X-Men : Sentinel Project

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 Agent d'approbation (Riri)

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Scum
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MessageSujet: Agent d'approbation (Riri)   Mer 19 Aoû 2015 - 5:02

"_Le concierge m'a laissé les clés pour qu'on puisse récupérer les plantes en pots dans sa remise demain. Tu as rangé toute la vaisselle, chérie ? Je veux dire, y compris les 'assiettes ornementales' ?
_Oui, je les ai posées dans le buffet du salon, celui que tu as cloué au mur. Tu crois qu'on devrait aussi ranger les cadres photos ?
_Non, la dernière fois ils ont cru qu'on allait les remplacer tous les deux par un autre enfant... Ils ont failli pleurer, tu te rappelles ?
_Oh... Oui. J'oubliais qu'ils étaient si émotifs.
_Ne me demande pas de qui ils tiennent ça.
_Hmf, au moins, cela nous rappelle qu'ils sont aussi humains."

Pour les parents Demington, il n'avait pas été facile d'accepter le fait d'avoir des mutants pour enfants. Après avoir assisté à la lente transformation de leur fils en aberration à moitié animale, ils n'avaient pas pensé supporter de voir leur fille vivre la même chose. C'est pourquoi ils avaient, des mois durant, essayés de se convaincre que son enlèvement par son frère avait peut-être été une bonne chose, qu'il l'élèverait comme ceux de sa race, peu importe ce qu'il était. Des efforts cependant vains, considérant l'âge auquel la petite leur avait été arrachée. Pour retrouver leur enfant, et parce qu'aucune autorité ne croirait à l'histoire d'un reptile géant voleur d'enfants, ils s'étaient ainsi tournés vers la seule personne au courant de leur descendance monstrueuse : Le professeur Xavier.

Une fois en contact avec ce dernier, quel ne fut pas leur soulagement d'apprendre que Melissa avait été déposée à l'Institut Xavier, par ce même frère qui l'avait enlevée. Ils purent ainsi constater que, loin d'être maltraité, leur enfant n'avait pas changé -seulement gagné quelques centimètres- puisque sa "mutation" comme ils l'appelaient, était différente de celle de son frère aîné. Une histoire qu'ils n'avaient pas tout à fait comprise, et dont ils envisageaient à peine les aboutissants, tant elle se trouvait à des années lumières de leurs existences paisibles.

Depuis, cependant, la famille Demington s'était lentement recomposée. Grâce à l'insistance de Melissa, qui au cours de ses différentes visites à l'appartement, parlait de son frère et réclamait parfois sa présence, Scum était devenu un invité occasionnel,puis régulier de la maison. La seule condition pour ces visites, et qui fut expressément acceptée par les parents, étaient que leurs enfants soient encadrés, d'abord par un responsable de l'Institut, puis si les visites se passaient bien, par un résident jugé responsable. Ce pour prévenir ou gérer tout incident mutant qui arriverait dans le domicile.

Ces chaperons cependant, tout aussi compétents qu'ils fussent, ne pouvaient protéger la maison de la maladresse de Scum et de l'enthousiasme brouillon de Melissa. C'est pourquoi Sally et son mari avaient pris l'habitude de sécuriser en quelques sortes leur cinq pièces en prévision de la visite de leurs enfants.

Mais si on leur demandait, ces visites avaient vraiment du bon. Depuis qu'elles avaient commencé, les parents Demington étaient moins dérangés par le statut de mutant de leurs enfants que par le fait qu'ils soient des désastres domestiques.

***

"Allez Riri ! Roule plus vite ! Plus vite ! Eyh, cette voiture a l'air mieux que la tienne, tu veux pas aller la voler ? GTA-style haha !"

Aujourd'hui, Melissa allait rendre visite à ses parents. Elle voulait donc marquer la journée avec une dernière grosse bêtise avant ces quelques heures de calme forcé. Mais Erika ne semblait pas enthousiasmée par l'idée de griller des feux rouges ou de faire des cascades sur la route. La jeune femme qui s'était dévouée pour accompagner Melissa connaissait sans doute l'itinéraire à prendre, mais cela n'empêchait pas la fillette de lui donner des indications lorsqu'elle reconnaissait des rues ou des endroits.

Arrivée au parking d'une humble résidence, dans un quartier moyen -les parents de Melissa et Scum étant horriblement banals en plus d'être humains- Melissa descendit rapidement de la voiture pour entrer le digicode qui leur ouvrirait l'accès au grand bâtiment.

"Quatrième étage ! Allez on fait la course ! D'accord, t'as gagné... Pffft..."

Une fois devant la porte, numéro 14, Melissa sautilla pour atteindre la sonnette et la presser selon une mélodie qu'elle avait un jour décrété être le code secret de ses visites. Elle attendit quelques secondes avant que sa mère ne lui ouvre et apparaisse sur le seuil. Sally Demington était une femme dont les cheveux blonds cendrés révélaient qu'elle avait dépassé le cap de la quarantaine. Sachant qu'elle recevait de la visite, elle avait du trouver une tenue qui soit correcte, sans paraître déplacée dans un foyer. Un pantalon en jean et un chemisier avaient bien du faire l'affaire. L'air aimable qu'elle avait gardé pour les visiteurs fondit lorsqu'elle posa les yeux sur sa fille, pour laisser place au front plissé d'une mère soucieuse.

"_Melissa. soupira-t-elle. Tu es sortie sans manteau ? Il va bientôt faire nuit, tu vas prendre froid.
_Pffft, m'maaaan. C'est l'été, il fait chaud maman. En plus je voulais te montrer la robe que Riri m'a offerte ! Tu vois ?! dit la petite en tournant sur elle-même. Elles sont tout autour de la robe, Fluttershy, Pinkie, Rainbow !
_Je vois que tes amies te gâtent, dit Harry en s'immisçant dans la conversation et dans l'encadrement de la porte. Bienvenue chez nous, enchanté, ajouta-t-il à l'adresse d'Erika, vers qui il tendit la main. Je suis Harry et voici ma femme Sally. C'est la première fois que vous venez, constata-t-il. Vous êtes professeur ?"

Harry Demington était un homme grand, à l'allure sèche. Ses cheveux, poivre et sel, indiquaient qu'il courait quelques pas devant sa femme en direction de la cinquantaine. Pour l'occasion, il portait une chemise, sans doute par souci de montrer son appartenance à une strate professionnelle respectable. Le sourire n'étant apparemment pas l'expression qui lui était habituelle, celui-ci s'envola après les présentations pour ne revenir que lorsque sa fille vint lui réclamer, à lui puis à sa femme, d'être portée pour une embrassade. Il invita alors Erika à entrer.

"Est-ce que Spike est déjà arrivé ?!" réclama Melissa en trottinant jusqu'au salon.

La demeure Demington était étrangement aménagée. C'est du moins l'impression qu'elle donnait à un visiteur qui n'était pas au courant que l'ameublement avait été adapté pour cet évènement précis. Dans le salon, le canapé et la table basse s'étaient retrouvés contre des murs opposés, afin de limiter les risques que "quelqu'un" ne monte ou trébuche dessus. Les murs portaient des cadres photos, mais une marque avait été laissée à la place de l'horloge qui reposait à plat sur un buffet, au cas où "quelqu'un" aurait l'idée de marcher sur les murs. En outre, le papier peint -d'un beige, qui était le beige de la norme si normale qu'elle était angoissante- avait été malmené en divers endroits.
Les portes menant aux autres pièces étaient closes, à l'exception d'une, celle de la cuisine, par laquelle on pouvait voir la lumière allumée et sentir un courant d'air. En cette heure tardive, tout le monde avait déjà dîné, aussi ce n'était certainement pas un plat qu'on attendait.

"_Vous avez pensé à laisser la fenêtre ouverte pour qu'il entre ?
_Oui ma puce, mais il ne devrait pas arriver tout de suite."

C'était une autre condition des visites. Elles devaient avoir lieu à la nuit tombée, afin de faciliter le déplacement de Scum jusqu'au domicile, et ce sans que cela n'attire l'attention. De plus, il ne pouvait pas passer par la porte, au risque de finir sur les caméras de la résidence. Une autre bizarrerie qui venait entâcher le petit monde ordinaire de Sally et Harry. Mais au point où ils en étaient, c'était presque négligeable.


Dernière édition par Scum le Mer 26 Aoû 2015 - 22:12, édité 1 fois
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Jeu 20 Aoû 2015 - 4:50

Le soleil avait débuté sa descente au moment où Erïka quittait l’institut Xavier. La route jusqu’en ville avait défilé à une vitesse hallucinante. C’était peut-être parce qu’elle avait su trouver la musique idéale pour garder Mélissa au calme le temps de la balade. Malheureusement, les choses ne durèrent pas très longtemps. Les commentaires de la petite fille ne se faisaient pas attendre. Elle débordait d’énergie, c’était à se demander comment elle faisait pour tout contenir dans un si petit corps. En même temps, Erïka pouvait comprendre sa joie. C’était pourquoi elle avait accepté de la conduire jusqu’à la résidence de ses parents, pour lui permettre de passer du temps avec eux en s’assurant qu’il n’y ait aucun problème avec sa mutation.

Roulant à la vitesse permise par l’état de New-York, la jeune femme faisait attention à adopter une conduite sécuritaire pour le bien de sa passagère. Exceptionnellement, elle avait même laissé l’enfant s’assoir sur la banquette avant de son véhicule. Pour Mélissa, ce n’était pas suffisant. Elle passait des commentaires à tout moment, lui demandant toujours d’aller plus vite. En ville, impossible de se permettre une telle chose. Erïka comptait bien éviter tout risque d’accident qui soit. Par contre, sur les chemins isolés menant à l’institut… non. Elle ne devait pas. Elle devait oublier cette sale habitude qu’elle adoptait lorsqu’elle était seule. Après tout, elle n’était pas invincible, un accident pouvait si vite arriver.


-« Allez Riri ! Roule plus vite ! Plus vite ! Eyh, cette voiture a l'air mieux que la tienne, tu veux pas aller la voler ? GTA-style haha ! »
-« J’irais pas voler la première merde avec des lumières de douchebag qui passe. Dis-moi, est-ce que ta voiture à l’air de pouvoir faire ça ? »

Erïka appuya sur un bouton du tableau de bord. Aussitôt, l’écran central qui affichait les indications du GPS s’éteignit afin de laisser place à une carte 3D holographique d’un vert forêt s’étendant du tableau de bord au côté passager, s’affichant ainsi devant les yeux de Mélissa. Tous les bâtiments et routes à proximité étaient représentés alors qu’ils avançaient dans la ville.  Après un court laps de temps de quelques secondes, la carte se mettait à jour et matérialisait la suite du trajet. Ce gadget était loin d’être parfaitement au point et n’était pas toujours utile, mais Erïka pouvait s’en servir pour occuper Mélissa pendant un petit moment.

Une fois la voiture garée, Mélissa attendit à peine qu’Erïka déverrouille les portes pour se jeter à l’extérieur. Tout en soupirant de découragement, la jeune femme quitta son véhicule, claquant la porte derrière elle. Elle évita soigneusement un trou dans l’asphalte afin de ne pas trébucher. Elle n’aurait pas dû mettre des talons pour venir ici, mais elle n’avait pas écouté la voix de la raison, comme toujours. Vêtue sobrement, la jeune femme avait opté pour une jupe courte et serrée, s’arrêtant au-dessus de ses genoux. Avec cela, elle avait revêtit un haut simple, bien qu’un peu court, qui dévoilait légèrement sa peau lorsqu’elle levait un peu les bras. Les manches longues au tissu noir transparent l’avaient protégé du soleil sans pour autant la laisser mourir de chaud. Elle avait laissé son veston dans la voiture, jugeant qu’elle n’en avait pas besoin. C’est donc avec son allure de femme d’affaire – jeune et encore bien décidée à ne pas se conformer à la mode des femmes de bureau – qu’elle avançait d’un pas rapide vers l’immeuble de la famille Demington. Elle avait laissé ses cheveux tomber sur ses épaules plutôt que de les ramener en un chignon qui ne lui allait pas du tout. Avec la chaleur de ses derniers jours, elle devait avouer que cela était bien pratique, par contre.

Bien décidée à faire la course, Mélissa semblait prête à devancer Erïka. Soupirant, la jeune femme s’élança dans les escaliers, montant en vitesse jusqu’au premier palier afin d’embarquer dans le jeu de la petite. Par contre, courir avec des talons aiguilles était loin d’être confortable et sécuritaire. De plus, quel exemple montrait-elle à Mélissa si elle faisait exactement ce qu’elle lui interdisait de faire au sein de l’institut ?


-« Je savais que Bobby n’aurait jamais dû te donner de la crème glacée avant de partir… » Soupira-t-elle.

Montant jusqu’au quatrième étage à la marche, Erïka laissa la petite atteindre la sonnette pour ainsi signaler leur présence à ses parents. C’était adorable de la voir aussi joyeuse. Bien que découragée et légèrement blasée, la jeune femme devait avouer que de la voir ainsi sourire lui réchauffait le cœur.

Une femme dans la quarantaine vint leur ouvrir la porte. Elle était bien vêtue, bien mieux qu’Erïka qui avait davantage des allures de femme de riche que de professeur. La femme, à peine aperçu-t-elle sa fille, lui fit un commentaire sur sa tenue en insistant sur le fait qu’elle aurait dû mettre un manteau avant de venir. Il commençait à faire frais à l’extérieur, elle ne devait pas tomber malade. Erïka, au contraire, trouvait qu’il faisait encore chaud, mais elle n’était pas vraiment une référence en la matière. Elle préférait donc se taire et laisser Sally jouer son rôle de mère. Se plaignant légèrement, Mélissa justifia sa tenue par le fait qu’elle souhaitait montrer sa nouvelle robe, celle qu’Erïka lui avait apporté le matin même. Après tout, l’institut ne lui fournissait que le nécessaire en matière de vêtements et la petite fille n’avait pas les moyens de se payer des robes de ce genre, ayant tendance à coûter cher.

Un homme vint rapidement se joindre à la conversation. Erïka supposa qu’il s’agissait du père de Mélissa. Elle serra la main de l’homme en lui offrant un gentil sourire. Habituellement, elle se contentait de rester de glace lorsqu’elle se présentait à des hommes d’affaires, mais cette fois-ci elle se trouvait dans une tout autre situation où elle devait se montrer gentille et compréhensive. Après tout, les parents de Mélissa n’avaient probablement pas tout à fait réussis à se faire à l’idée que leurs enfants soient des mutants… bien que dans le cas de Mélissa c’était beaucoup moins flagrant.


-« Je vois que tes amies te gâtent, dit Harry en s'immisçant dans la conversation et dans l'encadrement de la porte. Bienvenue chez nous, enchanté. Je suis Harry et voici ma femme Sally. C'est la première fois que vous venez, vous êtes professeur ? »
-« Erïka. Je suis professeur en devenir. En fait, je suis l’une des résidentes qui s’occupe de Mélissa. Vous avez probablement déjà rencontré mon fiancé, Robert, qui est l’un des instituteurs de votre fille. »

Polie, douce, gentille, Erïka avait appris avec le temps comment se comporter adéquatement en société lorsqu’il le fallait. Elle avait compris que cela lui apportait bien plus que de jouer les rebelles. Et puis, elle ne devait pas faire peur aux parents de Mélissa, ni même les inciter à démontrer de la méfiance en son encontre. Après tout, elle n’était pas méchante, juste chiante.

Erïka suivit Mélissa à l’intérieur de l’appartement. Elle remarqua immédiatement la décoration très particulière de l’endroit. Si elle n’avait pas vraiment décoré son condo, se contentant du minimum, ici c’était encore pire. Il semblerait que tout ce qui consistait en de la décoration avait été retiré spécialement en vue de cette visite. Il n’y avait qu’à voir la disposition des meubles pour comprendre que cet environnement était artificiel et que chaque objet était à sa place pour une raison bien précise. Erïka était sur le point d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais Mélissa l’interrompit pour demander si son frère était déjà à la maison. C’était plus fort qu’elle, Erïka se sentit obligée de lui répondre avec son tact habituel.


-« Crois-moi, s’il serait déjà là on l’aurait sentit depuis le hall. » Plaisanta-t-elle.

Erïka se souvint alors qu’elle avait un document à remettre aux parents de Mélissa. Elle décida alors de le faire avant de l’oublier à nouveau. Sortant de son sac à main une feuille soigneusement rangée dans un dossier en carton par soucis de la conserver intacte, elle la tendit à Harry.


-« Le professeur Xavier m’a demandé de vous faire remplir ce formulaire. C’est pour permettre à Mélissa de participer à des activités parascolaires en ville avec le reste des résidents de l’institut. La totalité des frais reliés à ces activités sont couverts par l’école. »

Au moins, les parents pouvaient être rassurés sur le fait que leur fille ne manquait de rien. De toute façon, Erïka et Bobby s’occupaient très bien de Mélissa, la maternant parfois un peu trop. Parfois, elle avait besoin d’être un peu encadrée, ce qui n’était pas toujours facile lorsqu’on la laissait faire ce qu’elle voulait et se balader au sein du manoir. Heureusement, les professeurs et surveillants avaient tendance à toujours garder un œil plus averti sur les enfants afin d’éviter les incidents de mutation ou les bêtises qu’ils pouvaient parfois causer. Mélissa était très chanceuse, elle ne manquait de rien. Il n’y avait qu’à voir l’énorme peluche de poney qu’elle avait reçu en cadeau pour Noël.

Afin de faire un peu la conversation, Erïka décida de faire un commentaire sur la décoration. Les discussions génériques autour de la pluie et du beau temps l’avaient toujours ennuyée, mais parfois c’était le meilleur moyen de briser le silence avec des gens qu’on ne connaissait que très peu. Décidant par elle-même de s’asseoir sur le canapé, la jeune femme déposa son sac à main à ses pieds, puis croisa les jambes.


-« Je constate que vous avez adapté la décoration à cette visite… judicieuse décision. »

Où était passée Mélissa ? Erïka se pencha un peu pour voir à l’intérieur de la cuisine. La petite était là, guettant son frère qui ne devrait pas tarder à entrer par la fenêtre. Comme le disait sa mère, il ne se joignait pas à eux pour l’instant. Plutôt que de rester plantée là-bas, Mélissa devrait profiter de la présence de ses parents. Après tout, elle n’avait pas l’occasion de les voir à tous les jours.  

-« Mélissa, qu’est-ce que tu fais ? Ne t’en fait pas pour ton frère, il va finir par arriver. Viens donc profiter de la présence de tes parents, plutôt. »

Ce n’était pas tout le monde qui avait une chance d’avoir des parents. Des parents qui pouvaient passer par-dessus leurs craintes et leurs préjugés afin de tenter de préserver le lien qui les unissait à leur enfant se faisaient de plus en plus rare. Erïka ne voulait pas penser au cas de sa mère, mais par contre elle avait de la chance d’être la fille d’un mutant qui lui-même était fier de l’être. Dans le cas de Bobby, les choses n’étaient pas aussi simples. Ses parents l’avaient complètement rejeté de leur vie. C’était un coup dur à accepter. Erïka était certaine qu’il ne l’avait toujours pas accepté avec le temps, bien qu’il ait dû se faire à la raison. Au moins, il avait sa belle-famille qui l’accueillait à bras ouverts comme étant l’un des leurs.

Une pensée traversa l’esprit d’Erïka, qui tourna aussitôt la tête en direction des parents de Scum afin de leur poser une question qui semblait bête à entendre, mais qui pouvait peut-être se montrer importante pour certains. Par question de politesse envers ses hôtes, la jeune femme tentait de faire preuve de bonnes manières. C’était pratiquement devenu une habitude pour elle. Elle devait savoir bien agir et se tenir. Par contre, si on la cherchait, elle n’allait pas se gêner pour montrer quel genre de femme elle était réellement.  


-« J’ai bien conscience que le pseudonyme sous lequel je connais votre fils n’est pas son véritable prénom. Par contre, il ne me l’a jamais dit. Par respect pour vous, y a-t-il une façon dont vous préférez que je l’appelle en votre présence ? »

Question de bienséance, Erïka se pencha pour éteindre la sonnerie de son téléphone, indiquant que quelqu’un essayait actuellement de la rejoindre. Puisque le numéro était masqué, elle supposait qu’il s’agissait de quelqu’un du boulot. À cette heure-ci, elle ne s’occupait plus de quoi que ce soit relatif à son travail. Il n’avait qu’à laisser un message. Pour l’instant, elle avait bien plus important à se préoccuper : le bon déroulement de la visite. Vu le caractère des deux enfants – et oui elle comprenait Scum dans le lot - ça allait être tout un défi.
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Scum
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Ven 28 Aoû 2015 - 5:05

Melissa étant à l'âge tendre de sa vie, on lui pardonnait encore souvent de ne pas l'être elle-même. Consciente ou non qu'un jour ses aînés ne fermeraient pas aussi facilement les yeux sur ses bêtises ou son petit dédain pour les conventions sociales, elle en profitait autant qu'elle le pouvait pour se faire entendre. Heureusement pour Erika, la fillette était comme la plupart des enfants de son âge : facilement distraite. C'est ainsi que, émerveillée par le GPS holographique, la petite mutante passa le reste du voyage à faire courir ses doigts puis ses figurines sur le plan en trois dimensions.

"Tu sais ce qui serait marrant ? dit Melissa. Que Spike soit en dessous de nous en ce moment."

***

Suivant un itinéraire qu'il connaissait maintenant presque aussi bien que le chemin vers ses coins à pizzas favoris, Scum trottinait dans le dédale souterrain et malodorant qu'étaient les égouts de la ville. Même s'il s'était promis de faire des efforts quant à son hygiène de vie -ou son hygiène en général- ce trajet sous la ville réduisait à néant ses bonnes résolutions.

Sans rien de plus sur le dos qu'un grand sac rapiécé, il s'apprêtait à revoir sa famille, dans le cadre des visites régulières organisées par les responsables de l'Institut. Le cœur léger de savoir que ses géniteurs l'acceptaient un peu plus dans leur vie -ils reconnaissaient en tout cas son existence en tant que leur enfant, ce qui était mieux qu'il y a un an- le mutant reptilien marchait vers le domicile familial où l'attendaient son père, sa mère et sa petite sœur : Melissa.

Sans la fillette, rien de tout ça n'aurait sans doute été possible. Bien sûr, la kidnapper n'avait pas été une bonne chose à faire, et c'était aussi condamnable que ça en avait l'air. Cependant le facteur mutant révélé très tôt chez l'enfant avait beaucoup changé la donne et... Enfin... Preuve était faite que dans la panique, Scum réagissait d'une manière peut-être aussi excessive que ses parents. Heureusement, ses pouvoirs ne le rendaient pas aussi dangereux qu'une arme à feu, lui.

Émergeant de ses pensées à cause d'une gouttelette d'eau croupie qui venait de lui tomber sur le crâne, l'écailleux s'était rendu compte qu'il avait inconsciemment accéléré son pas. Il ralentit alors car il n'était pas en pleine course. Il n'avait de toute façon personne pour tenir la compétition.

***

A leur arrivée à la résidence, et pour rester dans l'ambiance du jeu, Melissa lança une course dans les escaliers avec son accompagnatrice, course qu'elle abandonna lorsqu'elle commença à la perdre. Ce n'est que lorsque ses parents furent en vue qu'elle fit mine de se tenir sage, même si cela dura le temps d'une remarque de la part de sa mère. C'était encore l'été et pourtant celle-ci lui reprochait de ne pas s'être vêtue chaudement en cette fin de journée. Mais Melissa n'en avait cure, préférant montrer la belle robe qu'on lui avait offerte, à l'effigie de ses personnages de dessin animé favorites. Et avant que mère et fille ne poussent plus loin l'argumentaire, l'homme de la maison se fit un devoir de présenter sa famille puis de saluer Erika, qu'il prit pour un jeune professeur.

"_Erïka, se présenta la jeune femme, avant de démentir Harry. Je suis professeur en devenir. En fait, je suis l’une des résidentes qui s’occupe de Mélissa. Vous avez probablement déjà rencontré mon fiancé, Robert, qui est l’un des instituteurs de votre fille.
_Robert ? Oui bien sûr, un jeune homme attentionné et mature. Très aimable. Son professeur de maths, il me semble."

Les visites s'étaient jusque là toujours faites sous la supervision du corps enseignant de l'Institut, Charles Xavier ayant lui-même assuré la première. C'était un gage de maturité et de sûreté pour le couple qui n'était vraiment pas habitué à côtoyer des mutants et risquait fort de paniquer en cas de manifestation impromptue des pouvoirs de ses enfants. Mais si Erika était une femme qui avait l'approbation du jeune Robert, alors il n'y avait pas de souci à se faire.

***

Tout en marchant, Scum spéculait sur l'identité de leur chaperon pour ce soir. Avant cela, il avait retourné plusieurs fois le mot dans son esprit, cherchant le rapport entre une petite fille qui n'aurait pas du sortir seule dans les bois et une personne chargée de surveiller une rencontre entre mutants et humains.

Quoiqu'il en soit, leur accompagnateur pour cette visite était-il encore une fois Bobby ? Le petit ami d'Erika -Fiancé en fait, il avait glissé l'information durant une visite antérieure- était celui qui venait le plus souvent, du fait de sa bonne entente avec Melissa. Il y avait aussi une belle femme aux cheveux roux qui s'était présentée à la porte, Jean Grey. Une dame fort charmante que Scum aurait apprécié de revoir, mais qui fut remplacée dès la visite suivante par son propre petit ami.
Scott Summers avait lui aussi un pouvoir passablement handicapant, et avait ainsi démontré par l'exemple que des technologies existaient à l'Institut pour permettre aux résidents de s'accommoder au mieux de leurs mutations. Mademoiselle Flocon de Neige ne leur avait jamais fait l'honneur de sa présence, mais il était admis depuis un moment qu'elle était une femme occupée.
Le professeur Xavier était lui aussi venu, les premières fois, avec une grande dame nommée Ororo. Il avait tenu à réitérer pour Scum son invitation à venir à l'Institut chaque fois qu'il en avait besoin -à condition qu'il ne malmène pas trop le mobilier- ce que l'écailleux considérait toujours comme un grand honneur. Le professeur avait été l'espoir pour Scum d'offrir à sa sœur une vie meilleure et avait été l'architecte de ces rencontres désormais régulières. S'il déclinait maintenant la chance qu'on lui avait autrefois refusée, c'était uniquement parce qu'il avait trouvé son propre chemin depuis. Et ça, le professeur Xavier le comprenait, car il était la meilleure personne que le mutant reptilien ait pu rencontrer.

Avisant l'échelle qui lui permettrait de rejoindre la surface au plus près de la résidence parentale, Scum se demandait tout de même s'il ne sentait pas trop fort. Il ne voulait pas incommoder sa famille, ou une autre belle femme, mais savait bien qu'après tant de temps passé ici bas, il ne pouvait pas lui-même discerner s'il sentait modérément ou terriblement mauvais.

Bah, de toute façon, ce n'est pas comme s'il s'attendait à ce qu'on lui fasse la bise.

***

Tandis que les visiteuses franchissaient le seuil, la plus petite d'entre elles eut droit aux embrassades familiales avant de retrouver pied à terre et de réclamer son grand frère. Erika se vit pour sa part accorder la poignée de main formelle de la part du couple avant de donner son propre avis sur l'arrivée de Scum. La remarque fit pousser un gros soupir de la part des parents de ce dernier, lesquels échangèrent un regard gêné. C'était leur réaction, chaque fois qu'ils repensaient au fait que leur fils était grosso modo un énorme lézard vivant dans les égouts. Heureusement, leur interlocutrice avait un autre sujet de conversation en poche, qu'elle dégaina pour le porter à l'attention de la famille.

"_Le professeur Xavier m’a demandé de vous faire remplir ce formulaire. C’est pour permettre à Mélissa de participer à des activités parascolaires en ville avec le reste des résidents de l’institut. La totalité des frais reliés à ces activités sont couverts par l’école.
_Oh, et bien elle pourra y aller si elle est sage, annonça Harry, assez fort pour que sa fille l'entende.
_Je suis toujours sage, protesta celle-ci.
_Des fois je me demande ce qu'il y a à payer pour cette école. Cet Institut n'est vraiment pas comme les autres. dit Sally tout en parcourant le document du regard, avant de partir en quête d'un stylo pour le signer. Je sais que le statut réservé aux surdoués est une couverture, mais ça ne vous est jamais arrivé de recevoir des candidatures de vrais surdoués ? Ou... Des inspections ?"

Elle en demandait peut-être beaucoup à une dame qui n'était que bientôt professeur, mais Sally voulait en savoir plus sur cet établissement qui prenait en charge l'éducation de sa fille, sa vie quotidienne et ses loisirs, le tout sans frais. A ce qu'on disait, quand un service était gratuit, c'était souvent parce que son bénéficiaire en était lui-même le produit. Mais produit de quoi ? Il était facile de devenir conspirationniste quand ce qui relevait jusque là de la science fiction entrait soudain dans votre vie. C'est pourquoi Sally modérait beaucoup plus qu'avant le fil de ses pensées, au risque de se faire du mauvais sang pour des prétextes surréalistes.

***

Ses sorties chez ses parents avaient rendu Scum un petit peu plus paranoïaque et donc prudent, au moment de crapahuter à la surface. Il fallait dire qu'il n'entrait que rarement dans des bâtiments, encore moins quand ils étaient officiellement habités. Le fait qu'il vienne désormais régulièrement à un endroit spécifique augmentait ses chances de se faire repérer et pouvait, dans le pire des scénarios, attirer des questions, voir des ennuis à ses parents. Comment pourraient-ils expliquer qu'un lézard géant passe ainsi leur fenêtre presque tous les deux mois ? Il fallait tout simplement que cela n'arrive pas.

La plaque d'égout levée juste assez haut pour glisser un regard dans la rue où il débouchait, Scum constata que le lampadaire sous lequel il se trouvait était encore dans un état clignotant. Il laissa passer une voiture, puis ne vit, ni n'entendit de piétons. Aux fenêtres qui avaient vue sur sa position il vit parfois des lumières, et sur un balcon, des personnes en pleine fête. Misère... C'était bien sa veine ! Il devrait maintenant rester là à guetter les fêtards, forcé d'attendre que ceux-ci relâchent leur attention sur l'extérieur.

Pour patienter, le mutant reptilien entreprit de retracer de tête le restant du chemin à faire.
Il y avait une caméra sur l'une des façades de sa destination, programmée pour parcourir le parking, l'allée puis l'entrée du regard. Un grand angle auquel il était difficile de s'esquiver sans un certain sens du timing. La meilleure façon de l'éviter était donc de passer au dessus. C'est pourquoi Scum avait prévu de passer par les toits pour l'atteindre. Il avait ainsi choisi de déboucher au plus près du bâtiment qui était le plus haut du quartier et aussi un voisin de celui qu'il visait, afin de n'être à hauteur de regard d'aucun curieux.

Scum soupira. Parfois il se disait que ses sorties n'avaient pas grand chose à voir avec celles des Tortues Ninja. L'environnement urbain n'était vraiment pas adapté à ce genre d'escapade nocturne.

***

"_Je constate que vous avez adapté la décoration à cette visite… judicieuse décision.
_N'est-ce pas ? répondit madame Demington, à qui la remarque avait fait relever la tête. Melissa et son frère sont un peu turbulents.
_Comme les avions ! cria la petite en courant en tous sens avant de disparaitre dans la cuisine.
_Des avions sans pilote, alors..."soupira le père.

Alors qu'elle changeait de pièce, Melissa demanda si la fenêtre avait été ouverte, ce qui occasionna des remarques exaspérées de la part des deux autres dames présentes.

"Laissez, laissez, dit alors Harry pour Erika. Elle veut s'assurer que son 'Spike' ramène une pizza à son goût... Elle sait aussi que si elle fait une bêtise avant qu'il soit arrivé, elle n'aura personne à blâmer..."

***

Avant que les fêtards ne se décident finalement à quitter leur balcon, Scum avait eu le temps de se ressasser plusieurs fois son itinéraire, mais aussi de vérifier l'état du butin dans son sac.

Quelque peu malmenés par l'insistance avec laquelle le lézard les avait enfoncés dans son sac, les cartons de pizzas durent céder devant la même insistance à les en extirper. Le compte y était, en principe. Quatre fromages avec du miel et de l'ananas pour Melissa, produits de la mer pour lui, une reine pour ses parents et une simple pour leur invité -car dans le doute il avait opté pour la pizza universellement appréciée- et il n'y avait pas d'erreur. C'eut été étonnant. Il les avait choisies ces pizzas, il les avaient même payées. Enfin, il avait laissé l'argent au livreur qu'il avait embusqué pour les obtenir, mais ça comptait comme un acte citoyen normal tout de même.
Par contre, depuis le temps, elles étaient froides, ce qui était dommage, mais elles étaient de toute façon tout aussi mangeables ainsi, il n'y avait donc pas de souci à se faire.

Lorsqu'il put enfin quitter les égouts, Scum se lança à l'escalade du mur de la résidence toute proche, tâchant de découdre son plan, qui s'était un peu emmêlé au fil de ses répétitions.

Un jour, il devrait vraiment le mettre sur papier.

***

Après avoir lu, approuvé et signé le papier qu'on lui avait donné, Sally le rendit à Erika qui avait une autre requête, plus personnelle celle-ci :

"_J’ai bien conscience que le pseudonyme sous lequel je connais votre fils n’est pas son véritable prénom. Par contre, il ne me l’a jamais dit. Par respect pour vous, y a-t-il une façon dont vous préférez que je l’appelle en votre présence ?
_Il s'appelle Hally, dit la mère, peut être un peu brusquement. Ça fait longtemps qu'il n'a pas été appelé ainsi, mais je préfère tout de même ça à... Celui qu'il s'est donné.
_Son surnom... Son mode de vie... Ce n'est pas facile d'admettre que c'est notre faute si notre fils en est arrivé là. Il y a beaucoup de choses que nous aurions pu mieux faire pour lui."

***

Misère ! Il aurait peut-être du revoir son plan, finalement. La caméra qu'il avait cherché à esquiver s'était retrouvée sous son pied à cause d'un saut un peu juste d'un immeuble à l'autre. Grinçant sur son support métallique, elle était descendue de quelques centimètres et ne semblait plus capable de bouger...
Mais le mutant ne s'attarda pas plus longtemps sur le sort de l'objet espion et rejoignit rapidement le toit de la résidence familiale.

Eh, voilà qui faisait une belle anecdote à raconter. Il n'en avait pas beaucoup qui soient intéressantes.

Hm, c'était pourtant vrai ça. Qu'allait-il bien pouvoir raconter à sa famille en arrivant là-bas ? Melissa pouvait bavasser pendant des heures sur sa vie à l'école, ses progrès en classe et les jeux auxquels elle s'adonnait, mais lui n'était pas aussi expansif. Et pourtant il faisait des efforts pour s'exprimer devant les parents qui l'avaient fui et tenté de l'abattre au fusil.
Malgré cela, le fait était là : il n'avait pas de nouvelle assez bonne à donner de lui. Il ne pouvait pas vraiment parler de ses plans ingénieux pour manger de la pizza à l’œil, ni des bagarres qui éclataient dans l'Allée. Il pouvait bien parler de ses exploits dans la chasse au crime, mais c'était assez incompatible avec le fait de vouloir tenir sa famille en sécurité. Il avait une identité secrète maintenant, comme tous les superhéros. Il devait tenir ses proches loin des représailles.

Des perspectives d'avenir à aborder, ou de belles journées à raconter par contre, il n'en avait pas. A coup sûr, le moindre "Quoi de neuf ?" de la part de son entourage risquait d'être embarrassant...

***

L'embarras des deux parents en cet instant était presque palpable. Plus que de dire à voix haute que Scum était leur fils alors qu'il leur était difficile de s'en convaincre eux-même, plus que de le savoir forcé de vivre sous la surface de la ville par leur faute, il leur était difficile d'admettre que ce qui les avait retenu d'infliger le même traitement à leur fille, c'était son apparence encore humaine. S'il avait été simple de négliger l'humanité de leur premier enfant pour mieux l'oublier, il n'en avait pas été de même pour Melissa.

"_Je ne comprends pas pourquoi il refuse de vivre dans votre Institut, reprit Sally. Quand on a compris qu'il avait fait pour sa sœur ce qu'il aurait voulu que nous fassions pour lui... On lui a suggéré d'aller là-bas avec elle. Mais il dit qu'il est bien avec ses amis... Là en bas."

Il y avait encore beaucoup de tabous gravitant autour du mutant reptilien, qui restait la part la plus surnaturelle de la famille. En outre, il avait été difficile de convaincre les Demington que les mutations pouvaient apporter de belles choses, considérant la nature de celles de leurs enfants : l'un forcé de s'exiler, l'autre interdite d'utiliser un pouvoir trop dangereux. Aux divers encadrants de l'Institut venus chaperonner les visites, ils n'avaient jamais demandé quel était leur pouvoir. Cela revenait pour eux à demander à un malade où se trouvait exactement son cancer, ou de quelle MST il souffrait. Ce n'était pas une indiscrétion à laquelle on se risquait en présence d'une personne qu'on rencontrait pour la première fois.

Heureusement, ou presque, un éclat de voix venu de la cuisine remit un peu de vie dans le domicile. Une exclamation indiscrète qui fut rapidement étouffée puis suivie par un bruit mat sur le sol, et le bruit d'une fenêtre qu'on ferme en vitesse.

"_Ha maman ! Spike m'a touché avec sa main dégoûtante !
_Chhht ! Tu vas me faire repérer !
_C'est bon, c'est bon, t'es pas recherché par la police, non ? En plus regarde ce que t'as fait ! T'as tout..."

La dispute du frère et de la sœur se dissipa vite en murmures prononcés forts et rapidement.

"_J'espère que vous n'avez rien cassé ! s'écria leur mère après avoir lâché un soupir.
_Nooon !
_Juste un petit bout de carrelage. Désolé." dit Scum avant de franchir le seuil de la cuisine, les yeux baissés sur le sac dans lequel il fouillait.

Sa sœur lui tournait autour à pas chassés en lui disant qu'il était vraiment nul comme menteur. Et lorsqu'enfin il lui tendit son carton à pizza, elle le brandit au dessus de sa tête avant de courir jusqu'à la table basse pour manger.
Relevant finalement la tête avec les autres cartons en main, Scum fut étonné puis enchanté de voir Erika.

"_Verity ! Mince, si j'avais su que ce serait toi, j'aurais commandé la pizza burger, avec boulettes en supplément. Bonsoir... Papa, Maman.

_Bonsoir..." dirent les parents avant d'ajouter un "fils" et un "Hally", qui les faisaient passer pour une famille en pleine thérapie. Ce n'était pas loin d'être le cas, finalement.

Un jour peut-être les Demington arriveraient à s'échanger autre chose que des regards fuyants, mais pour le moment il n'y avait que Melissa qui avait l'innocence et le détachement nécessaire pour profiter de l'instant présent, plutôt que de le regarder glisser sur la pente douce du silence gêné.

"Ma pizza est froide" déclara-t-elle, l'air ronchon.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Sam 29 Aoû 2015 - 3:53

Les enfants étaient de véritables petites boules d’énergie du matin au soir. Il était impossible de les garder tranquille sans qu’ils finissent par poser des centaines de questions ou s’élancent dans de nouveaux jeux afin de passer le temps et se divertir. Erïka savait faire preuve de patience avec Mélissa, mais parfois elle était tout simplement blasée. Que faire de la petite ? Devait-elle la laisser faire des folies, quitte à ce qu’elle réalise par elle-même que cela n’était pas une bonne idée, ou bien toujours s’assurer qu’elle soit sage et calme ? Plus la jeune femme soulevait ce genre de question, plus elle venait à se questionner sur ses qualifications de mère. Serait-elle capable d’élever un enfant ? Quel genre de mutation finirait-il par développer avec le temps ? Avait-elle ce qui fallait pour offrir une bonne vie et éduquer de bonnes valeurs à un gamin ? Voulait-elle véritablement devenir mère ? Le fait de savoir que les possibilités et options s’offrant à elle diminuait et réduisait la possibilité qu’elle puisse avoir une lignée de son sang semblait la pousser à vouloir l’obtenir davantage. L’être humain était fait ainsi, après tout, toujours à désirer ce qu’il ne pouvait posséder.

Maintenant arrivée au domicile des Demington, Erïka laissait la petite Mélissa saluer chaleureusement ses parents. Après tout, elle n’avait pas l’occasion de les voir bien souvent. Elle devait en profiter au maximum. Puis, ce fut au tour de la jeune femme de se présenter. Elle fut brève, mais prit la peine d’ajouter qu’elle était la fiancée de Robert, qu’ils avaient déjà rencontré auparavant. Puisqu’il était proche de Mélissa et qu’il était également l’un de ses instituteurs, il était tout désigné pour s’occuper des visites. Cependant, avec la rentrée scolaire arrivant à grand pas, il avait beaucoup de travail à faire afin de bien préparer ses cours pour les quelques classes auxquelles il enseignera durant la prochaine année. Erïka s’était alors proposée pour s’occuper d’accompagner Mélissa. Elle n’était peut-être pas professeur, mais elle savait tout de même superviser la gamine et son frère aîné, ce qui était un véritable défi.

Mémorisant les bonnes paroles à l’égard de son fiancé afin de les lui répéter plus tard, Erïka pénétra dans l’appartement soigneusement aménagé de façon à ce que les possibles dégâts causés par les enfants soient minimisés. Puisque Mélissa s’impatientait déjà de voir son frère, se baladant d’une pièce à l’autre et s’occupant à sa façon, la jeune femme en profita pour faire signer un papier au couple. C’était très simple, le document concernait les futures sorties scolaires auxquelles pouvaient participer la petite fille. Aucun déboursement d’argent n’était demandé, les frais étant couverts par l’institut. La seule contrainte, imposée par les parents, était que Mélissa soit assez sage pour mériter ce privilège. Cette dernière affirma qu’elle était toujours sage, ce qui fit sourire Erïka qui la fixa, un sourcil perplexe légèrement remonté. Elle n’y croyait pas du tout.

Sally s’affaira à signer le document, mais elle ne put s’empêcher de poser quelques questions. Bien sûr, l’une des tâches d’Erïka associées à ses visites était de répondre à toutes les questions qui lui seraient posées, et ce au mieux de ses capacités. La mère de Mélissa se demandait si l’institut recevait des candidatures d’étudiants intéressés à l’idée d’y suivre des cours ou bien des visites d’inspecteurs du ministère de l’éducation afin de vérifier que l’établissement correspondait aux normes. Erïka connaissait suffisamment le fonctionnement de l’institution pour répondre à la question sans trop de mal.


-« En ce qui concerne les candidatures, le professeur Xavier sait comment s’en occuper sans que cela n’éveille de soupçon. De ce que je sais, nous en recevons très peu, heureusement. Pour ce qui est des inspections, nous les faisons effectuer par un ancien résident qui travaille actuellement pour le ministère de l’éducation. Et puis, comme vous l’avez probablement déjà constaté, le manoir est dans un état impeccable et nous faisons en sorte de toujours offrir aux résidents tout ce dont ils ont besoin. Ne vous inquiétez pas, nous savons à la fois garder les potentiels curieux à l’écart du manoir tout en promouvant l’école de façon à ce que ses enseignements soient reconnus parmi les meilleurs de l’État, ce qui peut ouvrir beaucoup de portes à Mélissa pour ce qui est de son futur académique et professionnel. »

Toujours calme et posée dans ses propos, Erïka s’étonnait elle-même. Elle n’avait que tout récemment découvert qu’elle pouvait faire preuve de professionnalisme. Elle devait avouer que cela lui collait d’une façon étrange à la peau, comme un vêtement qu’elle aurait mis à l’envers. Ce n’était pas elle, par contre il s'agissait d’un atout dont elle ne pouvait plus se passer, surtout lorsqu’il était question de tenter de gagner la confiance d’autrui ou de conclure des affaires.

Changeant de sujet, Erïka complimenta les efforts du couple à s’assurer que les bris au sein de leur demeure soient minimisés. Elle devait avouer qu’elle n’aurait pas pensé à faire ça au sein de l’institut, surtout parce que c’était très difficile dans ce genre d’environnement. C’était certain qu’avec l’arrivée de Scum l’ambiance allait être bien plus mouvementée. Déjà, Mélissa ne quittait pas la fenêtre de la cuisine plutôt que de venir s’asseoir dans le salon avec eux. Erïka tenta de la faire revenir, mais Harry l’en dissuada gentiment. Il semblait avoir compris le manège de sa fille qui relevait maintenant de la routine. Et puis, tant que son frère n’était pas là, cela la dissuadait de faire des bêtises. Impossible d’accuser quelqu’un d’autre dans un tel cas, comme le disait son père.

Au moins, pendant ce temps, elle pouvait davantage profiter de ce moment de calme pour parler un peu du cas de Scum. Elle connaissait sa vie actuelle, mais pas son passé. Elle avait cru comprendre qu’il avait été abandonné, ce n’était pas très difficile à deviner, mais elle voulait en savoir plus, à commencer par son véritable prénom. Bien que le prénom Hally sonnait étrange aux oreilles de la jeune femme – surtout lorsqu’elle l’associait à l’apparence du mutant – c’était déjà mieux que le prénom dont il s’affublait. Par contre, elle pouvait comprendre le fait que ses parents n’approuvaient pas tellement cela, pas plus que son mode de vie actuel. Laissant parler la psychologue en elle, Erïka tenta de rassurer, à ses façons, Harry et Sally. Elle croisa les jambes, puis leva la tête en direction de ses interlocuteurs.


-« Je sais par expérience que la peur est un motif suffisant chez l’être humain pour rejeter un phénomène qu’il ne peut comprendre ou justifier. La société elle-même condamne ce qui ne respecte pas les normes établies et crée ainsi une crainte de la différence autant physique que psychologique chez la population, diabolisant ainsi les personnes plus marginales. Je ne suis pas pour autant le genre de personne à tenter de minimiser les actes d’une autre, d’autant plus lorsque les actes en question ne sont pas justifiables à mes yeux. Je ne vais pas retourner le couteau dans la plaie, vous semblez vous en vouloir suffisamment comme ça. Cependant, vous devez savoir que vous n'êtes pas les seuls à avoir vécu ce genre de situation qui vous a mené à prendre des décisions déchirantes en ce qui concerne votre fils. Tout parent a une façon différente de percevoir et de vivre avec un enfant développant sa mutation. Ce n'est pas simple de surmonter ce genre de situation et bien que vous ayez mis des années à agir, vous êtes maintenant assis ici, prêts à accepter vos enfants pour ce qu'ils sont. Laissez-moi vous dire que cela représente bien plus pour vos enfants que vous ne l'imaginez. Peu de parents sont enclins à mettre de côté leur peur, leur incompréhension ou leurs préjugés pour leurs enfants. » Elle marqua une courte pause avant de poursuivre. « Nous mettons tout en œuvre pour aider vos enfants, mais nous sommes là pour vous venir en aide et apaiser vos craintes si vous en avez besoin. Si jamais vous avez besoin de parler à quelqu'un il est possible de vous recommander un spécialiste à qui vous pourrez vous confier sans crainte. »

Wow. C’était ce que se disait Erïka en son for intérieur. Elle n’avait aucune idée de comment elle avait réussi à dire cela comme une véritable professionnelle, mais elle l’avait fait. Elle avait juste laissé les mots sortir comme ils venaient en tentant d’être la plus polie possible et ainsi exposer aux parents leurs fautes, mais aussi les grands efforts qu’ils avaient déployés pour leurs enfants. Par contre, ils ne pouvaient pas effacer les dommages du passé. Scum avait trouvé son chemin et fait sa vie. Maintenant, il était ce qu’il était : un remake un peu maladroit des Tortues Ninja. Il avait des amis, une communauté et probablement des buts à atteindre malgré sa vie de lézard. Même si ses parents souhaitaient le voir intégrer l’institut, tout comme Mélissa, ce n’était pas si simple pour lui. Il avait des racines, un attachement un sein des Morlocks. Il semblait bien se porter dans son environnement, de ce qu’Erïka avait pu voir. Par contre, c’était difficile de le démontrer aux parents de Scum, qui eux voyaient, avec raison, la vie dans les égouts d’un mauvais œil. Il valait mieux qu’ils ne sachent pas quel genre d’individus se terrait sous leurs pieds.

-« Il a trouvé des gens à qui il tient. Ils sont comme une espèce de famille… bien étrange. Selon moi, ce n'est pas tant le sentiment d'appartenance à un groupe dont les apparences physiques divergent du genre humain que les amitiés qu'il a tissé au fil des années qui le poussent à rester. Votre fils a un bon cœur. Certes il ne vit pas dans un palace, mais il est tout de même bien entouré. Mon frère est étudiant en médecine. Il possède non seulement les connaissances, mais également l'équipement nécessaire pour prendre soin de votre fils s'il lui arrivait de se blesser malencontreusement. Il se rend régulièrement dans leur… repaire, disons-le ainsi. Il apporte bien souvent des vivres et ce genre de chose, bien que tout le monde semble se débrouiller sans trop de mal. Ne vous en faites pas. Bien qu'Hally… » Cela lui faisait bien étrange de l'appeler ainsi.  « … bien qu'il ait un mode de vie un peu particulier, il y a des gens qui veillent sur lui et s'assurent qu'il ne manque de rien. »

Elle ne pouvait promettre de miracles à ce couple, mais elle pouvait tout de même les rassurer sur le mode de vie de leur fils. Certes, cela semblait dangereux, répugnant et pas très sain, mais Scum semblait se débrouiller à merveille. Et puis, vu sa nature de lézard, il devait porter son lot de bactéries sans même en être affecté. D’ailleurs, parlant du loup…

Mélissa s’écriait déjà, affirmant que son frère avait posé ses sales pattes sur elle. Scum était dans la maison. La fenêtre maintenant close annonçait le début de cette réunion de famille. Afin de saluer son ami, Erïka se leva et marcha vers la cuisine, où elle le rencontra, sur le seuil. Ravi, Scum affirmait qu’il aurait fait un effort pour amener la pizza favorite d’Erïka s’il avait su qu’elle serait présente aujourd’hui. Cette dernière, souriante, secoua légèrement la tête, amusée.


-« Arrête ça, tu me donnes faim rien qu'à y penser. » Elle sourit à Scum et s'approcha de lui pour retirer un bout de plastique collé derrière son oreille. Elle le jeta bien rapidement dans la poubelle, coincée dans le tout petit espace entre le mur séparant les deux pièces et le réfrigérateur. « Ça fait un bail qu'on ne s'est pas vus, comment tu vas ? »

Erïka pouvait lui poser un million de questions, mais elle préférait s’en tenir aux modalités pour le moment. Elle ne voulait pas dire quelque chose qui froisserait les parents des deux mutants. Laissant Scum avec sa famille, la jeune femme s’éclipsa pendant une petite minute le temps de se laver les mains. Elle n’aimait pas trop l’idée de manger après avoir touché à de la crasse. Lorsqu’elle revint, Mélissa s’était déjà jetée sur sa pizza, prête à manger. Par contre, un petit détail embêtait la gamine : son repas était froid.

-« Qu'est ce qui ne va pas avec la pizza froide ? C'est bon quand même, non ? » Erïka prit la boite de Mélissa dans ses mains et se tourna vers Sally. « Vous permettez que j’utilise la cuisine un moment ? » Elle observa Scum, puis sa petite sœur, avant de revenir à la femme. « Promis, je ne toucherais pas à la vaisselle. »

La jeune femme disparut à nouveau dans la cuisine. Elle souhaitait laisser l’occasion à la famille de discuter ensemble. Si quoi que ce soit arrivait, elle le saurait tout de suite d’où elle était, entendant aisément toute la discussion. Erïka déchira la boite de pizza de façon à se retrouver avec le couvercle dans les mains. Elle n’osait pas demander si le couple avait des assiettes en carton. Et puis, c’était plus économique comme ça. Posant deux pointes sur le large bout de carton, Erïka le glissa dans le micro-onde afin de réchauffer la pizza. Une minute plus tard, elle était suffisamment chaude. Elle apporta donc le repas à la petite, déposant le carton sur la table basse devant elle.

-« Voilà. Et si tu n’aimes pas ça, il reste toujours de la pizza froide. » Elle ébouriffa légèrement la chevelure de la gamine avant de se rassoir à sa place, sur le canapé.

Vu le silence qui régnait à présent dans la pièce, Erïka devait peut-être faire en sorte d’alimenter les discussions. Ce n’était pas très confortable d’être assis au milieu d’une famille qui n’avait rien à dire. Cela lui rappelait certains diners en compagnie de son père. Ce n’était jamais agréable. Erïka opta donc pour un sujet léger qui permettrait à Mélissa de mettre en marche son moulin à paroles.


-« Mélissa, pourquoi ne dis-tu pas à tes parents et à ton frère ce que j’ai t’ai appris au restaurant, l’autre jour ? »

Erïka et Bobby avaient amené la petite fille déjeuner dans un restaurant français. Elle en avait profité pour lui apprendre à dire quelques mots, à la demande de Mélissa. C’était bien simple, consistant à des mots comme « bonjour » ou « bonne nuit ». C’était le genre d’apprentissage que les enfants étaient ravis de présenter à leurs parents, en général. Erïka espérait que ce soit le cas de la gamine, sinon elle n’en avait pas fini avec les silences lourds et désagréables.
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Ven 4 Sep 2015 - 16:56

Telle qu'elle était partie -au quart de tour- Melissa était aussi difficile à tenir chez ses parents qu'à l'Institut. Son enthousiasme brouillon et son agitation perpétuelle ne rendaient pas vraiment crédible l'innocence qu'elle clamait avoir. Mais la fillette savait ce qu'il fallait dire pour se voir accorder un droit quelconque, et ça ne passait certainement pas une introspection honnête et réfléchie. Par ailleurs, elle commençait aussi à connaitre le langage du visage, et lorsque Erika lui fit part de son scepticisme vis à vis de sa prétendue sagesse, la petite lui renvoya un regard qui signifiait "Tu veux me prouver le contraire ?"
Malheureusement, Sally, qui était normalement la plus à même de juger le comportement de sa fille, avait choisi de porter ses doutes et ses interrogations sur l'établissement qui -au point où la famille en était, on pouvait bien le dire- élevait sa fille à sa place.

Les réponses qu'apportaient Erika donnèrent l'impression aux parents que les mutants étaient presque forcés de "s'infiltrer" dans la société pour pouvoir vivre sereinement. Ils hochaient poliment la tête pour leur interlocutrice, se consultant parfois du regard avant d'offrir des acquiescements compréhensifs à la mutante en face d'eux. Les responsables de l'Institut devaient faire preuve de beaucoup d'astuce et d'une intelligence prudente pour offrir à leurs résidents ce havre de paix dans un monde qui -inutile d'être hypocrite- les rejetterait. Utilisaient-ils leurs pouvoirs pour arriver à leurs fins ? Était-ce... Bien ? Si c'était pour leur survie, sans doute.

"_Et donc en plus d'un cursus normal, elle devra apprendre à maîtriser son... Pouvoir, conclut Sally.
_D'autant plus que le sien est dangereux. On ne choisit vraiment pas ces choses là, mais vous pensez qu'il y a des chances pour qu'un jour une facette plus... Plaisante de sa mutation voie le jour ?"

Melissa, qui était la principale intéressée dans l'affaire voulut rassurer ses parents quant à un avenir qui restait incertain à leurs yeux :

"Les professeurs disent que le calme c'est la clé pour maîtriser son pouvoir. Ils disent aussi que c'est pas le pouvoir qui est beau ou moche, c'est ce qu'on en fait. Vous voyez que je suis sage."

Ces paroles particulièrement sensées valurent à la fillette qu'on lui passe la main dans les cheveux et quelques compliments et sourires de la part de ses parents. Mais une fois que son droit aux sorties scolaires fut sécurisé et que la discussion s'orienta sur des banalités plus adultes, où ses défauts étaient pointés du doigt, elle dissipa tout semblant de maturité qu'elle eut pu laissé paraître avant de filer attendre son frère à la cuisine.

Ce qui tombait bien car la conversation prenait une tournure autrement plus personnelle. S'il n'était pas plaisant pour les Demington de percevoir le jugement sous-jacent que leur portait une jeune femme qui aurait pu être leur fille, le couple fut encore une fois rassuré de savoir qu'ils n'avaient pas été les seuls à se trouver désarmés devant la mutation. Cela leur avait pris du temps, oui. Mais ils avaient finalement fait le pas pour venir vers leurs enfants. On les avait déjà félicité de cette initiative, on leur avait dit qu'elle n'était pas commune chez les parents de mutants. Ces derniers étaient bien souvent orphelins de la pire des façons : le rejet. Cependant, ils n'avaient pris jusque là ces mots que comme un encouragement à continuer, une assurance que c'était la bonne chose à faire. Ce que disait Erika leur rappelait que leur geste, même s'il était encore laborieux, signifiait beaucoup pour leurs enfants et pour la famille au complet, peut-être même plus qu'aucun de ses membres ne pourrait l'admettre.

"_C'est très difficile de regarder son enfant devenir de moins en moins humain à mesure qu'il grandit. avoua Sally, qui préférait maintenant contempler le mur derrière Erika plutôt que son interlocutrice. C'est une réalité que nous avons préféré fuir... Le changement, son corps, son apparence.
"_On nous a dit que les mutations se manifestaient normalement de façon plus soudaine et brutale... Mais pas lui... Et ils ne savent pas pourquoi.
_D'après le professeur Xavier, il y a encore beaucoup de choses qu'on ne sait pas sur ces mutations... Les fuir n'aidera pas c'est certain. Et la façon dont nous avons blessé notre fils... Il faudra du temps pour réparer ça."

Par "réparer", Sally ne parlait pas seulement de la place de Scum au sein de la famille, mais aussi de la vie qu'il menait et qui était -même objectivement- misérable. Une autre interrogation subsistait donc pour la mère, dont les instincts maternels la dirigeaient à nouveau vers son fils. S'il connaissait l'Institut et y avait placé Melissa parce qu'il pensait que c'était le meilleur endroit pour elle, pourquoi ne s'y était-il pas lui-même réfugié ? Il ne pouvait rien exister qui puisse raisonnablement le retenir. Mais Erika s'attacha à lui démontrer qu'en fait, si, dans une certaine mesure. Scum avait trouvé des amis dans les souterrains de la ville, d'autres mutants qui partageaient sa misère. Ensemble ils se serraient les coudes, formant une sorte de famille. Si les parents étaient bien sûr heureux que leur fils ait trouvé une communauté à laquelle s'accrocher, il était accablant pour eux de constater que même une bande de parias dans les égouts de la ville constituaient à ses yeux une meilleure famille que la sienne, biologique.

"_Ça ne nous aide pas à rattraper nos manquements en tant que parents... soupira Harry Demington. Mais il a l'air d'avoir fait sa vie, malgré tout. C'est tout ce qu'on peut lui souhaiter.
_C'est tout ce qu'on peut lui souhaiter, répéta sa femme avant d'ajouter : Même si l'on aimerait mieux... Le Professeur Xavier dit qu'il milite beaucoup pour l'acceptation des mutants au sein de la société, même si celle-ci n'est pas vraiment prête. J'espère que cela permettra à mon fils de sortir au grand jour.
_Ça, ça risque de prendre du temps." affirma Harry, plus réaliste.

Eux qui étaient restés si longtemps du côté de cette société qui n'était pas prête, les Demington savaient d'autant plus qu'il n'était pas facile de s'ouvrir aux mutations. Ces dernières pouvaient vous faire fuir un fils, alors imaginez ce qu'elle pouvait faire à un monde déjà divisé de biens d'autres façons.

Finalement, l'arrivée de Scum coupa court à ces considérations bien pessimistes. Il venait à peine d'arriver que déjà lui et sa sœur chahutaient et abîmaient la maison. Si la venue du mutant reptilien réjouissait Melissa -d'autant plus qu'il lui apportait une pizza- elle jeta un froid dans l'appartement. Heureusement, la présence d'Erika était plus chaleureuse pour l'écailleux, qui -tout en distribuant ses pizzas- engagea avec elle la discussion bien plus naturellement qu'avec ses parents ensuite.

"_On fait aller, comme d'habitude, dit-il à la jeune femme. Calmement... Secrètement... Hrrm... J'ai payé ces pizzas au fait, ajouta-t-il plus pour ses parents que pour son amie qui s'éclipsait. Je ne voulais pas venir ici avec une commande volée.
_Oh... C'est un effort appréciable, lui répondit sa mère, qui consultait maintenant son mari du regard pour l'aider à garder la discussion sur de bons rails. Ça n'a pas du être facile... De réunir l'argent et...
_...Et tu as pu venir ici sans problème ? l'interrompit Harry, reprenant les rênes de la conservation avant qu'elle bascule dans le fossé de l'indiscrétion. Si tu as une idée, ta mère et moi pouvons toujours essayer de te faciliter le trajet.
_Et ben..." commença Scum, qui hésitait à leur dire que ce serait un gros plus de faire en sorte que la caméra qu'il venait de casser ne soit jamais réparée.

Tout en discutant, la famille préférait porter une attention distraite à la table basse à laquelle Melissa s'était installée. Puisque tout le monde avait encore un carton de pizza en main, le meuble et la fillette furent déplacés d'un commun accord -non sans protestation de l'un des deux- afin que ceux qui le voudraient puissent s'asseoir sur le canapé et poser leur pizza sur la table. Si Harry prit une chaise pour laisser le canapé à sa femme et à son invitée, Scum et Melissa se contentèrent très bien du sol en lino pour profiter de leur repas.

Ce dernier justement était froid, ce qui déplaisait visiblement à Melissa. Erika se porta dès lors volontaire pour le lui réchauffer, et avec la bénédiction de la matrone des lieux, qui approuvait sa décision de ne pas ramener de vaisselle, elle partit en cuisines :

"_A Halloween, ce sera plus facile de venir, reprit Scum. J'ai pensé que ça aiderait d'avoir des morceaux de vrai costume. Je vous dirais dans quelle rue les poser.
_Très bonne idée, oui, admit Sally. Autant profiter de ce genre d'occasion. La nuit tombera plus tôt aussi. Tu pourrais venir dîner.
_Ce serait bien, oui." admit à son tour Scum, qui par cet accord, venait de placer la discussion dans une impasse. Pas malheureuse, mais une impasse tout de même.

Il commença à manger sa pizza, tout en portant son regard sur la cuisine.

Les parents commencèrent eux aussi à manger leur pizza, tout en regardant la cuisine.

Melissa regardait tous ces gens en train de manger, avec un air effronté. Elle devait encore attendre, elle.

Le ding du micro-onde sonna le retour de la cavalerie, alors qu'Erika revenait avec la pizza réchauffée qu'elle posa devant Melissa, sur son plateau de carton improvisé.

"_Voilà, annonça la jeune femme à sa protégée. Et si tu n’aimes pas ça, il reste toujours de la pizza froide.
_Merci ! s'exclama la petite avant de souffler sur son plat encore chaud.
_Je ne pense pas que tu vas aimer la pizza réchauffée, dit alors Scum qui s'y connaissait en la matière. Personne n'aime la pizza réchauffée. C'est pour ça qu'on la préfère froide.
_Moi je te parie que si." rétorqua la fillette avant de croquer dans sa part.

Mâchonnant pensivement, la fillette eut tout de même une petite moue avant de déclarer :

"_Je crois que froid c'était mieux.
_Ha ! Je te l'avais dis ! s'exclama Scum, en pointant un index vainqueur sur sa petite sœur.
_Est-ce qu'on peut la refroidir ? Tu la veux ? tenta la fillette en poussant le carton vers son frère.
_Ha non. Moi j'ai dis que personne n'aimait ça. Donc moi non plus.
_Tant pis, je la mets de côté alors...
_Ha non, Melissa, objecta la mère de famille. Hally a pris la peine de trouver ta pizza favorite, alors fais au moins l'effort de finir ton assiette.
_C'est plus ma pizza favorite maintenant. En plus c'est même pas une vraie assiette que j'ai ! protesta la fillette.
_Mange simplement ta pizza, Melissa... intervint Harry. De toute façon, je crois qu'elle est trop grande pour que tu la finisses, alors mange ce que tu peux."

Cela semblait raisonnable à la pauvre petite, opprimée de tous, qui recommença à manger, en marmonnant tout de même un "C'est tout de la faute à Riri". Cette dernière, peut-être par esprit de vengeance, ou pour tuer dans l’œuf le silence qui s'installait, lui demanda de prendre la parole.

"_Mélissa, pourquoi ne dis-tu pas à tes parents et à ton frère ce que j’ai t’ai appris au restaurant, l’autre jour ?
_Ok mais cheulement chi je peux parler la bouche pleine, répondit l’intéressée, la bouche pleine.
_Finis ta bouche, Melissa." dit simplement Sally, trop désabusée pour donner une quelconque intonation à sa voix.

Un court silence suivit, le temps que la petite s'exécute avant de lever la tête. Fixant tout le monde d'un air extrêmement sérieux, elle annonça avec un accent anglais très forcé pour une langue qui n'en était pas :

"Omelette du fromage."

Un autre court silence suivit, durant lequel Melissa guettait la réaction de ceux qui essayaient de comprendre ses mots. Elle venait de tous les épater, c'était sûr !

"_Oh et bien, c'est un bon début ma chérie, dit sa mère. Même si on dit normalement 'Omelette au fromage'.
_J'ai rien compris... fit noter Scum.
_C'est parce que t'es trop bête, lui répliqua Melissa, du tac au tac, avant de mordre dans sa pizza.
_Je n'ai pas compris non plus, objecta son père, dans le plus grand des calmes.
_Ohlalala mais les garçons sont vraiment tous trop bêtes ! On devrait vous laisser devant la télévision et discuter entre filles !"

L'effronterie de la fillette fit sourire ses parents. Si elle restait comme ça en grandissant, ils n'auraient jamais à se soucier de ses petits amis. Scum, lui, se demandait encore ce que "Hamlet from age" venait faire là dedans, et que pouvait bien avoir cette phrase mal construite de si exceptionnel ?

"_Vous parlez d'Hamlet, c'est ça ?
_Tu connais Shakespeare ? s'étonna son père.
_Non, je parle d'Hamlet.
_Oui... Hamlet. From Shakespeare.
_No, Hamlet from age.
_...What ?"

Laissant les deux hommes à leur quiproquo, Sally se tourna vers Erika pour lui demander finalement de parler un peu d'elle :

"_Au moins vous n'avez pas commencé par lui apprendre les gros mots, dit-elle, provoquant un petit rire de la part de Melissa, qui mordit d'autant plus dans sa pizza. D'ailleurs, dans quelle matière pensiez vous enseigner ?
_Je crois qu'elle veut apprendre le français justement, s'immisça la fillette. Même qu'elle est déjà allée en France !
_Oh c'est vrai ? Ma grand mère vient de là bas. Elle est venue vivre ici quand ma mère était encore toute jeune. J'aimerais avoir l'occasion de visiter le pays un jour."

De son côté, le père de Scum réussit à faire comprendre à ce dernier que Hamlet était un personnage fictif dont l'histoire avait été écrite par un homme, réel cette fois, du nom de William Shakespeare. Mais le quiproquo ne se démêla réellement que lorsqu'il fit comprendre à son fils que ce qu'avait dit Melissa n'avait rien à voir avec cette histoire. Du moins peut-être. Il ne pouvait pas vraiment être sûr.
Pouvant dès lors tourner son attention sur ce que disait Erika, Scum décida d'y aller de sa propre contribution.

"_Au fait, Erika ! Félicitations pour ton mariage. Tu penses qu'il aura lieu bientôt ? Je devrais peut-être trouver un costume, non ?
_Je ne suis pas sûr que l'on puisse en trouver un à ta taille... Mais le bandeau que tu as autour des yeux d'habitude, on peut peut-être en faire un nœud papillon.
_A moi il me faut une robe de princesse !
_Ça se passera à l'Institut, je suppose ? Vous connaissez des prêtres... Hm... Mutants ? Si vous voulez mon conseil, n'investissez pas trop dans des décorations extérieures. Personne ne les remarquera, et il y a plus de chance que quelqu'un les bouscule. Ça ne vaut pas vraiment l'effort, ni l'argent.
_Et préparez vos voeux avant la cérémonie, ça peut vous éviter l'embarras de devoir les improviser devant l'autel." renchérit Harry, amusé de voir que sa remarque sonna dans l'esprit de sa femme qui rougit et lui renvoya un regard amoureusement assassin.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Jeu 10 Sep 2015 - 0:06

On pouvait croire que la vie à l’institut était loin d’être simple car il s’agissait d’une école pour surdoués, mais ce n’était pas le cas. Les élèves ont toujours été très bien encadrés et aidés peu importe les difficultés qu’ils devaient supporter, que ce soit en lien avec leurs études ou leur don. N’importe quel étudiant pouvait suivre son cursus scolaire à son rythme et il en était de même pour Mélissa, qui était de bien des années plus jeunes que la majorité des étudiants. Mais ça, Erïka évitait de le préciser à la gamine, qui pourrait alors en profiter pour se relâcher quant à ses devoirs. Déjà, elle avait encore du travail à faire dans certaines matières.

-« Et donc en plus d'un cursus normal, elle devra apprendre à maîtriser son... Pouvoir. » Conclut Sally.
-« D'autant plus que le sien est dangereux. On ne choisit vraiment pas ces choses-là, mais vous pensez qu'il y a des chances pour qu'un jour une facette plus... Plaisante de sa mutation voie le jour ? »
-« Tout est possible. Honnêtement, j’ai connu que très peu de personnes dont la mutation était perçue de façon positive lors de ses premières manifestations. Je suis certaine qu’en grandissant, Mélissa acceptera son don comme une part d’elle-même et qu’elle y trouvera de bons côtés, peu importe de la façon dont il se développe. Enfin, j’essaie de faire en sorte qu’elle voit les choses de cette perspective plutôt que de la laisser craindre ses capacités. Ensuite, il faut simplement espérer pour la suite. Il est quasiment impossible de savoir comment une mutation se développera au fil du temps. »

Bien sûr, Mélissa ne se gêna pas pour venir se mêler à la suite de la conversation afin de tenter de prouver à nouveau à quel point elle était une sage petite fille.

-« Les professeurs disent que le calme c'est la clé pour maîtriser son pouvoir. Ils disent aussi que c'est pas le pouvoir qui est beau ou moche, c'est ce qu'on en fait. Vous voyez que je suis sage. »
-« C’est pour ça que tu dis toujours que le mien est moche, humm ? C’est parce que je devine toujours quand tu fais des bêtises ? »

Avec l’arrivée de Scum, il y avait maintenant une autre personne à surveiller afin de prévenir les bêtises. Déjà, ce n’était pas très facile pour lui de rendre visite chez ses parents sans être aperçu par qui que ce soit. C’était certain qu’il finirait par briser un truc ou un autre au passage. Mais Erïka était prête à aider son ami et lui faciliter la vie autant que possible. Elle avait largement les moyens de fournir tout ce dont la famille Demigton avait besoin pour se réunir entre eux régulièrement. C’est donc avec de très bonne attention qu’Erïka vint au secours de Scum qui ne savait pas quoi dire à ses parents.

-« Et ben... »
-« Si tu veux, je peux t’arranger un transport sécurisé et en toute discrétion pour tes prochaines visites. Tu n’as qu’à passer un coup de fil ou demander à Alexïs et on te fournira même la pizza. »

Pendant ce temps, la jeune femme alla réchauffer la pizza de Mélissa, qui se plaignait d’être trop froide. Lorsqu’elle revint, elle eut droit à des reproches sur le sujet de la part de la petite fille. Cette dernière venait de réaliser qu’elle n’aimait pas la pizza réchauffée. En fait, personne n’aimait ça. Elle devait donc prendre sur elle et la manger toute seule. Personne n’allait l’aider face à cette situation. Donc, pour lui faire oublier son repas, Erïka lui proposa de dire à ses parents ce qu’elle avait appris l’autre jour. La petite avait été capable de dire « Bonjour » et quelques petites phrases de ce genre, malgré un accent coupé au couteau. Visiblement, tout ce qu’elle avait retenu était le nom du repas qu’elle avait commandé ce matin-là. C’était déjà ça. Par contre, Scum se mêla rapidement de la conversation, confondant « omelette » et « Hamlet » ce qui menait à un quiproquo amusant, mais aussi désespérant.

Erika ne savait comment réagir face à l’ignorance de son ami. Bien sûr, elle ne pouvait lui en vouloir de ne pas avoir eu le même type d'éducation qu'elle. Par contre, elle ne pensait pas que son ami pouvait toujours atteindre de nouveaux sommets question manque de culture. Elle se devait de lui donner un peu de ressources pour qu’il puisse du moins parer à son manque de culture générale. Découragé, Erika était à deux doigts de s’estamper la main au visage. Elle se contenta de soupirer alors qu'Harry tentait vainement d'expliquer qui était Shakespeare à son fils.


-« You fucking kidding me? » Murmura-t-elle pour elle-même. « Next time I come to visit you, I’ll bring you some reading. »

Par contre, Erïka devait faire attention aux injures, qu’elle prononçait un peu trop souvent. Elle tentait de ne pas le faire en présence d’enfants, ou du moins de Mélissa, ce qui n’était pas toujours facile. Sally pouvait se rassurer sur une chose : si sa fille apprenait de gros mots, ce n’était pas volontairement la faute d’Erïka. De toute façon, la petite avait beaucoup à gagner en ne reproduisant pas le comportement de son ainée.

Afin de démontrer à Sally ses connaissances de la langue française, elle lui sortit quelques paroles avec un accent légèrement prononcé. Elle devait encore travailler dessus. Avant tout, elle s’adressa à Mélissa qui parlait bien plus qu’elle ne mangeait.

-« You should keep eating your pizza unless you want it cold again. » Elle ébouriffa la chevelure de Mélissa avant de porter son attention sur la mère de cette dernière. « Paris est une ville magnifique. J’ai vécu à Londres pendant un an et j’ai eu l’occasion de voyager très souvent dans la ville lumière. » Elle reprit en anglais pour ses autres interlocuteurs. « French is one of the class I’m supposed to teach when I’ll graduate. I currently speak eight different languages. I also studied in the London School of Economics. I have a master degree in economy and business management and another one in psychology. So maybe I could help Melissa with her homeworks. She has a lot to do to get better in maths. Isn’t it ? » Demanda-t-elle à la principale intéressée.

La jeune femme n'avait même pas pris la peine de demander à son interlocutrice si elle savait parler français. Par contre elle ne se gêna pas pour faire comprendre à Mélissa qu'elle avait encore beaucoup à apprendre. Cette dernière n’avait peut-être pas retenu les salutations et formules de politesse de base de la langue française mais elle savait comment commander une omelette au restaurant.

Puis vint le sujet du mariage. Erika se retrouvait soudainement dans sa famille à écouter chacun tenter de mettre son grain de sel en jetant des propositions ici et là.  La jeune femme avait assez de sa sœur qui n'avait de cesse que de la conseiller sur quel genre de robe les demoiselles d’honneur devaient porter – en étant une elle ne pouvait s'empêcher de vouloir un vêtement de son goût – et de venir parfois discuter les choix de sa petite soeur. Par contre, si Erïka oubliait les quelques commentaires de Scum et Mélissa elle pouvait profiter du vécu de leurs parents, qui eux avaient beaucoup de bons conseils à donner. S’il y avait bien un truc que la jeune femme devait retenir était l'écriture des vœux. Ce serait bien son genre de se retrouver à imaginer ce qu'elle devait dire à la dernière minute.

Une fois que tout le monde se tut afin de lui laisser l’occasion de parler, la jeune femme expliqua comment elle voyait le mariage et son déroulement. Si on oubliait certains détails, Erïka voulait que tout soit simple et festif, rien de plus.

-« Ça, je note ! » affirma-t-elle, amusée. « Okay… Alors pour la date, ça sera en décembre, c’est tout ce dont je suis certaine. On va faire ça à l’institut, c’est là que Robert et moi nous sommes rencontrés pour la première fois. On aura la grande cour pour nous et il va créer un énorme château de glace pour la cérémonie. Il sera quasi indestructible alors aucune chance que quelqu’un arrive à démolir quoi que ce soit par accident. Le reste de la soirée se passera à l’intérieur du manoir, je te rassure. » Ajouta-t-elle à l’adresse de Scum. « Je vais m’occuper de ta tenue, d’ailleurs. Je pensais à un nœud papillon et à un gros manteau noir pour te garder bien au chaud. On fait tout faire sur mesure, de toute façon. J’ai une amie qui a ouvert sa boutique de vêtements en ville il y a moins d’un mois et ce qu’elle fait est magnifique. Elle a donc pour contrat de faire ma robe de mariée, les costumes, les robes de demoiselles d’honneur et oui, Mélissa, ta robe de princesse aussi. Et tu te souviens de ce que Nora t’as promis si tu as de meilleures notes en classe ? »

La petite avait réussi à faire tomber les sœurs Davidoff sous le charme, ce qui était tout à son avantage. Devenue la petite protégées des deux femmes, elle était couverte de cadeaux, de vêtements, de tout ce dont une petite fille pouvait rêver. Bien sûr, avec Erïka il y avait toujours certaines conditions. Elle voulait faire comprendre à Melissa qu’elle devait mériter ce qu’elle lui offrait. La jeune femme reprit la parole afin de répondre aux dernières questions qu’on lui avait posées.

-« Le professeur Xavier tiendra le rôle du prêtre. Robert et moi ne sommes pas très portés sur la religion. De toute façon le mariage sera officialisé par papier d’ici la fin du mois de novembre. On est en train de tout finaliser avec mes avocats. On aurait très bien pu se passer de la cérémonie si on aurait voulu, mais on a décidé qu’on voulait fêter ça avec nos proches. Actuellement on hésite surtout sur la destination pour notre lune de miel. On pensait faire le tour de l’Europe, mais on n’a pas déterminé les destinations. Tout ce dont on est sûrs pour l’instant est qu’on va rentrer en Russie, chez mon père, pour le temps des fêtes. On avait même parlé de Disney World à un moment. »

Le silence retomba dans la pièce. Erïka en profita pour prendre une pointe de pizza qu’elle mangea sans un mot de plus. C’était bien meilleur froid que réchauffé. Par contre, comme dans toutes conversation avec des gens qu’on venait de rencontrer, les silences pouvaient bien souvent se révéler ennuyeux, voir même créer un malaise. C’est pourquoi la jeune femme reprit la parole.

-« Hey, dis, Alexïs t’as fait voir le dernier Teenage Mutant Ninja Turtle ? Il est horrible ce film. » Demanda-t-elle à Scum.

Attrapant une serviette de table posée devant elle, Erïka la tendit à Melissa afin que cette dernière n’essuie pas ses mains sales sur sa robe toute neuve. Au moins, tant qu’il y avait quelque chose à dire, cela pouvait éviter les silences indésirables. D’ailleurs, pour ne pas délaisser les parents, Erïka décida de leur faire la conversation également.


-« Et sinon… qu’est-ce que vous faites dans la vie ? »  
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Mar 15 Sep 2015 - 4:44

Erika rassurait les parents du mieux qu'elle pouvait, mais les mutants en savaient eux-mêmes si peu à leur prorpe sujet qu'il était difficile de pronostiquer quoique ce soit. Il fallait attendre et espérer, mais prévoir l'imprévisible n'était pas vraiment une des grandes aptitudes des Demington. Melissa, voulant y aller de sa note positive, saisit l'occasion de prouver qu'elle était une enfant sage. Mais Erika n'était pas forcément de cet avis et tint à discréditer la fillette :

"_C’est pour ça que tu dis toujours que le mien est moche, humm ? C’est parce que je devine toujours quand tu fais des bêtises ?
_Ouais, parce que t'es rien qu'une cafardeuse, rétorqua la petite, brisant toute illusion.
_Si tu ne faisais pas de bêtise, tu le trouverais peut-être sympathique.
_J'en fais pas des bêtises, mentit la petite. C'est toujours la faute de Spike de toute façon." ajouta-t-elle ensuite, grossissant encore le mensonge avant de tirer la langue à Erika.

L'accusation ne parvint heureusement pas aux oreilles de Scum, qui n'aurait pas manqué de s'en défendre. Le mutant reptilien, qui était attendu depuis maintenant une bonne dizaine de minutes, arriva finalement lorsque ses parents en étaient aux confessions à son sujet. Aussi, sitôt qu'il devint une part de la conversation, celles qui tournaient autour de lui prirent fin. La famille l'accueillit aussi chaleureusement que l'on peut accueillir dans son salon un être à moitié animal sorti des égouts. La discussion s'engagea alors sur des banalités, qui n'étaient pas si banales pour Scum. En outre, la famille réfléchissait à la façon dont elle pouvait faciliter les trajets de son fils à la maison, lui qui devait rester discret et étaient donc soumis à de grandes restrictions.

"_Si tu veux, je peux t’arranger un transport sécurisé et en toute discrétion pour tes prochaines visites. Tu n’as qu’à passer un coup de fil ou demander à Alexïs et on te fournira même la pizza. proposa Erika.
_Ce serait peut être un peu trop facile d'avoir la pizza et un véhicule, surtout que je ne sais pas conduire, dit Scum. Mais c'est vrai que si je pouvais avoir mes pizzas sans..."

Renverser des scooters, tendre des pièges aux livreurs, les agresser ? Comment pouvait-il dire cela devant ses parents et sa jeune sœur ?

"...sans devoir me débrouiller, ce serait bien."

Les parents de Scum approuvèrent de la tête. "Si ça ne dérange pas bien sûr" se sentirent-ils obligés de préciser. Et tandis qu'ils réfléchissaient à d'autres solutions, Erika partit pour la cuisine afin de réchauffer la pizza que Melissa jugeait trop froide. La fillette ne savait pas encore qu'une pizza réchauffée était encore moins bonne, mais ne tarda pas à le découvrir, et à s'en plaindre. Elle ne pouvait cependant plus faire machine arrière maintenant, et ne pouvait pas non plus laisser tomber la pizza, au risque de se faire réprimander. Pour éviter tout dérapage, Erika demanda à sa protégée de répéter ce qu'elle lui avait appris dans une langue étrangère. Ainsi Melissa eut-elle l'occasion de faire valoir les deux sous de français qu'elle avait assimilé durant une sortie au restaurant.

La performance, pas si désastreuse, provoqua une interrogation de Scum qui avait compris de travers, et mêla à la discussion sa culture approximative des choses. Son père dut démêler le malentendu et Erika, trop désabusée par le manque de connaissances de son ami, déclara qu'elle lui apporterait des livres durant ses prochaines visites.

"_Vous pourriez lui apporter ceux qu'il lisait ici quand il était plus jeune. Je veux dire... Nous pourrions les lui donner, mais ils pourraient aussi être utiles à Melissa.
_Oh non pas la peine, offrez moi plutôt une tablette. On peut tout lire sur internet maintenant."
_Je pense que ce sera hors de question pour le moment.
_Urrrrrh !"

La mère de Melissa eut pour sa part une réaction plus enthousiaste, car le sujet éveillait en elle une certaine fierté. La fierté de quelqu'un qui a quelque chose à dire sur le sujet, car sa famille s'y était un jour trouvée impliquée. Elle trouva donc un intérêt renouvelé à discuter avec Erika. Cette dernière lui fit ainsi la démonstration de ses propres connaissances de la langue française. Sally eut un peu de mal à suivre, elle-même se trouvant légèrement rouillée dans la discipline.

"La ville lumière... Yes, City of Light, of course." dit-elle plus pour elle-même que pour son interlocutrice.

Mais les compétences de cette dernière ne s'arrêtaient pas là. En plus de maîtriser huit langues différentes, la jeune femme disposait de deux diplômes d'études supérieures, en économie et en psychologie. Tout compte fait, l'appellation "surdoués" de l'Institut n'était peut être pas qu'une façon de dissimuler le mot mutant. Tout ça pour dire que cela faisait d'Erika une personne très bien placée pour aider Melissa dans ses devoirs, surtout lorsqu'elle rencontrait des difficultés pour certaines matières. Comme les maths par exemple. Mais déjà à son âge la fillette considérait les mathématiques comme un poison. Littéralement en fait.

"_Je connais Breaking Bad, tu sais. Il faut pas faire de math.
_Tu risques d'en avoir besoin plus vite que tu le penses, la prévint cependant son père.
_Et puis plus tu en sauras plus tu pourras faire ce que tu veux une fois adulte.
_Et si je veux être riche ?
_Tu ne pourras pas être riche si tu ne sais pas compter ton argent.
_Ha oui...
_Par contre si tu connais Breaking Bad, il faudra que l'on tienne un autre genre de discussion. Quand tu seras plus grande..."

Un jour les parents de Melissa devraient tenir pour elle le discours visant à l'éloigner de la drogue, de l'alcool et de toutes les autres choses qui rendent la vie amusante, quand on sait les consommer. Un discours qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de travailler avec Scum, pour des raisons évidentes. Mais pour l'heure, Erika et son mariage étaient devenus le centre de la discussion. Chacun y allait de son interrogation et Sally et Harry purent partager leur propre expérience avec la jeune femme, afin de lui donner quelques conseils non pas en matière d'esthétique -ça ne les regardait pas- mais de pratique. La future mariée en prit note, avant de développer un peu plus le déroulement de l’évènement. Grande adoratrice de l'hiver, Erika voulait que son mariage ait lieu en décembre, à l'Institut. Dans la cour. Dans un château de glace.
Scum se demanda alors si elle voulait le faire mourir de froid, ou si elle souhaitait simplement le frigorifier au point qu'il soit incapable de bouger, et donc de faire des bêtises. Mais la jeune femme le rassura quant au fait que le reste de la soirée se passerait au chaud, à l'intérieur du manoir. Ce qui était bien mieux selon lui. Il devrait cependant trouver plus qu'un nœud papillon pour se tenir chaud.
Fort heureusement, Erika avait une amie couturière disposant d'une boutique en ville et qui pourrait lui faire un manteau sur mesure, assez chaud pour l'hiver, mais aussi une robe pour Melissa. D'ailleurs une surprise était supposée attendre la fillette si son bulletin de notes le méritait. Et celle-ci fut tout excitée de comprendre de quoi il s'agissait.

"_Aaaaah ! Ma couronne ! La couronne de Vanellope qui va avec la vraie robe de Vanellope ! Pour de vrai ?! La robe avec des vrais bonbons dessus ! s'écriait la petite en faisant de grands gestes.
_Comment elle va faire ton amie pour prendre mes mesures ?
_Il me faudra les volants pouff-pouff qui prennent toute la place ! Et la baguette sucette !
_On peut les prendre à l'institut peut-être, si elle vit là-bas, non ?
_Calme toi ma puce, calme toi... dit Sally, cherchant à tempérer l'enthousiasme de sa fille qui tapait des mains sur la table basse. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de coller de vrais bonbons sur ta robe. Si tu ne les mange pas tous, alors quelqu'un d'autre le fera.
_Hmf... Quelqu'un d'autre ouais..." répéta la petite en lançant un regard suspicieux à son frère, qui mangeait sa pizza sans rien demander à personne d'autre qu'Erika.

D'autres détails furent couverts ensuite par la jeune femme. Le professeur Xavier devait tenir lieu de prêtre, ce qui semblait naturel pour cet homme qui prêchait plus que tout de bonnes paroles. D'un point de vue administratif, le contrat et les papiers officialisant le mariage aux yeux de la loi étaient en cours d'écriture, mais les futurs époux tenaient tout de même à organiser une cérémonie pour fêter l'évènement avec leurs proches. Et Sally était bien d'accord avec ça.

"Bien sûr, un mariage ne doit pas se réduire à un bout de papier. C'est auprès des proches qu'il faut l'officialiser avant tout."

Au final, la seule incertitude pour Erika et son fiancé, c'était la destination de leur lune de miel. L'Europe et la Russie étaient au programme, mais un lieu plus proche avait été envisagé. A tout hasard, le grand parc Disney World.

"DISNEY WORLD ?! explosa alors Melissa. Tu vas aller à Disney World ?! Mais je veux y aller aussi ! Aller à Didney Wooooorrl ! Papa maman, il faut que j'aille à Disney World ! Y a tout à Disney World ! C'est Disney Wooorld ! Y a des animaux et des princesses et des effets spéciaux et Pfffft ! Bam bam bam ! Snow Stormers ! Tower of Terror ! SPACE MOUTNTAIN ! PIRATE ADVENTURE !"

Toute folle, la fillette piétinait le lino et lorsque cela ne suffit plus à évacuer son excitation, se mit à courir à droite et à gauche, le tout en mimant les attractions à grands gestes et sous les gros yeux de ses parents. "On ne réclame pas comme ça Melissa", essayaient-ils de dire. "Tu n'as pas l'âge pour Space Mountain, je crois." Mais la petite s'en fichait car elle voulait aller à Disney World !

Pour le moment épargnée par la tourmente capricieuse, Erika voulut tourner Scum vers un sujet qui lui était plus familier. La jeune femme savait que son frère jumeaux et l'écailleux aimaient regarder des films ensembles. En particulier des longs métrages d'animation qui les submergeaient d'émotions. Cette fois elle lui demandait ce qu'il avait pensé du dernier film des Tortues ninjas, les héros qui avaient été ceux de son enfance, mais aussi des modèles à suivre pour sa vie dans les égouts.

"_Et ben... commença Scum. C'est vraiment très différent de ce que j'ai connu... Ils ont essayé de les rendre très réalistes je crois. C'est toujours pour les enfants ?
_A Disney World y a des dinosaures ! Des dinosaures, Spike ! Dinosaaaaure !"

Dans le but certain de rallier son frère à sa cause, Melissa lui présentait ce qu'elle pensait être un argument choc. Mais le mutant reptilien semblait prendre le sujet de sa discussion assez au sérieux pour ne pas broncher sous l'excitation de sa soeur, qui commença à littéralement lui grimper dessus, jusqu'à pouvoir lui taper sur la tête en criant "Dinosaure ! Dinosaure !"

"_...Il y a beaucoup d'explosions et de vitesse, c'est difficile à suivre. Et April n'est pas rousse... C'était pas les Tortues Ninja que j'ai connues en fait. Ils ont voulu les adapter au nouveau public peut-être."

Moins patients que leur fils, les parents vinrent finalement à la rescousse de Scum pour décrocher la fillette qui s'agrippait à lui. L'emportant dans le canapé avec eux, ils s'attachaient maintenant à lui expliquer pourquoi elle ne pouvait pas s'immiscer dans la lune de miel d'Erika et ne pourrait donc pas aller à Disney World tout de suite. Aussi, son frère était visiblement en pleine discussion et ce n'était pas poli de le déranger ainsi. Ce dernier, surveillant du coin du regard sa sœur qui se faisait réprimander, reprit sa critique.

"_Mais tu sais, ça me rappelle un peu le film qu'ils avaient fait quand j'étais tout jeune, euh... Les années 90 il me semble. C'était aussi des héros qui s'amusent dans un monde très violent. Maintenant je crois que les effets spéciaux sont plus faciles donc ils en mettent vraiment beaucoup ! Par contre, la façon dont ils ont fait les tortues... Hrm c'est vraiment bizarre, très complexe, Alexis m'a expliqué qu'il y avait des références aux samourais qu'on n'avait pas avant. Je crois pas qu'ils cherchaient à faire quelque chose qui puisse plaire aux enfants. Mais je ne sais pas trop à qui c'était destiné alors. Parce que les adultes, ils aiment les Tortues Ninjas comme elles étaient avant, je pense. C'est du moins ce que moi et Alexis on s'est dit. Peut être pour les adolescents qui aiment les trucs cools et qui explosent et qui étaient trop jeunes pour les Tortues Ninja qu'on a connu ?"

Le temps de cette analyse, le sermon de Melissa s'était déjà terminé. La fillette, sans doute vexée qu'on lui refuse son désir le plus cher -le plus cher pour l'instant- déclara qu'elle irait jouer dans sa chambre, mais avait en réalité un tout autre projet.
Scum était parvenu à attirer l'attention par la pertinence de ses paroles, et ses parents échangèrent même un regard amusé. Ils n'avaient pas soupçonnés ça de leur enfant, qui se montrait ainsi bien moins décalé, donc plus proche et plus... Humain sans doute. Il parlait comme un membre normal de la société, faisant part d'une opinion basée sur des références exactes et sans embrouillamini culturel.
Profitant que son frère époustouflait un peu son entourage grâce à un avis pour une fois éclairé, Melissa s'en partit fouiller dans les affaires d'Erika pour lui piquer son téléphone. Ce qu'elle allait faire était sans doute une bêtise, mais puisqu'on lui avait déjà retiré Disney World sans raison valable, elle n'avait rien à craindre de pire. Filant dans sa chambre avec l'objet de son larcin, la petite parcourut le répertoire d'Erika du doigt. Elle préparait sa farce.

"_Et sinon… qu’est-ce que vous faites dans la vie ? demanda Erika aux parents de Scum, une fois que le débat cinématographique fut clos.
_Oh et bien, il s'avère que je suis expert comptable à la NYSSCA, commença Harry. Je ne vais rien vous apprendre si je vous dis que mon travail consiste à faire en sorte que ce que la ville récolte de taxes et de budget soit suffisant pour payer ceux qui l'entretiennent et la gèrent, mais aussi pour financer ses projets.
_Les gens qui viennent changer des lampes et réparer des fuites dans les égouts sont des employés de la ville alors ?
_Par exemple, oui ! s'exclama Harry, heureux de voir que son fils comprenait une partie de son travail. D'ailleurs, il paraît qu'ils réclament des primes de risque, de temps en temps. Comme quoi les égouts ne sont pas sûrs, ou des choses comme ça...
_Hmhm, pas ma faute. Je les évite. C'est grâce à eux qu'on a des vannes qui tournent correctement pour avoir de l'eau propre et de la lumière dans les tunnels. Ce serait trop bête de les empêcher de travailler." dit l'écailleux, en hochant la tête.

Si les employés des égouts se plaignaient alors qu'il ne leur faisait rien, Scum n'osait pas imaginer ce que pouvaient dire les livreurs de pizza...

"_De mon côté, reprit Sally. Je suis manager dans une boutique des parfumeries Delphine. Qui se trouve dans le centre commercial de Columbus Circle. Ça veut dire que je suis la cheffe d'une petite boutique qui appartient à une grande marque, ajouta-t-elle pour Scum.
_Hmmm je comprends oui. affirma celui-ci.
_Et toi, Hally ? Si tu avais l'occasion d'avoir un métier, qu'est-ce que tu choisirais ?" demanda soudain Harry.

La question pouvait être surprenante, car les parents Demington avaient jusque là évité de parler de l'avenir de leur fils. Dans sa situation, celui-ci n'en avait pas vraiment de belles perspectives. Mais peut-être qu'au moins cela les rapprocherait de l'entendre confier ses désirs.

"Je pense que j'essayerais de tenir une pizzeria. Je sais les faire, mais on n'a pas le matériel en bas... Peut-être qu'un jour on pourrait essayer de construire un four ou quelque chose com.."


Mais le mutant reptilien dut s'interrompre lorsqu'un bruit de vibration remonta de ses entrailles le long de sa gorge. Le générique des Tortues Ninja ne tarda pas à suivre, s'échappant de sa gueule. Son téléphone sonnait ! La poitrine et la gueule agitées de spasmes alors qu'il s'efforçait, sous les yeux médusés de son entourage, de ne pas régurgiter l'appareil trop vite Scum baissa la tête sur le sol. Finalement le téléphone plein de salive s'écrasa avec un bruit mat au sol et l'écailleux s'en saisit. Ses parents étaient mi-dégoûtés, mi-confus. Quoique plutôt confus tout de même.
Le téléphone affichait le nom du contact qui avait lancé l'appel.

"Erika ?" demanda Scum, interloqué.

Mais un éclat de rire venu de la chambre de Melissa avait déjà vendu la véritable coupable.

"_Oh Melissa...
déplora sa mère.
_Hmf... Pourquoi est-ce que tu as un téléphone... Bah, ce n'est pas important. Si tu allais plutôt embêter ta sœur ?" proposa le père à son fils, avec un sourire qu'il voulait complice.

Hochant la tête, Scum annonça une attaque de câlins avant de courir à quatre pattes vers la chambre de Melissa, celle-ci se défendant aussitôt à coups de "Non ! Non ! Tu pues !" avant d'appeler sa mère à la rescousse.

"_Désolée ma chérie, mais tu l'as cherché ! répondit celle-ci.
_Traîtresse !
_Mais dites moi, reprit Harry pour Erika. Tous vos diplômes, ce ne sont pas des diplômes d'enseignant. Vous aviez d'autres projets avant de vouloir devenir professeur ?"

Le chahut des deux enfants non loin, la petite et le grand, ne faisait que rendre plus adulte encore la discussion dans laquelle Erika était plongée.
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Mer 16 Sep 2015 - 21:17

Avec l’argent, on pouvait avoir le monde à ses pieds. Certes, on ne pouvait pas acheter son propre bonheur, mais on pouvait contribuer à celui des autres. Erïka avait toujours su se contenter de peu. Elle n’avait pas besoin de cette fortune qu’elle possédait, à présent. Planifiant son futur financier, à elle mais également à son futur époux, Erïka comptait faire en sorte que d’ici quelques années elle ait mis suffisamment de côté pour le jour où elle décidera de tout laisser tomber et de déléguer ses responsabilités afin de devenir enseignante à temps plein, ou bien faire ce qu’elle voulait de sa vie. Elle comptait également économiser pour offrir le meilleur à ses futurs enfants – dans l’éventualité où elle en aurait. On ne sait jamais ce que la vie peut réserver.

Pour l’instant, avec tout cet argent qui reposait dans ses coffres, Erïka pouvait faire de grandes choses. Elle aidait les gens, à commencer par offrir le meilleur à ses employés. Ensuite, elle continuait de s’investir à sa façon dans les œuvres de charité lui tenant à cœur. Puis, elle faisait tout pour venir en aide à ses amis. Les choses n’avaient jamais changées sur ce point. C’était sa façon de procéder qui était différente. Toujours présente, la jeune femme pouvait maintenant se servir de sa réputation et de ses richesses pour ouvrir des portes à de nouvelles possibilités. C’est ainsi qu’elle pouvait assurer un transport sécurisé à Scum jusqu’à la maison de ses parents, une fois par mois, sans attirer l’attention de quiconque. Sa compagnie avait fait construire des véhicules blindés destinés à l’armée, principalement. Par contre, n’importe quelle excuse était bonne pour qu’elle puisse en emprunter un sans trop de mal. Après tout, elle était la patronne. Imaginant facilement comment elle pouvait s’occuper du cas de Scum, Erïka ne voyait pas de problème à lui rendre ce service. Bobby n’aura qu’à faire en sorte d’amener Mélissa chez ses parents à partir de l’institut et le tour sera joué.


-« Ce serait peut être un peu trop facile d'avoir la pizza et un véhicule, surtout que je ne sais pas conduire, dit Scum.Mais c'est vrai que si je pouvais avoir mes pizzas sans...sans devoir me débrouiller, ce serait bien. »
-« Ce que t’es bête ! On va s’occuper de te conduire, t’en fais pas. Comme je te dis, pose pas trop de questions, j’ai toutes les ressources qu’il faut pour ça. »

Pour l’instant, personne n’avait à s’en faire avec ce sujet. Erïka avait un bon mois pour tout planifié dans les moindres détails afin d’être certaine que tout ira bien. Il valait mieux penser à autre chose et profiter de l’instant présent. Mélissa et Scum avaient probablement beaucoup à dire à leurs parents. Déjà, la petite tentait tant bien que mal d’étaler ses connaissances. Dans son cas, ça fonctionnait mieux que son frère. Elle connaissait même la fameuse série Breaking Bad, s’en servait comme argument pour expliquer que faire des math était mal… oui, mais il était question de methamphetamine dans la série et non de mathématiques. Ce n’était donc pas une raison valable pour ne pas s’investir dans ses cours. Lorsqu’elle le fera, peut-être qu’une tablette numérique lui sera utile. Pour le moment, Erïka la voyait surtout s’amuser sur des jeux en tout genre plutôt que de travailler sérieusement. Heureusement, les parents de la petite étaient là pour lui expliquer les choses de la vie… ou d’attendre qu’elle puisse réellement les comprendre avant de s’épuiser à la tâche.

-« D’où tu connais Breaking Bad, toi ? Après tu crois qu’on va te laisser lire n’importe quoi sur Internet avec une tablette ? Tiens, ton frère a eu une bonne idée. On te fera compter l’argent de ta tirelire pour voir si tu as retenu quelque chose de tes cours de mathématique. C’est comme ça qu’il faut débuter si tu veux devenir riche. »

Encore une fois, la discussion se poursuivit sur un tout autre sujet : le mariage d’Erïka. Cette dernière ne savait pas si son fiancé avait eu l’occasion de recevoir de judicieux conseils, tout comme elle, mais elle comptait bien lui raconter cette discussion plus tard. De toute façon, il y avait de fortes chances que Mélissa vienne le tanner au sujet de sa robe de princesse. Le pauvre Bobby n’avait pas vraiment son mot à dire, ni même son implication dans le choix de vêtements. Erïka s’accordait elle-même avec ses demoiselles d’honneur pour les robes. Elle cachait à tous l’allure de sa future robe de mariée, question de garder la surprise. Quant aux hommes, ils se faisaient faire des costumes sur mesure. Le seul truc que Bobby avait à faire était de se rendre à la boutique de Sunny en compagnie de son beau-père et de son beau-frère afin qu’ils essaient leurs tenues une fois ces dernières prêtes.
Pour Scum, la situation n’allait pas être aussi simple. Erïka ne pouvait l’envoyer dans un petit commerce du centre-ville en espérant qu’il passe inaperçu. De peur qu’il ne brise quelque chose dans la boutique, elle préférait que les essayages et prises de mesures se fassent à l’institut. Il en était de même pour Mélissa.

-« On va faire ça à l’institut, t’en fait pas. »

Tout était imaginé dans sa tête. Tout ce qui restait était de choisir la destination pour leur lune de miel. Ça, c’était le travail de Bobby à travers toutes ces planifications. Bien sûr, peu importe les décisions, les deux avaient leur mot à dire, mais Erïka n’arrivait pas à se fixer de destination idéale tant il y avait d’endroits qu’elle souhaitait visité. Elle évoqua d’ailleurs la possibilité de passer quelques temps à Disney World, ce qui fit instantanément réagir Mélissa. Cette dernière se mit à piétiner, courir, grimper, s’exclamant qu’elle voulait s’y rendre également. Alors que ses parents essayaient de lui expliquer qu’elle ne pouvait y aller, Erïka regarda la scène en pouffant de rire. Elle ne pouvait s’en empêcher, c’était trop marrant de la voir ainsi s’emporter.

Afin de changer rapidement de sujet, Erïka décida de discuter un peu avec Scum. La dernière fois qu’ils avaient eu l’occasion d’échanger quelques mots remontait à longtemps. Habituellement Alexïs faisait le messager et donnait des nouvelles de l’un à l’autre.

Comme il n’y avait pas tant de sujets à aborder avec son ami et devant les parents de ce dernier, Erïka opta pour un sujet qu’il connaissait bien : les tortues ninjas. Elle-même fut étonnée de voir qu’il en avait autant à dire sur le sujet. De temps à autre, la jeune femme prenait le temps de s’immiscer dans l’analyse de son ami afin d’approuver ses dires.


-« ...Il y a beaucoup d'explosions et de vitesse, c'est difficile à suivre. Et April n'est pas rousse... C'était pas les Tortues Ninja que j'ai connues en fait. Ils ont voulu les adapter au nouveau public peut-être. »
-« Je crois qu’ils ont voulu essayer de garder le public qui regardait la série à l’époque en plus de l’adapter à un nouveau public. Crois-moi, les enfants de nos jours c’est plus ce que c’était… enfin, sauf pour elle, heureusement. »

Regardant Mélissa taper sur Scum avec un peu trop d’entrain, Erïka soupira, le sourire aux lèvres. Heureusement que ses parents étaient là pour l’emporter plus loin, sur le canapé, et lui expliquer pourquoi elle ne pouvait pas aller à Disney World avec Erïka. Pendant ce temps, cette dernière reprit sa conversation.

-« En fait, le mec qui a réalisé le film est pas doué pour toucher à des trucs connus de ce genre. Et la nana qui fait April je ne la supporte pas. Le problème avec les tortues est qu’ils ont voulu les humaniser plutôt que de leur laisser leur apparence animale d’origine, ce qui fait un gros mélange pas très esthétique. Maintenant avec les reboot de films et de séries, le but est de trouver un nouveau public la majorité du temps. Il y a toujours une question d’argent derrière tout ça, mais c’est une autre histoire. Hey, mais si t’as connu la vieille série aussi, tu dois avoir mon âge, non ? Je t’imagine à peine plus vieux que moi. »

L’âge de Scum faisait partie des questions qu’elle ne s’était jamais posée. Maintenant, elle se demandait s’il était âgé de la majorité, tout comme elle. Il fallait dire que son apparence et son manque d’éducation ne l’aidait pas à déterminer à quel point il était vieux. Il n’avait pas vraiment l’habitude de parler de lui, enfin, pas dans les détails.

Mélissa quitta finalement la pièce afin de se balader dans l’appartement. Pendant ce temps, Erïka en profita pour apprendre à connaitre Sally et Harry en leur demandant quel était leur métier. Ce dernier début, expliquant qu’il était expert-comptable. Il n’avait pas besoin d’en dire plus pour Erïka, mais il prit la peine de détailler davantage le but de son travail à son fils.


-« J’ai d’ailleurs entendu parler de ce projet pour réaménager un nouveau parc sur un vieux terrain vague de Brooklyn. Vous y êtes impliqué ? »

Après tout, la ville ne faisait pas que s’occuper des égouts. C’était l’une des choses importantes à superviser, mais il ne fallait pas oublier l’aménagement à la surface. Le fait de créer des parcs pouvait permettre à des centaines de jeunes de jouer à l’extérieur dans un environnement sécuritaire. De plus en plus ces terrains de jeux sont délaissés et les installations deviennent désuètes. Certains d’entre eux finissent par être rasés afin d’être remplacés par des espaces de stationnement ou bien des petits commerces, voir même des immeubles à appartements.

Ce fut autour de Sally de parler de son emploie. Elle avait un très bon poste dans une grande chaine de parfumerie. Luxueuse, très couteuse et conçue pour une clientèle très soucieuse de son apparence, voici la boutique favorite d’Eleonnora. C’était petit, mais la qualité y était.


-« Ah oui ? Ma sœur adore cette boutique. On passera vous voir un de ces jours. »

De toute façon, c’était inévitable. Elle allait devoir se trouver un nouveau parfum, rien que pour la journée de son mariage. Tout devait être parfait. Sa grande sœur allait la trainer dans tout le centre commercial et même lui trouver une garde-robe spéciale pour sa lune de miel. C’était l’avantage pour Erïka d’avoir une chambre à l’institut en plus de son appartement : plus de place pour ranger les trop nombreux morceaux de vêtements offerts par sa sœur.

À son tour, Scum raconta qu’il aurait aimé ouvrir sa petite pizzeria, gérer son commerce et être dans les cuisines. Cependant, avant qu’il puisse poursuivre, son téléphone sonna. Erïka pouvait facilement distinguer les vibrations parvenant de la gorge du lézard, sans parler de la sonnerie thème des Tortues Ninja résonnant à ses oreilles. Crachant de façon pas très élégante l’appareil, Scum découvrit qui était le mystérieux appelant.


-« Erika ? »
-« Quoi, j’ai rien… » Elle se pencha pour fouiller dans son sac à main, laissé ouvert. « Mélissa… t’as intérêt à pas briser mon Iphone ! »

Afin de se venger de la petite, Scum fut envoyer au front, sa mission était de la torturée à coup de câlin. Cela laisser le temps aux adultes de poursuivre une discussion entre eux. Ce fut au tour d’Harry de retourner la question à Erïka et ainsi lui demander quels étaient ses projets avant de devenir enseignante.

-« À la base je voulais enseigner les langues étrangères. J’ai toujours appris en autodidacte et je n’ai pratiquement suivit aucun cours pour arriver à mon niveau actuel dans chacune d’entre elles. Ensuite mon père a pensé que ce serait bien pour moi de suivre des classes d’économie et j’ai fini par choisir moi-même de poursuivre à l’université. Les cours suivis à l’institut m’ont permis de devancer certaines classes et de les faire créditer, ce qui a réduit considérablement le parcours qu’il me restait à compléter. Ma sœur est mannequin, mon frère étudie la médecine, alors il ne restait que moi pour assurer la succession de mon père à la tête de son entreprise. Il y a quelques mois j’ai pris le poste de Présidente Directrice Générale de la filiale américaine de la Special Military Industries for Technological Equipment.  Enfin, les S.M.I.T.E. Industries si vous préférez. La réalité est loin de ce qui est enseigné en classe. En prenant mon poste j’ai décidé de faire beaucoup de changement au sujet des conditions de travail des employés et ait fait l’implantation de services à l’interne pour offrir des formations spécialisés aux gens qui n’ont que peu d’éducation et, de ce fait, ont du mal à trouver un emploi dans un marché du travail de plus en plus exigeant au niveau académique. Question administration c’est un vrai bordel, mais on peut déjà voir les effets positifs. Les choses devraient se stabiliser d’ici le prochain trimestre. Déjà près de mille emplois ont été comblés, c’est mieux que ce à quoi je m’attendais. » Elle marqua une courte pause. « Désolé, je parle énormément. Plus qu’à mon habitude. »

Sauvée par la cloche ! Ou plutôt la sonnerie. Le téléphone d’Erïka – elle était certaine de l’avoir  mis sur le mode silencieux – vibrait et sonnait dans les mains de la petite Mélissa. Rien qu’à entendre la chanson « I Kissed a Girl », premier single de la chanson Katy Perry, la jeune femme savait exactement de qui il s’agissait.

-« Tu peux répondre, c’est Nora. »

Ainsi, Erïka évitait de parler à sa sœur aînée, qui devait avoir une nouvelle idée de génie concernant un truc ou un autre au sujet du mariage. La jeune femme n’était pas très intéressée à entendre ce qu’elle avait à dire, maintenant. Comme Eleonnora adorait parler au téléphone, Mélissa allait être occupée pour un petit moment. Cela permettait à Erïka de poursuivre sa conversation, toujours sur une note adulte.

-« Je sais que ce n’est pas le genre de chose qu’on propose à des parents que l’on rencontre pour la première fois, mais… si jamais vous acceptez, et si bien sûr Mélissa fait les efforts qu’il faut pour le mériter, ça nous ferait plaisir à Robert et moi de l’amener à Disney World pendant les vacances estivales. Et si vous voulez vous joindre à nous, je crois que cela lui ferait encore plus plaisir. On s’occuperait de tout, de l’organisation aux dépenses. Ça vous donnerait l’occasion de passer un peu de temps en famille sans trop vous souciez de quoi que ce soit. Si je pouvais faire en sorte que votre fils puisse voyager également, croyez moi que je le ferais. Cette idée n’est qu’une proposition et si un jour vous souhaitez l’accepter, elle sera toujours là. »

Si la petite tenait tant à y aller, Erïka se ferait un plaisir de lui offrir de vivre ce rêve. Cependant, tout avait un prix : celui de l’effort et de la persévérance. Elle voulait lui inculquer ces valeurs comme elle le ferait avec ses propres enfants. Elle souhaitait lui faire comprendre la valeur de l’argent et celle des récompenses acquises parce qu’elle le méritait et donnait tout pour atteindre ses objectifs. En regardant la petite fille s’amuser avec son frère tout en tentant de parler au téléphone, Erïka réalisa à quel point elle aimerait avoir des enfants, un jour. Elle a tout ce qu’elle désire dans sa vie. Elle peut obtenir tout ce qu’elle souhaite, excepté la seule chose qui ne peut être achetée.
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Ven 25 Sep 2015 - 4:10

Bien obligeante, ou obligée, Erika assurait pouvoir s'occuper de tout pour faciliter les visites de Scum à sa famille, sans avoir à regarder sur la dépense. Les visites se faisant tous les un ou deux mois, les parents supposèrent que ça ne devait pas être trop dérangeant pour la jeune femme. Sally et Harry ne savaient pas à combien s'étendait la fortune de leur interlocutrice, mais Melissa devait en être plus consciente vu la qualité des cadeaux qu'elle réclamait maintenant. Une tablette plutôt que des vieux livres, sous le prétexte qu'il y avait bien plus de contenu à lire sur internet. C'était un argument recevable, pourtant la dépense pouvait paraître excessive pour contenter une fillette de son âge. Mais si l'argent était lié à l'âge, comme le pensait Melissa, et qu'une jeune femme comme Erika en avait tant, alors ses parents devaient en avoir au moins le double. Techniquement. Ça devait se tenir.

Cependant, le fait que la petite préfère regarder des séries qui n'étaient pas de son âge, plutôt que de travailler ses leçons, ne plaidait pas vraiment en sa faveur. Erika lui demanda d'ailleurs bien comment elle pouvait connaître quelque chose comme Breaking Bad, aussi Melissa se contenta-t-elle d'accuser Bobby. Ça remettait le problème à plus tard, et surtout ça le mettait sur les bras de quelqu'un d'autre. Melissa était décidément trop maligne. Il ne lui restait plus qu'à s'esquiver du problème de ses difficultés scolaires. Les maths étant sa bête noire et avoir de l'argent son petit plaisir, on lui proposait de compter ses économies.

"_Oh, tu mets des sous de côté Melissa ? lui demanda Sally, surprise par l'attitude responsable de sa fille.
_Oui, et ça avance bien. J'ai une source de revenu très prolix... fixque." assura la petite en jetant à Erika un de ses regards mielleux qui lui valait d'être qualifiée de "little bitch" et ajoutait donc un dollar à sa tirelire.

L'accord passé entre les deux résidentes de l'Institut stipulait en effet que l'aînée devait donner un dollar à sa cadette chaque fois qu'un juron lui échappait et qu'elle l'entendait. Cela afin de compenser les terribles dommages infligés à l'éducation de la fillette. Mais ce que Melissa gardait pour elle, c'était que cette cagnotte devait servir à acheter le cadeau de mariage d'Erika. Elle aurait aussi bien pu s'acheter des jouets avec, mais elle n'avait pas vraiment la patience pour ça. Et puis les jouets défilaient tellement vite devant ses yeux... Avec son cadeau au moins, elle savait exactement ce qu'elle voulait.

Et au sujet de son mariage, Erika semblait avoir elle aussi bien arrêté ses plans. Elle savait où, quand et comment elle voulait organiser sa cérémonie. Elle s'était arrangée pour que Melissa et Scum puissent avoir un habit convenable et put bénéficier de conseils pratiques de la part des parents Demington. Tout allait dans la joie et la bonne humeur, comme il en convenait pour ce genre d'heureux évènement.
Jusqu'à ce que la mention du parc Disney World ne suscite un peu trop de joie et de bonne humeur chez Melissa...

Malgré la tourmente qui suivit, Scum fit preuve d'un désintérêt total pour les efforts de sa sœur à attirer son attention. Préférant parler cinématographie avec Erika, il émit une critique étonnamment réfléchie sur un film qu'il avait vu récemment avec Alexïs. Erika partagea elle aussi son avis sur la question, et de ce que comprit l'écailleux, les gens maintenant remaniaient les films et les séries afin qu'ils plaisent à un nouveau public. L'argent était évidemment la grande motivation, mais faire du neuf avec du vieux, c'était prendre le risque de décevoir deux générations différentes...
Par la même occasion, Scum mentionna la série dont était tirée le film, les Tortues ninja, et ses précédentes adaptations cinématographiques. Cela étonna Erika qui ne s'attendait pas à ce qu'il soit assez vieux pour les avoir connus.

"_Hrm, on a peut être pas beaucoup de différence d'âge. Je suis né en... Euh...
_En 90, il me semble, dit Harry, cherchant du regard l'appui de sa femme.
_En 90, oui, confirma celle-ci. Ça doit te faire vingt-cinq ans passés, maintenant.
_C'est ça... C'est plutôt adulte."

Plutôt adulte, Scum l'était donc, apparemment. Mais pas vraiment dans ses manières ni dans ses connaissances du monde. Sa mutation avait chamboulé son existence assez tôt, le coupant rapidement de la civilisation telle qu'elle était conçue à la surface de la ville. Sa vie à partir de là avait été dure, mais avait plus vraisemblablement façonné son corps que son esprit.
Melissa avait eu affaire à sa mutation encore plus tôt, mais par chance, elle avait pu éviter d'être isolée du reste du monde. Un jour elle serait une adulte normalement constituée et épanouie, mais pour l'heure elle boudait et préparait une farce pour se venger du mauvais sort qui s'était placé entre elle et son séjour à Disney World.

La maturité moyenne s'éleva de plusieurs crans à son départ, et la discussion prit alors un tournant plus adulte, se portant sur les professions pratiquées et désirées par les présents. Harry Demington était comptable pour la ville de New York, ce qui impliquait qu'il devait gérer le budget de la ville afin d'en allouer une part à l'entretien et l'autre aux projets communautaires et urbains. Erika avait par ailleurs entendu parler d'un projet d'aménagement qui devait changer un terrain vague en parc. Elle demanda donc très naturellement si Mr Demington avait eu à plancher dessus. La nouvelle suscita en tout cas l'intérêt de Scum.
Les terrains vagues étaient les rares parcelles de la surface que les Morlocks pouvaient visiter sans trop craindre d'être vus. Ils s'y retrouvaient parfois pour réunir leur butin de la journée avant de rentrer ensemble dans l'Allée et un chantier n'était jamais bien vu.

"_En quelques sortes, oui, admit Harry. J'ai surtout du brider l'imagination de quelques paysagistes... Eux et les architectes ont tendance à nous détester pour ça. On ne peut pas vraiment être ami avec des créatifs en leur parlant de chiffres.
_A Brooklyn ? Tu fais bien d'en parler, j'ai des amis des égouts qui se regroupent parfois là-bas. Les palissades étaient hautes et c'est moins surveillé que le reste du quartier.
_Oh... dit alors l'expert comptable qui n'était pas formé pour traiter ce genre d'informations. Et bien si besoin, je crois qu'il y a un immeuble qui a été fermé deux rues plus loin, pour être rénové. La ville veut en faire un je-ne-sais-quoi culturel qu'on ne peut pas encore se permettre de payer, alors le chantier ne commencera pas avant l'an prochain. Et je suis optimiste."

A défaut de faire aimer son métier qui consistait plus ou moins à poser aux projets de la ville des barrières faites de chiffes, Harry pouvait au moins prouver son utilité publique et faire valoir auprès de son fils les informations qu'il glanait au bureau. Les sans-abris ne comptaient jamais dans ses chiffres, sauf lorsque venaient l'hiver et l'ouverture des centres dédiés à leur accueil. Les sans-abris mutants étaient encore moins considérés, puisque personne n'envisageait même qu'ils puissent exister. C'était néanmoins la catégorie dans laquelle entrait son fils, aussi se devait-il au moins de faciliter son existence, après qu'il l'ait en bonne partie gâchée.

Et pendant ce temps, les femmes pouvaient tranquillement parler boutique. Enfin, c'était justifié, puisque Mme Demington était manager d'une parfumerie. Elle en indiqua l'enseigne ainsi que l'adresse à Erika qui lui assura dès lors qu'elle y passerait avec sa sœur. Ce à quoi Sally, très commerciale, lui répondit qu'elle pouvait pousser son fiancé à venir lui aussi, puisqu'une nouvelle ligne de parfums pour homme devait être disponible dans les semaines à venir.

"_Des parfums pour homme ? s'étonna Scum qui n'était pas familier du concept de fragrance plaisante.
_Oui. De ce que j'en sais du marketing, les hommes ne tiennent pas tant à sentir bon qu'à avoir une odeur qui se distingue. C'est pour ça qu'on ne nomme jamais leurs parfums avec des noms de fleurs, de fruits, ou toutes ces choses féminines de la nature...
_ll y a des gens qui payent... Pour ne pas sentir bon ?
_C'est presque ça oui."

Même en travaillant dans ce domaine, Sally ne savait pas personnellement ce que les hommes trouvaient à ces parfums. Tout ce qu'elle savait c'est qu'ils se démarquaient. En bien ou en mal il était presque impossible de le savoir. Un peu comme les hommes eux-mêmes en fait.
Scum, lui, n'usait pas de ce genre d'artifice. Repousser l'odeur des égoûts était bien plus difficile que de s'y accommoder, aussi le lézard ne s'en souciait plus que lorsque son entourage réclamait un peu plus d'hygiène de sa part. Par principe il avait tenté un effort avant de venir chez ses parents, mais on ne l'aurait pas cru s'il l'avait annoncé.

Après cet aparté sur les odeurs, ce fut au tour de l'écailleux de s'entendre demander quel avenir il aurait voulu, si cela lui avait été possible. Et alors que le mutant se confiait sur son désir de préparer et vendre des pizzas, la blague de sa petite sœur s'abattit sur lui, lui coupant la parole et le forçant à régurgiter le téléphone qu'il avait avalé. Cette petite poche naturelle sous sa gorge était bien pratique pour ce mutant qui ne portait pas de vêtement. Tout du moins elle était pratique jusqu'à ce que quelqu'un l'appelle... Chose qui lui avait valu plus d'une fois des déboires.

La coupable, rapidement trahie par son hilarité eut à subir la vengeance de son frère qui vint la trouver pour l'attaquer affectueusement, laissant ainsi Erika en compagnie de ses parents. Ce qui n'était pas plus mal, car la discussion glissait vers un sujet qui risquait fort de lui déplaire : celui des armes à feu. Son père en possédait une, et il n'hésitait pas à l'utiliser quand sa famille était menacée. Erika en avait maintenant toute une usine de production, aussi était-elle assez bien lôtie dans le domaine, même si Scum lui avait plusieurs fois dit qu'il n'aimait pas sa tendance à emporter des armes avec elle.

Interrogée sur son cursus, plus complexe que celui d'une enseignante linguiste, la jeune femme expliqua que sa facilité à apprendre lui avait permis d'atteindre assez vite un haut niveau d'études. Cela s'était avéré nécessaire car, au vu des choix de carrière de son frère et sa sœur, elle avait été désignée par son père pour reprendre l'entreprise familiale. Et Erika n'avait alors pas chômé pour remanier l'entreprise d'une façon qu'elle voulait plus juste et qui s'avéra aussi plus efficace. En fait, elle parlait tant et si bien du sujet et de la façon elle avait fait les choses qu'elle s'excusa d'être trop bavarde lorsqu'elle s'en rendit compte.

"_Ha ne vous en faites pas. Si vous pouvez en dire autant, c'est que vous y êtes bien impliquée. Et que vous savez ce que vous faites.

_Oui. Il y a des gens qui parlent bien plus que ça sans rien savoir. D'ailleurs, dans quel domaine distribuez vous ces armes, si ce n'est pas indiscret ? Strictement militaire, ou..."


Mais la sonnerie d'un nouvel appel interrompit la conversation. Cette fois ce n'était pas Scum qu'on appelait mais Erika, et cette dernière reconnut instantanément la sonnerie qui signalait que sa sœur voulait lui parler. C'est pourquoi elle laissa Melissa prendre l'appel. Apparemment, l'aînée Davidoff voulait parler de la tenue de mariage de sa cadette. Mais Melissa fit mine de ne pas l'entendre et répondit par un canular téléphonique, comme elle l'avait appris à la télévision.

"_Allô ?! Allô ?! Est-ce que monsieur Hochet est là ?! demanda la petite, hilare. Pffrt Rick ! Monsieur Rick Hochet !
_Ah ! J'en connais une aussi, attends, dit alors Scum en s'emparant du téléphone. Je voudrais parler à monsieur Iolo. Pizza Iolo."

Guettant la réaction de celle qui les appelait, le frère et la sœur ne purent contenir longtemps leurs éclats de rire et roulèrent au sol. Les blagues suivantes firent encore moins de sens, mais tous les mots de plus de trois syllabes étaient bons candidats : Sauce Isson, Bernard Icot, Porte Manteau...

Au moins pendant qu'ils jouaient, Erika pouvait s'accorder avec les parents au sujet des sorties -hors du contexte de l'école cette fois- de Melissa. Elle se proposait d'emmener la fillette à Disney World, puisqu'elle le souhaitait tant et qu'il y avait des chances qu'elle fasse les efforts pour le mériter. Cependant, parce qu'elle ne voulait sans doute pas que les membres de la famille se sentent encore plus éloignés les uns des autres, elle proposa aussi que les parents viennent, afin de profiter de ce séjour tous ensembles. Tous ensemble moins Scum... Le pauvre serait plus difficile à infiltrer.

"_Et bien, je crois que plus l'argent c'est le temps qui risque de nous faire défaut. Il faudrait que nous puissions prendre nos vacances en même temps avec Harry.
_Pas nécessairement. Je peux toujours rester ici et passer le temps du séjour avec Hally. Tu pourras profiter du voyage avec Melissa. Ça me semble équitable. Néanmoins, j'aimerais que vous nous fassiez part des progrès de Melissa. J'aimerais juger par moi-même de ses efforts et de sa bonne volonté. Hormis ça, je suis d'accord. Je ne crois simplement pas que nous pourrons vous remercier assez de ce que vous faites pour elle. Pour eux."

Une déclaration qu'appuya Sally d'un hochement de tête à l'adresse de leur généreuse interlocutrice, avant de se tourner vers ses enfants. Bien qu'elle appréciait de les voir rire et s'amuser, elle dut leur demander de bien vouloir arrêter d'embêter la pauvre personne au bout du fil. Melissa reprit alors le téléphone pour "une vraie discussion de fille".

"Ouais ! Riri m'a promis ma super robe de princesse. Princesse Vanellope tu sais ! Ouais, il me faudra une super coiffeuse pour me faire la coupe de cheveux. Et les chaussures ? Euh... Pffff... Je sais pas, elles sont sous la robe, on les voit pas. Tu t'en occupes ? Super daaarling !"

Comme tous ceux qui étaient trop enthousiastes lors d'une conversation téléphonique, Melissa ne pouvait se retenir de bouger et de remuer tout en parlant, tournant en rond entre sa chambre et le salon. Mais se faisant, elle se donnait déjà des airs de petite dame, forçant sur sa voix pour lui donner des accents bourgeois. Et pendant qu'elle papotait ainsi, Scum revint à la discussion des adultes.

"Je ne sais pas ce qu'il faut comme matériel pour un four à pizza. Vous pensez que ce serait possible de faire descendre ça dans l'Allée ?"
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Mar 29 Sep 2015 - 4:36

Erïka se révélait être une femme bien mature pour son jeune âge. Enfin, ça c’était en apparence. Elle avait le don de faire des conneries pas possible et de toujours s’en sortir sans trop de mal. Ceux qui ne la connaissaient pas pouvaient être portés à croire qu’elle ne savait pas s’amuser et abordait toujours cet air sérieux accompagné d’un regard perçant et sévère. Pourtant, elle ne faisait ça que pour tenter inconsciemment d’intimider les gens et de les garder à distance. Le milieu des affaires était impitoyable, elle ne pouvait se permettre de se rapprocher de qui que ce soit sans craindre de se faire planter un couteau dans le dos. En fait, cela représentait bien la vie en général.

Très cultivée et possédant de nombreux diplômes, Erïka avait toute la vie devant elle pour accomplir de belles choses. Elle accumulait les projets et objectifs de vie, imaginant toujours des façons d’aider les gens à sa façon. Bien sûr, il ne fallait pas croire qu’Erïka était altruiste et faisait tout sans rien demandé en retour. Certes, elle avait toujours apprécié aider les autres, partager son savoir, mais parfois elle agissait en fonction de ce qu’elle avait besoin d’obtenir. Pour l’instant, elle se contentait de concrétiser mentalement ses prochaines manœuvres.
Au vu de tout cela, de ses pensées, de ses actions, on pourrait penser qu’effectivement Erïka était plus âgée et possédait un bon bagage d’expérience derrière elle. Pourtant, ce n’était pas tout à fait le cas. Elle avait appris beaucoup de son mentor, allant presque jusqu’à copier inconsciemment certains traits de son caractère dans une situation ou une autre.

Le fait d’apprendre que Scum était plus âgé qu’elle d’environ quatre années laissait Erïka étonnée et perplexe. Elle n’avait jamais vraiment réfléchis à l’âge qu’il pouvait avoir, mais le fait de savoir qu’il était plus âgé qu’elle la troublait. Ce devait être le manque d’éducation et de culture qui la portait à croire qu’il était encore un adolescent. De plus, son apparence empêchait totalement de deviner s’il était déjà passé à l’âge adulte ou non. Haussant les sourcils et fixant Scum d’un drôle, d’air, Erïka était en train d’assimiler l’information qu’elle venait de recevoir.


-« No. No. Nooooooo. Seriously? You fucking kidding me? I thought you were like, I don’t know, twenty-one, just like Alexïs and I. I can’t be that old. »

Et pourtant il l’était. Erïka devait s’y faire. Heureusement, comme toutes les autres discussions entretenues depuis la dernière heure et demie, cette dernière laissant place à un tout autre sujet. En passant par les chantiers de construction et les métiers pratiqués par les parents de Scum, le petit groupe en venait à parler de parfum. Erïka portait la même fragrance depuis des années et ne voyait pas la peine de dépenser son argent dans des dizaines de bouteilles différentes comme le faisait sa sœur. Les hommes semblaient en voir encore moins l’intérêt qu’elle. Habituellement, les produits de la marque Axe faisait bien l’affaire pour eux, même s’ils ne réalisaient pas que ça sentait réellement mauvais. Eh bien, il semblerait qu’il y ait une clientèle bien fidèle à ce genre de produits. Scum n’arrivait pas à en comprendre le but et, cette fois-ci, il n’était pas le seul à rester dans l’ignorance. C’est pourquoi la jeune femme lui fit une petite remarque sur le sujet.

-« C’est pour ça qu’Alexïs squatte souvent dans les égouts. Il sauve son argent pour quand il aura envie de sentir bon. »

Puis, ce fut au tour d’Erïka de parler de son métier. Si elle mettait autant de temps à compléter ses études en enseignement c’était parce qu’elle travaillait d’arrache-pied pour s’occuper de la compagnie de son père, qui peu à peu devenait sienne. Tous les changements qu’elle y avait apportés devaient être fructueux d’ici la fin de l’année. Sur le long terme, les choses ne feront que s’améliorer. Elle visait loin et se préoccupait de trouver des arrangements durables pour le futur. Le fait d’engager de nouveaux employés et de veiller à ce qu’une formation payée par l’entreprise leur soit offerte était une stratégie que peu de gens seraient prêts à utiliser. Pourtant, Erïka était persuadée de réussir. En engageant des personnes sans emploie avec peu d’études ou un âge trop avancé pour être encore considéré par les compagnies cherchant des travailleurs quittant tout juste les bancs d’école, elle leur donnait une chance d’améliorer leurs conditions actuelles. Ce qui lui était bénéfique était que la majorité de ces gens ne quitteront pas leur poste en usine car ils sont assurés d’avoir un emploi stable comprenant de nombreux avantages, ce qu’ils ne pourront trouver ailleurs. Cela signifiait donc que la majorité des postes à combler dans le futur seront ceux des retraités ou des quelques personnes qui auront démissionné pour une raison quelconque d’ici là. Par contre, rien ne lui garantissait tous ces beaux résultats. Elle ne pouvait qu’attendre et laisser le temps faire son œuvre en espérant ne pas s’être trompée dans ses décisions.

Les parents de Scum ne posaient pas tant de questions au niveau de la gestion de l’entreprise, mais plutôt de ses agissements. Par curiosité, Harry demanda dans quel domaine Erïka distribuait l’armement produit par son entreprise. Aussitôt l’acronyme du S.H.I.E.L.D. vint à l’esprit de la jeune femme, qui le chassa mentalement. Lorsque venait le temps de répondre à des questions de ce genre, elle savait tout de suite ce qu’elle avait à dire. Disons qu’elle s’était bien préparée pour ne jamais être prise de court avec des questions parfois bien plus pointue au sujet de sa compagnie
.

-« Militaire, principalement. Parfois on obtient des contrats avec des organisations gouvernementales comme le FBI ou la CIA lorsqu’il s’agit de demandes très spécifiques au niveau d’équipement spécialisé. En ce moment on tente de développer une nouvelle gamme d’équipement militaire qui pourrait aider à assurer la survie des soldats sur les champs de bataille. Les premiers prototypes ont été testés avec succès et présentés à l’armée ainsi qu’à la Navy. On vise toujours l’amélioration malgré tout, car rien n’est parfait et il y aura toujours de nouvelles armes, de nouveaux dangers qui menaceront nos soldats. »

Parmi ces beaux projets dont elle parlait tant, Erïka en avait plusieurs qui étaient d’ordre plus personnel. Elle fit part à Sally et Harry du fait qu’elle souhaitait amener Mélissa à Disney World pour une semaine, peut-être plus, le temps de tout visiter et de lui faire vivre son rêve de petite fille. Cependant, cela ne se fera pas sans effort de la part de cette dernière. Son père comptait bien garder un œil sur ses études et résultats scolaires afin de voir si elle méritait bel et bien une telle récompense. Par contre, à cause du travail, il ne sera probablement pas capable d’être du voyage. En fait, il préférait que sa femme y aille à sa place et passe ainsi du temps de qualité avec sa fille.

-« Ne vous en faites pas pour ça. Robert et moi feront en sorte de vous démontrer ses progrès au fil de nos visites. Et ne nous remerciez pas. On le fait parce qu’on le veut et parce que ça nous fait plaisir. »

Pendant ce temps, Mélissa et Scum s’amusaient à faire des plaisanteries au téléphone. La pauvre victime était Eleonnora, qui avait décidé d’appeler au mauvais moment. Elle se retrouvait donc à tenter de placer deux mots à travers les terribles et ennuyeuses blagues qu’elle entendait à travers l’appareil.

-« Erïka ? Non, il n’y a pas de… Est-ce que je peux parler à… » Elle soupira. « Mélissa, darling, est-ce que ma sœur est là ? J’ai besoin de lui parler au sujet du mariage. Il faut vraiment qu’elle prenne rendez-vous pour les robes de demoiselle d’honneur. Et la tienne aussi, tu ne peux pas aller à ce mariage vêtue de n’importe quoi. »

Le sujet sembla accrocher Mélissa qui cessa ses blagues pour poursuivre sa conversation « de femme adulte » avec Eleonnora. Il était question de vêtements, de chaussures, mais également de chocolat. La petite fille allait finir par prendre des kilos indésirables si elle continuait d’accepter tous les cadeaux sucrés de l’aînée des Davidoff.

-« Tu vas avoir les plus belles chaussures qui soient. Même les princesses de contes de fées seront jalouses de toi. On ira les chercher ensemble, si tu veux. Et je t’amènerais dans cette chocolaterie sur Madison Avenue. Je l’ai découverte aujourd’hui et il s’agit du meilleur chocolat que j’ai mangé. Et pourtant, j’en ai visité des chocolateries quand je suis allée à Paris. Par contre, je ne te dis pas les calories là-dedans. On t’en fera faire une petite boite comme ça tu pourras goûter à tout. Tu n’as pas d’allergies, j’espère ? »

Scum, qui ne devait pas trouver cette conversation bien palpitante, vint rejoindre les adultes afin de revenir sur un sujet aborder plutôt : apporter un four à pizza dans l’Allée. Ça n’allait pas vraiment être simple à réaliser considérant les moyens qu’il avait, mais surtout l’endroit où il comptait l’installer.

-« Je crois que tu ferais mieux de le faire construire. Il y a cet endroit dans les tunnels, tu sais celui où on va toujours manger notre pizza ? Il y a tellement de pierres, tu pourrais tenter de t’en servir pour faire la base de ton four. Par contre, si tu fais un feu tu risques d’asphyxié tout le monde. Il faut absolument que tu te fasses une espèce de cheminée ou que tu propulses la fumée hors de l’Allée. Tu sais quoi ? On peut sûrement te trouver un tutoriel sur Internet, les gens montre absolument n’importe quoi là-dessus. Laisse-moi prendre mon téléphone et… » Elle se tourna vers Mélissa, qui parlait encore au téléphone. « Bon, peut-être pas, finalement. La dernière fois qu’elles ont parlée comme ça, Mélissa s’est retrouvée avec l’ensemble de couvertures et d’oreillers de My Little Pony. Je te le jure, il y avait des couleurs pastelles partout dans la chambre. » Réalisant qu’elle s’éloignait du sujet, Erïka y revint aussitôt. « Demande à mon frère d’évaluer l’endroit, il devrait pouvoir te dire si c’est faisable. Sinon, il y a certainement d’autres façons de faire. S’il n’en aucune idée, tu m’en reparlerais. »

La jeune femme se pencha pour attraper un carnet ainsi qu’un crayon dans son sac à main. Elle griffonna un plan simple que Scum arrivera facilement à comprendre, représentant les principales artères de Manhattan, ainsi qu’un bâtiment, l’immeuble à condo que possédait Erïka. Elle déchira la feuille de son carnet et la tendit à son ami.

-« C’est mon immeuble, Robert et moi on vit au dernier étage. Il n’y a pas de locataire pour le moment alors tu peux venir en cas de besoin. Il y a une bouche d’égout assez discrète dans le parking souterrain alors tu pourras t’y glisser n’importe quand. On n’est pas là très souvent, mais si ça peut te servir. »

Après avoir rangé ses effets dans son sac, Erïka se leva afin d’aller voir Mélissa. Elle lui fit signe de lui rendre son téléphone et ainsi dire au revoir à Eleonnora. Une fois avec son Iphone en main, la jeune femme s’éloigna vers la cuisine pour parler quelques minutes avec sa sœur.

-« Sérieusement, dis à ta femme de te faire un gosse et d’arrêter de monopoliser ceux des autres. »
-« Contrairement à toi, Mélissa apprécie ce que je fais pour elle. »
-« Elle a six ans, c’est normal qu’elle va accepter tous les trucs que tu lui donne. »
-« Et elle ne manquera jamais de rien. On verra ce que tu diras une fois que tu auras tes propres enfants. »
-« Sûrement leur dire de ne pas accepter de friandises de la part d’inconnus ou de toi. »
-« Ce que t’es bête parfois.» Soupira l’aînée, amusée par la bêtise de sa jeune sœur. « Bon, allez, c’est pas tout mais j’ai mieux à faire, je sors ce soir. »
-« Quoi ? Mais c’est toi qui m’as appelée ! »
-« Tu n’avais qu’à décrocher toi-même. Je te rappelle demain. » Conclu Eleonnora sur un ton léger.

Fin de la conversation. Eleonnora venait de raccrocher. Poussant un léger soupir de découragement, Erïka retourna au salon pour y retrouver la famille Demington.


-« Est-ce que vous souhaitez déterminer la date de la prochaine visite tout de suite ? Si vous préférez, vous pouvez m’appeler personnellement, aussi. »

Erïka jeta son téléphone dans son sac à main pour y attraper l’une de ses cartes d’affaire. Elle y inscrivit son numéro de téléphone personnel au dos, ainsi que celui de son fiancé, juste au cas, puis tandis la carte à Harry.
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Mar 6 Oct 2015 - 0:28

Depuis quelques mois que les visites se faisaient, les Demington avaient eu l'occasion d'apprendre ou plutôt réapprendre à se connaître. Les différents responsables de l'Institut qui chaperonnaient les séances s'étaient vite trouvés inclus dans l'équation, aussi la famille en profitait-elle pour faire leur connaissance eten savoir un peu plus sur les conditions des mutants. Le cas échéant, les parents répondaient aux questions de leurs invités lorsque ceux-ci souhaitaient les connaître un peu mieux.

Erika était une amie de longue date de Scum, pourtant il y avait des tas de choses, notamment relatives à son état civil -car il n'en avait plus- ou à son passé -dont il parlait peu- qu'elle ne savait pas du mutant reptilien. Ce soir, elle apprit par exemple qu'il était plus âgé qu'il n'en donnait l'impression, et surtout plus âgé qu'elle, ce qui l'étonnait grandement. Au point qu'elle en jura.
Cela eut le mérite d'attirer l'attention de Melissa qui marqua une brève pause dans son boucan pour pointer son amie du doigt. Elle venait de gagner un dollar, mais personne d'autre qu'Erika ne devait le savoir !

"C'est vrai que tout ça ne nous rajeunit pas vraiment." soupira Sally en berçant pensivement la fillette dans ses bras.
Celle-ci n'avait que six ans, alors que ses parents en avaient bientôt cinquante. L'écart était très grand et il fallait bien admettre qu'ils l'avaient eu tard, cette petite. Notamment parce qu'ils avaient attendus la disparition de leur fils...
Au moins on ne leur demandait pas de parler de ça. A la place, les deux parents pouvaient faire découvrir leurs métiers, aussi ennuyeux qu'ils paraissent. Étrangement, la parfumerie soulevait plus d'interrogations que la comptabilité -pas si étrange en fait, puisque les gens avaient tendance à ne pas vouloir en savoir trop sur le sujet. D'après les "experts" en opinion, les hommes voulaient des parfums qui sentent, mais pas forcément bons et Erika en profita pour glisser une plaisanterie sur les passages de son frère dans les égouts.

"_C’est pour ça qu’Alexïs squatte souvent dans les égouts. Il sauve son argent pour quand il aura envie de sentir bon.
_C'est vrai que pour trouver une odeur qui se démarque, il est servi. Enfin je ne veux pas dire que... D'ailleurs Hally, tu as réussi à te laver avant de venir, non ?
_Oui, j'ai essayé de faire un effort, confirma Scum. Ça se sent tant que ça ?
_Non, justement. C'est ce qui est bien. C'est très bien même." continua Sally, malgré que son mari lui lançait un regard censé lui faire comprendre que ses mensonges allaient un peu trop loin.

Malgré ses efforts, le mutant reptilien ne pouvait être totalement débarrassé de l'odeur de son habitat, aussi sentait-il passablement mauvais, même si on lui disait le contraire en guise de politesse et d'encouragement. Par convenance, ses parents ne vaporisaient pas de spray fraîcheur juste au dessus de leur fils, mais dieu savait qu'ils le faisaient après son départ.
De toute façon, l'intéressé fut bientôt appelé ailleurs pour se venger de la mauvaise blague de sa petite sœur, laissant ainsi Erika parler d'usine d'armement autant qu'elle le voulait, sans qu'il soit là pour s'en offusquer.

Mais plutôt que de vanter l'efficacité de ses produits à tuer, elle parlait plutôt des créations destinées
à protéger les soldats au combat.
"_On vise toujours l’amélioration malgré tout, car rien n’est parfait et il y aura toujours de nouvelles armes, de nouveaux dangers qui menaceront nos soldats.
_C'est peut-être un peu délicat d'en parler maintenant, mais vous pensez que les mutants puissent faire partie de ces nouveaux dangers ? Sans offense bien sûr, je veux dire...
_Quand on donne le pouvoir de tuer à une personne, même avec un permis, on est pas garantis qu'elle s'en serve de façon responsable. Alors que des gens naissent avec ce genre de pouvoir... Enfin vous comprenez ?"

Sujet délicat, s'il en était. Mais il était certain que si les mutants venaient à être découverts par le grand public, la discussion serait abordée à plus grande échelle, par de plus hautes instances, et surtout avec beaucoup moins de discernement et de précaution. En ayant cela en tête, il était évident que le secret était encore le meilleur bouclier de ces êtres surhumains. C'était en tout cas ce qui permettait aux Demington d'envisager pour leur fille des projets plus légers comme une sortie à Disney World, et ce sans avoir à se soucier de sa condition mutante. Par contre, c'était aussi ce qui les empêchait d'envisager de tels projets avec leur fils et la raison en partie pour laquelle Harry se proposait de rester à l'appartement. Ainsi, si leur premier enfant venait à passer durant le séjour, il ne se sentirait pas mis à l'écart comme il l'avait été il y a tant d'années.

C'était tout de même plus facile de planifier cela sans les enfants, même s'ils étaient les principaux intéressés. Au moins Melissa ne tenterait pas de négocier les conditions selon lesquelles elle pourrait participer au voyage. Les parents de la fillette comptaient ainsi sur Erika et son fiancé pour lui en faire comprendre les termes, et s'assurer qu'elle s'y tienne.

Pour le moment, la petite prêtait peu attention à ce qui était prévu pour elle, et était plutôt occupée à entretenir une discussion avec Nora, l'aînée d'Erika et une autre de ses grandes amies. Dames par excellence, la petite et la grande parlaient chaussures et robes de mariage. Pour la cérémonie, c'était certain, elle serait la plus belle ! Ou la plus mignonne en tout cas.
En outre, l'aînée Davidoff, qui aimait gâter la petite Demington, promit à cette dernière de lui acheter des chocolats. L'intention venait un peu de nulle part, mais était de toute façon appréciée. Eleonnora préférait tout de même demander à sa protégée si elle n'avait pas d'allergie, avant de lui offrir toute une sélection de chocolats divers et variés.
Pour cette question cependant, Melissa devait consulter sa mère qui était pour longtemps encore garante de sa santé.

"_M'maaan ? claironna la fillette après avoir écarté le combiné pour revenir vers le salon. Je suis allergique à quoi moi déjà ?
_Aux arachides ma chérie. Les cacahuètes si tu préfères.
_Arachnide, c'est ça. Cacahouètes en fait, répéta Melissa au téléphone. Et toi alors tu as choisi une robe comment ? Il faut que ce soit accordé à ton rouge à lèvre. Essaye cerise, cerise c'est bien."

Et pendant que les deux filles se construisaient un look, Scum et le reste de la maisonnée parlaient de la construction d'un four à pizza dans les égouts. Seulement, la maçonnerie n'était pas du tout dans les compétences du mutant. Erika était optimiste, pensant qu'ils pourraient trouver un tutoriel sur Internet et lui donnait quelques conseils sur l'endroit où il pourrait commencer mettre en place son projet. Avant tout, il devrait faire attention à ne pas enfumer les tunnels.

"_Oui, il faudra que je trouve un point de l'Allée qui soit proche des sorties d'air, mais aussi d'un point d'eau potable. C'est important pour préparer les pizzas.
_Mais pour le four en lui-même, objecta Harry afin de recentrer le sujet. Il te faudra surtout du mortier pour tenir les briques. Et donc de l'eau, oui. Mais aussi une bétonnière.
_Oh oui. Mais pour le mortier, je pensais demander à Goudron. Sa mutation est de produire du... Goudron, par la peau.
_Hm, ça règle le problème effectivement. Mais il te faudra du bois régulièrement ensuite. Ou au moins du charbon. Je ne sais pas si ça marche. On appelle pas ça un four à bois pour rien après tout.
_Hrm... Hormis les cagettes d'épicerie, je crois que ce sera plus difficile...
_Effectivement..."

Le casse-tête restait difficile et Erika, avait pour le moment quelques difficultés à récupérer son téléphone, chose dont elle se plaint légèrement, faisant remarquer à quel point sa grande sœur pouvait être généreuse avec la petite Demington.

"_Oh vous la gâtez trop, dit Sally sur le ton de celle qui trouve la chose mignonne. Melissa, tu ne réclames pas j'espère ?!
_Mais non ! râla la petite. Je suis mignonne c'est tout !"
C'est vrai que ce n'était tout de même pas sa faute. Mais qu'elle en soit consciente montrait bien qu'elle en profitait tant qu'elle le pouvait.

"Demande à mon frère d’évaluer l’endroit, dit Erika après cet aparté. Il devrait pouvoir te dire si c’est faisable. Sinon, il y a certainement d’autres façons de faire. S’il n’en aucune idée, tu m’en reparlerais."

Dans le même temps, la jeune femme dessinait dans un carnet un plan conduisant à son appartement, où elle vivait avec Bobby, offrant à l'écailleux quelques indications pour une personne devant se déplacer furtivement en ville.

"D'accord, merci alors, j'y penserais, dit le mutant reptilien en s'emparant du plan.
Vous ne vivez plus vraiment à l'Institut en fait ?" demanda-t-il, inquiet de cette difficulté supplémentaire pour fréquenter librement ses amis de la surface.

Si on mettait de côté la longue distance, aller à l'Institut était relativement simple, puisque l'établissement et son domaine se trouvaient hors de la mégalopole. Mais si Scum devait monter les mêmes opérations pour voir ses amis que pour voir ses parents, ses visites risquaient de se raréfier d'autant plus.
Bah, il aurait l'occasion de réfléchir à cela plus tard. Pour le moment, Melissa revenait vers sa famille après avoir dit au revoir à Nora et rendu son téléphone à Erika. La petite bâillait un peu et vint réclamer les bras de sa mère. Il fallait dire qu'il commençait à se faire tard, ces visites à la nuit tombée étaient ainsi faites.

"_Et bien, tu es fatiguée ma chérie ? demanda Sally.
_Naah, juste un peu...
_Alors il va falloir que tu retrouves ton lit, à l'école.
_Oui... soupira la fillette, qui trouvait ça idiot, elle qui avait encore un lit juste ici.
_Je vais rentrer aussi alors, c'était chouette, en tout cas.
_Oui, et les pizzas étaient très bonnes. Merci à toi.
_Hm... La prochaine fois il faudra pas que je la fasse réchauffer."

Scum sourit. Au moins sa sœur avait retenu quelque chose de sa visite ce soir.

"_Tu as des amis vraiment exceptionnel, à ce que je vois, dit alors Harry à Scum. Même sans compter l'aspect mutant, bien sûr.
_Oui. J'ai de la chance, ce sont de bonnes personnes.
_Tu es une bonne personne aussi. Ne t'en fais pas.
_Oh et ben... J'essaye en tout cas, merci." dit Scum qui sentait déjà l'effet du baume au cœur. A tel point qu'il sentit le besoin pressant de serrer sa mère dans ses bras. Il s'en retint néanmoins, car Melissa occupait la place entre elle et lui, parce qu'Erika restait présente et parce que sans doute, le moment ne s'y prêtait pas. De réprouvé à bonne personne, il n'avait jamais vraiment espéré connaître une telle évolution dans l'opinion de ses parents. Même si la visite n'avait duré que le temps d'une soirée, il s'en sentait d'une certaine façon comblé.

Alors que la famille entamait doucement les aurevoirs, Erika finit par revenir et, peut-être parce qu'elle aussi sentait que la réunion de famille touchait à sa fin, elle proposa de trouver tout de suite la date de la prochaine.

"Et bien... Disons le dernier samedi du mois prochain peut-être ?" tenta Sally en cherchant du regard l'approbation de son mari qui la lui donna expressément. Elle gérait mieux leur agenda commun que lui, il lui faisait confiance.

"_Je pense qu'il n'y aura pas de problème pour ça. Il commence à se faire tard et Melissa est fatiguée. Je crois qu'il est temps de terminer la soirée.
_Oui, il va être l'heure pour tous de rentrer au lit. Merci à vous d'être venue en tout cas, dit Harry en prenant la carte de la jeune femme. Ravis d'avoir fait votre connaissance et ce sera un plaisir de vous voir pour la prochaine visite."

Comme la soirée se concluait, le père alla ouvrir la porte, avant de gratifier Erika d'une nouvelle poignée de main. Scum pour sa part, se contentait de hochements de tête et de signes de la main en guise de salutations.

"C'était chouette de te revoir. La prochaine fois, je passerais à l'Institut pour cette histoire de costume."

Melissa fit la bise à ses parents avant que sa mère ne la passe finalement à Erika.

"_Au r'voir p'pa, m'man. Et Spike, dit la petite.
_Elle va sûrement s'endormir dans la voiture, prévint Sally, ne lâchant vraiment sa fille qu'après une dernière bise sur le front. Au moins elle ne sera pas turbulente."
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Erïka M. Davidoff
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Dim 11 Oct 2015 - 4:05

Les humains étaient imprévisibles. C’était l’un des points commun qu’ils partageaient avec les mutants. Il était difficile de cerner certains individus, les raisons de leurs gestes, la soif de faire du mal ou celle d’aider les autres. Chacun avait un passé qui avait l’avait forgé et aidé à devenir ce qu’il était à présent. Une personne en quête de sang et de violence trouvera toujours une façon de traquer sa proie et de l’achever. Il en était de même pour les mutants également. Le fait qu’ils soient dotés de dons parfois dévastateur était quelque chose d’inquiétant et il était normal que les parents de Scum et Mélissa s’en soucie. Erïka avait rencontré son lot de mutants aux mauvaises intentions, mais malgré tout, le secret restait. Peut-être qu’à quelque part, eux aussi souhaitaient rester dans l’ombre pour le moment. Peut-être que ce n’était pas un hasard et que certaines personnes persistaient à préserver ce secret le plus longtemps possible.

-« C’est dans la nature humaine d’user de violence pour assouvir des pulsions ou pour obtenir ce qu’il désire. Les humains tuent, que ce soit avec des armes à feu, des couteaux, peu importe ce qu’ils peuvent avoir sous la main. J’ai étudié bon nombre de rapports sur de grands meurtriers de l’histoire pour savoir qu’on ne peut stopper un sociopathe d’être ce qu’il est, humain comme mutant. Certaines personnes vivent de violence et tout ce que nous pouvons faire est de faire confiance aux gens qui sont formés pour faire face à ce genre de problème. Il est impossible de savoir pourquoi notre secret est toujours préservé, mais peut-être que bons comme mauvais la majorité d’entre nous préfères rester dans l’ombre pour l’instant. »

Elle voulait rassurer les parents, mais elle ne pouvait pas non plus leur dissimuler la vérité. Des criminels il y en aura toujours. Ce qu’ils pouvaient faire était de rester sur leurs gardes ou simplement éviter des comportements dangereux, comme celui de se balader dans la ville au milieu de la nuit. Si Scum gérait bien les situations de combat grâce à sa morphologie, mais également son maniement des nunchakus, Mélissa était trop jeune pour se battre. D’ici quelques années, Erïka souhaiterait l’initier à des sports de combat qui lui permettrait de se défendre en cas de problème. Le karaté, le judo, ou peut-être même le kung-fu pourraient être d’excellentes options pour elle. Par contre, le plus difficile sera de lui faire porter l’habit de combat, qui n’était pas très beau, quoi que très confortable. Avec Eleonnora qui ne cessait de lui parler de robes et de chaussures, ça n’allait pas être de tout repos.

-« Eh bien, si ma sœur veut bien se décider sur la couleur des robes, je pourrais te le dire. Je sais seulement qu’elles vont être très longues, simples et probablement dans les tons bleutés. Je pensais alors à un rouge à lèvre plus discret, quelque chose de rosé. »

Pendant ce temps, Erïka discutait toujours entre adultes dans le salon. Scum parlait de se idées de four à pizza, mais il y avait beaucoup de détails techniques à réfléchir afin d’atteindre son objectif. Peut-être qu’Alexïs serait mieux à même de l’aider puisqu’il connaissait l’Allée et qu’il savait quoi ne pas faire pour ne pas emboucaner les tunnels et attirer des travailleurs indésirables dans les parages. Elle lui donna tout de même sa nouvelle adresse, juste au cas. Bien qu’elle vivait toujours à l’institut, elle possédait un immeuble à condos au centre de la ville, ce qui lui était bien utile lorsqu’elle n’avait pas le temps pour les longs allés et retour jusqu’à l’institut. De plus, elle avait un but bien précis, la raison pour laquelle cet immeuble était toujours inhabité. Par contre, elle n’en avait parlé à personne, pas même à son fiancé, tant que son plan ne sera pas parfaitement dessiné dans son esprit.

-« Si, mais quand je reste tard au bureau je peux aller directement à l’appartement plutôt que de me taper le chemin interminable jusqu’à l’institut. Comme Bobby y donne des cours alors c’est plus commode d’y garder notre chambre. »

Afin que Mélissa ne passe pas la nuit au téléphone, Erïka le lui retira et s’éloigna pour échanger quelques mots avec sa sœur. Une fois l’appel terminé, la jeune femme revint dans la pièce principale  en demandant à quand sera la prochaine visite. Il valait mieux préparer ce genre de rencontre à l’avance, surtout pour que Scum puisse y assister sans trop de mal. Sans déterminé de date précise, Sally proposa le dernier samedi du prochain mois. Erïka le nota dans son téléphone, repérant rapidement la date en question.

-« C’est noté. Peut-être que Robert m’accompagnera la prochaine fois. Je vous appellerais pour confirmer, quelques jours d’avance. »

Elle nota également son numéro de téléphone personnel sur sa carte d’affaire pour Harry. On ne sait jamais, peut-être aura-t-il besoin de la contacter pour lui poser des questions ou changer la date de la visite. Ramassant son sac à main, Erïka se dirigea lentement vers la porte. Scum lui affirma qu’il allait passer à l’institut pour son habit en vue du mariage. Il avait intérêt sans quoi il allait trouver le temps très long dehors au froid.

-« Je demanderais à Alexïs de te passer le message. Par contre, ça risque de se faire de jour alors on s’arrangera en conséquence. »

Mélissa prit le temps de faire se au revoir à ses parents. Erïka l’attendait sagement devant la porte d’entrée, observant la scène d’un œil attendrit. Elle sera professionnellement la main d’Harry et salua Scum d’un geste de la main. Il était temps de partir. Mélissa baillait et montrait des signes de fatigue. Au moins, elle allait rester tranquille dans la voiture.

-« Après la journée qu’elle a eu, ça va lui faire du bien de dormir. Merci de nous avoir reçus ce soir.»

Tenant Mélissa par la main, Erïka quitta l’immeuble avec elle. Elle lui ouvrit la portière de sa voiture et s’assura que sa ceinture était bien bouclée avant de s’installer du côté conducteur. Elle roula lentement en direction de l’institut, le temps de quitter la ville. Par la suite, elle put accélérer davantage sur les routes désertes. L’enfant semblait dormir profondément, à présent. Une fois au manoir, Erïka n’avait pas la volonté de la réveiller. Elle était si adorable et paisible en ce moment. Quittant le véhicule, son sac à main sur l’épaule, la jeune femme en fit le tour et vint en sortir Mélissa avec précaution. Ça ne paraissait pas, mais la petite n’était pas aussi légère qu’elle en avait l’air. Prudemment, Erïka pénétra dans l’institut. Alors qu’elle se dirigeait vers l’un des escaliers du manoir, elle croisa Bobby, arrivant à sens inverser dans le couloir. Elle lui sourit.

-« Comment a été la soirée ? » Demanda-t-il.
-« Pas de tout repos, c’est une vraie boule d’énergie. D’ailleurs, ne parle jamais de Disney World devant elle sinon elle devient complètement folle. »
-« C’est noté. Tu as besoin d’aide pour la ramener à sa chambre ? »
-« Oui, s’il te plait, je ne sens presque plus mes bras. »

Doucement, Bobby vint prendre Mélissa dans ses bras, au plus grand soulagement d’Erïka. Cette dernière suivit son fiancé jusqu’à l’étage supérieur et l’aider à border la fillette dans son lit. Elle lui retira ses chaussures, mais lui laissa sa robe. Elle la couvrit de sa grosse couverture et s’assura qu’elle était bien emmitouflée avant de quitter la pièce, refermant la porte derrière elle. Il y en a une qui allait faire de très beaux rêves, ce soir.
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MessageSujet: Re: Agent d'approbation (Riri)   Lun 19 Oct 2015 - 4:13

Erika avait raison, l'humain n'avait pas attendu d'être doté de super-pouvoirs pour donner la mort. Il avait même inventé des outils qu'il avait magnifié au fil des siècles pour ce faire, c'est dire. Dans ces conditions, les mutants avaient tout à gagner à rester cachés, que ce soit pour éviter qu'on leur fasse du mal, ou au contraire pour mieux l'infliger eux-mêmes à d'autres.

"C'est une situation qui risque de ne pas changer avant longtemps." dit Sally comme une vérité dont elle ne savait pas quoi penser.

A ce titre, sa fille était-elle vraiment mieux dissimulée dans l'Institut ? Aux yeux des humains sans doute, mais aux yeux d'autres mutants malintentionnés ? Erika pensait qu'il valait mieux laisser les personnes habilitées s'occuper des criminels, mais existait-il déjà de telles personnes pour intercepter les mutants ? Les deux alternatives étaient aussi déplaisantes l'une que l'autre, à bien y regarder... Raison de plus pour passer du temps avec ses enfants tant que personne ne venait encore demander des comptes à leur génôme. Ce temps là était précieux, car dans ce monde de plus en plus connecté, il était difficile de cacher quoique ce soit très longtemps. Mais ça Melissa, pendue au téléphone ne s'en rendait pas vraiment compte.

"Bleu ? Woah, laisse tomber chérie, plus il sera clair et plus il faudra que tes lèvres le soient aussi." dit la petite, qui pour son âge, avait peut-être un peu trop d'opinion sur le sujet du maquillage à donner. Mais l'élève s'adressait ici au maître alors elle n'avait sans doute pas grand chose à apprendre à son aînée.

Loin de ces considérations esthétiques, Scum cherchait le pratique d'un four à pizza souterrain. Pour toute assistance, Erika lui conseillait dès lors de la trouver à son appartement en ville. Appartement qu'elle possédait pour retrouver plus rapidement un domicile à sa sortie du bureau.
Scum se demandait alors bien de quel bureau il pouvait s'agir, puisqu'il avait manqué toute la conversation sur l'usine d'arme de la jeune femme. Ha, bah elle travaillait sûrement pour Miss Frost. La soirée était sur le point de se terminer, ce n'était donc pas la peine d'en rajouter.
Déjà Erika prenait la date de la prochaine visite, planifiant sa venue avec peut-être son fiancé. Dans le même temps, elle en prépara aussi le rendez vous de Scum pour son costume.

"Ne t'en fais pas. Si c'est à l'Institut je peux venir en journée. Sans problème."

Une fois ces détails réglés, vint le moment de dire au revoir. Melissa, soudainement épuisée, passa de bras en bras avant de finir dans ceux d'Erika qui l'emporta avec elle hors de la résidence. La porte se referma alors sur la jeune femme et la fillette, ne laissant plus que Scum et ses parents à l'intérieur.

"_Bon et bien... Je vais y aller aussi, dit-il simplement.
_Oui. Il se fait tard. Même pour nous.
_Fais attention à toi, prévint sa mère.
_Oui. Oui. Merci de m'avoir accueilli. Et... Merci de penser que je suis quelqu'un de bien, finit par ajouter Scum, quoique difficilement.
_Ça nous a pris du temps, mais maintenant nous savons qu'il y a notre fils sous cette peau de... D'écailles.
_Et étant donné les circonstances, tu t'en sors admirablement bien.
_Merci. Je vais continuer à essayer de faire les choses bien autour de moi.
_C'est ce qu'on essayera de faire. Au moins pour toi et Melissa.
_Bonne nuit alors. Prenez soin de vous, termina l'écailleux en se dirigeant vers la fenêtre de la cuisine, qu'il ouvrit.
_Bonne nuit à toi." lui répondirent ses parents, en approchant pour refermer la fenêtre une fois qu'il eut disparu.

Sur le chemin qui le ramenait chez lui, au beau milieu de la nuit, Scum se sentait la conviction renouvelée qu'il avait lancé sa vie dans la bonne direction.
Il ne pouvait être connu, ni même reconnu. Il ne pouvait être riche, ni brillant, ni même utile à la société. Mais il pouvait être bon, et comme l'avait dit sa mère, c'était bien, considérant les circonstances. Oui, il pouvait rendre sa famille fière, à sa façon. C'était beaucoup pour un paria.

***

Melissa avait somnolé quelques temps dans la voiture avant de finalement fermer les yeux. Si elle ne dormait pas encore vraiment, elle le laissait au moins paraître. C'était la tactique quand on était trop fatiguée pour marcher jusqu'à son lit. Il suffisait d'avoir l'air de dormir et de laisser les adultes vous porter. Melissa maitrisait bien cette technique. Les yeux clos, elle se repérait aux sons et aux sensations. Le froid de l'extérieur laissa place à la chaleur douillette de l'Institut, puis une conversation murmurée lui indiqua qu'elle allait passer dans les bras de Bobby. On l'amena ensuite à sa chambre avant de la poser au lit et de l'apprêter pour sa nuit de sommeil.
Ce n'est que lorsque les adultes commencèrent à s'éloigner que la petite ouvrit les yeux pour dire :

"Riri, tu me dois un dollar !"
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