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 Jour de pluie (PV Samaël)

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MessageSujet: Jour de pluie (PV Samaël)   Mar 22 Mai 2012 - 1:20

Cloitré derrière la vitre de la petite épicerie où il travaillait, Nathaniel regardait à l'extérieur. Entre deux building qui se trouvaient plus loin il pouvait apercevoir le ciel gris qui se couvrait peu à peu de nuages encore plus sombres. Sans nul doute, les New-yorkais auraient droit à une bonne pluie avant la fin de la journée. Soupirant, il se détourna de ce spectacle des plus morne. C'était un jour de semaine et en plein milieu de l'après midi comme ça, il y avait peu de client. D'un naturel social, passer autant de temps seul à ne rien faire lui déplaisait assez. Il avait déjà terminé toutes ces taches et pour son plus grand malheur, le seul client actuel était une grand mère sourde comme un pot. Lentement, elle déambulait dans les quelques rangées du magasin, saisissant tous les articles pour les observer avant de les re-déposer. Ce manège aurait pu être drôle à l'œil de certaines personnes mais le jeune homme ne pouvait qu'éprouver de la sympathie envers la vieille qui semblait bien peinée dans cette simple tâche. Enfin, l'aider était impossible puisqu'elle s'y opposait farouchement avec l'énergie digne d'une jeune femme. Il sourit. C'était une cliente habituelle et elle avait un sacré caractère.

S'appuyant sur le comptoir où il tenait la caisse, il saisit un journal pour le feuilleter. Il avait déjà lu le New York Times un peu plus tôt et son intérêt se portait désormais sur un petit hebdomadaire bilingue avec les articles tout autant en anglais qu'en mandarin. Normal de trouver ce genre de chose puisqu'il travaillait dans une épicerie chinoise. Et puis cela lui permettait de pratiquer la langue chinoise dont il ne maîtrisait que les bases. Relevant parfois la tête pour s'assurer que tout allait bien dans les environs et le trajet de la vieille, Nathaniel ne pouvait s'empêcher de trouver le temps vraiment long. De plus, l'idée qu'un orage éclaterait certainement et qu'il lui faudrait faire une partie de son trajet sous la pluie n'arrangeait rien. Perdu dans ces pensées, il regarda sans vraiment la voir la vieille dame re-déposer sa dixième boîte. À ce rythme elle n'achèterait rien aujourd'hui.

Le quartier où se situait la petite épicerie n'était pas des mieux côtés. Les policiers avaient presque abandonné les lieux depuis des décennies, préférant laisser le contrôle aux gangs de rue et membres de la mafia. Le seul bon côté de la chose, c'était que désormais certains mutants pouvaient y trouver la paix. Bon, c'était loin d'être le plus sécuritaire mais lorsque la majorité des êtres vivants sur terre vous considère comme un monstre, vivre à la dure paraît moindre. Même que cela permettait de travailler un peu au noir, comme pour lui alors... Refermant mollement le journal, Deino soupira avant de se retourner prestement vers la vitrine du magasin. Un éclair venait de fendre le ciel et son grondement se fit rapidement entendre, entrainant à sa suite une pluie diluvienne. Génial...

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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Mar 22 Mai 2012 - 12:19

Les mains dans les poches, Samaël déambulait dans l’un des quartiers mal famés de la ville, promenant son regard curieux sur les bâtiments, les affiches, les gens. Une parfaite indifférence au danger qu’il pouvait courir à toiser avec trop d’insistance telle ou telle personne semblait l’habiter et, bien souvent, cette souveraine tranquillité suffisait à refroidir les ardeurs des petites frappes des environs, prudentes en toute circonstance.

Le jeune homme emprunta une ruelle de traverse, un gouffre entre deux immeubles si proches qu’il eût été presque possible de passer d’une fenêtre à l’autre. Les cages d’escaliers extérieures descendaient jusqu’au sol et, de part et d’autre, d’imposantes bennes à ordure longeaient les murs, abritant de temps à autre contre le vent un assemblage de cartons qui faisait le logis d’un sans-abri.

Samaël n’avait pas fait dix pas dans cette ruelle qu’il sentit dans son dos la pression d’un canon de revolver.


« Bouge pas, le bourgeois. File ton fric et ton téléphone. »

Le jeune homme fit mine de fouiller docilement dans ses poches, pendant que son agresseur le contournait pour lui faire face. Samaël sortit une main vide de l’intérieur de son blouson, la tendit au malfrat qui récupéra les molécules d’air qu’on lui tendait d’un air victorieux pour les fourrer dans ses propres poches, avant de lancer quelques insultes pour s’enfuir en courant.

Ce ne fut qu’une heure plus tard, lorsqu’il songea à vérifier son butin, que le bandit de grand chemin découvrit qu’il n’avait subtilisé ni argent, ni téléphone. Il se souvenait pourtant très précisément de la scène, du spectacle du jeune homme qu’il avait dépouillé et qui sortait, de ses poches, plusieurs billets et un appareil, du poids de ces objets dans sa main, dans ses poches, de la conviction d’avoir accompli un juteux larcin.

L’illusionniste pour sa part continuait tranquillement son chemin. Il aimait errer dans ces quartiers éloignés du centre d’affaires ou de la quiétude policée du campus. Là, la vie réelle se menait et c’était un contact avec la réalité qu’il était trop aisé de perdre. Samaël répugnait à rester enfermé dans un seul univers, et c’était bien volontiers que, de temps à autre, il s’aventurait dans des parties de la ville où il n’avait rien de précis à faire.

Mais le ciel se faisait de plus en plus menaçant et il lui paraissait difficile de parvenir jusqu’au métro avant l’orange. Débouchant sur une rue plus large, il parcourut du regard les abris qui s’offraient à lui. Un éclair déchira le ciel et la pluie, déjà, commençait à tomber dru. Le mutant avisa une petite épicerie chinoise, où il trouverait peut-être un parapluie de fortune pour trois francs six sous, qui ne durerait pas longtemps, mais suffirait bien à rejoindre la station la plus proche.

Il traversa au pas de course la rue et entra dans le petit magasin, trempé déjà. La clochette de la porte résonna avant et après lui et le jeune homme balaya du regard le nouveau tableau qui s’offrait à lui. La boutique ressemblait à bien des établissements du même genre : quelques rayons de produits divers, locaux ou exotiques, un petit comptoir tenu par un étudiant, une vieille dame un peu dérangée qui faisait ses courses. New-York dans toute sa splendeur.

Peu désireux de fouiller les rayons pour trouver l’objet de sa venue, Samaël se dirigea sans hésiter vers la caisse, déposa son regard d’un bleu arctique dans celui du caissier et, avec un sourire agréable, interrogea poliment :


« Vous ne vendriez pas des parapluies par le plus grand des hasards ? »
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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Ven 25 Mai 2012 - 21:13

C'est d'un air morose que Nathaniel observait désormais les gouttes d'eau fendre le ciel pour terminer leur courte existence en éclatant contre la paroi de verre du magasin. C'était un bien triste spectacle et l'harmonie qui l'accompagnait de maints tambourinements de tonnerre ne parvenait pas du tout à égayer la chose. Tournant le dos à cette terne scène, le jeune homme replaça le journal qu'il lisait un instant plus tôt sur le présentoir, en profitant du coup pour tout remettre en ordre. Occupé à sa nouvelle tâche, c'est le son d'un nouvel instrument qui attira son attention. La clochette du magasin résonna clairement tel un Do de trompette. Levant les yeux sur le nouvel arrivant, Deino délaissa sa besogne plus ou moins utile pour le saluer en souriant:

-Bonjour!


Ravi à l'idée de s'occuper l'esprit ne serait-ce que quelques minutes, Nathaniel s'appuya contre le comptoir, près à se rendre utile si nécessaire. D'ailleurs, le client ne perdit pas de temps pour venir à sa rencontre. Plus grand que lui, quoi qu'il n'y avait aucun exploit à l'être, l'inconnu avait des cheveux châtains clairs qui s'harmonisaient à ravir avec ses yeux azur. Quoique en étant ainsi trempé, l'aspect général était moins flatteur. De mémoire, le caissier était presque sûr de ne jamais l'avoir vu, ce qui confirmait du moins que ce n'était pas un client régulier.

« Vous ne vendriez pas des parapluies par le plus grand des hasards ? »


Des parapluies? Il était vrai que la température quémandait clairement ce genre d'accessoire mais il ne lui semblait pas qu'il y en avait en vente. Pour vérifier la chose, Nathaniel regarda le présentoir où s'étalait la marchandise plus ou moins usuel tel des briquets, des casquettes et autres babioles avant de revenir à l'étranger.


-Je suis désolé, nous n'en vendons pas. La seule chose que j'aurais à vous proposer c'est ceci.


Deino indiqua un divers produit offert sur le présentoir. Il s'agissait de manteau de pluie jetable. Loin d'être des articles de qualités tel que leur nom le laissait penser, le tout ne valait pas vraiment mieux qu'un sac poubelle avec des trous pour laisser passer la tête et les bras. Enfin, il y avait une capuche mais pour ce que ça valait. Pour finir la torture, il ne semblait plus y en avoir des transparents. Les verts kakis et jaunes canaris restaient les seul représentants du produit. Personnellement, Nathaniel préférait l'idée de se mouiller plutôt qu'acheter quelque chose d'aussi inutile. Il ne se priva pas d'ailleurs pour donner son avis, un petit sourire rieur au lèvre.


-J'avoue que c'est loin d'être... Parfait? En fait ces manteaux ne valent presque rien.


Il préférait encore la franchise qu'à tenter de vendre l'invendable. Mais si le client recherchait à la base un parapluie, c'est qu'il en avait besoin et la pluie qui fendait toujours le ciel grisonnant le rappelait bien. Mais que pouvait-il faire? Rien, ou tout du moins, rien vendre. Ne désirant pas mettre le client mal à l'aise, il pensa donc à lui offrir une deuxième option.


-Vous savez, ce genre de pluie ne dure jamais très longtemps... À moins que vous ne soyez pressé, rien n'oblige les clients à acheter pour rester à l'intérieur.


Ce n'était pas des plus directes, car après tout son patron n'aurait certainement pas apprécié qu'il invite les passants aux prises avec le mauvais temps à s'abriter gratuitement sous son toit. Mais bon, le mutant n'en avait que faire. En tant qu'idéaliste, il ne pouvait pas s'empêcher d'aider même les étrangers.

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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Ven 25 Mai 2012 - 21:48

A peine avait-il posé sa question que Samaël avait commencé à laisser son regard vagabonder sur les étalages qui se présentaient sous ses yeux, sur les journaux, les petites babioles, les jeux à gratter, les paquets de cigarettes, les stylos d’entrée de gamme, comme s’il cherchait moins un objet en particulier que n’importe quoi susceptible d’attiser sa curiosité.

Curieux, il l’était comme un photographe, un cinéaste ou un peintre pour qui le réel serait une source perpétuelle d’inspiration et qui chercherait, dans la vie quotidienne, l’occasion d’un bon cliché, le détail pour une scène ou une certaine luminosité. Samaël avait un intérêt perpétuellement éveillé pour le monde entier, pour chaque ambiance particulière, pour la banalité même et ce qui pouvait la susciter ; c’était de la connaissance de ces choses, il en était convaincu, que naissaient les belles et les grandes illusions.

Mais l’attention du jeune homme se porta sagement sur l’objet que lui désignait le vendeur. Samaël haussa les sourcils. Il n’était pas foncièrement opposé à la couleur, mais il devait avouer qu’il avait pour son apparence assez de considération pour ne pas se laisser aller à acheter quelque chose de son genre. Une moue dubitative s’installa sur son visage.

Soit que son interlocuteur eût décrypté son expression, soit qu’il ne tînt pas particulièrement à refourguer au premier client des articles douteux peu faits pour susciter chez leur acheteur une quelconque fidélité au magasin où il les avait trouvés, le vendeur ne fut guère insistant et les yeux azurs bondirent à nouveau vers lui, accompagnés d’un sourire enchanté.

Car s’il y avait bien une chose qui déplaisait à Samaël, c’était les interminables argumentaires de vente où la mauvaise foi se mêlait à l’obséquiosité et il n’était que trop content de trouver un employé qui abordait les choses d’une manière un peu différente. Paradoxalement, cela eût presque incité le Trickster à acheter l’un de ces fameux manteaux canari. Presque.

Son sourire se fit encore plus vif quand il entendit la proposition du jeune homme. A dire vrai, il n’avait jamais pénétré dans ce genre d’épicerie : il avait grandi dans des quartiers beaucoup plus chics où les commerces s’escrimaient à diffuser une ambiance de luxe discret pour satisfaire leurs clients bourgeois. Ce monde nouveau, comme toutes les découvertes, l’enthousiasmait ; c’était précisément pour ce genre d’expériences qu’il était venu jusqu’ici.


« Merci. C’est très gentil. »

Il examina son interlocuteur — pendant deux ou trois secondes, pour ne pas le mettre trop mal à son aise. Le vendeur lui paraissait un peu plus jeune que lui, mais qu’il le fût vraiment, Samaël n’en était pas entièrement sûr : il n’avait jamais été très doué pour déterminer précisément l’âge des gens. Ses cheveux noirs, ses yeux verts, sa carrure un peu frêle dégageaient aux yeux de Samaël un certain air de fragilité, qui n’était pas sans charme.

Samaël pianota quelques secondes sur le comptoir et, d’un air songeur, murmura :


« Je vais… Hmoui… Je reviens. »

Et, après cette déclaration sibylline, le jeune homme adressa un nouveau sourire à son interlocuteur avant de se détourner et disparaître dans le rayonnage de la supérette. Il reparut quelques minutes plus tard avec un paquet de biscuits destiné à combler son attente et glissa sur le comptoir les quelques billets nécessaires à son achat.

« Vous aimez, j’espère ? Parce que je ne vais pas le manger tout seul. Cela dit, vous avez peut-être autre chose à faire que la conversation. Je ne voudrais pas vous déranger. »

Machinalement, il leva les yeux au-dessus de la caisse pour voir si une caméra y était placée pour surveiller clients comme employés.
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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Mer 30 Mai 2012 - 17:45

C’était drôle, car l’inconnu ressemblait un peu à un enfant de douze ans. Il regardait soigneusement tous les étalages, comme curieux de savoir tout ce qui s'y trouvait. Chaque objet, aussi banal fut-il semblait avoir droit à ses quelques secondes de gloire. Tout comme il se l’était imaginé, le client grimaça face au maigre choix qu’il pouvait lui offrir, accentuant l’impression qu’avait Nahtaniel. C’était un enfant à la recherche de bonbons et auquel on offrait des légumes. Dans tous les cas, il abandonna son inspection pour lui répondre lorsqu’il lui fit sa proposition. Content d’avoir trouvé le problème à cette solution, Deino répondit par un simple sourire. Et bien, de deux pierres un coup non? Le passant pouvait désormais s’abriter de la pluie torrentielle et lui, avec un peu de chance trouverait de quoi s’occuper un peu.

Malgré tout, quelques secondes de malaise semblèrent s’installer. Ce n’est pas le regard de l’inconnu qui les causèrent, mais plutôt sa main qui pianotait sur le comptoir. Nathaniel lisait dans ce simple geste une sorte d’impatience enfouie, de quoi le faire hésiter à reprendre la parole. Heureusement, enfin presque, l’inconnu s’arrêta avant de parler plus ou moins clairement. Fronçant les sourcils, le jeune mutant se demanda s’il y avait vraiment un problème. Le sourire de son interlocuteur le rassurant sur ce point, il ne parla pas et resta simple observateur. Le blondinet parcourait les allées de la supérette, semblant rechercher quelque chose.

Son déplacement avait attiré sur lui l’attention de la vieille dame qui, plissant les yeux, regardait son chemin au dessus des rangées basses du commerce. Elle avait un peu l’allure d’une vieille militante prête à reprendre les armes si nécessaire pour défendre son territoire. Quoique l’idée de la mamie défendant sa pelouse face à des enfants du voisinage s’appliquait tout aussi bien. Amusé, Deino reporta son attention sur le jeune homme qui revenait vers le comptoir. Il valait mieux éviter tout quiproquos avec la vieille. Aussi, dès que l’inconnu eut quitté les rangés, elle se remit à la tâche, se penchant pour attraper une nouvelle boîte.

Le jeune homme déposa un paquet de biscuits sur le comptoir, accompagnant le tout de quelques billets. Souriant à l’offre, Nathaniel répondit avant de s’occuper de l’achat.


-C’est un bon choix. Si gentiment offert, je vais bien vous en piquer quelques un! Ne vous en faites pas, vous êtes très loin de me déranger. Alors tant qu’à attendre que la pluie passe, aussi bien en profiter pour discuter un peu.

Cela dit, avant d’en arriver là, il s’occupa de ce qu’il devait faire, soit, encaisser l’achat. Occupé à la caisse, il ne remarqua pas le regard curieux du jeune homme qui recherchait une possible caméra. Celle-ci était bien présente, trônant majestueusement au coin du plafond, n’ayant pour seule compagnie que quelques grains de poussière. Par contre, un œil averti aurait pu remarquer un détail qui n’était pas anodin. Le voyant rouge n’était pas allumé, signe que la caméra ne fonctionnait pas du tout.

En fait, l’outil de surveillance datait de l’établissement qui précédait la petite épicerie actuelle. Lors de son achat, le propriétaire l’avait reçu, mais avait refusé de payer pour qu’elle fonctionne et enregistre tout. C’était un choix plus fait par manque de budget qu’indifférence, mais les faits restaient les mêmes. Au moins, il l’avait laissé, se plaisant à penser qu’elle suffirait à dissuader bien des petits voleurs. La plus grande protection du magasin restait encore, à l’avis de Nathaniel tous les autres de la rue qui n’avait pas la moindre caméra, fictive ou non.

Refermant le tiroir-caisse, le mutant tendit la monnaie qui revenait au client. N’ayant pas trop de sujet de discussions précis en tête, il choisit d’en prendre un basique qui se glissait bien dans toute les conversations. Bien évidemment, il ne s’agissait pas de la météo.


-Vous vivez à New-York ou vous êtes de passage?


La ville était bien connue pour accueillir autant d’habitants que de passants. Dans le cas des premiers, on pouvait toujours discuter d’un coin précis de la ville et d’événements. Pour les seconds, il était plaisant d’entendre parler d’autres villes, voire d’autres pays.
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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Mer 30 Mai 2012 - 18:36

La présence de la vieille dame avait paru indifférer tout à fait le jeune homme qui s’était pourtant montré captivé par les objets les plus anodins. Il était passé près d’elle sans sembler même la voir et sans remarquer son attitude méfiante et circonspecte, alors qu’il avait accordé à telle ou telle boite de soupe quelques secondes de son temps.

En vérité, Samaël donnait un peu l’impression de s’être échappé d’un monde à part, si ce n’était d’y vivre encore ; sans en arriver à de grands éclats et paraître véritablement fou à lier, il y avait quelque chose dans son regard qui témoignait d’une certaine étrangeté, insouciance distante et un peu facétieuse peut-être et s’il n’avait certes pas le physique des lutins de contes de fées, il n’était pas sans en avoir le regard.

Le voyant éteint de la caméra n’échappa pas à sa vigilance et il jugea qu’on ne pourrait ainsi guère reprocher au jeune homme qui avait l’amabilité de le servir de passer un peu de temps avec un client plutôt que de trier les céréales par dates de péremption. Pour une fois, l’esprit un peu chaotique de Samaël prenait soin de ne pas attirer des ennuis à ceux qui l’entouraient.

Il récupéra sa monnaie et glissa les quelques pièces excédentaires dans une poche intérieure de son blouson, ouvrit le paquet de gâteaux, le tendit d’abord poliment à Nathaniel avant d’en attraper un pour lui-même et de le grignoter d’un air songeur, en continuant à promener ses yeux arctiques tout autour de lui. Comme les enfants, il entreprenait d’abord de manger la tuile au chocolat au-dessus du biscuit avant de croquer le biscuit lui-même.

D’un air un peu distrait, il répondit à la question du vendeur :


« Hmmoui. »

Puis, après une ou deux secondes, semblant se souvenir que c’était lui-même qui avait proposé de discuter, il reporta ses yeux sur Nathaniel et lui adressa un nouveau sourire.

« Je veux dire, j’y vis. J’ai grandi ici, en fait. Pas dans ce quartier précisément. »

C’était le moins que l’on pût dire : Samaël avait grandi dans un confort des plus fortunés et, pour lui, visiter ce quartier désargenté équivalait un peu à changer de pays. Il n’en concevait aucune fierté, ni aucune honte d’ailleurs : c’était une donnée de son existence, un fait sur lequel il ne faisait pas vraiment de réflexion et par lequel il tentait de ne pas se laisser entièrement déterminer.

« A vrai dire, je n’étais jamais venu dans ce coin. Je suppose que petit, il n’en eût pas été question, et depuis… »

Il haussa les épaules.

« Disons que la ville est grande. »

Il attrapa un nouveau gâteau et recommença à s’attaquer à la tuile de chocolat. Il appréciait assurément de vivre dans une métropole si vaste et qui présentait tant de facettes différentes et, dans une petite ville cossue plus à l’intérieur des terres, il eût trouvé l’existence bien fastidieuse, bien monotone et le paysage bien ennuyeux.

Son regard en parlant avait dérivé de Nathaniel au chemin qui conduisait à l’arrière-boutique. Samaël éprouvait une terrible curiosité de visiter l’endroit, quelque peu intéressant qu’il eût été pour n’importe qui d’autre, mais il ne lui parût pas possible d’en demander l’autorisation. A nouveau, son regard rejoignit celui de son interlocuteur.


« Et vous ? Vous venez d’où ? Et au fait, comment vous appelez-vous ? »

Mais il avait à peine posé sa question que la vieille dame se présenta au comptoir, le poussant un peu de côté et déposant sur le guichet un panier que ses lentes et précautionneuses explorations n’avait pas rempli au-delà d’une dizaine d’articles. Elle adressa un regard particulièrement méfiant à Samaël et commença à sortir, avec des gestes fort mesurés, son porte-monnaie.
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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Mer 6 Juin 2012 - 3:20

Hey bien, la discutions s’annonçait des plus palpitantes. Tout en grignotant son biscuit à la façon d’un rongeur, le client semblait déjà plus égaré dans ces pensées qu’enclin à vraiment communiquer. Heureusement pour Deino, cette impression ne persista pas bien longtemps. Le blond revint sur terre, affichant le sourire victorieux des pilotes ayant réussi un atterrissage difficile. Ainsi il était de la ville. Écoutant attentivement les quelques informations que lui donnait l’étranger, Nathaniel répondit finalement à l’invitation et saisit à son tour un biscuit dans le paquet ouvert. Loin de faire des manières, il mordit directement dans la friandise, la condamnant à ne plus être après trois bouchées. Mais avant d’en finir avec sa victime, son attention se tournait d’abord sur son interlocuteur. Souriant face aux haussements d’épaules plus ou moins convaincus de ce dernier, il reprit la parole.

-Vrai que le coin n’est pas trop recommandable, surtout s’il est question d’enfants. L’avantage, avec une si grande ville, c’est bien de pouvoir s'y promener chaque jour et de découvrir un nouveau coin à chaque fois. Après, il suffit juste d'éviter les mauvaises rencontres.

Pour beaucoup, ce dernier point aurait pu concerner les nombreux voyous qui vagabondaient dans les rues, assaillant quiconque n’était pas sur ces gardes. Des cas comme ça, il ne se passait pas une journée sans en entendre parler. Pour Deino, mauvaise rencontre voulait surtout dire les chasseurs de mutants. Il n’était pas en ville depuis longtemps alors il n’était même pas sur s’il y avait un vrai groupe qui menait le combat contre eux ou s’il s’agissait de cas isolés. Dans tous les cas, il préférait tomber nez à nez avec une petite frappe qui en voudrait à son fric plutôt qu’un illuminé en croisade contre l’évolution.

Sa torture contre le pauvre biscuit terminée, Nathaniel se frotta les mains pour se débarrasser des quelques miettes restantes, vestiges d’une existence bien morne. L’autre semblait être reparti dans ses pensées encore une fois. Soit c’était une habitude, soit il ne portait pas grand intérêt à la conversation. Comment lui en vouloir? Ils n’étaient que deux étrangers après tout. Remarquant que le regard du client fixait l’entrée de l’arrière-boutique, le caissier eut un léger doute. Il espérait vraiment que l’autre avait juste la sale manie d’observer tout des moindres détails qui l’entouraient, car pour l’heure, il venait de se gagner l’air louche d’un type préparant un mauvais coup. Gardant pour lui cette réflexion blessante, Deino espérait néanmoins se tromper au sujet de cette dernière impression. Comme pour briser court au fil incertain de ses pensées, le regard du client revint aux siens. Pour la première fois depuis l’arrivée du jeune homme, ces prunelles bleu acier le mirent légèrement mal à l’aise, l’accusant silencieusement des doutes qui effleuraient son esprit.

Le mutant cligna des yeux, offrant ainsi quelques secondes de répit à ses faux iris violets. Ah. C’était vrai ça, il ne s’était même pas présenté! Démontrant un air rieur malgré tout, Nat voulut répondre mais en fut empêché par l’arrivée de la vieille dame. Il l’avait presque oublié celle-là. Face à son devoir de caissier, il lança un léger regard d’excuse à Samaël que la dame ne semblait décidément pas apprécier. S’attaquant à la tâche, le jeune mutant entama de vider le panier avant de passer les objets un par un au petit scanner qui rentrait aussitôt les prix dans la vieille caisse. Occupé à la tâche, il ne portait plus trop d’attention au jeune homme châtain. Il échangea quelques mots avec la cliente, ne recevant pour toute réponse que des petits hochements de tête ou des grommellements au sens indéterminé. Sans s’offusquer le moins du monde, Nathaniel termina l’empaquetage tandis que la dame cherchait toujours sa monnaie pour donner le montant exact. Après plusieurs calculs vain, elle sembla trouver son compte et offrit le montant d’une main ferme. Puis, sans attendre son reçu elle remballa son porte-monnaie avec précaution et saisit ces deux sacs chargés de façon équivalente avant de se diriger vers la porte en contournant soigneusement l’autre client.

Bientôt, elle ouvrit la porte et sortit sur la rue toujours balayée par la pluie. Avant de poser le pas décisif et de quitter le léger abri offert par le toit du bâtiment, elle sortit un parapluie télescopique de sa bourse et l’ouvrit vaillamment. Deino sourit.


-Hey bien, il semblerait qu’au moins une personne s'était préparé en cas de pluie...


Jetant le reçu que la dame n’avait pas emporté, il reporta toute son attention sur le seul client restant.

-J’espère qu’elle ne vous à pas offusqué. Pour répondre à votre question je m’appelle Nathaniel et vous?


Tout en disant cela, il offrit sa main histoire de faire une présentation en bonne et due forme.


-Et je viens d’ici aussi, bien que je viens tout juste de revenir dans le coin. J’ai passé quelques années à l’extérieur…

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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Jeu 7 Juin 2012 - 0:11

Que son comportement pût paraître suspect, Samaël n’en avait pas le moins du monde conscience. Il fallait dire que le Trickster avait développé une compréhension toute personnelle des conventions sociales et quoique son milieu social eût originellement ancré en lui un tact et une politesse à toute épreuve, sa mutation avait rendu les choses beaucoup plus compliquées et beaucoup moins prévisibles pour son entourage.

Quand bien même eût-il compris que son comportement mettait son interlocuteur mal à l’aise qu’il n’en eût peut-être pas changé pour autant. Avec toute la douceur et l’espièglerie du monde, Samaël était un dominateur habitué à plier la réalité à ses volontés plutôt qu’à se plier au réel et si cela faisait beaucoup de sa force de caractère, il en tirait aussi l’essentiel de ses défauts.

Mais le jeune homme était beaucoup trop occupé à observer les multiples petites opérations qu’impliquaient les courses de la vieille dame, à les observer même avec l’intérêt le plus vif, pour avoir l’air le moins du monde menaçant et ce n’était pas les gâteaux qu’il continuait à grignoter qui lui donneraient une allure de psychopathe sanguinaire — ou tout simplement de cambrioleur.

Lorsque l’unique client authentique fût sortie du magasin et que Nathaniel lui demanda si le comportement manifestement hostile dont il avait fait preuve ne l’avait pas blessé, Samaël haussa les épaules.


« J’ai l’habitude. »

Cette réponse un peu cryptique, outre qu’elle ne confirmait ni n’infirmait rien, laissait entièrement supposer les raisons pour lesquelles un jeune homme comme lui, qui somme toute n’avait pas l’air fondamentalement antipathique, pouvait susciter régulièrement l’inimitié de parfaits inconnus. Rien n’était plus vrai, pourtant : en tant que mutant homosexuel et juif, Samaël ne manquait pas de caractéristiques susceptibles de susciter l’inimitié de tel ou tel intolérant et il n’était pas rare qu’un inconnu, présentant l’une ou l’autre de ces trois caractéristiques, lui témoigna son mépris — dans le meilleur des cas.

« Je m’appelle Samaël Cohen. »

Il fallait avouer que son prénom et son nom n’étaient pas faits pour dissimuler ses origines. Fort heureusement, Samaël n’avait aucun des accessoires qui eussent marqué trop évidemment son appartenance à la communauté juive : il n’avait personnellement aucun sentiment religieux, aucun attachement aux traditions et un sens patriotique plus que vacillant.

Le jeune homme, qui avait suivi du regard la vieille dame, reporta son attention sur Nathaniel et, avec un nouveau sourire, échangea une poignée de main franche et ferme. Sur la seconde partie de la réponse de sa nouvelle connaissance, il s’abstint de tout commentaire. Le bon sens lui soufflait que quelqu’un d’aussi jeune ne pouvait s’absenter de sa ville natale que pour des raisons douloureuses et qu’il eût été maladroit de faire de plus amples questions.

Soucieux de ne pas laisser l’embarras s’installer d’autant plus aisément qu’ils étaient seuls désormais, Samaël parcourut du regard le magasin et commenta :


« J’aime bien cet endroit. Ca ferait un bon décor pour un film. C’est tellement… Typique. La fausse caméra de sécurité, le jeune caissier mignon, la vieille dame acariâtre, les produits hétéroclites et parfois un peu douteux, un certain agencement, un je-ne-sais-quoi de… Cinématographique. »

Le jeune homme n’avait pas l’air de songer que l’expression sans détour de ses impressions était peut-être beaucoup plus susceptible de gêner son interlocuteur que de réellement détendre l’atmosphère.
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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Jeu 14 Juin 2012 - 2:38

Nathaniel haussa un sourcil, incapable de réagir autrement à l’étrange réponse que lui offrait l’autre. Loin de simplement dire qu’il n’y avait pas de problème comme la majorité des gens l’auraient fait, désirant effacer tout malaise, lui répondait que c’était une question d’habitude, amplifiant la tension dans l’air. Ces deux mots avaient plus que la force nécessaire pour alimenter un esprit imaginatif et ainsi créer moult scénarios dont le jeune homme aurait été la victime. Heureusement, le dédain présent dans la voix de l’inconnu calmait le jeux, de sorte que dès qu’il répondit à sa poignée de main, Deino avait déjà tout mis de côté dans son esprit. Sa mémoire sans faille n’oublierait pas ce simple détail, mais ce n’est pas pour autant qu’il allait lui apporter la moindre importance.

-Enchanté Samaël.


Libérant la main de sa nouvelle connaissance, Nathaniel s’appuya nonchalamment contre le comptoir, préférant cette position légèrement apathique à la posture droite du caissier qu’il se devait d’être. Il discutait plus qu’il ne faisait son boulot de toute façon, alors à quoi bon? Le nom du jeune homme lui faisait étrange. Pas le nom de famille, qui lui était totalement étranger, mais le prénom. Dur de croire que certain pouvait appeler leur enfant avec ce qui était considéré comme l’un des noms de Satan. Enfin, ça, c’était son point de vue catholique. Point de vue qui ne comptait pratiquement pas à ses yeux. Parce que sinon, il devait bien s’avouer que le tout sonnait de façon harmonieuse.

Un silence, aussi bref qu’une respiration eut tout juste le temps de s’installer avant que Samaël ne reprenne le court de la conversation, enchantant Nathaniel. Il avait un peu craint que le tout tourne court et d’être à nouveau au prise avec l’ennui. Le début du petit discours intrigua d’entrée de jeu Deino qui, curieux, se demandait bien ce que l’autre pouvait aimer dans cette petite épicerie. Le résultat fût sans équivoque, le jeune mutant, après une seconde d’incertitude se permit un grand sourire accompagné d’un léger rire.

Hey bien, il avait vraiment à faire avec un drôle de numéro. Si une caractéristique se dégageait de Samaël, c’était bien sa franchise. Quoique son sens du détail était un bon point aussi, ce n’est pas tout le monde qui remarquait en moins de deux que la caméra ne tournait pas. Et si Nathaniel avait un peu ri, c’est que cette description des lieux, aussi vraie soit-elle, l’avait un peu rassuré sur son interlocuteur. Il semblait bien que ce n’était pas l’ennui ou une mauvaise intention qui le faisait farfouiller du regard, mais bien une habitude digne d’un metteur en scène au final.


-Et vous dans tout ça? C’est bien beau de donner un rôle aux autres, mais il faut savoir en endosser un aussi non? Quoique celui du randonneur pris sous la pluie vous colle à la peau.


Deino rigola un peu. Il s’était permis cette petite blague au sujet des habits toujours mouillés de Samaël, jugeant qu’il n’y avait pas de quoi mal le prendre. Relevant légèrement le regard en direction de la caméra, il redescendit les yeux en suivant un présentoir avant de revenir à l’autre.


-Vous avez le sens des détails, vous n’étudieriez pas dans ce domaine ou la photographie par hasard?


L’autre semblait un peu jeune pour travailler alors il avait simplement parlé d’étude, même si ça ne voulait rien dire. Lui par exemple, avec sa mémoire, il aurait eu tôt-fait de terminer en avance. C’est l’envie qui avait cruellement manqué. Toujours aussi souriant, Nathaniel était près cette fois à faire réfléchir l'autre.


-Il est vrai que le tout à un côté cinématographique, mais est-ce vraiment vrai? Je veux dire, on voit ça dans les films parce que c'est partout pareil dans la vrai vie? Ou à force de voir ce stéréotype à la télévision les marchands se croient obligés de faire pareil dans la vraie vie?


Dans tout ça, le mutant n’avait pas souligné le commentaire à son intention. Pas que recevoir plus ou moins un compliment d’un autre homme le gênait, simplement, il n’avait pas voulu s'y arrêter. Il n’était du genre à croire que les moindres remarques de ce genre désignaient leur orateur comme homosexuel. Il était encore moins de ceux que cela révulsait profondément. Si on ne pouvait même plus dire à un copain qu’il était bien habillé ou quoi que ce soit sans se faire regarder de travers, où irait le monde. En fait, il avait préféré ignorer la chose car ainsi sortie de nulle part, elle l’avait pris de court. Dans une autre situation où il s’y serait entendu, sa réaction aurait été tout autre. Car il ne le cachait pas, il était bi. S’il sortait avec une personne, c’était d’abord pour sa personnalité, le corps avait une moindre importance à ses yeux. Homme ou femme il y avait moyen de s’amuser. La seule chose qui était difficile dans son cas, c’était de trouver une personne qui cherchait à s’engager à long terme.
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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Dim 17 Juin 2012 - 15:43

Samaël accueillit le rire de son interlocuteur avec un sourire. C’était exactement pour ce genre de rencontres qu’il aimait parcourir les rues de la ville. Sans doute n’eût-il pas éprouvé un plaisir si grand, et surtout une si grande insouciance, s’il n’avait pas été assuré de ne pas courir de dangers considérables dans ses petites expéditions. Il n’en demeurait pas moins que la découverte d’un monde qui n’était pas le sien lui avait toujours paru intéressante et même profitable.

Le jeune homme parcourut d’un regard faussement contrarié ses propres habits trempés. La sensation n’était certes pas très agréable, mais il s’estimait chanceux d’avoir au moins pu s’abriter. Il n’était pas certain de ressortir de cette journée sans attraper un rhume caractérisé, mais il n’y aurait rien que quelques aspirines et un peu de repos ne pourraient calmer et il achetait volontiers le plaisir de la nouveauté par ces quelques inconvénients.

D’autant plus volontiers, d’ailleurs, que la discussion s’engageait dans un domaine qui l’intéressait singulièrement. Après avoir écouté attentivement les remarques de Nathaniel en avalant un ou deux gâteaux, il acheva de mâchonner les biscuits d’un air songeur, puis répondit :


« En cinéma, oui. »

Se rendant compte que la réponse n’était peut-être pas d’une aveuglante clarté, il s’empressa de préciser :

« J’suis étudiant en cinéma. »

Il suivait du reste ses études avec une assiduité fort discutable que les ressources financières considérables de sa famille lui permettaient d’aborder en toute tranquillité. Du reste, ses résultats, sans être excellents — car il ne fournissait pas vraiment les efforts qui eussent été nécessaires — n’étaient pas mauvais et il ne paraissait pas douteux qu’il pût finir ses études sans rencontrer d’obstacles considérables.

« Quant aux stéréotypes… »

Il esquissa à nouveau une moue un peu songeuse.

« C’est une aporie. Le cinéma représente-t-il ou façonne-t-il le monde ? Est-ce un enregistrement ou une illusion ? Disons qu’il enregistre notre perception des choses et que le monde, en cela précisément qu’il est construit, est une autre modalité de cette perception. »

Samaël n’était pas très doué pour la pédagogie et il ne parvenait guère à déterminer si ses propos seraient trop obscurs ou trop simplistes pour son interlocuteur, une tâche d’ailleurs d’autant plus difficile qu’il ne savait pas grand-chose de Nathaniel.

« Je dirais que le cinéma et la manière dont nous mettons en scène notre existence sont deux expressions de notre rapport au monde. Le mérite du cinéma, c’est de nous permettre de comprendre que ces images, c’est nous qui les produisons, qu’elles sont des agencements et pas des nécessités. Il nous permet de mieux voir. »

Le jeune homme cependant n’avait pas l’air très satisfait de ses explications. Il finit par détourner le regard et hausser les épaules d’un air un peu contrarié.

« Mais j’explique tout ça très mal, comme d’habitude. Dans ma bouche, ça a l’air d’être un pensum. Alors que c’est très beau. Ou très divertissant. »
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MessageSujet: Re: Jour de pluie (PV Samaël)   Mer 27 Juin 2012 - 5:23

Était-ce lui qui posait des questions pièges ou Samaël était vraiment du genre tête en l’air? Il avait répondu à sa question sans vraiment y répondre. Comme s’il avait deviné à la mimique du caissier que celui-ci n’était pas sur de saisir, le juif se reprit de façon plus précise. Et bien, c’est ce qu’on appelait tomber pile. Étudiant en cinéma. C’était un domaine que Nathaniel trouvait très intéressant, mais qui le surpassait. Il appréciait de pouvoir écouter une bonne histoire simplement pour se détendre ou encore de regarder un film seulement pour les effets spéciaux. Malgré tout, le septième art engendrait depuis des années déjà un phénomène de masse indiscutable. Le tout en devenait parfois ridicule. Il n’était plus seulement question de distraire un public, de l’informer ou de le pousser à se questionner, il était surtout question de lui vider les poches. Les ondes étaient assaillies de toute part de scénarios vide d’intrigues aux scènes choquantes ou simplement facile à avaler. Plus souvent qu’autrement c’était une formule pré mâcher qu’on nous fournissait pour nous mettre sous la dent.

Enfin, ça c’était son avis alors pour ce que ça comptait. Après tout, le seul domaine où il excellait en art, c’était la musique. Il y avait tout un monde de différence entre sa et le cinéma. Remarquant l’air songeur de Samaël, Nahtaniel lui offrit toute son attention, près à entendre son avis. Le tout était assez bien expliqué, mais dit sur le coup ainsi, il était difficile de tout bien démêler. Lorsque son interlocuteur déclara finalement qu’il s’y était mal pris pour analyser la chose, Deino ne répondit pas, songeur. Il n’était pas doué pour tout saisir d’un coup lorsqu’on lui parlait, la lecture lui allait mieux. Mais cela ne l’empêcha pas de retourner les paroles enregistrées par sa mémoire deux trois fois dans sa tête, s’assurant ainsi d’avoir compris au mieux les dires de l’autre.

Il était impossible de vraiment savoir où se positionner face à un tel paradoxe, car après tout, l’essence même d’un paradoxe s’était de se contre dire soi-même.


-Non, c’était une assez bonne explication. C’est juste que ça donne l'impression d’un professeur expliquant à un élève.

Le jeune homme ne pouvait nier que le petit discours qu’il venait d’entendre avait un côté pédagogique assez prononcé, certainement du aux études de Samaël en fait.


-Hum... Le cinéma nous permet en quelque sorte de voir le monde à travers les yeux d’une autre personne. Simplement, parfois c’est du divertissement un peu trop facile. Comment dire… Des fois on à l’impression que c’est toujours la même chose qui revient encore et encore. Certes, il est vrai que le principe d’un film c’est un personnage X qui sert de héros et qui doit parvenir à faire une action Y. Mais à la longue… Enfin, c’est peut-être moi qui en demande trop aussi.

Il sourit un peu, se moquant par la de sa propre personne. Oui, sans doute le problème venait de lui. Mais rien n’empêchait qu’il disait vrai. Tout les films du monde mis ensemble pouvaient se résumer à une trentaine de scénarios de base. Alors normal que tous finissent par se ressembler.

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