tendance à faire boule de neige, espérons que cette soirée ne sera pas l’exception qui confirme la règle !
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mar 7 Aoû 2012 - 21:44

Il était marrant.
Je ne le connaissais que depuis quelques minutes, mais déjà, je voyais en lui un mec différent. Oui, c'était sans doute un petit dealer de drogue comme tous les autres ... Mais quelque chose dans son regard, dans ces yeux noisettes que camouflait presque entièrement une frange noire, me faisait penser qu'il y avait plus. Plus que ce qu'on voit au premier abord, plus que ce qu'il voulait laisser paraître. Un homme peut-être pas aussi insensible qu'il voulait que les autres le croient ? Un homme qui aurait peut-être voulu autre chose qu'une pute dans son lit chaque matin ? Je m'avançais en conjectures et en hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres alors que nous reprenions le chemin qui menait vers mon joint. Maintenant que les présentations étaient faites, je me sentais bien plus à l'aise. Comme si le fait de savoir son prénom, et que lui connaisse le mien - en fait, une partie du mien - nous avait fait passer du statut d'étrangers à celui de connaissances. Enfin, dans ma petite tête de fêlée à moi !

Bien calée dans mes pensées, je le suivais comme un robot, dandinant mon petit cul et rejetant parfois mes cheveux derrière moi pour libérer mon visage sans trop regarder où nous allions. Un tournant à gauche ici, tout droit pendant quelques minutes, puis tournant à droite, à droite encore, puis à gauche, puis ... oh, et puis j'ai perdu le fil, quoi ! Il avait bien précisé que ça allait être long ... Mais je n'avais pas imaginé que ce serait aussi long. Bon, d'accord, je suis plutôt du genre impatiente, mais quand même ... Je commençais à m'ennuyer un peu, à trottiner derrière lui en silence, comme ça ...

A n n a - «C'est encore loin ?»

Arborant ma tête la plus angélique qui soit, je lui envoyai un sourire-de-la-mort-qui-tue alors que je me mettais à m'impatienter comme une petite fille en voyage avec ses parents.

A n n a - «Diiiiis on arrive bientôt ?» (a)

Ah, la jeunesse ... le pire, dans tout ça, c'est que je me trouvais marrante. Je suis un cas désespéré, je sais ... (a)

A n n a - «Allez, je rigole ... J'ai une vraie question, là. Je peux la poser ?»

En fait, je m'en fichais bien qu'il dise oui ou qu'il dise non ! Ma question, j'allais la poser quand même.

A n n a - «Tu vis cette vie-là depuis combien de temps ?»

Ça m'intéressait vraiment. J'avais une sorte de fascination morbide pour ces gens qui vivaient de manière anarchique, dans les rues, à se geler pour vivre, à se geler pour oublier ... Comme si, d'une part, je me sentais tellement différente d'eux que je voulais à tout prix les comprendre, mais d'autre part, je me sentais proche d'eux, parce qu'ils étaient des marginaux. Et dans mon genre, malgré ma famille quasi complètement mutante, je faisais partie d'une classe «différente» de la société. La mutation, c'était une grosse forme de marginalité, et j'avais au moins la chance de ne pas avoir de mutation physique, auquel cas j'aurais sans doute été rejetée. Par cette différence, je me trouvais une certaine ressemblance avec ces drogués des rues qui se maintenaient en marge de la société par peur du rejet, ou pour toutes sortes d'autres raisons ...

En méditant sur ce fait, je me rendis compte à quel point je me sentais déchirée entre deux modes de vie : celui de la petite fille sage que mes parents voyaient en moi, et celui de la Annabelle qui suivait en ce moment même Zane dans les rues de New-York. Et après mûre réflexion ... Je préférais encore m'amuser ! Vivre ma vie à ma façon, c'est-à-dire intensément, sans jamais m'arrêter pour réfléchir. Tout faire à l'improviste, spontanément, simplement parce que j'en ai envie ... On n'a qu'une vie à vivre, non ? Alors mieux valait profiter de chaque seconde pour être heureux ... Et ce qui me rendait heureuse, là, tout de suite, c'était de suivre ce type jusqu'à l'endroit où il pourrait me procurer ce que je voulais. Et par-là, je n'entendais pas nécessairement un joint ... Non, en fait, je désirais plus le côtoyer que fumer, au bout du compte. Quoi que les deux seraient assez sympa. Mais de pouvoir comprendre sa façon de vivre, sa façon d'être ... C'était ça que je voulais réellement.
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mer 15 Aoû 2012 - 6:23

Il marchait tout droit, la tête en ébullition. Passant de surprise en surprise, tout en matant discrètement ce petit cul qui se dandinait à côté de lui. On entends souvent parler de jeunettes qui en ont marre de leur vie rangée, mais en fait c’est sur des sites porno et c’est des putes. Alors que là, ca arrivait dans la vraie vie ? Génial, il paraît que le porno ca rapporte. Si il réussit à la rendre accro, il pourrait en profiter… Se faire un peu plus d’argent… Souriant pour lui-même, il rejeta ces idées du revers de la main. Ce genre de vie n’était pas pour lui en partant, alors pourquoi s’empêtrer encore plus profond dans cette merde… Jetant un coup d’œil à la jeune fille qui le suit depuis un moment, le visage impassible, il aurait pourtant bien le goût de sourire.

Allez, on va pas se partir sur un trip de sérieux, c’est la nuit et il est temps de sourire. Une nuit de plus à New-York, une fille de plus à mettre dans son lit. Mais celle-ci, on la traite en princesse. C’est une fille de la ville, pas des rues… Ça va faire changement. Une femme qui a une vie derrière elle, pas simplement une traînée. Peut-être qu’il va être capable de parler avec ? Avoir une discussion, le rêve !! Non, en fait non. Parce qu’elle va poser des questions, et là il va être obligé de répondre… De s’ouvrir, ou de mentir. Dans un cas comme dans l’autre, ça va mal finir.
Et la voilà qui se met à râler…. Géniaaaal…

« C’est très loin chérie, veux-tu que je te porte dans mes bras ? »

Et puis il y a son sourire angélique, comme pour dire *je suis énervante et je le sais, mais je fait juste me foutre de ta gueule alors sois pas fâché !*. Comme de raison, il ne peut pas se fâcher en voyant un tel sourire. Veut ou veut pas, il reste un homme et cette jeune dame a de quoi charmer. Elle dégage un quelque chose, une aristocratie blasée qui l’attire comme un papillon de nuit serait attiré par une lumière. L’analogie est bien placée en plus, lui le papillon de nuit et elle la belle lumière pure, sans souillure… Pour l’instant.

« Oui, on est juste à côté. Mais non, j’rigole, il reste encore un petit cinq minute. Tu vas tenir, princesse ? »

Un sourire en coin éclaira son visage viril et il s’approcha de la belle. Était-elle du genre farouche ? Ah et puis la patience rapporte toujours, autant bien attendre un peu qu’elle soit partie grâce à ses bons soins et voir de quel bois la jeune bourgeoise se chauffait. Allons allons, il faut s’ôter de la tête qu’elle est le genre de femme qu’il a l’habitude de côtoyer. Les jeunes bourgeoises qui aiment les sensations fortes vont et viennent dans la honte avant de rejoindre leur petit groupe de bourgeois pour fumer, tandis qu’elle reste avec lui et c’est sûrement ce qui le mélange.

Alerte maximale activée. Une femme qui pose une question, enfin non, qui demande la permission pour poser une question, ça regarde mal. Peut-être qu’il se trompe et que c’est la coutume dans le monde des riches, mais ici, seules les grandes questions sont dignes de mention. Sinon, on les pose et la réponse vient ou non. Mais là… Il ne peut s’empêcher de soupirer en attendant la suite.

« Heu… »

Réponse plus que spontanée à ladite question. Mais pourquoi elle veut savoir ça ? De quoi elle se mêle ? Eh bien, son joint gratuit commence à s’éloigner… Mais pourquoi s’intéresse-t-elle à son histoire ? Qui veut savoir l’histoire de la vie d’un vendeur de drogue, vraiment ? Il n’y a rien à savoir, rien à comprendre. Sa vie a commencé dans de la merde et finira sûrement dans de la merde. En fait, non, il a la chance d’être un mutant même si il n’a aucune idée de ce qu’il est et de son don. Tout ce qu’il sait, c’est que les folles en manque de morphine ne sont pas capable de lui faire mal. N’empêche que son histoire est triste à en pleurer, un vendeur de plus dans les rues de New-York, à mettre des putes dans son lit et faire son job pour faire tourner le monde.

« Chérie... faut pas poser ce genre de question. Je suis un gentil méchant alors ça ne me dérange pas, mais la curiosité c’est pas une qualité. Si tu veux vraiment savoir, depuis que je suis haut comme trois pommes je suis embarqué dans des sales affaires. Reste dans ton monde doré ma belle, reste près de moi le temps de fumer ton joint et n’essaie pas de comprendre les gens comme moi. »

Il éclata de rire, comme si quelqu’un voulait le comprendre… Il prit une bouffée de l’air nocturne et tourna sa tête vers elle. Elle était si belle, les cheveux argentés brillant dans la lumière des lampadaires et son être faisait un contraste avec les ruelles, comme si elle était une poupée qu’un enfant aurait échappé par mégarde dans un coin sale de sa maison. Il ne connaissait pas sa vie, mais chose certaine, elle valait mieux que la sienne. Peu importe les difficultés qu’elle croyait vivre, elle s’en sortirait toujours mieux que lui. Certains naissent avec de la chance et d’autres non. Lui est né avec un père mort et une mère absolument inutile, mais une chance qu’il a un caractère bien trempé et un sens de la débrouillardise !

« Mais parle-moi de toi ma belle, qu’est-ce que tu fais à New York ? »

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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Sam 1 Sep 2012 - 0:02

C'était étrange ...
Alors qu'il me rabrouait sur ma curiosité mal placée, et qu'il me faisait la morale pour que je ne pose plus de questions de ce genre, moi, je le regardais. Ou du moins, j'essayais de voir ce qu'il tentait à tout prix de cacher ! J'essayais de déchiffrer son regard noisette qui me faisait sentir un peu mal de m'être aventurée un peu trop loin. Mais pourtant ... pourtant, j'avais quand même envie de savoir. De comprendre. Comprendre pourquoi un homme, si malchanceux soit-il dans la vie, puisse en venir à vivre dans la rue. Par choix ? Par obligation ? Je ne croyais pas au destin. Le destin, c'était pour les lâches qui n'avaient pas ce qu'il fallait pour avancer dans la vie, pour aller plus loin que ce que la facilité leur laissait voir. Mais Zane, ce vendeur de drogue aux magnifiques yeux camouflés sous une mèche rebelle, ce roi de la nuit qui embarquait une nouvelle demoiselle tous les soirs, ce maître des rues ... Ce type là n'avait rien d'un lâche. À moins que, dans mon engouement pour mon cher petit joint, ou alors dans mon trouble de le trouver si mignon, je n'aie vu en lui que ce que je voulais voir ...

Sa réponse me laissa de glace. La rengaine typique du «tu ne peux pas comprendre, tu n'es pas de mon monde, et au fond tu t'en balance», je l'avais entendu tellement de fois ... des dizaines, autrefois, il me semblait des années plus tôt, alors que je n'avais quitté l'Angleterre que la veille. Il croyait que je m'en fichais ? C'était mal me connaître. Je ne posais jamais une question dont je ne voulais pas entendre la répondre. J'étais peut-être une petite fille avec un sale caractère, parfois même une vraie garce ... mais j'étais intègre. Et j'avais un réel intérêt pour les gens que je rencontrais. Ignorant sa propre question, je secouai la tête.

A n n a - «"Reste dans ton monde doré, ma belle, n'essaie pas de comprendre les gens comme moi ... bla bla bla !" Et ben dis donc, on tombe dans le mélodrame ! Je sais que la curiosité est un vilain défaut. Excuse-moi de m'intéresser aux gens que je croise, alors ! Je ne poserai plus de questions si tu ne veux pas y répondre, parole de scout !»

Souriant de toutes mes dents, je lui fis mon fameux signe scout, le poing fermé avec l'index et le majeur collés et pointés vers le ciel. Les mecs comme lui pensaient toujours que personne ne pouvait comprendre. Mais franchement ... comment pouvait-il parler de mon «monde doré» sans même savoir d'où je venais ? Sans savoir ce que j'avais vécu ? Non, je n'étais pas une petite fille de la rue. Mais j'étais tout à fait à même de comprendre les autres. Si, et seulement SI, les autres acceptaient de s'ouvrir. Et si la curiosité était l'un de mes défauts, je n'étais pas insistante. Il ne voulait pas me parler ? Grand bien lui en fasse. Même si, au fond, j'étais certaine que ça lui aurait fait du bien. Pas que les putes qu'il ramenait chaque soir n'avait pas de conversation, mais entendre encore et encore des «Alors beau gosse, tu me montre comment tu sais t'en servir ?» ou des «Tu es le meilleur que j'ai jamais eu» ou encore les fameux «J'ai jamais joui comme ça avec un client», ça ne devait pas aider à entretenir un esprit affuté. Bref. Ma petite cervelle allait bon train et émettait 10 000 scénarios à la minute. En gros : je commençais sérieusement à m'attacher à mon caïd de la rue. Et doucement, je me décidai à répondre à sa question. Très honnêtement.

A n n a - «Je viens d'emménager. J'entre dans une nouvelle école. Une école spéciale. Et ... pour tout dire, et sans te donner la permission de te foutre de ma gueule, j'ai une trouille folle d'entrer là. Je sais que c'est le meilleur endroit, et c'est même mon choix d'y aller. Mais ...»

Je me tu. Stop, les confidences. Stop.

A n n a - «Excuse moi.»

Fronçant les sourcils, je grimaçai, l'air de dire «je m'égare, on n'est pas là pour ça». Mais ce que je voulais dire, c'était «J'ai jamais pu en parler, personne ne comprend chez moi, ils sont tous si fiers d'être mutants. Je suis fière moi aussi, mais j'ai peur. Peur, tu comprend ? PEUR !» Au lieu de ça, je retrouvai mon sourire et, effaçant d'un mouvement de tête les dernières minutes, je lançai :

A n n a - «Ma vie n'est pas intéressante. Alors résultat : on s'en balance complètement. Et si tu ne veux pas me parler de toi, alors parle-moi de New-York ! Cette ville lumière dont on parle partout ... Raconte la moi comme toi tu la vois ! J'en ai marre des descriptions de guides touristiques ... c'est du gros n'importe quoi. Je veux connaître les dessous de la grosse pomme ...»

Je lui fis un clin et, continuant de dandiner mon p'tit cul à ses côtés, je me demandai si j'aurais la chance de garder ce type hors du commun dans mes connaissances New-Yorkaises. Il me plaisait bien, c'était pas ma faute ...
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Dim 16 Sep 2012 - 5:49

Les lumières éparses des rues crasseuses dans lesquelles il conduit la belle suffisent à voir le chemin, mais pas encore à voir la réalité. Les questions flottent dans les airs, les confidences commencent à sortir et Zane n’a plus envie de ce joint. Les pas résonnent encore plus fort dans les rues, un clic-clac de métronome qui rendrait fous ceux qui ne le sont pas déjà dans cette ville. Peut-être que les confidences incendieront les lèvres et illumineront la nuit d’une étincelle humaine. Peut-être a-t-il peur maintenant de cette humanité, l’étincelle risque de brûler plus que les lèvres… Il ne veut pas avoir à quitter cette ville par remords, par dépit ou par peur de se faire découvrir. Les paroles suaves quittent les lèvres pleines de la femme qui le suit comme l’agneau suit le berger (l’agneau étant masochiste et le berger psychopathe). Le sarcasme dans sa voix le fit sourire, des rides minuscules se creusèrent aux creux de ses yeux. Le clair-obscur régnant dans les rues parcourues ne faisait qu’accentuer ces pattes d’oies précoces, vieillesse prématurée sur un homme qui a trop vécu pour le calendrier romain.

« Tu sais à quel point font fantasmer les femmes en uniforme, celui de scout ne fait pas de différence. Fait attention ma jolie, j’suis pas mélodramatique et l’intérêt peut être porté de plusieurs façons… »


Ca y est, le yoda en lui prenait parole. Il faudrait le calmer un peu, pour ne pas laisser croire qu’il est sérieux ou qu’il est du genre poétique. Il se devait de paraître comme un homme simple, pas comme quelqu’un qui savait penser plus loin que le bout de son joint. Les pas qui les font se rapprocher de la maison secrète devenaient de plus en plus assourdis, la nuit s’épaississait autour d’eux et ils pouvaient sentir l’air s’embrumer d’une fumée bleuâtre.

L’histoire que racontait la jeune femme s’enroulait dans ses pensées comme un ruban provocateur, disant *aide-moi* et elle, elle voulait vraiment se faire aider… Elle cherchait vraiment quelqu’un qui pourrait l’écouter et la rassurer. Elle cherchait vraiment les conseils d’une personne qui en avait vécu. Elle vivait dans un monde riche et bien fait, avec des cadres et des règles non-écrites qui confinaient le tout dans un ensemble bien fait et bien joli d’apparences de pureté et d’innocence, de conformisme… Mais la règle devait être en train de l’étouffer. Le cadre cherchait à être brisé et c’était peut-être la raison de sa présence dans les rues en ce moment, cherchant l’aide là où elle pensait le trouver par dépit, ne le trouvant pas dans les belles apparences d’une famille britannique riche. Peut-être trouverait-elle les réponses, mais chose certaine, elle allait trouver un joint. Pauvre Zane, son gène absorbant les toxines avant même qu’elles s’infiltrent dans son sang, jamais il ne connaîtra le repos artificiel qu’elle allait s’offrir ce soir.

« Écoute ma belle, on aura toujours la trouille en quelque part. J’aurai toujours la trouille de me rendre chez certaines personnes, j’aurai toujours la trouille quand je suis proche d’un poste de police. C’était mon choix de devenir dealer, et toi fais tes choix, mais assume après. »

Un silence remplit l’air de son malaise étonnamment calme, comme si il était confortable entre les deux compagnons hétéroclites. Un silence brisé par une parole étrange, déplacée, incongrue dans la vague calme qui agitait les esprits, le silence forçant la réflexion gâché par les paroles brisant l’écume comme un intrus. Une pointe d’énervement perce l’iceberg d’indifférence de Zane, les gens qui s’excusent lui donnent de l’urticaire.

« Mais surtout, assume ce que tu dis. Arrête de t’excuser ma jolie, t’es trop intelligente pour ça. Je peux le voir en toi, t’es pas faite du même bois que les autres. Ça je peux te le jurer, je ne l’ai dit qu’à toi. »


«Ma vie n'est pas intéressante. Alors résultat : on s'en balance complètement. Et si tu ne veux pas me parler de toi, alors parle-moi de New-York ! Cette ville lumière dont on parle partout ... Raconte la moi comme toi tu la vois ! J'en ai marre des descriptions de guides touristiques ... c'est du gros n'importe quoi. Je veux connaître les dessous de la grosse pomme ...»


Les pensées fraient tranquillement leur chemin dans la tête du dealer, quoi dire sur quoi de cette ville… Lui-même étant assez nouveau dans ces rues, il savait son chemin et quelques coins assez dépravés pour lui mais assez classe pour vouloir changer de chemise en rentrant du boulot. Ce n’était pas le genre de place qu’elle voulait, mais pourquoi ne voulait-elle pas simplement regarder la New-York touristique comme toutes les touristes, pourquoi voulait-elle en faire tout un plat ? Encore une fois, il ne savait pas sur quel pieds danser avec elle. Être soi-même, se laisser aller ? Il était encore faible, une blessure ne s’était pas totalement refermée avec la mort de sa dernière femme. Il lui avait pourtant dit… Et voilà qu’il en avait une autre, avec le même nom, qui lui faisait le même effet. Mais elle, elle était intouchable. Comme une pomme d’or, une pomme trop belle, une pomme mythique, de légende. Alors que lui vivait dans la réalité, elle resterait toujours pour lui un phare, un espoir, mais jamais elle ne l’attendrait le soir. Jamais elle n’allait rentrer dans sa vie et c’était tant mieux ainsi. Reste qu’avec elle, il se sentait un peu mieux. Elle avait un naturel, elle ne tombait dans une catégorie, elle avait certes une attitude assez forte pour lui tenir tête, mais elle cherchait un réconfort, comme lui en ce moment…

« La ville se laisse découvrir, je ne peux pas tout te dire d’elle. Tu dois apprendre à la connaître, tu dois apprendre à marcher ses rues comme si tu marchais sur des charbons, surtout dans ce coin ci. En fait, ne revient jamais ici sans moi ou sans un autre vendeur. Tu ne ressortirais jamais vivante. En passant, on est arrivés. »


N’étant pas timide et pour montrer aux autres qu’elle était avec lui, il la prit par sa taille fine et en gentlemen, garda ses mains bien tranquilles sur sa taille. Une ambiance feutrée régnait dans la maison, du Hollywood Undead jouait en musique de fond. Rapidement, il fit signe à un homme grand et mince, un peu nerveux, et il lui apporta un sac avec de l’herbe séchée. Un sourire en coin plus tard et une main toujours sur la taille de la jeune femme, ils sortirent dans l’air crasseux des rues crasseuse d’une partie trop crasseuse pour l’argent étincelant de la chevelure et pour l’éclat de la peau de celle qui se tenait toujours à côté d’elle.

« Je connais un parc où on peut fumer tranquillement, tu me suis toujours ? »


Le sourire toujours en coin, il laissa tomber ses épaules qu’il avait inconsciemment crispées lorsqu’il était rentré dans la maison de drogue. Se sentant seul d’un coup, il avait vachement envie qu’elle dise oui.
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mer 24 Oct 2012 - 1:31

Un bois différent ...
Il avait dit que je n'étais pas faite du même bois que les autres. Évidemment, que j'étais différente ... Élevée dans une famille mutante, je ne pouvais pas ressembler aux autres demoiselles qui déambulaient, ou erraient, dans les rues de la Grosse Pomme. Surtout dans ces rues ... Celles que je parcourais en cet instant, aux côtés d'un dealer qui connaissait ce labyrinthe comme sa poche. Oui, il avait vu que j'étais différente. Même s'il n'avait sans doute aucune idée à quel point je l'étais ... et il ne comprenait sans doute pas non plus à quel point lui aussi l'était. Je ne savais pas encore pourquoi, mais j'avais la certitude, au plus profond de mes tripes, que lui aussi détonait dans son monde. Il était lui aussi d'un autre bois que les autres : il était un chêne dans une forêt de frêles sapins. Je le sentais, je le savais. Mais je n'avais aucune preuve ... pour l'instant.

Je le laissais me rabrouer, moi qui, en temps normal, me serait rebiffée contre ce jugement que j'aurais trouvé stupide. Mais cette fois, j'avais juste envie d'écouter. Il savait de quoi il parlait ... Il le savait plus que moi. Il n'était pas difficile de comprendre que ce type là avait plus de vécu que moi, petite bourgeoise anglaise qui avait toujours eu tout cru dans le bec. Ce n'était pas la vie qui me convenait, mais c'était celle que j'avais, et je ne pouvais pas me plaindre ... même si j'en avais envie. Du moins, je n'avais pas le droit de me plaindre à Zane. Surtout pas ... C'est pourtant ce que j'avais fait ! Et je me sentais un peu ridicule ...

Mais avant même d'avoir pu approfondir mon sentiment de malaise, nous étions arrivés. Devant moi se dressait une grande maison qui avait sûrement connu des jours meilleurs. Sans être en ruine, elle était clairement désuète, vieille de plusieurs années et peu entretenue. Ce fut tout ce que j'eus le temps d'apercevoir, puisque la main que Zane posa sur ma hanche me déconcentra trop. La chaleur qui me monta dans le cou pour venir rougir mes joues éparpillat mes pensées qui se mirent à papillonner partout dans ma tête. Le temps que je me recentre un peu, nous étions ressorti avec un beau petit sac d'herbe et mon séduisant dealer me posait une question. Clignant des yeux, je levai le regard vers lui et répondit, encore troublée de ma réaction démesurée :

A n n a - «Je serais idiote de dire non ...»

Je ne jugeai pas utile de développer ma pensée, mais un léger creux dans mon ventre me fit réaliser qu'il y avait longtemps que je n'avais pas rencontré quelqu'un de nouveau, quelqu'un qui me fasse vivre autre chose que ma petite routine. Quelqu'un d'aussi anormal que moi ... J'étais une mutante, il était dealer et vivait à la dure. Rien à voir, me direz vous ... Et bien si, il y avait une infime ressemblance. Et je m'accrochai à elle de toutes mes forces, juste question de prolonger la nuit.

Je regardais Zane droit dans ses yeux noisettes, attendant qu'il me montre le chemin. Il me semblait que rien ne pourrait être plus parfait, en cet instant, qu'un parc, un ciel étoilé, un joint et un homme. Lui. Peut-être réussirais-je à le faire parler, à le pousser à s'ouvrir un peu ... Peut-être que l'effet du joint le détendrait ? Peut-être ... Peut-être que rien. Les peut-être ne menaient jamais nulle part ! Je devais éliminer ça de mon vocabulaire ... Je voulais le faire parler ? Je voulais comprendre, je voulais savoir ? Alors je n'avais qu'à être moi-même et le persuader.

Si j'avais à échouer ... et bien j'échouerais. Mais rien ne m'empêchait d'essayer !
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[Désolée, c'est pas très bon .. ce sera mieux la prochaine fois !! :S]
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mar 27 Nov 2012 - 19:39

Les étoiles semblaient bien briller ce soir, rien ne pouvait arriver au petit couple qui se promenait dans les rues sales de New-York. Ils se dirigeaient proche de l’appartement de Zane, où était situé un joli petit parc. On pouvait entendre un piano quelque part, les accords d’une quelconque chanson créaient une ambiance étrange, une voix masculine s’éleva à travers la fenêtre ouverte d’un autre appartement et les deux mélodies mélangées donnait à l’air une saveur d’instant à ne pas oublier. Une saveur d’instant qu’il vaudrait mieux arrêter, regarder l’autre et prendre conscience de ce qui se passe. Lui, qui rôdait toujours comme une ombre se tenait à côté d’un rayon de lune, une lumière qui un jour, le tirerait peut-être de la noirceur dans laquelle pourtant il se sent bien. Ombre dans l’ombre, il craignait peut-être de se révéler à elle par peur de se voir lui-même. La bête face à la belle, il devrait voir tous ses défauts, ses travers, et qui sait si il ne préférerait pas s’enfuir plutôt.

Il avait eu vachement envie qu’elle dise oui, mais il n’avait pas vachement envie de se montrer sous toutes ses coutures. Sa main était toujours posée sur sa taille et c’était bien la première fois qu’il s’en rendait compte. Ses doigts chauffaient un peu, il avait l’impression de toucher la peau même de l’interdit. Des clientes, il s’en était tapé aussi, des jeunes et jolies filles, mais ce n’était pas la même chose. Se pourrait-il qu’il ait trouvé la femme qui ferait battre son cœur ? Peu importe, ils ne se reverraient probablement jamais. Une histoire d’un soir, un moment à saisir et à graver dans sa mémoire. Une chevelure argentée, un sourire mutin, une impression, un toucher… Bientôt, un souvenir qui s’évanouirait. L’éclat argenté de la chevelure perdra de son éclat, la voix s’effacera dans un murmure feutré et le souvenir de la douceur de la peau se tordra cruellement dans les affres du temps.

« Alors, tu disais que tu viens pour étudier ? Quelle école ? Je n’essaie pas de te soutirer des confidences, juste de faire la conversation. C’est rare que je vais fumer un joint avec une cliente, mais toi j’t’aime bien ma belle. »


Aussi, elle a le même nom que la rousse qui le faisait sourire intérieurement. Les vrais sourires sont difficile à arracher à Zane, autant que les vraies paroles ou les vraies confidences. En fait, personne ne se donne vraiment la peine, qui s’y intéresserait vraiment de toute façon? Personne. Il n’est rien, ne vaut rien, il n’est ni plus ni moins qu’un autre parasite dans la ville de New-York. Un autre grain de sable dans l’engrenage. Il valait mieux pour lui de ne pas penser à ces choses, l’amertume le prend alors de plein fouet et il est contraint de les affronter. Pas de drogue, ni d’alcool pour se cacher et oublier. C’est une des raisons qui faisait de Zane un être si calme et en pleine possession de ses moyens, il avait toujours été sobre. Toujours face à sa vie, sans aucune béquille. Ne croyant pas à Dieu, il ne pouvait que se reposer sur lui-même.

Des fois, il faisait l’erreur de se reposer sur une jolie rousse. Alors, sa vie déboulait, la rousse était morte, il ne restait plus rien qu’un trou dans sa tête. Un trou dans son cœur, qu’il ne savait pas trop comment remplir. Cherchant le silence dans la cacophonie, il cherchait le repos dans le mouvement continuel de sa vie. Ce soir, il pouvait compter sur un instant de repos, une petite mélodie jouant dans l’air et il reconnut enfin la chanson.

Where did I go wrong, I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life

Un soupir au lèvres, il regarda les étoiles un instant, voyant dans la lune sa compagne la plus fidèle jusqu'à présent. Elle au moins, elle n'allait pas faire de surdose. Un petit carré d'herbe l'invitant à s'asseoir, il prit la main d'Anna et la fit asseoir en face de lui. Roulant en deux temps, trois mouvements un joint d'une grosseur un peu plus petite que d'ordinaire, et il mit plus de tabac de cigarette qu'il était coutume de le faire. Il l'alluma et tira une petite bouffée pour être certain qu'il était bien allumé. Ne prenant même pas la peine d'inhaler la fumée, il le passa d'une main distraite à sa compagne. Il ne souhaitait pas tant qu'elle tombe dans un nuage de fumée bleue, il ne voulait pas voir l'éclat de ses yeux disparaître dans l'euphorie de la drogue. Mais après tout, c'était ce qu'elle cherchait ce soir. Il ne pourrait pas l'empêcher de faire ce qu'elle voulait, ce n'était pas dans la nature de Zane. Il préférait voir les gens comme ils désirent être et non comme lui le désire.

Depuis combien de temps t'es dans la ville toi ?
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mer 5 Déc 2012 - 23:32

Sa main sur ma hanche ...

Toujours là. Il ne l'avait pas retirée lorsque nous étions sortis. Et je ne sais pas, peut-être que c'est simplement que ça faisait longtemps que je n'avais pas marché au clair de lune avec un mec qui n'était pas mon ex (un gosse de riche absolument insupportable, je me demande encore comme j'ai pu le sentir pendant un an ...), ou alors c'était juste la Grosse Pomme qui me faisait cet effet, ou bien ...

J'aurais pu continuer comme ça pendant un très long moment, puisque nous avancions en silence, chacun dans nos pensées, moi dans mes envies de le sortir de sa coquille et, pourquoi pas tant qu'on y était, de le sauver, quoi ! Oh oui, je délirais pas mal dans mon coin, alors que toutes mes pensées se focalisaient sur cette main à la fois virile et délicate sur ma hanche. Il faut dire, aussi, que ma jupe taille basse et mon t-shirt qui remontait légèrement ne m'aidaient en rien, puisque les doigts chauds de Zane effleuraient, sans doute sans même le sentir, ma peau frissonnante.

Certains trouvent le silence lourd, irritant, ennuyant. Pas moi. J'ai toujours trouvé que, dans le silence, il y a des vérités qui se cachent, des milliers de paroles en sourdine qui flottent entre les particules de l'air silencieux. Comme une chanson, une mélodie changeante et envoûtante qui ... oh, mais non, la chanson était réelle, elle, et, bizarrement, ne venait pas briser le silence. C'est comme si elle le ... complétait. Oui, c'est ça. La musique jouait au loin, feutrée et un peu lourde, cadrant parfaitement avec l'ambiance douillette de la nuit qui nous entourait. La lune brillait de tous ses feux dans le ciel d'ébène et, aussi étonnant que ça puisse paraître, de l'endroit où nous étions, les milliers de lampadaires de la ville ne cachaient pas trop les étoiles. Toujours silencieuse, j'en choisis une, et la fixai dans le firmament alors que nous marchions lentement. Au bout d'un moment, mon dealer ouvrit la bouche. Je l'observai avec un sourire en coin, l'écoutant se justifier sans trop savoir pourquoi il le faisait. Mon sourire s'élargit quand j'entendis le «ma belle», mais je ne passai aucun commentaire, consciente que c'était l'habitude du dealer qui ressortait. Et il faut dire qu'en fait, je m'en fichais bien. J'avais déjà entendu pire, là-bas, en Angleterre ...

A n n a - «Oui, je viens étudier à la même école que mon frère ... une institution privée, tu vois.»

Pour le commun des mortels, l'institut Xavier était une institution privée pour surdoués, rien de plus et rien de surnaturel. J'avais donc tout à fait le droit de divulguer le nom de l'établissement ... mais, sans trop savoir pourquoi, je n'en avais pas envie. Pas tout de suite. J'avais presque peur qu'en entendant ce nom-là, Zane reparte dans son histoire de préjugés de riches et de pauvres et de monde doré et y ajoute maintenant les surdoués et les p'tits génies. En gros, je n'avais pas envie de ça.


A n n a
- «D'ailleurs, je prend ça comme un honneur que tu m'accompagne ! Franchement, je n'aurais pas su où aller, toute seule ...»

Je ne m'étais même pas posé la question. S'il ne m'avait pas proposé de le suivre, où aurais-je bien pu aller fumer mon joint ? Oh, bizarre comme je n'avais plus envie d'herbe soudainement ... J'avais plus envie d'humanité que de paradis artificiel, il faut croire !

Une mélodie s'éleva à nouveau dans l'air, mais cette fois, les paroles étaient perceptibles. Une chanson que j'adorais. Me laissant bercer par The Fray , je m'installai souplement sur la pelouse du parc, entrainée par mon dealer, la lune comme seule témoin de notre escapade nocturne. Zane s'affaira à rouler bien serré un bon joint à l'allure un peu différente de ce que je connaissais, mais je n'étais pas une experte, je n'aurais su dire ce qui différait. Alors qu'il prenait la première bouffée, je le regardais sans rien dire. Quand il me le passa, j'inhalai un peu de fumée et laissai la drogue emplir mes poumons un bref instant, pi recrachai le tout. Gardant le joint entre mes doigts, mais bien déterminée à ne plus y toucher pour l'instant, je m'appuyai sur mes coudes, le regard levé sur la lune ronde qui veillait jalousement sur sa ville.

A n n a - « En fait ... j'ai mis le pied en sol New Yorkais cet après-midi. »

Oui, je prenais le taureau par les cornes, moi. Pas de magasinage, pas de balade à Central Park ... La première chose que je faisais, j'allais me promener dans les ruelles et les coins malfamés. Je devais être terriblement idiote, quelque part, au fond ...
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Ven 4 Jan 2013 - 5:21

Le silence peut avoir plusieurs saveurs, tout dépendant de la situation. Les paroles peuvent être de trop parfois, il faut alors savoir doser. Savoir quelles gouttes de quels verbes, savoir quels silences, quelle pauses mettre entre les déclarations. Savoir écouter, savoir parler, savoir entendre et parfois, savoir ignorer. Il faut savoir quoi dire, quoi exprimer, quoi sous-entendre… Le jeu de la discussion humaine est complexe, tordu et certaines personnes ont le don de rendre le tout malsain. Les étoiles elles, ne parlent jamais mais expriment toujours tout. La lune, chante le silence et la nuit hurle alors que tout est bruyant dans le silence. Les paroles sont muettes, et alors on entend le vent murmurer… Faut-il l’écouter ?

Peu importe si c’est le vent ou la voix d’une femme, peu importe si c’est les étoiles dans le ciel ou dans les yeux d’une belle de nuit, les êtres humains sont trop complexes parfois. Savoir apprécier le moment, savoir écouter la simple mélodie d’une phrase, savoir comprendre le langage de l’être humain est assez complexe sans avoir à rajouter des significations cachées et vouloir faire entendre autre chose que ce que l’on veut dire. Alors, il faut écouter les étoiles, entendre la nuit et respirer le vent, retrouver la nature simple de l’humain et regarder l’autre, l’entendre et comprendre. Alors que la nuit murmurait autour de Zane et Anna, alors que le vent faisait bruisser les feuilles, alors que tout semblait simple et compliqué, le dealer de drogue comprenait qu’il commençait en avoir marre de cette vie.

Pourquoi ne pourrait-il pas simplement être heureux avec quelqu’un de sain et de normal ? Non, il n’était pas spécialement sain, il était un rebut des rues de New-York, mais peut-être qu’il pourrait être autre chose, un jour.

Alors qu’elle parlait de sa vie, lui tentait de comprendre quelle genre de femme elle était. Institut privé, mais envie de fumer un joint avec un parfait inconnu ? Riche blasée alors. Elle prenait comme un honneur sa présence ? Riche, blasée et imprudente. Elle venait juste d’arriver à New-York, avec son accent britannique, sa petite jupette d’écolière et ses envie de risque qu’elle allait traîner dans les rues sales de la grosse pomme ? Riche, blasée, imprudente et… aimant changer de vie. Peut-être qu’elle en avait marre de la vie de riche ? Mais comment en avoir marre ? Tout avoir à portée de main, tout avoir pour soi, sans avoir à se battre ou à se compromettre… Avoir un toit stable, avoir de la nourriture sur la table, avoir des relations saines avec son environnement, elle en avait marre ?

Le silence voulait amener la compréhension, le vent soufflait l’oubli et l’acceptation des différences, le moment était parfait et pourtant, il ne parvenait toujours pas à comprendre la jeune femme. Lui qui avait toujours eu à se battre, se battre pour sa mère, pour oublier qu’il l’avait abandonné, pour oublier qu’il vivait maintenant la vie qu’elle n’avait jamais voulu croire possible pour son fils, pour oublier qu’il allait sûrement mourir d’un couteau dans le dos un jour… Elle, elle n’avait qu’à se battre avec ses parents pour un nouveau cellulaire et qui sait encore, peut-être qu’elle était de ces filles gâtées qui avait toujours tout eu. Alors, la vie de riche n’était pas suffisante pour elle et elle avait voulu voir ce qu’était la vie de gens comme lui, pauvre et dangereux.

« Laisse moi essayer de comprendre ma belle… Tu es riche. Pourtant, le premier soir que tu passes à New-York, tu la passe à vouloir fumer un joint avec un pauvre dealer de drogue comme moi. »

Il laissa passer un moment, laissant un petit silence planer. Il l’observait, elle était si belle, ses cheveux étincelant dans la lumière de la lune, la fumée qui montait à côté d’elle et la braise du joint qui rougeoyait conférait une lueur quelque peu dangereuse, atténuant le côté petite fille anglaise.

« Tu fais partie de ces riches qui veulent une vie plus dangereuse ? »


Un coin de ses lèvres se retroussa imperceptiblement, comme si la pensée l’amusait. En fait, ça l’amusait car la plupart du temps, ces enfants de riche retournent chez leur parent avec la queue entre les jambes, honteux et malheureux. Était-elle de ce genre ? Peu importe si les étoiles criaient et que le vent se taisait, peu importe ce qui arriverait, il ne voulait pas trop le savoir en fait. Il voulait simplement qu’elle existe, encore un peu. Après cette soirée, elle aurait le droit d’arrêter d’exister, mais pas avant. Avant, elle avait à lui prouver qu’il pouvait être un humain, et pas seulement un rat des rues.

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Je t'ai pas donné beaucoup de matériel à répondre, si tu veux que je change quelque chose ou que j'en rajoute, fait-moi signe !
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mar 8 Jan 2013 - 8:45

Tiens, il ouvrait la bouche ...

Drôle comme soudain, je me fis la remarque qu'elle était horriblement tentante, sa bouche. Focalisée sur ses lèvres, ses dents, sa langue, il me fallut un léger temps avant de bien comprendre sa phrase. Et sans savoir pourquoi, sa remarque me fit mal. Je la reçut en plein ventre, comme une insulte. Parce que le mot «riche», dans la bouche invitante de Zane, sonnait comme un défaut, même s'il ne l'avait pas dit sur un ton déplaisant. Même si je le croyais quand il disait qu'il voulait simplement comprendre. Et pire encore, lorsqu'il utilisa le mot «pauvre» pour se désigner. Peut-être sans même le faire exprès, il venait de nous séparer. D'une ligne invisible, mais parfaitement tangible, il venait de mettre nos mondes sur deux niveaux différents, deux niveaux qui se rejoignaient difficilement. Et alors que moi, j'avais une envie irrésistible de nous rapprocher, de lui faire comprendre que nous n'étions peut-être pas si éloignés, lui, il avait fait une coupure entre ma vie et la sienne. Il avait établi une frontière ... une frontière que j'avais envie de traverser. Que je voulais ignorer, que je voulais abolir. Pour quoi faire, les frontières ? Les barrières ? Pour protéger quoi ?

Le silence s'étira un court moment, alors que je regardais mon joint se consumer, hésitante. Que répondre à cela ? Oui, ma première soirée, je la passais ici, avec lui, avec de la drogue que je n'avais plus envie de fumer, et une lune magnifique qui semblait nous dire d'oublier le monde extérieur, au moins pour une nuit. Il avait ses problèmes, j'avais les miens, et s'ils étaient différents, ils n'en étaient pas moins présents. Et si nos chemins s'étaient croisés, cette nuit-là, ce n'était pas pour rien. Rien n'arrive pour rien ... J'en étais certaine. Je ne savais pas quel rôle cet homme aurait à jouer dans ma vie, ni si ma route croiserait la sienne à nouveau, mais je savais que cette soirée n'arrivait pas par hasard. Elle était déterminante dans ma nouvelle vie de new-yorkaise, je le sentais. Et les yeux toujours fixés sur le bout embrasé de ce joint que je ne fumais pas, j'écoutais une seconde phrase me tordre le ventre.

J'eus un léger rire sans joie. Une vie plus dangereuse ? Une vie plus dangereuse ... Je le regardai un moment, puis détournai le regard vers le ciel, vers les étoiles qui semblaient danser au son de la musique lointaine. Je soupirai, et répondit simplement :

A n n a - «Non ...»

Je secouai la tête, tournai les yeux vers lui et terminai en serrant les dents ...

A n n a - «Je veux ... juste vivre, Zane ! C'est tout ! Écoute ... je sais ce que tu penses. Une petite fille de riche qui débarque de son avion en provenance de l'Angleterre, une petite fille gâtée par la vie, une petite fille qui a tout eu tout cru dans le bec et qui n'est toujours pas satisfaite. C'est ce que tu penses, je me trompe ?»

Je fermai les yeux, les paupières serrées parce que je sortais enfin tout ce que j'avais sur le cœur. Avec un parfait inconnu, mais je m'en fichais. Ce type-là, il dégageait un truc. Je ne savais pas quoi, je ne voulais pas savoir, mais je me sentais ... Je me sentais bien, je me sentais assez à l'aise pour lui déballer mon sac. Il ne voulait pas l'entendre ? Tant pis ! Je lui dirais quand même.

A n n a - «Et bien tu as raison ! Oui, mes parents sont riches. Non, j'n'ai jamais eu à me plaindre de quoi que ce soit. Et si j'ai à me plaindre, ce ne sera sûrement pas à toi. Mais si tu savais comme le cocon doré qui a été ma vie peut aussi être une cage, Zane ... Je sais que tu me trouveras sans doute complètement idiote, mais pour ce que ça peut me faire, maintenant ... J'ai pas envie d'une vie plus dangereuse, j'ai envie d'une vie, ça s'arrête là. Et j'ai envie de la vivre comme je l'entend, tu comprend ? Je ... je n'sais pas si ce que je dis a du sens, ou même si tu es celui qu'il faut pour saisir ce que je raconte, et j'ai peur de dire quelque chose de mal, de te vexer, ou alors que tu crois que je ne suis qu'une bourgeoise qui retournera chez papa et maman demain matin pour dormir dans son lit douillet en se remémorant cette soirée comme une folie, un beau souvenir à ne plus reproduire ... tu te trompes. Peu importe ce que tu penses de moi, je te jure que tu te trompes. Je ...»

Je fermai la bouche. Je regardai mon joint. Je regardai Zane. Je regardai la lune ... Je soupirai. J'étais débile, c'était évident. Les yeux toujours posés sur l'astre lunaire, je pris une bouffée de mon joint et m'étouffai avec. Je murmurai, autant pour Zane que pour moi-même ...

A n n a - «Rien n'arrive jamais pour rien ...»

S'il fallait que je fasse une folle de moi devant un mec tellement sexy que j'en avais mal aux yeux pour que je me sorte enfin de ma crise existentielle, et bien soit ! La seule chose qui me taraudait à cet instant, c'était de revoir Zane. Idiot, non ? La nuit n'était même pas finie que j'espérais déjà qu'elle n'ait pas de fin. Mais comme tout a une fin ... je souhaitai simplement que Zane ne parte pas trop vite. Parce qu'il m'apportait un brin d'humanité dans le monde trop riche et matériel dans lequel j'avais vécu. Mes parents avaient toujours été présents, gentils et compréhensifs avec moi. Mes frères aussi. Mais j'avais eu l'esprit de rébellion jeune et l'Angleterre avait souffert de mes frasques rebelles pendant quelques années. Je ne cadrais pas dans mon monde ... et Zane semblait croire que je ne cadrais pas dans le sien. Alors, où étais-je censée aller ? Elle était où, ma fichue place ???
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Elle était très bien, ta réponse Smile Ne t'inquiète pas, je trouve toujours de quoi pondre un petit quelque chose ^^ Et puis tu sais que j'adore ta façon d'écrire ET ton personnage alors ... Wink
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mar 8 Jan 2013 - 22:17

La lumière des étoiles était hypnotisante, elles existent mais sont si loin, si parfaites ! Tout le monde peut imaginer ce qu’ils veut des étoiles, les humains ne sont pas près d’aller vérifier par eux-mêmes ce qu’elles sont en réalité. Pourtant, les gens préfèrent imaginer des vies, des histoires, des motivations à leur entourage, aux personnes qu’ils rencontrent, quand c’est tellement plus simple d’apprendre à connaître un être humain qu’une étoile !

C’était exactement ce que Zane avait fait. Regardant les étoiles, sachant qu’elles ne sont que des boules de gaz en explosion, une grosse bombe atomique s’atomisant sans relâche et imaginant une vie et des motivations à une femme qui est pourtant juste à côté d’elle, à portée de main… Était-ce sa foutue frange de cheveux qui lui masquait sa vision ? Ou son égo, ses préjugés, sa mentalité de dealer, quoi encore… Pendant qu’elle parlait, il se ratatinait intérieurement.

Normalement, ce que les gens pensent de lui, ce que les gens vivent, ce qu’ils pensent et ce qu’ils croient, il s’en fiche. Pourvu que ça ne le concerne pas! Tous sont libres de vivre ce qu’ils veulent et comme il le veulent, mais là il venait de prendre une claque en pleine face. Non, elle n’est pas une fille de riche en manque de sensation forte, elle est une gosse de riche en manque de sensation. Simplement. Comme lui, un pauvre type en manque de réalité, en manque de quelque chose à quoi s’accrocher. Peut-être qu’ils avaient plus en commun qu’ils le croyaient ? Tant mieux, tant pis. Zane était du genre à ne rien partager, cœur dur enfermé dans des barrières toutes aussi dures. Pourtant ce soir, les barrières fondaient peu à peu. Au contact des yeux argentés d’Anna, au contact de ses paroles brûlantes, au contact d’un être humain qui voulait simplement lui parler… Ses épaules se relâchaient, ses yeux brillaient un peu plus sous la frange de cheveux d’ébène.

« Rien n’arrive jamais pour rien… »

Cette phrase résonna un instant dans ses tympans. Que voulait-elle dire ? Que leur rencontre avait une signification de plus ? Que même pour lui, leur rencontre avait lieu d’être ? Non, sûrement pas. Mais c’était tout aussi vrai. Prenant un instant pour réfléchir, laisser le silence s’installer confortablement entre les deux, il réfléchissait. Pas simplement à ce qu’il allait faire demain, si le chat de sa voisine avait enfin fini de faire ses besoins sur le pas de sa porte, mais à ce qui se passait réellement en ce moment. Pourquoi était-il assis à côté d’elle ? Pourquoi la laissait-il parler, s’exprimer… Pourquoi avait-il envie d’en faire autant ? Tout ça avait sûrement lieu d’être. Anna aux cheveux roux, celle qui était morte hier ou aujourd’hui, elle avait ouvert une autre brèche dans son cœur. Encore une, une de plus, une de trop. Anna aux cheveux d’argents pénétraient maintenant, qu’elle le sache ou non. Que ce soit volontaire ou non, elle entrait dans ce cœur fissuré de toutes parts et bougeait des choses. Qu’elle y reste ou non, ce n’était pas important. Ce qui l’était, c’était de faire changer les choses. C’est peut-être temporaire, c’est peut-être pour le pire, c’est peut-être pour le mieux, mais c’est en train de se produire.

Il cherchait ses mots : s’exprimer sur ce qu’il ressentait, sur son vécu, sur ses désirs était totalement hors de son champ d’expertise. Il souhaitait lui faire comprendre qu’ils n’étaient pas si différents, vouloir vivre autre chose… Que ce soit un monde doré ou crasseux, les extrêmes ne sont pas viables. Enfin, si, mais pour des gens qui réfléchissent, qui sont spéciaux, ce ne l’est pas. Un sourire amer apparut sur ses lèvres à cette pensée, lui, spécial ? En quoi ? Une mère pute, un père mort, une vie de dealer, il n’était rien d’autre qu’un rat d’égout. Un rat d’égout, rat dégoût, rat de dégoût, rat dégoûté. Il avait soudainement envie de partie, l’oublier.

Elle avait raison de vouloir une autre vie. La passion quand elle parlait, elle était douée d’une conscience plus grande que celle d’une petite fille de riche. Elle pourrait être tellement plus ! Elle pourrait être tout ce qu’elle veut. Elle est si belle, pleine de promesses et elle, elle a un futur. Zane avait quoi ? Rien. Zane était quoi ? Beau oui, mais rien d’autre. La beauté ne réussit pas à créer un avenir potable. Son chemin allait certainement différer de celui de la belle. Il avait envie de partir, rat dégoûté de son attitude de rat. Puis, il se rendit compte qu’il voulait partir. Pourquoi ?

Fuir.

Encore, toujours, la fuite. Fuir sa mère, fuir ses regrets, fuir l’amertume de celle qui voyait son fils devenir ce qui avait causé la mort de son père, fuir dans une autre ville, fuir l'inconnu, fuir le danger de la pensée, maintenant fuir celle qui pourrait tout changer.

« J’en ai marre de fuir. »

C’était sorti tout haut ? Apparemment oui, alors il était bien obligé de continuer. Parlant lentement, cherchant ses mots, c’était probablement les phrases les plus réfléchies qu’un dealer pouvait sortir. Les étoiles brillaient dans leurs existences aux mille existences possibles pendant que lui, l’espace d’un instant, il assumait la sienne. Le tout semblait un peu vague, mais comment être clair pour les autres si lorsque l’on se regarde, on ne voit qu’un nuage de fumée sombre ? Lorsqu’on ne se comprends pas, dur de se faire comprendre.

« Si je suis à New-York, c’est que j’ai fui. J’ai encore le goût de fuir. J’espère que toi, si tu fuis ta vie, si tu tombes de ton nid doré, tu ne tomberas jamais assez bas pour vouloir te fuir toi-même. »

Il se tut un instant, elle, elle était si proche et lui si loin. Comment les choses avaient-elles pu se produire ? Comment elle, et lui, au même endroit, remettre tout en question… Comment, pourquoi ? Elle avait raison. Rien n’arrive jamais pour rien.

« T’es faite d’un bois différent, je te l’ai dit. Ce que je le dis, je le pense. Si tu veux vivre autre chose, alors tu vivras autre chose, tu le veux alors tu vas le faire. Tu voulais vivre quelque chose ici, non ? Tu voulais que dans la nouvelle ville commence ta nouvelle vie, je me trompe ? Alors t’es déjà sur le bon chemin. Fait juste attention beauté, y a autre chose entre la cage doré et les égouts. »

Un sourire en coin planait dans l’air, se rapprochant dangereusement de Zane. Il flottait, une petite ombre dans le clair-obscur de la nuit brisé par les lampadaires. Lentement, il dérivait parmi les vagues de l’air, dans les tsunamis des pensées qui se communiquait et fatalement, s’échoua sur le récif corail des lèvres de Zane. Se mêlant aux cellules, comme un virus il s’accrocha et injecta une idée, comme quoi sourire n’était pas si douloureux. Se propageant, pire qu’une épidémie, le sourire grandit et évolua. Incapable d’activer les muscles nécessaires pour un vrai sourire, le virus souriant eut la force d’atteindre les yeux couleur caramel de Zane et le mal fut fait. Il souriait.

« J’sais pas si je suis juste là pour t’écouter et être un témoin muet, mais j’m'en fout. Rien n’arrive pour rien. Si tu réussis à trouver la clé de ta cage, p’têtre qu’un jour, j’vais trouver le moyen d’arrêter de fuir. »


Fuir.

En un instant, les anticorps de la réalité écrasèrent le virus du sourire.
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Ven 8 Fév 2013 - 4:24

J'avais complètement oublié mon joint, maintenant.

Je le tenais mollement entre deux doigts de ma main gauche, posée sur mon genou, les yeux toujours perdus dans les étoiles, la nuit enveloppant le monde alentour et atténuant les misères du jour. Étonnant comme la nuit venait changer une perspective ... Étonnant comme une fillette et un dealer pouvaient soudainement se rejoindre. De la manière la plus improbable qui soit ... mais la vie fait bien les choses, quelques fois. Cette nuit-là, je la gravais dans ma tête minute par minute, seconde par seconde. Je voulais garder ce moment vibrant dans ma tête ... vivant. Je voulais vivre le reste de ma vie avec la même intensité que je vivais cet instant-là. Toujours.

Et moi qui croyais que ça ne pouvait pas être plus intense, je me trompais. Quand Zane ouvrit la bouche une seconde fois, pour répondre à ma folie, la vivacité du moment monta d'un cran. J'avais l'impression de n'avoir jamais autant écouté quelqu'un. De n'avoir jamais autant vu quelqu'un. De n'avoir jamais senti avec autant d'acuité la nuit qui pesait doucement sur ma peau. Comme si tous mes sens avaient été shootés à la Monster, en éveil comme jamais.

Z a n e - «J'en ai marre de fuir»

Je tournai lentement la tête. Je le regardai sans rien dire, la bouche entrouverte sur des mots qui ne voulaient pas sortir, des mots qui ne savaient pas comment être les bons mots, vous savez, ces mots qui apaisent l'âme et le cœur ... Et alors que je cherchais les miens, les mots de Zane entraient dans ma tête comme des aiguilles, se fichant en moi solidement, me marquant au fer rouge des confidences douloureuses.

Le temps était comme suspendu. Comme s'il fallait que cette nuit dure toujours, parce qu'il se passait quelque chose. Je ne savais pas encore quoi, mais je sentais au plus profond de mes tripes que je ne devais pas le laisser partir. Il était entré dans ma vie et je devais l'y garder. Alors qu'il parlait toujours, et que chaque parole me touchait davantage, je posai une main légère sur son genou, pour lui faire comprendre que j'étais là, qu'il était là, que nous étions ensemble là-dedans. Dans quoi exactement, je n'en savais rien. Mais sans raison apparente, nous étions réunis ... cet homme-là avait mille et une choses à m'apprendre, je le savais. Je devinais en lui une âme plus pure que ce qu'il s'autorisait à croire et une noblesse de cœur que j'allais devoir déterrer du plus profond de ses démons. Mais cette nuit-là, je m'en croyais la force. Je me disais que je pourrais faire quelque chose ... et lui montrer ce qu'il y avait entre la cage dorée et les égouts.

Et puis tout à coup ... on aurait dit que le soleil venait de se lever sur le parc. En m'en faisant la réflexion, je me dis illico que j'étais ridicule. Mais le sourire qui illuminait discrètement les yeux noisette de Zane était un véritable astre solaire. Une lueur brillait si férocement dans ce regard que je serrai son genou, à peine, juste assez pour lui montrer que j'avais vu. Et je me dis à cet instant que si Zane devait sourire à nouveau, alors je voulais être là pour le voir. Parce que cette flamme ... cette flamme me nourrissait l'âme et me faisait croire que ma vie facile et matérielle n'était pas si mal. Qu'il y avait encore espoir d'être heureux dans la vie, parce qu'il y avait encore des sourires comme ça qui existaient.

Je fermai les yeux quand son sourire disparut. Et je me demandai ce que je faisais là, au fond. Dans un parc, au milieu de la nuit, avec un joint consumé au bout des doigts et le cœur enflammé par je ne savais quelle passion, avec un dealer que je venais à peine de rencontrer. Puis en rouvrant les paupières ... je décidai que ces questions existentielles pourraient attendre le lendemain. Là, tout de suite, j'étais ici et maintenant et je ne devais rien manquer. Lâchant le joint qui pendouillait mollement de mes doigts, éteint, je m'approchai juste assez pour caresser sa joue, brièvement, doucement.

A n n a - «Tu veux savoir ... je pense que je l'ai trouvée, la clé de ma cage. C'est cette ville, c'est cette nuit, c'est toutes les nouvelles possibilités qui s'ouvrent devant moi, c'est ...»

J'avais failli dire «c'est toi» ... mais je savais que ce n'était pas le moment. Je savais que je n'étais pas prête à dire cela, et je me doutais qu'il n'était sans doute pas prêt à l'entendre. De toute façon ... je n'avais jamais été à l'aise dans les émotions et les sensibleries. J'étais une moqueuse, moi, pas une romantique. Du moins, c'était ce que je croyais, dans ce temps-là ... Mais la vie change les gens, parce que certaines personnes changent la vie ! Et je venais de rencontrer la toute première personne qui pourrait vraiment changer la mienne.

A n n a - «Zane ... Je veux t'aider. Je sais pas si tu voudras me laisser faire, mais je pense que la clé de ma cage ... je pense qu'elle est dans ta fuite. Si tu arrêtes de fuir ... alors peut-être que je pourrai laisser ma prison douillette derrière moi et ... et enfin être qui je suis. Réellement.»

Et alors, comme une idiote, sans réfléchir et sans mesurer les conséquences, je levai un doigts et, après quelques volutes dans les airs, un papillon de fumée scintillante s'envola délicatement de ma main et tournoya autour de nous, emportant avec lui dans l'air nocturne mille promesses que je n'osais pas formuler à voix haute. Mille promesses qui se fondirent dans les étoiles, loin dans l'infini du ciel. Et la nuit n'était pas finie ...
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MessageSujet: Re: It's amazing... OU l'arrivée d'une illusioniste |PV Zane|   Mar 26 Fév 2013 - 22:26

Ca y est, il devient fou. Il se sentait bien, à côté d’elle, dans la nuit qui les regardait sans mot dire, propageant doucement les dernières notes d’une guitare acoustique, laissant tomber les derniers murmures d’une voix qui chantait la mélancolie en écho avec son cœur qui chuchotait dans un souffle timide sa solitude. Il était bien, il avait envie de la prendre dans ses bras, de se droguer à l’odeur de ses cheveux et il se sentait devenir accro de sa présence. Cette pensée lui arracha presque une grimace, mais comme d’habitude il resta impassible à ses propres pensés. Peu importe si la nuit allait finir dans un lit, solitaire ou avec la belle, peu importe si elle allait partir avec un joint gratuit en riant d’un dealer qui s’était ouvert, peu importe si elle ne faisait que se moquer de lui, peu importe si s’ouvrir allait lui faire plus de mal que de bien. Il avait commencé, il ne pourra pas s’arrêter aussi facilement… Pas avec le genre de fille avec qui il s’était ouvert. Il pourrait ralentir éventuellement, mais il sentait qu’Anna était de celles qui ne donnaient pas envie de partir. Alors c’est triste, mais il ne partira pas de sitôt.

Ses paroles confirmaient ce qu’il pensait, chaque mot confortant Zane dans son impression de bien-être. Une personne normale voulait de lui, une personne voulait de lui dans sa vie. Pas pour la drogue, depuis qu’ils avaient commencés à parler elle n’avait pas prise une seule bouffée et le joint s’éteignait doucement, faute d’avoir de l’oxygène.

Se sentent un peu trop nunuche avec la jeune fille, il reprit un peu de contenance et c’est au même moment où il s’apprêtait à lui fausser compagnie qu’il la vit créer un…

Un…

Papillon de fumée de joint ? Quoi ? Les choses devenaient un peu étranges. C’était un geste tout doux, simple et spontané, mais il sonna une cloche dans la tête de Zane. Il ne connaissait rien d’elle, elle ne connaissait rien de lui et pourtant, ils parlaient de leurs peurs enfouies comme si de rien était. Quelque chose de surnaturel était à l’œuvre, il devait se méfier… Il se torturait inutilement, il n’avait pas à se méfier face à cette déesse lunaire, déesse de la nuit qui était venue pour…

Pour faire quoi? Pour s’éloigner de sa vie. Si ça n’avait pas été lui, ça aurait été n’importe qui. Qui sait, elle aurait peut-être mieux fait de tomber sur un vrai dealer, pas comme lui en ce moment. Lui, en ce moment, il n’était rien. Un rat qui ne voulait plus être un rat, ce n’est pas un vrai rat. Il devrait être heureux de sa vie, il aurait pu finir comme pute, avec sa mère qui en était une il aurait déjà une liste de client régulier, qui sait, il aurait pu faire des trips à trois avec sa mère pour encore plus d’argent… Non, ça suffit. Il avait eu une faiblesse, il devait être plus fort. La mort arrive tout les jours, toujours, encore et encore, sans relâche, tous partent un jour ou l’autre alors la saleté de rousse est partie, c’est normal. C’est pas une raison pour brailler dans les jupons d’une petite fille de riche qui voulait plus.

Pourtant…

Sans s’en rendre compte, il poussa un soupir et ses épaules se décrispèrent. Il ne voulait pas être un dealer de plus, il ne voulait plus l’être. Il ne voulait plus être un rat de plus, il ne voulait plus l’être du tout. Dans le fond, elle aurait pu être tombée sur un vrai dealer, mais lui aurait pu être tombée sur une vraie fille de riche qui ne fait que fumer un joint pour le plaisir d’être rebelle, parce que c’est trop mainstream écouter ses parents… Il aurait pu tomber sur une autre pute, il aurait pu tomber sur n’importe qui et pas mal n’importe quoi. Alors pourquoi elle, pourquoi ce soir? Pourquoi une autre Anna alors que celle qui avait presque ouvert son cœur était morte? Son corps froid allait bientôt se décomposer tandis qu’une autre Anna vivait, respirait, souriait, faisait ses papillons de fumée… D’ailleurs, parlant de ces papillons, il y avait quelques questions qui traînaient dans la tête de Zane maintenant qu’il avait vu ça. Des choses louches, il en avait vu, inexpliquées ou pas, mais dans le fond, était-ce vraiment important? Ça ne faisait que rajouter à l’inexpliqué de la situation. Comment pouvait-il expliquer qu’il était assis, sans malaise, à côté d’une fille qui n’était pas de son monde, qu’ils étaient en train de bâtir un pont entre deux classes extrêmes, comment expliquer qu’il avait envie d’essayer autre chose qu’être un dealer paumé?

Un sourire en coin prit place sur ses lèvres, un sourire habitué à ne pas venir du cœur, mais un sourire qui le rendait plus humain. Il savait bien que les gens qui ne sourient jamais font peur…

« Tu veux m’aider? »

La phrase que la belle avait lancé résonnait en écho dans sa tête, la clé est sa fuite réelle, sa fuite est dans sa libération, peut-être que leurs vies étaient maintenant croisées pour toujours? Peut-être qu’Anna la grise allait terminer ce qu’il attendait que les autres Anna rousses, blondes, brunes, toutes ces femmes sans identité puissent faire, lui donner une raison de partir. Lui prouver que la vie pouvait vraiment être meilleure de l’autre côté de la vie, du bon côté.

« Peut-être que je suis ta clé, peut-être que tu vas juste perdre ton temps. Peut-être que je vais découvrir de quoi j’ai besoin réellement, peut-être que je vais découvrir que je suis fait pour cette vie et que je vais y mourir. »

On peut être optimiste, comme on peut être défaitiste, alors pourquoi pas les deux en même temps? La vérité était qu’il ne savait plus quoi penser, il n’était tellement pas habitué à vivre ce genre de situation, c’était confusionnnant… Peut-être avait-il simplement besoin de temps pour penser à tous ces mots, toutes ces paroles, toutes ces pensées, toutes ces intentions… Peut-être devrait-il se jeter la tête première dans l’inconnu, suivre la belle femme et tout oublier de son passé, créer quelque chose de complètement nouveau, faire de sa vie autre chose que le pathétique truc de dealer de drogue et ses putes. Il ne savait pas s’il allait être capable de faire plus, mais il voulait au moins essayer, tenter quelque chose de suicidaire. C’était un suicide, il allait tuer l’ancien Zane et renaître…

Ohlàlà, on se calme la métaphysique deux secondes, ce n’est pas une renaissance, ce n’est pas une nouvelle vie qui commence, c’est deux êtres humains un peu barjos qui veulent changer de vie, c’est deux êtres humains qui se rendent compte que la vie qu’ils mènent n’est pas la leur et puis c’est deux êtres humains, pas une déesse ni un rat. Il avait fait des erreurs, mais la vie qu’il menait le satisfaisait jusqu’à un certain point, c’était ce qu’il connaissait le mieux, c’était la seule chose qu’il connaissait en fait. Ça ne voulait pas dire qu’il était heureux, mais il était bien, confortable.

« Mais après tout, une vie différente ne peux pas se faire avec des gens indifférents… »

Il n’avait aucune idée d’où venait cette phrase, mais elle lui était venue spontanément et c’était la phrase la plus sensée qu’il pouvait se souvenir avoir dit. Il la regarda un instant, grave son image dans sa tête et eut envie de fuir. Partir loin, laisser tout ça reposer, décanter, se replacer, le temps que les fils de sa vie se remettent en place, que le souvenir d’une crinière rousse étalée sur des draps après une nuit de plaisir s’estompe et laisse la place à quelque chose d’autre. Qu’il se lève la tête et voit autre chose que la crasse qu’il a devant lui, qu’il regarde la lune au-dessus de lui… À ses côtés maintenant.

« Tu devrais pas avoir besoin de moi pour être qui tu es, on est responsable de soi-même et… Je veux pas briser tes illusions. »

En prononçant la dernière phrase, il leva sa main et écrasa dans son poing le petit papillon de fumée qui virevoltait toujours autour d’eux.
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