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 Désarmée face au passé [SOLO]

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Erïka M. Davidoff
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Date d'inscription : 04/05/2011
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Localisation : Far Away From You ~

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Metier: Professeure / PDG des S.M.I.T.E Industries
Age : 21 ans
Nationalité : Russe / Américaine

MessageSujet: Désarmée face au passé [SOLO]   Mar 29 Nov 2011 - 3:41

« J’suis une victime innocente, tout ce que je veux c’est une autre chance
La vie ne m’a pas laissé le choix, je voudrais repartir dans l’autre sens
Désarmé jusqu’aux dents, désa-désarmé jusqu’aux dents
J’suis désarmé jusqu’aux dents, désa-désarmé jusqu’aux dents »


Erïka venait de sortir du taxi qui la déposa devant la maison de sa grand-mère. Elle avait payé le chauffeur, lui laissant un pourboire raisonnable et claqué la porte d’un grand geste avant de s’éloigner du véhicule. Anieta McGowen l’avait appelée, la veille, lui proposant de passer chez elle pour la soirée. La vieille femme s’engageait même à la ramener à l’institut le soir même. Réticente, l’adolescente avait tout de même accepté. Elle s’entendait à devoir supporter le copain de sa grand-mère lors de cette longue soirée d’automne. En ce moment, elle n’avait pas envie d’entendre ses histoires de jeunesse, ses préjugés contre les jeunes et tous les mauvais coups qu’il avait pu faire en compagnie de son défunt ami, le grand-père d’Erïka. Cela faisait une bonne dizaine de minutes que la jeune fille avait rangé son Ipod, ne pouvait plus supporter sa musique. Cependant, l’ambiance des rues étaient bien plus douloureuse pour ses tympans qu’une simple chanson. Le même phénomène, s’étant produit à quelques reprises auparavant, recommençait sans qu’elle ne puisse en comprendre la cause. Cette fois-ci, l’adolescente avait prévu le coup et avaler quelques comprimés d’aspirine, étouffant tout de suite le mal de tête naissant.

La Russe observa le ciel pendant quelques secondes, alors que les ténèbres s’abattaient déjà sur la ville. En cette fin novembre, la Lune prenait possession des cieux de plus en plus tôt, amenant avec elle une vague de fraicheur. Son manteau noir ouvert, laissant découvrir un simple chandail aux longues manches, de même couleur, Erïka profita des minces flocons de neige et du froid ambiant avant d’entrer dans l’immeuble où résidait sa grand-mère. Elle monta rapidement les escaliers et s’approcha de l’appartement. Elle entendait les cris d’une dispute entre deux femmes depuis les dernières marches et se demanda s’ils ne provenaient pas de chez Anieta. Une fois devant la porte, elle entendait parfaitement la conversation, reconnaissant même l’une des voix. L’estomac d’Erïka se serra, une boule se forma à l’intérieur lorsqu’elle ouvrit la porte. Laissant tomber son sac au sol avant de retirer son manteau, l’adolescente fut inquiète du silence régnant soudainement. Elle referma doucement la porte après avoir jeté son vêtement au sol, sur son sac.


-« Babushka ? » demanda-t-elle. « Est-ce que tout va bien ? »

Erïka avança lentement dans le couloir, puis entendit très clairement des bruits de pas, de chute, avant de voir une femme franchir la porte menant à la chambre d’Anieta. Elle ressemblait à la sa grand-mère et avait même une ressemblance frappante avec la Russe. Cette dernière figea à l’apercevant, ses yeux d’un bleu éclatant la détaillant de haut en bas. Elle avait bien maigrie depuis la dernière fois qu’Erïka l’avait aperçu : sa longue robe ample n’arrivait pas à cacher le fait qu’elle avait la peau sur les os. Elle se tenait droite, comme un balais, et s’était également figée. Puis, elle fit un pas. Le bruit de ses bottes contre le parquet résonna aux oreilles d’Erïka, comme si elle aurait chaussé de lourdes briques s’écrasant contre le sol.

-« Kathleen ? » Fit la femme d’une voix timide et cristalline, le regard empli d’espoirs. « Comme tu as changé, ma fille, tu es magnifique. »

-« Qu’est-ce que tu fais ici ? » demanda Erïka, actionnant difficilement le mécanisme de sa bouche pour prononcer ces mots avec une haine non dissimulée.

Méfiante, elle recula d’un pas. Non, ce n’était pas possible. Elle ne pouvait pas être de retour. Elle ne pouvait avoir tout laissé tomber et sauvé sa peau comme Erïka avait fait, quelques années plus tôt. Elle ne pouvait pas avoir trouvé l’adresse actuelle d’Anieta. Elle ne pouvait être réelle. Pourtant, c’était bien le cas. Devant celle qui se dénommait autrefois Kathleen, se tenait celle qui l’avait mise au monde. Celle qui s’était occupé d’elle avec soin, mais qui l’avait également plongé dans un enfer inimaginable. Aussitôt, un signal d’alarme résonna à l’esprit de la jeune fille. Erïka devait fuir, retourner à l’institut, le seul endroit où elle ne pourra jamais la trouver. Cependant, une question primordiale s’imposa à la jeune fille : cette femme était-elle venue seule ? Si ce n’était pas le cas et que des gens de la secte l’attendaient à l’extérieur, la mutante ne fera qu’écourter son temps de vie. Pourtant, elle était certaine de n’avoir rien vu de suspect en sortant du taxi. Ils s’étaient probablement dissimulés, attendant de la voir sortir avec impatience.


-« Je suis venue te chercher, ton frère et toi. Vous me manquez tellement. J’aimerais que l’on forme de nouveau une famille. Tous ensembles, comme avant votre départ. Qu’en penses-tu ? Ne serait-ce pas merveilleux ? » fit prudemment la femme, allant droit au but.

-« Tu crois que je vais te croire ? Comment as-tu fais pour quitter la secte ? »

-« J’ai fuis, comme vous. Alors qu’ils étaient en ville, dans un marché, je me suis dissimulée dans la foule et je n’ai pas cessée de courir tant et aussi longtemps que je ne fus pas loin d’eux. Je n’en pouvais plus de cette vie et je voulais tant vous revoir, Nathanaël et toi… »

-« Ce sont des conneries… plus jamais je ne te suivrais. Si tu crois pouvoir me faire avaler tes mensonges, tu te trompes ! »

L’adolescente serra les poings. Si elle ne se retenait pas, elle allait lui sauter à la gorge. Anieta émergea soudainement de la pièce et se précipita vers sa fille, lui agrippant le bras. Cette dernière, trop préoccupée par Erïka pour voir la vieille femme se jeter sur elle, se laissa faire avant de s’animer soudainement. Elle se débattait maintenant, tentant de faire lâcher prise à la vieille femme. À ce moment, Erïka aurait pu partir, malgré les risques. Cependant, elle ne le faisait pas. Elle était paralysée par le choc de ces retrouvailles. Paralysée par la douleur émanant de sa tête. Elle entendait les cris de protestation de sa mère comme si elle les aurait vociférer à son oreille. Elle entendait le moteur d’une automobile roulant dans la rue, la télévision du voisin regardant un film pour adulte ainsi que les pas d’un quelconque locataire dans l’appartement se situant sous ses pieds. Portant une main à sa tête, comme si ce geste allait apaiser la douleur, l’adolescente vit sa mère pousser Anieta contre le mur du couloir et se diriger vers elle. Angela McGowen était bien déterminée à récupérer sa fille et son fils. Heureusement pour ce dernier, il était probablement au travail, ne se doutant pas une seule seconde que la vie de sa sœur était peut-être en danger.

-« Suis-moi Kathleen, nous partons d’ici. »fit la femme en posant sa main sur l’épaule de l’adolescente. Cette dernière se dégagea violemment et s’éloigna. Elle ouvrit la bouche pour parler mais Anieta fut plus rapide.

-« Tu n’iras nulle part avec elle ! »

-« Elle est MA fille ! Tant qu’elle sera mineure je déciderais pour elle. Elle est bien mieux avec moi ! »

-« Tu crois que c’est une vie que tu vas lui offrir là-bas ? Je ne laisserais personne lui faire du mal, pas même toi ! »

-« J’ai décidé qu’elle venait et elle va venir ! Ce n’est pas toi qui va m’en empêcher ! Je saurais m’occuper d’elle. Elle aura tout ce dont elle a besoin et recevra une véritable éducation, pas ce genre d’âneries que vous, gens de la ville, enseignez !» Angela dévoilait, sans s’en rendre compte, ses véritables intentions.

Erïka porta les paumes de ses mains à ses oreilles. Cependant, elle entendait toujours aussi bien la conversation, ou plutôt les cris, des deux femmes, tentant de s’enterrer mutuellement. Elle n’en pouvait plus, elle avait l’impression que sa tête allait éclater. Les médicaments ne semblaient pas faire effet, comme si elle n’en avait jamais pris. C’était une chose de les entendre crier dans ses oreilles au point de ne plus pouvoir penser et cela en était une autre de percevoir, parmi tout le brouhaha, ce petit cillement énervant qui ne faisait que résonner bien plus fort. Elle ne savait plus quoi faire et priait intérieurement pour que tout cela s’arrête.

-« FERMEZ-LÀ ! » hurla-t-elle avant de reprendre, un peu moins fort, mais toujours aussi agressivement. « Je n’irais nulle part ! Pas question de me faire embarquer par ces salauds qui me tueront à la première occasion ! Ils te manipulent depuis le début ! Tu ne te rends compte de rien ! »

-« Tu te trompe ! Ce sont des gens bien ! Ils sont là pour nous montrer la vraie voie à suivre ! Ils ne te feront jamais de mal ! »

-« Tu mens ! Tu ne fais que mentir ! Je sais qu’ils sont là, arme à la main, prêts à me tuer ! Dis-moi où ils sont ! Je sais qu’ils se cachent ! Ils n’attendent que la première occasion de me descendre comme du bétail ! »

-« Je suis venue seule. Kathleen, je m’en fais pour toi et ton frère, je ne veux que votre bien. Il n’y a personne d’autre, je te le jure.»

-« Ils me traquent. Ils ont déjà tenté de me tuer et toi tu vas les laisser faire !? Cesse de nier la vérité ! Tu sais très bien ce qu’ils veulent ! Plutôt me tuer que de retourner là-bas ! »

-« Calme-toi, Kathleen. Je sais que c’est difficile, mais tu vas t’y faire, tu vas voir. Tout ira bien. Nous allons t’aider à trouver le droit chemin. »

La voix d’Angela McGowen se fit soudainement plus douce, comprenant qu’il lui fallait amadouer sa fille. Pourquoi s’obstinait-elle à nier la vérité ? Elle lui offrait une belle vie en compagnie de ses semblables, pourquoi refuser ? Cependant, la vraie question était : pourquoi Angela ne pouvait voir qu’elle gâchait la vie de sa fille, de son fils ainsi que la sienne. Comment en était-elle arrivée au point de ne plus pouvoir penser par elle-même et de se faire diriger par des gens sans scrupules ? Parce qu’ils menaçaient de la tuer, elle, et l’enfant qu’elle portait depuis quelques mois déjà ? Elle avait peur, certes, mais croyait que la secte était le seul endroit qui pouvait encore accueillir une femme comme elle. C’était son refuge. De temps à autre, si elle était vilaine, elle en subissait les conséquences, mais savait que c’était avec raison. Elle obéissait au doigt et à œil. Elle avait fini par obtenir le rang le plus élevé qu’une femme pouvait posséder dans chez ses semblables. Elle n’avait jamais posé de question, toujours fait ce qu’il fallait pour briller aux yeux de ses supérieurs, du grand chef. On lui avait répété de nombreuses fois que les démons avaient consumés l’âme de ses enfants, qu’il fallait les détruire. Elle était la seule qui pouvait les aider et ainsi gagner une meilleure place auprès de son dieu. Peut-être pourrait-elle gagner le cœur de celui qu’elle vénérait tant, représentant des dieux sur cette terre ? C’était pourquoi elle avait suivi Anieta lorsqu’elle avait aperçue, une heure plus tôt. Elle savait que la vieille femme la mènerait à ses enfants. Maintenant, elle devait remplir sa mission, sans quoi l’enfant qu’elle portait sera tué, à moins qu’elle ne fasse une fausse couche comme l’année dernière ?

-« Ferme-là… Ferme-là… » Murmura Erïka, tremblante.

Elle entendait ses mensonges. Elle savait qu’elle était coincée et ne pouvait rien faire pour se sortir de ce mauvais pas, seule. Malgré le bon vouloir d’Anieta qui tentait d’éloigner sa propre fille, Erïka savait que ce n’était pas suffisent. Elle se sentait faible, son pouvoir la faisant souffrir intérieurement, la privant de tout moyen de penser raisonnablement. Prise de vertige, elle se dirigea vers le couloir, tant bien que mal. Elle posa la paume de sa main contre un mur alors qu’elle entendait sa mère l’appeler, toujours plus fort, tentant de la convaincre qu’elle serait en sécurité, que son âme sera sauvée des puissances démoniaques. S’enfermant dans la salle de bain, seul endroit avec un verrou à la poignée, la Russe fouilla frénétiquement dans la pharmacie, renversant de nombreux flacon. Attrapant celui avec de l’aspirine, elle en avala quatre comprimés.

L’adolescente s’adossa contre le mur faisant face à l’évier, haletante, tremblante, comme si sa courte marche avait été très essoufflante. Sous le poids de la panique, du stress, de la peur, elle peinait à trouver son souffle, se laissant glisser jusqu’au sol. Sa gorge se serrait alors qu’elle tentait de retenir ses larmes. La plus douloureuse de ses blessures venait de s’ouvrir. Une plaie béante qu’elle avait eu du mal à colmater, qui venait toujours la hanter dans ses pires cauchemar, menaçant de se rouvrir jour après jour. Erïka avait tout fait pour oublier la secte. Elle avait tenté de cacher l’affreux chagrin que lui avait causé sa mère à l’abandonnant à son sort, la laissant seule, n’ayant plus que son frère, tout aussi désorienté et peiné, pour la soutenir. Jamais au grand jamais Erïka ne pourra pardonner une telle trahison à sa génitrice.

Sa mère martelait à la porte en criant son prénom… ou plutôt son ancien prénom. Kathleen n’existait plus, Erïka ayant pris sa place, quelques années plus tôt. Ne comprenait-elle pas qu’elle avait fui pour refaire sa vie comme elle l’entendait ? Ne pouvait-elle pas imaginer la souffrance qu’elle avait vécue là-bas ? Pourquoi sa génitrice s’obstinait-elle à la condamner à mort ? Elle n’avait jamais demandé cela. Elle n’avait jamais souhaité suivre sa mère dans cette secte. Pourquoi était-elle soudainement revenue, martelant à présent la porte de la salle de bain en espérant la voir ouvrir, jouant vigoureusement avec la poignée dorée ? Erïka lui cria de partir, mais la femme ne l’écouta pas. L’adolescente craquait, sentant les larmes rouler sur ses joues alors que d’autres belles paroles mensongères parvenaient à ses oreilles, amplifiées par un pouvoir qu’elle ne connaissait pas encore. Les jambes repliées, ramenées vers elle, la tête contre ses genoux, Erïka se laissa emporter par les diverses émotions la submergeant. Elle entendit sa grand-mère tenter de venir à son secours, sa fille la repousser violemment, ainsi qu’un grand bruit de chute. Puis, plus rien. Anieta était-elle blessée ? Avait-elle perdu connaissance ? Lorsque la vieille femme s’adressa à sa fille, Erïka fut soulagée. Elle semblait aller bien, mais était furieuse. Elle menaçait maintenant d’appeler la police. Pendant qu’elles se chamaillaient, Erïka mourrait à petit feu. Elle sanglotait, tant la douleur qui la submergeait était forte. Si elle avait mangé à l’heure du diner, elle aurait probablement vomit tout son repas dans les toilettes, à l’heure qu’il est.

Erïka sentit un objet s’enfoncer dans sa cuisse. Son téléphone portable, qu’elle gardait toujours sur elle, dans la poche de son pantalon. S’il y avait bien une personne qui pouvait l’aider, c’était le professeur Xavier. Elle s’empara tout de suite de l’appareil, tentant de mettre fin à ses sanglots et de retrouver la voix. L’adolescente constata qu’elle avait reçu un appel de sa grand-mère, quelques temps avant son arrivée. Le message vocal qu’elle écoutera, bien plus tard, lui démontrera que la vieille femme avait tenté de la convaincre de rebrousser chemin et de retourner à l’institut, sans lui indiquer pour quelle raison. Erïka sélectionna le numéro du professeur Xavier et écouta la tonalité, probablement la plus longue de toute sa vie. Il ne décrochait pas. Au bout d’une minute, elle se résigna à raccrocher, levant son visage baigné de larmes vers le plafond où une unique ampoule brillait de mille feux. Tentant de réfléchir à ce qu’elle pouvait faire, elle jeta de nouveau un regard à son téléphone. Parcourant son répertoire, elle songea à appeler Alexïs, mais était bien consciente que cette situation était autant dangereuse pour elle que pour lui. Puis, son regard tomba sur un numéro qu’elle avait gardé en mémoire, au cas où elle aurait besoin d’une autre personne sur qui compter. Elle sélectionna le numéro en souhaitant de tout cœur que la personne à l’autre bout du fil puisse lui venir en aide.
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